Pensées (Pour ados)
Le pari

Chapitre 9 · 3 min de lecture · 4 min d’écoute

Le pari

« Choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir. » — Josué 24:15

L’argument le plus célèbre de Pascal utilise les mathématiques du hasard qu’il avait aidé à inventer. On l’appelle le pari de Pascal.

Il imagine qu’il parle avec quelqu’un qui dit : « Je ne peux pas savoir si Dieu existe. La raison ne peut pas trancher. Alors je ne choisirai pas du tout. » Pascal lui répond :

« Oui ; mais il faut parier ; cela n’est pas volontaire, vous êtes embarqué. »

« Embarqué », cela veut dire que tu es déjà sur le bateau. Tu es déjà en vie, tu vis déjà d’une manière ou d’une autre. Ne pas décider, c’est déjà une décision, parce que tu vis comme si Dieu n’avait pas d’importance.

Alors Pascal propose d’y réfléchir comme à un pari. Si tu paries que Dieu existe et que tu as raison, tu gagnes tout : la vie éternelle et le bonheur. Si tu paries que Dieu existe et que tu as tort, qu’as-tu perdu ? Quelques plaisirs, peut-être. Puis il dit :

« Pesons le gain et la perte, en prenant croix que Dieu est. Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu’il est, sans hésiter. »

(« Prendre croix », c’était choisir un côté de la pièce, comme on joue aujourd’hui à pile ou face.) Son interlocuteur lui répond, en gros : « D’accord, mais je ne peux pas me forcer à croire. » Pascal est d’accord. Le pari ne peut pas te faire croire. Son rôle est de te montrer que la question est d’une importance énorme et que chercher Dieu en vaut la peine. Puis il donne un conseil pratique : regarde ceux qui sont venus à la foi et suis le chemin par lequel ils ont commencé, en faisant tout comme s’ils croyaient. Dans l’Église catholique de Pascal, cela voulait dire des choses comme prendre de l’eau bénite et faire dire des messes. Pour toi, cela pourrait vouloir dire prier, lire la Bible, aller à l’église et passer du temps avec des gens qui suivent Jésus.

Puis il dit quel « mal » t’arriverait vraiment si tu vivais pour Dieu :

« Vous serez fidèle, honnête, humble, reconnaissant, bienfaisant, ami, sincère, véritable. »

Tu n’aurais pas certains « plaisirs empestés », comme la gloire et le luxe. Mais Pascal promet qu’à chaque pas que tu feras sur ce chemin, tu verras toujours mieux ce que tu as gagné et combien tu as peu donné.

Certains trouvent que le pari est un argument froid et égoïste : croire en Dieu, au cas où. Mais souviens-toi de qui était Pascal. Il avait rencontré Dieu dans le feu. Le pari n’est pas le point d’arrivée de la foi. C’est un réveil pour ceux qui se laissent dériver, pour qu’ils se mettent à chercher. Et Pascal est honnête : l’enjeu est réel. Ailleurs, il écrit : « J’aurais bien plus de peur de me tromper, et de trouver que la religion chrétienne soit vraie, que non pas de me tromper en la croyant vraie. »

Une chose à faire cette semaine : si tu te laisses dériver en « ne décidant pas » au sujet de Dieu, décide de le chercher sérieusement pendant un mois. Commence cette semaine : prie chaque jour, même si c’est seulement « Dieu, si tu es là, montre-toi », et lis chaque jour un chapitre de l’Évangile selon Marc.

Questions pour réfléchir

Réfléchis d’abord, puis touche une question pour voir une façon d’y répondre.

Que veut dire Pascal par « vous êtes embarqué » ?

Nous sommes déjà dans le bateau de la vie ; ne pas choisir est déjà un choix, alors tout le monde doit parier.

Selon Pascal, que gagnes-tu et que perds-tu si tu paries que Dieu existe ?

Si tu gagnes, tu gagnes tout ; si tu perds, tu ne perds rien.

Quel conseil pratique Pascal donne-t-il à quelqu’un qui veut croire mais n’y arrive pas ?

Suivre le chemin par lequel d’autres ont commencé, en faisant tout comme s’ils croyaient et en prenant part aux pratiques de la foi.

Chapitre 9 terminé

Le pari

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