À l’école de la prière avec Christ
La prière fournit des ouvriers

Chapitre 10 · 10 min de lecture

La prière fournit des ouvriers

« Alors il dit à ses disciples: La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson. » — Matthieu 9:37-38.

LE Seigneur enseigna souvent à ses disciples qu’ils devaient prier, et comment ; mais rarement ce qu’il fallait demander. Il laissa cela à leur sentiment du besoin et à la conduite de l’Esprit. Mais il y a ici une chose qu’il leur enjoint expressément de retenir : en vue de la moisson abondante et du besoin de moissonneurs, ils doivent crier au maître de la moisson d’envoyer des ouvriers. De même que dans la parabole de l’ami à minuit, il voulait leur faire comprendre que la prière ne doit pas être égoïste ; de même ici elle est la puissance par laquelle la bénédiction peut venir à d’autres. Le Père est le maître de la moisson ; quand nous prions pour le Saint-Esprit, nous devons le prier de préparer et d’envoyer des ouvriers pour l’œuvre.

Étrange, n’est-ce pas, qu’il demande à ses disciples de prier pour cela ? Et ne pouvait-il pas prier lui-même ? Et une seule de ses prières ne vaudrait-elle pas plus que mille des leurs ? Et Dieu, le maître de la moisson, ne voyait-il pas le besoin ? Et n’enverrait-il pas, en son temps, des ouvriers sans leur prière ? De telles questions nous conduisent aux plus profonds mystères de la prière et de sa puissance dans le royaume de Dieu. La réponse à de telles questions nous convaincra que la prière est vraiment une puissance dont dépendent, en toute vérité, la rentrée de la moisson et la venue du royaume.

La prière n’est ni forme ni apparence. Le Seigneur Jésus était lui-même la vérité ; tout ce qu’il disait était la plus profonde vérité. C’est lorsque (voir v. 36) « Voyant la foule, il fut ému de compassion pour elle, parce qu’elle était languissante et abattue, comme des brebis qui n’ont point de berger », qu’il appela les disciples à prier pour que des ouvriers fussent envoyés parmi eux. Il le fit parce qu’il croyait réellement que leur prière était nécessaire et qu’elle aiderait. Le voile qui nous cache si bien le monde invisible était merveilleusement transparent pour la sainte âme humaine de Jésus. Il avait regardé longuement, profondément et loin dans le lien caché de la cause et de l’effet dans le monde de l’esprit. Il avait remarqué dans la Parole de Dieu comment, lorsque Dieu appela des hommes tels qu’Abraham et Moïse, Josué, Samuel et Daniel, et leur donna autorité sur les hommes en son nom, il leur avait en même temps donné le pouvoir et le droit d’appeler à leur aide les puissances du ciel selon leurs besoins. Il savait que, de même que l’œuvre de Dieu avait été confiée à ces hommes d’autrefois, et à lui-même pour un temps, ici-bas sur la terre, de même elle allait maintenant passer entre les mains de ses disciples. Il savait que lorsque cette œuvre leur serait confiée, ce ne serait pas une simple affaire de forme ou d’apparence, mais que d’eux, et de leur fidélité ou de leur infidélité, dépendrait réellement le succès de l’œuvre. Comme un individu isolé, dans les limites d’un corps humain et d’une vie humaine, Jésus sent combien peu une courte visite peut accomplir parmi ces brebis errantes qu’il voit autour de lui, et il aspire à de l’aide pour qu’elles soient dûment soignées. Et c’est pourquoi il dit maintenant à ses disciples de commencer à prier et, lorsqu’ils auront repris de lui l’œuvre sur la terre, de faire de ceci l’une des principales requêtes de leur prière : Que le maître de la moisson lui-même envoie des ouvriers dans sa moisson. Le Dieu qui leur a confié l’œuvre, et l’a rendue dans une si large mesure dépendante d’eux, leur donne l’autorité de s’adresser à lui pour obtenir des ouvriers en renfort, et fait dépendre l’approvisionnement de leur prière.

Combien peu les chrétiens ressentent et déplorent réellement le besoin d’ouvriers dans les champs du monde si blancs pour la moisson ! Et combien peu ils croient que notre réserve d’ouvriers dépend de la prière, que la prière fournira réellement « tout ce dont il a besoin ». Non que la disette d’ouvriers soit ignorée ou passée sous silence. Non que des efforts ne soient parfois déployés pour combler le manque. Mais combien peu le fardeau des brebis errant sans berger est réellement porté dans la foi que le maître de la moisson enverra, en réponse à la prière, les ouvriers, et dans la solennelle conviction que, sans cette prière, des champs prêts pour la moisson seront laissés à périr. Et pourtant il en est ainsi. Si merveilleux est l’abandon de son œuvre entre les mains de son Église, à tel point le Seigneur s’est rendu dépendant d’eux comme de son corps, par lequel seul son œuvre peut être accomplie, si réel est le pouvoir que le Seigneur donne à son peuple d’exercer au ciel et sur la terre, que le nombre des ouvriers et la mesure de la moisson dépendent réellement de leur prière.

