Chapitre 27 · 12 min de lecture
La sainteté et la volonté de Dieu
« Ce que Dieu veut, c’est votre sanctification. » — 1 Thessaloniciens 4:3.
« Voici, je viens pour faire ta volonté. C’est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus-Christ, une fois pour toutes. » — Hébreux 10:9, 10.
Dans la volonté de Dieu, nous avons l’union de sa Sagesse et de sa Puissance. La Sagesse décide et déclare ce qui doit être ; la Puissance en assure l’accomplissement. La volonté déclarative n’est qu’un côté ; son complément, la volonté exécutive, est l’énergie vivante dans laquelle tout bien a son origine et son existence. Tant que nous ne regardons la volonté de Dieu que sous le premier jour, comme une loi, nous la ressentons comme un fardeau, parce que nous n’avons pas la puissance de l’accomplir — elle est trop haute pour nous. Lorsque la foi regarde à la Puissance qui agit dans la volonté de Dieu et la met à exécution, elle a le courage de l’accepter et de l’accomplir, parce qu’elle sait que Dieu lui-même l’opère. L’abandon dans la foi à la volonté divine comme Sagesse devient ainsi le chemin vers l’expérience de cette volonté comme Puissance. « Il agit comme il lui plaît » est alors le langage non seulement d’une soumission forcée, mais d’une joyeuse attente.
« Ce que Dieu veut, c’est votre sanctification. » Dans l’acception ordinaire de ces paroles, elles signifient simplement que, parmi bien d’autres choses que Dieu a voulues, la sanctification en est une ; c’est quelque chose de conforme à sa volonté. Cette pensée renferme un enseignement d’une grande valeur. Dieu a voulu, très distinctement et très expressément, votre sanctification : votre sanctification a sa source et sa certitude dans le fait qu’elle est la volonté de Dieu. Nous sommes « élus par la sanctification de l’Esprit », « choisis pour être saints » ; le dessein de la volonté de Dieu dès l’éternité, et sa volonté aujourd’hui, c’est notre sanctification. Nous n’avons qu’à nous rappeler ce que nous avons dit de la volonté de Dieu — qu’elle est une puissance divine qui accomplit ce que sa sagesse a choisi — pour voir quelle force cette vérité donnera à notre foi que nous serons saints : Dieu le veut, et il l’accomplira pour tous et en tous ceux qui n’y résistent pas, mais qui se livrent à sa puissance. Cherche ta sanctification, non seulement dans la volonté de Dieu comme déclaration de ce qu’il veut que tu sois, mais comme révélation de ce que lui-même veut accomplir en toi.
Il y a cependant une autre pensée des plus précieuses qui se présente ici. Si notre sanctification est la volonté de Dieu, sa pensée centrale et son contenu, alors chaque partie de cette volonté doit s’y rapporter, et l’entrée assurée dans la sanctification sera l’acceptation de tout cœur de la volonté de Dieu en toutes choses. Être un avec la volonté de Dieu, c’est être saint. Que celui qui veut être saint prenne ici sa place et « se tienne dans toute la volonté de Dieu ». Là, il rencontrera Dieu lui-même et sera rendu participant de sa Sainteté, parce que sa volonté accomplit son dessein avec puissance en chacun de ceux qui se livrent à elle. Tout, dans une vie de sainteté, dépend de ce que nous soyons dans une juste relation avec la volonté de Dieu.
Il y a beaucoup de chrétiens auxquels il paraît impossible d’envisager d’accepter toute la volonté de Dieu, ou d’être un avec elle. Ils considèrent la volonté de Dieu dans ses mille commandements et dans ses innombrables dispositions providentielles. Ils ont parfois trouvé si difficile d’obéir à un seul commandement, ou de renoncer de bon gré à quelque légère déception. Ils s’imaginent qu’il leur faudrait être mille fois plus saints et plus forts en grâce avant d’oser dire qu’ils acceptent réellement toute la volonté de Dieu, qu’il s’agisse d’agir ou de supporter. Ils ne peuvent comprendre que toute la difficulté vient de ce qu’ils n’occupent pas le juste point de vue. Ils regardent la volonté de Dieu comme en désaccord avec leur volonté naturelle, et ils sentent que cette volonté naturelle ne se plaira jamais dans toute la volonté de Dieu. Ils oublient que l’homme nouveau a une volonté renouvelée. Cette volonté nouvelle se plaît dans la volonté de Dieu, parce qu’elle en est née. Cette volonté nouvelle voit la beauté et la gloire de la volonté de Dieu, et elle est en harmonie avec elle. S’ils sont vraiment enfants de Dieu, la toute première impulsion de l’esprit d’un enfant est assurément de faire la volonté du Père qui est dans les cieux. Et ils n’ont qu’à se livrer de tout cœur et tout entiers à cet esprit d’adoption, et ils n’ont pas à craindre d’accepter la volonté de Dieu comme la leur.
