Chapitre 10 · 19 min de lecture
L’envol
Lorsque Dieu place son onction sur le ministère d’une personne, celle-ci fera l’expérience de ce que signifie « prendre le vol comme les aigles ». Elle sentira les vents de l’Esprit la porter, s’élevant bien au-dessus de la vie ordinaire que tant d’autres croyants mènent. Le joug sera doux et le fardeau léger.
J’ai raconté dans les chapitres précédents bien des histoires évoquant certains de ceux dont j’ai eu le privilège de connaître la vie. J’ai capté un peu de leur ferveur, ressenti un peu de leur onction, et je ne puis désormais me contenter de rien de moindre pour mon propre ministère. Rien ne m’est plus satisfaisant, plus comblant, que de passer du temps avec de jeunes croyants affamés, en quête d’une marche plus profonde avec le Seigneur. Si je puis les conduire vers une vie chrétienne saine, libre des blessures et des meurtrissures que tant portent, exerçant leur ministère selon leur don, je connais une joie « ineffable et glorieuse » ! Là, je fais l’expérience de l’intimité d’être uni au joug avec le Seigneur, car c’est son fardeau que je porte, celui qu’il m’a donné à porter avec lui.
Laissez-moi vous parler d’autres que j’ai rencontrés. Certains de ces noms vous seront connus, d’autres vous sont étrangers, mais non au Seigneur.
Jackie Pullinger.
Lorsque je connus Jackie de 1967 à 1969, nous étions tous deux de jeunes enseignants à Hong Kong.
À deux reprises, je pénétrai avec elle dans le « repaire du dragon » (la tristement célèbre cité fortifiée de Kowloon) tandis qu’elle y tenait des réunions pour enfants. La situation n’était pas facile, et peu d’autres se seraient jamais aventurés là-bas avec elle.
Nous marchions dans les ruelles étroites en prenant grand soin de ne pas poser le pied dans les eaux d’égout qui s’écoulaient au milieu du passage. Une fois, nous tombâmes sur un homme étendu dans ces immondices, « défoncé » à l’héroïne. J’aidai Jackie à l’adosser contre le mur, puis je la regardai lui laver le visage avec son mouchoir propre.
À cette époque, je ne la considérais pas différente de bien d’autres jeunes femmes qui voulaient servir le Seigneur. Elle avait peut-être un peu plus de courage que la plupart — ou de folie, comme le pensaient bien d’autres missionnaires —, mais elle n’était qu’une « chose faible et folle » de plus dont le Seigneur allait se servir. Je voyais sa frustration et je priais avec elle pour la condition « désespérée » de tant de ceux qu’elle brûlait de présenter à son Sauveur. Il n’est pas une jeune femme ni un jeune homme lisant ce livre qui n’ait le même potentiel « en Christ » pour changer ce monde qu’a eu Jackie Pullinger. Elle serait la première à reconnaître que ce n’était pas elle, mais « Christ en elle », qui remportait la victoire.
Bien des années plus tard, en lisant le livre de Jackie, Chasing The Dragon, je remarquai qu’elle disait n’avoir jamais éprouvé de peur en ce lieu maléfique, même lorsqu’elle était menacée de viol et de mort par les toxicomanes et les chefs de gangs qui y demeuraient.
Cela lui paraissait étrange et demeurait incompréhensible pour les autres, mais c’était une preuve certaine de l’onction de Dieu sur son ministère, un fait aujourd’hui reconnu par tout le monde chrétien.
Major A.S.
Le major S. appartenait à l’Armée du Salut, plus connue pour son œuvre humanitaire que pour ses grands prédicateurs. Cependant, l’année où j’obtins mon diplôme universitaire, il vint dans notre ville pour une semaine de réunions à la citadelle locale de l’Armée. Dès le premier soir, les réunions furent transférées à l’Église apostolique, car la citadelle était trop petite pour le nombre de personnes qui y assistaient. Bien qu’il fût inconnu de la plupart des gens en dehors de l’Armée du Salut, le bouche-à-oreille répandit la nouvelle d’une grande onction, et bientôt les assistants furent bien plus nombreux. Au milieu de la semaine, l’Église apostolique elle-même était trop petite, et il fallut changer de lieu une nouvelle fois !
