Chapitre 12 · 15 min de lecture
L’Esprit de supplication
« Je répandrai sur la maison de David un esprit de grâce et de supplication. » — Zacharie 12:10.
« De même aussi l’Esprit nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu’il nous convient de demander dans nos prières. Mais l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables ; et celui qui sonde les cœurs connaît quelle est la pensée de l’Esprit, parce que c’est selon Dieu qu’il intercède en faveur des saints. » — Romains 8:26, 27.
« Faites en tout temps par l’Esprit toutes sortes de prières et de supplications. Veillez à cela avec une entière persévérance, et priez pour tous les saints. » — Éphésiens 6:18.
« Priant par le Saint-Esprit. » — Jude 20.
Le Saint-Esprit a été donné à chaque enfant de Dieu pour être sa vie. Il habite en lui, non comme un Être distinct dans une partie de sa nature, mais comme sa vie même. Il est la puissance ou l’énergie divine par laquelle sa vie est entretenue et fortifiée. Tout ce que le croyant est appelé à être ou à faire, le Saint-Esprit peut et veut l’opérer en lui. S’il ne connaît pas le saint Hôte ou ne se soumet pas à lui, l’Esprit béni ne peut agir, et sa vie est maladive, pleine de défaillances et de péché. À mesure qu’il se soumet, qu’il s’attend à lui et qu’il obéit à la conduite de l’Esprit, Dieu opère en lui tout ce qui est agréable à ses yeux.
Ce Saint-Esprit est, en premier lieu, un Esprit de prière. Il a été promis comme un « Esprit de grâce et de supplication », la grâce pour la supplication. Il a été envoyé dans nos cœurs comme « l’Esprit d’adoption, par lequel nous crions : Abba ! Père ! » Il nous rend capables de dire, dans une foi véritable et une intelligence croissante de son sens : Notre Père qui es aux cieux. « Il intercède en faveur des saints selon Dieu. » Et lorsque nous prions par l’Esprit, notre adoration est telle que Dieu la cherche, « en esprit et en vérité ». La prière n’est que le souffle de l’Esprit en nous ; la puissance dans la prière vient de la puissance de l’Esprit en nous, attendu et objet de notre confiance. La défaillance dans la prière vient de la faiblesse de l’œuvre de l’Esprit en nous. Notre prière est l’indice de la mesure de l’œuvre de l’Esprit en nous. Pour prier comme il faut, il faut que la vie de l’Esprit soit droite en nous. Pour prier la prière efficace et puissante du juste, tout dépend d’être rempli de l’Esprit.
Il y a trois leçons très simples que le croyant doit connaître, s’il veut jouir du bienfait d’être enseigné à prier par l’Esprit de prière. La première est : Crois que l’Esprit habite en toi (Éphésiens 1:13). Au plus profond de son être, caché et non ressenti, tout enfant de Dieu possède le saint et puissant Esprit de Dieu qui habite en lui. Il le sait par la foi, cette foi qui, acceptant la parole de Dieu, réalise ce dont elle ne voit encore aucun signe. « Nous recevons par la foi l’Esprit qui avait été promis. » Tant que nous mesurons notre pouvoir de prier comme il faut et avec persévérance à ce que nous ressentons, ou à ce que nous pensons pouvoir accomplir, nous serons découragés en entendant combien nous devrions prier. Mais lorsque nous croyons paisiblement que, au milieu de toute notre faiblesse consciente, le Saint-Esprit, comme Esprit de supplication, habite au-dedans de nous, précisément pour nous rendre capables de prier de la manière et dans la mesure que Dieu voudrait, nos cœurs seront remplis d’espérance. Nous serons affermis dans l’assurance qui est à la racine même d’une vie chrétienne heureuse et féconde : que Dieu a abondamment pourvu à ce que nous soyons ce qu’il veut que nous soyons. Nous commencerons à perdre notre sentiment de fardeau, de crainte et de découragement quant à savoir si nous prierons jamais suffisamment, parce que nous voyons que le Saint-Esprit lui-même priera, prie, en nous.
