Le ministère de l'intercession ·Dieu cherche des intercesseurs

Chapitre 16 · 13 min de lecture

Dieu cherche des intercesseurs

« Sur tes murs, Jérusalem, j’ai placé des gardes ; ils ne se tairont ni jour ni nuit. Vous qui la rappelez au souvenir de l’Éternel, point de repos pour vous ! Et ne lui laissez aucune relâche, jusqu’à ce qu’il rétablisse Jérusalem et la rende glorieuse sur la terre. »—Ésaïe 62:6-7.

« Il voit qu’il n’y a pas un homme, il s’étonne de ce que personne n’intercède. »—Ésaïe 59:16.

« Je regardais, et personne pour m’aider ; j’étais étonné, et personne pour me soutenir. »—Ésaïe 63:5.

« Il n’y a personne qui invoque ton nom, qui se réveille pour s’attacher à toi. »—Ésaïe 64:6.

« Je cherche parmi eux un homme qui se tienne à la brèche devant moi en faveur du pays, afin que je ne le détruise pas ; mais je n’en trouve point. »—Ézéchiel 22:30.

« Je vous ai choisis, et je vous ai établis, afin que vous alliez et que vous portiez du fruit ; afin que ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne. »—Jean 15:16.

Dans l’étude du ciel étoilé, combien tout dépend d’une juste appréciation des grandeurs. Sans quelque idée de la taille des corps célestes, qui paraissent si petits à l’œil et sont pourtant si grands, et de l’étendue presque illimitée des régions où ils se meuvent, bien qu’ils semblent si proches et si familiers, il ne saurait y avoir de véritable connaissance du monde céleste ni de sa relation à cette terre. Il en va de même des cieux spirituels et de la vie céleste à laquelle nous sommes appelés à vivre. Il en va tout particulièrement ainsi dans la vie d’intercession, ce commerce si merveilleux entre le ciel et la terre. Tout dépend de la juste appréciation des grandeurs.

Songez seulement aux trois premières : il y a un monde, dont les besoins dépendent entièrement de l’intercession et attendent d’en être secourus ; il y a un Dieu dans le ciel, dont les ressources suffisent pleinement à tous ces besoins, et qui attend qu’on le prie ; il y a une Église, avec son appel merveilleux et ses promesses assurées, qui attend d’être éveillée au sentiment de sa merveilleuse responsabilité et de sa puissance.

Dieu cherche des intercesseurs.—Il y a un monde avec ses millions d’âmes qui périssent, et l’intercession pour unique espérance. Que d’amour et de labeur demeurent relativement vains, faute d’intercession. Un milliard d’hommes vivant comme si jamais un Fils de Dieu n’était mort pour eux. Trente millions qui, chaque année, passent dans les ténèbres du dehors sans espérance. Cinquante millions qui portent le nom de chrétiens, et dont la grande majorité vit dans une entière ignorance ou indifférence. Des millions de chrétiens faibles et maladifs ; des milliers d’ouvriers épuisés, qui pourraient être bénis par l’intercession et devenir eux-mêmes puissants dans l’intercession. Des Églises et des missions qui sacrifient leur vie et leur labeur, souvent avec peu de résultat, faute d’intercession. Des âmes, dont chacune vaut plus que des mondes, ne valant rien de moins que le prix payé pour elles dans le sang de Christ, et à la portée de la puissance qui peut se gagner par l’intercession. Assurément nous n’avons aucune idée de la grandeur de l’œuvre que doivent accomplir les intercesseurs de Dieu ; sans quoi nous crierions à Dieu par-dessus tout pour qu’il donne du ciel l’esprit d’intercession.

Dieu cherche des intercesseurs.—Il y a un Dieu de gloire capable de répondre à tous ces besoins. On nous dit qu’il prend plaisir à la miséricorde, qu’il attend pour faire grâce, qu’il aspire à répandre sa bénédiction ; que l’amour qui a livré le Fils à la mort est la mesure de l’amour qui, à chaque instant, plane sur chaque être humain. Et pourtant il ne secourt pas. Et là ils périssent, un million par mois pour la seule Chine, et c’est comme si Dieu ne bougeait pas. S’il aime et désire ainsi bénir, il doit y avoir quelque raison impénétrable à ce qu’il se retienne. Quelle peut-elle être ? L’Écriture dit : à cause de votre incrédulité. C’est le manque de foi, et l’infidélité qui en résulte, du peuple de Dieu. Il les a pris en association avec lui-même ; il les a honorés, et s’est lié lui-même, en faisant de leurs prières l’une des mesures ordinaires de l’exercice de sa puissance. Le manque d’intercession est l’une des principales causes du manque de bénédiction. Oh ! que ne détournons-nous l’œil et le cœur de tout le reste pour les fixer sur ce Dieu qui exauce la prière, jusqu’à ce que la magnificence de ses promesses, de sa puissance et de son dessein d’amour nous accable ! Comme notre vie et notre cœur tout entiers deviendraient intercession.

