Chapitre 29 · 15 min de lecture
Le chemin du lieu très saint
« Ainsi donc, frères, puisque nous avons, au moyen du sang de Jésus, une libre entrée dans le sanctuaire par la route nouvelle et vivante qu’il a inaugurée pour nous au travers du voile, c’est-à-dire, de sa chair, et puisque nous avons un souverain sacrificateur établi sur la maison de Dieu, approchons-nous avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi. » — Hébreux 10:19-22.
Lorsque le souverain sacrificateur entrait une fois l’an dans le second tabernacle, au-delà du voile, c’était, comme nous le dit l’Épître aux Hébreux, « le Saint-Esprit montrait par là que le chemin du lieu très saint n’était pas encore ouvert ». Quand Christ mourut, le voile se déchira ; tous ceux qui servaient dans le lieu saint eurent aussitôt libre accès dans le lieu très saint ; le chemin du lieu très saint fut ouvert. Lorsque l’Épître passe à son application pratique (10:19), tout son enseignement se résume en ces paroles : « Ainsi donc, frères, ayant la hardiesse d’entrer dans le sanctuaire, approchons-nous. » La rédemption de Christ a ouvert le chemin du lieu très saint : l’accepter ne doit nous conduire à rien de moins qu’à nous approcher et à entrer. Les paroles de notre texte nous suggèrent quatre pensées très précieuses touchant le lieu de l’accès, le droit d’accès, le chemin de l’accès, la puissance de l’accès.
Le lieu de l’accès. Vers où sommes-nous invités à nous approcher ? « Ayant la hardiesse d’entrer dans le sanctuaire. » Les sacrificateurs en Israël pouvaient entrer dans le lieu saint, mais étaient toujours exclus du lieu très saint, la présence immédiate de Dieu. Le voile déchiré proclamait la liberté d’accès dans cette Présence. C’est là que les croyants, comme un sacerdoce royal, doivent maintenant vivre et marcher. Au-dedans du voile, dans le lieu très saint même, au lieu même, les lieux célestes, où Dieu habite, dans la Présence même de Dieu, doit être notre demeure — notre foyer. Certains parlent comme si le « approchons-nous » signifiait la prière, et que dans notre approche spéciale de Dieu par les actes d’adoration nous entrions dans le lieu très saint. Non ; si grand que soit ce privilège, Dieu a voulu pour nous quelque chose d’infiniment plus grand. Nous devons nous approcher, et demeurer toujours, vivre notre vie et faire notre œuvre dans la sphère, l’atmosphère, du sanctuaire intérieur. C’est la Présence de Dieu qui fait la terre sainte ; la Présence immédiate de Dieu en Christ fait de tout lieu le lieu très saint : et c’est là ce dont nous devons nous approcher, et où nous devons demeurer. Il n’y a pas un seul moment du jour, il n’y a pas une circonstance ni un entourage, où le croyant ne puisse être gardé demeurant dans la retraite secrète du Très-Haut. À mesure que par la foi il entre dans la plénitude de sa réconciliation avec Dieu, et dans la réalité de son unité avec Christ, à mesure qu’ainsi, demeurant en Christ, il se livre au Saint-Esprit pour révéler au-dedans la Présence du Saint, le lieu très saint est autour de lui, il y est véritablement. D’un accès ininterrompu il s’approche.
Le droit d’accès. La pensée surgit, et la question se pose : n’est-ce pas là simplement un idéal ? est-ce que cela peut être une réalité, une expérience dans la vie quotidienne pour ceux qui savent combien leur nature est pécheresse ? Béni soit Dieu ! c’est ce qui est voulu. C’est possible, parce que notre droit d’accès ne repose pas sur ce que nous sommes, mais sur le sang de Jésus. « Ayant une libre entrée dans le sanctuaire par le sang de Jésus, approchons-nous. » Dans la Pâque, nous avons vu comment la rédemption, et la sainteté qu’elle visait, dépendaient du sang. Dans le sanctuaire, la demeure de Dieu, nous savons comment, en chaque partie, le parvis, le lieu saint, le lieu très saint, l’aspersion du sang était ce qui seul assurait l’accès à Dieu. Et maintenant que le sang de Jésus a été répandu — oh ! avec quelle puissance divine, quelle intense réalité, quelle efficacité éternelle nous avons désormais accès dans le lieu très saint, le très saint du cœur de Dieu et de son amour ! Nous sommes en effet rapprochés par le sang. Nous avons la hardiesse d’entrer par le sang. « Les adorateurs, une fois purifiés, n’ont plus conscience de leurs péchés. » En marchant dans la lumière, le sang de Jésus purifie dans la puissance d’une vie sans fin, d’une purification qui ne cesse jamais. Nulle conscience d’indignité ni de péché résiduel n’a besoin d’entraver la hardiesse de l’accès : la liberté de nous approcher repose sur l’efficacité jamais défaillante, toujours agissante, toujours vivante du Sang précieux. Il est possible à un croyant de demeurer dans le lieu très saint.