La deuxième leçon est : Garde-toi par-dessus tout d’attrister le Saint-Esprit (Éphésiens 4:30). Si tu le fais, comment pourra-t-il opérer en toi le paisible, confiant et béni sentiment de cette union avec Christ qui rend tes prières agréables au Père ? Garde-toi de l’attrister par le péché, par l’incrédulité, par l’égoïsme, par l’infidélité à sa voix dans la conscience. Ne crois pas qu’il soit nécessaire de l’attrister : cela tranche les nerfs mêmes de ta force. Ne juge pas impossible d’obéir au commandement : « N’attristez pas le Saint-Esprit. » Lui-même est la puissance même de Dieu pour te rendre obéissant. Le péché qui s’élève en toi contre ta volonté, la tendance à la paresse, à l’orgueil, à la propre volonté ou à la passion qui monte dans la chair, ta volonté peut, dans la puissance de l’Esprit, les rejeter aussitôt et les jeter sur Christ et sur son sang, et ta communion avec Dieu est immédiatement rétablie. Accepte chaque jour le Saint-Esprit comme ton Guide, ta Vie et ta Force ; tu peux compter sur lui pour faire dans ton cœur tout ce qui doit y être fait. Lui, l’Invisible et l’Insensible, mais connu par la foi, donne là, invisible et insensible, l’amour, la foi et la puissance d’obéissance dont tu as besoin, parce qu’il révèle Christ, invisible au-dedans de toi, comme réellement ta Vie et ta Force. N’attriste pas le Saint-Esprit en te défiant de lui, parce que tu ne sens pas sa présence en toi.
Surtout dans l’affaire de la prière, ne l’attriste pas. Ne t’attends pas, lorsque tu te confies à Christ pour qu’il t’introduise dans une vie de prière nouvelle et saine, à pouvoir prier d’emblée aussi facilement, aussi puissamment et aussi joyeusement que tu le voudrais. Non ; cela peut ne pas venir tout de suite. Mais incline-toi seulement paisiblement devant Dieu, dans ton ignorance et ta faiblesse. C’est là la meilleure et la plus vraie prière : te présenter devant Dieu tel que tu es, et compter sur l’Esprit caché qui prie en toi. « Nous ne savons pas ce qu’il nous convient de demander » ; l’ignorance, la difficulté, la lutte marquent notre prière tout du long. Mais « l’Esprit nous aide dans notre faiblesse ». Comment ? « L’Esprit lui-même », plus profond que nos pensées ou nos sentiments, « intercède par des soupirs inexprimables ». Quand tu ne trouves pas de mots, quand tes paroles te paraissent froides et faibles, crois seulement : le Saint-Esprit prie en moi. Tiens-toi en paix devant Dieu, et donne-lui le temps et l’occasion ; en son temps, tu apprendras à prier. Garde-toi d’attrister l’Esprit de prière en ne l’honorant pas par un patient et confiant abandon à son intercession en toi.
La troisième leçon : « Soyez remplis de l’Esprit » (Éphésiens 5:18). Je pense que nous avons saisi le sens de cette grande vérité : seule la vie spirituelle saine peut prier comme il faut. Le commandement s’adresse à chacun de nous : « Soyez remplis de l’Esprit. » Cela implique que, tandis que certains se contentent du commencement, d’une petite mesure de l’œuvre de l’Esprit, c’est la volonté de Dieu que nous soyons remplis de l’Esprit. Cela signifie, de notre côté, que tout notre être doit être entièrement livré au Saint-Esprit, pour être possédé et gouverné par lui seul. Et, du côté de Dieu, que nous pouvons compter sur le Saint-Esprit et attendre qu’il prenne possession de nous et nous remplisse. Notre défaillance dans la prière n’a-t-elle pas manifestement tenu à ce que nous n’avons pas accepté l’Esprit de prière pour être notre vie ; à ce que nous ne nous sommes pas entièrement livrés à lui, que le Père a donné comme l’Esprit de son Fils, pour opérer en nous la vie du Fils ? Soyons, pour le moins, disposés à le recevoir, à nous livrer à Dieu et à nous confier en lui pour cela. Ne recommençons pas à attrister volontairement le Saint-Esprit en refusant, en négligeant, en hésitant à chercher à l’avoir aussi pleinement qu’il veut bien se donner à nous. Si nous avons tant soit peu vu que la prière est le grand besoin de notre œuvre et de l’Église, si nous avons tant soit peu désiré ou résolu de prier davantage, tournons-nous vers la source même de toute puissance et de toute bénédiction — croyons que l’Esprit de prière, dans sa plénitude même, est pour nous.
