Chapitre 12 · 6 min de lecture
La confession de la foi
« C’est dans la foi qu’ils sont tous morts, sans avoir obtenu les choses promises; mais ils les ont vues et saluées de loin, reconnaissant qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. Ceux qui parlent ainsi montrent qu’ils cherchent une patrie. S’ils avaient eu en vue celle d’où ils étaient sortis, ils auraient eu le temps d’y retourner. Mais maintenant ils en désirent une meilleure, c’est-à-dire une céleste. C’est pourquoi Dieu n’a pas honte d’être appelé leur Dieu, car il leur a préparé une cité » (Hébreux 11:13-16).
Il semble que l’auteur de ce livre se réfère aux « nombreux » du verset 12, les descendants d’Abraham et de Sara qui moururent avant la venue de Jésus, leur Messie. Dans leurs temps de foi et de confiance en Yahvé, ils reconnaissaient leur besoin de lui, « reconnaissant qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre » (Hébreux 11:13). Qu’ils fussent en Égypte, au désert ou à Babylone, les enfants d’Israël éprouvaient au fond du cœur un profond désir du foyer, ce lieu qui leur avait été promis dans les paroles de Dieu à Abraham ; mais bien peu d’entre eux purent jamais s’enraciner ailleurs qu’en Canaan ou en Palestine.
« Sur les bords des fleuves de Babylone, Nous étions assis et nous pleurions, En nous souvenant de Sion. Aux saules de la contrée Nous avions suspendu nos harpes. Là, nos vainqueurs nous demandaient des chants, Et nos oppresseurs de la joie: Chantez-nous quelques-uns des cantiques de Sion!
Comment chanterions-nous les cantiques de l’Éternel Sur une terre étrangère? » (Psaume 137:1-4).
Ils auraient pu rester dans le pays de leur naissance, mais le cœur d’un voyageur était en eux. C’est le propre de tous les vrais descendants d’Abraham : ils ne se sentent pas chez eux en ce monde. Une faim des choses d’en haut est née en eux, le désir d’une cité céleste dont Dieu est l’architecte et le constructeur.
C’est Dieu qui a placé ce désir en eux par son acte initial de foi. Les hommes de foi répondront toujours à cette aspiration.
Dans son enseignement sur la foi que l’on trouve en Romains 4:1-12, l’apôtre Paul demande : que dirons-nous d’Abraham ? Il crut à Dieu, et cela lui fut imputé à justice. À celui qui ne fait point d’œuvre, mais qui se confie en celui qui justifie l’impie, sa foi est imputée à justice.
À cette époque, Abraham n’était pas un Juif circoncis ; il fut donc déclaré juste avant même de devenir un enfant de l’alliance (juive). Il en fut ainsi afin qu’il pût être le père, non seulement des circoncis (les Juifs), mais aussi de tous ceux qui sont déclarés justes en dehors de l’alliance (juive). Ce n’est pas l’observation de la loi (ni aucune bonne œuvre) qui rend juste : cela ne s’obtient que par la foi. Abraham est donc considéré comme le père de tous ceux qui sont justifiés par la foi. Ainsi, même à nous qui sommes des païens marchant par la foi, la promesse de Dieu fondée sur la grâce est assurée. Nous hériterons la terre !
« C’est pourquoi Dieu n’a pas honte d’être appelé leur Dieu, car il leur a préparé une cité » (Hébreux 11:16).
À quel point es-tu attaché à ce monde ? Trouves-tu ta valeur dans la quantité de richesse ou de gloire que tu peux amasser ? As-tu besoin de sa popularité et de son approbation pour nourrir ton estime de toi-même ? Ou bien es-tu de ceux que Jésus appellerait les « plus grands » dans son royaume ?
Un jour, les disciples de Jésus faisaient ce que beaucoup d’entre nous aiment faire. Ils avaient une discussion intéressante. On aimerait croire qu’elle portait sur quelque chose d’important, comme la sécurité éternelle ou l’enlèvement avant la tribulation, mais ce serait leur accorder plus de crédit qu’il ne convient. En fait, ils se disputaient pour savoir lequel d’entre eux était le plus grand (Marc 9:33-34) ! À cause de cela, Jésus se mit à leur enseigner ce que signifie être grand dans son royaume, ici sur la terre, et dans la cité qu’il leur a préparée.
1. Ils doivent être des serviteurs, voire des esclaves (Marc 10:42-45).
2. Ils doivent accepter d’être les derniers et les moindres (Marc 9:35 et Luc 9:48).
3. Ils doivent devenir humbles comme un petit enfant (Matthieu 18:4).
4. Ils doivent avoir l’attitude du plus jeune (Luc 22:26).
Cet enseignement est bien contraire aux structures de pouvoir de ce monde et, hélas, à une trop grande part de ce que nous voyons aujourd’hui dans la direction de l’Église. Où sont les responsables-serviteurs, qui ne recherchent ni la prééminence ni l’honneur pour eux-mêmes, mais qui trouvent leur joie à être les derniers et les moindres lorsque d’autres reçoivent la renommée et les acclamations ? Où sont les croyants qui, comme un petit enfant, sont transparents, incapables de tromper longtemps, sans rancune et sans offense ? Où sont les plus jeunes, à qui le monde n’est nullement attaché et qui n’ont guère souci de réclamer leurs droits ou de préserver leur base de pouvoir ?
Où sont les gens qui marchent par la foi, ceux dont il n’a pas honte ?
Bien que ces gens fussent considérés comme des voyageurs en ce monde, ils savaient trois choses : 1. Ils savaient que Dieu avait fait une promesse à Abraham.
2. Ils savaient que Jésus accomplirait cette promesse.
3. Ils savaient qu’ils avaient une destinée glorieuse : habiter dans la cité de Dieu.
Je pense à Jean 13:3, où Jésus, « qui savait que le Père avait remis toutes choses entre ses mains, qu’il était venu de Dieu, et qu’il s’en allait à Dieu », se leva alors et lava les pieds de ses disciples (Jean 13:1-20) ! Être serviteur ne devient facile que lorsqu’on connaît sa position devant Dieu.
Peux-tu te retourner vers un lieu où Dieu commença en toi son œuvre de foi, lorsqu’il t’amena à la croix ? Regardes-tu en avant, sachant qu’il te conduira dans la destinée glorieuse qu’il a préparée pour toi ?
Marches-tu dans la foi qui mène à cette destinée ? Une marche non par ta propre force, mais par son impulsion au-dedans de toi ?
La foi exige que nous ayons une vision des promesses de Dieu et un désir de sa présence.
Résumé. 1. Les hommes de foi ne se sentiront jamais chez eux en ce monde. Ils sont des pèlerins, et vivront donc en conséquence.
2. Jamais ils ne veulent revenir aux voies du monde, à ses intrigues et à sa politique, à ses méthodes et à ses récompenses, à ses plaisirs et à ses promesses.
3. Le Roi déclare que, pour être grand, il faut avoir l’attitude du serviteur, de l’enfant, du dernier, du moindre et du plus jeune.
4. En tant que descendants spirituels d’Abraham — le père des enfants de la foi — nous avons une grande destinée. Nous « hériterons la terre ».
5. Les grandes promesses de Dieu ne viennent qu’à ceux qui sont morts à eux-mêmes.
6. Dieu n’a pas honte de nous !