Chapitre 11 · 10 min de lecture
Comment libérer votre peuple
Nous qui sommes appelés à être pasteurs et anciens dans l’Église, nous devons comprendre certaines vérités bibliques au sujet de notre ministère. Nous SOMMES appelés à équiper les saints afin qu’ils accomplissent l’œuvre du ministère. Nous ne sommes PAS en première ligne du combat — ce sont eux qui y sont ! Trop longtemps, nous avons enseigné à nos fidèles à « prier pour votre pasteur, car il est en première ligne du combat contre le mal, et Satan veut l’attaquer ! »
La vérité, c’est que je peux passer jour après jour sans côtoyer un incroyant, je peux consacrer un temps de qualité à la Parole et à la prière, alors que la plupart des membres de mon assemblée ne le peuvent pas. Je suis appelé à être la tente de rafraîchissement, le poste de secours, le dépôt d’armes, loin derrière les lignes de front, tandis qu’eux sont dans les tranchées jour après jour. Je dois bien les équiper s’ils veulent être vainqueurs dans le combat. Non seulement le Seigneur attend d’eux qu’ils soient vainqueurs, mais il attend aussi qu’ils soient ses témoins dans ce monde. Il en a chargé (beaucoup) d’un fardeau, il les a dotés de dons, et il attend maintenant de les oindre lorsqu’ils s’avanceront pour le servir.
Je crois que chaque réunion du conseil des anciens de l’Église devrait comporter deux éléments essentiels. Premièrement, la prière, pour communier avec le Seigneur. Cela impliquerait à la fois de parler à Dieu et d’attendre dans le silence qu’il nous parle. Deuxièmement, un temps pour discerner qui, dans l’Église, exprime un fardeau, ou manifeste les dons pour porter un tel fardeau, ou est désormais prêt à être libéré dans un ministère.
Une situation typique pourrait ressembler à ceci : Pasteur : Quelqu’un que vous reconnaissez comme prêt à être libéré dans le ministère ?
Ancien(s) : Nous observons beaucoup Mary depuis notre dernière réunion. Elle porte manifestement un grand intérêt aux missions, et ses prières pour les perdus témoignent d’une profonde préoccupation. C’est une croyante engagée, fidèle dans son soutien financier et dans sa présence. Nous aimerions que le conseil l’invite à nous exprimer son fardeau, avec une proposition qui nous permette de voir comment nous, en tant que famille d’Église, pouvons répondre à cette proposition.
Lorsque Mary se présentera devant les anciens avec sa proposition, il sera peut-être possible de développer un ministère pour soutenir son fardeau.
Autre scénario : Pasteur : Comment voyez-vous John évoluer comme ancien potentiel ?
Ancien(s) : Il jouit assurément d’un grand respect auprès de la plupart des gens de l’Église. Je sais que beaucoup d’entre eux vont le consulter pour un conseil, et que son conseil est sûr. Il a une bonne compréhension de la Parole et mène une vie conforme à ses préceptes.
Pasteur : Est-il « qualifié » au regard des Écritures ? (Tite et 1 Timothée) Ancien(s) : Nous le croyons.
Pasteur : Alors invitons-le à la prochaine réunion du conseil et mettons-le « à l’essai » comme ancien pour les six prochains mois. Jim, voulez-vous le prendre auprès de vous et être son mentor ? S’il confirme son appel, nous le présenterons à l’assemblée lors de la prochaine réunion annuelle.
Les scénarios possibles sont nombreux — aussi nombreux que les différentes personnes de votre Église que le Seigneur voudrait libérer dans son ministère.
Écouter
Il est essentiel que nous, pasteurs, écoutions nos fidèles lorsqu’ils expriment leurs fardeaux. Nous devrions être capables de les aider à clarifier un peu leur vision, afin qu’ils puissent vraiment reconnaître et définir ce fardeau. Stimulez-les, encouragez-les, mais, par-dessus tout, écoutez-les. C’est leur fardeau venu du Seigneur qui nous intéresse, non le nôtre, que nous voudrions leur voir porter à notre place. Aidez-les à mettre le fardeau en mots.
