Il tient mes lendemains ·Trois sortes de foi

Chapitre 3 · 24 min de lecture

Trois sortes de foi

Lorsque j’étudie l’Écriture, je découvre trois sortes de foi : la foi qui sauve, le fruit de la foi et le don de la foi.

La foi qui sauve « Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie » (Éphésiens 2:8-9).

C’est l’expérience de tous ceux qui sont nés de nouveau — nés de l’Esprit. Nous reconnaissons que nous sommes des pécheurs sans aucune espérance en ce monde et que nous avons désespérément besoin de l’intervention de Dieu dans nos vies. Nous marchons dans les ténèbres, injustes, étrangers à ses promesses et à ses bénédictions.

Si Dieu n’était pas entré dans notre condition humaine et ne nous avait pas révélé son amour par la mort de son Fils sur la croix, nous serions encore morts dans nos péchés et parfaitement misérables ; mais la justice de Dieu nous a été révélée, « justice de Dieu par la foi en Jésus-Christ pour tous ceux qui croient » (Romains 3:22).

Paul déclare que Dieu justifie tous ceux qui ont la foi en Jésus (Romains 3:26). Quelle belle parole que celle-là ! Justifié — comme si je n’avais jamais péché ! Voilà comment Dieu nous regarde désormais. Il nous voit « dans son Fils » et non dans notre péché. Ce fut d’abord sa grâce à l’œuvre. Il nous a témoigné une faveur qui n’était pas méritée.

En effet, l’une des nombreuses définitions de la grâce est « une faveur imméritée » ; cependant, celle que je préfère est ce moyen mnémotechnique formé sur le mot anglais GRACE : « God’s Riches At Christ’s Expense » — les richesses de Dieu aux dépens du Christ. Il a payé le prix afin que je puisse recevoir toutes les bénédictions de cette merveilleuse vie chrétienne.

À propos de la grâce, avez-vous déjà considéré la différence entre la grâce et la miséricorde ? Permettez-moi de vous présenter cette distinction pour votre édification : la grâce, c’est Dieu qui me traite comme je ne le mérite pas, tandis que la miséricorde, c’est Dieu qui ne me traite pas comme je le mérite !

Ce don de la grâce de Dieu doit être reçu par la foi, que j’ai appelée la foi qui sauve ; mais cela même est un don de Dieu. Je ne puis croire avec foi si Dieu ne m’en donne la capacité !

Il n’y a en moi aucune source de foi. Je puis faire le choix de croire, je puis désirer croire, mais la capacité d’exercer la foi qui sauve me dépasse. Je puis croire dans ma tête, mais il me faut croire dans mon cœur, car c’est là ce qui distingue ceux qui ont été justifiés de ceux qui sont encore dans leurs péchés.

Pendant deux ans, j’ai eu le privilège d’enseigner dans une académie juive. J’y occupais le poste de chef du département des sciences mais, vers la fin de mon séjour dans cet établissement, je fus invité à parler de la foi chrétienne à la classe terminale. L’enseignant responsable de cette classe me dit qu’ils étudiaient les religions comparées et que « le sujet du jour, c’est le christianisme ! » Une seule leçon pour étudier ce à quoi beaucoup consacrent toute leur vie — sans pour autant le comprendre !

Le lendemain matin, on me demanda d’aller trouver le grand rabbin, un entretien que je n’attendais guère avec plaisir, car il n’avait pas pris part à l’invitation initiale que j’avais reçue de m’adresser aux élèves.

Il m’accueillit chaleureusement, ce qui me mit à l’aise, puis me raconta son expérience avec ces mêmes élèves ce matin-là. « Je ne les ai jamais vus si animés ni si désireux de parler de Dieu, dit-il. Ils ont été stupéfaits de rencontrer un scientifique qui est aussi un homme de foi. »

Comme il est triste que tant de gens nourrissent cette illusion. Mon expérience est qu’une proportion relativement élevée de scientifiques sont aussi des hommes d’une grande foi. En vérité, beaucoup diraient qu’ils croient en Dieu parce que, en tant que scientifiques, ils doivent se poser les vraies questions de la vie, et qu’ils n’en trouvent les seules réponses que dans la foi !

