Chapitre 3 · 26 min de lecture
La foi qui sauve
« Il les fit sortir, et dit : “Seigneurs, que faut-il que je fasse pour être sauvé ?” Paul et Silas répondirent : “Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et ta famille.” » Actes 16:30-31 C’est là l’un des textes les plus mal compris et les plus mal employés de la Bible, et peut-être l’un de ceux qu’on a fait travailler autant pour le diable que pour Dieu. Que chaque croyant ici présent demande dans la foi la lumière du Saint-Esprit, tandis que nous cherchons à le comprendre et à l’appliquer correctement. Considérons : qui doit croire ?
Quand doivent-ils croire ?
Comment doivent-ils croire ?
1. Qui doit croire ?
À qui le Saint-Esprit dit-il : « Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé » ? Remarquez-le bien : non pas à tous les pécheurs indistinctement.
Voilà une grave erreur que l’on trouve dans une grande partie de l’enseignement de notre temps. Ces paroles sont souvent détachées de leur contexte et de bien d’autres passages qui les expliquent. On les présente indépendamment des conditions qui les accompagnaient toujours dans l’enseignement et la pratique des apôtres. En vérité, ce n’est que depuis les soixante ou soixante-dix dernières années que cette méthode nouvelle s’est répandue — prêcher indistinctement à des pécheurs non réveillés, non convertis et impénitents : « Crois au Seigneur Jésus-Christ. »
Il me semble qu’un grand tort a été fait à la cause de Christ par ce maniement incorrect de la Parole de Dieu. Outre qu’elle n’est pas conforme aux Écritures, cette méthode est aussi déraisonnable. Comment un pécheur non réveillé, non convaincu et impénitent pourrait-il vraiment croire ? Autant attendre de Satan qu’il croie. C’est impossible.
Des milliers de telles gens disent : « Je crois, moi. » Il y a peu de temps, mon cher fils s’entretenait avec un homme assis sur l’impériale d’un omnibus, qui était sous l’effet de l’alcool et tenait des propos fort inconvenants. Mon fils cherchait à lui montrer le danger de sa conduite pécheresse, en transgresseur de la loi de Dieu. « Oh ! » dit l’homme, « ce n’est pas par les œuvres ; c’est par la foi, et je crois autant que vous. »
« Oui », répondit mon fils, « mais que crois-tu ? »
« Oh », répondit-il, « je crois en Jésus-Christ, et bien sûr je serai sauvé. »
Cet homme est un échantillon de milliers d’autres. J’en rencontre de tels chaque jour.
Ils croient qu’il y a eu un homme nommé Jésus, et qu’il est mort pour les pécheurs — même pour eux. Mais quant à l’exercice de la foi qui sauve, ils n’en savent pas plus qu’Agrippa ou Félix. Cela devient évident à l’approche de la mort. Alors ces mêmes gens se tordent les mains, désespèrent, et appellent des chrétiens à venir prier avec eux.
S’ils avaient vraiment cru, pourquoi toute cette peur et cet effroi à l’approche de la mort ? Ils n’étaient croyants que de l’esprit, non du cœur. Ils acceptaient les faits consignés dans l’Écriture, mais ils ne croyaient pas au sens biblique du mot. S’ils avaient cru, leur foi les aurait sauvés. Nous soutenons qu’il est à la fois inutile et contraire aux Écritures de prêcher « crois seulement » à de telles gens.
Les chrétiens n’ont pas rempli leur devoir lorsqu’ils se bornent à dire aux pécheurs que Jésus est mort pour eux et qu’ils doivent croire en lui. Ils ont une tâche plus difficile : les aider à ouvrir les yeux sur leur véritable état, afin que, par la puissance de l’Esprit, ils comprennent qu’ils sont des pécheurs ayant besoin du salut.
Quand les gens reconnaissent qu’ils sont spirituellement malades, ils courent au grand Médecin. Il faut que les yeux de l’âme s’ouvrent à la réalité du péché et à ses conséquences. Cette prise de conscience devrait faire naître un ardent désir d’en être sauvé. Le grand instrument de Dieu pour cela est sa loi, qui sert de pédagogue conduisant les pécheurs à Christ leur Sauveur.
