Chapitre 4 · 12 min de lecture
La Sainteté et la Création
« Dieu bénit le septième jour, et il le sanctifia, parce qu’en ce jour il se reposa de toute son œuvre qu’il avait créée en la faisant. »—Genèse 2:3.
Dans la Genèse, nous avons le Livre des Commencements. C’est à ses trois premiers chapitres que nous devons tout particulièrement une lumière divine éclairant les nombreuses questions auxquelles la sagesse humaine n’a jamais pu trouver de réponse. Dans notre recherche de la Sainteté, c’est là aussi que nous sommes conduits. Dans tout le livre de la Genèse, le mot Saint n’apparaît qu’une seule fois. Mais cette fois-là dans un contexte tel qu’il nous ouvre la source secrète d’où découle tout ce que la Bible a à nous enseigner ou à nous donner de cette bénédiction céleste. Tout le sens de ce mot précieux dont nous voulons nous rendre maîtres, de cette bénédiction inestimable dont nous voulons prendre possession, « Sanctifiés en Christ », prend sa source dans ce qui est écrit ici de cet acte merveilleux de Dieu, par lequel il acheva son œuvre de création et révéla combien elle serait merveilleusement continuée et menée à sa perfection. Lorsque Dieu bénit le septième jour et le sanctifia, il l’éleva au-dessus des autres jours et le mit à part pour une œuvre et une révélation de lui-même, surpassant en gloire tout ce qui avait précédé. Dans cette simple parole, l’Écriture nous révèle le caractère de Dieu comme le Saint, celui qui rend saint ; la manière dont il rend saint, en entrant et en se reposant ; et la puissance de bénédiction dont l’action sanctifiante de Dieu est toujours accompagnée. Ces trois leçons, nous trouverons de la plus haute importance de bien les étudier, car elles contiennent les principes fondamentaux de tout ce que l’Écriture aura à nous enseigner dans notre poursuite de la Sainteté.
1. Dieu sanctifia le jour du sabbat. Des six jours précédents, le mot-clé était, depuis le premier appel à l’existence des cieux et de la terre jusqu’à la création de l’homme : Dieu créa. Tout à coup, une parole nouvelle et une œuvre nouvelle de Dieu sont introduites : Dieu sanctifia. Quelque chose de plus élevé que la création, ce en vue de quoi la création doit exister, va maintenant être révélé ; le Dieu Tout-Puissant doit maintenant être connu comme le Dieu Très-Saint. Et de même que l’œuvre de la création manifeste sa Puissance, sans que cette Puissance soit nommée, de même sa sanctification du septième jour révèle son caractère comme le Saint. Comme l’Omnipotence est le premier de ses attributs naturels, ainsi la Sainteté est le premier de ses attributs moraux. Et de même que lui seul est Créateur, ainsi lui seul est Sanctificateur ; rendre saint est son œuvre aussi véritablement et exclusivement que créer. Heureux l’enfant de Dieu qui croit cela véritablement et pleinement !
Dieu sanctifia le jour du sabbat. Ce mot peut nous enseigner quelle est la nature de l’œuvre que Dieu accomplit lorsqu’il rend saint. La Sanctification dans le Paradis ne peut être essentiellement différente de la Sanctification dans la Rédemption. Dieu avait déclaré très bonnes toutes ses œuvres, et l’homme, le premier d’entre elles. Et pourtant elles n’étaient pas saintes. L’œuvre des six jours n’avait rien de souillé ni de péché, et pourtant elle n’était pas sainte. Le septième jour devait être spécialement rendu saint, en vue de la grande œuvre de sanctifier l’homme, qui était déjà très bon. Dans l’Exode, Dieu dit distinctement qu’il a sanctifié le jour du sabbat en vue de la sanctification de l’homme. « On connaîtra que je suis l’Éternel qui vous sanctifie. » La bonté, l’innocence, la pureté, l’absence de péché, ne sont pas la Sainteté. La bonté est l’œuvre de l’omnipotence, un attribut de la nature, telle que Dieu la crée : la sainteté est quelque chose d’infiniment plus élevé. Nous parlons de la sainteté de Dieu comme de son infinie perfection morale ; la perfection morale de l’homme ne pouvait venir que dans l’usage de sa volonté, consentant librement à la volonté de Dieu et y demeurant. Ainsi seulement pouvait-il devenir saint. Le septième jour fut rendu saint par Dieu comme un gage qu’il rendrait l’homme saint. Dans les âges qui précédèrent le septième jour, la période de la Création, la Puissance, la Sagesse et la Bonté de Dieu avaient été déployées. L’âge à venir, dans la période du septième jour, doit être la dispensation de la sainteté : Dieu rendit saint le septième jour.
