Chapitre 6 · 10 min de lecture
La certitude de la réponse à la prière
« Demandez, et l’on vous donnera; cherchez, et vous trouverez; frappez, et l’on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et l’on ouvre à celui qui frappe. »—Matthieu 7:7-8.
« Vous demandez, et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal. »—Jacques 4:3.
NOTRE Seigneur revient ici, dans le Sermon sur la montagne, une seconde fois pour parler de la prière. La première fois, il avait parlé du Père qui se trouve dans le secret et récompense ouvertement, et il nous avait donné le modèle de prière (Matthieu 6:5-15). Ici, il veut nous enseigner ce que toute l’Écriture considère comme l’essentiel de la prière : l’assurance que la prière sera entendue et exaucée. Remarquez comme il emploie des mots qui signifient presque la même chose, et chaque fois répète la promesse si distinctement : « Vous recevrez, vous trouverez, il vous sera ouvert ; » puis il donne pour fondement d’une telle assurance la loi du royaume : « Quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et l’on ouvre à celui qui frappe. » Nous ne pouvons que sentir combien, par cette sextuple répétition, il veut graver profondément dans nos esprits cette seule vérité : que nous pouvons et devons attendre avec la plus entière confiance une réponse à notre prière. Après la révélation de l’amour du Père, il n’y a, dans tout le cours de l’école de la prière, pas de leçon plus importante que celle-ci : quiconque demande reçoit.
Dans les trois mots dont le Seigneur se sert, demander, chercher, frapper, on a cherché une différence de sens. Si tel était en effet son dessein, alors le premier, DEMANDER, se rapporte aux dons pour lesquels nous prions. Mais je puis demander et recevoir le don sans le Donateur. CHERCHER est le mot que l’Écriture emploie au sujet de Dieu lui-même ; Christ m’assure que je puis le trouver lui-même. Mais il ne suffit pas de trouver Dieu au temps du besoin, sans parvenir à une communion permanente : FRAPPER parle de l’admission à demeurer avec lui et en lui. Ainsi, demander et recevoir le don conduirait à chercher et à trouver le Donateur, et cela de nouveau à frapper et à voir s’ouvrir la porte de la maison et de l’amour du Père. Une chose est sûre : le Seigneur veut vraiment que nous comptions avec la plus entière certitude sur ceci, que demander, chercher, frapper ne peut être vain : recevoir une réponse, trouver Dieu, le cœur et la maison ouverts de Dieu, sont le fruit certain de la prière.
Que le Seigneur ait jugé nécessaire de répéter cette vérité sous tant de formes est une leçon d’une profonde portée. Cela prouve qu’il connaît notre cœur, combien le doute et la défiance envers Dieu nous sont naturels, et avec quelle facilité nous sommes enclins à nous reposer dans la prière comme dans une œuvre religieuse sans réponse. Il sait aussi combien, même lorsque nous croyons que Dieu exauce la prière, la prière croyante qui saisit la promesse est quelque chose de spirituel, trop élevé et trop difficile pour le disciple au cœur partagé. C’est pourquoi, dès le tout début de son enseignement à ceux qui voudraient apprendre à prier, il cherche à loger cette vérité profondément dans leur cœur : la prière est d’une grande efficace ; demandez et vous recevrez ; quiconque demande reçoit. Telle est la loi éternelle et fixe du royaume : si vous demandez et ne recevez pas, ce doit être parce qu’il y a quelque chose de défectueux ou de manquant dans la prière. Tenez ferme ; laissez la Parole et l’Esprit vous enseigner à prier comme il faut, mais ne lâchez pas la confiance qu’il cherche à éveiller : quiconque demande reçoit.
