Il tient mes lendemains ·Entendre la voix de Dieu

Chapitre 5 · 20 min de lecture

Entendre la voix de Dieu

Si entendre la voix de Dieu est aisé pour les uns, c’est pour d’autres un sens qu’il faut affermir !

C’était un spectacle étrange qui attira le regard de Moïse tandis qu’il faisait paître le troupeau de son beau-père. Un buisson brûlait ardemment, mais ne se consumait pas ! Les feuilles restaient vertes, bien que les flammes les léchassent (Exode 3:2). Il n’avait jamais rien vu de tel en tout son temps passé en Égypte comme fils de Pharaon, ni durant les nombreuses années où il avait vécu comme berger au pays de Madian. Il s’approcha un peu pour regarder de plus près.

Soudain, une voix retentit : « Moïse ! »

Pouvez-vous imaginer sa surprise, surtout lorsqu’il parut que la voix provenait de l’intérieur du buisson en feu !?

La voix poursuivit : « Ôte tes souliers de tes pieds, car le lieu sur lequel tu te tiens est une terre sainte! » (Exode 3:5). Je suis sûr qu’il fut prompt à obéir, vu la nature de l’événement — il devait avoir peur !

Ainsi commença la longue période de communion entre Dieu et Moïse. Dès lors, ils s’entretinrent souvent, tandis que le Seigneur dirigeait son serviteur pour faire sortir les Israélites de leur servitude en Égypte, lui donnait des instructions pour la construction du tabernacle, et lui dictait plusieurs lois pour son peuple d’alliance.

En effet, nous lisons qu’ils parlaient « face à face, comme un homme parle à son ami » (Exode 33:11). Rien d’étonnant à ce que le visage de Moïse rayonnât !

N’enviez-vous pas Moïse, de pouvoir ainsi parler avec Dieu ?

Moi, certainement.

On peut spéculer sur ce que Moïse vit et entendit lorsque Dieu lui parla. À quoi ressemblait la voix de Dieu ?

Était-ce un baryton grave et résonnant, comme celui d’un acteur shakespearien de métier ?

Avait-elle une intonation chantante ou un accent ? (Gallois, peut-être, comme le mien, vu qu’il aime manifestement visiter mon pays de temps à autre, dans de grands déferlements de réveil ?!) Quelle langue parlait-il — celle de l’Égypte, où Moïse avait été éduqué, ou celle des Madianites, où Moïse avait vécu ces quarante dernières années ?

Tout ce que nous pouvons affirmer avec certitude, c’est que c’était une langue que Moïse comprenait.

Était-ce la voix d’un homme, ou bien ressemblait-elle au « bruit des grandes eaux », comme Ézéchiel décrivit la voix du Tout-Puissant (Ézéchiel 43:2) ?

Le prophète Élie l’entendit parler par un murmure doux et léger, tandis qu’Ésaïe rapporta qu’il lui parla à l’oreille (1 Rois 19:12 et Ésaïe 50:5).

Assurément, il doit être facile de marcher dans la volonté de Dieu lorsqu’il vous parle d’une voix audible, comme il le fit à Moïse et à d’autres aux jours de l’Ancien Testament. Il serait facile de marcher la marche de la foi en de telles circonstances !

Vraiment ?

Peut-être Dieu exigerait-il alors bien davantage de nous, si nous pouvions entendre sa voix clairement. Nous n’aurions aucune excuse pour désobéir, et notre obéissance ne serait pas la foi. Les esclaves obéissent à leurs maîtres, mais c’est souvent par crainte. Ce n’est pas le genre d’obéissance que le Seigneur réclame.

Il cherche un peuple accordé pour entendre sa voix en esprit, et dont la nature même est devenue obéissance.

Non pas une obéissance due à la crainte, mais une obéissance due au caractère. Il n’a jamais été dans sa nature de contraindre ni de manipuler son peuple pour qu’il fasse sa volonté ou marche selon ses desseins. Il lui a toujours laissé la liberté de répondre dans l’amour et l’obéissance volontaire. La foi qui plaît à Dieu ne se manifeste pas dans l’obéissance de la crainte, mais dans l’obéissance de l’amour et de la bonne volonté.