Je préparais mes examens de fin d’études et ne pouvais donc assister à beaucoup de réunions. J’étais toutefois présent le jeudi soir où le major S. s’interrompit, jeta un coup d’œil à sa montre, la regarda une seconde fois plus longuement, et s’écria : « Je suis vraiment désolé ! J’ignorais que mon temps était déjà écoulé. Pardonnez-moi de vous avoir retenus si tard. Je sais que beaucoup d’entre vous ont des bus à prendre, aussi vais-je conclure maintenant et poursuivre ce thème demain soir. » Personne ne bougea, et le silence régna jusqu’à ce qu’un homme de l’assemblée se levât et dît : « Monsieur, vous ne pouvez pas nous laisser ainsi ! Nous sommes dans la présence du Seigneur. Poursuivez, je vous prie. »
Le major S. invita tous ceux qui devaient partir à le faire, mais comme personne ne bougea, il parla encore une demi-heure environ. Beaucoup, ce soir-là, durent appeler un taxi ou se faire raccompagner par des amis, car les derniers bus étaient déjà partis.
À notre époque où les gens veulent des sermons « agréables » et où peu de prédicateurs parviennent à retenir leur assemblée s’ils prêchent plus de quarante minutes, on peut se demander ce que possédait le major S. pour nous tenir captivés bien au-delà de quatre-vingt-dix minutes. La réponse est l’onction.
Dr Martin Lloyd Jones
Nul de ceux qui eurent le privilège de s’asseoir sous le ministère de ce grand prédicateur ne peut douter de son onction. Je l’ai vu, en semaine, le soir, enseigner l’Épître aux Romains à une assemblée composée surtout d’étudiants venus des divers collèges de l’Université de Londres. On pouvait estimer à environ cinq mille le nombre des auditeurs tandis que, debout dans sa chaire surélevée de Westminster Chapel, il annonçait la Parole. Je ne suis pas certain qu’il ait utilisé une sonorisation, si indispensable aujourd’hui jusque dans le plus petit des édifices d’église, mais il avait une voix si sonore que je doute qu’elle lui eût été nécessaire. Il faisait peu de gestes, n’avait rien de flamboyant dans sa mise ni dans son style, peu de charisme, mais d’indubitables charismata — et l’onction.
Y. R.
Y. bégayait si fort qu’il était impossible de tenir une conversation avec lui. Jeune homme, il fut accusé de vol et attendait son procès avec d’autres membres d’un gang lorsqu’il donna sa vie au Seigneur.
Ses camarades furent tous envoyés en maison de détention pour mineurs, mais Y., bien qu’il fût le chef du gang, fut confié à la garde d’un pasteur local. Ce juge avisé savait que Dieu était bien plus capable de réformer une vie gâchée que des années passées en prison. Un jour, deux ans plus tard — temps durant lequel lui et moi étions devenus bons amis —, Y. voulut que je lui organise une réunion dans sa ville natale, afin qu’il pût dire à tous ce que le Seigneur avait fait pour lui.
Bien que j’eusse tenté de l’en dissuader à cause de sa langue bégayante, il insista, et je dus me tenir en retrait, saisi d’émerveillement, tandis que le Seigneur prenait ce vase faible, parlait par lui avec clarté et oignait son ministère. J’appris son secret peu après : presque chaque soir, il se retirait dans une cabane de jardin où il avait une table, une chaise, une lampe et une Bible. Bien qu’il n’eût pas fait de longues études, Y. devint un disciple aux pieds de Jésus. Il devint un orateur régulier sur le circuit des prédicateurs laïcs, et de grandes foules venaient entendre sa prédication ointe. Il s’est rendu deux fois au Canada pour y exercer son ministère et a dû décliner des invitations à y devenir pasteur, ainsi qu’en Grande-Bretagne.
