Le ministère de l'intercession ·Veux-tu être guéri ?

Chapitre 10 · 15 min de lecture

Veux-tu être guéri ?

« Jésus lui dit : Veux-tu être guéri ? Le malade lui répondit : Seigneur, je n’ai personne pour me jeter dans la piscine. Jésus lui dit : Lève-toi et marche. Aussitôt cet homme fut guéri, et il marcha. » — Jean 5:6-9.

« Pierre dit : Au nom de Jésus-Christ de Nazareth, lève-toi et marche… C’est la foi en lui qui a donné à cet homme cette entière guérison, en présence de vous tous. » — Actes 3:6, 16.

« Pierre lui dit : Énée, Jésus-Christ te guérit ; lève-toi. Et aussitôt il se leva. » — Actes 9:34.

La faiblesse dans la prière est la marque de la maladie. L’impuissance à marcher est, chez le chrétien comme dans la vie naturelle, une preuve terrible de quelque mal dans l’organisme, qui réclame un médecin. Le manque de force pour marcher joyeusement dans le chemin nouveau et vivant qui conduit au Père et au trône de la grâce est particulièrement affligeant. Christ est le grand Médecin, qui vient à chaque Béthesda où sont rassemblés les impotents, et qui prononce sa question aimante et pénétrante : « Veux-tu être guéri ? » Pour tous ceux qui s’accrochent encore à leur espérance dans la piscine, ou qui cherchent quelque homme pour les y jeter, qui espèrent qu’avec le temps ils seront de quelque manière secourus en continuant simplement d’user des moyens ordinaires de la grâce, sa question montre une voie meilleure. Il leur offre la guérison par une voie de puissance qu’ils n’ont jamais comprise. Et à tous ceux qui veulent bien confesser non seulement leur propre impuissance, mais aussi leur incapacité à trouver un homme pour les secourir, sa question apporte l’espérance sûre et certaine d’une prochaine délivrance. Nous avons vu que notre faiblesse dans la prière fait partie d’une vie frappée d’impuissance spirituelle. Écoutons notre Seigneur, qui s’offre à rétablir notre force spirituelle, à nous rendre capables de marcher comme des hommes sains et vigoureux dans toutes les voies du Seigneur, et ainsi aptes à tenir dignement notre place dans la grande œuvre de l’intercession. À mesure que nous verrons en quoi consiste la santé qu’il offre, comment il la donne, et ce qu’il attend de nous, nous serons préparés à répondre de bon cœur à sa question.

En quoi consiste la santé que Jésus offre.

Je pourrais mentionner bien des marques de la santé spirituelle. Notre texte nous conduit à en retenir une : la marche. Jésus dit au malade : « Lève-toi et marche », et par là il le rétablit à sa place parmi les hommes, en pleine santé et vigueur, capable de prendre part à toute l’œuvre de la vie. C’est une image merveilleusement suggestive du rétablissement de la santé spirituelle. Pour celui qui est en bonne santé, marcher est un plaisir ; pour le malade, un fardeau, voire une impossibilité. Combien de chrétiens il y a pour qui, comme pour les estropiés, les boiteux et les impotents, le mouvement et le progrès dans la voie de Dieu sont vraiment un effort et une lassitude. Christ vient dire — et avec la parole il donne la force — : « Lève-toi et marche ».

Considérez seulement cette marche à laquelle il nous rétablit et pour laquelle il nous rend capables. C’est une vie comme celle d’Hénoc et de Noé, qui « marchaient avec Dieu ». Une vie comme celle d’Abraham, à qui Dieu dit : « Marche devant ma face », et qui disait lui-même : « l’Éternel, devant qui je marche ». Une vie dont David chante : « il marche à la clarté de ta face », et qu’Ésaïe annonce : « ceux qui se confient en l’Éternel renouvellent leur force ; ils courent, et ne se lassent point, ils marchent, et ne se fatiguent point ». De même que Dieu le Créateur ne se fatigue ni ne se lasse, ceux qui marchent avec lui, s’attendant à lui, ne seront jamais épuisés ni défaillants. C’est une vie dont on pouvait dire des derniers saints de l’Ancien Testament, Zacharie et Élisabeth : « Tous deux étaient justes devant Dieu, observant d’une manière irréprochable tous les commandements et toutes les ordonnances du Seigneur. » Telle est la marche que Jésus est venu rendre possible et réelle pour son peuple, avec une puissance plus grande que jamais.