Le jeune Tommy s’agitait à la table du souper, car il voulait retourner dehors retrouver ses amis qui l’attendaient. « Tu ne peux pas quitter la table tant que tu n’as pas fini ton repas », dit sa mère.

Tommy avala son repas à grosses bouchées. « Et assieds-toi sur ta chaise pendant que tu manges », ajouta son père. Tommy tardait à réagir, aussi son père répéta-t-il ses instructions d’une voix un peu plus lente et un peu plus forte. Tommy restait pourtant avachi contre sa chaise, les yeux tendus pour observer ses amis par la fenêtre, tandis qu’il s’enfournait une nouvelle fourchetée de spaghettis dans la bouche.

La voix de son père se fit plus sévère, et il parla d’un ton résolu. « Je t’ai dit de t’asseoir quand tu manges ! Fais ce que je dis, tout de suite ! »

Tommy s’assit, une mine renfrognée sur son visage taché de tomate. Il avait la bouche pleine et ne pouvait parler, mais dans sa tête une voix s’écriait : « Je suis peut-être assis à l’extérieur, mais je reste debout à l’intérieur ! » Voilà une attitude d’obéissance qui ne plairait guère au père !

Le murmure doux et léger Le prophète Élie avait vu Dieu accomplir un puissant miracle devant tous les prophètes de Baal. Il fit preuve de hardiesse en faisant périr tous ces faux chefs, et « la main de l’Éternel fut sur Élie » (1 Rois 18:46). Cependant, lorsqu’il apprit que Jézabel, la reine impie, cherchait à lui ôter la vie, il s’enfuit au désert pour se cacher et se lamenter. « C’est assez, Éternel ! » s’écria-t-il. « Prends mon âme ! » Guère ce qu’on attendrait d’un « homme de foi » ! D’abord, un ange est envoyé pour s’enquérir de la raison de cet état ; puis le Seigneur lui-même parle à Élie — non dans le grand vent qui déchira la montagne, ni dans le tremblement de terre, ni dans le feu, mais par un murmure doux et léger. Assurément, les trois premiers lui auraient causé une grande frayeur, et il aurait promptement réagi si Dieu avait parlé ; mais le murmure doux et léger n’a rien de menaçant. Il reçoit l’ordre de retourner à Damas et d’oindre son successeur, Élisée. Ainsi, Élie retrouve son zèle pour le Seigneur, car il a entendu sa voix. Son obéissance est celle de la foi.

Cela me rappelle « Thomas le douteur », l’apôtre qui refusait de croire que le Seigneur était ressuscité des morts tant qu’il ne pourrait le voir et mettre ses doigts dans la marque des clous des mains blessées. Lorsque Jésus se présenta devant lui, Thomas crut enfin, et Jésus lui dit : « Thomas, parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru! »

Il aurait tout aussi bien pu ajouter : « Heureux ceux qui n’ont pas entendu la voix audible de Dieu, et qui pourtant ont obéi ! »

La marche et la vie de foi qui plaisent à Dieu se voient chez l’homme ou la femme qui « n’ont pas entendu » (de l’oreille) et qui pourtant ont obéi.

Devrions-nous nous attendre à entendre la voix du Seigneur ? Bien sûr que oui ! C’est Jésus lui-même qui a dit que « Mes brebis entendent ma voix » (Jean 10:27).

Lorsque le Seigneur veut communiquer avec nous, nous enseigner sa volonté, nous diriger dans ses sentiers, il choisit de ne pas le faire d’une voix forte, mais par le murmure doux et léger, entendu seulement par l’âme accordée à lui. Il veut parler à ses brebis, et la plupart d’entre elles, j’en suis sûr, désirent entendre sa voix.

La communication est toujours la responsabilité de celui qui communique, pour autant que celui à qui il s’adresse soit disposé à entendre. C’est pourquoi un bon enseignant cherchera toujours à savoir si ses élèves ont compris ce qu’il s’est efforcé de leur enseigner.

Alors, Dieu nous parle-t-il, à nous ses brebis ? Et si oui, pourquoi n’entendons-nous pas ce qu’il dit ?

