Il tient mes lendemains ·Marcher par la foi

Chapitre 4 · 13 min de lecture

Marcher par la foi

Si vous deviez choisir quelques personnages bibliques pour illustrer ce qu’est la marche par la foi, lesquels choisiriez-vous ?

Caleb qui, âgé de plus de quatre-vingts ans, voulait combattre des géants ? Élisée qui tint tête à tous les prophètes de Baal ?

Daniel qui priait publiquement, sachant que cela pouvait lui coûter la vie ? Mais il est intéressant de voir ceux que la Bible relève comme exemples de foi.

Aucun de ceux-là !

L’apôtre Paul parle de la foi dans son épître aux Romains, déclarant : « car nous pensons que l’homme est justifié par la foi, sans les œuvres de la loi » (Romains 3:28). Il consacre ensuite tout le chapitre quatre à donner son exemple, le patriarche Abraham, à qui « la foi fut imputée à justice ».

L’apôtre Jacques prend lui aussi Abraham comme son exemple suprême de la vie de foi, déclarant que la foi sans les œuvres est morte.

Il demande : « Abraham, notre père, ne fut-il pas justifié par les œuvres, lorsqu’il offrit son fils Isaac sur l’autel? Tu vois que la foi agissait avec ses œuvres, et que par les œuvres la foi fut rendue parfaite » (Jacques 2:21-22).

Cependant, Jacques ajoute un second exemple, qui doit nous sembler à tous étrange. Il nous présente Rahab la prostituée, qui accueillit les espions envoyés à Jéricho. Selon toutes les normes humaines, elle n’était guère une personne recommandable ; outre qu’elle exerçait un métier méprisable, c’était une traîtresse et une menteuse qui ne se souciait que de sa propre sécurité. Pourtant, elle est nommée comme un exemple de foi.

Ce qui est plus surprenant encore, c’est que Jacques n’est pas le seul à la considérer ainsi ! L’auteur de l’épître aux Hébreux la nomme lui aussi dans sa longue liste. Dans ma compréhension d’autrefois de la foi, je ne l’aurais certainement pas retenue, ni bien d’autres mentionnés en Hébreux 11 ! Alors, c’est peut-être ma compréhension de la foi qui doit changer.

Certains iraient jusqu’à intituler Hébreux 11 « les héros de la foi ». Je n’y vois aucun héros. Rien que des gens ordinaires, comme vous et moi, qui ont traversé toutes sortes de circonstances dans la marche de la foi.

Certains ont conquis des royaumes par la foi, tandis que d’autres ont été mis à mort par la foi ! Un meilleur titre pour ce chapitre serait « Exemples de foi », car son but est de nous montrer que, dans sa souveraineté, Dieu conduit les hommes et les femmes par des chemins très divers, afin d’accomplir sa volonté en eux et à travers eux.

Pour nous, la torture et la mort ne semblent pas compatibles avec la volonté de Dieu pour le croyant, mais l’histoire regorge de récits montrant comment l’Église a crû rapidement sur le sang des martyrs. C’était la volonté de Dieu qu’ils meurent, afin qu’ils soient « à la louange de sa gloire ». Cela ne veut pas dire qu’il n’a pas de compassion pour les sentiments des hommes.

Bien sûr qu’il en a ; mais, parmi ses saints, il forme ceux qui, par leur souffrance et leur mort, lui apporteront plus de gloire que par leur vie. À ceux-là, il a garanti une « meilleure résurrection ».

« Parfois sur la montagne où le soleil brille si clair, Dieu conduit ses chers enfants par le chemin.

Parfois dans la vallée, au plus noir de la nuit, Dieu conduit ses chers enfants par le chemin.

Les uns à travers les eaux, les autres à travers le flot, les uns à travers le feu, mais tous par le sang.

Les uns à travers de grandes douleurs, mais Dieu donne un cantique, à la saison de la nuit et tout au long du jour » (G.A Young).

