Chapitre 8 · 23 min de lecture
Les conditions de la prière efficace
« Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé. » Jean 15:7 « C’est pourquoi je vous dis: Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l’avez reçu, et vous le verrez s’accomplir. » Marc 11:24 « Si quelqu’un d’entre vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée. Mais qu’il la demande avec foi, sans douter; car celui qui doute est semblable au flot de la mer, agité par le vent et poussé de côté et d’autre. Qu’un tel homme ne s’imagine pas qu’il recevra quelque chose du Seigneur. » Jacques 1:5- « De même aussi l’Esprit nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu’il nous convient de demander dans nos prières. Mais l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables;
et celui qui sonde les cœurs connaît quelle est la pensée de l’Esprit, parce que c’est selon Dieu qu’il intercède en faveur des saints. » Romains 8:26-27 Je n’ai pas pris les textes dans l’ordre où ils se présentent, mais dans l’ordre où ils se suivent logiquement l’un l’autre, et où ils éclairent le sujet.
Et maintenant, dans les quelques remarques que je souhaite faire, je m’efforcerai de répondre aussi aux lettres que j’ai reçues à ce sujet. Il n’est peut-être pas d’expérience plus courante de nos jours que celle-ci, rien qui me soit dit plus constamment par les chrétiens de profession : « Eh bien, j’ai prié longtemps pour certaines choses, mais je ne semble obtenir aucune réponse à mes prières. » Je m’étonne souvent que de telles personnes ne renoncent pas tout à fait à prier. Je crois que je le ferais si je n’obtenais jamais de réponse.
Or, je le dis, voilà une expérience qui déshonore grandement Dieu, et il doit y avoir quelque chose qui cloche quelque part lorsqu’il en est ainsi. Il doit y avoir quelque chose qui cloche, soit du côté de ceux qui prient, soit du côté de Celui qui donne. Oh ! je sens souvent combien il est profondément déshonorant pour Dieu de voir des chrétiens se réunir, comme ils le font fréquemment à travers le pays, pour prier en vue d’un réveil, pour prier au sujet d’une chose précise dans leurs Églises et dans leurs familles, et cela ne vient jamais.
Il y a quelques années, lorsque la vague du réveil balayait l’Irlande et l’Amérique, vous savez que les Églises de ce pays tinrent des réunions de prière communes pour demander qu’il vînt en Angleterre ; mais il ne vint pas, et les sceptiques hochèrent la tête et écrivirent dans leurs journaux : « Voyez, le Dieu des chrétiens est sourd ou parti à la chasse, car ils ont tenu des réunions de prière dans tout le pays pour un réveil, et il n’est pas venu. » Oh ! comme mes joues brûlaient de honte à cette pensée ; comme je m’en affligeais ! Je savais que ce n’était pas parce que notre Dieu dormait — ni parce que sa puissance était limitée — ni parce que son cœur de compassion ne soupirait pas après les pécheurs — ni parce qu’il n’aurait pu répandre son Esprit et nous donner les mêmes glorieux temps de rafraîchissement qu’ils avaient connus ailleurs. Ce n’était pas là la raison. Il n’y avait qu’une seule raison, et c’était que son peuple demandait mal.
Ils ne comprenaient pas les conditions de la prière puissante et efficace. Ils ne les remplissaient pas.
Auraient-ils prié jusqu’à maintenant, en gardant la même attitude, qu’ils n’auraient pas reçu la réponse, car il y a des conditions à ces promesses, comme à toutes les autres promesses ; et nous aurons beau prier jusqu’à en devenir bleus, si nous ne satisfaisons pas aux conditions, Dieu ne fera jamais un pas pour venir à notre rencontre, et n’accomplira jamais les promesses dans notre expérience. Puissiez-vous, vous qui êtes éveillés à percevoir vos responsabilités et vos obligations à l’égard d’un monde qui périt, prêter attention à mes paroles, et emporter avec vous ce que je dis — y réfléchir, prier à ce sujet, vous efforcer de comprendre que c’est le message du Seigneur pour vous.
