Chapitre 15 · 4 min de lecture
La paix et le repos
Un cœur paisible
Si le cœur n’est pas gardé paisible, la vie ne sera pas heureuse. Si le calme ne règne pas sur ce lac intérieur, au-dedans de l’âme, qui alimente les fleuves de notre vie, les fleuves eux-mêmes seront toujours en tempête. Nos actes extérieurs diront toujours qu’ils sont nés dans les orages, en étant eux-mêmes orageux. Nous désirons tous mener une vie joyeuse ; l’œil vif et le pied léger sont des choses que chacun de nous désire ; porter en soi un esprit content, voilà ce à quoi la plupart des hommes aspirent sans cesse. Souvenons-nous que l’unique moyen de garder notre vie paisible et heureuse, c’est de tenir le cœur en repos ; car, que vienne la pauvreté, que vienne la richesse, que vienne l’honneur, que vienne la honte, que vienne l’abondance ou que vienne la disette, si le cœur est tranquille, il y aura du bonheur partout. Mais quels que soient le soleil et l’éclat du jour, si le cœur est troublé, la vie tout entière sera troublée aussi.
La paix
Le croyant jouit, aux saisons de faveur, d’une telle intimité avec le Seigneur Jésus, que son cœur en est rempli d’une paix débordante. Ô ! il est de douces paroles que Jésus murmure aux oreilles de son peuple, et il est des visites d’amour qu’il leur rend, qu’un homme ne croirait pas, quand même on les lui raconterait. Qui voudrait les comprendre doit éprouver dans son propre cœur ce que c’est que d’avoir communion avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ. Il y a bel et bien une manière dont Christ se manifeste à nous comme il ne le fait pas au monde. Toutes les pensées de doute sont alors bannies, et nous pouvons dire : « Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi. » C’est là l’unique sentiment qui absorbe tout. Et quoi d’étonnant à ce que le croyant ait une paix si profonde, lorsque Christ habite ainsi dans le cœur et y règne sans rival ? Ce serait un miracle des miracles si nous n’avions pas la paix. Mais comment se fait-il que notre paix ne soit pas plus continuelle ? La seule explication de nos fréquentes pertes de paix, c’est que notre communion est rompue et notre fraternité altérée ; autrement notre paix serait comme un fleuve, et notre justice comme les flots de la mer. Vis près de la croix, et ta paix sera continuelle.
Un lieu de confiance
Prends garde de remettre tous les tiens entre les mains de Dieu. Tu y as déposé ta propre âme ; dépose de même leurs âmes et leurs corps sous sa garde. Tu peux te confier à lui pour les choses temporelles qui te concernent ; confie-lui tes joyaux. Sens qu’ils ne sont pas à toi, mais qu’ils sont des prêts que Dieu te fait — des prêts qui peuvent être rappelés à tout instant — de précieux habitants du ciel, non pas ta propriété inaliénable, mais dont tu n’es qu’un locataire à discrétion. Jamais tes biens ne sont plus en sûreté que lorsque tu es prêt à les rendre, et jamais tu n’es plus riche que lorsque tu remets tout ce que tu as entre les mains du Seigneur. Tu trouveras que cela adoucit grandement la douleur des deuils, si, avant le deuil, tu as appris à abandonner chaque jour toutes les choses qui te sont les plus chères, à la garde de ton Dieu plein de grâce.
L’héritage du Sauveur
« Je vous laisse la paix. » Notre Sauveur entend ici la paix avec Dieu et la paix avec notre propre conscience. La paix avec Dieu — car il « nous a réconciliés avec lui par Christ », et voici maintenant « paix sur la terre » et « bienveillance envers les hommes ». Christ a ôté nos péchés, et c’est pourquoi il s’est établi une paix réelle et substantielle entre Dieu et nos âmes. Cela, pourtant, pourrait exister sans que nous le comprenions clairement ni que nous nous en réjouissions. Christ a donc donné ce témoignage supplémentaire — la paix dans la conscience. La paix avec Dieu est le traité ; la paix avec la conscience en est la publication. La paix avec Dieu est la source, et la paix avec la conscience est le clair ruisseau qui en jaillit. Il y a une paix décrétée à la cour de la justice divine dans le ciel ; puis il s’ensuit, comme conséquence nécessaire, dès que la nouvelle en est connue, une paix dans la cour subalterne du jugement humain, où la conscience siège sur le trône pour nous juger selon nos œuvres. L’héritage de Christ est donc une paix double : une paix d’amitié, d’accord, d’amour, d’union éternelle entre les élus et Dieu ; et une paix de douce jouissance, de repos paisible pour l’entendement et la conscience. Quand il n’y a pas de vents là-haut, il n’y aura pas de tempêtes ici-bas ; quand le ciel est serein, la terre est tranquille. La conscience reflète le contentement de Dieu. « Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ. »