Chapitre 13 · 13 min de lecture
Discours sur la sainteté à Exeter Hall (Premier discours)
Il doit être, je pense, évident pour tous ceux qui sont ici que c’est là la plus importante question qui puisse occuper l’esprit de l’homme : combien nous pouvons ressembler à Dieu, combien nous pouvons nous approcher de Dieu sur la terre, en préparation à ce moment où nous Lui serons parfaitement semblables et où nous vivrons, pour ainsi dire, au cœur même de son cœur, aux siècles des siècles, dans le Ciel. Quiconque possède quelque mesure de l’Esprit de Dieu doit percevoir que c’est là la plus importante question sur laquelle nous puissions concentrer nos pensées ; et le mystère des mystères, pour moi, c’est de comprendre comment quelqu’un qui possède quelque mesure de l’Esprit de Dieu peut s’empêcher de contempler cette bénédiction de la sainteté et de dire : « Eh bien, même si elle semble trop grande pour être atteinte sur la terre, elle est fort belle et fort bienheureuse. Je voudrais pouvoir l’atteindre. » Telle doit être, me semble-t-il, l’attitude de toute personne qui a l’Esprit de Dieu : elle devrait avoir faim et soif de cette sainteté, et sentir qu’elle ne sera jamais rassasiée jusqu’à ce qu’elle s’éveille à la ressemblance bien-aimée de son Sauveur. Et pourtant, hélas ! il n’en est pas ainsi. Bien souvent, la toute première chose que font ceux qui font profession d’être chrétiens, c’est de résister à cette doctrine de la sainteté et de la rejeter comme si elle était la chose la plus infâme qui soit sur la terre.
J’ai entendu, il y a quelques jours, un homme — un chef dans un certain milieu religieux — déclarer que, pour quiconque, parler d’être saint montrait qu’il ne connaissait rien de lui-même, ni rien de Jésus-Christ.
J’ai dit : « Ô mon Dieu ! nous en sommes donc arrivés là, si la sainteté et Jésus-Christ sont aux antipodes l’un de l’autre. Je croyais qu’Il était le centre et la source de la sainteté. Je croyais que ce n’était qu’en Lui que nous pouvions recevoir quelque sainteté, et que c’était par Lui que la sainteté pouvait être opérée en nous. » Mais ce pauvre homme jugeait cette idée absurde.
Que Dieu parle Lui-même ! Depuis que j’ai entendu ces paroles, je crie du fond de mon âme : « Seigneur, parle Toi-même ; agis avec puissance sur les cœurs de ton peuple et réveille-les. Ôte le voile de leurs yeux, et montre-leur quel est ton dessein à leur égard en Jésus-Christ. Ne les laisse pas s’égarer et manquer le but ; ne les abandonne pas, mais, Seigneur, révèle-le dans leurs cœurs. » Il n’y a pas d’autre moyen par lequel cela puisse être révélé, et, si vous voulez bien Le laisser faire, Il le révélera dans votre cœur.
Il m’est venu à l’esprit de dire un mot ou deux sur ce que mon mari a dit au sujet des infirmités, car je rencontre sans cesse des personnes qui veulent faire des infirmités des péchés. Elles soutiennent que les exigences de la loi adamique n’ont jamais été atténuées ; que nous ne sommes pas sous la loi évangélique de l’amour, ou la loi de Christ, comme le dit l’Apôtre, mais que nous sommes encore sous la loi adamique, et que ces imperfections et ces infirmités, auxquelles mon mari a fait allusion, sont des péchés. Je m’étonne que de telles personnes ne songent pas à un certain passage, qui doit à jamais faire voler en éclats pareille théorie, là où l’Apôtre dit : « Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi. »
Si ces infirmités avaient été des péchés, nous aurions cette révoltante anomalie d’un apôtre de Jésus-Christ se glorifiant de ses péchés ! Voyez-vous, ses infirmités n’étaient que ces défauts de l’esprit et du corps qui pouvaient être vaincus et surmontés par la grâce, à la gloire de Christ et pour l’avancement de son royaume.
« Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi » — c’est-à-dire que, par suite de ces infirmités mêmes, la puissance de Christ reposera si bien sur moi qu’elle m’élèvera au-dessus d’elles, me rendra indépendant d’elles, maître d’elles, de sorte que, par ces infirmités mêmes, je glorifierai davantage sa force et sa grâce que si j’étais un homme parfait d’esprit et de corps. Ailleurs il dit : « Et pour que je ne sois pas enflé d’orgueil, à cause de l’excellence de ces révélations, il m’a été mis une écharde dans la chair, un ange de Satan pour me souffleter. » Certains pensent que c’était là un péché ; mais assurément, les mots « ange de Satan » montrent que cette écharde n’était ni un acte ni une disposition de Paul, mais quelque tentation ou affliction extérieure, infligée par Satan. D’ailleurs, l’assurance divine, « Ma grâce te suffit », devrait interdire l’idée d’un péché. Paul pria trois fois le Seigneur d’ôter cette écharde ; assurément, si elle avait été un péché, le Seigneur aurait été aussi désireux de l’ôter que son serviteur l’était ! Cette écharde était sans doute quelque épreuve physique — comme l’indiquent les mots « dans la chair » — quelque tribulation ou douleur, par la patiente endurance de laquelle la force de Christ pouvait être magnifiée dans la faiblesse de Paul — une de ces choses qu’il pouvait supporter « par Celui qui le fortifiait ».
Mais notez-le bien, c’était là une discipline permise par Dieu pour empêcher Paul de tomber dans le péché ; chose tout autre que le péché lui-même. « Dieu ne tente personne par le mal. » Le Seigneur l’envoya à Paul non dans le but de le rendre humble, car il l’était déjà, mais de le garder humble. Et n’envoie-t-Il pas quelque chose à nous tous ? N’avons-nous pas besoin d’épreuves et de tribulations dans la chair afin d’être gardés humbles ? Mais est-ce là une preuve que, parce que nous avons besoin de ces choses pour nous garder humbles, l’orgueil habite donc en nous et règne sur nous ? C’en est une preuve tout à fait contraire.
Oh ! si seulement les gens, dans leurs recherches au sujet de cette bénédiction de la sainteté, gardaient devant leur esprit cette seule chose : qu’elle consiste à être sauvé du péché ! — du péché dans l’acte, dans l’intention, dans la pensée !
J’ai une belle lettre, reçue il y a peu d’une jeune femme, qui m’a écrit peu après mes précédentes réunions dans le West End. Elle me disait qu’elle avait été l’esclave, pendant quatre ou cinq ans je crois, d’un certain péché qui l’assiégeait, et sa première lettre était l’expression même du désespoir. Elle avait lutté, combattu et prié, et tenté de vaincre le péché qui régnait sur elle.
De temps à autre elle remportait la victoire, puis elle retombait, et elle disait : « C’est une chose si subtile, liée à mes pensées et à mon imagination, que je ne crois pas pouvoir jamais être sauvée. » Je répondis à la lettre, et m’efforçai d’encourager sa foi et son espérance en Jésus-Christ. Je lui montrai combien cette incrédulité était déshonorante, et que, si seulement elle voulait Lui faire confiance pour qu’Il vienne et règne dans son cœur, Il pourrait purifier et nettoyer jusqu’à ses pensées et son imagination. Elle fit un léger progrès, et m’écrivit une autre lettre. Je lui écrivis de nouveau, et l’encourageai à se confier davantage. Elle disait qu’elle ne pouvait aller jusqu’à penser qu’Il pût purifier ses pensées. Elle était parvenue à croire qu’Il pouvait la sauver de les mettre en pratique, mais elle ne pouvait croire qu’Il pût les purifier.