Affirmer leurs dons
Lorsque le fardeau est clair, cherchez à savoir auprès d’autres personnes si les aptitudes, les talents et les dons spirituels nécessaires pour porter ce fardeau dans le ministère sont présents dans la vie de ce membre. Pour cela, on pourrait recourir à l’un des nombreux questionnaires sur les dons et les profils de personnalité couramment disponibles aujourd’hui. Bien entendu, nous ne devons pas nous attendre à voir de l’onction ni une maturité de leadership chez « un aigle qui n’a pas encore été lâché pour voler » ! Il sera nerveux, et vous serez inquiet, mais quelle mère ne l’est pas lorsqu’elle voit ses enfants faire ces premiers pas hésitants et chancelants ?
Va-t-elle alors emmitoufler de nouveau son enfant et refuser de le laisser risquer de marcher, de peur qu’il ne trébuche ? Bien sûr que non ! Vous non plus, vous qui êtes appelé à prendre soin de ses brebis.
Commencer la libération
Lorsqu’un croyant en bonne santé spirituelle porte un fardeau clair, et que les preuves de ses aptitudes et de ses dons sont présentes et confirmées par plusieurs, il est temps de libérer l’aigle. Réservez un temps de qualité pour être avec lui ou elle. Vous ne devez avoir aucun plan préétabli pour cette rencontre, ni l’intention de déposer votre fardeau sur ses épaules. Il est essentiel que cette rencontre soit centrée sur le membre et sur sa marche avec le Seigneur, non sur l’Église et ses programmes. Si les programmes de votre Église viennent du Seigneur, il est parfaitement capable de préparer les responsables nécessaires en déposant sur eux le fardeau approprié — son fardeau léger. À la fin de cette rencontre, vous et le membre devriez avoir une compréhension claire du fardeau et du désir de ministère qui repose sur le cœur du membre. Il ne sera peut-être pas possible de répondre à tous ses désirs de ministère — ils peuvent dépasser ce que l’Église peut faire, ou n’être pas réalisables sur le plan du personnel ou des finances. Néanmoins, vous avez désormais tous deux quelque chose sur quoi travailler.
L’Alliance de Ministère
Si vous discernez un ministère possible qui pourrait s’ouvrir pour le jeune aigle, discutez-en avec lui ou elle pour voir s’il y a accord.
Je vous suggère d’élaborer ensuite une Alliance de Ministère en dialogue avec le membre.
Sa formulation pourrait prendre quelques semaines avant que lui et vous (les anciens) soyez pleinement d’accord. Vous pourriez fort bien avoir un petit groupe de personnes dont le ministère consiste à rédiger de telles alliances de ministère, pour votre approbation et celle du jeune aigle. L’Alliance de Ministère devrait énoncer clairement les paramètres du ministère, l’autorité déléguée et la reddition de comptes. Voici un exemple simple : Susan a dit à ses amis qu’elle souhaite suivre une École de Formation de Disciples avec Jeunesse en Mission (par exemple), et elle s’emploie à parler à des personnes de l’Église pour tenter de réunir un soutien financier en vue des six mois d’absence prévus. Cela ne vous réjouit guère, car vous pensez que certains membres de l’assemblée pourraient détourner une partie de leurs offrandes des programmes de l’Église pour soutenir Susan. Allez-vous les trouver en privé pour leur dire de ne pas la soutenir ? Allez-vous la convoquer dans votre bureau et lui interdire de solliciter le soutien des membres ? Allez-vous prêcher un sermon encore plus appuyé sur la fidélité à donner à votre propre Église ? Ou bien vous demandez-vous : « Comment puis-je aider ce jeune aiglon à voler ? » Qui sait, peut-être deviendra-t-elle un jour une grande missionnaire, gagnant beaucoup d’âmes au Seigneur et rendant un grand honneur à son nom — volant comme l’aigle, ainsi que le Seigneur l’avait prévu pour elle.
Vous pourriez la convoquer au bureau, lui accorder un temps de qualité et l’écouter décharger son fardeau. Elle ne connaît pas grand-chose aux missions ni à la JEM, mais elle a un ardent désir de servir le Seigneur dans un cadre missionnaire et comprend le besoin d’être formée pour cela.
