Chapitre 13 · 8 min de lecture
Abraham mis à l’épreuve
« C’est par la foi qu’Abraham offrit Isaac, lorsqu’il fut mis à l’épreuve, et qu’il offrit son fils unique, lui qui avait reçu les promesses, et à qui il avait été dit : En Isaac sera nommée pour toi une postérité. Il pensait que Dieu est puissant, même pour ressusciter les morts ; aussi le recouvra-t-il par une sorte de résurrection » (Hébreux 11:17-19).
Cette fois, l’exemple est pris de l’obéissance d’Abraham lorsque Dieu lui dit de sacrifier son fils, Isaac, en Genèse 22. Dieu parla et Abraham obéit. Il connaissait les promesses de Dieu concernant sa postérité et supposait que cette promesse s’accomplirait par Isaac ; mais la parole était venue, et Abraham obéit. Voilà la foi ! Il ne comprenait pas pourquoi Dieu lui demandait de faire cette chose terrible ; il ne le questionna pas. Au contraire, il obéit simplement.
Il savait que ce que Dieu avait promis, Dieu devrait l’accomplir. Si donc Dieu avait promis de bénir toutes les nations du monde par le fils de la promesse, Isaac, et s’il devait mettre Isaac à mort, Dieu devrait faire l’impossible : le ramener à la vie.
Paul déclare en Romains 4:3 : « Abraham crut à Dieu, et cela lui fut imputé à justice. » Puis Jacques écrit dans son livre : « Abraham, notre père, ne fut-il pas justifié par les œuvres, lorsqu’il offrit son fils Isaac sur l’autel? Tu vois que la foi agissait avec ses œuvres, et que par les œuvres la foi fut rendue parfaite. Ainsi s’accomplit ce que dit l’Écriture: Abraham crut à Dieu, et cela lui fut imputé à justice » (Jacques 2:21-23). L’apôtre poursuit en disant que « la foi sans les œuvres est morte » (Jacques 2:14-16). Il n’existe pas de foi qui ne se manifeste dans les œuvres !
Comme pour tous les autres exemples d’Hébreux 11, nous avons ici une figure destinée à nous enseigner des vérités sur Dieu et sur ses desseins à notre égard. Ici encore se trouvent de claires instructions concernant la résurrection et la fidélité de Dieu. Dieu a fait une promesse et il est capable de l’accomplir ; il y a cependant d’autres vérités à glaner dans ces versets.
Il viendra des moments où Dieu mettra son peuple à l’épreuve. Il ne le fait pas pour apprendre quelque chose des résultats, car il en connaît l’issue avant même l’épreuve ; il ne nous éprouve pas non plus en laissant venir les tentations. Cela, c’est l’œuvre de Satan, qui se sert de nos propres désirs charnels pour nous égarer.
En effet, Jésus enseigna à ses disciples à prier : « Père, ne nous induis pas en tentation » (Luc 11:4), sachant que cela n’est jamais dans la volonté de Dieu. L’épreuve, en revanche, l’est. Car c’est en nous éprouvant qu’il nous purifie et nous conforme de plus en plus à l’image de son Fils, Jésus.
Lorsqu’un minerai métallique est traité pour produire le métal pur, il subit une épreuve rigoureuse dans la fournaise et sous les presses. Le minerai est chauffé jusqu’à fondre entièrement, et l’on écume les scories. Quand il ne reste plus d’impuretés, le métal en fusion brille d’une lumière pure et, une fois versé, offre à sa surface un reflet parfait. Voilà pourquoi le Seigneur nous éprouve : afin que nous reflétions sa gloire et son image.
Pendant de nombreuses années, j’ai été enseignant dans un système qui évaluait ses élèves au moyen d’examens annuels et de contrôles périodiques. Bien sûr, peu d’élèves aimaient ce système, et tant de parents se plaignirent qu’aujourd’hui on fait relativement peu de contrôles dans les écoles, et que les élèves peuvent souvent obtenir leur diplôme sans avoir jamais été examinés sur les connaissances ou la compréhension qu’ils ont pu acquérir. L’une des grandes critiques contre les examens, c’est qu’ils produisent toujours des échecs.
Contrairement à l’opinion répandue, je fais partie de ceux qui croient que l’échec peut devenir un précieux tremplin vers la réussite. Il nous permet de connaître nos forces, de savoir où nous devons fournir plus d’efforts et où nous pourrions orienter plus efficacement nos énergies. Autrement dit, le résultat de l’examen peut nous aider à concentrer nos pas de façon plus stratégique sur le chemin qui s’ouvre devant nous. Lorsque j’étais à l’école, j’échouai à certains de mes examens publics. Je choisis alors de me concentrer sur les matières où j’avais réussi, pour finalement parvenir à une licence avec mention à l’université. Personne ne m’a jamais tenu pour un raté simplement parce que je n’avais pu franchir un certain seuil dans deux ou trois matières !
Dieu ne nous compte jamais parmi les ratés si nous ne réussissons pas l’épreuve qu’il nous présente aujourd’hui.