Dieu cherche des intercesseurs.—Il est une troisième grandeur à laquelle nos yeux doivent s’ouvrir : le merveilleux privilège et la puissance des intercesseurs. Il existe une fausse humilité, qui fait une grande vertu du dénigrement de soi, parce qu’elle n’a jamais vu son entier néant. Si elle le voyait, jamais elle ne s’excuserait de sa faiblesse, mais elle se glorifierait de son entière faiblesse, comme de l’unique condition pour que la puissance de Christ repose sur elle. Elle jugerait d’elle-même, de sa puissance et de son influence devant Dieu dans la prière, aussi peu d’après ce qu’elle voit ou sent que nous jugeons de la grandeur du soleil ou des étoiles d’après ce que l’œil peut voir. La foi voit l’homme créé à l’image et à la ressemblance de Dieu pour être le représentant de Dieu dans ce monde et y exercer la domination. La foi voit l’homme racheté et élevé jusqu’à l’union avec Christ, demeurant en lui, identifié à lui, et revêtu de sa puissance dans l’intercession. La foi voit le Saint-Esprit habitant et priant dans le cœur, faisant, dans nos soupirs, intercession selon Dieu. La foi voit l’intercession des saints comme une part de la vie de la Sainte Trinité — le croyant, comme enfant de Dieu, demandant au Père, dans le Fils, par l’Esprit. La foi voit quelque chose de la justesse et de la beauté divines de ce plan de salut par l’intercession, éveille l’âme à la conscience de sa merveilleuse destinée, et la ceint de force pour le bienheureux sacrifice de soi auquel il appelle.

Dieu cherche des intercesseurs.—Lorsqu’il fit sortir son peuple d’Égypte, il mit à part la tribu sacerdotale, pour s’approcher de lui, se tenir devant lui, et bénir le peuple en son nom. De temps à autre il chercha, trouva et honora des intercesseurs, à cause desquels il épargna ou bénit son peuple. Quand notre Seigneur quitta la terre, il dit au cercle intime qu’il avait rassemblé autour de lui — un cercle intime de dévouement particulier à son service, dont l’accès demeure libre à tout disciple : « Je vous ai choisis, et je vous ai établis, afin que ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne. » Nous avons déjà remarqué les trois mots merveilleux répétés six fois — Tout ce queen mon nomcela sera fait. Par eux, Christ mit les puissances du monde céleste à leur disposition — non pour leur usage égoïste, mais dans l’intérêt de son royaume. Nous savons avec quelle merveille ils s’en servirent. Et depuis ce temps-là, tout au long des âges, ces hommes ont eu leurs successeurs, des hommes qui ont prouvé avec quelle certitude Dieu agit en réponse à la prière. Et nous pouvons louer Dieu de ce que, de nos jours aussi, un nombre toujours croissant commence à voir et à prouver que, dans l’Église et la mission, dans les grandes sociétés comme dans les petits cercles et l’effort individuel, l’intercession est la chose principale, la puissance qui émeut Dieu et ouvre le ciel. Ils apprennent, et aspirent à mieux apprendre, et à ce que tous apprennent, que dans toute œuvre pour les âmes l’intercession doit tenir la première place, et que ceux qui y ont reçu du ciel, dans la puissance du Saint-Esprit, ce qu’ils doivent communiquer aux autres, seront les plus aptes à faire l’œuvre du Seigneur.

Dieu cherche des intercesseurs.—Bien que Dieu eût en Israël ses serviteurs établis, des sentinelles placées par lui-même pour crier à lui jour et nuit et ne lui laisser aucun repos, il dut souvent s’étonner et se plaindre qu’il n’y eût point d’intercesseur, personne qui se réveillât pour saisir sa force. Et de nos jours encore il attend et s’étonne qu’il n’y ait pas plus d’intercesseurs, que tous ses enfants ne se donnent pas à cette œuvre, la plus haute et la plus sainte, que beaucoup de ceux qui s’y adonnent ne s’y engagent pas avec plus d’intensité et de persévérance. Il s’étonne de trouver des ministres de son Évangile se plaignant que leurs devoirs ne leur laissent pas le temps de cette œuvre, qu’il tient pour la première, la plus haute, la plus délicieuse, la seule vraiment efficace. Il s’étonne de trouver ses fils et ses filles, qui ont quitté foyer et amis pour lui et pour l’Évangile, si en deçà de ce qu’il voulait être leur force permanente — recevoir jour après jour tout ce qu’ils avaient à transmettre aux païens plongés dans les ténèbres. Il s’étonne de trouver des multitudes de ses enfants qui n’ont presque aucune idée de ce qu’est l’intercession. Il s’étonne d’en trouver des multitudes d’autres qui ont appris que c’est leur devoir, et cherchent à y obéir, mais confessent qu’ils savent bien peu de chose de ce qu’est saisir Dieu ou prévaloir auprès de lui.

