Chapitre 14 · 11 min de lecture
Deuxième discours
Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable. Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. — Romains 12:1-2 J’ai réfléchi au mot du texte, « afin que » — « afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. » Cet avancement dans la vie divine, comme tout autre, jusqu’à la fin, jusqu’à ce que nous avancions dans la gloire, a ses conditions. La condition de l’avancement d’un état mondain absolument non réveillé à celui d’un pécheur convaincu, c’est la réception de la lumière. Dieu réveille et éclaire des dizaines de milliers d’âmes, et des milliers rejettent la lumière — l’écartent aussitôt — ferment les yeux — ne veulent pas de la lumière. Ceux-là retournent dans de plus grandes ténèbres, et pèchent avec plus d’ardeur qu’auparavant ; — ceux qui reçoivent la lumière avancent jusqu’à la condition d’âmes réveillées et éclairées.
La condition suivante de l’avancement, de l’état d’un pécheur qui lutte, disposé à se séparer de ses péchés et à suivre Christ, c’est la foi : croire au Seigneur Jésus-Christ, afin de recevoir le pardon des péchés. Et à chaque pas en avant, si le croyant doit jamais dépasser les premiers principes, s’il doit jamais grandir ne fût-ce que d’un pouce, pour ainsi dire, il y a une condition attachée à cet avancement ! Par exemple, si, après la conversion, le Saint-Esprit lui révèle quelque chose d’incohérent — qu’il ne voyait pas auparavant — la condition de son avancement d’un pas de plus, c’est le renoncement à cette chose ! — la réception de la lumière et l’obéissance à celle-ci ; et, s’il recule et ne reçoit ni n’obéit à la lumière, il n’avancera plus jamais jusqu’à ce qu’il le fasse. Il y a des milliers de chrétiens qui, au lieu d’avancer, ont reculé depuis leur conversion, parce qu’ils n’ont pas voulu se soumettre à la condition, « AFIN QU’ » ils puissent éprouver la bonne, agréable et parfaite volonté de Dieu.
Il y avait une condition. Ils auraient éprouvé la volonté de Dieu s’il n’y avait pas eu de condition ; mais il y avait une condition à laquelle ils n’ont pas voulu se soumettre ; aussi restent-ils là, exactement où ils étaient — ou plutôt, ils ont reculé.
Eh bien, voici donc une condition à ce grand et glorieux avancement, à partir de l’état de justification où, bien que le croyant reçoive puissance sur le péché, de sorte qu’il ne règne pas sur lui, il tombe cependant parfois, par les opérations intérieures de celui-ci, sous son pouvoir — l’avancement de cet état comparativement fait de péché et de repentance jusqu’à ce degré où le croyant demeure si bien en Christ qu’il ne pèche pas, qu’il aime Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa pensée et de toute sa force — uni à Christ à tel point que, marchant dans la puissance du Saint-Esprit, il accomplit la loi de l’amour sous laquelle il est placé — cet avancement, dis-je, de cet état de hauts et de bas, d’entrées et de sorties, de chutes et de relèvements, jusqu’à ce degré plus élevé, a lui aussi ses conditions.
Vous y monteriez aujourd’hui s’il n’y avait pas les conditions ; la plupart d’entre vous y monteraient tous ensemble, comme les Israélites seraient entrés en Canaan, s’il n’y avait pas eu de condition. Je n’ai jamais connu personne d’assez insensé pour ne pas vouloir être dans le bon pays ; ils veulent y être, bien entendu, et ils y entreraient pour prendre le miel et le lait, mais il y a les conditions ! Voilà donc la chose exposée clairement, et vous la trouvez, tout aussi claire, dans nombre d’autres passages.
Il n’y a rien sur quoi le Saint-Esprit ait été plus précis que dans l’énoncé des conditions. Et quelles sont-elles ? « Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant » — l’homme vivant — vous, vous tous ; non pas cela — non pas quelque chose en vous.
Ce dernier terme n’est jamais employé par le Saint-Esprit lorsqu’Il s’adresse aux chrétiens, mais toujours vous, votre, vos corps, vos âmes, votre pensée, l’homme tout entier — VOUS, « un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable. » Et ne l’est-ce pas ? Est-ce trop ? Est-ce plus qu’Il n’avait prévu lorsqu’Il vous a rachetés ? Est-ce plus qu’Il n’a payé ? C’est « votre culte raisonnable ».