Je lui écrivis encore une fois, et m’efforçai, le Seigneur m’aidant, de lui montrer comment Jésus, par l’inspiration de son Saint-Esprit, pouvait purifier jusqu’aux pensées de nos cœurs, et, grâce à Dieu, elle fit un pas de plus. J’ai reçu deux lettres d’elle depuis. Elle disait dans la première : « Je me réjouis en tremblant, de peur que ce ne soit que passager, mais je Lui ai fait confiance pour purifier la source, et je dois dire qu’IL L’A FAIT, et, au lieu de penser ces pensées, j’ai des pensées saintes, et si Satan présente quoi que ce soit à mon esprit, cela m’est si repoussant que je ne saurais vous dire le chagrin et l’horreur dont j’en suis remplie. » Je lui écrivis de nouveau, pour l’encourager, et je reçus une autre lettre, dans laquelle elle disait : « C’est un fait qu’Il a purifié les pensées de mon cœur, et maintenant j’ai conscience que mes pensées Lui sont agréables, qu’Il m’a sauvée de ce péché qui a été le tourment et le supplice de ma vie durant toutes ces années écoulées. »
Or, ce que je veux vous dire, c’est que ce qu’Il peut faire pour l’un, Il peut le faire pour l’autre. Si je me trompe ici, j’abandonne toute la question. Je me méprends entièrement sur le but, la visée et le commandement de l’économie de l’Évangile, si Dieu ne veut pas que son peuple soit pur. Non pas se croire pur quand on ne l’est pas. Oh non ! Il nous est dit, encore et encore, que Dieu veut que son peuple soit pur, et QUE LA PURETÉ DE LEUR CŒUR EST L’IDÉE CENTRALE MÊME, LA FIN ET LE BUT DE L’ÉVANGILE DE JÉSUS-CHRIST ; s’il n’en est pas ainsi, j’abandonne toute la question — je suis totalement abusée.
Pour le justifier, j’ai choisi deux ou trois textes qui semblent tout résumer d’un coup ; des textes récapitulatifs, pour ainsi dire. Je prendrai d’abord, comme échantillon, ce que mon mari s’est efforcé de faire valoir : « Ce que Dieu veut, c’est votre sanctification. » Il y a cependant un sens, et un sens important, où la sanctification doit être la volonté de l’homme. Elle doit être ma volonté, à moi aussi, et si elle n’est pas ma volonté, la volonté divine ne pourra jamais s’accomplir en moi. Je dois vouloir être sanctifiée, comme Dieu veut que je sois sanctifiée. Il y a dans la Bible autant, et plus, d’exhortations à vous sanctifier vous-mêmes qu’il n’y a de promesses de Dieu de vous sanctifier.
Le texte suivant est Jacques 4:8 : « Approchez-vous de Dieu, et il s’approchera de vous. Nettoyez vos mains, pécheurs ; purifiez vos cœurs, hommes irrésolus. » Ceci s’adressait à des rétrogrades, à des gens qui avaient fait profession de croire, mais qui étaient retombés sous la domination de leurs appétits et de leurs passions charnels. Il y a deux ou trois autres textes où toute la question semble se résumer, comme, par exemple, Tite 2:14 : « … qui s’est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité, et de se faire un peuple qui lui appartienne, purifié par lui et zélé pour les bonnes œuvres. » — c’est-à-dire nous purifier. Et puis 1 Timothée 1:5 montre le dessein et la visée de Dieu dans toute la méthode de la rédemption : « Le but du commandement, c’est une charité venant d’un cœur pur, d’une bonne conscience, et d’une foi sincère » — purifiée et gardée pure, car si elle avait été purifiée puis souillée de nouveau, ce ne serait pas une bonne conscience, mais une mauvaise. Et encore, dans 1 Jean 3:3 : « Quiconque a cette espérance en lui se purifie, comme lui-même est pur. » Or, je le dis, ce sont là des textes récapitulatifs, et il y en a nombre d’autres du même effet, pour montrer que toute la fin et le but de la rédemption sont ceci : qu’Il nous rétablira dans la pureté ; qu’Il nous ramènera à la justice ; qu’Il purifiera votre conscience des œuvres mortes, afin que vous serviez le Dieu vivant — non seulement vous purifier du passé, mais vous garder purs pour servir le DIEU VIVANT ; que cela se fera par l’application du sang à la conscience, puis sera maintenu par la puissance du Saint-Esprit qui nous garde dans un état de pureté et d’obéissance à la justice.