Dieu cherche des intercesseurs.—Il aspire à dispenser de plus grandes bénédictions. Il aspire à révéler plus abondamment sa puissance et sa gloire de Dieu, son amour qui sauve. Il cherche des intercesseurs en plus grand nombre, d’une plus grande puissance, pour préparer le chemin du Seigneur. Il les cherche. Où pourrait-il les chercher, sinon dans son Église ? Et comment s’attend-il à les trouver ? Il a confié à son Église la tâche d’annoncer le besoin de leur Seigneur, la tâche d’encourager, de former et de les préparer à son saint service. Et sans cesse il revient, cherchant du fruit, cherchant des intercesseurs. Dans sa Parole, il a parlé des « vraies veuves, qui mettent leur espérance en Dieu et persévèrent nuit et jour dans les supplications et les prières ». Il regarde si l’Église forme la grande armée des vieillards et des femmes âgées, dont le temps du travail extérieur est passé, mais qui peuvent fortifier l’armée des « élus, qui crient à lui jour et nuit ». Il regarde la grande foule de la Christian Endeavour, les trois ou quatre millions de jeunes vies qui se sont livrées dans ce vœu solennel : « Je promets au Seigneur Jésus-Christ de m’efforcer de faire tout ce qu’il voudra me voir faire », et il se demande combien sont formés pour passer de l’éclat de la réunion de prière hebdomadaire et de sa profession de fidélité à grossir l’intercession secrète qui doit sauver les âmes. Il regarde les milliers de jeunes hommes et de jeunes femmes en formation pour l’œuvre du ministère et de la mission, et fixe sur eux un regard plein de désir pour voir si l’Église leur enseigne que l’intercession, la puissance auprès de Dieu, doit être leur premier souci, et si elle cherche à les y former et à les y aider. Il regarde si les ministres et les missionnaires comprennent leur occasion, et travaillent à former les croyants de leur assemblée en des hommes qui puissent « aider ensemble » par leur prière, et « combattre avec eux dans leurs prières ». Comme Christ cherche la brebis perdue jusqu’à ce qu’il la trouve, Dieu cherche des intercesseurs. (Note F.)

Dieu cherche des intercesseurs.—Il ne veut pas, il ne peut pas, ôter l’œuvre des mains de son Église. Aussi vient-il, appelant et suppliant de bien des manières. Tantôt par un homme qu’il suscite pour vivre une vie de foi à son service, et pour prouver combien réellement et abondamment il exauce la prière. Tantôt par l’histoire d’une Église qui fait de la prière pour les âmes son point de départ, et rend témoignage à la fidélité de Dieu. Parfois par une mission qui prouve comment une prière spéciale peut répondre à un besoin spécial, et faire descendre la puissance de l’Esprit. Et parfois encore par un temps de réveil venu en réponse à une supplication unanime et pressante. Par ces moyens et par bien d’autres, Dieu nous montre ce que l’intercession peut faire, et nous supplie de nous réveiller et de former sa grande armée pour qu’elle soit, chacun, un peuple d’intercesseurs.

Dieu cherche des intercesseurs.—Il envoie ses serviteurs pour les appeler. Que les ministres en fassent une part de leur devoir. Qu’ils fassent de leur Église une école de formation à l’intercession. Donnez au peuple des objets précis de prière. Encouragez-les à y consacrer un temps déterminé, ne serait-ce que dix minutes chaque jour. Aidez-les à comprendre la hardiesse dont ils peuvent user auprès de Dieu. Enseignez-leur à attendre les réponses et à les guetter. Montrez-leur ce que c’est que de prier d’abord et d’obtenir une réponse dans le secret, puis de porter cette réponse et d’en communiquer la bénédiction. Dites à quiconque est maître de son temps qu’il est comme les anges, libre de s’attarder devant le trône, puis de sortir pour servir les héritiers du salut. Proclamez la bienheureuse nouvelle que cet honneur est pour tout le peuple de Dieu. Il n’y a point de différence. Cette servante, ce journalier, cet infirme cloué au lit, cette fille dans la maison de sa mère, ces hommes et ces jeunes gens dans les affaires — tous sont appelés, tous, tous sont nécessaires. Dieu cherche des intercesseurs.

Dieu cherche des intercesseurs.—À mesure que les ministres entreprennent l’œuvre de les trouver et de les former, cela les pressera eux-mêmes de prier davantage. Christ fit de Paul un modèle de sa grâce avant d’en faire un prédicateur. On a fort bien dit : « Le premier devoir d’un pasteur est de demander humblement à Dieu que tout ce qu’il voudrait voir accompli dans son peuple soit d’abord vraiment et pleinement accompli en lui-même. » L’effort pour apporter ce message de Dieu peut susciter bien des examens de conscience et des humiliations. Tant mieux. La meilleure manière d’apprendre à faire une chose, c’est d’aider les autres à la faire. Ô vous, serviteurs de Christ, établis comme des sentinelles pour crier à Dieu jour et nuit, réveillons-nous à notre sainte vocation. Croyons à la puissance de l’intercession. Pratiquons-la. Cherchons, en faveur de notre peuple, à recevoir de Dieu lui-même l’Esprit et la Vie que nous prêchons. Notre esprit et notre vie étant livrés à Dieu dans l’intercession, l’Esprit et la Vie que Dieu leur donne par nous ne pourront manquer d’être eux aussi une Vie d’intercession.

UN APPEL À PLUS DE PRIÈRE

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Le ministère de l'intercession Andrew Murray

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