Le rabbin poursuivit : « Ce qui m’attriste, c’est que mes élèves ne croient en Dieu que dans leur tête, et je ne sais comment le faire descendre dans leur cœur ! »

Je lui répondis qu’il n’y avait qu’un seul moyen : reconnaître que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, le Messie. Il dit que nous devrions convenir de notre désaccord, mais le point était marqué.

(Pour un récit plus complet de ce moment merveilleux passé à l’académie hébraïque, où l’on me laissa une grande liberté de partager mes convictions sur le Christ, lisez mon autre livre, « Stepping Stones ».)

Après bien des années de ministère pastoral, ma triste conviction est que beaucoup de gens dans nos assemblées ne diffèrent en rien de ces élèves juifs. Ils ont une connaissance de tête, mais aucune expérience du Christ vivant. Ils espèrent (au sens mondain, avec ses possibilités négatives), mais ne connaissent rien de « Christ en vous, l’espérance de la gloire » (Colossiens 1:27). En vérité, pour beaucoup, le mot « expérience » évoque des visions d’émotionalisme et de charismatiques égarés, et ils sont résolus à se prémunir de tels excès.

C’est l’apôtre Jean, le « bien-aimé », qui écrivit : « Je vous ai écrit ces choses, à vous qui croyez (avec la tête ?) au nom du Fils de Dieu, afin que vous sachiez (avec une certitude intérieure ?) que vous avez la vie éternelle, et afin que vous croyiez (avec le cœur ?) au nom du Fils de Dieu » (1 Jean 5:13).

Tout au long de sa lettre, il réaffirme sans cesse le caractère expérimental de notre foi. Il parle de communion avec le Père et de la certitude que nous le connaissons. Nous le savons parce que nous faisons l’expérience de son amour et de son Esprit, qui rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu.

La foi qui sauve, don de Dieu, nous permet de toucher le divin et d’ouvrir un canal par lequel la vie peut affluer dans nos âmes. Le Saint-Esprit communique la vie, et nous naissons de nouveau. Nous sommes baptisés par l’Esprit dans le corps de Christ et devenons un avec tous les autres membres de ce corps (1 Corinthiens 12:13). Notre croyance de tête devient une connaissance du cœur ; toutefois, nous ne sommes que des nourrissons dans la foi, et il nous faut grandir.

De nouveau, ma triste conviction est qu’une grande proportion de croyants nés de nouveau ne progressent guère au-delà de ce point de départ. Ils ont encore besoin qu’on leur enseigne les principes de la Parole de Dieu. Ils ont besoin de lait, non de nourriture solide. Ils sont inexpérimentés dans la parole de justice, car ils sont encore des enfants (Hébreux 5:11-14).

Dans sa première lettre, le vieil apôtre expose ce que je crois être un étalon de la maturité chrétienne. Il compare ses lecteurs à des petits enfants, à de jeunes gens et à des pères (1 Jean 2:13-14). Il est intéressant de voir comment il s’adresse à chacun de ces trois groupes, car il n’écrit pas à ceux qui y appartiennent chronologiquement, mais spirituellement. J’ai rencontré des jeunes gens et des jeunes femmes que Jean décrirait comme des pères et des mères dans la foi. À l’inverse, hélas, j’ai rencontré bien des croyants beaucoup plus âgés, présents dans l’Église depuis plusieurs années, mais qui n’ont jamais dépassé le stade de l’enfant immature.

Jésus a bien dit que si nous ne devenons pas comme de petits enfants, nous ne pouvons entrer dans le royaume des cieux ; mais une fois entrés par la nouvelle naissance (Jean 3:3-36), il attend de nous que nous croissions vers la maturité. Je suis stupéfait de voir combien de chrétiens demeurent puérils dans leur immaturité.

