George Müller de Bristol
Annexe N : Les sages paroles de George Müller

Chapitre 38 · 1 h de lecture · 1 h 17 min d’écoute

Annexe N : Les sages paroles de George Müller

PEU de ceux qui n’ont pas lu attentivement le Récit de M. Müller et les Rapports publiés ensuite d’année en année se font une idée de la somme de sagesse qui s’y exprime. Nous donnons ici quelques exemples des conseils et des paroles, pleins de sagacité et de spiritualité, dont ces pages abondent.

Le corps

Le soin du corps

Je trouve difficile, tout en prenant soin du corps, de ne pas négliger l’âme. Il me semble beaucoup plus facile de poursuivre le service du Seigneur sans tenir aucun compte du corps que de prendre soin du corps, au temps de la maladie, sans négliger l’âme, surtout dans une affliction comme celle que je traverse, où la tête ne permet guère de lire ni de réfléchir.—Quelle bienheureuse perspective que d’être délivré de cette misérable nature mauvaise !

Les habitudes de sommeil

Mon expérience a presque toujours été que, si je n’ai pas le sommeil nécessaire, ma joie et ma force spirituelles en sont grandement affectées. J’estime de grande importance que le croyant, en voyage, cherche autant que possible à s’abstenir de voyager de nuit, ou de voyager de telle manière qu’il soit privé du repos nocturne nécessaire ; car s’il ne le fait pas, il sera incapable de s’adonner, avec des forces physiques et mentales renouvelées, à la prière, à la méditation et à la lecture des saintes Écritures, et il en ressentira sûrement les effets pernicieux toute la journée. Il peut se présenter des cas où l’on ne saurait éviter de voyager de nuit ; mais, si on le peut, dût-on paraître y perdre du temps, et dût-il en coûter davantage, je recommanderais très affectueusement et très solennellement de s’abstenir des voyages de nuit ; car, outre que nous puisons sans mesure dans nos forces physiques, nous ne pouvons qu’y perdre spirituellement. La chose suivante que je conseillerais au sujet des voyages, c’est de chercher de toutes ses forces, matin après matin, avant de se mettre en route, à prendre le temps de méditer, de prier et de lire la parole de Dieu ; car, bien que nous soyons toujours exposés à la tentation, nous le sommes particulièrement en voyage. Le voyage est l’une des occasions privilégiées du diable pour nous tenter. Pensez-y, chers frères dans la foi. Cherchez toujours à connaître avec soin la pensée de Dieu avant d’entreprendre quoi que ce soit ; mais faites-le en particulier avant de partir en voyage, afin d’être tout à fait sûrs que c’est la volonté de Dieu que vous entrepreniez ce voyage, de peur de vous exposer inutilement à l’une des occasions privilégiées du diable pour vous prendre au piège. Bien loin d’envier ceux qui ont à leur disposition voiture et chevaux, ou des ressources en abondance, de sorte que le manque de moyens ne les empêche pas de voyager, nous qui ne sommes pas dans cette situation, remercions plutôt Dieu de ce que, sur ce point particulier, nous ne sommes pas exposés à la tentation d’être moins attentifs à connaître la volonté de Dieu avant de nous mettre en route.

Les enfants

La conversion des enfants

Autant que mon expérience me permet d’en juger, il me semble que les croyants en général ont attendu beaucoup trop peu de fruit présent de leurs travaux parmi les enfants. On a espéré que le Seigneur, un jour ou l’autre, reconnaîtrait l’instruction qu’on donne aux enfants, et exaucerait un jour ou l’autre, fût-ce seulement après bien des années, les prières qu’on offre en leur faveur. Or, bien que des passages comme Proverbes 22:6, Ecclésiaste 11:1, Galates 6:9, 1 Cor. 15:58 nous donnent l’assurance, non seulement à l’égard de tout ce que nous faisons pour le Seigneur en général, mais aussi, en particulier, à l’égard de l’éducation des enfants dans la crainte du Seigneur, que notre travail n’est pas vain dans le Seigneur, nous devons cependant nous garder d’abuser de ces passages en tenant pour peu important de voir ou non du fruit présent ; au contraire, nous ne devrions laisser au Seigneur aucun repos jusqu’à ce que nous voyions du fruit présent, et par conséquent, dans une prière persévérante et pourtant soumise, nous devrions faire connaître nos besoins à Dieu. J’ajoute, pour encourager les croyants qui travaillent parmi les enfants, qu’au cours des deux dernières années dix-sept autres jeunes gens ou enfants, âgés de onze ans et demi à dix-sept ans, ont été reçus dans notre communion, et que j’attends maintenant la conversion de beaucoup d’autres, non seulement parmi les orphelins, mais aussi parmi les enfants des écoles du dimanche et des écoles de jour.

Les enfants négligés

La puissance de bien ou de mal qui réside dans un petit enfant dépasse de loin tout calcul humain. Un enfant élevé comme il faut peut devenir une bénédiction pour le monde entier, et son influence s’étendre jusqu’aux années éternelles. Mais un enfant négligé ou mal dirigé peut vivre pour flétrir et ravager l’humanité, et laisser derrière lui des influences mauvaises qui rouleront, toujours plus grosses, jusqu’à s’engloutir dans le gouffre de la perdition éternelle.

« Un exemple remarquable en a été rapporté par le docteur Harris, de New York, lors d’une récente réunion de l’Association d’aide aux œuvres charitables de l’État. Dans un petit village d’un comté du haut Hudson, il y a quelque soixante-dix ans, une jeune fille nommée “Margaret” fut laissée à la merci de la charité occasionnelle des habitants. Elle devint la mère d’une longue lignée de criminels et d’indigents, et sa descendance n’a cessé depuis d’être la malédiction du comté. Les registres du comté font état de deux cents de ses descendants qui ont été des criminels. En une seule génération de sa malheureuse lignée, il y eut vingt enfants ; de ceux-ci, trois moururent en bas âge, et dix-sept parvinrent à l’âge adulte. Sur ces dix-sept, neuf firent de la prison d’État pour des crimes graves, pour un total de cinquante années, tandis que les autres furent des pensionnaires assidus des prisons, des pénitenciers et des hospices. Parmi les neuf cents descendants, sur six générations, de cette malheureuse fille laissée dans les rues du village et abandonnée dans son enfance, un grand nombre ont été des idiots, des faibles d’esprit, des ivrognes, des aliénés, des indigents et des prostituées ; mais deux cents des plus vigoureux sont inscrits comme criminels. Cette petite enfant négligée a ainsi coûté aux autorités du comté, par les effets qu’elle a transmis, des centaines de milliers de dollars, en frais d’entretien de criminels et d’indigents, sans parler des dommages incalculables qu’elle a causés à la propriété et à la moralité publique. »

L’éducation des enfants

Cherchez à cultiver de bonne heure chez vos enfants l’habitude de s’intéresser à l’œuvre de Dieu, ainsi qu’aux cas de besoin et de détresse ; employez-les aussi, en temps opportun et dans des circonstances convenables, comme vos aumôniers, et vous en recueillerez du fruit.

La vie chrétienne

Le commencement de la vie, etc

Dieu seul peut donner la vie spirituelle au commencement, et l’entretenir ensuite dans l’âme.

Porter la croix

Le chrétien, comme l’abeille, pourrait tirer du miel de chaque fleur. J’ai vu en bas-relief sur un plateau de mouchettes : « Un cœur, une croix au-dessous, et des roses sous les deux. » Le sens en était évidemment celui-ci : le cœur qui porte la croix pour un temps trouve ensuite des roses.

Tenir ses promesses

On m’a souvent fait remarquer, en divers lieux, que des frères engagés dans les affaires ne veillent pas assez à tenir leurs promesses ; c’est pourquoi je ne puis que supplier tous ceux qui aiment notre Seigneur Jésus et qui exercent un métier ou un commerce de chercher, pour l’amour de lui, à ne faire aucune promesse à moins d’avoir toutes les raisons de croire qu’ils pourront la tenir, et donc de peser soigneusement toutes les circonstances avant de prendre un engagement, de peur de manquer à l’accomplir. C’est justement dans ces petites affaires ordinaires de la vie que nous pouvons faire grand honneur ou grand déshonneur au Seigneur ; et ce sont là des choses que tout incrédule peut remarquer. Pourquoi dirait-on si souvent, et parfois avec quelque fondement, voire beaucoup de fondement : « Les croyants sont de mauvais serviteurs, de mauvais commerçants, de mauvais maîtres » ? Assurément, il ne devrait pas être vrai que nous, qui avons auprès de Dieu le pouvoir d’obtenir par la prière et la foi toute la grâce, la sagesse et l’habileté nécessaires, soyons de mauvais serviteurs, de mauvais commerçants, de mauvais maîtres.