Pensée solennelle ! Ô pourquoi n’obéissons-nous pas plus cordialement à l’injonction du Maître, et ne crions-nous pas plus ardemment pour des ouvriers ? Il y a deux raisons à cela. La première : nous manquons de la compassion de Jésus, qui donna naissance à cette demande de prière. Quand les croyants apprendront que d’aimer leur prochain comme eux-mêmes, que de vivre entièrement pour la gloire de Dieu dans leurs semblables, est le premier commandement du Père à ses rachetés, ils accepteront ceux qui périssent comme la charge que leur Seigneur leur a confiée. Et, les accueillant non seulement comme un champ de travail, mais comme les objets d’un soin et d’un intérêt aimants, il ne se passera pas longtemps avant que la compassion envers ceux qui périssent sans espoir touche leur cœur, et que le cri monte avec une ardeur jusque-là inconnue : Seigneur ! envoie des ouvriers. L’autre raison de la négligence du commandement, le manque de foi, se fera alors sentir, mais sera vaincue à mesure que notre pitié plaidera pour du secours. Nous croyons trop peu à la puissance de la prière pour produire des résultats précis. Nous ne vivons pas assez près de Dieu, et ne sommes pas assez entièrement livrés à son service et à son royaume, pour être capables de l’assurance qu’il l’accordera en réponse à notre prière. Ô prions pour une vie si unie à Christ que sa compassion se déverse en nous, et que son Esprit puisse nous assurer que notre prière est efficace.

Une telle prière demandera et obtiendra une double bénédiction. Il y aura d’abord le désir de voir croître le nombre d’hommes entièrement livrés au service de Dieu. C’est une terrible tache sur l’Église de Christ qu’il y ait des temps où l’on ne puisse effectivement pas trouver d’hommes pour le service du Maître comme pasteurs, missionnaires ou docteurs de la Parole de Dieu. À mesure que les enfants de Dieu en feront un sujet de supplication pour leur propre cercle ou leur Église, cela sera donné. Le Seigneur Jésus est maintenant le maître de la moisson. Il a été élevé pour dispenser des dons — les dons de l’Esprit. Ses principaux dons sont des hommes remplis de l’Esprit. Mais l’octroi et la distribution des dons dépendent de la coopération de la Tête et des membres. C’est justement la prière qui conduira à une telle coopération ; les suppliants croyants seront poussés à trouver les hommes et les moyens pour l’œuvre.

L’autre bénédiction à demander ne sera pas moindre. Tout croyant est un ouvrier ; il n’est pas un enfant de Dieu qui n’ait été racheté pour le service, et qui n’ait son œuvre en attente. Ce doit être notre prière que le Seigneur remplisse tellement tout son peuple de l’esprit de dévouement, que pas un ne soit trouvé oisif dans la vigne. Partout où l’on se plaint du manque d’aides, ou d’aides qualifiés dans l’œuvre de Dieu, la prière a la promesse d’un approvisionnement. Il n’est pas d’école du dimanche ni de visite de quartier, pas de lecture biblique ni d’œuvre de secours, où Dieu ne soit prêt et capable de pourvoir. Cela peut demander du temps et de l’importunité, mais le commandement de Christ de prier le maître de la moisson est le gage que la prière sera exaucée : « je vous le dis, il se lèvera et lui donnera tout ce dont il a besoin. »

Pensée solennelle et bénie ! ce pouvoir nous a été donné dans la prière pour pourvoir au besoin du monde, pour assurer les serviteurs de l’œuvre de Dieu. Le maître de la moisson entendra. Christ, qui nous a si spécialement appelés à prier ainsi, soutiendra nos prières offertes en son nom et pour son intérêt. Mettons à part du temps et donnons-nous à cette part de notre œuvre d’intercession. Elle nous introduira dans la communion de ce cœur compatissant qui le poussa à réclamer nos prières. Elle nous élèvera à la conscience de notre position royale, comme ceux dont la volonté compte pour quelque chose auprès du grand Dieu dans l’avancement de son royaume. Elle nous fera sentir combien nous sommes réellement les compagnons d’œuvre de Dieu sur la terre, à qui une part de son œuvre a été confiée pour de bon. Elle nous fera participer au travail de l’âme, mais aussi à la satisfaction de l’âme de Jésus, à mesure que nous saurons comment, en réponse à notre prière, une bénédiction a été donnée qui autrement ne serait pas venue.

« SEIGNEUR, ENSEIGNE-NOUS À PRIER. »

Seigneur béni ! Tu nous as aujourd’hui encore donné à apprendre une autre de tes merveilleuses leçons. Nous te demandons humblement : ô donne-nous de voir justement les réalités spirituelles dont tu as parlé. Il y a la moisson si vaste, et qui périt, tandis qu’elle attend que des disciples endormis donnent le signal pour que les ouvriers viennent. Seigneur, apprends-nous à la regarder avec un cœur ému de compassion et de pitié. Il y a les ouvriers, si peu nombreux. Seigneur, montre-nous combien est terrible le péché du manque de prière et de foi, dont ceci est le signe. Et il y a le maître de la moisson, si capable et si prompt à les envoyer. Seigneur, montre-nous comment il attend vraiment la prière à laquelle il a lié sa réponse. Et il y a les disciples, à qui la charge de prier a été donnée : Seigneur, montre-nous comment tu peux répandre ton Esprit et souffler sur eux, afin que ta compassion et la foi en ta promesse les réveillent à une prière incessante et victorieuse.

Ô notre Seigneur ! nous ne pouvons comprendre comment tu peux confier une telle œuvre et donner une telle puissance à des hommes si paresseux et si infidèles. Nous te rendons grâces pour tous ceux que tu enseignes à crier jour et nuit afin que des ouvriers soient envoyés. Seigneur, souffle ton propre Esprit sur tous tes enfants, afin qu’ils apprennent à vivre pour cette seule chose — le royaume et la gloire de leur Seigneur — et qu’ils s’éveillent pleinement à la foi en ce que leur prière peut accomplir. Et que tous nos cœurs, en ceci comme en toute requête, soient remplis de l’assurance que la prière, offerte dans une foi aimante au Dieu vivant, apportera une réponse certaine et abondante. Amen.

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