Les petits enfants ont reçu le pardon de leurs péchés et ont une relation avec le Père. Ils peuvent prier et jouir des bénédictions de la communion, mais ils montrent peu de signes de croissance chrétienne. Une telle personne peut avoir n’importe quel âge chronologique, tout en restant puérile spirituellement. Elle a la foi qui sauve, mais rien de plus.

Un jeune homme est celui qui « il est fort, et la parole de Dieu demeure en lui, et il a vaincu le malin » (1 Jean 2:14). Ils sont engagés dans le combat pour la justice ; ils marchent dans la victoire et apprennent à connaître Dieu dans un plus grand nombre de ses attributs.

Beaucoup de croyants ignorent qu’un combat est en cours, et ils vivent leur vie dans l’ignorance des stratagèmes de Satan, qui les dépouillent des joies et des victoires qui devraient être les leurs. D’autres savent qu’il y a une guerre, mais estiment que les adversaires sont Dieu (ou Jésus) et Satan. Soyons clairs à ce sujet : il n’y a aujourd’hui aucune guerre entre Jésus et Satan — ce combat fut livré sur la croix il y a deux mille ans, et Jésus l’a gagné !

« Il a dépouillé les dominations et les autorités, et les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d’elles par la croix » (Colossiens 2:15).

Le combat, aujourd’hui, se livre entre Satan et nous. Cela vous effraie-t-il ? Il ne le devrait pas, lorsque vous connaissez ses stratagèmes et savez que le Seigneur attend de vous la victoire, parce que « celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde » (1 Jean 4:4).

Paul pouvait dire à juste titre : « je n’ignore pas ses desseins » (2 Corinthiens 2:11). Combien d’entre nous peuvent en dire autant ? Le jeune homme le peut, « il est fort, et la parole de Dieu demeure en lui, et il a vaincu le malin » (1 Jean 2:14).

Un père est celui qui est parvenu à la maturité, ayant traversé les deux autres étapes. Il en est venu à « connaître celui qui est dès le commencement » (1 Jean 2:14). Il connaît l’Éternel. Assurément, tel devrait être notre but : « le connaître et le faire connaître » (Jean 17:2 et Matthieu 28:19-20).

Cela me rappelle Moïse, qui était connu comme l’ami de Dieu. Il parlait avec Dieu sur le mont Sinaï et dans le tabernacle, si bien que son visage rayonnait et que le peuple ne pouvait en supporter l’éclat. Il connaissait Dieu intimement ; cependant, goûter aux choses divines ne fait que produire le désir d’en goûter davantage ; aussi le prophète adresse-t-il une requête à Dieu, son ami.

« Ô Seigneur, s’écrie-t-il, fais-moi voir ta gloire! » (Exode 33).

Dieu répond qu’il ne peut révéler sa gloire, car cela causerait assurément la mort de Moïse ; toutefois, il ajoute une remarque frappante.

« Moïse, dit le Seigneur, je connais ton nom ; c’est pourquoi je vais te révéler mon nom », et il se déclare alors un Dieu de miséricorde et de grâce, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité (Exode 3:13-15). À l’époque biblique, le nom d’une personne exprimait son caractère, comme on le verra si l’on étudie les noms bibliques.

Dieu dit qu’il connaît le caractère de Moïse, et qu’il est donc disposé à révéler son propre caractère.

Voulez-vous connaître davantage Dieu, lui qui est dès le commencement, l’Éternel ? Il veut se faire connaître de vous, et il connaît votre nom !

Comment pourrait-il faire connaître son caractère si votre nom est « l’infidèle », « l’hypocrite », « celui qui doute », « l’orgueilleux », « le faible », « le trompeur » ou « le puéril » ?

Il attend que vous parveniez à la maturité, comme le jeune homme dont le nom est « le fort », « le vainqueur », « le fidèle » et « l’homme d’intégrité » ; alors il se fait davantage connaître, afin que vous puissiez continuer à mûrir jusqu’à la stature d’un père ou d’une mère de la foi.

Rendons grâce à Dieu pour son merveilleux don de la foi qui sauve, mais nous devons avancer vers la maturité de la foi.