Ce ne sont là qu’une petite fraction des glorieuses promesses concernant la prière. Il y en a quantité dans la Bible, par lesquelles Dieu s’est engagé à répondre aux prières fidèles de son peuple.
« … La prière fervente du juste a une grande efficace. » — Jacques 5:16 Or, pourquoi la grande masse des chrétiens de profession n’obtient-elle pas de réponse à ses prières ? En premier lieu, ils n’ont pas le CARACTÈRE à qui Dieu a fait les promesses. Ces promesses sont faites aux saints de Dieu — à ceux qui gardent ses commandements, qui marchent dans la lumière et ont communion avec lui par le Saint-Esprit, et, par conséquent, l’Esprit peut intercéder pour eux. Comment l’Esprit peut-il intercéder pour une personne lorsqu’il n’est pas au-dedans d’elle ? Ceux qui marchent dans la lumière peuvent voir quel genre de requêtes présenter, quand les présenter et comment les présenter ; ils voient tout cela, parce qu’ils sont dans la lumière. De telles personnes demandent, et reçoivent. Mais, hélas ! c’est parce qu’il y en a si peu que le caractère de Dieu est chaque jour dénaturé, et que les sceptiques se moquent de nous, et de notre Dieu aussi.
Or, n’essayez pas d’ignorer cela ni de l’écarter de vous. À qui ces promesses sont-elles faites ? Je défie quiconque de me trouver dans cette Bible des promesses qui, considérées avec leur contexte (sauf dans le cas des pécheurs qui se repentent, lesquels forment une catégorie particulière à qui sont faites des promesses particulières), s’adressent à d’autres qu’aux saints.
Il n’y a de promesses de réponse à la prière que pour cette catégorie de personnes. Ces promesses ne sont pas faites à tout le monde, n’est-ce pas ? La prière du méchant est en abomination à Dieu, sauf lorsqu’il prie pour se détourner de sa méchanceté. Alors cette prière n’est pas une abomination ; mais toutes les autres prières du méchant le sont. Ces promesses sont faites aux justes — à ceux qui sont : premièrement, en communion avec Dieu. « Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous » — ayant été amenés à une communion vivante par une foi vivante, les promesses sont faites à ceux qui maintiennent cette union — qui y marchent, qui y vivent, et qui usent des occasions et des privilèges que Jésus leur a donnés en raison de cette union.
Or, vous le voyez, mes amis, il ne suffit pas d’avoir été autrefois en union avec Jésus pour obtenir des réponses à vos prières. Je crains qu’il y en ait des milliers dans un état de relâchement. Ils ont lâché la prise de la foi ; ils ne demeurent pas en Christ ; ils demeurent hors de lui, et pourtant ils prient sans cesse en se demandant pourquoi Dieu ne répond pas à leurs prières. Ne voyez-vous pas que la première condition fait défaut ? Il n’y a aucun moyen possible de s’approcher du Père si ce n’est par le Fils. Toutes les prières qui ne montent pas à lui par son Fils et en son Fils sont en abomination à Dieu, hormis celles comme celles de Corneille, qui n’avait jamais entendu parler de Christ ; mais pour ceux qui ont jamais eu la lumière et connu son Fils, aucune prière n’est agréée tant qu’ils sont hors d’une union vivante avec son Fils. Et cela ne signifie pas simplement dire : « À cause du Seigneur Jésus-Christ. » Il n’importe guère de ce que les gens disent.
Dieu ne fait jamais attention aux paroles des gens ; c’est à ce qu’ils veulent dire et à ce qu’ils ressentent qu’il prête attention, et il sait quand les gens offrent réellement leurs prières en union avec son Fils. Ils ne sont pas en union, et, par conséquent, leurs prières ne s’élèvent jamais plus haut que la pièce où ils les offrent.
Elles sortent à peine de leur bouche ; Dieu ne les entend jamais. Elles sont noyées et ensevelies dans leur propre gorge.