A.J.
A. étudiait à l’école normale d’instituteurs lorsque la pression de tout ce travail et son manque d’amitiés proches la poussèrent à envisager le suicide. Comme elle marchait un jour le long de la plage, elle vit un morceau de papier que le vent poussait sur le sable. C’était un traité évangélique, et tandis qu’elle le lisait, l’Esprit du Seigneur agit sur son âme jusqu’à ce qu’elle s’agenouillât là, sur la plage, et, pleurant, demandât au Seigneur de la sauver. Elle se mit à fréquenter notre église. Peu après, elle demanda si elle pouvait réciter un poème lors du culte du dimanche.
Le pasteur accepta, un peu hésitant car ce n’était pas chose courante dans l’église, mais nous lui en sommes tellement reconnaissants. Tous les cœurs furent touchés, et de chaudes larmes de joie coulaient sur chaque visage tandis qu’A. nous introduisait dans une expérience nouvelle avec le Seigneur par ses paroles ointes. J’aime réciter de la poésie, mais jamais je ne pourrais émouvoir les gens ainsi ! Nous attendions avec impatience chaque fois qu’A. exercerait ce ministère dans cette onction.
H. W.
H. vint au Seigneur à l’adolescence, après avoir pris part à une bagarre de rue où il crut avoir tué un homme. Heureusement, sa crainte se révéla sans fondement ; mais, dans sa frayeur, il se rendit le lendemain matin à notre église, entendit l’Évangile pour la première fois et se livra au Seigneur. Il n’avait aucune notion des doctrines ni des dénominations, aussi allait-il d’église en église, partout où il voyait une porte ouverte, entrant pour se joindre à la réunion en cours, quelle qu’elle fût. Si c’était une réunion de prière, il ne tardait pas à se lever pour prier. Je me suis trouvé dans mainte réunion, sèche comme la poussière, jusqu’à ce que H. se levât pour prier. Alors les cieux s’ouvraient, et Dieu manifestait sa présence parmi nous. Il y avait sur les prières de cet homme simple une onction que je n’ai jamais connue sur les miennes, car il pouvait émouvoir le ciel en quelques mots seulement.
C.Mc.
Je me suis trouvé dans mainte réunion à écouter le chant conduit par l’équipe de louange et d’adoration. On m’indiquait quand frapper des mains, quand m’asseoir ou me lever, on me disait de chanter plus fort ou d’écouter seulement les instruments. Parfois, j’ai pu me joindre au chant lorsque les paroles m’étaient connues, mais j’avoue que cela devient de plus en plus rare.
La louange et l’adoration ne signifiaient guère plus qu’une séance de chant collectif où ceux qui étaient de vrais adorateurs pouvaient adorer en secret (s’ils parvenaient à faire abstraction du bruit qui souvent les entourait !).
Cependant, lorsque C. s’asseyait au piano et nous conduisait dans l’adoration, il n’était pas nécessaire de connaître toutes les paroles, car il nous introduisait dans la présence du Seigneur, et nous étions « perdus dans l’émerveillement, l’amour et la louange ». Il adorait, et nous adorions. Il ne choisissait pas les chants pour leur style musical, leurs accords ou leur rythme, mais parce qu’ils nous tournaient vers Jésus. Il ne nous ballottait pas comme un yo-yo en alternant les chants de témoignage ou de combat avec ceux de l’adoration, passant de l’horizontal (chanter les uns aux autres) au vertical (s’adresser au Seigneur). Son ministère de conduite de l’adoration était oint, et tous les présents le savaient.