Dans les Évangiles, nous ne lisons que six personnes que Jésus loua pour leur foi. Si les choix de Paul, de Jacques et de l’auteur des Hébreux vous font hausser les sourcils, attendez de voir ceux que Jésus choisit !

Trois d’entre elles au moins n’étaient même pas juives, l’une était lépreuse, une autre était malade depuis de nombreuses années, l’une était aveugle, trois se déclarèrent « indignes », et toutes étaient pécheresses.

Le centurion romain → Matthieu 8:5-13 Son serviteur gisait paralysé à la maison, aussi demanda-t-il au Seigneur de bien vouloir le guérir.

« Je viendrai avec toi », dit le Maître, mais le centurion lui répondit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit ; dis seulement un mot, et mon serviteur sera guéri ! »

Comprenons bien ceci : il possédait probablement la plus belle maison de la ville, car le grade de centurion dans l’armée romaine était fort honorable. Son indignité ne tenait pas à son rang, mais à ce qu’il se rendait compte d’être en présence de quelqu’un de bien plus grand que lui. Il poursuivit : « Seigneur, je suis comme toi, un homme placé sous l’autorité. »

Sous quelle autorité estimait-il que Jésus se trouvait ? Il n’avait aucune autorité déléguée par les autorités juives, ni le statut de celui qui a été instruit aux pieds d’un grand rabbin. C’était un humble charpentier, mais il avait l’autorité de l’onction de Dieu, et le centurion le reconnut. Comment ? Par la foi !

Jésus s’émerveilla et dit : « Même en Israël je n’ai pas trouvé une aussi grande foi ! »

Où était la foi ? Le centurion avait le témoignage intérieur que cet homme, Jésus, était un homme revêtu d’une autorité divine. Il obéit à ce témoignage (celui du Saint-Esprit) et se soumit à cette autorité.

« Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit; mais dis seulement un mot, et mon serviteur sera guéri » (Matthieu 8:8).

La femme atteinte d’une perte de sang → Marc 5:25-34 Cette malheureuse femme avait beaucoup souffert entre les mains de nombreux médecins, sans obtenir aucune guérison de son état gênant et pénible. En vérité, elle allait de plus en plus mal.

La loi la déclarait « impure », de sorte qu’elle ne pouvait jouir de bon nombre des privilèges des gens ordinaires. Elle ne pouvait assister aux célébrations des jours de fête, ni entrer dans la synagogue pour adorer, et surtout, elle ne devait pas s’approcher des pharisiens « justes » ni des « saints hommes ».

Elle avait entendu parler de Jésus, mais un témoignage intérieur lui dit de tendre la main pour toucher le bord de son vêtement. Cela allait à l’encontre de tout ce qu’on lui avait enseigné, mais elle obéit et fut guérie. Il n’y avait aucun précédent à cela. Elle ne crut pas parce qu’elle avait entendu parler d’autres personnes guéries de la même manière.

Elle obéit simplement à une impulsion intérieure.

« Et il lui dit : “Ma fille, ta foi t’a sauvée; va en paix, et sois guérie de ton mal” » (Marc 5:34).

La femme cananéenne → Matthieu 15:22-28 Le cœur de cette femme se brisait tandis qu’elle cherchait du secours pour sa fille possédée d’un démon. Elle vint au Seigneur, mais lui-même semblait la repousser, et ses disciples cherchèrent à la chasser.

Elle n’était pas juive, mais elle vit ce que presque personne d’autre n’avait vu, pas même les disciples jusqu’alors. Elle reconnut en Jésus le Seigneur, le Fils de David. C’étaient là des titres bien connus pour désigner le Messie à venir. D’autres ne l’avaient pas encore reconnu, mais cette femme cananéenne, si. Une telle révélation ne vient que par le témoignage intérieur du Saint-Esprit. Cette même révélation vint à Pierre sur le mont Hermon, près de deux ans plus tard !