Il est devenu évident pour vous que Susan a une bonne instruction et qu’elle est une croyante dévouée, au cœur plein de compassion pour les perdus. Vous pourriez lui suggérer de se familiariser davantage avec la JEM et d’autres écoles possibles, tandis que vous cherchez à mieux connaître sa personnalité et ses dons. L’Alliance de Ministère suivante pourrait alors être présentée.
Alliance de Ministère — Susan Smith
Reconnaissant que le Seigneur nous a appelés à aller par tout le monde prêcher l’Évangile, que les missions lui tiennent à cœur, et que les champs sont blancs pour la moisson mais que les moissonneurs sont peu nombreux, nous, les anciens de l’Église évangélique de Westside, à Votreville, concluons cette Alliance de Ministère avec Susan Smith, membre de cette Église.
Susan suivra une École de Formation de Disciples avec la JEM, dans la ville où se trouve l’école, pendant les six mois de janvier à juin 1999. Nous comprenons que le coût total de cette école s’élèvera à environ 5 000 $, y compris l’hébergement, les frais de scolarité, les besoins personnels et les dépenses d’évangélisation.
Avant de suivre l’école, Susan disposera de quinze minutes lors d’un culte du dimanche matin pour exposer ses projets à l’assemblée. Une offrande d’amour sera recueillie pour elle à la fin de ce culte. L’Église y ajoutera des fonds suffisants pour lui permettre de payer son transport jusqu’à la ville où elle se rendra.
Pendant sa formation, Susan enverra chaque mois à l’Église une cassette audio (ou une lettre) pour nous tenir informés de ses progrès et de ses sujets de prière. Une petite partie de cette cassette sera diffusée à l’assemblée lors du culte du matin une fois par mois, et l’on priera alors en sa faveur. Chaque groupe de prière de l’Église sera encouragé à faire de la prière pour Susan une part régulière de ses réunions.
Toutes les photos ou lettres de nouvelles que Susan enverra seront affichées sur le panneau des missions de l’Église.
L’Église enverra 200 $ chaque mois à Susan, ainsi que toutes les sommes recueillies pour elle au moyen d’autres activités menées par nos membres en dehors de l’Église.
Nous n’oublierons pas que Susan demeure membre de notre assemblée, bien qu’éloignée durant ces six mois, et les anciens s’engagent à se rendre disponibles pour elle en cas de crise ou de besoin d’accompagnement pendant son absence.
Au terme de ses six mois de formation, Susan reviendra dans cette Église avant de s’engager dans tout autre ministère, avec la JEM ou toute autre organisation. Elle rendra compte au pasteur des progrès qu’elle aura accomplis comme disciple à travers l’École de Formation de Disciples. Elle sera tenue de rencontrer le pasteur, ou un ancien délégué, une fois par mois pendant les six mois suivants. À l’issue de ce délai, la présente Alliance de Ministère prend fin.
Convenu : Signé : Susan Smith John Williams (ancien) — au nom du conseil des anciens Peter Smith (pasteur) * D’autres exemples d’Alliances de Ministère se trouvent à l’Annexe 2 Continuer à prendre soin Lorsque Susan partira pour son école — ou pour un ministère ultérieur —, l’œuvre du pasteur n’est pas terminée. Il doit continuer à l’accompagner, à prendre soin d’elle. L’intérêt qu’il manifeste pour tout ce qu’elle fait aura un profond impact sur elle et développera en elle une attitude saine envers l’Église et la direction qu’elle a instituée. Il y aura des moments où elle sombrera dans le découragement et où elle aura besoin que le pasteur relève son esprit. Elle aura besoin de conseils tandis qu’elle luttera pour accomplir son fardeau.
Elle aura peut-être besoin d’une main ferme pour l’empêcher de tomber tête baissée dans le danger ou la folie. Elle a besoin de son pasteur — son aigle-père — jusqu’à ce qu’elle ait appris à voler sous l’onction de l’Esprit. Si cela est possible, rendez-lui visite sur son lieu de ministère, observez ce qu’elle fait dans sa vie quotidienne, cherchez à comprendre le combat qu’elle affronte, encouragez-la, lavez-lui les pieds.