Chapitre 6 · 6 min de lecture
La communion avec Christ
L’âme rassasiée en Christ
Celui qui trouve ses délices dans la possession du Seigneur Jésus a tout ce que le cœur peut souhaiter. Quant aux choses créées, elles ressemblent à des ruisseaux peu profonds et trompeurs ; elles ne parviennent pas à combler nos besoins, et moins encore nos désirs. « Le lit » des jouissances terrestres « sera trop court pour s’y étendre, et la couverture trop étroite pour s’en envelopper » ; mais en Jésus il y a de la place pour le plus vaste essor et le plus large déploiement de l’imagination. Quand on jouit de Jésus, il met une plénitude dans toutes les autres grâces ; sa maison est pleine lorsqu’il y est ; son trône de grâce est plein lorsqu’il y siège ; et sa salle du festin est pleine lorsqu’il préside le banquet. « La créature sans Christ est une chose vide, une lampe sans huile, un os sans moelle » ; mais lorsque Christ est présent, notre coupe déborde, et nous mangeons du pain à satiété. Un repas d’herbes, quand nous sommes en communion avec lui, est un festin aussi riche qu’un bœuf gras ; et notre étroite couchette est une demeure aussi noble que la grande maison des opulents. N’allez pas au dehors, ô désirs affamés de mon âme : demeurez au logis, et repaissez-vous de Jésus ; car au dehors vous devez mourir de faim, puisque tous les autres bien-aimés sont vides et sans attrait. Restez avec Christ, et mangez ce qui est bon, et délectez-vous de mets succulents.
Mémoriaux de Jésus
L’amour de l’Église s’étend au delà de la personne de l’Époux, et atteint tout ce qui se rattache à lui. « La myrrhe, l’aloès et la casse parfument tous tes vêtements ; dans les palais d’ivoire les instruments à cordes te réjouissent. » Ses vêtements mêmes sont précieux à ses yeux. Elle se réjouit de le chanter dans ses habits sacerdotaux.
« La mitre couronnée, la robe brodée, il les porte avec une gracieuse dignité ; et, dans toute sa splendeur, sur sa poitrine paraît l’oracle sacré. »Revêtu de ses robes royales, il n’est pas moins glorieux à ses yeux : elle aime à voir sa couronne, et à reconnaître son Roi. Il n’est pas une parole qu’ait prononcée sa bouche, ni un lieu qu’ait foulé son pied, ni un vase qu’aient touché ses mains, qui ne soit entièrement consacré à ses yeux. Nous ne sommes point des adorateurs des reliques en lambeaux que Rome amasse avec tant de ferveur ; mais nous avons d’autres mémoriaux, et de bien meilleurs — des choses saintes d’un prix inestimable. Sa Parole écrite, sur laquelle nous voyons encore se mouvoir cette main aimante, comme elle le fit lorsque, il y a bien des années, elle traça chaque caractère ; l’écho de sa voix disparue, que le silence n’a pas encore enseveli ; sa coupe de vin non encore vidée ; son sang qui coule toujours, et sa bénédiction qui respire encore la paix sur nous : tout cela demeure encore, et nous est plus cher que tout au monde. Nous estimons ses ordonnances, et nous triomphons dans son enseignement, quelque mépris qu’en fassent les sages de ce monde. Son service fait nos délices ; se tenir à ses portes est un honneur, et courir devant son char est une félicité. Quant à son peuple, nous le saluons comme des saints, nous l’appelons nos frères, et il nous est très proche et très cher à cause de lui. Le plus humble mendiant de son Église compte plus à nos yeux que le plus orgueilleux monarque hors d’elle. « Parce qu’il appartient à Christ » est toujours une raison suffisante pour l’épanchement de notre affection ; car tout ce qui est à lui nous est cher.
La plénitude de Christ
Même au meilleur de nous-mêmes, nous demeurons étrangers à une grande part de l’incomparable douceur de Christ. Jamais nos louanges n’épuiseront sa bonté, car il est toujours si frais, et il a tant de la rosée de sa jeunesse, que chaque jour il a un cantique nouveau à chanter. Nous le trouverons un Christ nouveau chaque jour de notre vie, et pourtant il est toujours le même ; son excellence souveraine et sa plénitude inépuisable renouvellent ainsi constamment notre amour. Ô Jésus ! nul ne saurait deviner combien est grand le moindre de tes attributs, ni combien est riche le plus pauvre de tes dons.
Pensées de Christ
Jésus ! quelles douceurs infinies dans son nom ! Les impressions que nous éprouvons en le contemplant peuvent se comparer à ces lentilles que vous avez vues : on peut les prendre et les tenir d’une façon, et l’on voit une lumière, et d’une autre façon, et l’on en voit une autre, et de quelque côté qu’on les tourne on verra toujours quelque précieux scintillement de lumière, et quelques couleurs nouvelles surgir à la vue. Ah ! prends Jésus pour ton thème ; considère-le ; songe à sa relation avec ta propre âme, et jamais tu n’épuiseras ce seul sujet. Songe à sa relation éternelle avec toi ; et aussi à ta relation connue et manifeste avec lui, depuis que tu as été appelé par sa grâce. Songe comment il est devenu ton frère ; comment son cœur a battu en sympathie avec le tien ; comment il t’a baisé des baisers de son amour, et son amour t’a été plus doux que le vin. Reporte tes regards sur quelques lieux heureux et ensoleillés de ton histoire, où Jésus a murmuré : « Je suis à toi », et où tu as dit : « Mon bien-aimé est à moi. » Songe à quelques moments de choix, où un ange s’est penché du haut du ciel, t’a pris sur ses ailes et t’a porté là-haut, pour t’asseoir dans les lieux célestes où Jésus est assis, afin que tu puisses être en communion avec lui. Ou songe à quelques moments où tu as éprouvé ce à quoi Paul attache tant de prix — la communion avec Christ dans ses souffrances — quand tu as senti que tu pourrais mourir pour Christ, de même que, dans la riche expérience de ton baptême, tu es mort avec lui, et ressuscité avec lui. Songe à ta relation avec Christ, qui doit se développer dans le ciel. Imagine venue l’heure où tu « salueras sur le rivage éternel la main aspergée de sang », et où le Seigneur Jésus te saluera comme « plus que vainqueur », et posera sur ta tête une couronne plus étincelante que les étoiles. Oh ! prends Jésus pour ton thème constant, et chaque jour tu verras jaillir des pensées nouvelles de sa grâce, de sa beauté, de sa gloire. En lui tu as un sujet de délices qui ne faillit point, un objet d’attraction, et un centre d’amour.
La communion avec Christ
Une heure avec Christ vaut mieux qu’une éternité de toutes les joies de la terre ; et la communion avec lui est le meilleur, le plus sûr et le plus extatique avant-goût de la félicité du ciel.