Oh ! vous, jeunes convertis, ne sortez jamais de l’union vivante avec Jésus. Demeurez-y — tenez-la ferme — marchez-y, et vous obtiendrez chaque jour des réponses à vos prières. Vous en serez aussi certains que si vous voyiez Dieu faire ce que vous demandez et l’entendiez vous parler. Vous pourrez dire : « Je sais que tu m’exauces toujours. » Béni soit son nom ! Ceux qui demeurent en lui peuvent le dire, dans leur mesure.
La condition suivante de la prière efficace est l’obéissance à la lumière. Or, que signifie marcher dans l’obéissance ? Eh bien, cela ne signifie pas fouiller ce Nouveau Testament pour découvrir avec combien peu de la grâce de Dieu on peut entrer au Ciel ! Cela ne signifie pas courir de-ci de-là pour voir ce que dit l’un et ce que dit l’autre au sujet d’un texte, simplement pour pouvoir échapper au sens réel et pratique du texte ! De telles personnes sont des hypocrites au fond du cœur, qui qu’elles soient — ou du moins des insincères. Elles ne veulent pas connaître la volonté de Dieu ; elles préféreraient de beaucoup ne pas la connaître. Elles veulent se soustraire au sens clair, pratique et évident du texte, et alors elles disent : « Cela ne veut pas dire exactement ce que cela dit », et « Cela devrait s’interpréter de telle ou telle manière » ; et elles se rassurent et cherchent à se mettre à l’aise alors qu’elles sont des traîtres au fond du cœur. Ce n’est pas là marcher dans la lumière.
Marcher dans la lumière, c’est comme marcher au soleil — non pas courir derrière un pilier par-ci et un arbre par-là pour échapper à la lumière. C’est venir tout droit et dire : « Maintenant, Seigneur Jésus, je veux connaître ta volonté. Seigneur, répands ta lumière sur moi. Je suis prêt à la suivre, même si elle mène à l’échafaud ou au bûcher. »
Premièrement, désirez avoir la lumière. Oh ! cela me fend le cœur — j’allais dire cela me fait bouillir d’une sainte indignation, dans la jalousie pour l’honneur de Dieu, de penser qu’il soit ainsi dénaturé et blasphémé par ceux qui professent l’aimer — qui essaient de prétendre qu’ils s’égarent parce qu’ils manquent de lumière. Rien de tel. Il y a ici de la lumière en abondance, mais il vous faut dire : « Oui, Seigneur, je consens à l’avoir, même si elle me condamne. Si elle condamne mon cœur, ma tête, Seigneur, répands-la sur moi.
Si elle condamne ma vie, répands-la sur moi. Si elle condamne ces compagnons, ces complaisances, répands-la sur moi : j’y renoncerai. Si elle condamne mes affaires, répands-la sur moi : j’abandonnerai ces affaires, et je mourrai plutôt dans la pauvreté que de les continuer. Si elle condamne mes relations de famille, je me séparerai d’elles et je te suivrai. »
Le Seigneur répondra toujours à une âme de cette sorte. Il posera le doigt sur tel point douloureux, puis sur tel autre, et il vous dira quoi faire, et vous en serez aussi certains que si vous entendiez sa voix audible. Que signifie marcher dans la lumière ? Obéir à sa voix. Ne vous arrêtez pas à débattre avec le raisonnement humain, mais, comme le fit Paul, levez-vous et partez pour commencer la carrière que votre Maître ordonne. Paul ne s’arrêta pas à consulter la chair et le sang. Il ne s’arrêta pas à calculer ce que cela lui coûterait, mais il alla de l’avant, et ne s’arrêta jamais avant d’avoir atteint le but. Voilà marcher dans la lumière — obéir — non pas rester là à ergoter avec le Seigneur à ce sujet, non pas dire : « Oh ! mais » — mais le faire.
