Glanures parmi les gerbes ·La force dans la faiblesse

Chapitre 5 · 4 min de lecture

La force dans la faiblesse

La force par la faiblesse

Le moyen de devenir fort en Christ, c’est de devenir faible en soi-même. Dieu ne verse aucune puissance dans le cœur de l’homme tant que la puissance de l’homme n’est pas entièrement épuisée. La vie du chrétien est une vie de dépendance quotidienne à l’égard de la grâce et de la force de Dieu.

Le secret de la force

Es-tu fier, croyant, d’avoir été utile à l’Église et d’avoir rendu quelque petit service à ton époque ? Qui te distingue des autres, et qu’as-tu que tu n’aies reçu ? As-tu répandu un peu de lumière sur les ténèbres ? Ah ! qui a allumé ta chandelle — et qui est celui qui te maintient brillant encore, et t’empêche de t’éteindre ? As-tu vaincu la tentation ? Ne suspends pas ta bannière ; ne décore pas ta propre poitrine de la gloire ; car qui t’a rendu fort dans le combat ? Qui a rendu ton épée tranchante et donné à ton bras la force de frapper l’ennemi ? Souviens-toi : tu n’as rien fait du tout par toi-même. Si tu es aujourd’hui un vase d’honneur, orné et doré — si tu es maintenant un vase précieux, rempli du plus doux parfum, ce n’est pourtant pas toi qui t’es fait tel. Tu es l’argile, mais qui est le potier ? Si tu es un vase d’honneur, tu n’es pourtant pas un vase pour ton propre honneur, mais un vase pour l’honneur de Celui qui t’a fait. Si tu te tiens parmi tes semblables comme les anges se tiennent au-dessus des esprits déchus — un élu, distingué d’eux — souviens-toi pourtant que ce n’est aucune bonté en toi-même qui t’a fait élire ; ce ne sont pas non plus tes propres efforts, ni ta propre puissance, qui t’ont retiré de la boue fangeuse, ont posé tes pieds sur le roc et affermi tes pas. Ôte la couronne de ta tête orgueilleuse, et dépose tes honneurs aux pieds de Celui qui te les a donnés. Avec les chérubins et les séraphins, voile ta face, et crie : « Non pas à nous, Éternel, non pas à nous, mais à ton nom donne gloire. »

Et lorsque tu es ainsi courbé dans l’humilité, sois prêt à apprendre cette autre leçon : ne dépends plus jamais de toi-même. Si tu as quelque chose à faire, ne t’avance pas pour le faire en t’appuyant sur un bras de chair. Fléchis d’abord le genou, et demande la puissance à Celui qui te rend fort, et alors tu reviendras de ton labeur en te réjouissant. Mais si tu marches dans ta propre force, tu briseras ton soc de charrue sur le roc ; tu sèmeras ta semence au bord de la mer salée, sur le sable stérile, et dans les années à venir tu contempleras ces champs dénudés, et ils ne te donneront pas même un seul brin d’herbe pour réjouir ton cœur. « Confiez-vous en l’Éternel à perpétuité, car l’Éternel, l’Éternel est le rocher des siècles. » Cette force ne t’est pas accessible tant que tu te reposes sur quelque force qui te soit propre. Il t’aidera si tu confesses ta faiblesse ; mais si tu es fort en toi-même, il te retirera sa propre puissance, et tu trébucheras et tomberas. Apprends donc la grâce de dépendre chaque jour de Dieu, et tu seras revêtu d’une humilité qui te sied.

L’accroissement de la force

Les épreuves qui assaillent les plantes que la droite de Dieu a plantées, lorsqu’elles ne sont que de jeunes pousses, sont bien peu de chose comparées à celles qui les secouent lorsqu’elles deviennent, comme des cèdres, fortement enracinées. Lorsque nous devenons forts, aussi certainement que notre force augmente, nos souffrances, nos épreuves, nos labeurs et nos tentations se multiplieront. La puissance de Dieu n’est jamais communiquée à un homme pour être mise en réserve. La nourriture qui nous est donnée pour nous fortifier, comme la manne que les Israélites recueillaient dans le désert, est destinée à un usage immédiat. Lorsque le Seigneur met à nos pieds les souliers de fer qu’il nous a promis dans l’alliance, c’est afin que nous marchions avec eux — non pour que nous les placions dans notre musée et les contemplions comme des curiosités. S’il nous donne une main forte, c’est parce que nous avons un puissant ennemi à combattre. S’il nous donne un grand repas, comme il le fit jadis pour Élie, c’est afin que nous marchions quarante jours dans la force de ce repas.

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Glanures parmi les gerbes Charles H. Spurgeon

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