Apprendre à reconnaître sa voix Je crois qu’il me parle chaque jour, mais sa voix est si souvent couverte par la cacophonie des autres voix qui se bousculent dans ma tête.

Il me faut apprendre le secret dont les Pères du désert ont parlé et écrit, un mystère compris par ces hommes et ces femmes de l’histoire de l’Église, dont la vie nous a marqués comme étant en profonde communion avec Dieu ; ceux qu’on appelle, souvent par dérision, les mystiques.

Les Pères du désert (et les mères) furent les hommes et les femmes du IVe siècle. Une époque où le christianisme était devenu accepté par les empereurs romains, et où la chrétienté, comme système politique et mondain, était née. Pour obéir à ce qu’ils comprenaient du commandement du Seigneur de « se charger de sa croix » (Luc 9:23), ils s’étaient retirés du monde et de toutes ses voix pour chercher la solitude dans le désert d’Égypte. Pour eux, la solitude n’était pas d’être seuls, mais de pouvoir s’approcher si près de Dieu qu’ils devenaient inconscients de toutes les autres personnes autour d’eux. Ils apprirent à se tenir en repos, à développer un silence intérieur, à méditer sur lui et à entendre sa voix.

Je suis sûr que nous n’avons pas besoin de nous retirer dans un mode de vie monastique, mais il nous faut consacrer un temps de qualité si nous voulons apprendre à reconnaître sa voix. Nous n’avons pas besoin d’un grand intellect qui comprenne toute la théologie, ni d’un diplôme d’institut biblique ou d’un grade de séminaire. Il parle, non à l’intellect et à la raison, mais à l’esprit, là où son Esprit communique avec le nôtre.

Pour entendre sa voix, il nous faut 1. Une faim — une passion — pour sa volonté.

2. Un cœur résolu à obéir à tout ce qu’il veut.

3. Du temps passé dans sa Parole.

4. Un lieu paisible pour la méditation.

5. Le silence intérieur et la solitude.

« Le Seigneur m’a dit… » Il n’y a rien de plus déconcertant pour un pasteur que de voir quelqu’un venir à lui, soi-disant pour un conseil, et entamer la conversation en disant : « Le Seigneur m’a dit… » — fin de la conversation !

J’essaie d’ordinaire de leur demander comment le Seigneur leur a parlé, pour découvrir que, à mon avis, ce n’était rien de plus qu’une pensée qui leur était venue, peut-être née de l’émotion de quelque réunion ou d’une conversation avec un ami, mais rarement venue du Seigneur. Si seulement nous étions plus prompts à poser une telle question chaque fois que les gens disent : « Le Seigneur m’a dit », peut-être cesserions-nous de les voir employer cette expression avec tant de légèreté.

Pendant quatre ans, mon épouse et moi eûmes le grand privilège de travailler sur un navire de secours (Mercy Ship) qui voyageait entre l’Europe et l’Afrique de l’Ouest. À bord se trouvaient des médecins, des chirurgiens et des infirmières qui offraient bénévolement leurs compétences pour pratiquer des opérations qui transformaient la vie de centaines de malheureux incapables de payer le coût élevé des interventions que leurs maux exigeaient. Bien que ce fût une période très épanouissante, il y eut bien des jours de grand stress et de lassitude ; mais pour ceux des nations développées qui recevaient les rapports du travail accompli par le personnel médical et le reste de l’équipage du navire, ce ministère devait sembler bien prestigieux.

Je me souviens de tant de gens venus travailler sur le navire, qui disaient être là parce que le Seigneur leur avait dit de venir.

Cela m’a toujours surpris de voir combien d’entre eux découvraient, peu de temps après, que ce n’était pas vraiment là qu’ils désiraient être.

De toute évidence, le Seigneur avait commis quelque erreur, ou bien ils avaient pris sa voix pour une autre.

D’autres m’ont dit que le Seigneur leur avait dit de faire quelque chose de contraire à l’Écriture ! Je connais personnellement deux femmes qui ont quitté leur mari parce que « le Seigneur me l’a dit », alors qu’il n’y avait aucune preuve d’infidélité ni de mauvais traitement. L’un des maris était croyant, mais il avait conclu un arrangement d’affaires (parfaitement légal) avec un incroyant. L’épouse prétendait que le Seigneur lui avait dit de quitter son mari parce qu’il était « uni sous un joug étranger » avec un incroyant ! Quel détournement de l’Écriture, et assurément pas la volonté du Seigneur pour aucun mariage !