Oh ! mes amis, quel que soit celui qui vous prêche un autre Évangile, quel que soit celui qui vient avec la doctrine que vous pouvez être agréés de Dieu ou être un saint à d’autres conditions — pour l’amour de Christ et pour l’amour de votre âme, ne les croyez pas. Comme le dit l’apôtre Jean : « Si quelqu’un vient à vous et n’apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison, et ne lui dites pas: Salut! » — 2 Jean 1:10 Vous dites : « Mais alors, c’est un bien coûteux sacrifice. » Ce l’est, en un sens ; mais lorsque vous avez payé le prix, lorsque vous avez fait le sacrifice, lorsque vous êtes entrés sur le chemin, la joie, la lumière, la puissance et la gloire valent cent fois davantage. Quelqu’un qui a jamais obtenu la Perle de grand prix a-t-il jamais eu le sentiment d’avoir donné trop pour elle, même s’il avait donné tout ce qu’il possédait ?
Jamais ! Des martyrs et des confesseurs se sont glorifiés de la posséder pendant qu’ils souffraient sur le chevalet et dans les flammes, et vous n’avez jamais entendu un seul témoignage qu’un homme ou une femme de Dieu ait jamais pensé avoir payé un prix trop élevé pour elle. Jamais ! Voulez-vous que vos prières soient exaucées ? Voilà le moyen. Marchez de telle sorte que votre propre cœur ne vous condamne pas. L’enfant obéissant qui vit en harmonie aimante avec son parent n’a aucune crainte de venir demander des faveurs. Il sait qu’il les obtiendra. Son propre cœur ne le condamne pas.
« Bien-aimés, si notre cœur ne nous condamne pas, nous avons de l’assurance devant Dieu. » — 1 Jean 3:21 Je défie quiconque de séparer l’assurance et l’obéissance. Si vous ne voulez pas être obéissant, vous ne pouvez avoir d’assurance. Je mets au défi tout chrétien ici présent de me dire qu’il peut monter au trône de Dieu avec foi pour quelque bénédiction alors que son propre cœur le condamne. Il sait qu’il ne le peut pas. Il lui faut d’abord obtenir que cet état de condamnation soit ôté avant de pouvoir exercer la foi pour quelque bénédiction.
Marchez dans la lumière, et alors vous aurez communion avec lui, et son sang vous purifiera de tout péché, et l’Esprit vous enseignera comment prier et pour quoi prier, ce dont la grande masse des chrétiens de profession ne sait rien.
De plus, la conduite, l’enseignement et l’instance du Saint-Esprit sont la condition suivante de la prière efficace. Nous pourrions appeler ces conditions une chaîne à quatre maillons, reliant nos âmes au cœur même de Dieu. Premièrement, la communion avec Jésus ; deuxièmement, l’obéissance à ses commandements, marcher dans la lumière ; troisièmement, l’intercession de l’Esprit qui habite en nous ; et quatrièmement, l’exercice de la foi. Si vous manquez à l’un quelconque de ces maillons, vos prières sont ruinées. Vous pouvez avoir les trois autres, mais si vous en manquez un, vous n’obtiendrez pas de réponses. Cela coupera la communion, et il n’y aura aucune réponse.
Je crains que bien des chrétiens de profession ne sachent pas ce que signifie l’Esprit d’intercession. Ils ne connaissent rien de l’Esprit intercédant pour eux par des soupirs qui ne peuvent s’exprimer. Lorsque nous aurons davantage de cet Esprit de prière d’intercession chez les parents, nous verrons naître davantage d’enfants spirituels. Or, le Saint-Esprit dit ici que nous ne savons pas ce qu’il nous convient de demander à moins que l’Esprit ne nous l’enseigne ; c’est pourquoi les gens, comme le dit Jacques, ne cessent de demander sans recevoir, parce qu’ils demandent mal.
« Vous demandez, et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, dans le but de satisfaire vos passions. »
— Jacques 4:3 Cela signifie vos désirs, vos affections et vos desseins terrestres, limités par l’horizon de la terre.