Le sort et la loterie

Il est tout à fait mal que moi, enfant de Dieu, j’aie quoi que ce soit à faire avec un système aussi mondain que celui de la loterie. Mais il était également contraire à l’Écriture de recourir le moins du monde au sort pour connaître la pensée du Seigneur, et je fonde cela sur les raisons suivantes. Nous n’avons pour cela ni commandement de Dieu, ni l’exemple de notre Seigneur, ni celui des apôtres après que le Saint-Esprit eut été donné le jour de la Pentecôte. 1. Nous avons dans la parole de Dieu beaucoup d’exhortations à chercher à connaître sa pensée par la prière et en sondant les saintes Écritures, mais aucun passage qui nous exhorte à employer le sort. 2. L’exemple des apôtres (Actes 1), qui recoururent au sort pour choisir un apôtre à la place de Judas Iscariot, est le seul passage du Nouveau Testament que l’on puisse invoquer en faveur du sort (et nous n’avons pas à recourir à l’Ancien, sous cette économie, pour savoir comment nous devons vivre en disciples de Christ). Or, à propos de cette circonstance, nous devons nous rappeler que l’Esprit n’avait pas encore été donné (Jean 7:39 ; 14:16, 17 ; 16:7, 13), lui dont l’enseignement surtout nous permet de connaître la pensée du Seigneur ; et c’est pourquoi nous voyons qu’après le jour de la Pentecôte on n’employa plus le sort, mais que les apôtres s’adonnèrent à la prière et au jeûne pour savoir comment ils devaient agir.

Des goûts nouveaux

Quelle différence fait la grâce ! Peu de gens, peut-être, aimaient plus passionnément que moi voyager et voir des lieux et des paysages nouveaux ; mais maintenant que, par la grâce de Dieu, j’ai vu de la beauté dans le Seigneur Jésus, j’ai perdu le goût de ces choses.... Quelle différence aussi entre voyager au service du Seigneur Jésus et voyager au service de la chair !

L’obéissance

Tout acte d’obéissance accompli par de justes motifs nous fortifie spirituellement, tandis que tout acte de désobéissance nous affaiblit spirituellement.

La séparation pour Dieu

Veuille le Seigneur ouvrir les yeux de beaucoup de ses enfants, afin qu’en toutes les choses spirituelles ils cherchent à être séparés des incrédules (2 Cor. 6:14-18), et à faire l’œuvre de Dieu selon la pensée de Dieu !

Servir sa génération

Mon affaire est de servir de toutes mes forces ma propre génération ; en le faisant, je servirai le mieux la génération suivante, si le Seigneur Jésus tarde.... Plus je vis, plus il m’est donné de comprendre que je n’ai qu’une seule vie à vivre sur la terre, et que cette unique vie n’est qu’une vie brève, pour semer, en comparaison de l’éternité, pour moissonner.

Se porter caution

Qu’il est précieux, même pour cette vie, d’agir selon la parole de Dieu ! Cette révélation parfaite de sa pensée nous donne des directions pour toutes choses, même pour les affaires les plus minimes de cette vie. Elle nous commande : « Ne sois pas parmi ceux qui prennent des engagements, Parmi ceux qui cautionnent pour des dettes. » (Prov. 22:26.) La manière dont Satan prend les gens au piège, pour les amener dans le filet et leur attirer des ennuis en les faisant se porter caution, c’est de chercher à présenter la chose comme s’il n’y avait aucun danger dans ce cas particulier, et comme si l’on pouvait être certain de n’être jamais appelé à payer ; mais le Seigneur, l’Ami fidèle, nous dit dans sa propre parole que le seul moyen d’« être en sécurité » en pareille matière est de « craindre de s’engager ». (Prov. 11:15.) Les points suivants me paraissent d’une importance solennelle à considérer, si l’on me demandait de me porter caution pour un autre : 1. Qu’est-ce qui oblige la personne qui désire que je me porte caution pour elle à avoir besoin d’une caution ? Est-ce vraiment une bonne cause pour laquelle on me demande de me porter caution ? Je ne me souviens pas d’avoir jamais rencontré un cas où la chose se soit présentée dans une affaire claire, pieuse et en tous points conforme aux Écritures. Il s’y mêlait généralement quelque péché. 2. Si je me porte caution, malgré ce que le Seigneur m’a dit dans sa parole, suis-je dans une situation telle que personne ne souffrira du fait que je serais appelé à remplir les engagements de celui dont je vais être la caution ? Dans la plupart des cas, cela seul devrait suffire à nous en détourner.

3. Si je me porte encore caution, la somme dont je deviens responsable doit être tellement en mon pouvoir que je sois en mesure de la produire dès qu’elle sera réclamée, afin que le nom du Seigneur ne soit pas déshonoré.

4. Mais s’il existe la possibilité d’avoir à remplir les engagements de la personne à la place de qui je dois me tenir, est-ce la volonté du Seigneur que je dépense mes ressources de cette manière ? N’est-ce pas plutôt sa volonté que mes ressources soient dépensées autrement ? 5. Comment puis-je passer outre à la parole claire du Seigneur, qui dit le contraire, même si les quatre premiers points pouvaient être réglés de façon satisfaisante ?

La vie de l’Église

L’assemblée des croyants

J’ai eu le bonheur, au cours des trente-sept dernières années, de connaître des centaines de personnes qui n’étaient en rien inférieures aux chrétiens du temps des apôtres.

Que les disciples de Jésus doivent se réunir le premier jour de la semaine pour la fraction du pain, que ce doive être leur réunion principale, et que ceux, qu’ils soient un ou plusieurs, qui sont véritablement doués par le Saint-Esprit pour le service, que ce soit pour l’exhortation, l’enseignement, la direction, etc., soient responsables devant le Seigneur de l’exercice de leurs dons—ce ne sont pas là pour moi des questions incertaines, mais des points sur lesquels mon âme, par grâce, est affermie, grâce à la volonté révélée de Dieu.

Le formalisme

J’ai souvent remarqué les effets nuisibles qu’il y a à faire les choses parce que d’autres les faisaient, ou parce que c’était la coutume, ou parce qu’on s’était laissé persuader d’actes de renoncement extérieur, ou d’abandonner des choses alors que le cœur n’y était pas, et alors que l’acte extérieur N’ÉTAIT PAS le fruit de l’opération intérieure et puissante du Saint-Esprit, et de l’heureuse entrée dans notre communion avec le Père et avec le Fils.

Tout ce qui n’est qu’une simple forme, une simple habitude, une simple coutume dans les choses divines est à redouter extrêmement : la vie, la puissance, la réalité, voilà ce que nous devons rechercher. Les choses ne devraient pas venir du dehors, mais du dedans. Le genre de vêtements que je porte, le genre de maison que j’habite, la qualité des meubles dont je me sers, toutes ces choses ne devraient pas venir de ce que d’autres personnes font ceci ou cela, ou de ce qu’il est d’usage, parmi les frères que je fréquente, de vivre de telle ou telle manière simple, peu coûteuse et pleine de renoncement ; mais tout ce qui se fait en ces matières, en fait d’abandon, de renoncement ou de mort au monde, devrait découler de la joie que nous avons en Dieu, de la connaissance que nous sommes enfants de Dieu, de l’entrée dans la valeur précieuse de notre héritage futur, etc. Il vaut bien mieux que, pour le moment, nous restions immobiles et ne fassions pas les pas que nous voyons faire à d’autres, plutôt que ce soit la seule force de l’exemple qui nous pousse à faire une chose que nous regretterions ensuite. Non que je veuille le moins du monde laisser entendre par là que nous devrions continuer à vivre dans le luxe, la complaisance envers nous-mêmes et choses semblables, tandis que d’autres sont dans un grand besoin ; mais nous devrions commencer la chose de la bonne manière, c.-à-d. rechercher le bon état du cœur ; commencer au-dedans au lieu de commencer au-dehors. Sinon, cela ne durera pas. Nous regarderons en arrière, ou même nous tomberons dans un état pire qu’auparavant. Mais oh ! quelle différence si c’est la joie en Dieu qui nous conduit à quelque petit acte de renoncement ! Avec quelle joie nous le faisons alors ! Quel grand honneur nous estimons alors que c’est ! Combien le cœur désire alors pouvoir faire davantage pour celui qui a tant fait pour nous ! Nous sommes alors bien loin de regarder de haut, avec une orgueilleuse complaisance envers nous-mêmes, ceux qui ne vont pas aussi loin que nous ; nous prions plutôt le Seigneur de bien vouloir aider à avancer nos chers frères et sœurs qui peuvent nous sembler faibles sur un point particulier ; et nous avons aussi conscience que, si nous avons un peu plus de lumière ou de force sur un point, d’autres frères peuvent avoir plus de lumière ou de grâce à d’autres égards.