2. Dieu sanctifia le jour du sabbat, parce qu’en ce jour il se reposa de toute son œuvre. Ce repos était quelque chose de réel. Dans la Création, Dieu était, pour ainsi dire, sorti de lui-même pour produire quelque chose de nouveau : en se reposant, il revient maintenant de son œuvre créatrice en lui-même, pour se réjouir dans son amour au sujet de l’homme qu’il a créé, et se communiquer à lui. Cela nous ouvre la manière dont Dieu rend saint. Le lien entre le repos et la sanctification n’avait rien d’arbitraire ; la sanctification n’était pas une pensée après coup ; dans la nature même des choses, il ne pouvait en être autrement : il sanctifia parce qu’il s’y reposa ; il sanctifia en se reposant. Tandis qu’il contemple son œuvre achevée, et plus particulièrement l’homme, s’en réjouit et, comme nous le lisons dans l’Exode, « il est rafraîchi », ce temps de son repos divin est le temps où il mènera à leur perfection les choses qu’il a commencées, et fera de l’homme, créé à son image, en toute vérité le participant de sa plus haute gloire, sa Sainteté.
Là où Dieu se repose dans la complaisance et l’amour, il rend saint. La Présence de Dieu se révélant, entrant et prenant possession, voilà ce qui constitue la vraie Sainteté. À mesure que nous parcourons les âges, étudiant le dévoilement progressif de ce qu’est la Sainteté, cette vérité ne cessera de se présenter à nous. Dans l’habitation de Dieu au ciel, dans son temple sur la terre, dans son Fils bien-aimé, dans la personne du croyant par le Saint-Esprit, nous trouverons partout que la Sainteté n’est pas quelque chose que l’homme est ou fait, mais qu’elle vient toujours là où Dieu vient. Dans le sens le plus profond de ces mots : là où Dieu entre pour se reposer, là il sanctifie. Et lorsque nous en viendrons à étudier la révélation du Nouveau Testament sur la manière dont nous devons être saints, nous trouverons en ceci l’une de nos premières et plus profondes leçons. C’est en entrant dans le repos de Dieu que nous devenons participants de sa Sainteté. « Pour nous qui avons cru, nous entrons dans le repos » ; « celui qui entre dans le repos de Dieu se repose de ses œuvres, comme Dieu s’est reposé des siennes ». C’est lorsque l’âme cesse ses propres efforts et se repose en Celui qui a tout achevé pour nous et achèvera tout en nous, lorsque l’âme s’abandonne dans la tranquille assurance d’une foi véritable pour se reposer en Dieu, qu’elle saura ce qu’est la vraie Sainteté. Là où l’âme entre dans le calme sabbatique d’une parfaite confiance, Dieu vient garder son sabbat comme saint ; et l’âme en laquelle il se repose, il la sanctifie. Que nous parlions de son propre jour, « il le sanctifia », ou de son propre peuple « sanctifié en Christ », le secret de la Sainteté est toujours le même : « Il sanctifia parce qu’il se reposa. »
3. Et puis nous lisons : « Il le bénit et le sanctifia. » Tel qu’il est employé dans le premier chapitre et dans tout le livre de la Genèse, le mot « Dieu bénit » est d’une grande portée. « Soyez féconds, multipliez » fut, pour Adam comme plus tard pour Noé et pour Abraham, l’explication divine de son sens. La bénédiction dont Dieu bénit Adam, Noé et Abraham était celle de la fécondité et de l’accroissement, le pouvoir de se reproduire et de se multiplier. Lorsque Dieu bénit le septième jour, il le remplit tellement de la puissance vivante de sa Sainteté que, dans ce jour, cette Sainteté pût croître et se reproduire en ceux qui, comme lui, cherchent à entrer dans son repos et à le sanctifier. Le septième jour est celui dans lequel nous vivons encore. De chacun des jours de la création, il est écrit, jusqu’au dernier : « Il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le sixième jour. » Du septième, la mention n’a pas encore été faite ; nous y vivons maintenant, le propre jour du repos, de la sainteté et de la bénédiction de Dieu. Y étant entré d’une manière toute spéciale, et en ayant pris possession comme du temps de sa réjouissance en sa créature, et manifestant la plénitude de son amour en la sanctifiant, il a fait de la dispensation dans laquelle nous vivons maintenant une dispensation de bénédiction divine et puissante. Et il nous a en même temps enseigné ce qu’est la bénédiction. La Sainteté est la félicité. La communion avec Dieu dans son saint repos est la félicité. Et de même que toutes les bénédictions de Dieu en Christ n’ont qu’une seule source, la Sainteté de Dieu, de même elles n’ont toutes qu’un seul but : nous rendre participants de cette Sainteté. Dieu créa et bénit ; de la bénédiction de la création. Dieu sanctifia et bénit ; de la bénédiction sabbatique de son repos. La bénédiction de la Création — bonté, fécondité et domination — doit être couronnée par la bénédiction sabbatique du repos en Dieu et de la sainteté dans la communion avec lui.
