S’élever comme l’aigle ·Les dons de l’amour

Chapitre 2 · 11 min de lecture

Les dons de l’amour

J’étais récemment dans mon pays natal, le pays de Galles, en train d’écouter mon beau-frère Vivian me raconter quelques-unes des histoires qu’il connaissait au sujet du réveil gallois de 1904. J’avais avec moi une amie canadienne qui visitait la Grande-Bretagne pour la première fois et qui avait hâte d’entendre des récits de ce réveil de la bouche de personnes qui y étaient liées d’une manière ou d’une autre. Le grand-père de Vivian s’était converti en ces jours-là, et Vivian lui-même avait grandi dans une chapelle née à cette époque, dans le village même où Evan Roberts a commencé son ministère.

Les yeux de mon amie se remplissaient de larmes tandis qu’elle écoutait ces histoires, mais mon attention était captivée par l’expression du visage de Vivian. Un puits profond d’aspiration semblait remonter en lui jusqu’à la surface. Son visage rayonnait tandis qu’il se rappelait les récits de son grand-père évoquant la présence impressionnante de Dieu que tous ressentaient, pécheur comme saint, au fil de ces jours oints. Il se souvenait des récits de miracles merveilleux, de vies glorieusement transformées, d’Églises combles une heure avant l’heure fixée pour le commencement des réunions, de mineurs descendant à la fosse une heure plus tôt afin de passer un temps d’adoration et de chant avant d’extraire l’or noir. Son grand-père lui avait raconté tout cela. Cependant, c’est le sens profond de la présence de Dieu qui a frappé le plus profondément le cœur de Vivian.

Qu’est-ce que l’onction ?

Mon épouse Anne et moi rendions visite à des amis en Nouvelle-Zélande, après une tournée de ministère en Australie. Comme nous traversions une petite ville de l’île du Nord, au début d’une soirée de samedi, nous avons remarqué un panneau annonçant les réunions de l’Église Elim. Avant d’émigrer au Canada en 1975, nous avions été membres de la dénomination Elim au pays de Galles, mais nous n’avions plus fréquenté d’Église Elim depuis ; aussi avons-nous pensé qu’il serait agréable de rendre visite à ces frères de Nouvelle-Zélande.

Nous avons trouvé l’Église, installée dans une école du quartier. À notre arrivée, on nettoyait les tableaux noirs, on empilait les pupitres contre un mur et l’on disposait des chaises en nombre suffisant pour la quarantaine de personnes attendues (enfants compris). Un jeune homme s’est approché et nous a souhaité la bienvenue dans l’Église. « Je suis désolé que le pasteur ne soit pas là ce matin », a-t-il dit. « Il vous faudra vous contenter de moi ! » Cela ne nous a guère contrariés, car nous avions passé bien des années à travailler auprès des jeunes et savions fort bien que le Seigneur peut parler par eux tout aussi bien que par les membres plus mûrs de l’Église.

Le culte était typique d’une petite assemblée familiale, jusqu’à ce que le jeune homme prenne la parole. Pendant quarante minutes, il nous a ouvert les Écritures en appuyant sa réflexion sur Phil. 1:6 : « Je suis persuadé que celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la rendra parfaite pour le jour de Jésus-Christ. »

Comme il terminait, je me suis tourné vers Anne et lui ai demandé : « Qu’en avez-vous pensé ? » Elle m’a répondu : « Je n’ai pas entendu de prédication aussi ointe depuis vingt ans ! » J’espère qu’elle se trompait, car elle m’a entendu prêcher bien des fois au cours de ces années-là ; mais je partageais moi aussi ce sentiment. Non seulement il avait parlé à nos intelligences et à nos âmes, mais le Saint-Esprit s’était servi de lui pour édifier nos esprits. Nous avions l’impression d’avoir été nourris des richesses de la Terre promise, de raisins doux et de miel, et non de la manne rassise du désert. Il était oint. Dieu le Saint-Esprit était présent dans ce culte, se servant de l’un de ses vases choisis pour nous bénir en nous enseignant par lui. Nous connaissions sa présence au milieu de nous.

Assurément, l’onction, c’est Dieu qui appose son sceau, son approbation, sur la personne ou le ministère, en sorte qu’il y ait un impact éternel sur la vie (spirituelle) de ceux à qui ce ministère s’adresse. L’onction édifie l’esprit autant que le corps et l’âme.