Le chemin de l’accès. On pense souvent que ce qui est dit de la route nouvelle et vivante, inaugurée pour nous par Jésus, ne signifie rien de différent de la hardiesse par son sang. Il n’en est pas ainsi. Ces paroles signifient beaucoup plus. « Ayant la hardiesse par le sang de Jésus, approchons-nous par la route qu’il a inaugurée pour nous. » C’est-à-dire qu’il a ouvert pour nous une route où marcher, comme lui-même y a marché, « une route nouvelle et vivante, au travers du voile, c’est-à-dire, de sa chair ». Le chemin dans lequel Christ a marché lorsqu’il a donné son sang est le même dans lequel nous devons marcher nous aussi. Ce chemin est le chemin de la Croix. Il ne doit pas seulement y avoir foi au sacrifice de Christ, mais communion avec lui dans ce sacrifice. Ce chemin a conduit au déchirement du voile de la chair, et ainsi, au travers du voile déchiré de la chair, jusqu’à Dieu. Et le voile de la sainte chair de Christ a-t-il été déchiré afin que le voile de notre chair pécheresse fût épargné ? En vérité, non. Il a voulu que nous marchions dans le chemin même où il a marché, le suivant de près. Il a inauguré pour nous une route nouvelle et vivante au travers du voile, c’est-à-dire, sa chair. À mesure que nous entrons par le voile déchiré de sa chair, nous y trouvons à la fois le besoin et la puissance pour que notre chair soit déchirée elle aussi : suivre Jésus signifie toujours conformité à Jésus. C’est Jésus à la chair déchirée, en qui nous sommes, en qui nous marchons. Il n’y a pas d’autre chemin vers Dieu que par le déchirement de la chair. En acceptant par la foi la vie et la mort de Christ comme la puissance qui agit en nous, dans la puissance de l’Esprit qui nous rend véritablement un avec Christ, nous suivons tous Christ tandis qu’il passe au travers du voile déchiré, c’est-à-dire, sa chair, et devenons participants avec lui de sa crucifixion et de sa mort. Le chemin de la croix, « par laquelle j’ai été crucifié », est le chemin au travers du voile déchiré. La destinée de l’homme, la communion avec Dieu dans la puissance du Saint-Esprit, ne s’atteint que par le sacrifice de la chair.
Et nous trouvons ici la solution d’un grand mystère — pourquoi tant de chrétiens demeurent au loin, et n’entrent jamais dans ce lieu très saint ; pourquoi la sainteté de la Présence de Dieu se voit si peu sur eux. Ils pensaient que ce n’était qu’en Christ que la chair avait besoin d’être déchirée, non en eux-mêmes. Ils pensaient que la liberté qu’ils avaient dans le sang était la route nouvelle et vivante. Ils ne savaient pas que le chemin de la vraie et pleine sainteté, jusque dans le lieu très saint, que la pleine entrée dans la communion de la sainteté du grand Souverain Sacrificateur, ne pouvait être atteint qu’au travers du voile déchiré de la chair, par la conformité à la mort de Jésus. C’est là, en toute vérité, la route qu’il a inaugurée pour nous. Il est lui-même la route ; dans son renoncement à soi, son sacrifice de soi, sa crucifixion, il prend avec lui tous ceux qui aspirent à être saints de sa Sainteté, saints comme il est saint.