S’aider les uns les autres

Quant à l’importance, pour les enfants de Dieu, d’ouvrir leur cœur les uns aux autres, surtout lorsqu’ils tombent dans un état de froideur, ou qu’ils sont sous la puissance d’un certain péché, ou dans une difficulté particulière : je sais par ma propre expérience combien de fois le piège du diable a été rompu quand j’étais sous la puissance du péché ; combien de fois le cœur a été consolé quand il était près d’être accablé ; combien de fois, dans une grande perplexité, un conseil a été obtenu,—en ouvrant mon cœur à un frère en qui j’avais confiance. Nous sommes enfants de la même famille, et nous devons donc nous aider les uns les autres.

Les réunions pour les âmes en quête

1. Beaucoup de personnes, par timidité, préféreraient venir à la sacristie à une heure fixée pour s’entretenir avec nous plutôt que de nous rendre visite chez nous. 2. Le fait même de fixer un moment pour recevoir les gens et s’entretenir avec eux en particulier des choses de l’éternité en a amené quelques-uns qui, humainement parlant, ne seraient jamais venus nous voir en d’autres circonstances ; bien plus, il a amené même des personnes qui, tout en se croyant préoccupées des choses de Dieu, étaient pourtant dans une ignorance complète ; et ainsi nous avons eu l’occasion de leur parler. 3. Ces réunions ont aussi été pour nous-mêmes un grand encouragement dans l’œuvre ; car souvent, quand nous pensions que telle ou telle explication de la Parole n’avait fait aucun bien, ces réunions nous ont fait découvrir le contraire ; et de même, quand nos mains étaient languissantes, nous avons été encouragés à nouveau à aller de l’avant dans l’œuvre du Seigneur et à continuer de semer la semence dans l’espérance, en voyant à ces réunions de nouveaux cas où le Seigneur avait daigné se servir de nous comme d’instruments ; d’autant plus qu’il est arrivé quelquefois, de cette manière, que des personnes nous parlent du bien qu’elles avaient retiré de notre ministère non seulement quelques mois auparavant, mais même deux, trois et quatre ans plus tôt.

Pour les raisons qui précèdent, je recommanderais tout particulièrement aux autres serviteurs de Christ, surtout à ceux qui vivent dans de grandes villes, s’ils n’ont pas déjà adopté un plan semblable, d’examiner s’il ne serait pas bon pour eux aussi de réserver de tels moments pour recevoir les âmes en quête. Ces réunions demandent cependant beaucoup de prière, pour qu’on puisse parler comme il faut à tous ceux qui viennent, selon leurs besoins divers ; et l’on est continuellement amené à sentir que l’on n’est pas par soi-même capable de ces choses, mais que notre capacité ne peut venir que de Dieu. Ces réunions ont aussi été, de loin, la partie la plus épuisante de tout notre travail, bien qu’elles en soient en même temps la plus rafraîchissante.

Les visites pastorales

Une Église non visitée deviendra tôt ou tard une Église malsaine.

La location des bancs

1. La location des bancs est, d’après Jacques 2:1-6, contraire à la pensée du Seigneur, puisqu’en général le frère pauvre ne peut avoir une aussi bonne place que le riche. 2. Un frère peut faire volontiers quelque chose pour mon entretien s’il est laissé libre de choisir son moment ; mais lorsque le trimestre est échu, il a peut-être d’autres dépenses, et je ne sais pas s’il paie son argent avec tristesse et par contrainte, ou avec joie ; or Dieu aime celui qui donne avec joie. Je savais pertinemment qu’il n’avait parfois pas été commode à certaines personnes de payer l’argent quand les frères qui le recueillaient le leur avaient demandé. 3. Bien que le Seigneur m’eût fait la grâce d’être fidèle, de sorte que j’avais pu ne pas cacher la vérité quand il me l’avait montrée, je sentais néanmoins que la location des bancs était un piège pour le serviteur de Christ. Ce fut pour moi une tentation, du moins pendant quelques minutes, au moment où le Seigneur m’avait poussé à prier et à sonder la Parole au sujet de l’ordonnance du baptême, parce que £30 de mon salaire étaient en jeu si je me faisais baptiser.

Les Églises d’État

Toutes les Églises établies, du fait même qu’elles sont des Églises établies, c.-à-d. le monde et l’Église mêlés ensemble, non seulement renferment en elles des principes qui doivent nécessairement conduire à s’écarter de la parole de Dieu ; mais encore, aussi longtemps qu’elles restent des Églises établies, elles excluent entièrement qu’on agisse en tout selon les saintes Écritures.

La foi

L’inquiétude

Où la Foi commence, l’inquiétude finit ;
Où l’inquiétude commence, la Foi finit.

Méditez ces paroles du Seigneur Jésus : « crois seulement ». Tant que nous sommes capables de nous confier en Dieu, en retenant fermement dans notre cœur qu’il peut et veut secourir ceux qui s’appuient sur le Seigneur Jésus pour leur salut, en toutes les choses qui servent à sa gloire et à leur bien, le cœur demeure calme et paisible. C’est seulement lorsque, dans la pratique, nous lâchons la foi en sa puissance ou en son amour, que nous perdons notre paix et que nous sommes troublés. Aujourd’hui même, je suis dans une grande épreuve à propos de l’œuvre dans laquelle je suis engagé ; et pourtant mon âme a été calmée et apaisée par le souvenir de la puissance et de l’amour de Dieu ; et je me suis dit ce matin : « Comme David reprit courage en s’appuyant sur l’Éternel, son Dieu, quand il revint à Tsiklag, ainsi je reprendrai courage en m’appuyant sur Dieu » ; et le résultat a été la paix de l’âme.... C’est précisément le moment pour la foi d’agir, quand la vue cesse. Plus les difficultés sont grandes, plus la tâche est facile pour la foi. Tant qu’il reste certaines perspectives naturelles, la foi n’avance pas aussi aisément (si je puis m’exprimer ainsi) que lorsque toutes les perspectives naturelles font défaut.

La dépendance à l’égard de Dieu

Remarquez deux choses ! Nous avons agi pour Dieu en différant les réunions publiques et la publication du Rapport ; mais la voie de Dieu mène toujours à l’épreuve, pour ce qui est de la vue et des sens. La nature sera toujours éprouvée dans les voies de Dieu. Le Seigneur disait par cette pauvreté : « Je vais voir maintenant si vous vous appuyez vraiment sur moi et si vous regardez vraiment à moi. » De toutes les saisons que j’avais traversées depuis que je vivais de cette manière, jusqu’à ce moment-là, je n’ai jamais connu de période où ma foi ait été éprouvée aussi durement que pendant les quatre mois allant du 12 déc. 1841 au 12 avril 1842. Mais remarquez encore ceci : nous aurions pu, même alors, changer d’avis au sujet des réunions publiques et de la publication du Rapport ; car personne ne connaissait notre résolution, à ce moment-là, sur ce point. Bien au contraire, nous savions avec quelle joie un grand nombre d’enfants de Dieu attendaient de recevoir de nouveaux comptes rendus. Mais le Seigneur nous a gardés fermes dans la conclusion à laquelle nous étions arrivés sous sa direction.

Le don et la grâce de la foi

Il plut au Seigneur, je pense, de me donner en certains cas quelque chose comme le don (et non la grâce) de la foi, de sorte que je pouvais demander sans condition et attendre une réponse. La différence entre le don et la grâce de la foi me paraît être celle-ci. Selon le don de la foi, je suis capable de faire une chose, ou de croire qu’une chose arrivera, alors que ne pas la faire, ou ne pas la croire, ne serait pas un péché ; selon la grâce de la foi, je suis capable de faire une chose, ou de croire qu’une chose arrivera, à l’égard de laquelle j’ai la parole de Dieu comme fondement sur lequel m’appuyer, et dès lors ne pas la faire, ou ne pas la croire, serait un péché. Par exemple, le don de la foi serait nécessaire pour croire qu’un malade sera rétabli, alors qu’il n’y a aucune probabilité humaine : car il n’y a pas de promesse à cet effet ; la grâce de la foi est nécessaire pour croire que le Seigneur me donnera le nécessaire de la vie, si je cherche premièrement le royaume et la justice de Dieu : car il y a une promesse à cet effet. (Matt. 6:33.)

La volonté propre

L’esprit naturel est toujours enclin à raisonner quand nous devrions croire ; à se mettre à l’ouvrage quand nous devrions rester tranquilles ; à suivre son propre chemin quand nous devrions marcher fermement dans les voies de Dieu, si pénibles qu’elles soient pour la nature.