Il n’y a pas un seul cas dans le Nouveau Testament où les apôtres aient pressé quelqu’un de croire, ou bien où quelqu’un soit décrit comme croyant, sans de bonnes raisons de conclure que la conviction de péché et la repentance avaient déjà eu lieu.
La seule exception apparente est Simon le magicien.
Comme bien des gens aux temps de puissants mouvements religieux, Simon fut entraîné par l’influence des réunions et par l’exemple de son entourage. Il fit profession de foi.
Sans doute admit-il le fait que Jésus était mort sur la croix. Il reçut dans son esprit les faits du christianisme et, en ce sens, devint croyant — tout comme des dizaines de milliers de gens aujourd’hui. Il fut même baptisé. Mais quand vint le moment de l’épreuve — savoir si ses propres intérêts ou ceux de Dieu comptaient le plus pour lui — son véritable état apparut clairement.
Comme le dit l’apôtre : « ton cœur n’est pas droit devant Dieu. » Actes 8:21 Nul n’est converti dont le cœur n’est pas droit devant Dieu. C’est là l’épreuve.
Si Simon avait vraiment été converti, son cœur eût été droit devant Dieu, et jamais il n’aurait imaginé que le don du Saint-Esprit pût s’acheter à prix d’argent. Pierre poursuivit : « car je vois que tu es dans un fiel amer et dans les liens de l’iniquité. » Actes 8:23 Et que dit-il ensuite ?
Dit-il : « Crois immédiatement » ?
Non.
Il dit au contraire : « Repens-toi donc de ta méchanceté, et prie le Seigneur pour que la pensée de ton cœur te soit pardonnée, s’il est possible. »
Repens-toi d’abord, et alors reçois le pardon.
Ainsi, nous recevons une double leçon de ce passage.
Simon est le seul cas rapporté de quelqu’un faisant profession de croire où l’on ne trouve pas, dans le passage lui-même, la preuve évidente que la conviction et la repentance aient précédé la foi. Pourtant, même ici, l’issue démontre la chose.
Simon possédait la foi de l’esprit, mais non la foi du cœur. C’est pourquoi sa profession s’acheva dans l’échec et le désespoir. Quelques-uns m’ont écrit cette semaine, disant qu’ils avaient cru.
On les avait persuadés de faire une profession de foi, mais aucun fruit n’a suivi.
Ah, ce n’était pas la foi du cœur. Ce n’était qu’une foi intellectuelle — comme celle de Simon. Elle t’a laissé pire qu’elle ne t’avait trouvé, et depuis lors tu luttes et tu erres dans les ténèbres spirituelles.
Mais n’en conclus pas que c’était là la foi véritable et que la foi véritable a échoué. Reprends plutôt courage et recommence. Repens-toi, et cherche la chose réelle.
Satan fournit toujours une contrefaçon. Ne tombe donc pas dans le désespoir parce que la fausse sorte de foi n’a pas réussi. Cet échec ne rend pas inefficace la vraie foi de Dieu. Non, certes !
Considérez un autre exemple — les trois mille convertis en un seul jour. Voilà assurément une illustration biblique. Nul ne peut la dire anti-évangélique ni légaliste.
Quelle fut la première chose que fit Pierre ?
Il enfonça dans leurs cœurs la vérité pénétrante de Dieu et les amena sous la conviction.
Il les réveilla au sérieux de leur état, jusqu’à ce qu’ils s’écrient : « Hommes frères, que ferons-nous ? » Actes 2:37 Ils étaient profondément troublés. Leurs cœurs étaient transpercés. Leurs yeux s’ouvrirent aux terribles conséquences de leur péché.
Par suite, ils s’écrièrent devant la grande foule, cherchant la voie du salut.
Pierre les convainquit d’abord de péché et, ce faisant, suivit l’ordre établi par Dieu.
