Saint en Christ ·La Sainteté et la Gloire

Chapitre 7 · 12 min de lecture

La Sainteté et la Gloire

« Qui est comme toi parmi les dieux, ô Éternel ?

Qui est comme toi magnifique en sainteté,

Digne de louanges, Opérant des prodiges ?

Par ta miséricorde tu as conduit, Tu as délivré ce peuple :

Par ta puissance tu le diriges Vers la demeure de ta sainteté

Au sanctuaire, Seigneur, que tes mains ont fondé. »

—Exode 15:11-17.

Dans ces paroles nous avons un nouveau pas en avant dans la révélation de la Sainteté. Nous trouvons ici pour la première fois la Sainteté affirmée de Dieu lui-même. Il est magnifique en sainteté : et c’est vers la demeure de sa Sainteté qu’il conduit son peuple.

Notons d’abord l’expression employée ici : magnifique en sainteté. Dans toute l’Écriture nous trouvons la gloire et la sainteté de Dieu mentionnées ensemble. En Exode 29:43 nous lisons : « ce lieu sera sanctifié par ma gloire », cette gloire de l’Éternel dont nous lisons ensuite qu’elle remplissait la maison. La gloire d’un objet, d’une chose ou d’une personne, est sa valeur ou son excellence intrinsèque : glorifier, c’est écarter tout ce qui pourrait empêcher la pleine révélation de cette excellence. Dans la Sainteté de Dieu sa gloire est cachée ; dans la gloire de Dieu sa Sainteté est manifestée : sa gloire, la révélation de lui-même comme le Saint, rendrait la maison sainte. De la même manière les deux sont liées en Lévitique 10:3 : « Je serai sanctifié par ceux qui s’approchent de moi, et je serai glorifié en présence de tout le peuple. » La reconnaissance de sa Sainteté chez les sacrificateurs serait la manifestation de sa gloire au peuple. Ainsi encore, dans le chant des séraphins (Ésaïe 6:3) : « Saint, saint, saint est l’Éternel des armées ! Toute la terre est pleine de sa gloire ! » Dieu est celui qui habite une lumière inaccessible, que nul homme n’a vu ni ne peut voir : c’est la lumière de la connaissance de la gloire de Dieu qu’il donne dans nos cœurs. La gloire est ce qui peut être vu et connu de la lumière invisible et inaccessible : cette lumière elle-même, et le feu glorieux dont cette lumière est le rayonnement, cette lumière est la Sainteté de Dieu. La Sainteté n’est pas tant un attribut de Dieu que le résumé complet de toutes ses perfections.

C’est sur le rivage de la mer Rouge qu’Israël loue ainsi Dieu : « Qui est comme toi parmi les dieux, ô Éternel ? Qui est comme toi magnifique en sainteté ? » Il est l’Incomparable, nul n’est semblable à lui. Et en quoi l’a-t-il prouvé, et a-t-il révélé la gloire de sa Sainteté ? Avec Moïse à Horeb nous avons vu la gloire de Dieu dans le feu, dans son double aspect de salut et de destruction : consumant ce qui ne pouvait être purifié, purifiant ce qui n’était pas consumé. Nous la voyons ici aussi dans le cantique de Moïse : Israël chante le jugement et la miséricorde. La colonne de feu et de nuée vint se placer entre le camp des Égyptiens et le camp d’Israël : elle était nuée et ténèbres pour les uns, mais elle éclairait la nuit pour les autres. Les deux pensées parcourent tout le cantique. Mais dans les deux versets qui suivent l’attribution de sainteté, nous trouvons le résumé du tout. « Tu as étendu ta droite : La terre les a engloutis. » « A la veille du matin, l’Éternel, de la colonne de feu et de nuée, regarda le camp des Égyptiens, et mit en désordre le camp des Égyptiens. » Voilà la gloire de la Sainteté comme jugement et destruction de l’ennemi. « Par ta miséricorde tu as conduit, Tu as délivré ce peuple ; Par ta puissance tu le diriges Vers la demeure de ta Sainteté. » Voilà la gloire de la Sainteté dans la miséricorde et la rédemption — une Sainteté qui non seulement délivre mais conduit vers la demeure de la sainteté, où le Saint doit habiter avec son peuple et en lui. Dans l’inspiration de l’heure du triomphe il est ainsi révélé de bonne heure que le grand but et le fruit de la rédemption, telle qu’elle est accomplie par le Saint, est d’être son habitation intérieure : de rien de moindre que cela le Saint ne peut se contenter, et la pleine gloire de sa Sainteté ne peut être manifestée.

