Le ministère de l'intercession ·Le secret de la prière efficace

Chapitre 11 · 13 min de lecture

Le secret de la prière efficace

« Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l’avez reçu, et vous le verrez s’accomplir. » — Marc 11:24.

Nous avons ici un résumé de l’enseignement de notre Seigneur Jésus sur la prière. Rien ne saurait mieux nous convaincre du péché de notre négligence dans la prière, en découvrir les causes, et nous donner le courage d’attendre une entière délivrance, que l’étude attentive, puis l’acceptation croyante, de cet enseignement. Plus nous entrons de tout cœur dans la pensée de notre bienheureux Seigneur, et nous nous appliquons simplement à penser sur la prière comme il a pensé, plus sûrement ses paroles seront pour nous comme des semences vivantes. Elles croîtront et produiront en nous leur fruit — une vie et une pratique exactement conformes à la vérité divine qu’elles renferment. Croyons-le fermement : Christ, la Parole vivante de Dieu, met dans ses paroles une puissance divine et vivifiante qui apporte ce qu’elles disent, qui opère en nous ce qu’il demande, qui vraiment nous rend aptes et capables pour tout ce qu’il exige. Apprends à regarder son enseignement sur la prière comme une promesse précise de ce que lui-même, par son Saint-Esprit qui habite en toi, va opérer jusque dans ton être et ton caractère.

Notre Seigneur nous donne les cinq marques, ou éléments essentiels, de la vraie prière. Il faut d’abord le désir du cœur ; puis l’expression de ce désir dans la prière ; avec cela, la foi qui porte la prière jusqu’à Dieu ; dans cette foi, l’acceptation de la réponse de Dieu ; vient enfin l’expérience de la bénédiction désirée. Il peut être utile de préciser notre pensée si chacun de nous prend une requête déterminée pour laquelle il voudrait apprendre à prier avec foi. Ou, mieux encore peut-être, nous pourrions tous nous unir et prendre la seule chose qui a occupé notre attention. Nous avons parlé de l’échec dans la prière ; pourquoi ne prendrions-nous pas pour objet de désir et de supplication la « grâce de supplication », et ne dirions-nous pas : Je veux demander et recevoir par la foi le pouvoir de prier exactement comme, et autant que, mon Dieu l’attend de moi ? Méditons les paroles de notre Seigneur, dans l’assurance qu’il nous enseignera comment prier pour cette bénédiction.

1. « Ce que vous désirez. » — Le désir est la force secrète qui meut tout le monde des vivants et dirige la course de chacun. Ainsi le désir est l’âme de la prière, et la cause d’une prière insuffisante ou infructueuse se trouve pour une large part dans l’absence ou la faiblesse du désir. Certains en douteront : ils sont sûrs d’avoir très ardemment désiré ce qu’ils demandent. Mais s’ils examinent si leur désir a vraiment été aussi entier que Dieu le voudrait, aussi entier que l’exige la valeur céleste de ces bénédictions, ils en viendront peut-être à voir que c’était bien le manque de désir qui était la cause de l’échec. Ce qui est vrai de Dieu est vrai de chacune de ses bénédictions, et l’est d’autant plus que la bénédiction est plus spirituelle : « Vous me chercherez, et vous me trouverez, si vous me cherchez de tout votre cœur » (Jérémie 29:13). Il est écrit de Juda, aux jours d’Asa, qu’« ils avaient cherché l’Éternel de plein gré » (2 Chroniques 15:15). Un chrétien peut souvent avoir des désirs très ardents pour les bénédictions spirituelles. Mais à côté de ceux-là il y a, dans sa vie quotidienne, d’autres désirs qui occupent une large place dans ses intérêts et ses affections. Les désirs spirituels ne l’absorbent pas tout entier. Il s’étonne que sa prière ne soit pas exaucée. C’est simplement que Dieu veut le cœur tout entier. « L’Éternel, ton Dieu, est un seul Éternel ; c’est pourquoi tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur. » La loi est immuable : Dieu s’offre lui-même, se donne lui-même, à ceux dont le cœur est tout entier à lui et qui se donnent tout entiers à lui. Il nous donne toujours selon le désir de notre cœur. Mais non pas comme nous le pensons, comme lui le voit. S’il y a d’autres désirs qui sont plus à l’aise en nous, qui possèdent notre cœur plus que lui-même et sa présence, il permet que ceux-là soient satisfaits, et les désirs qui nous occupent à l’heure de la prière ne peuvent être exaucés.