De même, on cite souvent l’eunuque comme illustration de la foi ; mais dans quel état d’esprit était-il ? Était-il un pécheur insouciant et non convaincu ? Le voilà — un Éthiopien, un païen ; mais où était-il allé ?
À Jérusalem, pour adorer le Dieu vrai et vivant du mieux qu’il savait et selon la connaissance qu’il avait. Puis, que faisait-il quand Philippe le trouva ? Il ne se contentait pas d’adorer au temple pour revenir ensuite à sa vie ordinaire sans souci. Il sondait les Écritures. Il cherchait Dieu honnêtement, et le Saint-Esprit sait toujours où sont de telles âmes. Aussi dit-il à Philippe : « Avance, et approche-toi de ce char. » Voilà un homme qui me cherche ; voilà un homme dont le cœur est sincèrement résolu à me trouver. Va prêcher Christ, et dis-lui de croire. Cet homme aurait tout sacrifié, tout fait, tout perdu pour le salut, et dès que Philippe lui eut expliqué la voie de la foi, il la reçut, bien entendu, comme le feront toutes les âmes de cette sorte.
Saul, sur le chemin de Damas, en est un autre exemple. Jésus-Christ lui-même était là le prédicateur, et assurément il ne pouvait se tromper. Sa méthode était parfaite. Par où commença-t-il ? Que dit-il à Saul ? Il voyait un homme au cœur honnête. Saul était sincère, autant qu’il comprenait, et si en quelque cas il semblait y avoir un besoin de recevoir aussitôt Christ par la foi, c’était bien dans le sien.
Mais le Seigneur Jésus-Christ ne dit pas un mot au sujet de la foi. « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » (Actes 9:4) — arrachant de ses yeux les bandeaux de la tromperie et lui laissant voir la méchanceté de sa conduite.
Quand Saul dit : « Qui es-tu, Seigneur ? » (Actes 9:5), il répéta l’accusation. Il ne vint pas avec des paroles de consolation. Il ne guérit pas aussitôt la blessure ; mais il dit : « Je suis Jésus que tu persécutes » (Actes 9:5). Il enfonça la vérité plus profondément encore, ouvrant plus grand les yeux de Saul et le rendant plus conscient de sa faute. Puis il l’envoya à Damas, où il passa trois jours avant de recevoir la guérison. Dieu lui envoya un humble instrument humain, et Saul dut entendre et obéir à ses paroles avant que les écailles ne tombent de ses yeux, avant que ne vienne l’assurance du pardon, et avant que le Saint-Esprit ne remplît son âme.
Je me demande ce que Paul faisait durant ces trois jours ! Non pas chanter des cantiques d’action de grâces et de louange. Cela viendrait plus tard. Que penses-tu qu’il faisait ? Il ne mangea ni ne but, et il demeura dans les ténèbres. Que faisait-il ? Sans doute priait-il. Sans doute cherchait-il ce Christ qui lui avait parlé sur le chemin. Sans doute contemplait-il avec horreur sa vie passée et renonçait-il pour toujours à son opposition à Jésus-Christ et à son Évangile.
Bien entendu, il produisait des fruits dignes de la repentance, selon l’ordre divin (Actes 26). Puis Ananias vint et lui prêcha Christ. Il crut pour le salut, les écailles tombèrent de ses yeux, et sa bouche s’emplit de louange et d’action de grâces envers Dieu.
Corneille en est un autre exemple, mais quel était l’état de son esprit et de son cœur ? Nous savons qu’il craignait Dieu et pratiquait la justice autant qu’il le pouvait. Il donnait généreusement au peuple et priait continuellement. C’est plus que certains d’entre vous n’ont jamais fait, bien que vous viviez aux temps de l’Évangile. Vous n’avez jamais passé une nuit entière à prier pour votre âme — pas même une demi-nuit, quelques-uns d’entre vous. Corneille, si. Il cherchait Dieu. Il désirait sincèrement le connaître. Il était prêt, à tout prix, à faire sa volonté. En conséquence, le Seigneur lui envoya le glorieux message de la révélation de Jésus-Christ.