Les épreuves de la foi

Le Seigneur donne la foi dans le but même de l’éprouver, pour la gloire de son nom et pour le bien de celui qui la possède ; et, par l’épreuve même de notre foi, non seulement nous obtenons une bénédiction pour notre âme en apprenant à mieux connaître Dieu, si nous retenons fermement notre confiance en lui, mais notre foi est aussi fortifiée par cet exercice : c’est ainsi que, si nous marchons avec Dieu dans quelque mesure de droiture de cœur, les épreuves de la foi seront de plus en plus grandes.

C’est pour le bien de l’Église que nous sommes placés dans ces difficultés ; et si donc, à l’heure du besoin, nous prenions des marchandises à crédit, le but premier et principal de l’œuvre serait complètement manqué, et aucun cœur ne serait plus fortifié dans la confiance en Dieu ; et il n’y aurait plus non plus cette manifestation de la providence spéciale et particulière de Dieu qui s’est jusqu’ici si abondamment montrée à travers cette œuvre, même aux yeux des incrédules, par laquelle ils ont été amenés à voir qu’il y a, après tout, une réalité dans les choses de Dieu, et beaucoup, par ces récits imprimés, ont été véritablement convertis. Pour ces raisons, donc, nous considérons comme notre précieux privilège de continuer, comme jusqu’ici, à nous attendre au Seigneur seul, au lieu de prendre des marchandises à crédit ou d’emprunter de l’argent à quelques amis bienveillants, quand nous sommes dans le besoin. Bien plus, nous nous proposons, selon que Dieu nous en donnera la grâce, de regarder à lui seul, même si, matin après matin, nous ne devions rien avoir en caisse pour l’œuvre—oui, même si nous devions regarder à lui d’un repas à l’autre ; pleinement assurés que celui qui en est maintenant (1845) à sa dixième année de nourrir ces nombreux orphelins, et qui ne les a jamais laissés manquer de rien, et que celui qui en est maintenant (1845) à sa douzième année de soutenir les autres branches de l’œuvre, sans qu’aucune d’elles ait dû être arrêtée faute de ressources, le fera aussi à l’avenir. Et ici je désire, dans le profond sentiment de mon impuissance naturelle et de ma dépendance à l’égard du Seigneur, confesser que, par la grâce de Dieu, mon âme a été en paix, bien que, jour après jour, nous ayons dû attendre du Seigneur nos provisions quotidiennes ; oui, bien que nous ayons même été obligés de le faire d’un repas à l’autre.

Le don

Solliciter des dons, etc

Il ne suffit pas d’obtenir des ressources pour l’œuvre de Dieu ; il faut que ces ressources soient obtenues selon la voie de Dieu. Demander de l’argent aux incrédules n’est pas la voie de Dieu ; presser même les croyants de donner n’est pas la voie de Dieu ; mais il faut montrer le devoir et le privilège qu’il y a à pouvoir contribuer à l’œuvre de Dieu, puis y joindre une prière ardente, une prière de foi, et l’on parviendra au but désiré.

Ce que Dieu réclame

Il est vrai que l’Évangile réclame notre Tout ; mais je crains qu’en réclamant ainsi en général le Tout, nous n’ayons amoindri ce qu’il réclame de chaque chose. Nous ne sommes pas sous la loi. C’est vrai ; mais ce n’est pas pour rendre notre obéissance moins complète, ou nos dons moins généreux : n’est-ce pas plutôt qu’une fois réglées toutes les exigences de la loi, la nature nouvelle trouve sa joie à faire plus que la loi ne demande ? Abondons de plus en plus dans l’œuvre du Seigneur.

Donner dans l’adversité

À la fin du siècle dernier, un négociant de Londres, homme très pieux et très généreux, reçut un jour la visite d’un monsieur qui venait lui demander de l’argent pour une œuvre de bienfaisance. Ce monsieur s’attendait à recevoir fort peu, car il venait d’apprendre que le négociant avait subi de lourdes pertes par le naufrage de quelques-uns de ses navires. Contre toute attente, cependant, il reçut pour son œuvre environ dix fois plus qu’il n’avait espéré. Il ne put s’empêcher d’exprimer sa surprise au négociant, lui dit ce qu’il avait entendu, combien il avait craint de ne presque rien recevoir, et lui demanda si, après tout, il n’y avait pas erreur au sujet du naufrage de ses vaisseaux. Le négociant répondit : C’est tout à fait vrai, j’ai subi de lourdes pertes par le naufrage de ces vaisseaux, mais c’est justement la raison pour laquelle je vous donne tant ; car il me faut faire un meilleur usage que jamais de mon intendance, de peur qu’elle ne me soit entièrement retirée.

Comment devons-nous agir si la prospérité de nos affaires, de notre commerce, de notre profession, etc., venait soudain à cesser, alors que nous avons donné une part considérable de nos ressources pour l’œuvre du Seigneur ? Voici ma réponse : « au jour du malheur, réfléchis ». C’est la volonté de Dieu que nous examinions nos voies ; que nous cherchions s’il y a quelque raison particulière pour laquelle Dieu a permis que cela nous arrive. Ce faisant, nous trouverons peut-être que nous avons trop regardé notre prospérité comme allant de soi, et que nous n’avons pas assez reconnu et confessé, dans la pratique, la main de Dieu dans notre succès. Ou peut-être, tandis qu’il plaisait au Seigneur de nous faire prospérer, avons-nous trop dépensé pour nous-mêmes, et avons-nous ainsi, bien que sans le vouloir, abusé de la bénédiction de Dieu. Je ne veux pas, par cette remarque, mettre des enfants de Dieu en servitude, de sorte qu’avec une conscience scrupuleuse ils regardent à chaque sou qu’ils dépensent pour eux-mêmes ; telle n’est pas la volonté de Dieu à notre égard ; et pourtant, d’autre part, il y a vraiment une convenance ou une inconvenance dans notre habillement, notre mobilier, notre table, notre maison, notre train de vie, et dans la somme que nous dépensons chaque année pour nous-mêmes et notre famille.

Donner et thésauriser

J’ai toutes les raisons de croire que, si j’avais commencé à amasser, le Seigneur aurait arrêté les envois, et qu’ainsi la possibilité de le faire n’était qu’apparente. Que personne ne fasse profession de se confier en Dieu tout en amassant pour ses besoins futurs ; sinon, le Seigneur le renverra d’abord au trésor qu’il a accumulé, avant de pouvoir exaucer sa prière pour en obtenir davantage.

« Tel, qui donne libéralement, devient plus riche; Et tel, qui épargne à l’excès, ne fait que s’appauvrir. » (Prov. 11:24.) Remarquez ici les mots « à l’excès » ; il n’est pas dit : qui épargne tout ; mais « à l’excès », c’est-à-dire que, s’il donne, c’est si peu en comparaison de ce que ce pourrait et devrait être, qu’il ne fait que s’appauvrir.

Les motifs du don

Les croyants devraient chercher de plus en plus à entrer dans la grâce et l’amour de Dieu, qui a donné son Fils unique, et dans la grâce et l’amour du Seigneur Jésus, qui s’est donné lui-même à notre place, afin que, pressés par l’amour et la reconnaissance, ils soient de plus en plus amenés à consacrer au Seigneur leurs forces physiques et mentales, leur temps, leurs dons, leurs talents, leurs biens, leur position dans la vie, leur rang, et tout ce qu’ils ont et tout ce qu’ils sont. Je ne veux pas dire par là qu’ils devraient abandonner leurs affaires, leur commerce ou leur profession pour devenir prédicateurs ; ni qu’ils devraient prendre tout leur argent pour le donner au premier mendiant qui le leur demande ; mais qu’ils devraient tenir tout ce qu’ils ont et tout ce qu’ils sont pour le Seigneur, non comme propriétaires, mais comme intendants, et être disposés, sur son ordre, à employer pour lui une partie ou la totalité de ce qu’ils possèdent. Si loin que le croyant reste en deçà, rien de moins que cela ne devrait être son but.

L’intendance

C’est l’ordre du Seigneur que, de quelque manière qu’il lui plaise de faire de nous ses intendants, que ce soit pour les choses temporelles ou spirituelles, si nous agissons vraiment en intendants et non en propriétaires, il nous établira intendants sur davantage.

Même en cette vie, et quant aux choses temporelles, il plaît au Seigneur de rendre à ceux qui agissent pour lui en intendants, et qui contribuent à son œuvre ou aux pauvres, selon qu’il lui plaît de les faire prospérer ? Mais combien plus grande est la bénédiction spirituelle que nous recevons, en cette vie et dans le monde à venir, si, pressés par l’amour de Christ, nous agissons en intendants de Dieu à l’égard de ce qu’il lui plaît de nous confier !