Or, je crois que c’est là la grande raison pour laquelle des milliers de chrétiens prient sans jamais obtenir de réponses.
Ils sont égoïstes dans leurs prières ; ils sont terrestres ; ils demandent mal, afin de le dépenser pour leurs désirs terrestres, leurs affections et leurs inclinations naturelles. Des mères me disent qu’elles ont prié pour leurs enfants pendant des années sans en voir un seul converti.
Je réponds : « D’autant plus dommage ; d’autant plus de honte pour vous. » Pourquoi ? Parce qu’elles n’ont fait que des prières égoïstes et instinctives, parce que c’étaient leurs enfants, ou parce qu’elles voulaient qu’ils fussent religieux afin qu’ils ne tombent pas dans le péché ni n’attirent la disgrâce ou le malheur sur la famille, ou parce qu’il serait si agréable de les avoir religieux. Mais elles ne veulent pas qu’ils soient trop justes ; elles ne veulent pas qu’ils soient assez livrés à Dieu pour retrancher les vanités et les folies de ce monde et se donner entièrement à Christ — c’est trop ; elles veulent seulement assez de religion pour en faire une consolation pour elles-mêmes. Répondriez-vous à de telles prières si vous étiez Dieu ? Des centaines et des milliers de prières sont offertes chaque jour qui ne vont pas plus profond ni plus haut que cela, si l’on en analysait les mobiles — et le Saint-Esprit, lui, les analyse.
Je crains que bien des épouses ne prient pour leurs maris sur la même voie. Elles ne sont pas troublées que leurs maris vivent dans la désobéissance à Dieu, gaspillant leur temps, leurs talents et leur argent, et privant le royaume de Jésus-Christ de ce qu’ils pourraient faire pour lui. La considération angoissante, c’est que, s’ils étaient religieux, ils passeraient bien plus de temps à la maison ; qu’ils gaspillent l’argent au lieu de l’épargner pour les enfants ; et que, s’ils étaient religieux, tout cela serait redressé. Or, je le dis, Dieu n’exaucera jamais la prière de cette épouse pour son mari ! Vous devez songer à ce que votre mari pourrait être pour Dieu — à ce qu’il pourrait faire pour le royaume de Dieu — à la manière dont Jésus-Christ a versé son sang pour lui — combien une vie de péché déshonore Dieu ; et vous devez vous arrêter à cela jusqu’à ce que votre cœur soit prêt à se briser, et vous verrez bientôt votre mari converti, si vous agissez avec sagesse en même temps que vous priez.
Dieu hait l’égoïsme — l’égoïsme est l’ennemi, son incarnation même. Vous devez sortir de vous-même ; vous devez toujours regarder votre enfant comme appartenant à Dieu, comme ayant une âme précieuse rachetée par le sang précieux de Jésus, et ayant des talents et des capacités pour le glorifier et répandre son royaume ; et vous devez fonder vos prières là-dessus et dire : « Je préférerais les déposer mille fois dans la tombe — je préférerais qu’ils soient pauvres et méprisés — plutôt qu’ils grandissent pour te déshonorer. » Alors vos prières seront exaucées !
Les gens prient au sujet de leurs affaires. Dieu voit que le moyen de perdre cette personne, c’est de la laisser réussir. Il n’a pas besoin d’argent pour faire avancer son œuvre. Dieu voit que la prospérité rongerait leur âme comme une maladie, et c’est pourquoi il ne les laisse pas réussir. L’Esprit de Dieu ne conduit jamais l’âme à une prière égoïste. Non ; il conduit l’âme à pleurer parce que les hommes ne gardent pas sa loi, à s’affliger plus de ses intérêts à lui que des siens propres. Elle consent à ce que sa propre maison demeure vide, si cela peut favoriser la propagation du royaume de Dieu. Elle consent à ce que le passereau trouve un nid sur son propre autel, si par là elle peut enrichir et glorifier l’autel de l’Éternel.