Je pourrais continuer à donner des exemples, mais je dois m’arrêter. Nous en avons assez dit pour montrer qui doit croire : les pécheurs vraiment repentants, et eux seuls.
Ce texte s’adresse à un pécheur repentant, éclairé, convaincu. Certains d’entre vous êtes éclairés, convaincus, et si troublés que vous ne pouvez dormir. Vous vous repentez, vous. Vous êtes donc précisément ceux à qui vient ce texte : Crois. Vous êtes exactement dans la condition du geôlier.
« Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé » (Actes 16:31). Considérons maintenant l’état d’esprit où était le geôlier. Nous voyons, par tout le récit, comment ses yeux avaient été ouverts. Le tremblement de terre l’avait fait. Certains ont besoin d’un tremblement de terre avant que leurs yeux ne s’ouvrent, et il faut qu’il soit violent. Les yeux du geôlier s’ouvrirent, et il fit le meilleur usage de l’occasion.
Peu de temps auparavant, il avait cruellement traité les apôtres. Parlez d’un changement — en voilà un.
Alors il s’écria : « Seigneurs, que faut-il que je fasse pour être sauvé ? » (Actes 16:30). En effet, il disait : « Je suis prêt à tout faire ; dites-moi seulement quoi. » Quand une âme en vient à cet état d’esprit, il ne reste plus qu’à croire au Seigneur Jésus-Christ. Il vint tout tremblant, se jeta devant eux, et ensuite lava leurs plaies. Quand vous atteindrez cet état d’esprit, vous serez bientôt sauvés. Il ne vous restera plus qu’à croire. Vous trouverez cela facile, alors.
2. Quand le pécheur doit-il croire ?
Quand il se repent.
Ici encore, je vais répondre à quelques-unes de vos lettres. Une personne écrit : « Je crains de ne pas assez sentir mon péché. Je n’éprouve pas d’angoisse particulière à cause du péché, mais je vois bien toute ma vie comme une immense erreur et un immense péché. »
Rien n’est plus commun que de se tromper soi-même sur ce point. Cette personne confond le sentiment avec la conviction. Elle pense que, faute d’avoir éprouvé l’angoisse extrême que d’autres ont connue, elle n’est donc pas suffisamment convaincue de péché. Pourtant le Saint-Esprit lui a ouvert les yeux pour voir que toute sa vie n’a été qu’une grande erreur et un grand péché. Elle est convaincue que tout a été péché — non pas de simples péchés isolés, çà et là, détachés du reste de sa vie, mais une perception de son véritable état qui lui fait voir toute sa vie comme pécheresse.
Assurément, mon ami, tu es convaincu. Qui, sinon le Saint-Esprit, aurait pu te montrer cela ? Or, l’âme vraiment repentante d’abord voit le péché ; ensuite hait le péché ; enfin renonce au péché.
Laisse-moi t’éprouver par chacune de ces marques. Ne laisse pas Satan te tromper et te faire nier ce que Dieu a opéré dans ton cœur. Regarde les faits en face. Quand tu es parvenu à une conclusion, ne lui permets pas d’engager une dispute dans ton esprit. Tiens ferme à ce que tu sais être vrai et avance à partir de là, sinon jamais tu ne trouveras la paix. Satan est l’accusateur des frères — et, je suppose, des sœurs aussi.
Je serai aussi honnête et pénétrant avec toi que je le puis. Je n’esquiverai pas l’examen ; mais une fois que nous aurons examiné et trouvé la vérité, tiens-toi sur elle pour l’amour de Christ, et ne la laisse pas glisser sous tes pieds. Satan cherchera à te dérober ton bon sens, ta conscience et tes convictions.
Tu vois le péché. Une âme entièrement non réveillée ne voit pas le péché dans son vrai caractère, sa gravité ni ses conséquences. Une telle personne admet que tous les hommes sont pécheurs. Oh oui, mais elle ne voit pas la nature mortelle et condamnable du péché. Elle ne voit pas quelle chose mauvaise et amère est le péché en lui-même.
