Pensées (Pour ados)
Le génie qui rencontra le feu

Chapitre 1 · 3 min de lecture · 4 min d’écoute

Le génie qui rencontra le feu

« Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob. » — Exode 3:6

Imagine un garçon qui apprend la géométrie tout seul, avant même que quelqu’un ait pris le temps de la lui enseigner. Blaise Pascal naquit en 1623 à Clermont, au centre de la France. Sa mère mourut quand il était petit, et son père, un homme intelligent et méticuleux, l’instruisit lui-même à la maison, à Paris.

À seize ans, Blaise écrivit sur la géométrie un traité qui impressionna les plus grands mathématiciens de l’époque. À dix-neuf ans, il construisit une machine à calculer pour aider son père dans les additions interminables de son métier : il était chargé de la levée des impôts. Plus tard, ses expériences sur une montagne, le puy de Dôme, montrèrent que l’air a un poids, et ses lettres avec un autre mathématicien, Fermat, aidèrent à fonder les mathématiques du hasard et des probabilités. Aujourd’hui encore, les scientifiques mesurent la pression avec une unité qui porte son nom : le pascal.

Mais sa vie ne fut pas facile. Depuis l’âge de dix-huit ans, disait-il, il n’avait pas passé un jour sans douleur. Son corps était fragile, et il était souvent malade.

En 1646, alors que Pascal avait un peu plus de vingt ans, sa famille fit la connaissance de chrétiens très fervents, liés à un couvent appelé Port-Royal, près de Paris, et tous furent profondément remués au sujet de Dieu. Mais chez Blaise, le changement ne toucha pas encore le fond du cœur. Pendant un temps, il s’intéressa davantage à son travail, à ses amis et à sa réputation.

Puis, dans la nuit du 23 novembre 1654, seul dans sa chambre, il vécut quelque chose qui le changea pour toujours. Il rencontra Dieu. Ensuite, il nota ce qu’il avait vécu sur un bout de papier et le cousit dans la doublure de son vêtement ; il le garda sur lui jusqu’à la fin de sa vie. Le texte commence ainsi :

« FEU. Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, non des philosophes et des savants. Certitude. Certitude. Sentiment. Joie. Paix. Dieu de Jésus-Christ. »

Remarque bien ce qu’il dit. Pascal était l’un des esprits les plus brillants de son temps. Il connaissait tous les arguments sur Dieu. Mais cette nuit-là, ce n’est pas une idée qu’il rencontra, un Dieu « des philosophes et des savants », mais le Dieu vivant, celui qui avait parlé à de vraies personnes comme Abraham et qui est venu jusqu’à nous en Jésus-Christ. Et ce qu’il ressentit, ce ne fut pas de la confusion, mais la certitude, la joie et la paix.

Pascal passa le reste de sa courte vie à mettre son esprit brillant au service de ce Dieu. Il commença un grand livre pour aider ceux qui doutaient du christianisme ou qui ne s’en souciaient pas. La maladie l’empêcha de le terminer. À sa mort, ses amis trouvèrent des piles de notes, certaines longues de plusieurs pages, d’autres d’une seule ligne. Ils les publièrent sous un titre tout simple : Pensées.

Ce livre raconte à nouveau le meilleur de ces pensées. Elles parlent de choses que tu connais très bien : l’ennui, le téléphone et les distractions, l’envie que les autres t’aiment bien, le sentiment d’être minuscule dans un univers immense, les doutes, et la question de savoir si Dieu existe vraiment. Pascal les a écrites il y a presque quatre cents ans, mais on dirait qu’elles parlent de toi.

Une chose à faire cette semaine : tiens un carnet de « pensées » cette semaine, sur papier ou sur ton téléphone. Chaque jour, note une question honnête que tu te poses sur Dieu, sur la vie ou sur toi-même. N’essaie pas encore d’y répondre. Remarque simplement quelles sont tes vraies questions.

Questions pour réfléchir

Réfléchis d’abord, puis touche une question pour voir une façon d’y répondre.

Qu’a accompli Pascal quand il était jeune ?

À seize ans, il a écrit un traité de géométrie ; à dix-neuf ans, il a construit une machine à calculer ; il a montré que l’air a un poids, et il a aidé à fonder les mathématiques des probabilités.

Que s’est-il passé dans la nuit du 23 novembre 1654 ?

Seul dans sa chambre, Pascal a rencontré Dieu. Il a mis par écrit ce qu’il avait vécu et l’a cousu dans son vêtement, et il l’a gardé jusqu’à la fin de sa vie.

Quelle est la différence entre le Dieu des philosophes et le Dieu d’Abraham ?

Un Dieu « des philosophes et des savants » est une idée dont on discute ; le Dieu d’Abraham est le Dieu vivant, qui parle à de vraies personnes et qu’on connaît personnellement par Jésus-Christ.

Chapitre 1 terminé

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