Vient alors le dernier maillon — la foi. Voici un autre secret. Aucun croyant ne peut exercer la foi pour quoi que ce soit auquel le Saint-Esprit ne l’élève. Vous aurez beau prier, et prier, jamais vous n’exercerez la foi tant que vous n’aurez pas l’Esprit intercédant en vous. Il n’y a que bien peu de difficulté à croire pour ceux qui ont franchi les trois étapes précédentes.
Ceux qui sont en communion avec Jésus, ceux qui marchent dans la lumière, ceux qui ont le Saint-Esprit comme un Esprit intercesseur — ils savent pour quoi prier ; ils savent quelle est la pensée de l’Esprit ; ils savent comment l’Esprit les conduit, et ils peuvent monter jusqu’au trône et « demander et recevoir ». Ils savent que leur requête est selon la pensée de Dieu, et ils peuvent lutter, s’il le faut, comme la femme syro-phénicienne, s’il juge bon d’éprouver leur foi. Il ne répond pas toujours aussitôt. Il les laisse lutter avec des gémissements qui ne peuvent s’exprimer ; mais ils savent que l’Esprit intercède pour eux, et ils tiennent bon parfois au milieu d’un grand découragement et de la tentation, jusqu’à ce que la réponse vienne. Ils obtiennent l’assurance de la foi, qui dit : « Oui, cela se fera. » Les gens les regardent avec étonnement. Des amis chrétiens savent que la chose pour laquelle ils prient n’est pas venue, et disent : « Vous avez l’air aussi joyeux que si vous l’aviez déjà. » « J’ai reçu les arrhes ; je sais que cela vient ; j’ai l’assurance que cela se fera. » Or, tout parent qui prie devrait lutter jusqu’à ce que cela soit obtenu pour chaque enfant. Vous ne devriez jamais cesser avant cela, et ensuite instruisez autant que vous priez — travaillez avec Dieu : c’est la loi du royaume, d’un bout à l’autre. Croyez que vous le recevez, et vous l’aurez.
Oh ! quelle confusion, quel embrouillamini règne, lorsqu’on s’occupe de pauvres âmes à ce point précis. Les gens disent : « Crois que tu es sauvé, et tu es sauvé. » J’ai maintes fois entendu des chrétiens donner ce conseil aux âmes. « Crois que tu es sauvé, et tu es sauvé. » Crois un mensonge, et il se réalisera. Est-ce là la philosophie de Dieu ? À quoi sert-il de dire à une personne de croire qu’elle est sauvée avant qu’elle ne le soit ?
C’est lui dire de croire un mensonge. Les gens disent : « Crois que tu es sanctifié, et tu es sanctifié. »
Vraiment ! Quand avez-vous été sanctifié ? Dieu ne dit jamais à une personne de croire une chose avant qu’elle n’arrive. Il a fait en sorte que l’octroi du don soit simultané à l’exercice de la foi. Crois que tu reçois, et tu auras — non que tu as reçu il y a une heure, car cela ne serait pas vrai ; non que tu recevras dans une heure, car cela serait de la présomption. Il n’y a pas de telle promesse, mais crois que tu reçois maintenant, et tu auras. « Je ne décevrai jamais celui qui ose se confier en moi à ce point. » Ils l’auront. Vous dites que le temps des miracles est passé.
Oui, parce que le temps de cette sorte de foi est passé. Vous verrez revenir les miracles lorsque cette sorte de foi reviendra. Dieu s’est lié à la foi de son peuple véritable, et il briserait plutôt toutes les lois de la nature que de briser les lois de la grâce. Il peut aisément écarter une loi de la nature ; mais il n’écartera jamais une loi de la grâce. Il s’est lié à la foi — la seule puissance dans l’univers à laquelle il se soit lié — et personne ne s’est jamais levé en ce monde pour dire : « Je me suis confié en Dieu, et il m’a trompé. »
La foi, c’est la confiance — la foi, c’est l’abandon — comme si vous étiez mourant et qu’il ne vous restât rien d’autre que la simple promesse de Dieu. Vous dites : « Je meurs ; il me faut me confier maintenant », et cette personne s’élance sur la promesse. Elle cesse d’expérimenter et se confie réellement ; et vous avez vu la lumière venir dans ses yeux ; vous avez entendu le chant de louange jaillir de ses lèvres, parce qu’elle a cru qu’elle recevait, et elle a reçu.
