Saint en Christ ·La Sainteté et l’Obéissance

Chapitre 8 · 14 min de lecture

La Sainteté et l’Obéissance

« Vous avez vu ce que j’ai fait à l’Égypte, et comment je vous ai portés sur des ailes d’aigle et amenés vers moi. Maintenant, si vous écoutez ma voix, et si vous gardez mon alliance, vous m’appartiendrez entre tous les peuples : vous serez pour moi une nation sainte. » —Exode 19:4-6.

Israël est arrivé à Horeb. La loi va être donnée et l’alliance conclue. Voici les premières paroles de Dieu au peuple ; il parle de la rédemption et de sa bénédiction, la communion avec lui-même : « Vous avez vu comment je vous ai amenés vers moi. » Il parle de la sainteté comme de son but dans la rédemption : « Vous serez pour moi une nation sainte. » Et comme lien entre les deux il place l’obéissance : « Si vous écoutez ma voix, vous serez pour moi une nation sainte. » La volonté de Dieu est l’expression de sa sainteté ; en faisant sa volonté, nous entrons en contact avec sa sainteté. Le lien entre la Rédemption et la Sainteté, c’est l’Obéissance.

Cela nous ramène à ce que nous avons vu au Paradis. Dieu sanctifia le septième jour comme le temps de sanctifier l’homme. Et quelle fut la première chose qu’il fit dans ce but ? Il lui donna un commandement. L’obéissance à ce commandement aurait ouvert la porte, aurait été l’entrée, dans la Sainteté de Dieu. La sainteté est un attribut moral ; et moral est ce qu’une libre volonté choisit et détermine pour elle-même. Ce que Dieu crée et donne n’est que naturellement bon ; ce que l’homme veut recevoir de Dieu et de sa volonté, et s’approprie réellement, a une valeur morale, et conduit à la sainteté. Dans la création Dieu manifesta sa volonté sage et bonne. Sa sainte volonté, il l’exprime dans ses commandements. À mesure que cette sainte volonté entre dans la volonté de l’homme, à mesure que la volonté de l’homme l’accepte et s’unit à la volonté de Dieu, il devient saint. Après la création, au septième jour, Dieu prit l’homme dans son œuvre de sanctification pour le rendre saint. L’obéissance est le chemin de la sainteté, parce qu’elle est le chemin de l’union avec la sainte volonté de Dieu ; chez l’homme non déchu comme chez l’homme déchu, dans la rédemption ici-bas et dans la gloire en haut, chez tous les saints anges, en Christ le Saint de Dieu lui-même, l’obéissance est le chemin de la sainteté. Elle n’est pas elle-même la sainteté : mais à mesure que la volonté s’ouvre pour accepter et faire la volonté de Dieu, Dieu se communique lui-même et communique sa Sainteté. Écouter sa voix, c’est le suivre à mesure qu’il conduit dans le chemin de la pleine révélation et communication de lui-même et de sa nature bénie comme le Saint.

L’obéissance. Non pas la connaissance de la volonté de Dieu, ni même son approbation, ni même la volonté de la faire, mais le fait de la faire. La connaissance, l’approbation et la volonté doivent conduire à l’action ; la volonté de Dieu doit être faite. « Si vous écoutez ma voix, vous serez pour moi une nation sainte. » Ce n’est pas la foi, ni l’adoration, ni la profession, que Dieu demande ici en premier lieu de son peuple lorsqu’il parle de sainteté ; c’est l’obéissance. La volonté de Dieu doit être faite sur la terre comme au ciel. « Vous vous souviendrez ainsi de mes commandements, vous les mettrez en pratique, et vous serez saints pour votre Dieu » (Nombres 15:40). « Vous vous sanctifierez et vous serez saints ; vous observerez mes lois, et vous les mettrez en pratique. Je suis l’Éternel, qui vous sanctifie » (Lévitique 20:7, 8). « Vous observerez mes commandements, et vous les mettrez en pratique. Je suis l’Éternel : je serai sanctifié au milieu des enfants d’Israël : je suis l’Éternel, qui vous sanctifie, et qui vous ai fait sortir du pays d’Égypte » (22:31, 33).