Nous admettons tous la place que le Père et le Fils ont dans notre prière. C’est au Père que nous prions, et de qui nous attendons la réponse. C’est dans le mérite, le nom et la vie du Fils, demeurant en lui et lui en nous, que nous comptons être exaucés. Mais avons-nous compris que, dans la sainte Trinité, les trois Personnes ont une place égale dans la prière, et que la foi au Saint-Esprit d’intercession qui prie en nous est aussi indispensable que la foi au Père et au Fils ? Combien clairement nous l’avons dans ces paroles : « Par Christ, nous avons les uns et les autres accès auprès du Père, dans un même Esprit. » Autant la prière doit être adressée au Père, et par le Fils, autant elle doit se faire par l’Esprit. Et l’Esprit ne peut prier en nous autrement qu’en vivant en nous. Ce n’est qu’en nous livrant à l’Esprit qui vit et prie en nous, que la gloire du Dieu qui exauce la prière, et la médiation toujours bénie et souverainement efficace du Fils, peuvent être connues de nous dans leur puissance. (Note D.)
Notre dernière leçon : Priez par l’Esprit pour tous les saints (Éphésiens 6:18). L’Esprit, qui est appelé « l’Esprit de supplication », est aussi et très spécialement l’Esprit d’intercession. Il est dit de lui : « l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables ». « Il intercède en faveur des saints. » C’est le même mot que celui qui est employé de Christ, « qui aussi intercède pour nous ». La pensée est essentiellement celle de la médiation — quelqu’un qui plaide pour un autre. Quand l’Esprit d’intercession prend pleine possession de nous, tout égoïsme — comme si nous le voulions séparé de son intercession pour les autres, et pour nous seuls — est banni, et nous commençons à nous prévaloir de notre merveilleux privilège de plaider pour les hommes. Nous aspirons à vivre la vie de Christ, faite de sacrifice de soi qui se consume pour autrui, tandis que notre cœur se livre sans cesse à Dieu pour obtenir sa bénédiction sur ceux qui nous entourent. L’intercession devient alors, non un incident ou une partie occasionnelle de nos prières, mais leur unique grand objet. La prière pour nous-mêmes prend alors sa vraie place, simplement comme un moyen de nous rendre mieux aptes à exercer plus efficacement notre ministère d’intercession.
Me sera-t-il permis d’adresser une parole toute personnelle à chacun de mes lecteurs ? J’ai humblement supplié Dieu de me donner ce que je pourrais leur donner — une lumière et un secours divins pour abandonner vraiment la vie de défaillance dans la prière, et pour entrer, dès maintenant et sur-le-champ, dans la vie d’intercession que le Saint-Esprit peut leur donner de mener. Cela peut se faire par un simple acte de foi, réclamant la plénitude de l’Esprit, c’est-à-dire la pleine mesure de l’Esprit que tu es capable, aux yeux de Dieu, de recevoir, et qu’il veut par conséquent accorder. Ne veux-tu pas, dès maintenant, l’accepter par la foi ?
Laisse-moi te rappeler ce qui se passe à la conversion. La plupart d’entre nous, toi aussi probablement, avons pendant un temps cherché la paix dans des efforts et des luttes pour renoncer au péché et plaire à Dieu. Mais ce n’est pas ainsi que tu l’as trouvée. La paix du pardon de Dieu est venue par la foi, en te confiant à la parole de Dieu concernant Christ et son salut. Tu avais entendu parler de Christ comme du don de son amour, tu savais qu’il était aussi pour toi, tu avais senti les mouvements et les attraits de sa grâce ; mais ce n’est que lorsque, par la foi en la parole de Dieu, tu l’as accepté comme le don de Dieu pour toi, que tu as connu la paix et la joie qu’il peut donner. Croire en lui et en son amour sauveur a fait toute la différence, et a changé ta relation, de celui qui n’avait cessé de l’attrister à celui qui l’aimait et le servait. Et pourtant, au bout d’un temps, tu t’es mille fois étonné de l’aimer et de le servir si mal.
Au temps de ta conversion, tu ne savais que peu de choses du Saint-Esprit. Plus tard, tu as entendu parler de son habitation en toi, et de ce qu’il est la puissance de Dieu en toi pour tout ce que le Père veut que tu sois ; et pourtant son habitation et son œuvre au-dedans sont restées quelque chose de vague et d’indéfini, à peine une source de joie ou de force. À la conversion, tu ne connaissais pas encore ton besoin de lui, et moins encore ce que tu pouvais attendre de lui. Mais tes défaillances te l’ont appris. Et maintenant tu commences à voir combien tu l’as attristé, en ne te confiant pas à lui et en ne le suivant pas, en ne le laissant pas opérer en toi tout le bon plaisir de Dieu.