Or, seul le Saint-Esprit peut ouvrir les yeux de quelqu’un pour voir cela. Sans lui, toute ma prédication — ou celle de quiconque, voire la prédication des anges, s’il leur était permis de prêcher — pourrait se poursuivre à jamais sans jamais amener la conviction du péché. Si tu vois le péché, c’est le Saint-Esprit qui t’a ouvert les yeux. Remercie-le et prends courage, mon ami. Si Dieu s’est occupé de toi jusque-là et t’a ouvert les yeux pour voir le caractère et les conséquences du péché, cela ne donne-t-il pas à penser qu’il désire aussi t’en sauver ? Il t’a ouvert les yeux afin de les oindre de collyre et de te rendre capable de voir la lumière dans sa lumière.
Or, en es-tu venu jusque-là ? Tu m’as dit que ta vie n’a été qu’un grand péché. D’autres parlent d’un péché particulier. Quel qu’il soit, si tu es convaincu de péché, c’est le Saint-Esprit qui t’a convaincu. Remercie donc Dieu et prends courage jusque-là.
De plus, le vrai pénitent hait le péché ; c’est-à-dire que son attitude envers le péché est tout autre qu’auparavant. Il fut un temps où tu pouvais commettre le péché presque sans le remarquer ni t’en soucier. Souvent, les gens ne se rendent pas compte du grand changement qui s’est opéré en eux à cet égard, parce qu’ils y sont amenés peu à peu.
Repense à ton état non réveillé. Comment vivais-tu alors ? Les choses mêmes qui aujourd’hui te causent tant de détresse, tu les pratiquais chaque jour sans souci. Les choses qui maintenant t’horrifient, même en pensée ou en tentation, faisaient jadis partie de ta vie quotidienne sans le moindre sentiment de culpabilité.
Tu n’avais ni haine ni crainte du péché. Tu étais un esclave consentant de Satan. Maintenant tu l’es à contrecœur. Autrefois tu courais vers le péché ; maintenant il doit t’y pousser. Quand tu tombes, c’est contre ta volonté. Tu hais le péché.
Or, cela ne veut pas dire que tu en es déjà sauvé. Ni que tu as le pouvoir de t’en sauver toi-même. En fait, c’est là même le combat que décrit l’apôtre lorsqu’il dépeint les efforts infructueux d’un pécheur convaincu. Les choses que tu ne veux pas faire, tu te trouves à les faire ; et les choses que tu désires faire, tu n’as pas le pouvoir de les accomplir. Néanmoins, tu désires faire ce qui est bien. Voilà la différence.
Autrefois, tu n’avais aucun désir de faire ces choses. Bien plus, tu pensais peut-être même que ceux qui les faisaient étaient des hypocrites. Maintenant, tu sens tout autrement. Tu luttes, tu t’efforces, tu pries et tu veilles.
Certains d’entre vous me l’ont dit, et pourtant vous dites : « Je suis vaincu encore et encore. »
Bien sûr que tu l’es, parce que tu n’es pas encore sauvé. Mais ne vois-tu pas que tu désires l’être ? Tu hais le péché qui te tient captif. Tu luttes contre lui. Tu veilles contre lui. Peut-être n’es-tu plus vaincu aussi souvent qu’auparavant.
Les gens ne se rendent pas compte de tout ce qu’ils doivent à la puissance convaincante et retenante du Saint-Esprit, qui vient en aide à leur faiblesse dès maintenant, les rendant capables de couper la main droite et d’arracher l’œil droit, et les amenant à une attitude d’attente devant Dieu, comme Corneille et l’eunuque.
Certains d’entre vous, mes auditeurs, cherchez Dieu. Vous aspirez à la délivrance et vous luttez contre le péché.