Si je devais prendre la parole, je le faisais d’ordinaire au début de la réunion, afin que nous puissions venir à l’adoration à la fin, quand nul n’avait à partir avant de sentir que le moment était venu. Dans mainte réunion, plusieurs personnes demeuraient longtemps après le départ des autres, ayant besoin de rester dans la présence divine. Le contraste entre son adoration ointe et une grande part de ce que j’ai connu ailleurs me porte à croire que le Seigneur cherche encore ceux qui l’adoreront en esprit et en vérité.
C.N.
J’en étais à ma première année comme pasteur d’une église et je tenais à préparer chaque semaine une bonne nourriture spirituelle pour mon peuple. Je ne voulais pas m’enfermer dans une routine d’enseignement prévisible plusieurs semaines à l’avance, mais je cherchais auprès du Seigneur une matière nouvelle pour chaque sermon.
C’est pourquoi, chaque mercredi, je fermais à clé la porte de mon bureau, débranchais le téléphone et passais du temps à étudier la Parole, cherchant ce que le Seigneur avait pour mon peuple.
Les anciens avaient réservé une heure du culte à l’enseignement de la Parole ; ils attendaient donc chaque dimanche une certaine « nourriture solide » dans le sermon. Bien des fois, je montai en chaire assuré d’avoir sa Parole, mais bien des fois aussi je fus rempli d’appréhension.
C., l’un des anciens, se levait souvent au début du culte, selon sa coutume, pour lire un passage de l’Écriture. Plusieurs fois, souvent lorsque je n’étais pas certain d’avoir entendu le Seigneur cette semaine-là, C. annonçait sa lecture, et je me renversais, stupéfait, tandis qu’il lisait le contexte même de mon texte pour ce matin-là ! Vous imaginez l’assurance que cela me donnait de savoir que j’avais bel et bien entendu le Seigneur et que j’avais bien son message pour ce matin-là. Il était impossible que C. ait pu connaître chaque semaine mon thème ou mon texte, mais il avait entendu la voix du Seigneur le diriger vers les Écritures de ce jour-là.
Voilà l’onction.
A.A.
J’eus le privilège de travailler avec A., un frère africain, alors que j’étais pasteur à bord du navire de secours M/V Anastasis, entre 1991 et 1994. Il avait la charge de veiller à ce que l’eau du bord fût toujours potable et non contaminée par les bactéries fréquentes dans les eaux africaines.
Le mardi soir, je tenais un petit cours pour ceux qui voulaient consacrer du temps à se préparer à un éventuel ministère pastoral, et A. était un membre assidu du groupe. Pourtant, chaque fois qu’il parlait, je l’écoutais comme s’il était le maître et moi l’élève, car ses propos étaient riches de l’intelligence de celui qui s’est plongé dans la Parole.
Lors de l’un de nos voyages missionnaires en Afrique de l’Ouest, on demanda à A. d’aider à canaliser la foule à la clinique dentaire de campagne installée par Mercy Ships. Il accomplit sa tâche avec diligence, présentant souvent l’Évangile aux musulmans qui attendaient patiemment leur tour d’être reçus par nos dentistes. Les musulmans d’Afrique de l’Ouest ne sont pas des militants, et la plupart n’ont qu’une très faible connaissance des préceptes de l’islam ; aussi honorent-ils tout homme saint, qu’il soit musulman, chrétien ou le sorcier animiste. Un jour, on demanda à A. de prier pour deux vieillards, tous deux atteints de maladies invalidantes ; il fit donc ce qu’ils demandaient, en leur précisant qu’il ne prierait qu’« au nom de Jésus ». Tous deux furent guéris à l’instant et s’empressèrent de reconnaître que leur guérison venait du Seigneur, si bien que le chef de ce village le déclara désormais « village de Jésus ». Ce n’était pas là un fait rare pour A., et il y eut plusieurs exemples semblables manifestant l’onction de Dieu sur son ministère.
I. et A.
Je célébrai le mariage de I. et A. sans guère m’attendre à ce que le Seigneur pût les employer dans un ministère « véritable ».