Jésus éprouva sa compréhension, sa révélation, en lui objectant qu’il n’était pas bon de jeter le pain des enfants (la guérison réservée aux Juifs) aux chiens (les païens). Sa réponse montre qu’elle comprenait pleinement, par révélation, qu’il était véritablement le Messie.

« Alors Jésus lui dit : “Femme, ta foi est grande; qu’il te soit fait comme tu veux.” Et, à l’heure même, sa fille fut guérie » (Matthieu 15:28).

L’aveugle Bartimée → Marc 10:46-52 Bien qu’aveugle, Bartimée voyait plus que toute la grande foule des voyants qui entouraient Jésus. Il vivait dans la ville maudite de Jéricho et avait perdu la vue, devenant un mendiant méprisé de tous ceux qui l’entouraient. Lorsqu’il se mit à crier, les gens lui ordonnèrent sévèrement de se taire, mais il ne cessait de crier, car, comme la femme cananéenne, il avait reçu une révélation, un témoignage intérieur de Jésus comme Messie. « Il criait… “Fils de David, aie pitié de moi!” » (Marc 10:48).

Jésus appela le mendiant à lui et lui posa une étrange question : « Que veux-tu que je te fasse? » Bartimée répondit : « Rabbouni, que je recouvre la vue! » Et Jésus dit : « Va, ta foi t’a sauvé », et aussitôt il recouvra la vue (Marc 10:51-52).

La révélation avait précédé la confession, avec la guérison pour résultat.

La femme dans la maison de Simon → Luc 7:37-50 En Jean 11:2 et Matthieu 26:6, il est dit que cette femme était Marie, sœur de Lazare. Simon, un pharisien, observait ses gestes et se mit à juger Jésus comme manquant de discernement, car elle était reconnue comme une pécheresse. Jésus, cependant, savait parfaitement qui elle était, mais il reconnut dans ses gestes une onction pour sa sépulture. Elle n’en comprenait probablement pas grand-chose mais, agissant dans l’obéissance à un témoignage intérieur, à l’impulsion du Saint-Esprit, et mue par l’amour, elle avait servi le Seigneur prophétiquement.

« [Jésus] dit à la femme : “Ta foi t’a sauvée, va en paix” » (Luc 7:50).

Le dixième lépreux → Luc 17:11-19 Dix lépreux étaient venus à Jésus pour être guéris. Tous obéirent à son instruction d’aller vers les sacrificateurs pour être déclarés « purs ». C’était une exigence de l’Ancien Testament et, bien que l’un d’eux fût un Samaritain, il obéit lui aussi. En chemin vers les sacrificateurs, tous furent guéris, mais seul le Samaritain reconnut que sa guérison n’était pas quelque tour de magie, mais qu’elle était due à Dieu ; aussi, se jetant aux pieds de Jésus, il se mit à glorifier Dieu. Il avait obéi à la voix audible du Fils de Dieu et avait été guéri.

« [Jésus] lui dit : “Lève-toi, va; ta foi t’a sauvé” » (Luc 17:19).

Dans les six exemples, la foi se manifesta et s’accomplit dans l’obéissance. S’il n’y avait pas eu obéissance à la reconnaissance de l’autorité, à la révélation de la divinité, au témoignage intérieur de l’impulsion de l’Esprit, à la parole prononcée du Seigneur, aucun miracle n’aurait été rapporté.

Définition de la foi Comment donc définirons-nous la foi de manière à répondre à toutes les questions de la controverse et à expliquer les choix de Jésus, de Paul, de Jacques et de l’auteur de l’épître aux Hébreux ?

Lorsque je demande aux gens de définir la foi, la réponse habituelle consiste à citer Hébreux 11:1 : « la foi est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas » ; pourtant, quand je leur demande d’expliquer leur définition, je trouve peu de gens qui en aient une explication convaincante.

Pour moi, l’auteur ne fait que dire ce que l’apôtre Paul a dit ailleurs, comme cité au chapitre précédent.