Le fruit de la foi « Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance; la loi n’est pas contre ces choses » (Galates 5:22-23).

Lorsque nous avons acheté notre première maison au Canada, nous fûmes ravis de constater qu’il y avait plusieurs arbres fruitiers dans le jardin. Il y avait un pommier, deux pruniers et deux cerisiers ; cependant, nous fûmes déçus à la venue de l’été, car les fruits étaient médiocres. Je décidai de tailler les arbres ; ainsi, une scie à la main, je procédai à l’opération. Je ne connaissais pas grand-chose à la taille des arbres, sinon qu’il est essentiel d’ouvrir le cœur de l’arbre au soleil et d’ôter tous les gourmands inutiles qui priveraient les branches fruitières des nutriments vivifiants.

Mes amis dirent que, dans mon ignorance de la bonne technique de taille, j’avais coupé trop de bois et que les arbres allaient sûrement mourir. L’été suivant, nous vîmes avec émerveillement chacun des arbres porter des fruits de si belle qualité, et en telle abondance, qu’ils ployaient jusqu’au sol.

Je me souviens bien de la soirée où Anne et moi étions assis sur la balancelle de notre jardin, savourant la douceur du climat de l’Ontario. Nous entendîmes un bruit étrange, aussitôt suivi d’autres bruits semblables. C’était comme un long gémissement suivi d’un soudain « aahhh… » de soulagement. Nous regardâmes autour de nous pour voir si quelqu’un souffrait à nos côtés. Imaginez notre surprise en réalisant que le son provenait de nos arbres fruitiers ! Puis nous vîmes la raison de ce gémissement.

L’une des branches de notre pommier gonflait, et le gémissement traduisait l’effort de l’arbre à mesure qu’il croissait. Soudain retentit un bruit de soulagement lorsque la boursouflure éclata et qu’une pomme en jaillit pour prendre place parmi tous les autres beaux fruits de la branche ! Nos cerisiers et nos pruniers se comportaient de la même manière, quoique leur gémissement fût d’un son différent.

De toute évidence, les arbres s’efforçaient si fort de nous plaire en produisant les meilleurs fruits possible !

Bien sûr, aucun de vous ne croirait cette histoire. Il est absurde de penser qu’un arbre puisse produire du fruit par son propre effort ! Pourtant, c’est exactement ce que pensent tant de croyants lorsqu’il s’agit d’avoir le fruit de l’Esprit dans leur vie ! Nous nous figurons que nous ne pouvons avoir le fruit de la foi qu’en travaillant très dur à le produire, en devenant plus spirituels !

Le psalmiste David comprenait comment le fruit spirituel est produit, et il écrivit au Psaume 1:3 que « [le juste] est comme un arbre planté près d’un courant d’eau, qui donne son fruit en sa saison ».

Tout ce que fait l’arbre, c’est se tenir là ! Il ouvre ses branches au soleil, s’abreuve de la pluie et puise sa sève dans le sol arrosé qui l’environne. Alors la nature de la vie qui est en lui produit le fruit qui lui convient. C’est de la même manière que le fruit spirituel est produit.

À mesure que nous demeurons dans le cep — qui est Jésus — nos cœurs s’ouvrent à la « face resplendissante » de Dieu, et nous puisons aux sources de l’Esprit de Dieu. Alors le fruit — les caractéristiques de la vie nouvelle qui est en nous — est produit en sa saison. Cela ne se fait pas du jour au lendemain. Il faut du temps pour mûrir en tant que chrétien, il faut consentir à être taillé, il faut s’appuyer sur les promesses de la Parole de Dieu, et il faut une confiance constante. Cela ne demande aucun effort !

Beaucoup de croyants se voient comme des arbres, mais ils passent beaucoup de temps à s’examiner pour y déceler des signes de fruit. Au lieu de scruter le long des « branches » pour voir si le fruit est manifeste, nous serions mieux occupés à tourner nos regards vers le tronc de l’arbre, la source de toute la nourriture que reçoivent les branches. Nous ferions mieux de tourner nos regards vers Jésus, le vrai cep sur lequel nous avons été greffés. Alors le fruit croîtrait, et d’autres le verraient en sa saison.