Comme nous l’avons écrit dans un chapitre précédent, l’une des épreuves que le Seigneur laisse entrer dans la vie du croyant est l’épreuve des offenses.
Jésus a dit qu’elles viendront à coup sûr, et que nous ferions bien d’apprendre à y faire face (Luc 17:1).
Une autre épreuve est celle de la porte fermée. J’ai éprouvé la déception de voir Dieu fermer devant moi une porte, alors que je m’attendais à franchir le seuil d’une merveilleuse occasion nouvelle. La confusion fut intense, car j’avais parlé librement de cette magnifique occasion que Dieu avait placée devant moi, pour découvrir que, le moment venu, au lieu de me faire avancer, il ferma la porte. Combien j’aurais voulu ne pas avoir parlé si librement, car je me sentis bien sot lorsque cela ne se réalisa pas.
Je questionnai Dieu sur ses raisons, et je dois avouer qu’il me fallut un certain temps avant de pouvoir me soumettre à sa volonté en cette affaire.
Il devait s’écouler encore 10 ans avant que je puisse comprendre pourquoi il avait fermé cette porte. C’était afin de me préparer une voie meilleure encore. Je raconte cette histoire plus en détail dans mon autre livre, « Stepping Stones ».
Une troisième épreuve que nous pouvons connaître concerne les choses qui risquent de nous empêcher d’être conduits par le Seigneur.
Elles toucheraient nos forces personnelles, nos relations et nos possessions. Comme Abraham, il se peut qu’il nous soit demandé d’abandonner ce qui nous est le plus précieux. Dieu ne le fait pas pour nous blesser — telle n’est jamais son intention. Il le fait pour nous libérer de toute confiance que nous pourrions mettre en nos propres capacités.
Bien souvent, nous découvrirons que, lorsque nous déposons nos possessions devant lui, il nous invite à les reprendre pour les employer à son service. Je pense à mon ami Rob, qui était le chanteur principal d’un groupe de rock and roll lorsqu’il vint au Seigneur. Sa conversion fut très réelle, et il découvrit bientôt que chanter dans les boîtes de nuit ne le satisfaisait pas. Il posa sa guitare, car la seule musique qu’il savait jouer ne convenait pas aux chants nouveaux qu’il voulait chanter. Il fallut quatre ans avant qu’il crût que le Seigneur voulait qu’il reprît l’instrument ; c’est alors qu’il se mit à chanter des chants nouveaux. Aujourd’hui, Rob exerce un ministère musical à plein temps pour le Seigneur.
Moïse dut déposer son bâton de berger — signe de son métier et de son autorité (Exode 4:3) ; puis il reçut l’ordre de le reprendre, mais cette fois il fut appelé la « verge de Dieu », avec laquelle il devait accomplir de grandes œuvres, comme d’ouvrir un chemin à travers la mer Rouge (Exode 4:17).
Gédéon dut renoncer à son armée afin que Dieu pût remporter une grande victoire sur les Madianites (Juges 7).
Il se peut que nous soyons appelés à renoncer à des relations, à notre famille ou à notre foyer. Permettez-moi de vous rappeler la promesse de Jésus : « Je vous le dis en vérité, il n’est personne qui, ayant quitté, à cause du royaume de Dieu, sa maison, ou sa femme, ou ses frères, ou ses parents, ou ses enfants, ne reçoive beaucoup plus dans ce siècle-ci, et, dans le siècle à venir, la vie éternelle » (Luc 18:29-30).
Chaque fois que je lis l’histoire d’Abraham et d’Isaac, je ressens quelque chose de la douleur qui étreignait le cœur du père. Quel moment déchirant ce dut être, tandis qu’il conduisait son fils sur la montagne en connaissant les intentions qui habitaient sa pensée. Il s’accrochait encore à l’espoir que Dieu, d’une manière ou d’une autre, changerait l’issue, disant même prophétiquement que « Dieu se pourvoira lui-même de l’agneau pour l’holocauste » (Genèse 22:8).
Il n’avait aucune idée à quel point cela serait vrai, car ce fut sur cette même montagne, plusieurs siècles plus tard, qu’un autre Père regarderait mourir son Fils unique, l’agneau immolé pour les péchés du monde. Comme le cœur de notre Père céleste dut s’affliger ! Et pourtant il était résolu à ce que son Fils mourût. Ce devait être là le seul moyen pour que la justice fût satisfaite par la miséricorde, afin que nous fussions rachetés de notre état de péché et de perdition.
Résumé. Dieu ne fut ni cruel ni insensible aux sentiments d’Abraham lorsqu’il lui demanda de sacrifier son fils unique — le fils de la promesse. Il avait une grande destinée pour son serviteur, mais il fallait d’abord l’éprouver dans la fournaise. Les principes suivants sont révélés dans ce passage d’Hébreux 11 : 1. Dieu est fidèle dans nos temps d’épreuve.
2. Lorsque Dieu nous appelle à déposer quelque chose en sacrifice, c’est afin que nous le reprenions dans la puissance.
3. Dieu ne laisse l’épreuve venir dans nos vies que pour nous rendre purs.
4. Son plan de rédemption est de « se pourvoir lui-même d’un agneau ».