Ô combien j’aspire à voir des hommes et des femmes exercer leur ministère sous l’onction de l’Esprit ! J’en ai fait l’expérience bien des fois, mais trop rarement. Après avoir été assis sous un tel ministère, plus rien d’autre ne peut désormais me satisfaire.

Je me souviens du temps où Ann Jones récitait sa poésie : pas un œil ne restait sec tandis qu’elle peignait par les mots le Seigneur, son œuvre, ses souffrances et sa gloire. Jamais ma propre poésie n’a ému les gens de la sorte !

Je me souviens du temps où Harty Warrens, homme sans instruction, se levait pour prier dans l’Église. Il semblait que le Seigneur entrât soudain en notre présence et que toutes les autres voix se taisaient. Jamais je n’aurais su prier ainsi !

Je me souviens du temps où Yorrie Richards, le bègue, résolut de rendre un témoignage public de son Seigneur, contre l’avis de ses amis, moi compris. Nous étions certains qu’il se couvrirait, et nous avec lui, d’une grande gêne. Au lieu de cela, nous avons écouté, saisis d’admiration, tandis que Dieu oignait sa langue pour donner un témoignage clair, sans bégaiement, puissant, qui amena bien des gens à la foi au Sauveur !

Je me souviens d’être entré dans la crasse de la cité fortifiée de Kowloon, à Hong Kong, avec ma jeune amie qui était résolue à être un témoin du Seigneur parmi les toxicomanes et les prostituées qui y vivaient. J’ai vu sa faiblesse et je l’ai entendue exprimer ses craintes ; mais aujourd’hui le nom de Jacky Pullinger est connu dans le monde entier, à cause de l’onction qui reposait sur elle dans cette œuvre périlleuse.

Je me souviens d’avoir écouté le Dr Martin Lloyd Jones dans ses études bibliques hebdomadaires, le pasteur Eric Dando des Assemblées de Dieu, le major Alistair Smith de l’Armée du Salut, tandis qu’ils prêchaient sur la gloire de Dieu et la puissance de la croix. Aucun de nous ne voulait quitter nos durs bancs de bois, car Dieu était présent.

Je me souviens d’un jeune Brésilien qui travaillait pour Mercy Ships lors de leur passage en Pologne en 1991. Bien qu’il eût à peine plus de vingt ans, on voyait clairement l’onction du Seigneur sur lui tandis qu’il s’adressait à de grandes assemblées dans l’Église catholique. Je viens de rentrer au Canada après dix semaines à Fortaleza, au Brésil, où je l’ai vu rassembler des pasteurs d’environ 400 Églises dans une grande campagne d’évangélisation qui a abouti à plus de 35 000 « décisions pour Christ ».

« Et que dirai-je encore ? Car le temps me manquerait pour parler de… » Ô combien le Seigneur aspire à voir son épouse exercer son ministère sous l’onction de l’Esprit ! Une telle onction peut être la vôtre, et elle doit l’être si vous voulez voler comme l’aigle.

Voici le secret : Dieu ne mettra son onction que sur les hommes et les femmes qui exercent leur ministère dans le rôle auquel il les a appelés et pour lequel il les a équipés. Pourquoi mettrait-il son onction sur ceux qui agissent en dehors de son plan et de ses desseins ?

Nous avons si bien organisé nos Églises que Dieu n’a plus aucun rôle à jouer dans nos cultes. Nous plaçons des gens dans des rôles et des ministères pour lesquels Dieu ne les a ni préparés ni équipés. Ils passent par l’école biblique, puis par la faculté de théologie, et enfin dans une Église. Si l’Église est grande, ils occupent automatiquement le poste du pasteur le plus subalterne, c’est-à-dire pasteur de la jeunesse. Que Dieu les ait appelés à servir la jeunesse ou à être pasteur importe peu. Il nous faut pourvoir ce poste pour que les programmes de notre Église continuent de fonctionner ! Bien sûr, un jour il accédera au rang de pasteur (principal), quoiqu’il n’y ait guère de preuve d’une quelconque onction de Dieu sur lui en tant que pasteur.

Peut-être est-il un membre fidèle de l’Église, prospère dans les affaires ; aussi le faisons-nous ancien — sans guère nous soucier de savoir s’il est « propre à l’enseignement ». Il conduit un petit groupe dans des études serendipity et se demande pourquoi les siens ont faim d’une nourriture solide alors que tout ce qu’il peut leur donner, c’est du lait.