Un instant de réflexion nous en rendra la raison claire. C’est dans son œuvre qu’un homme manifeste ce qu’il est. Je puis savoir ce qui est bon, et pourtant ne pas l’approuver. Je puis l’approuver, et pourtant ne pas le vouloir. Je puis, en un certain sens, le vouloir, et pourtant manquer de l’énergie, ou du renoncement, ou de la force qui se lèvera pour accomplir la chose. Penser est plus facile que vouloir, et vouloir est plus facile que faire. L’action seule prouve si l’objet de mon intérêt exerce sur moi une pleine maîtrise. Dieu veut que sa volonté soit faite. Cela seul est l’obéissance. En cela seul se voit si le cœur tout entier, avec toute sa force et sa volonté, s’est livré à la volonté de Dieu ; si nous la vivons, et sommes prêts à tout sacrifice pour nous l’approprier en la faisant. Dieu n’a pas d’autre moyen de nous rendre saints. « Vous observerez mes lois, et vous les mettrez en pratique : je suis l’Éternel, qui vous sanctifie. »

Pour tous ceux qui cherchent la sainteté, voilà une leçon d’une profonde importance. L’obéissance n’est pas la sainteté ; la sainteté est quelque chose de bien plus élevé, quelque chose qui vient de Dieu à nous, ou plutôt, quelque chose de Dieu venant en nous. Mais l’obéissance est indispensable à la sainteté : celle-ci ne peut exister sans elle. Tandis donc que ton cœur cherche à suivre l’enseignement de la parole de Dieu, et regarde avec foi à ce que Dieu a fait, en te rendant saint en Christ, et à ce que Dieu doit encore faire par l’Esprit de Sainteté à mesure qu’il accomplit la promesse : « Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers », n’oublie jamais un seul instant d’être obéissant. « Si vous écoutez ma voix, vous serez pour moi une nation sainte. » Commence par faire aussitôt tout ce qui te paraît juste à faire. Renonce aussitôt à tout ce dont la conscience te dit que tu n’oses affirmer qu’il soit conforme à la volonté de Dieu. Ne prie pas seulement pour la lumière et la force, mais agis ; fais ce que Dieu dit. « Quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère », dit Jésus. Tout fils de Dieu a été engendré par la volonté de Dieu : c’est en elle qu’il a sa vie. Faire la volonté du Père est la nourriture, la force, la marque de tout fils de Dieu.

Ce n’est rien de moins que l’abandon à une telle vie d’obéissance simple et entière qui est impliqué dans le fait de devenir chrétien. Il y a, hélas ! trop de chrétiens qui, faute d’une instruction convenable, ou d’une attention convenable à l’enseignement de la parole de Dieu, n’ont jamais réalisé la place d’importance suprême que l’obéissance occupe dans la vie chrétienne. Ils ne savent pas que Christ, et la rédemption, et la foi y conduisent tous, parce que c’est par elle seule qu’est le chemin vers la communion de l’Amour, de la Ressemblance et de la Gloire de Dieu. Nous en avons tous, peut-être, souffert nous-mêmes : dans nos prières et nos efforts vers la paix parfaite et le repos de la foi, vers la joie permanente et la puissance croissante de la vie chrétienne, il y a eu un secret quelque chose qui empêchait la bénédiction, ou causait la prompte perte de ce qui avait été saisi. Une fausse impression quant à l’absolue nécessité de l’obéissance en était probablement la cause. On ne saurait trop instamment insister sur le fait que la gratuité et la puissante énergie de la grâce ont pour objet, dès notre conversion et au-delà, de nous rétablir dans l’obéissance active et l’harmonie avec la volonté de Dieu dont nous étions déchus par le premier péché au Paradis. L’obéissance conduit à Dieu et à sa Sainteté. C’est dans l’obéissance que la volonté est façonnée, que le caractère est formé, et qu’un homme intérieur est édifié que Dieu peut revêtir et parer de la beauté de la sainteté.