Beaucoup de croyants emploient cette expression sincèrement, croyant avoir été conduits par Dieu. Cela a pu se faire par un rêve, l’encouragement d’un ami, les circonstances, un verset de l’Écriture qui prend un relief particulier, des « coïncidences », ou simplement un désir intérieur personnel grandissant.

Toutes ces voies sont authentiques — de préférence prises ensemble — par lesquelles le Seigneur peut nous conduire à marcher dans sa volonté ; cependant, il serait sage de dire : « Je crois que le Seigneur voudrait que je fasse ceci… » plutôt que l’expression « spirituelle » : « Le Seigneur m’a dit… », qui peut flatter grandement l’ego, mais qui nuit si souvent au témoignage chrétien.

Cette rare occasion relève du témoignage personnel.

Dans ma vie, j’ai vécu un certain nombre d’expériences où j’ai connu sa présence d’une manière plus qu’ordinaire. Permettez-moi de souligner qu’elles sont rares, non la norme. À deux reprises, je l’ai entendu me parler d’une voix audible. Je ne cherche pas à les expliquer, et elles ne tiennent certainement pas à ce que je sois plus spirituel en ces moments-là qu’en d’autres.

En fait, les deux fois, c’était alors que j’avais le cœur lourd. Je vais vous raconter l’une d’elles.

C’était en 1983, et j’étais pasteur de la petite Église de la Christian and Missionary Alliance de Sidney, sur l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique, depuis moins d’un an. C’était une assemblée chaleureuse et aimante, et nous nous étions profondément attachés à beaucoup d’entre eux. Cependant, les perspectives de croissance numérique de l’Église n’étaient pas bonnes, car un « gel » pesait sur l’aménagement des terrains locaux, et les bâtiments convenables étaient rares.

De fait, nous nous réunissions au siège local des francs-maçons ! Je ne percevais pas un grand salaire, mais il était évident que, bientôt, les dépenses limitées de l’Église dépasseraient leurs revenus plus limités encore. Cette petite assemblée était une émanation de l’Église plus grande de la ville voisine de Victoria, la capitale de la province, mais il n’y avait désormais que peu de liens entre les deux, et surtout aucun engagement de l’Église mère à couvrir les frais généraux de l’Église fille.

C’était un dimanche soir bruineux, à la fin de novembre. Anne avait emmené nos trois filles à une réunion de l’Église mère, tandis que je décidais de marcher et de parler avec le Seigneur au sujet du poids grandissant sur mon cœur. Devais-je retourner à l’enseignement ?

Peut-être à temps partiel, pour augmenter mon revenu afin qu’il ne pèse pas autant sur l’Église ? Devais-je démissionner et chercher un autre poste, en disant à l’Église qu’elle ne pouvait, pour l’heure, s’offrir un ministre à plein temps ? Devais-je « étendre une toison » pour tenter de connaître la volonté de Dieu ? Mon esprit était plein de questions, mais je ne recevais aucune réponse !

Mes pas me menèrent au sommet d’un site pittoresque des environs, d’où l’on pouvait embrasser du regard toute la campagne alentour.

Bear Hill était devenue pour nous un lieu de retraite favori, et c’est à son sommet que je me reposai. Là, je trouvai mon « buisson ardent ». J’entendis une voix audible !

Ses paroles étaient claires, et elles furent répétées afin que je puisse les comprendre distinctement.

Bien que mon esprit rendît témoignage que c’était un moment divin, je regardai autour de moi pour voir s’il y avait quelqu’un d’autre avec moi au sommet de la colline. Il n’y avait personne d’autre. Le Seigneur parlait, et ses paroles étaient claires.