Écoutez ce qu’en dit le Nouveau Testament : « comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie ». C’est le Ressuscité qui nous dit : « Lève-toi et marche » ; il donne la puissance de la vie de résurrection. C’est une marche en Christ : « comme vous avez reçu le Seigneur Jésus-Christ, marchez en lui ». C’est une marche à la ressemblance de Christ : « Celui qui dit qu’il demeure en lui doit marcher aussi comme il a marché lui-même. » C’est une marche par l’Esprit et selon l’Esprit : « Marchez selon l’Esprit, et vous n’accomplirez pas les désirs de la chair » ; « qui marchons, non selon la chair, mais selon l’esprit ». C’est une marche digne de Dieu et qui lui est agréable : « pour marcher d’une manière digne du Seigneur et lui être entièrement agréables, portant des fruits en toutes sortes de bonnes œuvres ». « Nous vous prions, puisque vous avez appris de nous comment vous devez vous conduire et plaire à Dieu, et que c’est là ce que vous faites, de marcher à cet égard de progrès en progrès. » C’est une marche dans l’amour céleste : « Marchez dans la charité, à l’exemple de Christ, qui nous a aimés ». C’est une marche « dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière ». C’est une marche de foi, dont toute la puissance vient simplement de Dieu, de Christ et du Saint-Esprit, pour l’âme détournée du monde : « nous marchons par la foi et non par la vue ».

Combien de croyants regardent une telle marche comme une chose impossible — si impossible qu’ils ne ressentent pas comme un péché de « marcher autrement » ; et ainsi ils ne soupirent pas après cette marche en nouveauté de vie. Ils se sont tellement accoutumés à la vie d’impuissance que la vie et la marche dans la force de Dieu n’ont guère d’attrait pour eux. Mais il en est d’autres pour qui il n’en va pas ainsi. Ils se demandent si ces paroles veulent vraiment dire ce qu’elles disent, et si la vie merveilleuse dont chacune d’elles parle n’est qu’un idéal inaccessible, ou si elle doit être réalisée en chair et en os. Plus ils les étudient, plus ils sentent qu’elles sont dites pour la vie de chaque jour. Et pourtant elles paraissent trop élevées. Oh ! s’ils voulaient croire que Dieu a envoyé son Fils tout-puissant, et son Saint-Esprit, précisément pour nous amener et nous rendre aptes à une vie et à une marche venues du ciel, au-delà de tout ce que l’homme oserait penser ou espérer.

Comment Jésus nous guérit.

Lorsqu’un médecin guérit un malade, il agit sur lui du dehors et fait quelque chose qui, si possible, doit désormais le rendre indépendant de son secours. Il le rétablit dans une parfaite santé, puis le quitte. Avec l’œuvre de notre Seigneur Jésus, il en va tout autrement, à ces deux égards. Jésus n’agit pas du dehors, mais du dedans, en entrant lui-même, dans la puissance de son Esprit, jusqu’au fond de notre vie. Et au lieu de nous rendre, comme dans la guérison du corps, autant que possible indépendants du médecin pour l’avenir, l’unique dessein de Christ en guérissant est, comme nous l’avons dit, exactement l’inverse. Son unique condition de réussite est de nous amener à une telle dépendance envers lui-même que nous ne puissions pas nous passer de lui un seul instant. Christ Jésus lui-même est notre vie, en un sens dont bien des chrétiens n’ont aucune idée. La vie faible et maladive qui prévaut tient entièrement au manque d’intelligence de cette vérité divine : tant que nous attendons de Christ qu’il fasse continuellement pour nous quelque chose depuis le ciel, par des actes de grâce isolés de temps à autre, et que chaque fois nous comptons sur lui pour nous donner de quoi durer un petit moment, nous ne pouvons être rétablis dans une parfaite santé. Mais dès que nous voyons qu’il ne doit rien y avoir de nous-mêmes un seul instant, et que tout doit être de Christ d’instant en instant, et que nous apprenons à le recevoir de lui et à nous en remettre à lui, la vie de Christ devient la santé de notre âme. La santé n’est rien d’autre que la vie dans son action normale et sans trouble. Christ nous donne la santé en se donnant lui-même comme notre vie ; ainsi il devient la force de notre marche. Les paroles d’Ésaïe trouvent leur accomplissement néotestamentaire : ceux qui se confient en l’Éternel marcheront et ne se fatigueront point, parce que Christ est désormais la force de leur vie.