Donner avec méthode

Fixez seulement la somme, si petite soit-elle, que vous vous proposez de donner sur votre revenu, et donnez-la régulièrement ; et à mesure qu’il plaît à Dieu d’accroître votre lumière et votre grâce, et de vous faire prospérer davantage, donnez davantage. Si vous négligez de donner par habitude, de donner régulièrement, de donner par principe et sur une base scripturaire, et que vous vous en remettiez seulement au sentiment et à l’impulsion, ou à des circonstances particulièrement émouvantes, vous y perdrez assurément.

Un négociant des États-Unis, à qui l’on demandait de quelle manière il donnait, répondit : « En consacrant de nouveau ma vie à Dieu, conscient de l’influence séductrice des richesses et de la nécessité d’arrêter un plan de bienfaisance avant que la fortune ne vienne fausser mon jugement, j’adoptai le système suivant :

« Je résolus d’arrêter mes comptes, aussi exactement que possible, chaque mois, en réservant la part des bénéfices qui paraîtrait suffisante pour couvrir les pertes probables, et de mettre de côté, en l’inscrivant à un compte de bienfaisance, le dixième des bénéfices restants, grands ou petits, comme fonds destiné aux dépenses charitables, et de subvenir à mes besoins et à ceux de ma famille avec les neuf dixièmes restants. Je décidai en outre que si, à un moment quelconque, mes bénéfices nets, c’est-à-dire les bénéfices dont on aurait déduit les gages des commis et les frais du magasin, dépassaient cinq cents dollars en un mois, je donnerais 12 pour cent ; s’ils dépassaient sept cents dollars, 15 pour cent ; s’ils dépassaient neuf cents dollars, 17 pour cent ; s’ils dépassaient treize cents dollars, 22 pour cent—augmentant ainsi la proportion du tout à mesure que Dieu me ferait prospérer, jusqu’à ce qu’à quinze cents dollars je donne 25 pour cent, soit 375 dollars par mois. Comme le capital était de la plus haute importance pour la réussite de mes affaires, je décidai de ne pas augmenter le barème ci-dessus avant d’avoir acquis un certain capital, après quoi je donnerais le quart de tous les bénéfices nets, grands ou petits ; et, une fois acquis un autre montant déterminé de capital, je décidai de donner la moitié ; et, lorsque j’aurais acquis ce que j’estimerais être un capital pleinement suffisant, de donner alors la totalité de mes bénéfices nets.

« Il y a maintenant plusieurs années que j’ai adopté ce plan, et grâce à lui j’ai acquis un beau capital et j’ai prospéré au-delà de mes espérances les plus ardentes. Bien que donnant constamment, je n’ai encore jamais touché le fond de mon fonds de bienfaisance, et j’ai été maintes fois surpris de voir quels gros prélèvements il pouvait supporter. Il est vrai que, certains mois, j’ai rencontré une salutaire épreuve de foi, lorsque cette règle m’a conduit à mettre de côté le dixième alors que le reste se révélait insuffisant pour mon entretien ; mais la marée a bientôt tourné, et j’ai reconnu avec gratitude une main céleste qui compensait plus que largement tous les déficits passés. »

Les détails suivants, d’un profond intérêt, sont rapportés dans la biographie de M. Cobb, négociant de Boston. À l’âge de vingt-trois ans, M. Cobb rédigea et signa le document remarquable que voici :

« Par la grâce de Dieu, je ne posséderai jamais plus de 50 000 dollars,

« Par la grâce de Dieu, je donnerai le quart des bénéfices nets de mes affaires à des usages charitables et religieux.

« Si jamais je possède 20 000 dollars, je donnerai la moitié de mes bénéfices nets ; et si jamais je possède 30 000 dollars, j’en donnerai les trois quarts ; et la totalité au-delà de 50 000 dollars. Que Dieu me soit en aide, ou qu’il confie ces biens à un intendant plus fidèle et me mette de côté. »

« Il resta fidèle à cet engagement, dit sa biographie, avec une fidélité scrupuleuse. Il distribua les bénéfices de ses affaires dans une proportion croissante d’année en année, jusqu’à ce qu’il eût atteint le point qu’il avait fixé comme limite à sa fortune, et dès lors il donna à la cause de Dieu tout l’argent qu’il gagnait. Une fois, s’apercevant que sa fortune avait dépassé 50 000 dollars, il consacra aussitôt l’excédent de 7 500 dollars.

« Sur son lit de mort, il dit : “Par la grâce de Dieu—rien d’autre—par la grâce de Dieu, j’ai été rendu capable, sous l’influence de ces résolutions, de donner plus de 40 000 dollars.” Que le Seigneur a été bon envers moi ! »

M. Cobb fut aussi un chrétien actif, humble et dévoué, cherchant la prospérité des Églises faibles ; travaillant à faire avancer les institutions charitables de son temps ; assidu aux réunions de prière, et désireux d’aider le pécheur en quête ; attentif aux intérêts éternels de ceux qui étaient sous sa garde ; doux et aimable dans sa conduite ; et, dans la teneur générale de sa vie et de son caractère, un exemple de piété conséquente.

Sa dernière maladie et sa mort furent paisibles, et même triomphantes. « C’est une chose glorieuse, dit-il, que de mourir. J’ai été actif et occupé dans le monde—j’ai joui de la vie autant que personne—Dieu m’a fait prospérer—j’ai tout ce qui peut m’attacher ici-bas—je suis heureux dans ma famille—j’ai des biens en suffisance—mais que ce monde paraît petit et misérable sur un lit de malade ! Rien ne peut égaler ma joie à la vue prochaine du ciel. Mon espérance en Christ vaut infiniment plus que toutes les autres choses. Le sang de Christ—le sang de Christ—nul autre que Christ ! Oh ! combien je suis reconnaissant que Dieu ait pourvu un chemin par lequel moi, tout pécheur que je suis, je puis attendre avec joie un autre monde, par son Fils bien-aimé. »

Dieu

L’approbation de Dieu

Dans toute l’œuvre, nous désirons nous tenir avec Dieu, et ne pas dépendre du jugement favorable ou défavorable de la multitude.

Les châtiments de Dieu

Notre Père céleste n’enlève jamais à ses enfants une chose terrestre sans avoir l’intention de leur donner à la place quelque chose de meilleur.

Le Seigneur, dans son amour et sa fidélité mêmes, ne veut pas et ne peut pas nous laisser poursuivre dans l’égarement, mais il nous visitera par des coups pour nous ramener à lui !

Le Seigneur ne nous impose jamais, en fait de châtiment, plus que l’état de notre cœur ne le rend nécessaire ; de sorte que, tandis qu’il frappe d’une main, il soutient de l’autre.

Si, en tant que croyants au Seigneur Jésus, nous voyons que notre Père céleste, à cause de faux pas ou d’un mauvais état de cœur, agit envers nous par la discipline ou la correction, nous devons lui en être reconnaissants ; car il agit ainsi envers nous selon ce même amour qui l’a conduit à ne pas épargner son Fils unique, mais à le livrer pour nous ; et notre reconnaissance envers lui doit s’exprimer en paroles, et même par des actes. Nous devons nous garder de mépriser, dans la pratique, le châtiment du Seigneur, même si nous ne le faisons pas en paroles, et de perdre courage sous le châtiment : puisque tout est destiné à nous bénir.

La fidélité de Dieu

Peut-être avez-vous dit dans votre cœur : « Qu’arriverait-il si les fonds des orphelins étaient réduits à rien, que ceux qui sont engagés dans l’œuvre n’eussent rien à eux pour donner, et que l’heure d’un repas vînt sans que vous ayez de nourriture pour les enfants ? » Cela pourrait arriver, en effet, car nos cœurs sont désespérément méchants. Si jamais nous étions abandonnés à nous-mêmes au point de ne plus dépendre du Dieu vivant, ou de « concevoir l’iniquité dans notre cœur », alors un tel état de choses, nous avons lieu de le croire, se produirait. Mais aussi longtemps que nous serons rendus capables de nous confier dans le Dieu vivant, et aussi longtemps que, tout en restant à tous égards en deçà de ce que nous pourrions et devrions être, nous serons du moins gardés de vivre dans le péché, un tel état de choses ne pourra se produire.