Prenez une autre illustration. Je ne veux pas dire que l’âme a le pouvoir de se sauver de sa corruption intérieure. C’est ce que Jésus-Christ donne quand il sauve. Mais considérez ceci : voici un homme adonné à la boisson. C’est un ivrogne. Puis il devient convaincu de péché. L’Esprit de Dieu lui dit : « Veux-tu renoncer à la coupe ? » Alors le combat commence.
Or, faut-il enseigner à cet homme de continuer à boire en attendant simplement que Dieu le sauve ? Faut-il sans cesse lui dire : « Ne t’occupe pas de la boisson ; crois seulement au Seigneur Jésus-Christ et tu seras sauvé » ? Ou faut-il lui dire : « Tu dois rejeter ton péché. Coupe cette main droite. Arrache cet œil droit. Renonce pour toujours à cette boisson dans ton cœur, ton dessein et ta volonté. Tant que tu ne l’auras pas fait, tu ne peux vraiment exercer la foi au Seigneur Jésus » ?
Voici une autre personne adonnée au mensonge. Quand elle est convaincue de péché, elle commence à garder ses lèvres afin de ne pas pécher par sa bouche. Elle y réussit dans une certaine mesure, ou plutôt le Saint-Esprit l’aide à y réussir, de sorte qu’elle ne ment plus comme jadis. Elle faillit encore de temps à autre, parce qu’elle n’a pas encore trouvé la pleine puissance sur ce péché, mais elle est fermement résolue, et pour autant qu’il dépend de sa volonté, elle retranche ce péché extérieur et attend dans l’obéissance la pleine délivrance et le salut.
Il y a aussi le serviteur qui vole régulièrement dans la caisse de son maître. Il assiste à une réunion religieuse et devient convaincu. Alors l’Esprit de Dieu dit : « Tu dois cesser cette malhonnêteté. Tu ne peux venir à cette réunion soir après soir, en prétendant vouloir le salut, tandis que chaque jour tu continues à voler ton maître. Tu dois couper cette main droite. Renonce à ce vol. Résous-toi à faire réparation, et attends devant moi en produisant des fruits dignes de la repentance. »
Vous voyez ce que je veux dire. Certains d’entre vous êtes exactement dans cette position — vous le savez. Quelle que soit l’habitude pécheresse qui vous tient, le principe est le même. Jésus-Christ veut que vous renonciez à cette habitude dans votre volonté, votre résolution et votre dessein. Vous n’avez pas le pouvoir de vous en libérer. Vous pouvez lutter, comme certains d’entre vous disent le faire, mais elle vous vainc encore. Il sait tout cela. Pourtant il approuve la lutte, l’effort, la vigilance et la résolution.
Quand il vous sauvera, il vous donnera la puissance, et alors vous tiendrez debout au lieu de tomber, parce que lui-même vous soutiendra.
Maintenant, tu sais que tu en es venu jusque-là. Tu sais que si tu avais dès à présent le pouvoir de détruire à jamais et entièrement l’emprise de cette mauvaise habitude sur ta vie, tu le ferais sans un moment d’hésitation. Tu dis : « Oh oui, je le ferais. Si seulement j’en avais le pouvoir. » Voilà la repentance. Voilà la repentance véritable.
Ce que tu ne peux faire pour toi-même, Christ vient à ta rencontre, là où tu es, et dit : « Je le ferai pour toi. Je briserai la puissance de cette habitude. Je te délivrerai de la main de l’ennemi. Je t’affranchirai de cet esclavage. Mets seulement ta foi en moi, et je te relèverai. Je te remplirai de mon Esprit.
Tu tiendras en moi et par moi, et ce que tu t’efforces maintenant de faire pour toi-même, je le ferai pour toi. »
Ainsi, tu en es venu jusque-là — que tu hais le péché ?
« Oui, je le hais. »
Tu l’as écrit dans tes lettres, et d’autres le disent qui n’ont pas écrit.
« Oui », dis-tu, « je désire en être sauvé. Si je pouvais me sauver du péché à l’instant même et ne plus jamais pécher, je le ferais. »
Le ferais-tu ? N’est-ce pas là la repentance ? Que pourrait-ce être d’autre ?