C’était un couple simple qui voulait mener une vie dégagée de tout rang, de tout bien et de toute pression de ce monde ; ils s’étaient donc retirés dans leur maison près de la côte. Je ne les revis pas pendant plusieurs années et savais peu de chose de leur mode de vie, jusqu’au jour où un ami me rendit visite et se mit à parler du merveilleux ministère d’accompagnement et de guérison intérieure dont il avait récemment bénéficié.
Il parlait d’un homme et d’une femme qui l’avaient tant aidé par leurs dons de discernement et leurs paroles de sagesse, et qui l’avaient interpellé en lui montrant, dans sa vie, des choses qui devaient changer. Il était émerveillé en les écoutant et percevait qu’ils étaient conduits par le Seigneur. Il poursuivit en me disant que, bien qu’ils n’appartinssent à aucune église ni à aucun ministère para-ecclésial, ils recevaient des appels téléphoniques de tout le pays, de gens qui recherchaient leurs conseils et leurs prières.
J’exprimai le désir de rencontrer ce couple remarquable, mais je fus stupéfait lorsqu’il me dit leurs noms. « Ce n’est pas possible ! » m’écriai-je. « J’ai célébré leur mariage sans jamais soupçonner le grand potentiel qu’ils avaient pour servir le Seigneur ! » Mais le Seigneur, lui, l’avait vu — et son onction est sur eux !
M.M.
Je m’entretenais avec un ami pasteur du thème de ce livre lorsqu’il me rapporta l’histoire suivante.
Il desservait une église dans les provinces des Prairies au Canada lorsqu’il reçut un appel téléphonique l’avertissant que l’un de ses paroissiens était malade. Il alla aussitôt visiter le malade et put lui apporter quelque réconfort.
En quittant la chambre, il fit remarquer le joli petit bouquet de fleurs sauvages posé dans un vase près du lit. On lui répondit : « C’est M. qui les a fait porter plus tôt cet après-midi. »
Quelques semaines plus tard, mon ami se rendit dans un autre foyer et mangeait un gâteau qu’on lui avait offert. Il complimenta son hôtesse, pour s’entendre dire : « C’est M. qui me l’a apporté cet après-midi. »
Après plusieurs cas semblables, le pasteur fut frappé par la répétition du nom de M. C’était une vieille demoiselle de son église, de celles qui passent aisément inaperçues dans toute assemblée. Elle ne disait jamais rien et se montrait très effacée. Il résolut de rendre visite à M. pour découvrir comment elle avait connaissance de la maladie des gens de l’église avant même que la famille l’en eût informé. Au début, elle fut un peu inquiète, croyant que le pasteur lui reprochait sa hardiesse à téléphoner aux malades, à les visiter ou à envoyer des fleurs et des gâteaux ; mais il l’assura promptement qu’il n’en était rien.
M. lui raconta comment, chaque soir, elle priait pour chaque personne de l’église, les nommant dans ses prières. Un jour, le nom d’un vieux veuf lui revenait sans cesse à l’esprit, avec la pensée qu’elle devait l’appeler. Bien entendu, elle hésitait à le faire, craignant que ses démarches ne fussent mal comprises, mais la pensée persistait. Enfin, après bien des atermoiements et plusieurs heures d’inquiétude, elle avait décroché le téléphone et l’avait appelé. Lorsqu’elle l’eut au bout du fil, il était manifeste que le veuf se trouvait en détresse et paraissait fort désorienté.
Il avait fait une chute et s’était blessé mais, dans son angoisse et son désarroi, ne savait que faire ni quels numéros appeler. M. lui dit quelques mots d’encouragement, puis appela le médecin, qui se rendit promptement à la maison et put secourir le vieil homme. Elle regretta les longues heures qu’elle avait passées à tergiverser et résolut qu’à l’avenir, chaque fois que le Seigneur l’y pousserait, elle répondrait aussitôt en téléphonant à celui ou celle dont le Seigneur lui parlait, ou en lui rendant visite.