Et maintenant donc vient la condition : « Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que… »
Oh ! si vous pouviez être transformés à sa ressemblance et conformés à ce monde en même temps, toute la difficulté serait résolue. Je connais quantité de gens qui seraient transformés sur-le-champ ; mais, ne pas être conformés à ce monde — comme ils reculent et tressaillent devant cela ! Ils ne sauraient l’accepter à ce prix.
Comme le disait un jour ce cher Finney : « Mon frère, si vous voulez trouver Dieu, vous ne Le trouverez pas là-haut, parmi tout le rang social et toute la flatterie de l’enfer ; il vous faudra descendre pour Le trouver. » Voilà — « Ne vous conformez pas au siècle présent. »
Rien ne me blesse davantage : après avoir été à des réunions consacrées aux âmes, où je me suis efforcée de parler de la manière la plus directe et la plus complète afin que chacun sache ce que je voulais dire, lorsque je me rends à la table du dîner ou du souper, je constate que les gens n’ont rien compris du tout, ou que, s’ils ont compris, ils ne veulent pas l’accepter.
Oh ! voilà le secret — ils ne veulent pas descendre de leur orgueil et de leur superbe. Mais Dieu ne se révélera pas à de telles âmes, quand bien même elles crieraient et prieraient jusqu’à n’être plus que des squelettes, et passeraient tous leurs jours dans le deuil. Elles ne veulent pas remplir la condition — « Ne vous conformez pas au siècle présent » ; elles ne veulent pas renoncer à leur conformité, ne fût-ce que pour un dîner mondain.
Beaucoup de gens que je connais ne veulent pas renoncer à leur conformité quant à la forme de leur coiffure. Ils ne veulent pas renoncer à leur conformité au point de cesser de rendre visite à des gens impies, mondains, creux et superficiels, ni de recevoir leurs visites. Ils ne veulent pas renoncer à leur conformité au point de voir leurs arrangements domestiques bouleversés — non, pas même si le salut de leurs enfants, de leurs serviteurs et de leurs amis en dépendait. L’exigence absolue, c’est leur propre confort, et ensuite prenez ce que vous pouvez obtenir du côté de Dieu. « Il nous faut ceci, et il nous faut cela ; et puis, si le Seigneur Jésus-Christ veut bien venir tout à la fin et tout sanctifier, nous Lui en serons fort obligés ; mais nous ne pouvons renoncer à ces choses. »
Oh ! amis, je vous le dis, cela ne saurait aller. Dieu m’aidant, je veux, je dois vous le dire, car cela m’est enfoncé dans l’âme par ce que je vois et j’entends chaque jour. Les gens viennent à ces réunions, ils gémissent et pleurent et viennent nous demander de l’aide, et nous épuisons nos pauvres têtes et nos pauvres corps à leur parler et à leur donner des conseils, à leur dire ce qu’ils doivent faire, et, lorsqu’on en arrive au point décisif, nous découvrons : « Oh ! non ; ne vous y trompez pas : nous n’allons pas sacrifier ces choses. Nous ne pouvons avoir le Seigneur s’Il ne veut pas entrer dans nos temples et les prendre telles qu’Il les trouve. Nous ne saurions renoncer à ces choses. »
Vous vous souvenez du texte qui a été lu à l’ouverture de la réunion — Jean 17:14 : « … et le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde. » Cela signifie quelque chose ! et il y a cent autres textes qui enseignent la même vérité. Or, qu’est-ce que cela signifie ? Que le Seigneur nous aide à le voir !
Cela ne signifie-t-il pas que nous ne devons pas être semblables au reste du monde ? — que nous ne devons pas nous laisser guider par les mêmes maximes, ni agir selon les mêmes principes que le monde ? — que nous ne devons pas attacher aux choses purement terrestres et mondaines la même importance que leur attachent les gens du monde ? Avez-vous jamais songé à ces paroles solennelles de la parabole du semeur ? Marc 4:19 : « … mais en qui les soucis du siècle, la séduction des richesses et l’invasion des autres convoitises, étouffent la parole, et la rendent infructueuse » — non pas des choses abominables, ni des choses immorales, ni des choses honteuses, mais la convoitise des autres choses.