« Tu seras pasteur de l’Église Alliance de Victoria ! »

Il n’y eut aucune explication sur la manière dont cela adviendrait. À cette époque, l’Église Alliance de Victoria avait trois pasteurs, et le plus ancien n’y était que depuis un an environ. Il avait sa maîtrise en théologie, alors que je n’avais jamais fréquenté de séminaire et n’avais été ordonné que récemment. Peut-être Dieu ne parlait-il pas du temps présent, et ses paroles n’avaient-elles de pertinence que pour l’avenir ? En quoi cela répondrait-il à mes questions du moment ?

Peut-être voulait-il dire que je devais aller trouver le pasteur principal et lui suggérer que l’Église mère reprenne l’Église fille, et que je sois engagé comme leur quatrième pasteur ? Telles étaient les pensées qui se bousculaient dans mon esprit tandis que je rentrais chez moi.

Je racontai mon expérience à Anne, et nous décidâmes de garder le silence à ce sujet, croyant que si le Seigneur avait vraiment parlé, il était parfaitement capable d’accomplir ses desseins sans notre intervention. Imaginez notre surprise, à peine deux semaines plus tard, d’apprendre que le pasteur principal avait annoncé sa démission de l’Église de Victoria !

Nous fûmes tentés de téléphoner à tous les membres de cette Église pour leur dire que nous savions qui serait leur prochain pasteur, mais nous jugeâmes que la discrétion était un meilleur choix, et nous gardâmes donc le silence. Par mesure de précaution supplémentaire, nous nous tînmes à l’écart de cette Église durant les mois suivants, afin de ne pas être tentés de manipuler leur situation pour faire advenir « la volonté de Dieu » à leur égard.

Ce fut plusieurs mois plus tard que le surintendant de district appela pour m’inviter à devenir pasteur de l’Église Alliance de Victoria. Je répondis aussitôt par l’affirmative, ce qui lui fit remarquer : « Voilà qui fut rapide ! »

« Frère, dis-je, je le savais il y a quatre mois ! »

Durant mes sept années à l’Église Alliance de Victoria, il y eut bien des moments où je fus tenté de partir, mais je restai, car je savais que le Seigneur m’y avait appelé, et je croyais qu’il m’en appellerait au-dehors quand le temps serait venu de m’en aller. Nous n’avons aucun doute que, lorsqu’une invitation vint en 1990 de servir à bord du navire de secours, c’était son heure pour nous de passer à autre chose.

Pourquoi Dieu parla-t-il d’une voix audible ? Ce n’était certainement pas parce que j’étais plus spirituel que d’autres, ni parce qu’il venait tout juste de prendre conscience de mon besoin ! Peut-être, peut-être seulement, était-ce parce que mon accablement était si réel qu’il m’avait conduit au lieu de solitude dont j’avais besoin ; ce lieu de vide intérieur et de silence où je pouvais l’entendre parler. Peut-être n’était-ce que son acte souverain de parler dans ma douleur, par son grand amour.

Raconter cette histoire me rappelle les paroles que j’entendis un jour prononcer par Floyd McClung, qui fut naguère un enseignant renommé de Jeunesse en Mission (Youth With A Mission). Il parlait sur le sujet de la prophétie, mais ses paroles pourraient bien s’appliquer à ma situation dans l’écoute de la voix de Dieu.

Il dit que chaque fois que vous recevez une parole de prophétie, vous devez la mettre dans le tiroir du bas et fermer le tiroir à clé ! Elle ne vous a pas été donnée pour vous diriger, elle vous a été donnée pour édifier votre foi.

Viendra un temps où vous aurez besoin de vous souvenir, peut-être dans une situation difficile, que Dieu a donné cette parole. Vous pourrez alors avoir la confiance qu’il vous a conduit jusqu’à ce lieu, et qu’il est très certainement capable de vous en faire sortir.

Je crois que ce sont là des paroles très sages, dont on a grand besoin en ces jours de multiples prophéties personnelles proclamées depuis les chaires publiques. Il y a tant de croyants profondément troublés par des paroles de connaissance et des prophéties prononcées sur eux, avec peu de preuves de leur accomplissement et peu de responsabilité de la part de leurs auteurs. Un don charismatique dont on a vraiment besoin aujourd’hui, c’est celui du discernement.