« Demandez, et l’on vous donnera. » Christ n’a, dans son école, pas de plus puissant stimulant à la prière persévérante que celui-ci. De même qu’un enfant doit prouver qu’une opération est juste, ainsi la preuve que nous avons bien prié, c’est la réponse. Si nous demandons et ne recevons pas, c’est parce que nous n’avons pas appris à prier comme il faut. Que tout élève de l’école de Christ prenne donc la parole du Maître dans toute sa simplicité : quiconque demande reçoit. Il avait de bonnes raisons de parler de manière si inconditionnelle. Gardons-nous d’affaiblir la Parole par notre sagesse humaine. Quand il nous dit des choses célestes, croyons-le : sa Parole s’expliquera d’elle-même à celui qui la croit pleinement. Si des questions et des difficultés surgissent, ne cherchons pas à les faire régler avant d’accepter la Parole. Non ; remettons-les toutes entre ses mains : c’est à lui de les résoudre : notre tâche est d’abord et pleinement d’accepter et de retenir fermement sa promesse. Que, dans notre chambre intérieure, dans la chambre intérieure de notre cœur aussi, la Parole soit inscrite en lettres de lumière : quiconque demande reçoit.
Selon cet enseignement du Maître, la prière comporte deux parties, a deux côtés, l’un humain et l’autre divin. L’humain, c’est la demande ; le divin, c’est le don. Ou bien, à considérer les deux du côté humain, il y a la demande et la réception — les deux moitiés qui forment un tout. C’est comme s’il voulait nous dire que nous ne devons pas nous reposer sans une réponse, parce que c’est la volonté de Dieu, la règle dans la famille du Père : toute requête d’enfant, faite avec foi, est exaucée. Si aucune réponse ne vient, nous ne devons pas nous asseoir dans la paresse qui se donne le nom de résignation et supposer qu’il n’est pas de la volonté de Dieu de donner une réponse. Non ; il doit y avoir dans la prière quelque chose qui n’est pas tel que Dieu le voudrait, filial et croyant ; nous devons rechercher la grâce de prier de telle sorte que la réponse puisse venir. Il est bien plus facile à la chair de se soumettre sans la réponse que de se laisser sonder et purifier par l’Esprit, jusqu’à ce qu’elle ait appris à prier la prière de la foi.
C’est l’une des marques terribles de l’état maladif de la vie chrétienne de nos jours, qu’il y en ait tant qui se contentent de vivre sans l’expérience distincte d’une réponse à la prière. Ils prient chaque jour, ils demandent bien des choses et ont confiance que quelques-unes seront entendues, mais ils connaissent peu la réponse directe et précise à la prière comme règle de la vie quotidienne. Et c’est cela que le Père veut : il recherche un commerce quotidien avec ses enfants en écoutant et en exauçant leurs requêtes. Il veut que je vienne à lui jour après jour avec des demandes précises ; il veut jour après jour faire pour moi ce que je demande. C’est dans sa réponse à la prière que les saints d’autrefois ont appris à connaître Dieu comme le Vivant, et furent poussés à la louange et à l’amour (Psaumes 34, 66:19, 116:1). Notre Maître attend d’imprimer ceci dans nos esprits : la prière et sa réponse, l’enfant qui demande et le père qui donne, s’appartiennent l’un à l’autre.
Il peut y avoir des cas où la réponse est un refus, parce que la demande n’est pas conforme à la Parole de Dieu, comme lorsque Moïse demanda à entrer en Canaan. Mais il y eut tout de même une réponse : Dieu ne laissa pas son serviteur dans l’incertitude quant à sa volonté. Les dieux des païens sont muets et ne peuvent parler. Notre Père fait savoir à son enfant quand il ne peut lui donner ce qu’il demande, et celui-ci retire sa requête, comme le fit le Fils à Gethsémané. Moïse le serviteur et Christ le Fils savaient tous deux que ce qu’ils demandaient n’était pas conforme à ce que le Seigneur avait dit : leur prière était l’humble supplication de savoir s’il n’était pas possible que la décision fût changée. Dieu enseignera à ceux qui sont dociles et lui laissent du temps, par sa Parole et son Esprit, si leur demande est conforme à sa volonté ou non. Retirons la demande, si elle n’est pas conforme à la pensée de Dieu, ou persévérons jusqu’à ce que la réponse vienne. La prière est établie pour obtenir la réponse. C’est dans la prière et sa réponse qu’a lieu l’échange d’amour entre le Père et son enfant.