Tout cela peut être changé. De même que toi, après avoir cherché Christ, l’avoir prié et avoir essayé sans succès de le servir, tu as trouvé le repos en l’acceptant par la foi, de même tu peux dès maintenant te livrer à la pleine conduite du Saint-Esprit, et le réclamer et l’accepter pour qu’il opère en toi ce que Dieu voudrait. Ne le feras-tu pas ? Accepte-le simplement par la foi comme le don de Christ, pour être l’Esprit de toute ta vie, de ta vie de prière aussi, et tu peux compter sur lui pour prendre les choses en main. Tu peux alors commencer, si faible que tu te sentes, et incapable de prier comme il faut, à t’incliner devant Dieu en silence, avec l’assurance qu’il t’enseignera à prier.
Mon cher frère, de même que tu as consciemment, par la foi, accepté Christ pour le pardon, tu peux maintenant, dans la même foi, accepter consciemment Christ qui donne le Saint-Esprit pour faire son œuvre en toi. « Christ nous a rachetés afin que nous recevions par la foi l’Esprit qui avait été promis. » Mets-toi à genoux, et crois simplement que le Seigneur Christ, qui baptise du Saint-Esprit, commence maintenant en toi, en réponse à ta foi, la vie bénie d’une pleine expérience de la puissance de l’Esprit qui habite en toi. Appuie-toi sur lui avec la plus grande confiance, en dehors de tout sentiment ou de toute expérience, comme sur l’Esprit de supplication et d’intercession, pour faire son œuvre. Renouvelle cet acte de foi chaque matin, chaque fois que tu pries ; confie-toi en lui, contre toute apparence, pour qu’il opère en toi — sois assuré qu’il opère — et il te donnera de connaître ce qu’est la joie du Saint-Esprit comme la puissance de ta vie.
« Je répandrai l’esprit de supplication. » Ne commences-tu pas à voir que le mystère de la prière est le mystère de l’habitation divine ? Dieu, dans le ciel, donne son Esprit dans nos cœurs pour y être la puissance divine qui prie en nous et nous attire en haut vers notre Dieu. Dieu est Esprit, et rien qu’une vie et un Esprit semblables au-dedans de nous ne peuvent avoir communion avec lui. C’est pour cela que l’homme fut créé : afin que Dieu habite et agisse en lui, et soit la vie de sa vie. C’est cette habitation divine que le péché a fait perdre. C’est elle que Christ est venu manifester dans sa vie, nous reconquérir dans sa mort, puis nous communiquer en revenant du ciel dans l’Esprit pour vivre en ses disciples. C’est cela, l’habitation de Dieu par l’Esprit, qui seule peut expliquer les merveilleuses promesses faites à la prière et nous rendre capables de nous les approprier. Dieu donne l’Esprit comme un Esprit de supplication aussi, pour entretenir sa vie divine au-dedans de nous, vie d’où la prière s’élève sans cesse en haut.
Sans le Saint-Esprit, nul ne peut appeler Jésus Seigneur, ni crier : Abba ! Père ! ; nul ne peut adorer en esprit et en vérité, ni prier sans cesse. Le Saint-Esprit est donné au croyant pour être et faire en lui tout ce que Dieu veut qu’il soit ou fasse. Il lui est donné spécialement comme l’Esprit de prière et de supplication. N’est-il pas clair que tout, dans la prière, dépend de ce que nous nous confiions au Saint-Esprit pour faire son œuvre en nous, nous livrant à sa conduite, dépendant uniquement et entièrement de lui ?
Nous lisons : « Étienne, homme plein de foi et d’Esprit-Saint. » Les deux vont toujours ensemble, en proportion exacte l’un de l’autre. À mesure que notre foi voit et se confie en l’Esprit qui prie en nous, et s’attend à lui, il fera son œuvre ; et c’est le désir ardent, la supplication instante et la foi précise que le Père cherche. Apprenons à le connaître, et, dans la foi en Christ qui le donne sans cesse, cultivons l’assurance confiante que nous pouvons apprendre à prier comme le Père le voudrait.