L’erreur qu’ils commettent est très grave. Au lieu de vivre par la foi, ils jugent d’après le sentiment, dans lequel la vieille nature parle et domine. Il leur dit que la volonté de Dieu est souvent un fardeau trop lourd à porter, et qu’ils ne pourront jamais avoir la force de l’accomplir. La foi parle autrement. Elle nous rappelle que Dieu est amour, et que sa volonté n’est rien d’autre que l’Amour révélé. Elle demande si nous ne savons pas qu’il n’y a rien de plus parfait ni de plus beau dans le ciel ou sur la terre que la volonté de Dieu. Elle nous montre comment, dans notre conversion, nous avons déjà fait profession d’accepter Dieu comme Père et Seigneur. Elle nous assure, par-dessus tout, que si seulement nous nous donnons résolument et avec confiance à cette volonté qui est Amour, elle remplira nos cœurs comme Amour et nous y fera trouver nos délices, et deviendra ainsi la puissance qui nous rend capables d’agir et de supporter avec joie. La foi nous révèle que la volonté de Dieu est la puissance de son amour, accomplissant son plan dans une beauté divine en chacun de ceux qui s’y livrent tout entiers.
Et que choisirons-nous maintenant ? Et où prendrons-nous place ? Tenterons-nous d’accepter Christ comme Sauveur sans accepter sa volonté ? Ferons-nous profession d’être enfants du Père, et pourtant passerons-nous notre vie à débattre quelle part de sa volonté nous accomplirons ? Nous contenterons-nous d’aller de jour en jour avec la douloureuse conscience que notre volonté n’est pas en harmonie avec la volonté de Dieu ? Ou bien ne remettrons-nous pas, une fois pour toutes, notre volonté pécheresse à la sienne — à cette Volonté qu’il a déjà écrite dans notre cœur ? C’est là une chose possible. Elle peut se faire. Dans une transaction simple et précise avec Dieu, nous pouvons dire que nous acceptons réellement sa sainte volonté pour qu’elle soit la nôtre. La foi sait que Dieu ne laissera pas passer un tel abandon inaperçu, mais qu’il l’acceptera. Dans la confiance qu’il nous prend maintenant dans sa volonté et se charge de l’insuffler en nous, avec l’amour et la puissance de l’accomplir — dans cette foi, entrons dans la volonté de Dieu et commençons une vie nouvelle, nous tenant, demeurant au centre même de cette très sainte volonté.
Une telle acceptation de la volonté de Dieu prépare le croyant, par le Saint-Esprit, à reconnaître et à connaître cette volonté sous quelque forme qu’elle vienne. La grande différence entre le chrétien charnel et le chrétien spirituel, c’est que ce dernier reconnaît Dieu, sous quelque apparence basse, pauvre et humaine qu’il se manifeste. Lorsque Dieu vient dans des épreuves qu’on ne peut attribuer à nulle autre main que la sienne, il dit : « Que ta volonté soit faite. » Lorsque les épreuves viennent par la faiblesse des hommes ou par sa propre folie, lorsque les circonstances paraissent défavorables à son progrès religieux, et que les tentations menacent d’être trop fortes pour lui et de le vaincre, il apprend avant tout à voir Dieu en toutes choses, et à dire encore : « Que ta volonté soit faite. » Il sait qu’un enfant de Dieu ne saurait se trouver dans aucune situation en dehors de la volonté de son Père céleste, même lorsque cette volonté a été de le laisser un temps à son propre entêtement, ou de souffrir les conséquences de son péché ou de celui des autres. Il voit cela, et, en acceptant ses circonstances comme la volonté de Dieu pour l’éprouver et le mettre à l’épreuve, il est dans la juste position pour connaître désormais et faire ce qui est droit. Voyant et honorant ainsi la volonté de Dieu en toutes choses, il apprend à demeurer toujours dans cette volonté.
Il le fait aussi en faisant cette volonté. À mesure que son discernement spirituel grandit jusqu’à dire de tout ce qui arrive : « Tout cela vient de Dieu », il grandit aussi en sagesse et en intelligence spirituelle pour connaître la volonté de Dieu telle qu’elle doit être faite. Dans les indications de la conscience et de la Providence, dans l’enseignement de la parole et de l’Esprit, il apprend à voir comment la volonté de Dieu se rapporte à chaque partie et à chaque devoir de la vie, et il met sa joie, en toutes choses, à vivre en « faisant de bon cœur la volonté de Dieu, comme servant le Seigneur et non des hommes ». « Combattant dans la prière pour demeurer parfait et pleinement persuadé dans toute la volonté de Dieu », il découvre avec quelle bénédiction le Père a accepté son abandon, et fournit toute la lumière et la force nécessaires pour que sa volonté soit faite par lui sur la terre comme elle l’est dans le ciel.