Et maintenant, observons de plus comment, de même que c’est dans la rédemption de son peuple que la Sainteté de Dieu est révélée, ainsi c’est dans le chant de la rédemption que se trouve l’attribution personnelle de la Sainteté à Dieu. Nous savons comment, dans l’Écriture, après quelque intervention spéciale et frappante de Dieu comme Rédempteur, l’influence particulière de l’Esprit se manifeste dans quelque chant de louange. Il est remarquable que ce soit dans ces élans de sainte ferveur que Dieu est loué comme le Saint. Voyez-le dans le cantique d’Anne (1 Samuel 2:2) : « Nul n’est saint comme l’Éternel. » Le langage des séraphins (Ésaïe 6) est celui d’un chant d’adoration. Au grand jour de la délivrance d’Israël le chant sera : « L’Éternel, l’Éternel est ma force et le sujet de mes louanges. Célébrez l’Éternel, car il a fait des choses magnifiques. Pousse des cris de joie et d’allégresse, habitant de Sion ! Car il est grand au milieu de toi, le Saint d’Israël. » Marie chante : « Parce que le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses. Son nom est saint. » Le livre de l’Apocalypse montre les êtres vivants rendant gloire, honneur et actions de grâces à celui qui est assis sur le trône ; « ils ne cessent de dire jour et nuit : Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu, le Tout-Puissant, qui était, qui est, et qui vient ! » Et quand le cantique de Moïse et de l’Agneau sera chanté près de la mer de verre, ce sera encore : « Qui ne craindrait, Seigneur, et ne glorifierait ton nom ? Car seul tu es saint. » C’est dans les moments de plus haute inspiration, sous la plus pleine manifestation de la puissance rédemptrice de Dieu, que ses serviteurs parlent de sa Sainteté. En Psaume 97 nous lisons : « Justes, réjouissez-vous en l’Éternel, Et célébrez par vos louanges sa sainteté ! » Et en Psaume 99, qui, avec son triple saint, a été appelé l’écho sur la terre du Trois fois Saint du ciel, nous chantons —

Qu’on célèbre ton nom grand et redoutable ! Il est saint.
Exaltez l’Éternel, notre Dieu, Et prosternez-vous devant son marchepied : Il est saint.
Exaltez l’Éternel, notre Dieu, Et prosternez-vous sur sa montagne sainte : Car il est saint, l’Éternel, notre Dieu.

Ce n’est que sous l’influence d’une haute élévation spirituelle et de la joie que la sainteté de Dieu peut être pleinement saisie ou dûment adorée. Le sentiment qui nous convient lorsque nous adorons le Saint, qui nous rend aptes à le connaître et à l’adorer comme il faut, est l’esprit de louange qui chante et pousse des cris de joie dans l’expérience de son plein salut.

Mais cela n’est-il pas en désaccord avec la leçon que nous avons apprise à Horeb, lorsque Dieu dit : « N’approche pas d’ici : ôte tes souliers », et où Moïse craignit et se cacha le visage ? Et n’est-ce pas là précisément l’attitude qui nous convient comme créatures et comme pécheurs ? Elle l’est en effet : et pourtant les deux sentiments ne sont pas en désaccord ; ils sont plutôt indispensables l’un à l’autre ; la crainte est la préparation à la louange et à la gloire. Ou n’est-ce pas ce même Moïse qui se cacha le visage et craignit de regarder Dieu, qui contempla ensuite sa gloire jusqu’à ce que son propre visage resplendît d’un éclat que les hommes ne pouvaient supporter de regarder ? Et le chant qui célèbre ici Dieu comme magnifique en sainteté n’est-il pas aussi le chant de ce Moïse qui craignit et se cacha le visage ? N’avons-nous pas vu dans le feu, et en Dieu, et spécialement dans sa Sainteté, le double aspect : consumant et purifiant, repoussant et attirant, jugeant et sauvant, le second, dans chaque cas, étant non seulement l’accompagnement mais le résultat du premier ? Et ainsi nous découvrirons que plus profonds seront l’abaissement et la crainte dans la Sainte Présence de Dieu, et plus réel et complet le dépouillement de tout ce qui est du moi et de la nature, jusqu’au dépouillement, à la mort complète du vieil homme et de sa volonté, plus cordial l’abandon à la consumation de ce qui est pécheur, plus profondes et pleines seront la louange et la joie avec lesquelles nous chanterons chaque jour notre chant de rédemption : « Qui est comme toi parmi les dieux, ô Éternel, magnifique en sainteté, digne de louanges, opérant des prodiges ? »

« Magnifique en sainteté ; digne de louanges : » le chant lui-même harmonise les éléments apparemment contradictoires. Oui, je chanterai le jugement et la miséricorde. Je me réjouirai avec tremblement en louant le Saint. En considérant les deux faces de sa Sainteté, telles qu’elles furent révélées aux Égyptiens et aux Israélites, je me rappelle que ce qui était là séparé est en moi uni. Par nature je suis l’Égyptien, un ennemi voué à la destruction ; par grâce, un Israélite choisi pour la rédemption. En moi le feu doit consumer et détruire ; ce n’est qu’à mesure que le jugement fait son œuvre que la miséricorde peut pleinement sauver. Ce n’est qu’en tremblant devant la Lumière qui sonde, le Feu qui brûle et la Chaleur qui consume du Saint, à mesure que je livre la nature égyptienne pour qu’elle soit jugée, condamnée et mise à mort, que l’Israélite sera racheté pour connaître comme il faut son Dieu comme le Dieu du salut, et pour se réjouir en lui.