Nous désirons le don de l’intercession, la grâce et la puissance de prier comme il faut. Nos cœurs doivent être détournés des autres désirs : nous devons nous donner tout entiers à celui-ci. Nous devons être prêts à vivre tout entiers dans l’intercession pour le royaume. En fixant les yeux sur le bonheur et sur le besoin de cette grâce, en songeant à la certitude que Dieu nous la donnera, en nous y livrant, pour l’amour du monde qui périt, le désir peut se fortifier, et le premier pas être fait vers la possession de la bénédiction convoitée. Cherchons la grâce de la prière, comme nous cherchons le Dieu auquel elle nous unira, « de plein gré » ; nous pouvons nous appuyer sur la promesse : « Il accomplit les désirs de ceux qui le craignent. » Ne craignons pas de lui dire : « Je le désire de tout mon cœur. »

2. « Ce que vous désirez, quand vous priez. » — Le désir du cœur doit devenir l’expression des lèvres. Notre Seigneur Jésus a plus d’une fois demandé à ceux qui criaient à lui pour obtenir grâce : « Que veux-tu ? » Il voulait qu’ils disent ce qu’ils voulaient. Le formuler à haute voix mettait tout leur être en mouvement, les mettait en contact avec lui et éveillait leur attente. Prier, c’est entrer dans la présence de Dieu, réclamer et obtenir son attention, traiter distinctement avec lui au sujet de quelque requête, remettre notre besoin à sa fidélité et l’y laisser : c’est en agissant ainsi que nous prenons pleinement conscience de ce que nous cherchons.

Il en est qui portent souvent de forts désirs dans leur cœur sans les apporter à Dieu dans l’expression claire d’une prière précise et répétée. Il en est d’autres qui vont à la Parole et à ses promesses pour affermir leur foi, mais ne font pas une place suffisante à cette demande pressante adressée à Dieu, qui conduit l’âme à l’assurance que l’affaire a été remise entre les mains de Dieu. D’autres encore viennent dans la prière avec tant de requêtes et de désirs qu’il leur est difficile de dire eux-mêmes ce qu’ils attendent réellement de Dieu. Si tu veux obtenir de Dieu ce grand don de fidélité dans la prière et de puissance pour prier comme il faut, commence par t’y exercer dans la prière. Dis-le, à toi-même et à Dieu : « Voici une chose que j’ai demandée, et que je continue de demander jusqu’à ce que je la reçoive. Aussi clairement et précisément que des mots peuvent l’exprimer, je dis : “Mon Père ! je désire, je te demande et j’attends de toi la grâce de la prière et de l’intercession.” »

3. « Ce que vous désirez, quand vous priez, croyez. » — Comme ce n’est que par la foi que nous pouvons connaître Dieu, recevoir Jésus-Christ ou vivre la vie chrétienne, ainsi la foi est la vie et la puissance de la prière. Si nous devons entrer dans une vie d’intercession où il y ait joie, puissance et bénédiction, si notre prière pour la grâce de la prière doit être exaucée, il nous faut apprendre de nouveau ce qu’est la foi, et commencer à vivre et à prier dans la foi comme jamais auparavant.