Je demande à chaque lecteur de dire à un Dieu saint s’il s’est réellement donné à lui pour être rendu saint. S’il a accepté la bonne et parfaite volonté de Dieu, y est entré, et y vit. La question n’est pas de savoir si, lorsque l’affliction survient, il accepte l’inévitable et se soumet à une volonté à laquelle il ne peut résister. Mais s’il a choisi la volonté de Dieu comme son bien suprême, et s’il a pris pour sien le principe de vie de Christ : « Je veux faire ta volonté, mon Dieu ! » Telle était la sainteté de Christ, dans laquelle il s’est sanctifié lui-même et nous a sanctifiés : faire la volonté de Dieu. « C’est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés. » C’est cette volonté de Dieu qui est notre sanctification.
Frère ! aspires-tu sérieusement à être saint ? à être entièrement possédé de Dieu ? Voici le chemin. Je te supplie de ne pas avoir peur ni de reculer. Tu as pris Dieu pour ton Dieu ; as-tu réellement pris sa volonté pour ta volonté ? Oh ! songe au privilège, à la félicité d’avoir une seule volonté avec Dieu ! et ne crains pas de t’abandonner à elle sans la moindre réserve. La volonté de Dieu est, dans chacune de ses parties et dans toute sa puissance divine, ta sanctification.
Soyez saints, car je suis saint.
Père béni ! je viens dire que je vois que ta volonté est ma sanctification, et que c’est là seulement que je veux la chercher. Accorde avec grâce que, par ton Saint-Esprit qui habite en moi, la gloire de cette volonté et la félicité d’y demeurer me soient pleinement révélées.
Apprends-moi à la connaître comme la Volonté d’Amour, qui projette toujours ce qui est le meilleur et le plus béni pour ton enfant. Apprends-moi à la connaître comme la Volonté de la Toute-Puissance, capable d’accomplir en moi chacun de ses desseins. Apprends-moi à la connaître en Christ, parfaitement accomplie en ma faveur. Apprends-moi à la connaître comme ce que l’Esprit veut et opère en chacun de ceux qui se livrent à lui.
Ô mon Père ! je reconnais ton droit à ce que ta volonté seule soit faite, et je suis ici pour qu’elle fasse de moi ce qui te plaît. De tout mon cœur j’y entre, pour être un avec elle à jamais. Ton Saint-Esprit peut maintenir cette unité sans interruption. Je me confie en toi, mon Père, pas à pas, pour que la lumière de ta volonté brille dans mon cœur et sur mon chemin, par cet Esprit.
Que ce soit là la sainteté dans laquelle je vis : que je m’oublie et me perde moi-même à te plaire et à t’honorer. Amen.
1. Applique-toi, dans la méditation, la prière et l’adoration, à recevoir une pleine impression de la Majesté, de la Perfection, de la Gloire de la Volonté de Dieu, avec le privilège et la possibilité d’y vivre.
2. Étudie-la aussi comme l’expression d’un Amour et d’une bonté paternelle infinis ; chacune de ses manifestations est pleine de bienveillance. Chaque providence est la volonté de Dieu ; quoi qu’il arrive, rencontre Dieu en elle dans une humble adoration. Chaque précepte est la volonté de Dieu ; rencontre Dieu en lui par une obéissance aimante. Chaque promesse est la volonté de Dieu ; rencontre Dieu en elle par une pleine confiance. Une vie dans la volonté de Dieu est repos, force et bénédiction.
3. Et n’oublie pas, par-dessus tout, de croire en sa Puissance toute-puissante. Il opère toutes choses d’après le conseil de sa volonté. Dans la nature et chez ceux qui lui résistent, sans leur consentement. Chez ses enfants, selon leur foi, et dans la mesure où ils le veulent. Crois vraiment que la volonté de Dieu accomplira son conseil en toi, à mesure que tu te confies en elle pour cela.
4. Cette volonté est la Bienveillance et la Bienfaisance infinies, révélées dans le sacrifice de Jésus. Vis pour les autres : ainsi peux-tu devenir un instrument dont la volonté divine se serve (Matthieu 18:14 ; Jean 6:39, 40). Livrez-vous à cette volonté rédemptrice de Dieu, afin qu’elle en prenne pleine possession et accomplisse aussi par vous son dessein de salut.
5. Christ est justement l’incarnation de la volonté de Dieu : il est la volonté de Dieu accomplie. Demeure en lui, en demeurant dans la volonté de Dieu, en la faisant de tout cœur et toujours. Un chrétien est, comme Christ, un homme livré à la Volonté de Dieu.