Dans un autre texte, Philippiens 3:19 : « … ils ne pensent qu’aux choses de la terre. » Ils attachent plus d’importance aux choses mondaines et aux autres choses qu’aux choses de son royaume. En pratique, ils font passer ces choses en premier, bien qu’ils chantent au sujet de son royaume et professent Le faire passer en premier : ils font passer les choses terrestres en premier, et, par conséquent, ils ne veulent pas voir leurs choses terrestres bouleversées pour ses choses à Lui ; et pensez-vous qu’Il soit dupe ? Pensez-vous qu’Il soit trompé ? Croyez-vous vraisemblable que le grand Dieu du Ciel, qui a des millions d’anges et d’archanges pour L’adorer et Le servir, aille répandre sa gloire sur de telles gens, et se révéler à eux, et se servir d’eux ?
Peu probable ! « Je serai le premier dans votre amour », dit-Il.
Vous, les femmes ici présentes, si vous saviez que vous n’êtes pas la première et l’unique dans les affections de votre mari, que diriez-vous ? Et vous, les maris, vivriez-vous avec une épouse si vous saviez que vous n’êtes pas le seul dans ses affections, mais qu’elles sont partagées entre vous et quelqu’un d’autre ?
« Peu probable ! » diriez-vous ; « je ne vais pas prodiguer mes affections, mon temps, mes présents et tout ce que je possède à quelqu’un dont le cœur est partagé avec un autre. Si elle veut avoir le cœur partagé, alors qu’elle aille vers cet autre. »
Or, vous le savez, Dieu est un Dieu jaloux, et Il sait qui se moque de Lui, et Il sait qui ne veut pas sacrifier cette conformité au monde afin de marcher avec Lui en vêtements blancs. Il sait aussi qui ne se soucie point de ce que l’on pense d’eux, ni de ce que l’on dit d’eux ; qui consentent à être tenus pour des fous et des fanatiques afin de marcher avec Lui et de servir les intérêts de son royaume, et qui ne considèrent leur corps que comme ses instruments et leur demeure que comme ses temples ; qui consentent à ce que leurs heures de déjeuner, ou de dîner, ou de collation, ou toute autre heure, soient bouleversées, et, de fait, à ce que tout soit rendu secondaire par rapport aux intérêts de son royaume.
Nous devons tout mettre à son service — nos enfants, nos affaires, nos demeures, et tout le reste. Si je comprends bien, c’est là la non-conformité au monde.
Avant de conclure, permettez-moi de dire un mot pour aider ceux qui désirent atteindre cette bénédiction. Il n’y a pas d’autre voie. Il ne sert à rien de tourner autour du pot. NE VOUS CONFORMEZ PAS, MAIS SOYEZ TRANSFORMÉS. Ces deux choses sont en contraste direct. Si vous choisissez d’être conformés, alors vous ne pouvez être transformés ; si vous ne voulez pas être transformés, alors il faut que vous soyez conformés. Maintenant, voulez-vous renoncer à la conformité au monde ? Si oui, vous pouvez, chacun de vous, être transformés ce matin — montez dans le pays. Vous pouvez tous être sauvés aujourd’hui, et faire votre demeure en Christ, et avoir toute la puissance et la gloire qui échoit à ceux qui Le possèdent ; vous pouvez passer de la misérable condition d’une pauvre personne faite de hauts et de bas, d’entrées et de sorties, une malheureuse, jusqu’au glorieux poste avantageux d’un homme sauvé — d’une femme sauvée — d’un saint triomphant de Dieu !
LA FOI Ma foi lève les yeux vers Toi — ma foi, si petite, si lente ; elle relève ses yeux abattus pour voir, et réclame la bénédiction dès maintenant. Ton don merveilleux, elle l’aperçoit au loin ; à ton amour parfait elle réclame de prendre part, et elle ne craint pas, elle ne peut craindre.
Ma foi se saisit de Toi — ma foi, si faible, si défaillante ; elle lève ses mains tremblantes pour être, tremblante, mais pressante. Le royaume, dès maintenant, elle le prend de force, et elle attend que Toi, son ultime recours, Tu scelles et sanctifies.
Ma foi s’attache fermement à Toi, ma foi, encore petite, mais sûre, son ancre ne tient qu’à Toi seul, dont la présence me garde pur. Et Toi, toujours, pour voir et entendre, de nuit, de jour, Tu es tout près — Tu es tout près de moi.