Béni soit Dieu ! le jugement est passé. En Christ, le buisson ardent, le feu de la Sainteté divine accomplit sa double œuvre : en lui le péché fut condamné dans la chair ; en lui nous sommes libres. En livrant sa volonté à la mort, et en faisant la volonté de Dieu, Christ s’est sanctifié lui-même ; et dans cette volonté nous sommes sanctifiés aussi. Sa crucifixion, avec son jugement de la chair, sa mort, avec son entier dépouillement de ce qui est de la nature, n’est pas seulement pour nous, mais est réellement nôtre ; une vie et une puissance opérant en nous par son Esprit. Jour après jour nous demeurons en lui. En tremblant mais en nous réjouissant nous prenons notre position en lui, pour que la Puissance de la Sainteté comme Jugement exerce en nous sa vengeance ardente contre ce qui est péché et chair, et laisse ainsi la Puissance de la Sainteté comme Rédemption accomplir cette œuvre glorieuse qui nous fait rendre grâces au souvenir de sa Sainteté. Et ainsi le cri du Salut retentit toujours plus profond, plus vrai et plus fort à travers notre vie : « Qui est comme toi parmi les dieux, ô Éternel ? Qui est comme toi magnifique en sainteté, digne de louanges, opérant des prodiges ? »

Soyez saints, comme je suis saint.


« Qui est comme toi parmi les dieux, ô Éternel ! magnifique en sainteté, digne de louanges, opérant des prodiges ? » De tout mon cœur je voudrais me joindre à ce chant de rédemption, et me réjouir en toi comme le Dieu de mon salut.

Ô mon Dieu ! que ton Esprit, de qui sont venues ces paroles de sainte joie et de triomphe, révèle ainsi en moi la grande rédemption comme une expérience personnelle, afin que ma vie tout entière soit un chant de tremblement et d’adoration émerveillée.

Je te supplie spécialement, que mon cœur tout entier soit rempli de toi-même, magnifique en sainteté, digne de louanges, toi seul qui opères des prodiges. Que la crainte de ta Sainteté me fasse trembler devant tout ce qu’il y a en moi de moi-même et de chair, et me conduise dans mon adoration à renier et à crucifier ma propre sagesse, afin que l’Esprit de ta Sainteté respire en moi. Que la crainte de l’Éternel donne sa profonde résonance à toutes mes entrées et sorties dans ta Sainte Présence. Prépare-moi ainsi à te louer sans cesse au souvenir de ta sainteté. Ô mon Dieu ! je voudrais me réjouir en toi comme mon Rédempteur, mon Saint, d’une joie ineffable et glorieuse. Comme mon Rédempteur, tu me rends saint. De tout mon cœur je me confie en toi pour le faire, pour me sanctifier tout entier. Je crois en ta promesse. Je crois en toi-même, et en croyant je te reçois, toi le Saint, mon Rédempteur.

Qui est comme toi parmi les dieux, ô Éternel ! magnifique en sainteté, digne de louanges, opérant des prodiges ?


1. La Sainteté de Dieu comme Gloire. Dieu est glorifié dans la sainteté de son peuple. La vraie sainteté rend toujours gloire à Dieu seul. Vis pour la gloire de Dieu : voilà la sainteté. Vis saintement : cela glorifiera Dieu. Perdre de vue le moi, et ne chercher que la gloire de Dieu, voilà la sainteté.

2. Notre Sainteté comme Louange. La louange rend gloire à Dieu, et est ainsi un élément de la sainteté. « Pourtant tu es le Saint, Tu sièges au milieu des louanges d’Israël. »

3. La Sainteté de Dieu, son saint amour rédempteur, est la cause d’une joie et d’une louange incessantes. Louez-en Dieu chaque jour. Mais vous ne pouvez le faire que si vous y vivez. Que la sainteté de Dieu nous devienne si glorieuse, à mesure que nous comprenons que tout ce que nous voyons de sa gloire n’est que le rayonnement de sa sainteté, que nous ne puissions nous empêcher de nous en réjouir, et de nous réjouir en lui le Saint.

4. L’esprit de la crainte de l’Éternel et l’esprit de louange peuvent, à première vue, paraître en désaccord. Mais il n’en est pas ainsi. L’humilité qui craint le Saint le louera aussi : « Vous qui craignez l’Éternel, louez-le ! » Plus nous nous tenons bas dans la crainte de Dieu, et dans la crainte de nous-mêmes, plus sûrement il nous élèvera en temps voulu pour le louer.


Septième Jour.


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Saint en Christ Andrew Murray

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