Glanures parmi les gerbes ·Les regards fixés sur Jésus

Chapitre 9 · 11 min de lecture

Les regards fixés sur Jésus

Regarde en haut

Chrétien ! dans toutes tes peines, regarde à Dieu, et sois sauvé. Dans toutes tes épreuves et tes afflictions, regarde à Christ, et trouve la délivrance. Dans toute ton angoisse, dans tout ton repentir de ta faute, regarde à Christ, et trouve le pardon. Souviens-toi de tourner tes yeux vers le ciel, et ton cœur aussi vers le ciel. Ceins-toi d’une chaîne d’or, et fixes-en un anneau au crampon du ciel. Regarde à Christ ; ne crains rien. Il n’est point de chute quand on marche les yeux levés vers Jésus. Celui qui regarde à Christ marche en sûreté.

Notre Seigneur Jésus

Quelles que soient les bienheureuses conséquences qui découlent de la parfaite obéissance, de l’expiation accomplie, de la résurrection, de l’ascension ou de l’intercession du Seigneur Jésus, toutes sont nôtres par son propre don. Sur son pectoral, il porte maintenant nos noms ; et dans ses plaidoyers pleins d’autorité devant le trône, il se souvient de nous et plaide notre cause. Les avantages de sa haute position, sa domination sur les principautés et les puissances, et son absolue majesté dans le ciel, il les emploie au profit de ceux qui se confient en lui. Sa haute condition est autant à notre service que le fut sa condition d’abaissement. Celui qui s’est donné pour nous dans les abîmes du malheur et de la mort ne retire pas ce don maintenant qu’il est intronisé au plus haut des cieux. Christ n’a aucune dignité qu’il ne veuille employer à notre élévation, ni aucune prérogative qu’il n’exerce pour notre défense. Christ, partout et de toute manière, est notre portion, dont nous jouirons très richement aux siècles des siècles.

L’intercession de Christ

Le Seigneur Jésus a emmené captive la captivité, et il est maintenant assis à la droite de Dieu, intercédant à jamais pour nous. Ta foi peut-elle se le représenter ? Tel un souverain sacrificateur lévitique d’autrefois, il se tient les bras étendus : il y a de la majesté dans son air, et c’est avec autorité qu’il plaide. Sur sa tête resplendit la mitre éclatante de son sacerdoce, et sur sa poitrine étincellent les pierres précieuses où les noms de son peuple sont éternellement gravés. Écoute-le tandis qu’il plaide — n’entends-tu pas ce que c’est ? Est-ce ta prière qu’il mentionne devant le trône ? La prière que tu as offerte ce matin, Christ l’offre maintenant devant le trône de son Père. Le vœu que tu viens de prononcer, il le prononce là-haut. Il est l’Autel et le Sacrificateur, et de son propre sacrifice il parfume nos prières. Et pourtant, il se peut que tu aies longtemps prié sans obtenir de réponse. Pauvre suppliant en pleurs ! tu as cherché le Seigneur, et il n’a pas semblé t’entendre, ou du moins il ne t’a pas répondu selon le désir de ton âme, et tu es rempli de ténèbres et d’accablement à cause de cela. « Tourne vers lui tes regards, et tu seras rayonnant. » Si tu n’y réussis pas, lui réussira ; si ton intercession passe inaperçue, la sienne ne saurait être écartée ; si tes prières peuvent être comme de l’eau répandue sur la terre, qui ne peut être recueillie, ses prières, elles, ne sont pas ainsi ; il est le Fils de Dieu — il plaide et ne peut que l’emporter. Dieu ne peut refuser à son propre Fils ce qu’il lui demande maintenant — lui qui acheta jadis les grâces de son sang. Oh ! aie bon courage, continue encore ta supplication, car Jésus est « toujours vivant pour intercéder » en ta faveur.

Un regard sur Christ

Un regard sur Christ est toujours profitable au chrétien — de Christ nous ne saurions trop avoir — il ne peut y avoir de redite là où son nom est prononcé. Donnez-nous Christ toujours, Christ sans cesse. La monotonie de Christ est une douce variété ; et l’unité même de Christ renferme tous les éléments de l’harmonie. Christ sur sa croix et sur son trône, dans la crèche et dans le tombeau — Christ, partout, nous est doux. Nous aimons son nom, nous adorons sa personne, nous prenons plaisir à entendre parler de ses œuvres — le sujet est toujours nouveau.