Il est étrange que les croyants estiment parfois cette vie de dépendance trop pesante, et une perte de notre liberté personnelle. Ils admettent un besoin de dépendance, d’une grande dépendance, mais en laissant de la place à notre propre volonté et à notre propre énergie. Ils ne voient pas que même une dépendance partielle fait de nous des débiteurs et ne nous laisse rien dont nous puissions nous glorifier. Ils oublient que notre relation avec Dieu, et notre coopération avec lui, ne consiste pas en ce qu’il fasse la plus grande part et nous la moindre, mais en ce que Dieu fasse tout et que nous fassions tout — Dieu tout en nous, nous tout par Dieu. Cette dépendance envers Dieu assure notre véritable indépendance ; lorsque notre volonté ne cherche rien que la volonté divine, nous atteignons une noblesse divine, la vraie indépendance à l’égard de tout ce qui est créé. Celui qui ne l’a pas vu doit demeurer un chrétien maladif, laissant le moi faire une part et Christ une part. Celui qui accepte la vie de dépendance incessante envers Christ, comme sa vie, sa santé et sa force, est guéri. En tant que Dieu, Christ peut entrer et devenir la vie de sa créature. En tant que le Glorifié qui a reçu le Saint-Esprit du Père pour le communiquer, il peut renouveler le cœur de la créature pécheresse et en faire sa demeure, et par sa présence l’entretenir en pleine santé et force.

Ô vous tous qui voudriez marcher et plaire à Dieu, et dont le cœur, dans la vie de prière, ne vous condamnerait pas, écoutez les paroles de Christ : « Veux-tu être guéri ? » Il peut donner la santé de l’âme. Il peut donner une vie qui sache prier, et savoir qu’elle est agréable au Père. Si vous voulez cela, venez entendre comment vous pouvez le recevoir.

Ce que Christ demande de nous.

Le récit nous invite à remarquer trois choses tout particulièrement. La question de Christ s’adresse d’abord à la volonté et demande l’expression de son consentement. Il écoute ensuite la confession que fait l’homme de son entière impuissance. Vient enfin la prompte obéissance au commandement de Christ, obéissance qui se lève et qui marche.

1. Veux-tu être guéri ? Sur la réponse de l’impotent, il ne pouvait y avoir aucun doute. Qui ne voudrait pas être délivré de sa maladie ? Mais, hélas, dans la vie spirituelle, combien il faut presser la question ! Les uns n’admettent pas qu’ils soient si malades. D’autres ne croient pas que Christ puisse rendre un homme sain. D’autres encore le croient pour autrui, mais ils sont sûrs que ce n’est pas pour eux. À la racine de tout se trouve la crainte du renoncement à soi et du sacrifice qu’il faudra consentir. Ils ne veulent pas abandonner entièrement la marche selon le train de ce monde, renoncer à toute propre volonté, à toute confiance en soi, à toute complaisance en soi. La marche en Christ et à la ressemblance de Christ est trop droite et trop dure : ils ne la veulent pas, ils ne veulent pas être guéris. Mon frère, si tu le veux, dis-le : « Seigneur ! à tout prix, je le veux ! » Du côté de Christ, l’acte est un acte de la volonté : « Je le veux, sois pur. » Du tien pareillement : « qu’il te soit fait comme tu veux ». Si tu veux être délivré de ton impuissance — oh ! ne crains pas de dire : « Je le veux, je le veux ! »