Or donc, certains d’entre vous qui m’avez écrit savez que vous vivez en communion avec Jésus.
Certains d’entre vous ont récemment commencé à marcher dans la lumière. Vous avez retranché et rejeté les idoles ; vous vous êtes abandonnés à la volonté de Dieu, et avez promis, par sa grâce, de le suivre jusqu’au bout. Vous sentez bien que le Saint-Esprit est en vous. Oh ! je vous supplie d’obéir pleinement, de laisser l’Esprit agir à sa guise. Ne le retenez pas. Ne pensez pas que cela nuira à votre corps ; ne pensez pas que c’est trop ; ne pensez pas que vous devenez fanatiques ; ne pensez pas qu’après tout Dieu n’exige pas ce genre de chose — suivez l’Esprit. Laissez l’Esprit vous conduire, et gémir à travers vous ; laissez l’Esprit lutter avec Dieu à travers vous — suivez-le. Si nous avions davantage de cela dans nos cultes, nous aurions plus de fruit ; et si l’Église en avait davantage, il naîtrait plus d’âmes dans le royaume.
Ce fut l’une des choses par lesquelles j’ai attristé l’Esprit de Dieu à mes débuts : je ne voulais pas le laisser, autant qu’il l’aurait fait, faire de moi une femme de prière ; et pourtant, en comparaison de bien d’autres peut-être, j’en étais une. Il avait coutume de me mettre à cœur des personnes et des sujets particuliers, si bien que je ne pouvais m’empêcher de prier ; mais oh ! avec quelle amertume j’ai regretté et pleuré devant le Seigneur de ne pas l’avoir laissé agir en moi tout à sa guise à cet égard. Prenez-en avertissement ! et vous que l’Esprit commence à conduire, laissez-le vous conduire. Répandez vos âmes pour les autres et avec les autres. Je crois que plus d’âmes sont convaincues dans la prière véritable que dans la prédication.
Je l’ai remarqué bien des fois. J’ai vu, au fond d’une grande salle ou d’un théâtre, ou dans la galerie, quantité des hommes les plus grossiers que l’on puisse concevoir, se conduisant de la manière la plus inconvenante, saisis par l’influence de la prière. Parfois, alors que le tapage était prêt à éclater en désordre ouvert, une petite femme a étendu les mains sur l’assemblée et a dit : « Maintenant, prions » ; et j’ai vu toute cette masse d’hommes prendre une attitude de calme et de respect. J’ai observé le visage de l’assemblée, et j’ai vu de grands gaillards au visage rude et noirci baisser la tête, et parfois s’essuyer les yeux ; et lorsque nous nous sommes levés pour chanter, il n’y a plus eu de conduite désordonnée, mais ils se sont installés avec le sérieux de la mort, pour écouter. Des centaines d’entre eux furent convaincus de péché sous l’effet de cette prière. C’était le Saint-Esprit luttant pour ces âmes dans le cœur de cette femme qui les frappait de conviction.
La prière est une agonie de l’âme — une lutte de l’Esprit. Vous savez comment les hommes et les femmes traitent les uns avec les autres lorsqu’ils sont dans une ardente et désespérée résolution de voir une chose s’accomplir. Voilà ce qu’est la prière, que ce soit envers des êtres humains ou envers Dieu ; et lorsque votre cœur est influencé, fondu, remué et chargé par le Saint-Esprit pour les âmes, vous aurez de la puissance, et jamais vous ne prierez sans que quelqu’un ne soit convaincu — les yeux obscurcis de quelque pauvre âme s’ouvriront, et la vie spirituelle commencera.