Il en est qui se plaignent que leur amour pour le Sauveur est faible et froid. Mais il n’en serait pas ainsi s’ils étaient davantage avec Jésus. Plus tu vis près de Christ, et mieux tu le connais, plus tu l’aimeras. N’essaie pas de produire en toi-même un certain degré d’amour pour Christ par quelque moyen extraordinaire ; mais entre en sa présence, médite continuellement sur lui, représente-toi ses souffrances pour toi, et alors tu l’aimeras — cela te deviendra facile, car lui attirera ton pauvre cœur plus près de lui-même, à mesure que tu penseras ainsi à lui ; et ton amour pour lui grandira en proportion exacte de ce que tu réaliseras son amour pour toi.

Chercher Christ

Considère, ô âme qui attends, que la grâce vaut la peine qu’on l’attende. N’est-ce pas le salut — la délivrance de ton âme hors de l’enfer ? Une longue attente à la porte de la grâce sera bien récompensée, si le Roi, à la fin, te donne ce joyau d’un prix inestimable.

Songe aussi combien tu es entièrement indigne de cette grâce ; ne répugne donc pas à t’humilier, ni à attendre patiemment la volonté souveraine de l’Éternel. Les orgueilleux doivent être remarqués sur-le-champ, sinon ils s’en vont ; mais toi, tu n’as rien dont te glorifier, et tu devrais sentir que, s’il te négligeait durant une longue saison, ton indignité ne saurait exiger aucune excuse pour son délai. De plus, souviens-toi qu’il t’entendra à la fin. Sa promesse serait violée si une seule âme en prière pouvait périr ; car il a dit : « Cherchez, et vous trouverez » — « Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. » Le délai peut être pour ton bien, pour t’abaisser plus bas dans la poussière de l’humiliation, ou pour te rendre plus ardent après la bénédiction. Peut-être le Seigneur veut-il éprouver ta foi, afin que, comme la femme syrophénicienne, tu lui rendes honneur par ta confiance en lui. Persévère dans la prière, car « l’Éternel a de la bonté pour qui espère en lui, pour l’âme qui le cherche ».

Considère-le

Ô croyant, toi qui es las et découragé à cause de la rudesse du chemin, regarde les traces des pas du Maître, et vois comment il a souffert. Tu es éprouvé et troublé, et tu demandes la consolation. Que pourrait-on t’offrir de meilleur que ce qui t’est présenté dans ce fait : que Jésus-Christ est un avec toi dans ta nature — qu’il a souffert tout ce que tu souffres maintenant — que ton sentier a été jadis foulé par son pied sacré — que la coupe que tu bois est une coupe qu’il a vidée jusqu’à la lie — que le fleuve que tu traverses est un fleuve qu’il a franchi à la nage, et que chaque vague et chaque flot qui roulent sur ta tête ont autrefois roulé sur lui. Allons ! as-tu honte, refuses-tu de souffrir ce qu’a souffert ton Maître ? Le disciple sera-t-il au-dessus de son Maître, et le serviteur au-dessus de son Seigneur ? Lui mourra sur une croix, et toi, tu ne porteras pas la croix ? Il faut qu’il soit couronné d’épines, et toi, tu seras couronné de lauriers ? Il aura les mains et les pieds percés, et ses disciples ne ressentiraient aucune douleur ? Ô rejette cette douce illusion. Regarde à celui qui « a souffert la croix, méprisé l’ignominie », et sois prêt à endurer et à souffrir comme il l’a fait. Tu as son exemple pour te guider, et sa sympathie pour t’encourager.