Mon ami pasteur était ravi que M. eût trouvé son ministère, et il la soutint pleinement, l’encourageant à poursuivre cette bonne œuvre et lui disant qu’elle ne devait jamais craindre de présenter à l’église la note des frais engagés pour l’achat des fleurs, la confection des gâteaux, etc.
Elle avait trouvé son ministère, et le Seigneur l’oignait.
S.B.
S. purgea une peine de prison pour des délits liés à la drogue. Bien qu’il fût devenu chrétien quelques années plus tôt, il n’avait pas vécu pour le Seigneur et était dépendant des drogues dures, ainsi que de l’alcool et de la cigarette. Il avait envisagé le suicide comme la seule issue au gâchis qu’était devenue sa vie. À sa sortie de prison, il fréquenta les réunions des Alcooliques anonymes et y renouvela l’engagement de sa vie à Christ. En peu de temps après sa conversion, Dieu transforma cet homme et lui donna la victoire sur toutes ses dépendances.
Il en vint à croire qu’il n’avait besoin d’aucune béquille pour rester sobre, mais que le Seigneur l’avait pleinement guéri — l’œuvre était accomplie. Il commença une œuvre nouvelle sous la forme d’un groupe de soutien pour les personnes dépendantes, fondée sur la promesse de la Parole : « C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis ».
À l’heure où j’écris, son ministère, Connection To Freedom, commence à exercer un impact majeur parmi les personnes dépendantes, les détenus et les anciens détenus de ma ville natale, et une onction manifeste repose sur cette œuvre, tandis que le Seigneur ouvre des portes vers des vies et des lieux où l’Église en général ne peut pénétrer. S. est prompt à reconnaître que le Seigneur accomplit des choses étonnantes parmi nous, et il sait combien il importe de demeurer dans un lieu de son bon plaisir et de son onction.
J’ai délibérément codé le nom de la plupart de ces personnes, mais toutes me sont bien connues. Il en est bien d’autres dont la vie rend un témoignage semblable de l’onction du Seigneur, quoiqu’elles ne soient ni des clercs, ni célèbres, ni honorées par le monde. Je suis sûr que vous, mon lecteur, pourriez ajouter plusieurs autres témoignages à cette liste. Leur puissance, leur autorité, leur ministère ne tiennent pas à un charisme personnel (les chanteurs à la mode en ont), ni à l’art de faire une belle présentation publique (les politiciens l’ont), ni à d’habiles techniques de direction (les hommes d’affaires prospères les possèdent), mais à l’appel, à l’équipement et à l’onction de Dieu.
Vous connaissez peut-être l’histoire de ce célèbre acteur qui assistait à une kermesse d’église. On l’invita à présenter quelques monologues pour le plaisir de tous, ce qu’il fit. Après chaque prestation retentissaient des applaudissements enthousiastes, plus encore lorsqu’il conclut en récitant le grand psaume du berger, le Psaume 23.
Quand les applaudissements se furent tus, un homme âgé se leva de sa chaise, s’avança jusqu’au micro et redit le même psaume, mot pour mot.
Cette fois, nul applaudissement lorsqu’il eut fini ; mais beaucoup essuyaient des larmes de leurs yeux, et d’autres inclinaient la tête. L’acteur s’approcha du vieil homme.
« J’ai dépensé des milliers de livres en leçons et je suis parvenu au sommet de ma profession », dit-il, « mais jamais je n’ai su émouvoir mon auditoire comme vous venez de le faire. Quel est votre secret ? »
Le vieil homme répondit : « Vous connaissez le psaume — mais moi, je connais le Berger ! »
Tel est le secret de l’onction : être lié au Berger. Être uni à lui sous le même joug tandis que vous portez ensemble son fardeau (pour vous).