La prière qui prévaut ·L’Adoration

Chapitre 2 · 8 min de lecture

L’Adoration

Elle a été définie comme l’acte de rendre à Dieu un honneur divin, y compris la révérence, l’estime et l’amour. Littéralement, elle signifie porter la main à la bouche, « baiser sa main » ; dans les pays d’Orient, c’est là l’une des grandes marques de respect et de soumission. L’importance de se présenter devant Dieu dans cet esprit est grande ; c’est pourquoi elle nous est si souvent rappelée dans la Parole de Dieu.

Le Rév. Newman Hall, dans son ouvrage sur l’oraison dominicale, dit : « Le culte de l’homme, en dehors de la révélation, a été uniformément marqué par l’égoïsme. Nous venons à Dieu, soit pour le remercier des bienfaits déjà reçus, soit pour en implorer de nouveaux : nourriture, vêtement, santé, sécurité, bien-être. Comme Jacob à Béthel, nous sommes enclins à rendre le culte que nous offrons à Dieu corrélatif de “du pain à manger et des habits pour me vêtir”. Cette manière de supplier, où le moi précède et prédomine généralement, quand il n’absorbe pas entièrement nos requêtes, ne se voit pas seulement chez les adeptes des faux systèmes, mais dans la plupart des prières des chrétiens de profession. Nos prières ressemblent aux cavaliers parthes, qui chevauchent dans un sens tandis qu’ils regardent dans l’autre ; nous paraissons aller vers Dieu, mais, en réalité, nous nous replions sur nous-mêmes. Et c’est peut-être là la raison pour laquelle, bien des fois, nos prières s’en vont, comme le corbeau hors de l’arche de Noé, et ne reviennent jamais. Mais lorsque nous faisons de la gloire de Dieu la fin principale de notre dévotion, elles s’en vont comme la colombe, et reviennent vers nous avec un rameau d’olivier. »

Permettez-moi de vous renvoyer à un passage des prophéties de Daniel. Il était de ces hommes qui savaient prier ; sa prière attira la bénédiction du ciel sur lui-même et sur son peuple. Il dit : « Je tournai ma face vers le Seigneur Dieu, afin de recourir à la prière et aux supplications, en jeûnant et en prenant le sac et la cendre. Je priai l’Éternel, mon Dieu, et je lui fis cette confession: Seigneur, Dieu grand et redoutable, toi qui gardes ton alliance et qui fais miséricorde à ceux qui t’aiment et qui observent tes commandements! »

La pensée sur laquelle je veux appeler particulièrement l’attention est renfermée dans ces mots : « Seigneur, Dieu grand et redoutable! » Daniel prit devant Dieu la place qui lui revenait — dans la poussière ; il mit Dieu à la place qui lui revient. Ce fut lorsque Abraham était sur sa face, prosterné devant Dieu, que Dieu lui parla. La sainteté appartient à Dieu ; le péché nous appartient.

Brooks, ce grand et vieil écrivain puritain, dit : « L’homme d’une réelle sainteté est fort touché et absorbé par l’admiration de la sainteté de Dieu. Les personnes non saintes peuvent être quelque peu touchées et saisies par les autres perfections de Dieu ; il n’y a que les âmes saintes qui soient saisies et touchées par sa sainteté. Plus on est saint, plus on en est profondément affecté. Pour les saints anges, la sainteté de Dieu est le diamant étincelant dans l’anneau de la gloire. Mais les personnes non saintes sont touchées et saisies par tout autre chose que par elle. Rien ne jette le pécheur dans un tel abattement qu’un discours sur la sainteté de Dieu ; c’est comme l’écriture sur la muraille ; rien ne fait souffrir autant la tête et le cœur du pécheur qu’un sermon sur le Saint ; rien ne blesse et ne serre, rien ne pique et ne terrifie autant ceux qui ne sont pas sanctifiés qu’un vivant tableau de la sainteté de Dieu. Mais pour les âmes saintes, il n’est pas de discours qui leur convienne et les satisfasse davantage, qui les charme et les contente davantage, qui les réjouisse et les édifie davantage, que ceux qui découvrent le plus pleinement et le plus puissamment Dieu comme glorieux en sainteté. » Ainsi, en venant devant Dieu, nous devons adorer et révérer son nom.

La même chose ressort d’Ésaïe :

« L’année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur assis sur un trône très élevé, et les pans de sa robe remplissaient le temple. Des séraphins se tenaient au-dessus de lui; ils avaient chacun six ailes; deux dont ils se couvraient la face, deux dont ils se couvraient les pieds, et deux dont ils se servaient pour voler. Ils criaient l’un à l’autre, et disaient: Saint, saint, saint est l’Éternel des armées! Toute la terre est pleine de sa gloire! »

Lorsque nous voyons la sainteté de Dieu, nous l’adorons et le magnifions. Moïse dut apprendre la même leçon. Dieu lui commanda d’ôter ses souliers de ses pieds, car le lieu où il se tenait était une terre sainte. Quand nous entendons des hommes s’efforcer de faire croire qu’ils sont saints, et parler de leur sainteté, ils font peu de cas de la sainteté de Dieu. C’est à sa sainteté que nous devons penser et de laquelle nous devons parler ; quand nous le faisons, nous sommes prosternés dans la poussière. Vous vous souvenez aussi de ce qu’il en fut de Pierre. Lorsque Christ se fit connaître à lui, il dit : « Seigneur, retire-toi de moi, parce que je suis un homme pécheur. » Un regard sur Dieu suffit à nous montrer combien il est saint, et combien nous sommes impurs.