Lorsqu’un chrétien découvre que c’était là le chaînon manquant, la cause de l’échec et des ténèbres, il n’y a rien à faire sinon, par un grand acte d’abandon, choisir délibérément l’obéissance, une obéissance universelle et de tout cœur, comme la loi de sa vie dans la puissance du Saint-Esprit. Qu’il ne craigne pas de faire siennes les paroles d’Israël au Sinaï, en réponse au message de Dieu que nous considérons : « Nous ferons tout ce que l’Éternel a dit » ; « Nous ferons tout ce que l’Éternel a dit, et nous obéirons. » Ce que la loi ne pouvait faire, parce qu’elle était impuissante à cause de la chair, Dieu l’a fait par le don de son Fils et de son Esprit. Le don de la loi au Sinaï sur des tables de pierre a été suivi du don de la loi de l’Esprit sur la table du cœur : le Saint-Esprit est la puissance de l’obéissance, et il est ainsi l’Esprit de Sainteté, qui, dans l’obéissance, prépare nos cœurs à être la demeure du Saint. Dans cette foi livrons-nous à une vie d’obéissance : c’est le chemin du Nouveau Testament vers la réalisation de la promesse : « Si vous écoutez ma voix, vous serez pour moi une nation sainte. »

Nous avons déjà vu comment la sainteté, dans sa nature même, suppose la relation personnelle à Dieu, sa présence personnelle. « Je vous ai amenés vers moi ; si vous obéissez, vous serez pour moi une nation sainte. » C’est à mesure que nous comprenons et retenons fermement cet élément personnel que l’obéissance deviendra possible, et conduira à la sainteté. Remarque bien les paroles de Dieu : « Si vous écoutez ma voix, et si vous gardez mon alliance. » La voix est plus qu’une loi ou qu’un livre ; elle implique toujours une personne vivante et un commerce avec elle. C’est là le secret de l’obéissance de l’Évangile : entendre la voix et suivre la conduite de Jésus comme un ami personnel, un Sauveur vivant. C’est être conduit par l’Esprit de Dieu, l’ayant pour révéler la Présence, la Volonté et l’Amour du Père, ce qui opérera en nous cette relation personnelle que le Nouveau Testament vise lorsqu’il parle de tout faire pour le Seigneur, comme étant agréable à Dieu.

Une telle obéissance est le sentier de la sainteté. Chacun de ses actes est un lien avec le Dieu vivant, un abandon de l’être à la volonté de Dieu, à Dieu lui-même pour qu’il en prenne possession. Dans le processus d’assimilation, lent mais sûr, par lequel la volonté de Dieu, comme la nourriture de nos âmes, est absorbée dans notre être le plus intime, notre nature spirituelle est fortifiée, est spiritualisée, croissant en un saint temple dans lequel Dieu peut se révéler et prendre sa demeure.

Que chaque croyant s’applique à réaliser ceci. Lorsque Dieu sanctifia le septième jour comme sa période de sanctification, il nous enseigna qu’il ne pouvait le faire d’un seul coup. La révélation et la communication de la sainteté doivent être graduelles, à mesure que l’homme est préparé à la recevoir. L’œuvre sanctifiante de Dieu en chacun de nous, comme avec la race, demande du temps. Le temps qu’elle demande et cherche, c’est la vie d’obéissance quotidienne, à toute heure. Tout ce qui est passé dans la propre volonté, et non dans la relation vivante au Seigneur, est perdu. Mais lorsque le cœur cherche jour après jour à écouter la voix et à lui obéir, le Saint lui-même veille sur ses paroles pour les accomplir : « Vous serez pour moi une nation sainte. » D’une manière dont l’âme, à l’avance, ne peut avoir que peu de notion, Dieu couvrira de son ombre le cœur obéissant et y fera sa demeure. L’habitude de toujours prêter l’oreille à la voix et de lui obéir ne sera que l’édification du temple : le Dieu vivant lui-même, le Saint, viendra prendre sa demeure. La gloire de l’Éternel remplira la maison, et la promesse sera rendue vraie : « Je la sanctifierai par ma gloire. »

« Je vous ai amenés vers moi ; si vous écoutez ma voix en effet, vous serez pour moi une nation sainte. » Vous qui cherchez la sainteté ! Dieu vous a amenés à lui-même. Et maintenant sa voix vous dit toutes les pensées de son cœur, afin que, les recevant, et les faisant vôtres, et faisant sienne sa volonté en la vivant et en la faisant, vous entriez dans l’union la plus complète avec lui-même, l’union de la volonté aussi bien que de la vie, et deveniez ainsi pour lui un peuple saint. Que l’obéissance, l’écoute et la pratique de la volonté de Dieu, soit la joie et la gloire de votre vie ; elle vous donnera accès à la Sainteté de Dieu.