L’œuvre achevée de la Création de Dieu fut gâtée par le péché, et notre communion avec lui dans la bénédiction de son saint repos fut retranchée. L’œuvre achevée de la rédemption nous a ouvert un repos plus véritable et une entrée plus assurée dans la Sainteté de Dieu. Comme il s’est reposé dans son saint jour, ainsi il se repose maintenant dans son saint Fils. En lui, nous pouvons maintenant entrer pleinement dans le repos de Dieu. « Rendus saints en Christ », reposons-nous en lui. Reposons-nous, parce que nous voyons que, aussi merveilleusement que Dieu, par sa puissance souveraine, acheva son œuvre de Création, il complétera et perfectionnera son œuvre de sanctification. Abandonnons-nous à Dieu en Christ, pour nous reposer là où il s’est reposé, pour être rendus saints de sa propre sainteté, et pour être bénis de la propre bénédiction de Dieu. Dieu le Sanctificateur est le nom désormais inscrit sur le trône de Dieu le Créateur. Au seuil de l’histoire de la race humaine resplendit cette parole d’infinie promesse et d’espérance : « Dieu bénit et sanctifia le septième jour parce qu’en ce jour il se reposa. »
Soyez saints, car je suis saint.
Béni sois-tu, Seigneur Dieu ! Je me prosterne devant toi dans une humble adoration. Je t’adore comme Dieu le Créateur et Dieu le Sanctificateur. Tu t’es révélé comme Dieu Tout-Puissant et Dieu Très-Saint. Je t’en supplie, apprends-moi à te connaître et à me confier en toi comme tel.
Je te demande humblement la grâce d’apprendre et de retenir fermement les profondes vérités spirituelles que tu as révélées en sanctifiant le jour du sabbat. Ton dessein dans la création de l’homme est de manifester ta Sainteté et de l’en rendre participant. Oh ! apprends-moi à croire en toi comme Dieu mon Créateur et mon Sanctificateur, à croire de tout mon cœur que la même puissance toute-puissante qui donna la bénédiction du sixième jour, celle de la création, nous assure la bénédiction du septième jour, celle de la sanctification. Ta volonté, c’est notre sanctification.
Et apprends-moi, Seigneur, à mieux comprendre comment vient cette bénédiction. C’est là où tu entres pour te reposer, pour te rafraîchir et te révéler, que tu rends saint. Ô mon Dieu ! que mon cœur soit ton lieu de repos. Je voudrais, dans le calme et la confiance d’une foi reposée, me reposer en toi, croyant que tu fais tout en moi. Que cette communion avec toi, ton amour et ta volonté soient pour moi le secret d’une vie de sainteté. Je le demande au nom de notre Seigneur Jésus, en qui tu nous as sanctifiés. Amen.
1. Dieu le Créateur est Dieu le Sanctificateur. L’Omnipotence qui accomplit la première œuvre accomplit aussi la seconde. Je puis me confier au Dieu Tout-Puissant pour qu’il me rende saint. Dieu est saint : si Dieu est tout pour moi, sa présence sera ma sainteté.
2. Le repos, c’est cesser de travailler, non pour ne plus travailler, mais pour commencer une œuvre nouvelle. Dieu se repose et commence aussitôt à rendre saint ce en quoi il se repose. Il créa par la parole de sa puissance ; il se repose dans son amour. La Création fut la construction du temple ; la sanctification, c’est l’entrée et la prise de possession. Oh ! cette merveilleuse entrée dans la nature humaine !
3. Dieu ne se repose que dans ce qui est reposé, entièrement à sa disposition. C’est dans le repos de la foi que nous devons regarder à Dieu le Sanctificateur ; il entrera et gardera son saint sabbat dans l’âme reposée. Nous nous reposons dans le repos de Dieu ; Dieu se repose dans notre repos.
4. Le Dieu qui se repose dans l’homme qu’il a fait, et qui, en se reposant, sanctifie, et qui, en sanctifiant, bénit : voilà notre Dieu ; louez-le et adorez-le. Et confiez-vous en lui pour qu’il accomplisse son œuvre.
5. Le repos ! quel mot tout simple. Le Repos de Dieu ! quelle inconcevable plénitude de Vie et d’Amour dans ce mot. Méditons-le et adorons devant lui, jusqu’à ce qu’il nous couvre de son ombre et que nous y entrions — le Repos de Dieu. Le Repos appartient à Dieu : lui seul peut le donner, en nous faisant partager le sien.