C’est lui qui produit le fruit de la foi en tous ceux qui demeurent en lui et qui, comme l’arbre du Psaume 1, puisent aux courants de l’eau du Saint-Esprit.

Comprenons encore quelque chose au sujet de tout le fruit de l’Esprit. Nous l’associons trop facilement à des traits que l’on trouve chez tous les hommes, alors qu’il n’est accessible qu’à ceux qui sont nés de nouveau, de l’Esprit. C’est lui qui le produit en nous, et le non-chrétien n’en peut rien connaître !

« Mais l’homme animal ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c’est spirituellement qu’on en juge » (1 Corinthiens 2:14).

Ainsi, la patience, par exemple, n’a que peu à voir avec le fait d’attendre patiemment que le feu passe au vert ! Bien des incroyants ont beaucoup plus de patience que des croyants ! Le monde ne peut rien connaître de l’amour répandu dans le cœur du croyant, de la joie qui demeure quand tout va mal autour de nous, de la paix au cœur de la tempête. Ce sont là des fruits de l’Esprit qui habite en nous, et des richesses réservées à l’enfant de Dieu.

De même, le fruit de la foi ne se manifestera que dans la vie du croyant qui progresse vers la maturité.

À mesure que j’étudie ces neuf fruits, j’en suis venu à penser qu’ils deviennent plus rares, plus précieux, à mesure que je poursuis ma lecture. Tout nouveau croyant a eu quelque avant-goût de l’amour, de la joie et de la paix. En vérité, dès l’instant de la nouvelle naissance, beaucoup peuvent témoigner que « le ciel là-haut est d’un bleu plus doux, la terre alentour d’un vert plus tendre ; quelque chose vit en chaque teinte que jamais les yeux sans Christ n’ont vue » (G Wade Robinson).

Puis, avec le temps, la joie et la paix des débuts semblent s’en aller, tandis que le Père commence l’œuvre de discipline pour nous conformer à l’image de son Fils ; cependant, à mesure que nous demeurons en lui, le fruit revient dans une expérience plus riche et plus pleine. Nous avions d’abord fait l’expérience de son amour qui nous submergeait, mais voici que nous le trouvons désormais se répandant à travers nous vers les autres. Sa joie était d’abord venue comme un cantique nouveau dans nos cœurs, faisant de la vie comme un jour nouveau ; mais nous commençons maintenant à trouver ce cantique jaillir en nous jusque dans les nuits les plus sombres.

Au début, sa paix apaisait les tempêtes qui faisaient rage dans nos cœurs ; mais maintenant sa paix est une profonde assurance au cœur des tempêtes de la vie.

Chez le croyant qui mûrit, nous commençons à voir davantage le caractère de Jésus dans la manière de supporter les moqueries du monde. Notre patience remplace la nature rebelle du vieil homme que nous étions autrefois, et nous constatons que nous ne réagissons plus aux situations pénibles comme auparavant.

On a dit que si vous voulez voir la douceur de Jésus, regardez ses actes ; si vous voulez voir sa bonté, regardez ses attitudes. Ainsi, à mesure que nous croissons dans le fruit de l’Esprit, nous mûrissons à la fois dans nos actes et dans nos attitudes.

Alors la vie de foi devient manifeste, tandis que le croyant se met à marcher dans l’obéissance aux impulsions de l’Esprit, voyant la main du Seigneur le conduire et le guider. L’homme doux est celui qui a déposé ses propres droits et s’est pleinement soumis à la volonté du Seigneur. Il est malléable et enseignable, prêt à être façonné en un vase propre au service du roi.

Enfin, le plus rare des fruits peut apparaître. C’est ce fruit auquel aspirait l’apôtre Paul : la maîtrise de soi. C’est la « mise à mort » dont il écrivait en Romains 7:15-24. Il reconnaissait combien il lui serait impossible de produire cette maîtrise de lui-même s’il n’y avait pas, par l’œuvre de la croix, une telle victoire rendue possible.

« Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. En effet, la loi de l’esprit de vie en Jésus-Christ m’a affranchi de la loi du péché et de la mort » (Romains 8:1-2).

Un tel fruit ne provient que du Saint-Esprit qui habite dans le croyant, et il en va de même de la foi. Lui seul peut la produire ; aucun effort de ma part n’y suffira !

J’aimerais proposer une pensée supplémentaire sur le fruit de l’Esprit.

Le mot « fruit » est au singulier. Il ne s’agit pas de plusieurs fruits différents croissant indépendamment les uns des autres, mais d’un seul fruit qui se manifeste de diverses manières. On a suggéré que les trois premiers (l’amour, la joie et la paix) sont une expérience intérieure du Saint-Esprit qui demeure dans le croyant, tandis que le deuxième triplet (la patience, la douceur, la bonté) est une expression extérieure dans nos relations avec les hommes qui nous entourent, et que le dernier triplet (la fidélité, la douceur et la maîtrise de soi) touche à notre union avec Dieu.

Le don de la foi « À chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune… à un autre, la foi, par le même Esprit… » (1 Corinthiens 12:7, 9).

La troisième sorte de foi que je trouve dans la Bible est appelée le don de la foi. L’apôtre Paul écrit à l’Église de Corinthe au sujet des « charismata » (ce qui se traduit du grec par « dons de grâce ») accordés par le Saint-Esprit à l’Église. Il existe de nombreux dons de ce genre, énumérés pour nous en Romains 12 et en 1 Corinthiens 12, ainsi que les dons de ministère nommés en Éphésiens 4:11.

Les dons sont accordés à des individus, non pour qu’ils s’en glorifient ou s’en vantent, mais pour qu’ils soient au bénéfice de tous. En vérité, les dons sont accordés à l’Église, et les individus ne sont que les instruments dont l’Esprit veut se servir. Il est frappant que, dans les trois références mentionnées, Paul souligne aussi l’unité du corps de Christ. Le but de tous les dons est de permettre à l’Église de croître dans l’unité, afin qu’elle réussisse dans son ministère : amener des hommes et des femmes au Seigneur.

Comment donc le don de la foi se manifeste-t-il à l’œuvre ?

Imaginez la scène suivante, lors d’une réunion du conseil des anciens d’une Église locale. On vient de proposer de lancer une œuvre annexe dans le quartier, pour tenter d’atteindre les jeunes de la communauté qui ne fréquentent aucune Église. On reconnaît que c’est la seule Église évangélique du secteur et qu’il y a un nombre croissant de jeunes, sans emploi et dans le besoin, qui forment des bandes.

Beaucoup de membres de l’Église ont exprimé leurs émotions, allant de la compassion à la peur ; c’est ainsi que la proposition a été faite.

Ni le pasteur ni aucun des anciens n’a l’énergie ou la capacité de travailler avec ces jeunes adultes ; on reconnaît donc qu’il faut employer un nouvel animateur de jeunesse. « Mais comment le rémunérerons-nous et financerons-nous ce ministère ? »

La question est sincère, car l’Église connaît des difficultés financières depuis quelques années. La réponse simple — et il se trouve toujours quelqu’un pour la donner — est que « nous devons prier davantage, et Dieu pourvoira ». Cela est vrai, pour autant que ce soit le dessein de Dieu de lancer l’œuvre et d’employer l’animateur de jeunesse. Mais comment savoir si tel est son dessein ? Cela paraît bon, mais bien des projets nous paraissent bons sans jamais sembler recevoir la bénédiction de Dieu.

Les anciens décident d’attendre dans cette affaire, de prier et de se réunir une semaine plus tard pour prendre la décision.

Tandis qu’ils entrent dans la salle du conseil, imaginez que vous soyez un témoin invisible, capable de lire les pensées dans l’esprit de chacun. « Un pour, un contre… deux pour, trois pour, deux contre… quatre pour, quatre contre… et le pasteur… » Comment pourraient-ils parvenir au moindre accord, alors que les jeunes des rues continuent de se perdre ?!