C’est ainsi que le Seigneur, pour nous montrer qu’il continue à prendre soin de nous, suscite de nouveaux aides. Ceux qui se confient dans le Seigneur ne seront jamais confus ! Parmi ceux qui ont aidé pendant un temps, certains peuvent s’endormir en Jésus ; d’autres peuvent se refroidir dans le service du Seigneur ; d’autres peuvent désirer aider autant que jamais, mais n’en avoir plus les moyens ; d’autres encore peuvent avoir à la fois un cœur disposé à aider et les moyens de le faire, mais voir que c’est la volonté du Seigneur de les employer autrement ;—ainsi, pour une raison ou pour une autre, si nous nous appuyions sur l’homme, nous serions sûrement confus ; mais, en nous appuyant sur le seul Dieu vivant, nous sommes À L’ABRI de la déception, et À L’ABRI de l’abandon pour cause de mort, ou de manque de moyens, ou de manque d’amour, ou à cause des exigences d’une autre œuvre. Qu’il est précieux d’avoir appris, en quelque mesure, à se tenir seul avec Dieu dans le monde, et pourtant d’être heureux, et de savoir qu’assurément aucun bien ne nous sera refusé tant que nous marcherons dans l’intégrité !

L’association avec Dieu

Un frère qui se trouve à peu près dans le même état qu’il y a huit ans n’a que très peu de joie et ne fait aucun progrès dans les choses de Dieu. La raison en est que, contre sa conscience, il demeure dans une vocation qui est contraire à la profession d’un croyant. L’Écriture nous exhorte à demeurer dans notre vocation ; mais seulement si nous pouvons y demeurer « devant Dieu ». (1 Cor. 7:24.)

La puissance de Dieu

Il y a un proverbe du monde, cher lecteur chrétien, que nous connaissons tous, le voici : « Vouloir, c’est pouvoir. » Si tel est le proverbe de ceux qui ne connaissent pas Dieu, combien plus les croyants au Seigneur Jésus, qui ont de la puissance auprès de Dieu, devraient-ils dire : « Vouloir, c’est pouvoir. »

La confiance en Dieu

Seulement, que ce soit une confiance en Dieu, non en l’homme, non dans les circonstances, non dans aucun de vos propres efforts, mais une confiance réelle en Dieu, et vous serez secourus dans vos divers besoins.... Non dans les circonstances, non dans les perspectives naturelles, non dans les anciens donateurs, mais uniquement en Dieu. C’est précisément ce qui apporte la bénédiction. Si nous disons que nous nous confions en lui, mais qu’en réalité nous ne le faisons pas, alors Dieu, nous prenant au mot, nous fait voir que nous ne nous confions pas réellement en lui ; et de là vient l’échec. Au contraire, si notre confiance dans le Seigneur est réelle, le secours viendra sûrement : « qu’il te soit fait selon ta foi ».

C’est pour moi une source de profonde tristesse que, bien que j’aie tant de fois déjà mentionné ce point pour encourager les croyants au Seigneur Jésus à se décharger de tous leurs soucis sur Dieu et à se confier en lui en tout temps, tant de gens attribuent encore à de simples causes naturelles le secours que je reçois ; comme si le Dieu vivant n’était plus le Dieu vivant, et comme si, dans les siècles passés, on avait pu s’attendre à des exaucements, mais qu’au dix-neuvième siècle il ne fallût plus en espérer.

La volonté de Dieu

Combien il est important de connaître la volonté de Dieu avant d’entreprendre quoi que ce soit ; car alors non seulement nous sommes bénis dans notre âme, mais l’œuvre de nos mains prospère aussi.

Dans la mesure exacte où nous agissons selon la pensée de Dieu, dans cette mesure-là nous sommes bénis et faits en bénédiction. Notre manière de vivre est selon la pensée du Seigneur, car il prend plaisir à voir ses enfants venir ainsi à lui (Matt. 6) ; c’est pourquoi, bien que je sois faible et que je me trompe sur bien des points, il me bénit pourtant sur ce point particulier.

Avant tout, bien s’assurer que l’œuvre à laquelle on désire se consacrer est l’œuvre de Dieu ; en second lieu, qu’on est soi-même la personne appelée à cette œuvre ; en troisième lieu, que le temps de Dieu est venu pour l’accomplir ; puis être assuré que, si l’on recherche le secours de Dieu par la voie qu’il a lui-même établie, il ne fera pas défaut. Nous l’avons toujours éprouvé ainsi, et nous nous attendons à l’éprouver ainsi jusqu’au terme de notre course, sur la base des promesses de Dieu.

1. Soyez lents à faire de nouveaux pas dans le service du Seigneur, ou dans vos affaires, ou dans vos familles. Pesez bien toute chose ; pesez tout à la lumière des saintes Écritures et dans la crainte de Dieu. 2. Cherchez à n’avoir aucune volonté propre, afin de connaître la pensée de Dieu au sujet de tout pas que vous vous proposez de faire, de sorte que vous puissiez dire honnêtement que vous êtes disposés à faire la volonté de Dieu, s’il veut seulement bien vous instruire. 3. Mais, quand vous avez découvert quelle est la volonté de Dieu, cherchez son secours, et cherchez-le avec ardeur, avec persévérance, avec patience, avec foi et avec attente : et vous l’obtiendrez sûrement, en son temps et à sa manière.

Nous n’avons pas à nous précipiter en avant par volonté propre en disant : Je ferai l’œuvre, et je me confierai au Seigneur pour les ressources ; ce ne peut être là une confiance réelle, c’est la contrefaçon de la foi, c’est de la présomption ; et bien que Dieu, dans sa grande pitié et sa miséricorde, puisse même finalement nous aider à sortir de nos dettes, cela ne prouve en aucune façon que nous ayons eu raison d’aller de l’avant avant que son temps fût venu. Nous devrions plutôt, en pareilles circonstances, nous dire à nous-mêmes : Est-ce bien l’œuvre de Dieu que je fais ? Et s’il en est ainsi, peut-être ne suis-je pas la personne qui doit la faire ; ou si je suis cette personne, peut-être son temps n’est-il pas encore venu pour que j’aille de l’avant ; il se peut qu’il lui plaise d’exercer ma foi et ma patience. Je dois donc attendre tranquillement son temps ; car, quand il sera venu, Dieu m’aidera. Agir selon ce principe attire la bénédiction.

Pour connaître la volonté du Seigneur, nous devons employer des moyens scripturaires. La prière, la parole de Dieu et son Esprit doivent être unis ensemble. Nous devons aller à maintes reprises au Seigneur dans la prière, et lui demander de nous enseigner par son Esprit au moyen de sa parole. Je dis : par son Esprit au moyen de sa parole. Car si nous pensions que son Esprit nous conduit à faire ceci ou cela parce que certains faits sont ainsi ou ainsi, alors que sa parole est opposée au pas que nous allons faire, nous nous tromperions nous-mêmes.... Aucune situation, aucun emploi ne me sera donné par Dieu où je n’aie pas assez de temps pour prendre soin de mon âme. C’est pourquoi, quelle que soit l’apparence des circonstances extérieures, cela ne peut être considéré que comme permis par Dieu pour éprouver la sincérité de mon amour, de ma foi et de mon obéissance, mais nullement comme la direction de sa providence qui m’inciterait à agir contrairement à sa volonté révélée.

Le mariage

Entrer dans l’union du mariage est l’un des événements les plus profondément importants de la vie. On ne saurait le traiter avec trop de prière. Notre bonheur, notre utilité, le fait de vivre ensuite pour Dieu ou pour nous-mêmes, sont souvent liés de la façon la plus intime à notre choix. C’est pourquoi ce choix doit être fait avec le plus d’esprit de prière possible. Ni la beauté, ni l’âge, ni l’argent, ni les facultés intellectuelles ne devraient être ce qui détermine la décision ; mais 1° il faut s’attendre beaucoup à Dieu pour être dirigé ; 2° il faut rechercher une résolution sincère d’être disposé à se laisser conduire par lui ; 3° une véritable piété, sans l’ombre d’un doute, devrait être, pour un chrétien, la première qualité, et absolument indispensable, chez une compagne pour la vie. En plus de cela, toutefois, il faudrait en même temps peser avec calme et patience si, à d’autres égards, il y a convenance. Par exemple, il n’est pas sage qu’un homme instruit choisisse une femme entièrement dépourvue d’instruction ; car, si disposé que soit de son côté l’amour à couvrir ce défaut, cela aura des effets très malheureux en ce qui concerne les enfants.