La foi est le contraire de la vue, et les deux s’opposent l’une à l’autre. « Nous marchons par la foi et non par la vue. » Pour que l’invisible prenne pleinement possession de nous, et que le cœur, la vie et la prière soient remplis de foi, il faut un retrait, un renoncement à l’égard du visible. L’esprit qui cherche à jouir le plus possible de ce qui est innocent ou légitime, qui donne la première place aux appels et aux devoirs de la vie quotidienne, est incompatible avec une foi forte et un commerce étroit avec le monde spirituel. « Nous regardons, non point aux choses visibles » — il faut souligner le côté négatif pour que le côté positif, « mais à celles qui sont invisibles », nous devienne naturel. Dans la prière, la foi dépend de notre vie dans le monde invisible.

Cette foi a spécialement affaire à Dieu. La grande raison de notre manque de foi est notre manque de connaissance de Dieu et de commerce avec lui. « Ayez foi en Dieu », dit Jésus lorsqu’il parla de transporter les montagnes. C’est à mesure qu’une âme connaît Dieu, s’occupe de sa puissance, de son amour et de sa fidélité, sort d’elle-même et du monde, et laisse la lumière de Dieu briller sur elle, que l’incrédulité deviendra impossible. Tous les mystères et toutes les difficultés liés aux réponses à la prière, si peu que nous puissions les résoudre par l’intelligence, seront engloutis dans cette assurance adoratrice : « Ce Dieu est notre Dieu. Il nous bénira. Oui, il exauce vraiment la prière. Et la grâce de prier que je demande, il prendra plaisir à la donner. » (Note C.)

4. « Ce que vous désirez, quand vous priez, croyez que vous l’avez reçu », dès maintenant, tandis que vous priez. — La foi doit accepter la réponse, telle que Dieu la donne dans le ciel, avant qu’elle soit trouvée ou ressentie sur la terre. Ce point fait difficulté, et pourtant il est de l’essence même de la prière de foi, son véritable secret. Efforce-toi de le saisir. Les choses spirituelles ne peuvent être comprises ou appropriées que spirituellement. La bénédiction spirituelle et céleste de la réponse de Dieu à ta prière doit être reconnue et acceptée spirituellement avant que tu en ressentes quoi que ce soit. C’est la foi qui le fait. Une âme qui ne cherche pas seulement une réponse, mais qui cherche d’abord le Dieu qui donne la réponse, reçoit le pouvoir de savoir qu’elle a ce qu’elle lui a demandé. Si elle sait qu’elle a demandé selon sa volonté et ses promesses, et qu’elle est venue à lui et l’a trouvé lui-même pour le lui donner, alors elle croit qu’elle a reçu. « Nous savons qu’il nous écoute. »

Il n’y a rien de si pénétrant pour le cœur que cette foi : « Croyez que vous l’avez reçu. » À mesure que nous nous efforçons de croire et que nous constatons que nous ne le pouvons pas, cela nous conduit à découvrir ce qui fait obstacle. Heureux l’homme qui ne retient rien et ne se laisse retenir par rien, mais qui, les yeux et le cœur fixés sur Dieu seul, refuse de se reposer avant d’avoir cru ce que notre Seigneur lui commande, « qu’il l’a reçu ». C’est ici le lieu où Jacob devient Israël, et où la puissance de la prière qui l’emporte naît de la faiblesse et du désespoir de l’homme. C’est ici qu’intervient le vrai besoin d’une prière persévérante et toujours importune, qui ne veut ni se reposer, ni s’en aller, ni renoncer, avant de savoir qu’elle est entendue et de croire qu’elle a reçu.