Qu’est-ce que nous espérons ? Barclay, l’auteur de la célèbre série de méditations Notre pain quotidien, définit l’espérance comme « l’attente ardente de ce qui est promis ». Les apôtres Paul et Pierre rendirent tous deux témoignage, devant leurs accusateurs, de notre grande espérance de la résurrection. Pour eux, notre espérance est assurée. Pour l’auteur des Hébreux, elle est comme une ancre fixée au-dedans du voile, dans la présence de Dieu. Nous espérons ce que nous recevrons assurément.

Que recevrons-nous, sinon ce qui découle de la grâce de Dieu, ce qu’il a promis ? Son don du salut, son don du Saint-Esprit qui habite en nous, ses dons accordés par le Saint-Esprit : son don.

Je me représente le petit enfant au temps de Noël ou pour son anniversaire. Il sait qu’il recevra quelque chose de spécial de la part de ses parents — un cadeau né de leur amour. Il attend avec impatience le grand jour. Il a l’espérance de ce qui va sûrement venir. Enfin, il reçoit ce qui lui avait été promis : son cadeau. Voilà la substance de ce qu’il espérait. Son attente est devenue réalité.

La foi est la substance des choses qu’on espère ; elle est un don.

À mon arrivée au Canada, je regardais les arbres de notre jardin avec la grande impatience de savourer leurs fruits le printemps suivant ; cependant, j’ignorais de quelle sorte d’arbres il s’agissait. Je ne suis pas un savant en horticulture, et je ne savais pas reconnaître les arbres à leurs feuilles ou à leur forme. Mais lorsque les fruits commencèrent à paraître, je n’eus aucun doute sur ce qu’était chacun d’eux. Je les reconnus à leur fruit. Le fruit était la preuve dont j’avais besoin.

La nature des arbres n’avait pas changé, le caractère des arbres n’avait pas changé, mais ceux-ci étaient demeurés cachés à ma compréhension, jusqu’à la venue du fruit. La preuve des choses qu’on ne voit pas, c’était le fruit sur les branches.

De même, la preuve de la vie remplie de l’Esprit est dans son fruit.

Jésus a dit : « Ou dites que l’arbre est bon et que son fruit est bon, ou dites que l’arbre est mauvais et que son fruit est mauvais; car on connaît l’arbre par le fruit » (Matthieu 12:33). La foi est la preuve des choses qu’on ne voit pas. Elle est un fruit.

L’auteur d’Hébreux 11 ne dit rien de plus que ce que Paul a dit en 1 Corinthiens 12:9 et en Galates 5:22.

Je définis la foi comme le doigt de Dieu dans le cœur des hommes et des femmes, qui les meut à faire sa volonté.

Elle se manifeste dans l’obéissance, comme une attitude du cœur. Ce n’est pas une attitude de l’esprit. Elle est croyance et réponse. Le doigt qui meut est celui de Dieu, la réponse d’obéissance est la nôtre. La première et la plus grande œuvre de foi qu’un homme puisse accomplir, c’est de croire au Seigneur Jésus-Christ pour le salut. La révélation précède la confession (voyez Pierre au mont Hermon). Elle se manifeste dans la repentance, le baptême, la confession et les bonnes œuvres (les œuvres de justice). Là où celles-ci ne sont pas manifestes, on peut à juste titre douter (comme Jacques) de la réalité de la foi ; elle est, en effet, « morte » (Jacques 2:26).

La marche de la foi est une soumission quotidienne à sa volonté (révélée et non révélée). Se tenir à la main de Papa ! Comme le dit Pierre : « à qui irions-nous? » (Jean 6:68). Tandis que nous tenons bon, notre Père peut déplacer des montagnes ! Cela tient à son caractère, non à la force de notre esprit ou de notre croyance ! Notez que même les démons croient à tout ce que notre Père peut faire, mais cela n’est pas considéré comme de la foi (Jacques 2:19).

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Il tient mes lendemains Gareth Evans

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