Chapitre 13 · 3 min de lecture · 3 min d’écoute
Je pensais à toi
« Mon âme est triste jusqu’à la mort ; restez ici, et veillez avec moi. » — Matthieu 26:38
Parmi les notes de Pascal se trouve un court texte qu’on appelle « Le Mystère de Jésus ». Ce n’est pas un argument. C’est une prière, que Pascal a écrite en méditant sur Jésus dans le jardin de Gethsémané, la nuit qui a précédé sa mort.
Pascal décrit Jésus dans l’angoisse, priant seul pendant que ses amis les plus proches s’endorment. Il oppose deux jardins :
« Jésus est dans un jardin, non de délices comme le premier Adam, où il se perdit et tout le genre humain, mais dans un de supplices, où il s’est sauvé et tout le genre humain. »
Il remarque que c’est la seule fois où Jésus a demandé de la compagnie et du réconfort à des hommes, et qu’ils l’ont laissé tomber. Puis il écrit une phrase qui est restée gravée dans la mémoire des lecteurs depuis :
« Jésus sera en agonie jusqu’à la fin du monde ; il ne faut pas dormir pendant ce temps-là. »
Pascal veut dire que Jésus souffre encore avec les siens partout dans le monde, et que nous sommes appelés à rester éveillés, à prier, à prendre soin des autres, et à ne pas traverser la vie endormis, insensibles à Dieu et à la souffrance des autres.
Puis il se passe quelque chose de remarquable dans le texte. Pascal se met à écrire comme si Jésus lui parlait. Ce sont les mots les plus personnels de tout le livre :
« Console-toi, tu ne me chercherais pas, si tu ne m’avais trouvé. »
Pense à ce que cela veut dire pour quelqu’un qui cherche. Si tu cherches Dieu, c’est parce que Dieu t’a déjà trouvé. Ton désir de lui est le signe qu’il est déjà à l’œuvre en toi. Ce n’est pas toi qui as commencé la recherche ; c’est lui.
« Je pensais à toi dans mon agonie, j’ai versé telles gouttes de sang pour toi. »
Dans le jardin, face à la croix, Jésus pensait à toi. Pas à l’humanité en général. À toi. Ces gouttes de sueur et de sang étaient pour toi.
Pascal garda son Mémorial cousu dans son vêtement jusqu’à sa mort, en 1662, à trente-neuf ans seulement. Pendant ses dernières années, il donna aux pauvres une grande partie de ce qu’il possédait. Il alla même jusqu’à quitter sa propre maison plutôt que de mettre dehors une famille pauvre dont l’enfant était tombé malade. Parmi ses dernières paroles, il y eut cette prière : « Que Dieu ne m’abandonne jamais ! »
C’est une belle prière pour finir. Pascal, le génie, n’a pas terminé sa vie par un argument. Il l’a terminée en faisant confiance au Dieu qui l’avait rencontré dans le feu, qui avait pensé à lui à Gethsémané, et qui avait promis de ne jamais l’abandonner.
Une chose à faire cette semaine : lis lentement Matthieu 26:36–46 cette semaine. Imagine-toi dans le jardin avec Jésus. Puis lis la phrase de Pascal, « Je pensais à toi dans mon agonie », et remercie Jésus d’avoir pensé à toi à ce moment-là.
Questions pour réfléchir
Réfléchis d’abord, puis touche une question pour voir une façon d’y répondre.
Quels sont les deux jardins que Pascal oppose ?
Le jardin de délices où Adam s’est perdu, lui et tout le genre humain, et le jardin de supplices où Jésus a sauvé le genre humain.
Que veut dire, pour quelqu’un qui cherche, « tu ne me chercherais pas, si tu ne m’avais trouvé » ?
Que le désir de chercher Dieu est déjà le signe que Dieu nous a trouvés et qu’il est à l’œuvre en nous.
Comment Pascal a-t-il vécu ses dernières années ?
Il a donné une grande partie de ce qu’il possédait aux pauvres, et il a quitté sa propre maison plutôt que de mettre dehors une famille pauvre dont l’enfant était malade.
Chapitre 13 terminé
Je pensais à toi