La prière

Les exaucements

J’attends moi-même depuis vingt-neuf ans l’exaucement d’une prière au sujet d’une certaine bénédiction spirituelle. Jour après jour, il m’a été donné de persévérer dans la prière pour cette bénédiction. Chez moi et au loin, dans ce pays et à l’étranger, en santé et en maladie, si occupé que je fusse, j’ai pu, jour après jour, avec l’aide de Dieu, lui présenter cette affaire ; et pourtant je n’ai pas encore la pleine réponse. Néanmoins je l’attends. Je l’attends avec confiance. Le fait même que, jour après jour et année après année, pendant vingt-neuf ans, le Seigneur m’ait rendu capable de continuer à m’attendre à lui pour cette bénédiction, avec patience et avec foi, m’encourage encore davantage à attendre ; et je suis si pleinement assuré que Dieu m’entend à ce sujet que j’ai souvent pu le louer d’avance pour la pleine réponse que je recevrai finalement à mes prières sur ce point. Ainsi, vous le voyez, cher lecteur, si j’ai des centaines, oui, des milliers d’exaucements, année après année, j’ai aussi, comme vous-même et comme d’autres croyants, l’épreuve de la foi au sujet de certaines choses.

La prière qui écarte l’inquiétude

Bien que tous les croyants au Seigneur Jésus ne soient pas appelés à fonder des maisons d’orphelins, des écoles pour les enfants pauvres, etc., et à se confier en Dieu pour les ressources, tous les croyants pourtant, selon la volonté de Dieu à leur égard en Jésus-Christ, peuvent et doivent se décharger de tous leurs soucis sur celui qui prend soin d’eux, et n’ont à s’inquiéter de rien, comme on le voit clairement par 1 Pierre 5:7 ; Philippiens 4:6 ; Matthieu 6:25-34.

Mon Seigneur n’est pas limité ; il peut pourvoir de nouveau ; il sait que ce cas présent m’a été envoyé ; et ainsi, cette manière de vivre, bien loin de conduire à l’inquiétude, quant aux besoins futurs possibles, est plutôt le moyen d’en préserver.... Cette manière de vivre a souvent été le moyen de ranimer l’œuvre de la grâce dans mon cœur, quand je devenais froid ; et elle a aussi été le moyen de me ramener au Seigneur, après que je m’étais égaré. Car cela ne va pas,—il n’est pas possible, de vivre dans le péché et, en même temps, par la communion avec Dieu, de faire descendre du ciel tout ce dont on a besoin pour la vie présente.... L’exaucement de la prière, obtenu de cette manière, a été le moyen de vivifier mon âme et de me remplir d’une grande joie.

Je me trouvais avec plusieurs croyants dans la maison d’un frère, quand une sœur dit qu’elle avait souvent pensé au souci et au fardeau que je devais avoir sur l’esprit pour obtenir les provisions nécessaires à tant de personnes. Comme ce cas n’est peut-être pas isolé, je voudrais déclarer que, par la grâce de Dieu, ce n’est pas pour moi un sujet d’inquiétude. Les enfants, je les ai remis au Seigneur il y a des années. Toute l’œuvre est à lui, et il me convient d’être sans inquiétude. Quels que soient les points où je fais défaut, sur ce point-ci je suis capable, par la grâce de Dieu, de rejeter le fardeau sur mon Père céleste. Bien que maintenant (juillet 1845), depuis environ sept ans, nos fonds aient été si épuisés qu’il a été relativement rare d’avoir en caisse de quoi subvenir aux besoins des orphelins pendant trois jours de suite, je n’ai pourtant été éprouvé en esprit qu’une seule fois, et ce fut le 18 sept. 1838, lorsque, pour la première fois, le Seigneur sembla ne pas tenir compte de notre prière. Mais lorsqu’il envoya du secours à ce moment-là, et que je vis que c’était seulement pour l’épreuve de notre foi, et non parce qu’il avait abandonné l’œuvre, que nous avions été réduits si bas, mon âme fut si fortifiée et si encouragée que, non seulement il ne m’a pas été permis depuis lors de me défier du Seigneur, mais je n’ai même pas été abattu dans la plus profonde pauvreté. Néanmoins, à cet égard aussi, je suis maintenant, autant que jamais, dépendant du Seigneur ; et je sollicite instamment, pour moi-même et pour mes compagnons d’œuvre, les prières de tous ceux à qui la gloire de Dieu est chère. Quel grand déshonneur ce serait pour le nom de Dieu si nous, qui nous sommes si publiquement glorifiés en lui, tombions au point d’agir sur ces points mêmes comme le fait le monde ! Aidez-nous donc, frères, par vos prières, afin que nous nous confiions en Dieu jusqu’à la fin. Nous ne pouvons nous attendre à rien d’autre qu’à voir notre foi encore éprouvée, et peut-être plus que jamais ; et nous tomberons si le Seigneur ne nous soutient pas.

Emprunter et prier

Quant à emprunter de l’argent, j’ai estimé qu’il n’y a aucune raison de quitter la porte du Seigneur pour aller à celle d’un croyant, aussi longtemps qu’il veut bien pourvoir à nos besoins.

La communion avec Dieu dans la prière

Qu’il est vraiment précieux que quiconque s’appuie sur le Seigneur Jésus seul pour son salut ait dans le Dieu vivant un père auprès de qui il peut épancher pleinement son cœur au sujet des moindres affaires de sa vie, et de tout ce qui pèse sur son cœur ! Cher lecteur, connaissez-vous le Dieu vivant ? Est-il, en Jésus, votre Père ? Soyez assuré que le christianisme est autre chose que des formes, des credo et des cérémonies : il y a de la vie, de la puissance et de la réalité dans notre sainte foi. Si vous ne l’avez jamais encore connu, venez donc et goûtez-le par vous-même. Je vous supplie affectueusement de méditer les versets suivants et d’en faire un sujet de prière : Jean 3:16 ; Rom. 10:9, 10 ; Actes 10:43 ; 1 Jean 5:1.

Les conditions de la prière

Allez vous-même au Seigneur avec tous vos besoins temporels et spirituels. Apportez aussi au Seigneur les besoins de vos amis et de vos parents. Faites seulement l’essai, et vous verrez combien il est capable et désireux de vous secourir. Si toutefois vous n’obteniez pas aussitôt l’exaucement de vos prières, ne vous découragez pas ; mais continuez à vous attendre à Dieu avec patience, avec foi, avec persévérance : et aussi sûrement que ce que vous demandez serait pour votre véritable bien, et par conséquent pour l’honneur du Seigneur, et aussi sûrement que vous le demandez uniquement sur la base de la dignité de notre Seigneur Jésus, aussi sûrement vous obtiendrez enfin la bénédiction. J’ai moi-même dû m’attendre à Dieu pendant des années au sujet de certaines choses avant d’obtenir l’exaucement de mes prières ; mais il est enfin venu. En ce moment même, je dois encore renouveler chaque jour mes requêtes devant Dieu au sujet d’une certaine bénédiction que je lui demande depuis onze ans et demi, et que je n’ai encore obtenue qu’en partie, mais au sujet de laquelle je ne doute pas que la pleine bénédiction ne me soit accordée à la fin.... Le grand point est que nous ne demandions que ce qu’il serait à la gloire de Dieu de nous donner ; car cela, et cela seul, peut être pour notre véritable bien. Mais il ne suffit pas que la chose que nous demandons à Dieu soit pour son honneur et sa gloire ; il faut, en second lieu, que nous la demandions au nom du Seigneur Jésus, c’est-à-dire que nous ne l’attendions que sur la base de ses mérites et de sa dignité. En troisième lieu, nous devons croire que Dieu est capable et désireux de nous donner ce que nous lui demandons. En quatrième lieu, nous devons persévérer dans la prière jusqu’à ce que la bénédiction soit accordée, sans fixer à Dieu le moment où il devrait donner la réponse, ni les circonstances dans lesquelles il devrait la donner. La patience doit s’exercer en même temps que notre prière. En cinquième lieu, nous devons en même temps guetter et attendre une réponse jusqu’à ce qu’elle vienne. Si nous prions de cette manière, non seulement nous recevrons des exaucements, des milliers d’exaucements à nos prières, mais notre âme elle-même sera grandement rafraîchie et fortifiée par ces exaucements.

Si l’obtention de vos requêtes n’était pas pour votre véritable bien, ou ne tendait pas à l’honneur de Dieu, vous pourriez prier longtemps sans obtenir ce que vous désirez. La gloire de Dieu devrait toujours être présente devant les enfants de Dieu dans ce qu’ils désirent recevoir de sa main ; et leur propre profit spirituel, si intimement lié à l’honneur de Dieu, ne devrait jamais être perdu de vue dans leurs requêtes. Mais à présent, supposons que nous croyions au Seigneur Jésus et que nous présentions nos requêtes à Dieu en dépendant uniquement du Seigneur Jésus comme fondement de leur exaucement ; supposons aussi qu’autant que nous puissions en juger honnêtement et droitement, l’obtention de nos requêtes serait pour notre véritable bien spirituel et pour l’honneur de Dieu : il nous faut encore, enfin, persévérer dans la prière jusqu’à ce que la bénédiction nous soit accordée. Il ne suffit pas de commencer à prier, ni de prier comme il faut ; il ne suffit pas non plus de continuer à prier pendant un temps ; mais nous devons persévérer dans la prière, patiemment et avec foi, jusqu’à ce que nous obtenions une réponse ; et, de plus, nous n’avons pas seulement à persévérer dans la prière jusqu’au bout, mais nous avons aussi à croire que Dieu nous entend et qu’il exaucera nos prières. Le plus souvent, nous échouons parce que nous ne persévérons pas dans la prière jusqu’à ce que la bénédiction soit obtenue, et parce que nous n’attendons pas la bénédiction.