Vient ensuite le second pas. Christ veut que nous regardions vers lui comme notre seul Secours. « Je n’ai personne pour me jeter dans la piscine » doit être notre cri. Ici-bas, il n’y a pas de secours pour moi. La faiblesse peut devenir force par l’usage ordinaire des moyens, si tous les organes et toutes les fonctions sont en bon état. La maladie exige des mesures particulières. Ton âme est malade ; ton impuissance à marcher joyeusement, dans la voie de Dieu, la marche du chrétien est un signe de maladie ; ne crains pas de le confesser, et d’admettre qu’il n’y a pas d’espoir de rétablissement, sinon par un acte de la miséricorde de Christ qui te guérit. Renonce à l’idée de sortir peu à peu de ton état maladif pour entrer dans un état sain, de sortir de dessous la loi pour entrer dans une vie sous la grâce. Il y a quelques jours, j’ai entendu un étudiant plaider la cause de l’Engagement des Volontaires. « L’engagement t’appelle, disait-il, à une décision. Ne pense pas à devenir missionnaire par une lente croissance : à moins que Dieu ne te le défende, franchis le pas ; la décision apportera joie et force, elle te rendra libre de grandir en tout ce qui est nécessaire à un missionnaire, et elle sera un secours pour d’autres. » Il en est de même dans la vie chrétienne. Le délai et la lutte t’entraveront également ; confesse que tu ne peux pas te résoudre à prier comme tu le voudrais, parce que tu ne peux pas te donner à toi-même la vie saine et céleste qui aime à prier, et qui sait compter sur l’Esprit de Dieu pour prier en nous. Viens à Christ pour qu’il te guérisse. Il peut en un instant te rendre sain. Non pas au sens d’opérer un changement soudain dans tes sentiments, ou dans ce que tu es en toi-même, mais dans la réalité céleste où il entre, en réponse à ton abandon et à ta foi, prend en charge ta vie intérieure et la remplit de lui-même et de son Esprit.

La troisième chose que Christ demande, c’est l’abandon de la foi. Lorsqu’il parla à l’impotent, sa parole de commandement devait être obéie. L’homme crut qu’il y avait vérité et puissance dans la parole de Christ ; dans cette foi il se leva et marcha. Par la foi il obéit. Et ce que Christ dit à d’autres était aussi pour lui : « Va, ta foi t’a sauvé. » À nous aussi Christ demande cette foi, que sa parole change notre impuissance en force et nous rende aptes à cette marche en nouveauté de vie pour laquelle nous avons été vivifiés en lui. Si nous ne le croyons pas, si nous ne voulons pas prendre courage et dire, avec Paul : « Je puis tout par celui qui me fortifie », nous ne pouvons obéir. Mais si nous voulons écouter la parole qui nous parle de la marche non seulement possible, mais éprouvée et manifestée chez les saints de Dieu dès les temps anciens, si nous voulons fixer les yeux sur le puissant, vivant et aimant Christ, qui dit avec puissance : « Lève-toi et marche », nous prendrons courage et nous obéirons. Nous nous lèverons et commencerons à marcher en lui et dans sa force. Dans la foi, en dehors et au-dessus de tout sentiment, nous accepterons un Christ invisible comme notre force et nous nous confierons en lui, et nous marcherons dans la force du Seigneur Dieu. Nous connaîtrons Christ comme la force de notre vie. Nous connaîtrons, nous dirons et nous prouverons que Jésus-Christ nous a guéris.

Cela se peut-il vraiment ? Oui, cela se peut. Il l’a fait pour beaucoup : il le fera pour toi. Garde-toi de te faire de fausses idées sur ce qui doit se produire. Lorsque l’impotent fut guéri, il avait encore tout à apprendre quant à l’usage de sa force nouvelle. S’il voulait bêcher, bâtir ou apprendre un métier, il lui fallait commencer par le commencement. Ne t’attends pas à être aussitôt expert dans la prière ou dans quelque partie que ce soit de la vie chrétienne. Non ; mais attends-toi et sois assuré de cette seule chose : puisque tu t’es remis à Christ pour qu’il soit ta santé et ta force, il te conduira et t’enseignera. Commence à prier dans un paisible sentiment de ton ignorance et de ta faiblesse, mais dans la joyeuse assurance qu’il opérera en toi ce dont tu as besoin. Lève-toi et marche chaque jour dans une sainte confiance qu’il est avec toi et en toi. Accepte simplement Jésus-Christ, le Vivant, et confie-toi en lui pour qu’il accomplisse son œuvre.

Le feras-tu ? L’as-tu fait ? Maintenant encore, Jésus dit : « Lève-toi et marche. » « Amen, Seigneur ! à ta parole, je viens. Je me lève pour marcher avec toi, en toi et à ta ressemblance. »

UN APPEL À PLUS DE PRIÈRE

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Le ministère de l'intercession Andrew Murray

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