Nous trouvons que Job, lui aussi, dut apprendre la même leçon. « Job répondit à l’Éternel et dit: Voici, je suis trop peu de chose; que te répliquerais-je? Je mets la main sur ma bouche. »

À entendre Job discuter avec ses amis, on le croirait l’un des hommes les plus saints qui aient jamais vécu. Il était les yeux de l’aveugle et les pieds du boiteux ; il nourrissait l’affamé et vêtait celui qui était nu. Quel homme merveilleusement bon ! Ce n’était que moi, moi, moi. À la fin, Dieu lui dit : « Ceins tes reins comme un vaillant homme, et je te poserai quelques questions. » À l’instant où Dieu se révéla, Job changea de langage. Il vit sa propre bassesse et la pureté de Dieu. Il dit : « Mon oreille avait entendu parler de toi; Mais maintenant mon œil t’a vu. C’est pourquoi je me condamne et je me repens Sur la poussière et sur la cendre. »

La même chose se voit dans le cas de ceux qui vinrent à notre Seigneur aux jours de sa chair ; ceux qui vinrent comme il faut, cherchant et obtenant la bénédiction, manifestèrent un vif sentiment de son infinie supériorité sur eux-mêmes. Le centenier dont nous lisons l’histoire au huitième chapitre de Matthieu dit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit; » Jaïrus « se prosterna devant lui » en présentant sa requête ; le lépreux, dans l’Évangile de Marc, vint « se jetant à genoux » devant lui ; la femme syro-phénicienne « vint se jeter à ses pieds » ; l’homme couvert de lèpre, « l’ayant vu, tomba sur sa face ». De même, le disciple bien-aimé, parlant du sentiment qu’ils éprouvaient à son égard lorsqu’ils demeuraient avec lui comme avec leur Seigneur, dit : « nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père, pleine de grâce et de vérité. » Si intime que fût leur compagnie, et si tendre leur amour, ils révéraient autant qu’ils communiaient, et adoraient autant qu’ils aimaient.

Nous pouvons dire de tout acte de prière ce que George Herbert dit du culte public :

« Dès que ton pied entre dans l’église, découvre-toi ; Dieu est plus grand que toi ; car tu n’es là que par sa permission. Prends donc garde, et fais-toi tout révérence et crainte. S’agenouiller n’a jamais abîmé un bas de soie ; dépose ton rang. Tous sont égaux dans l’enceinte de l’église. »

Le sage dit : « Prends garde à ton pied, lorsque tu entres dans la maison de Dieu; approche-toi pour écouter, plutôt que pour offrir le sacrifice des insensés, car ils ne savent pas qu’ils font mal. Ne te presse pas d’ouvrir la bouche, et que ton cœur ne se hâte pas d’exprimer une parole devant Dieu; car Dieu est au ciel, et toi sur la terre: que tes paroles soient donc peu nombreuses. »

Si nous luttons pour vivre une vie plus élevée et pour connaître quelque chose de la sainteté et de la pureté de Dieu, ce dont nous avons besoin, c’est d’être mis en contact avec lui, afin qu’il se révèle. Alors nous prendrons devant lui la place que ces hommes d’autrefois furent contraints de prendre. Nous sanctifierons son Nom — comme le Maître l’enseigna à ses disciples, lorsqu’il dit : « Que ton nom soit sanctifié. » Quand je songe à l’irrévérence du temps présent, il me semble que nous sommes tombés en de mauvais jours.

Comme chrétiens, lorsque nous nous approchons de Dieu dans la prière, donnons-lui la place qui lui revient. « montrons notre reconnaissance en rendant à Dieu un culte qui lui soit agréable, avec piété et avec crainte, car notre Dieu est aussi un feu dévorant. »

La Trinité

« Trois grand et cher Mystère,
sois à jamais adoré,
pour toute la grâce infinie que nous voyons
en notre Rédempteur amassée.

Nous chantons l’antique grâce du Père,
qui nous choisit en notre Chef,
ordonnant Christ, notre Dieu et Roi,
à souffrir à notre place.

Le Fils sacré, d’un chant égal,
avec révérence nous l’implorons,
pour toute sa grâce, ses douleurs mortelles,
et sa splendide justice.

D’une langue mélodieuse, le Saint-Esprit,
pour sa grande œuvre, nous le louons,
lui dont la puissance inspire à la foule rachetée par le sang
d’élever leur voix reconnaissante.

Ainsi les Trois éternels en Un,
nous nous unissons pour louer, pour la grâce
et la gloire sans fin par le Fils,
telle qu’elle rayonne de sa face. »

Sommaire

La prière qui prévaut Dwight L. Moody

Page 1 / 1 · 8 min restantes dans le chapitre