Combien profond doit être l’éloignement de notre cœur loin de Dieu, pour que nous trouvions si difficile de saisir de telles promesses. Même lorsque nous acceptons ces paroles et croyons à leur vérité, la foi du cœur, celle qui les possède pleinement et s’en réjouit, vient si lentement. C’est parce que notre vie spirituelle est encore si faible, et que la capacité de recevoir les pensées de Dieu est si languissante. Mais tournons nos regards vers Jésus, pour qu’il nous enseigne comme nul autre que lui ne peut enseigner. Si nous prenons ses paroles dans leur simplicité, et lui faisons confiance pour qu’il en fasse, par son Esprit, vie et puissance au-dedans de nous, elles pénétreront tellement dans notre être intérieur, que la réalité spirituelle et divine de la vérité qu’elles renferment prendra vraiment possession de nous, et nous ne nous contenterons pas de moins que de voir chaque requête que nous présentons portée vers le ciel sur les propres paroles de Jésus : « Demandez, et l’on vous donnera. »
Bien-aimés condisciples dans l’école de Jésus ! appliquons-nous à bien apprendre cette leçon. Prenons ces paroles telles qu’elles ont été prononcées. Ne laissons pas la raison humaine en affaiblir la force. Prenons-les telles que Jésus les donne, et croyons-les. Il nous enseignera en temps voulu comment les comprendre pleinement : commençons par les croire sans réserve. Prenons le temps, aussi souvent que nous prions, d’écouter sa voix : quiconque demande reçoit. Ne faisons pas des faibles expériences de notre incrédulité la mesure de ce que notre foi peut attendre. Cherchons, non seulement dans nos temps de prière, mais en tout temps, à retenir fermement la joyeuse assurance : la prière de l’homme sur la terre et la réponse de Dieu dans le ciel sont faites l’une pour l’autre. Faisons confiance à Jésus pour qu’il nous enseigne à prier de telle manière que la réponse puisse venir. Il le fera, si nous retenons fermement la parole qu’il donne aujourd’hui : « Demandez, et vous recevrez. »
« SEIGNEUR, ENSEIGNE-NOUS À PRIER. »
Ô Seigneur Jésus ! enseigne-moi à comprendre et à croire ce que tu viens de me promettre. Il ne t’est pas caché, ô mon Seigneur, par quels raisonnements mon cœur cherche à se satisfaire lorsque aucune réponse ne vient. Il y a la pensée que ma prière n’est pas en harmonie avec le conseil secret du Père ; qu’il y a peut-être quelque chose de meilleur que tu voudrais me donner ; ou que la prière, comme communion avec Dieu, est une bénédiction suffisante même sans réponse. Et pourtant, mon Seigneur béni, je trouve dans ton enseignement sur la prière que tu n’as pas parlé de ces choses, mais que tu as dit si clairement que la prière peut et doit attendre une réponse. Tu nous assures que telle est la communion d’un enfant avec le Père : l’enfant demande et le Père donne.
Seigneur béni ! tes paroles sont fidèles et véritables. C’est parce que je prie mal que mon expérience de la prière exaucée n’est pas plus claire. C’est parce que je vis trop peu dans l’Esprit que ma prière est trop peu dans l’Esprit, et que la puissance pour la prière de la foi fait défaut.
Seigneur ! enseigne-moi à prier. Seigneur Jésus ! je me confie en toi pour cela ; enseigne-moi à prier dans la foi. Seigneur ! enseigne-moi cette leçon d’aujourd’hui : quiconque demande reçoit. Amen.
Chapitre 6 terminé
La certitude de la réponse à la prière