Ma confiance dans le Seigneur ne repose pas sur ces expériences très rares ; elle repose plutôt sur l’assurance qu’il me conduit chaque jour, tandis que je me tiens à sa main. Je n’ai pas besoin d’entendre sa voix de manière audible, mais il est essentiel que mon esprit soit accordé au sien, afin qu’il puisse me conduire.

La prière collective L’une des plus grandes bénédictions que j’aie reçues se situe dans le domaine de la prière collective. Quand j’étais un jeune croyant, je trouvais la plupart des réunions de prière plutôt ennuyeuses, car il y avait souvent des prières répétitives et peu de signes que Dieu répondait. Les choses changèrent lorsque le Seigneur commença à accomplir une œuvre merveilleuse parmi les jeunes de notre Église. Ces jeunes gens et jeunes femmes se mirent à prier les uns pour les autres d’une manière remarquable. Il devint manifeste qu’ils entendaient l’impulsion intérieure du Seigneur quant aux sujets pour lesquels ils devaient prier. Je commençai à mesurer la puissance de la prière collective, lorsque ceux qui prient entendent collectivement la voix du Berger.

Je dirigeais une école Missions Bridge, dont le but était de former à la vie de disciple des croyants pleins de zèle et de leur donner une « expérience » missionnaire dans une nation en développement, ou du tiers-monde. Un soir, notre sujet était la prière collective ; j’enseignai donc aux douze étudiants une pratique que j’avais apprise dans ma première Église. Nous fîmes taire nos cœurs dans une prière paisible, puis je lus un psaume propice à la méditation.

Les étudiants reçurent ensuite pour instruction de méditer en silence durant les quinze minutes suivantes, en prenant le psaume pour base de leur méditation. Au terme des quinze minutes — un temps très long pour la plupart d’entre nous, peu accoutumés à une telle pratique — je demandai à chacun de nous faire part de ses pensées. Ils devaient décrire toute image, rapporter tout récit, ou citer toute Écriture qu’ils avaient reçus, sans chercher à interpréter leurs pensées.

À mesure que chacun racontait ses pensées, je me mis à chercher un schéma.

Mon épouse, Anne, fut la dernière à parler. Elle n’est pas portée aux expériences charismatiques, mais ce soir-là, elle parla d’une vision qu’elle avait eue : un navire blanc voguant sur des eaux noires au large de la côte de Victoria — et moi, j’avais vu un nuage noir se lever au-dessus de la ville, révélant un navire blanc sur ses eaux !

Je résumai leurs pensées à peu près en ces termes : « Il semble que quatre thèmes traversent nos méditations. Plusieurs d’entre vous ont parlé de nos gouvernements, tant fédéral que provincial, de nos peuples autochtones et de ce navire ; je me demande comment nous devons prier. »

Ce soir-là, deux chers amis étaient venus à l’improviste rendre visite à Anne et à moi, et se trouvaient à cet instant même assis sur le côté de la salle de classe. Robin et Anne Jones habitaient plus haut sur l’île, mais passaient la soirée à Victoria, assistant à ce cours Mission Bridge, quoique non comme étudiants. Anne prit la parole : « Gareth, pardonne-moi de m’immiscer, mais je pense que Robin a quelque chose de très intéressant à partager. »

J’invitai Robin à parler, et il nous dit la raison de leur présence à Victoria ce soir-là. « À minuit, je serai à l’aéroport de Victoria avec deux responsables politiques locaux (provinciaux), pour accueillir deux responsables politiques fédéraux qui viennent discuter de l’achat d’un navire. Celui-ci servira à développer un ministère auprès des peuples autochtones qui relèvent des tribunaux. Plutôt que d’incarcérer les primo-délinquants, nous souhaitons lancer un ministère chrétien qui les emmène en mer pour une période de trois semaines, les formant aux compétences de la navigation et leur enseignant les principes chrétiens. Cela sera financé conjointement par les gouvernements provincial et fédéral. »

Nous avions entendu Dieu ! Il nous avait révélé son cœur, et nous savions comment prier. Cette classe Mission Bridge fit naître ce ministère par la prière, car il nous avait donné une foi appropriée au besoin.

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Il tient mes lendemains Gareth Evans

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