Suppose que tu aies un fils désobéissant et rebelle. Il a vécu au mépris de ton autorité, gaspillé ton argent et foulé aux pieds tes commandements. Puis suppose qu’il vienne à voir l’erreur de sa conduite. Peut-être la souffrance lui a-t-elle ouvert les yeux. Peut-être la pauvreté. Peut-être autre chose. Quoi qu’il en soit, il le voit.
Il revient à la maison et dit : « Mon père, quel insensé j’ai été. Comme j’ai été méchant. Je vois tout cela maintenant. Je ne le voyais pas quand je le faisais. Je vois ma voie coupable, les péchés qui t’ont causé du chagrin et rempli ta vie de tristesse. Oh, comme je hais tout cela. Je me repens dans la poussière et la cendre. Mon père, je renonce à tout. Je reviens à toi. »
Que dirais-tu ?
Dirais-tu : « Mon fils, tu ne t’es pas assez repenti. Va-t’en et reviens quand tu ressentiras plus de tristesse » ?
Non. Ton cœur de père s’élancerait dans l’amour et le pardon. Tu l’embrasserais et l’accueillerais à la maison.
« De même, je vous le dis, il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent » (Luc 15:10).
Il y aurait de la joie dans cette famille au retour de l’enfant égaré.
Mais suppose que le fils dise : « Mon père, je me repens vraiment et je renonce à mes péchés, mais il y a des compagnons qui pourraient m’influencer de nouveau, et des habitudes si puissantes que je crains qu’elles ne me vainquent. Laisse-moi rester près de toi. J’ai besoin de ta force. »
Que dirais-tu ?
Ne répondrais-tu pas : « Alors entre, mon fils. Reste avec moi, et je te protégerai. Je t’aiderai. Tu ne marcheras pas seul. Je serai avec toi et je te soutiendrai. »
Autant qu’un père humain pourrait en protéger un autre, tu protégerais ton fils. Jamais il ne manquerait de ta sympathie ni de ton soutien, ni le jour ni la nuit.
Ton Père céleste ne manque ni de sympathie ni de force. Son œil ne dort jamais. Son bras ne se lasse jamais. Tu n’as qu’à apporter ta faiblesse impuissante à sa force toute-puissante par cet acte de foi, et il te soutiendra, quand même une légion de démons t’environnerait.
Enfin, tu renonces à tes péchés — c’est-à-dire dans ta volonté, ton dessein et ta résolution.
Tu dis : « Je ne veux plus jamais l’attrister. »
Tu le chantes, et tu le penses.
« Je ne veux plus l’attrister. »
Si tu pouvais vivre sans l’attrister, tu tiendrais tout sacrifice pour bien employé. N’est-ce pas là la repentance ? Tu sais que oui.
Tu renonces au péché. Tu ne dis pas : « Seigneur Jésus, sauve-moi tandis que je garde cette main droite et cet œil droit. Sauve-moi tandis que je m’accroche à ces choses défendues. »
Non.
Tu dis : « Seigneur Jésus, sauve-m’en. Rends-moi pur. »
Voilà la repentance. Tu vois le péché. Tu hais le péché. Tu renonces au péché.
Maintenant donc, crois au Seigneur Jésus-Christ.
Ô Saint-Esprit, révèle la voie simple de la foi.
Tu demandes : « Comment dois-je croire ? »
Une âme troublée me posa un jour cette question en grosses lettres : « Comment dois-je croire ? »
Comment une épouse croit-elle en son mari lorsqu’elle se donne à lui à l’autel du mariage ? Elle se confie à lui. Elle croit en lui. Elle entre en alliance avec lui, puis rentre chez elle et vit comme si cette alliance était vraie.
Voilà la foi.
Comment te fies-tu à un médecin quand tu es malade, étendu sur ton lit, que ce soit dans la paix ou la souffrance ? Tu remets ton cas entre ses mains. Tu te confies à ses soins. Tu te fies à son habileté et tu suis ses prescriptions.
Aie en Jésus-Christ une foi semblable.