Or, je le dis, si ce n’est pas là l’idée centrale du christianisme, alors je n’y comprends rien. Si Dieu ne peut faire cela pour moi — si Jésus-Christ ne peut faire cela pour moi, quel avantage ai-je donc à ce qu’Il soit venu ?
Il y a, dans ces épîtres, bien davantage adressé au chrétien pris individuellement, pour qu’il soit ceci, cela et le reste, et pour qu’il fasse ceci, cela et le reste, qu’il n’y a, au bout du compte, sur ce que Dieu fera pour lui !
Ce n’est pas là un christianisme objectif — dans ces épîtres, il ne s’agit pas de s’asseoir, de s’attendrir et de penser à Christ dans les Cieux ; elles Le font descendre, à tous égards, DANS NOS CŒURS ET NOS VIES ICI-BAS, et c’est là l’une des exhortations continuelles : sois ceci, et fais cela et le reste.
Ces épîtres représentent une transformation réelle et pratique, qui doit s’accomplir EN NOUS, et c’est là la seule chose avec laquelle on puisse mourir. Si elle n’est pas accomplie en vous, je vous le dis, vous ne pourrez pas mourir en paix. Vous voudrez être purifiés, comme mon cher mari vous l’a dit, avant de pouvoir vous aventurer en présence du Roi des rois. Vous voudrez le sentiment d’une belle rectitude morale et d’une justice se répandant sur toute votre nature, qui vous rendra capables de lever les yeux vers la face de Dieu et de dire : « Oui, je T’aime, je Te connais, et Tu me connais, et Tu m’aimes, et nous sommes un. J’aime les choses que Tu aimes, et je désire les choses que Tu désires. Nous sommes d’un même esprit, “unis en un seul esprit au Seigneur.” » Vous voudrez cela, et rien de moindre ne conviendra pour mourir. Et pourquoi ne pas l’avoir ? Le voulez-vous ? Pourquoi ne pas laisser Dieu l’opérer en nous ? Voulez-vous l’essayer ? Les gens disent sans cesse : « Ils y aspirent, et ils voudraient pouvoir l’obtenir. » Voulez-vous laisser Dieu le faire ? Voulez-vous écarter les abîmes d’incrédulité qui sont au fond de toute votre difficulté ? Les gens ne croient réellement pas que Dieu puisse le faire pour eux, et c’est là le fond de leurs difficultés. Mais Il peut le faire, et Il promet de le faire. Voulez-vous vous abaisser et dire : « Qu’il me soit fait selon ta parole » ?
« NÉ — UN SAUVEUR. »
Jésus, un Sauveur, est né. Dehors : dehors, hors de l’hôtellerie, repoussé avec mépris. Rejeté : rejeté pour moi, mon Sauveur, mon Roi, rejeté pour faire entrer cette âme perdue.
Jésus, un Sauveur, est né. Un homme : un homme de douleurs, frappé, déchiré par les meurtrissures. Par ses meurtrissures : par ses meurtrissures, ô Seigneur, mon âme est guérie ; par ses meurtrissures, tes meurtrissures, mon pardon est scellé.
Jésus, un Sauveur, est né. L’Agneau : l’Agneau de Dieu a saigné et porté mes péchés. Mes péchés : mes péchés, le Sacrifice les a fait mourir ; mes péchés, l’Agneau les ôte.
Jésus, un Sauveur, est né pour sauver. Pour sauver : pour sauver la nuit, à midi, au matin. Pour garder : pour garder du péché, du doute, de la crainte ; pour garder, car voyez ! le Gardien est ici.
Jésus, un Sauveur, est né. Un Roi : un Roi ! exaltez sa corne glorieuse. Et chantez : ô chantez, cieux !
Il a brisé son tombeau. Et chante, ô terre ! Il vit pour sauver !