Sois saint, comme je suis saint.

Ô mon Dieu ! Tu m’as racheté pour toi-même, afin de m’avoir tout entier comme te appartenant, possédant, remplissant mon être le plus intime de ta propre ressemblance, de ta volonté parfaite, et de la gloire de ta Sainteté. Et tu cherches à me former, dans la puissance d’une volonté libre et aimante, à prendre ta volonté et à la faire mienne, afin qu’au centre même de mon être j’aie ta propre perfection habitant en moi. Et dans tes paroles tu révèles ta volonté, afin qu’en les acceptant et en les gardant je maîtrise leur contenu divin, et veuille tout ce que tu veux.

Ô mon Dieu ! fais-moi vivre jour après jour dans une telle communion avec toi, qu’en toute chose j’entende vraiment ta voix, la voix vivante du Dieu vivant qui me parle. Que le Saint-Esprit, l’Esprit de ta Sainteté, soit pour moi ta voix qui me guide dans le chemin d’une obéissance simple et enfantine. Je te bénis d’avoir vu que Christ, en qui je suis saint, était l’obéissant, qu’en obéissant il s’est sanctifié lui-même pour devenir ma sanctification, et que demeurer en lui, ton obéissant et saint Enfant, c’est demeurer dans ta volonté telle qu’il l’a jadis accomplie, et telle que je dois maintenant l’accomplir. Ô mon Dieu ! je veux vraiment obéir à ta volonté : fais de moi l’un de ta nation sainte, un trésor particulier entre tous les peuples. Amen.

1. « Il s’est rendu obéissant jusqu’à la mort. » « Bien qu’il fût Fils, il a appris l’obéissance par les choses qu’il a souffertes. » « Je viens pour faire ta volonté. » « C’est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés. » L’exemple de Christ nous enseigne que l’obéissance est le seul chemin vers la Sainteté ou la gloire de Dieu. Que ceci soit ta consécration : un abandon en toute chose pour chercher et faire la volonté de Dieu.

2. Nous sommes « saints en Christ » — en ce Christ qui a fait la volonté de Dieu et fut obéissant jusqu’à la mort. C’est en lui que nous sommes ; c’est en lui que nous sommes saints. Son obéissance est le sol dans lequel nous sommes plantés, et où nous devons être enracinés. « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé » ; l’obéissance était le soutien de sa vie ; en faisant la volonté de Dieu il puisait une divine nourriture ; il doit en être ainsi de nous aussi.

3. À mesure que tu étudies ce que c’est que d’être et de demeurer en Christ, à mesure que tu te réjouis d’être en lui, souviens-toi toujours que c’est le Christ qui a obéi en qui Dieu t’a planté.

4. Si jamais tu te sens perplexe au sujet de la sainteté, livre-toi de nouveau à faire la volonté de Dieu, et va la faire. À nous d’obéir, à Dieu de sanctifier.

5. Saint en Christ. Christ s’est sanctifié lui-même par l’obéissance, en faisant la volonté de Dieu, et dans cette volonté, telle qu’il l’a accomplie, nous avons été sanctifiés. En acceptant cette volonté telle qu’il l’a accomplie, en l’acceptant lui, je suis saint. En acceptant cette volonté de Dieu, comme devant être accomplie par moi, je deviens saint. Je suis en lui ; en chaque acte d’obéissance vivante, j’entre en communion vivante avec lui, et je puise la puissance de sa vie dans la mienne.

6. L’obéissance dépend de l’écoute de la voix. Ne t’imagine pas que tu connais la volonté de Dieu. Prie et attends l’enseignement intérieur de l’Esprit.


Huitième Jour.


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Saint en Christ Andrew Murray

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