Le saint Sauveur

Il est une expression employée par l’apôtre Paul au sujet du Seigneur Jésus, qui est très belle et très significative : « celui qui n’a point connu le péché ». Elle ne dit pas simplement qu’il n’en fit aucun, mais qu’il n’en connut aucun. Le péché n’était pas de ses connaissances ; il connaissait la douleur, mais non le péché. Il lui fallut marcher au milieu de ses repaires les plus fréquentés, mais il ne le connaissait pas. Non qu’il ignorât sa nature, ou fût sans savoir son châtiment, mais il ne le connut pas ; il lui était étranger ; jamais, par une parole, un signe de tête ou un sourire, il ne lui accorda la plus faible reconnaissance. Sans doute savait-il ce qu’était le péché, car il était le vrai Dieu ; mais avec le péché il n’eut aucune communion, aucune société, aucune fraternité. Il fut un parfait étranger en présence du péché ; il était un étranger ; il n’était pas un habitant de ce pays où le péché est reconnu. Il traversa le désert de la souffrance, mais dans le désert du péché il ne put jamais entrer. « Il n’a point connu le péché » : remarque cette expression et fais-en ton trésor ; et lorsque tu penseras à ton Substitut, et le contempleras saignant sur la croix, songe que tu vois écrit dans ces lignes de sang : « Il n’a point connu le péché. » Mêlée à la rougeur de son sang — cette Rose de Saron — contemple la pureté de sa nature — le Lis des vallées — « Il n’a point connu le péché. »

Christ, notre exemple

Souviens-toi du bienheureux exemple de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. Voilà, assurément, qui t’apprendra à ne pas vivre pour toi-même ! « Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, qui pour vous s’est fait pauvre, de riche qu’il était, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis. » Son cœur est fait de tendresse, ses entrailles se fondent d’amour. Dans toutes nos afflictions, il est affligé. Depuis le jour où il devint chair de notre chair, jamais il ne s’est dérobé à nos souffrances. Notre glorieux Chef est ému de toutes les douleurs qui accablent ses membres. Tout couronné qu’il est maintenant, il n’oublie pas les épines qu’il porta jadis ; parmi les splendeurs de son état royal dans le Paradis, il n’est pas oublieux de ses enfants ici-bas. Il est encore persécuté quand Saul persécute les saints ; ses frères sont encore comme la prunelle de son œil, et tout près de son cœur. Si vous pouvez trouver en Christ un grain d’égoïsme, consacrez-vous à vos convoitises, et que Mammon soit votre Dieu. Si vous pouvez trouver en Christ un seul atome de dureté de cœur et d’insensibilité d’esprit, alors justifiez-vous, vous dont les cœurs sont de pierre aux gémissements des désolés. Mais si vous faites profession d’être des disciples de l’Homme de Nazareth, soyez pleins de compassion ; il nourrit l’affamé de peur qu’il ne défaille en chemin ; il panse ceux qui ont le cœur brisé et guérit toutes leurs plaies ; il entend le cri de l’indigent et se lève pour le secourir. Si vous êtes ses disciples, allez et faites de même.

Regarde à Christ

Voudrais-tu être délivré des doutes ? Voudrais-tu te réjouir dans le Seigneur d’une foi inébranlable et d’une confiance que rien n’ébranle ? Alors regarde à Jésus ! Je suis certain que, si nous vivions davantage avec Jésus, si nous étions davantage semblables à Jésus, et si nous nous confiions davantage en Jésus, les doutes et les craintes seraient des choses bien rares et bien exceptionnelles.

Un Sauveur complet

Il serait incompatible avec le caractère de celui « par qui sont toutes choses » qu’il eût envoyé un Sauveur incomplet ; c’est-à-dire qu’il nous eût laissé accomplir une part nous-mêmes, et à Christ d’accomplir le reste. Regardez le soleil. Dieu veut que le soleil éclaire la terre : demande-t-il aux ténèbres de la terre de contribuer à la lumière ? Interroge-t-il la nuit, et lui demande-t-il si elle n’a pas, dans ses ombres sombres, quelque chose qu’elle pourrait apporter à l’éclat de midi ? Non ; le soleil se lève au matin, tel un géant pour fournir sa course, et la terre est rendue lumineuse. Et Dieu se tournerait-il vers le sombre pécheur pour lui demander s’il y a en lui quoi que ce soit qui pût contribuer à la lumière éternelle ? Non ; Jésus se lève comme le Soleil de justice, portant la guérison sous ses ailes, et les ténèbres, à sa venue, deviennent lumière. Lui seul est « la lumière du monde » ; son propre bras a opéré le salut ; il ne demande aucun secours à l’homme, mais donne tout et fait tout par sa riche grâce, et il est un Sauveur complet et parfait.

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Glanures parmi les gerbes Charles H. Spurgeon

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