La puissance de l’accès. Quelqu’un recule-t-il devant l’entrée dans le lieu très saint même, par crainte de ce déchirement de la chair, parce qu’il doute de pouvoir le supporter, de pouvoir vraiment marcher dans un tel sentier ? Qu’il écoute encore une fois. Écoutez ce qui suit : « Et ayant un souverain sacrificateur établi sur la maison de Dieu, approchons-nous. » Nous n’avons pas seulement le lieu très saint qui nous invite, et le sang qui nous donne la hardiesse, et le chemin au travers du voile déchiré consacré pour nous, mais le grand Souverain Sacrificateur établi sur la maison de Dieu, le Sauveur béni et vivant, pour nous attirer, nous aider et nous accueillir. Il est notre Aaron. Sur son cœur nous voyons notre nom, car il ne vit que pour penser à nous et prier pour nous. Sur son front nous voyons le nom de Dieu, « Sainteté à l’Éternel », car dans sa Sainteté les péchés de nos saintes choses sont couverts. En lui nous sommes agréés et sanctifiés ; Dieu nous reçoit comme des saints. Dans la puissance de son amour et de son Esprit, dans la puissance de Lui, le Saint, dans la joie de nous approcher de lui davantage et d’être attirés par lui, nous acceptons avec joie le chemin qu’il a inauguré, et marchons sur ses saintes traces de renoncement et de sacrifice de soi. Nous voyons comment la chair est le voile épais qui sépare du Saint qui est Esprit, et cela devient une prière incessante et très fervente, que la crucifixion de la chair soit en nous, par la puissance du Saint-Esprit, une bienheureuse réalité. Avec la gloire du lieu très saint qui rayonne sur nous au travers du voile ouvert, et le Sang précieux qui parle si haut de hardiesse d’accès, et le grand Souverain Sacrificateur qui nous fait signe de sa Présence aimante de nous approcher et d’être bénis — avec tout cela, nous n’osons plus craindre, mais choisissons le chemin du voile déchiré comme le sentier que nous aimons à fouler, et nous nous donnons à entrer et à demeurer au-dedans du voile, dans le lieu très saint même.
Et ainsi notre vie ici-bas sera les arrhes de la gloire à venir, comme il est écrit — remarquez comment nous retrouvons ici les quatre grandes pensées de notre texte — « Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation », c’est-à-dire par le chemin de la chair déchirée ; « ils ont lavé leurs robes, et ils les ont blanchies dans le sang de l’agneau », leur hardiesse par le sang ; « c’est pour cela qu’ils sont devant le trône de Dieu », leur demeure dans le lieu très saint ; « l’agneau qui est au milieu du trône les paîtra », le grand Souverain Sacrificateur toujours le Berger, Jésus lui-même leur tout en tous.
Frère ! vois-tu ce qu’est la sainteté, et comment on la trouve ? Ce n’est pas quelque chose d’opéré en toi-même. Ce n’est pas quelque chose qui te soit imposé du dehors. La sainteté est la Présence de Dieu qui repose sur toi. La sainteté vient à mesure que tu demeures consciemment dans cette Présence, faisant toute ton œuvre, et vivant toute ta vie comme un sacrifice pour lui, agréable par Jésus-Christ, sanctifié par le Saint-Esprit. Oh, ne sois plus craintif, comme si cette vie n’était pas pour toi ! Regarde à Jésus ; ayant un grand Souverain Sacrificateur établi sur la maison de Dieu, approchons-nous. Sois occupé de Jésus. Notre Frère a la charge du Temple ; il a la liberté de tout nous montrer, de nous conduire dans le secret de la présence du Père. La gestion entière du Temple a été remise entre ses mains dans ce but même, afin que tous les faibles et les doutants puissent venir avec confiance. Confie-toi seulement à Jésus, à sa conduite et à sa garde. Confie-toi seulement à Jésus, le Saint de Dieu, ton Saint ; c’est sa joie de te révéler ce qu’il a acquis par son sang. Confie-toi à lui pour t’enseigner les ordonnances du sanctuaire. « Afin que tu saches comment il faut se conduire dans la maison de Dieu », il a été donné. Ayant un souverain sacrificateur, entrons, demeurons dans le lieu très saint. Dans la puissance du sang, dans la puissance de la route nouvelle et vivante, dans la puissance du Jésus vivant, que le lieu très saint, la Présence de Dieu, soit la demeure de notre âme. Tu es « Saint en Christ » ; en Christ tu es dans la sainte Présence et l’Amour de Dieu ; demeure simplement là.
Sois saint, car je suis saint.