Nous avons des besoins en accompagnement, aussi nommons-nous à plein temps un psychiatre dans notre équipe, et nous le justifions en disant qu’il est chrétien. Cela ne signifie pas pour autant qu’il ait le don d’enseigner et d’exercer un ministère d’accompagnement biblique avec onction. Une grande part de l’accompagnement pratiqué aujourd’hui dans les Églises ne diffère en rien de celui du monde, avec son programme en douze étapes. Regardez les rayons de votre librairie chrétienne locale pour voir combien de tels livres sont désormais disponibles sous le couvert de l’accompagnement chrétien.

Le programme en douze étapes a pour but de donner à la personne perturbée une certaine capacité à mener une vie équilibrée. Il offre une béquille qui vous permet de traverser la vie sans trop trébucher. Certes, il y a dans nos Églises, comme dans toute la société, beaucoup de gens qui ont besoin d’un accompagnement psychiatrique pour leur maladie. Cependant, beaucoup souffrent de maladies spirituelles que nul moyen psychiatrique ne pourra jamais guérir. Le véritable accompagnement chrétien offre une pleine guérison des blessures spirituelles par le sang versé de la croix. Oh, combien nous avons édulcoré ce sang, le dépouillant de son efficacité ! Jésus n’est pas mort pour nous donner une béquille — il est mort pour que nous soyons pleinement rétablis !

« Dieu a placé chacun des membres dans le corps comme il a voulu. »

« Dieu a établi dans l’Église premièrement des apôtres, secondement des prophètes, troisièmement des docteurs, ensuite ceux qui ont le don des miracles… »

« À chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don de Christ. …. Étant monté en haut, il a fait des dons aux hommes … Il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs. »

« Puisque nous avons des dons différents, selon la grâce qui nous a été accordée, que celui qui a le don de prophétie l’exerce selon l’analogie de la foi. »

De quelque manière que nous lisions ces quatre passages de l’Écriture et leur contexte, nous ne pouvons échapper au fait que c’est Dieu qui nous place dans l’Église avec nos dons et nos ministères différents. Nous devrions désirer ardemment discerner notre propre don et exercer notre ministère selon ce don. Si nous sommes des responsables d’Église, nous devrions mettre tout notre zèle à découvrir les dons des autres et à les libérer dans les ministères correspondants.

Où sont les apôtres et les prophètes que « Dieu a établi dans l’Église » pour proclamer la voix de Dieu et nous rappeler aux fondements du Royaume — à l’unité pour laquelle Jésus prie, au mode de vie qu’il a exigé de nous ? Où sont ces responsables-serviteurs prêts à être les derniers et les plus petits, comme le plus jeune et comme un enfant, sachant que tels sont les grands dans le Royaume de Dieu ?

Lorsque ce grand prophète Élie fut enlevé au ciel, son manteau tomba sur son jeune disciple Élisée, qui s’écria : « Où est l’Éternel, le Dieu d’Élie ? » Aujourd’hui, nous pourrions crier plus justement : « Où sont les Élie de Dieu ? » Trop souvent, on leur a rogné les ailes et déchiré le manteau.

Je me souviens d’avoir assisté à une conférence sur la manière de faire croître mon Église. La plus grande partie de l’enseignement consistait en d’excellents conseils pratiques. Ce qui fut particulièrement précieux pour ma situation, ce fut la reconnaissance de l’importance du don d’administrateur appelé à œuvrer aux côtés du pasteur. J’avais un tel homme dans mon Église et j’ai vu la preuve de l’onction de Dieu tandis que nous travaillions ensemble. Puis on nous a dit que, si nous voulions réussir, nous devions cesser de penser comme des pasteurs pour commencer à penser comme des éleveurs de ranch ! Je suis sûr qu’il y a dans le corps de Christ des personnes que Dieu a « appelées » à être éleveurs, mais ce n’est pas un choix que je puisse faire. Jusqu’à ce que LUI m’appelle à un autre ministère, je m’efforcerai d’être fidèle en tant que pasteur/docteur.

Sommaire

S’élever comme l’aigle Gareth Evans

Page 1 / 1 · 11 min restantes dans le chapitre