Tu pries pour « l’Esprit de grâce et de supplication » ? Tandis que tu le demandes avec un ardent désir et que tu crois en Dieu qui exauce la prière, ne crains pas de persévérer et de croire que ta vie peut vraiment être changée, que le monde, avec la presse de ses devoirs, religieux ou non, qui entravent la prière, peut être vaincu, et que Dieu te donne le désir de ton cœur, la grâce de prier dans la mesure et dans l’esprit voulus, exactement comme le Père veut que son enfant le fasse. « Croyez que vous l’avez reçu. »

5. « Ce que vous désirez, quand vous priez, croyez que vous l’avez reçu, et vous le verrez s’accomplir. » — Recevoir de Dieu par la foi, accepter dans la foi la réponse avec l’assurance parfaite et reconnaissante qu’elle a été donnée, ce n’est pas nécessairement l’expérience ou la possession subjective du don que nous avons demandé. Il peut parfois y avoir un intervalle considérable, voire long. En d’autres cas, le suppliant croyant peut entrer aussitôt dans la jouissance effective de ce qu’il a reçu. C’est surtout dans le premier cas que nous avons besoin de foi et de patience : de foi pour nous réjouir dans l’assurance de la réponse accordée et reçue, et pour commencer d’agir en conséquence quoique rien ne se sente ; de patience pour attendre s’il n’y a, pour le présent, aucune preuve sensible de sa présence. Nous pouvons compter sur ceci : vous le verrez s’accomplir, dans une jouissance effective.

Si nous appliquons ceci à la prière pour la puissance d’une intercession fidèle, à la grâce de prier avec ferveur et persévérance pour les âmes autour de nous, apprenons à tenir ferme l’assurance divine que, aussi sûrement que nous croyons, nous recevons, et que la foi, dès lors, en dehors de toute défaillance, peut se réjouir dans la certitude d’une prière exaucée. Plus nous en louons Dieu, plus tôt viendra l’expérience. Nous pouvons commencer aussitôt à prier pour d’autres, dans l’assurance que la grâce nous sera donnée de prier avec plus de persévérance et plus de foi que par le passé. Si nous ne trouvons aucun élargissement ni aucune puissance particulière dans la prière, cela ne doit pas nous entraver ni nous décourager. Nous avons accepté, en dehors du sentiment, un don spirituel et divin par la foi ; c’est dans cette foi que nous devons prier, sans douter de rien. Le Saint-Esprit peut pour un peu de temps se cacher au-dedans de nous ; nous pouvons compter sur lui, fût-ce par des soupirs inexprimables, pour prier en nous ; en son temps, nous prendrons conscience de sa présence et de sa puissance. Aussi sûrement qu’il y a désir, prière et foi, et acceptation du don par la foi, il y aura aussi la manifestation et l’expérience de la bénédiction que nous cherchions.

Frère bien-aimé ! désires-tu vraiment que Dieu te rende capable de prier de telle sorte que ta vie soit affranchie d’une condamnation continuelle de toi-même, et que la puissance de son Esprit descende en réponse à ta requête ? Viens et demande-le à Dieu. Mets-toi à genoux et prie pour cela en une seule phrase précise. Quand tu l’auras fait, demeure à genoux dans la foi, croyant au Dieu qui répond. Crois que tu reçois maintenant ce que tu as demandé : crois que tu as reçu. Si tu trouves cela difficile, demeure à genoux et dis que tu le fais sur la foi de sa propre parole. Si cela coûte du temps, de la lutte et du doute — ne crains pas ; à ses pieds, les regards levés vers sa face, la foi viendra. « Crois que tu as reçu » : à son commandement, tu oses réclamer la réponse. Commence dans cette foi, si faible soit-elle, une vie de prière nouvelle, avec cette seule pensée pour force : « Tu as demandé et reçu la grâce, en Christ, d’être préparé, pas à pas, à être fidèle dans la prière et l’intercession. Plus simplement tu t’attaches à cela et attends que le Saint-Esprit l’opère en toi, plus sûrement et pleinement la parole se réalisera pour toi : vous le verrez s’accomplir. Dieu lui-même, qui a donné la réponse, l’opérera en toi. »

UN APPEL À PLUS DE PRIÈRE

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Le ministère de l'intercession Andrew Murray

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