Les hommes commencent par la prière, puis se mettent à partager leurs pensées. Soudain, un homme, qui était entré parmi les « contre », prend la parole. « Quand je suis arrivé ici ce soir, j’étais d’avis que ce n’était pas le moment de lancer une œuvre nouvelle ; cependant, à mesure que j’ai écouté les arguments pour et contre, quelque chose s’est passé en moi et j’ai changé de position ! Je sais que le Seigneur est dans ce projet ! Je vote pour que nous engagions un nouvel animateur de jeunesse ! » D’autres se mettent à parler et, en quelques minutes à peine, une décision unanime est atteinte. Que s’est-il passé ?

Non seulement chaque homme entendit ce que disaient les autres mais, parce que c’étaient des hommes qui cherchaient sincèrement la volonté de Dieu, ils l’entendirent parler dans leur esprit. Il déposa en chacun d’eux la foi pour croire. Voilà le don de la foi.

Bien que les difficultés financières fussent réelles, il leur donna une foi qui triompha des circonstances. Ce n’était peut-être qu’« un grain de sénevé » (Marc 4:30-32), mais parce que Dieu lui-même l’avait déposé dans leur esprit, leur montagne serait ôtée. Une telle foi est toujours récompensée par la bénédiction de Dieu. Une telle foi déplace toujours les montagnes !

J’ai vu le don de la foi à l’œuvre à plusieurs reprises. J’ai vu des gens accomplir de grandes choses pour Dieu alors que tous, autour d’eux, jugeaient la chose impossible. Ils cessaient de regarder aux circonstances, parce qu’ils connaissaient son impulsion.

J’avais un cher ami, du nom de Yorrie Richards, qui bégayait autrefois si fort qu’il lui était impossible de prononcer une simple phrase. Il en vint à connaître le Seigneur alors qu’il devait comparaître en justice pour vol. Le juge du procès l’avertit que « le chemin que tu as choisi de suivre pourrait bien te conduire à la potence ». Toute la ville connaissait son passé criminel, et beaucoup étaient cyniques quant à sa conversion.

Quelque temps plus tard, Yorrie et moi nous retrouvâmes, et il me suggéra la chose la plus impossible qui soit. Il voulait louer la grande salle de sa ville natale et prêcher l’Évangile à tous ceux qui l’avaient connu dans sa jeunesse et s’étaient montrés si incrédules. Je le déconseillai, car cela nous causerait sûrement beaucoup d’embarras et ne pourrait guère servir l’Évangile. Il insista, disant que le Seigneur avait mis cela sur son cœur et qu’il croyait que c’était sa conduite.

Nous louâmes la salle et fîmes la publicité de la réunion. Je me tins à l’écart après les présentations, et Yorrie fit face à son auditoire. Il se mit aussitôt à bégayer, et je me sentis gêné pour lui. Je pouvais à peine me résoudre à l’écouter.

Puis un étrange silence tomba sur la salle, tandis que la voix de Yorrie se faisait plus assurée et qu’il commençait à parler avec autorité et confiance, racontant ce que le Seigneur avait fait. Bien des larmes furent versées ce soir-là, tandis que Dieu opérait un miracle au milieu de nous, parce que l’un de ses êtres « faibles et insensés » avait répondu à son don de la foi. Des milliers de personnes, à travers la Grande-Bretagne et le Canada, peuvent témoigner aujourd’hui de la prédication ointe de Yorrie Richards.

Ainsi, je vous présente les trois sortes de foi : la foi qui sauve, le fruit de la foi et le don de la foi.

Ce qui me frappe aussitôt, c’est que toutes trois trouvent leur source en Dieu, et non dans le croyant ! Il n’y a rien que je puisse faire pour produire la foi en moi ; aussi, ne me dites pas, je vous prie, d’« avoir plus de foi » quand vous me voyez malade ou en difficulté dans ma marche chrétienne. Ce que j’ai besoin de développer, c’est plus de confiance, non plus de foi.

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Il tient mes lendemains Gareth Evans

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