Fie-toi et obéis, et attends-toi à ce qu’il t’advienne selon sa parole.
Au contraire, la foi de bien des gens ressemble à celle d’une personne atteinte d’une grave maladie. Un ami lui parle d’un médecin remarquable qui a guéri des centaines de cas semblables, et lui fournit d’abondantes preuves que ce médecin est à la fois capable et disposé à le guérir, s’il veut seulement se remettre à ses soins. Le malade peut croire pleinement au témoignage de son ami touchant le médecin, et pourtant, pour quelque raison cachée, il refuse de se confier à lui.
Bien des gens traitent Jésus-Christ de la même manière. Ils croient qu’il peut guérir la maladie du péché à ses conditions établies. Ils croient qu’il ne fait point acception de personnes. Ils croient qu’il a sauvé des centaines de gens tout aussi pécheurs qu’eux. Et pourtant, pour quelque raison, ils ne se fient pas à lui. Ils se retiennent.
Ce que tu dois faire, c’est remettre ton cas entre ses mains et dire : « Seigneur Jésus, je viens comme tu m’y as invité, confessant et abandonnant mon péché. Si je le pouvais, je le laisserais pour toujours à l’instant même. Tu sais que je viens en y renonçant, mais sans le pouvoir de m’en sauver moi-même. Et maintenant, Seigneur Jésus, tu as dit : “je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi” » (Jean 6:37).
« Je viens, en effet. Tu ne me mets pas dehors. Tu me reçois. Bienheureux Père céleste, je me donne à toi. Je place mes péchés sur le sacrifice de ton Fils. Tu as dit que tu me recevras et me pardonneras à cause de lui. Maintenant je roule sur lui mon fardeau coupable, et je crois à ta promesse. Je me fie à toi pour que tu sois fidèle à ta parole. »
Voilà la foi.
« Mais », dit une chère dame, « je ne le sens pas. »
Non. Tu dois d’abord te fier.
Remarque-le bien : tu n’as pas d’abord à croire que tu es sauvé, mais à croire qu’il te sauve maintenant, selon sa promesse.
« Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l’avez reçu, et vous le verrez s’accomplir » (Marc 11:24).
Voilà le principe de la foi. Crois que tu reçois avant de sentir. Quand tu recevras, alors tu sentiras. Dieu se montrera vrai, et tout homme ou démon qui le contredit sera trouvé menteur.
Jette tes bras autour du Crucifié. Saisis la main du Fils de Dieu. Amène ton âme coupable au pied de sa croix et dis : « Tu me reçois. Tu me pardonnes. Tu me purifies. Tu me sauves. »
Continue à parler le langage de la foi.
J’ai vu bien des âmes entrer dans la liberté en répétant pour elles-mêmes ces paroles précieuses : « Il était blessé pour mes péchés, brisé pour mes iniquités ; le châtiment qui me donne la paix est tombé sur lui, et c’est par ses meurtrissures que je suis guéri » (Ésaïe 53:5).
Continue à parler le langage de la foi tout le long du chemin, en rentrant ce soir.
Entre dans ta chambre et dis : « Je suis résolu à être sauvé, si le salut m’est vraiment offert. »
Résous-toi à ce que, si tu péris, tu périsses là, au pied de la croix, implorant miséricorde. Mais tu ne périras pas, car il a promis miséricorde à ceux qui viennent.
Je n’ai jamais connu d’âme qui, parvenue à ce point, n’ait bientôt trouvé le salut.
Monte dans le canot de sauvetage. Laisse derrière toi l’épave de ta propre justice et de tes propres efforts.
Entre tout entier dans le canot de sauvetage qu’est le sacrifice de Christ. Tiens ferme à lui, et résous-toi à ne jamais lâcher prise avant que l’Esprit ne rende témoignage au-dedans de ton âme, criant : « Abba ! Père ! » (Romains 8:15), et que tu saches avec certitude que tu es passé de la mort à la vie (Jean 5:24).
Que le Seigneur te vienne en aide.
Amen.