Dieu très saint ! comment te louerai-je pour la liberté d’entrer dans le lieu très saint, et d’y demeurer ? Et pour le Sang précieux, qui nous rapproche ? Et pour la route nouvelle et vivante, au travers du voile déchiré de cette chair qui nous avait séparés de toi, dans laquelle ma chair aussi a maintenant été crucifiée ? Et pour le grand Souverain Sacrificateur établi sur la maison de Dieu, notre Seigneur Jésus vivant, avec qui et en qui nous paraissons devant toi ? Gloire soit à ton saint Nom pour cette rédemption merveilleuse et très complète.
Je t’en supplie, ô mon Dieu ! donne-moi, ainsi qu’à tous tes enfants, un juste sentiment de la manière dont, réellement et sûrement, nous pouvons vivre chaque jour, passer notre vie entière, au-dedans du voile, dans ta Présence immédiate même. Donne-nous l’esprit de révélation, je t’en prie, afin que nous voyions comment, au travers du voile déchiré, la gloire de ta Présence jaillit du lieu très saint dans le lieu saint ; comment, dans l’effusion du Saint-Esprit, le royaume des cieux est venu sur la terre, et comment tous ceux qui se livrent à cet Esprit peuvent savoir qu’en Christ ils sont vraiment si près, si très près de toi. Ô Père béni ! que ton Esprit nous enseigne que c’est là véritablement la vie sainte : une vie en Christ le Saint, toujours dans la Lumière et la Présence de ta sainte Majesté.
Dieu très saint ! je m’approche. Dans la puissance du Saint-Esprit j’entre. Je suis maintenant dans le lieu très saint. Et ici je voudrais demeurer en Jésus, mon grand Souverain Sacrificateur — ici, dans le lieu très saint. Amen.
1. Demeurer en Christ, c’est habiter dans le lieu très saint. Christ n’est pas seulement le Sacrifice, et la Voie, et le grand Souverain Sacrificateur, mais aussi lui-même le Temple. « L’agneau est le temple. » À mesure que le Saint-Esprit me révèle plus clairement mon union à Christ, et que le cœur et la volonté se perdent en lui, je demeure dans la sainte Présence, qui est le lieu très saint. Tu es « saint en Christ » — approche-toi, entre avec hardiesse, et prends possession — n’aie d’autre demeure que le lieu très saint.
2. « Christ a aimé l’Église, et s’est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier. » Il s’est donné lui-même ! As-tu saisi la force de cette parole ? Parce qu’il ne voulait que nul autre ne le fît, parce que nul ne le pouvait ; pour sanctifier son Église, il s’est donné lui-même pour le faire. Et ainsi c’est son œuvre propre et bien-aimée que de sanctifier l’Église qu’il a aimée. Accepte-le simplement pour le faire. Il peut et veut te rendre saint, afin de te présenter à Lui-même glorieux, sans tache ni ride. Que cette parole, Lui-même, vive en toi. Toute la vie et la marche dans la maison de Dieu est à sa charge. Ayant un grand Souverain Sacrificateur, approchons-nous.
3. Cette entrée dans le lieu très saint — une entrée toujours nouvelle et toujours plus profonde — est, en même temps, un repos toujours béni dans la Présence du Père. La foi au sang, la marche dans le chemin de la chair déchirée, et la communion avec le Jésus vivant, sont les trois principaux degrés.
4. Entre dans le lieu très saint, et demeures-y. Il entrera en toi, et te transformera, et demeurera en toi. Et ton cœur sera le lieu très saint, dans lequel il habite.
5. N’avons-nous pas parfois été élevés, par un effort de pensée et de volonté, ou dans la communion des saints, dans ce qui semblait être le lieu très saint, pour sentir bien vite que la chair y était entrée elle aussi ? C’était parce que nous n’étions pas entrés par la voie nouvelle de la vie — la voie qui passe par la mort à la vie — la voie du voile déchiré de la chair. Ô notre Seigneur crucifié ! enseigne-nous ce que cela signifie ; donne-le-nous ; sois-le toi-même pour nous.
6. Que je me souvienne que mon accès dans le lieu très saint est celui d’un Sacrificateur. Que je demeure devant le Seigneur tout le jour comme un Intercesseur, offrant sans cesse des supplications qui sont agréées en Christ. Puisse l’Église de Dieu être comme celle dont il est écrit : « elle ne quittait pas le temple, et elle servait Dieu nuit et jour dans le jeûne et dans la prière ». C’est pour cela que nous avons accès dans le lieu très saint.