La foi, la prière et la parole de Dieu

La prière et la foi, ces remèdes universels contre tout besoin et toute difficulté ; et la nourriture de la prière et de la foi, la sainte parole de Dieu, m’ont aidé à surmonter toutes les difficultés.—Je ne me souviens pas, dans toute ma carrière chrétienne, qui compte maintenant (en mars 1895) soixante-neuf ans et quatre mois, d’avoir jamais cherché SINCÈREMENT et PATIEMMENT à connaître la volonté de Dieu par l’enseignement du Saint-Esprit, au moyen de la parole de Dieu, sans avoir été TOUJOURS bien dirigé. Mais si la droiture de cœur et l’intégrité devant Dieu faisaient défaut, ou si je ne m’attendais pas patiemment à Dieu pour être instruit, ou si je préférais le conseil de mes semblables aux déclarations de la parole du Dieu vivant, je commettais de grandes erreurs.

La prière secrète

Que nul ne s’attende à se rendre maître, à quelque degré que ce soit, de sa corruption intérieure sans aller, dans sa faiblesse, encore et encore au Seigneur pour obtenir de la force. Et la prière avec d’autres, ou les entretiens avec les frères, ne sauraient remplacer la prière secrète.

Les pièges de Satan quant à la prière

C’est une tentation courante de Satan que de nous faire abandonner la lecture de la Parole et la prière quand notre joie s’en est allée ; comme s’il était inutile de lire les Écritures quand nous n’y trouvons pas de joie, et comme s’il était inutile de prier quand nous n’avons pas d’esprit de prière ; alors qu’en vérité, pour goûter la Parole, nous devons continuer à la lire, et le moyen d’obtenir un esprit de prière est de continuer à prier ; car moins nous lisons la parole de Dieu, moins nous désirons la lire, et moins nous prions, moins nous désirons prier.

Le travail et la prière

Souvent l’œuvre même du Seigneur peut devenir une tentation qui nous détourne de cette communion avec lui si essentielle au bien de notre propre âme.... Que nul ne pense que la prière publique puisse remplacer la communion dans le cabinet.

Voici le grand secret du succès. Travaillez de toutes vos forces ; mais ne vous confiez pas le moins du monde dans votre travail. Priez de toutes vos forces pour obtenir la bénédiction de Dieu ; mais travaillez en même temps avec toute diligence, toute patience, toute persévérance. Priez donc, et travaillez. Travaillez et priez. Et priez encore, puis travaillez. Et ainsi tous les jours de votre vie. Le résultat sera sûrement une bénédiction abondante. Que vous voyiez beaucoup de fruit ou peu de fruit, un tel service sera béni.... Parlez aussi pour le Seigneur comme si tout dépendait de vos efforts ; et pourtant ne vous confiez pas le moins du monde dans vos efforts, mais dans le Seigneur, qui seul peut rendre vos efforts efficaces pour le bien de vos semblables ou de vos frères dans la foi. Souvenez-vous aussi que Dieu prend plaisir à accorder la bénédiction, mais, en général, comme le fruit d’une prière ardente et pleine de foi.

La prédication

Il me vint aussitôt à l’esprit qu’une telle manière de prêcher pouvait convenir à des campagnards sans instruction, mais qu’elle ne conviendrait jamais devant une assemblée cultivée de la ville. Je pensais qu’il fallait prêcher la vérité à tout prix, mais qu’il fallait la présenter sous une forme différente, adaptée aux auditeurs. Ainsi je demeurai indécis quant à la manière de prêcher ; et il n’est pas surprenant que je n’aie pas vu alors la vérité sur ce point, car je ne comprenais pas l’œuvre de l’Esprit, et je ne voyais donc pas l’impuissance de l’éloquence humaine. En outre, je ne gardais pas à l’esprit que, si les personnes les moins instruites de l’assemblée peuvent saisir le discours, les plus cultivées le comprendront aussi ; mais que l’inverse n’est pas vrai.

La restitution

La restitution est la volonté révélée de Dieu. Si on la néglige alors qu’on a le pouvoir de la faire, la culpabilité demeure sur la conscience et le progrès spirituel est entravé. Même si elle doit entraîner des difficultés, du renoncement et de grandes pertes, il faut s’en acquitter. Si les personnes qui ont été lésées sont mortes, il faut rechercher leurs héritiers, si la chose est possible, et leur faire la restitution. Mais il peut y avoir des cas où cela ne se peut pas, et alors seulement l’argent devrait être donné au Seigneur pour son œuvre ou pour ses pauvres. Encore un mot. Il arrive que le coupable n’ait pas assez de grâce, si les propriétaires légitimes sont vivants, pour leur faire connaître son péché ; en pareil cas, bien que ce ne soit pas la voie la meilleure ni la plus scripturaire, mieux vaut, plutôt que de garder la culpabilité sur la conscience, faire la restitution anonymement que de ne pas la faire du tout. Il y a une cinquantaine d’années, j’ai connu un homme préoccupé du salut de son âme, qui avait volé à son maître deux sacs de farine, et que j’exhortai à confesser ce péché à son ancien patron et à faire la restitution. Il ne voulut pourtant pas le faire, et il en résulta que, pendant vingt ans, il n’obtint jamais la vraie paix de l’âme, jusqu’à ce que la chose fût faite.

Les récompenses

Les chrétiens ne se souviennent pas, dans la pratique, que si nous sommes sauvés par grâce, entièrement par grâce, de sorte qu’en matière de salut les œuvres sont entièrement exclues, il y a pourtant, en ce qui concerne les récompenses de la grâce dans le monde à venir, un lien intime entre la vie du chrétien ici-bas et la joie et la gloire au jour de l’apparition de Christ.

Le péché et le salut

Les humiliations durent toute notre vie. Jésus n’est pas venu sauver des pécheurs de façade, mais de vrais pécheurs ; mais il nous a sauvés, et il le manifestera sûrement.

L’Esprit de Dieu

À Stuttgart, les chers frères n’avaient reçu aucune instruction sur les vérités qui concernent la puissance et la présence du Saint-Esprit dans l’Église de Dieu, et le ministère que nous exerçons les uns envers les autres comme membres du corps de Christ ; et je n’avais que trop connu les conséquences douloureuses qui s’ensuivent quand des frères commencent à se réunir en faisant profession de dépendre du Saint-Esprit sans savoir ce que cela signifie : les réunions devenaient alors des occasions de bavardages sans profit plutôt que d’édification selon Dieu.... Toutes ces choses devaient être laissées à la direction du Saint-Esprit ; et, si cela avait été vraiment bon pour eux, le Seigneur m’aurait conduit non seulement à parler à ce moment-là, mais encore sur le sujet même dont ils désiraient que je les entretienne.

La vérité—l’analogie de la foi

Quelles que soient les parties de la vérité dont on fait trop de cas, fussent-elles même les vérités les plus précieuses touchant notre résurrection en Christ, ou notre vocation céleste, ou la prophétie, tôt ou tard ceux qui mettent un accent excessif sur ces parties de la vérité, et les font ainsi trop ressortir, y perdront pour leur propre âme ; et, s’ils sont des docteurs, ils feront du tort à ceux qu’ils enseignent.

L’universalisme

Au sujet du salut universel, je constatai qu’ils avaient été entraînés dans cette erreur parce que (1) ils ne voyaient pas la différence entre la vocation terrestre des Juifs et la vocation céleste des croyants au Seigneur Jésus sous l’économie présente ; c’est pourquoi ils disaient que, puisque le mot « éternel », etc., est appliqué à « la possession du pays de Canaan » et au « sacerdoce d’Aaron », le châtiment des méchants ne peut être sans fin, vu que la possession de Canaan et le sacerdoce d’Aaron ne sont pas sans fin. Je m’efforçai donc de montrer aux frères la différence entre la vocation terrestre d’Israël et notre vocation céleste, et de prouver par l’Écriture que, chaque fois que le mot « éternel » est employé à propos de choses qui ne sont nullement de la terre, mais au-delà du temps, il désigne une durée sans fin. (2) Ils avaient attaché une importance excessive à quelques passages où, dans la traduction allemande de la Bible par Luther, se trouve le mot enfer, et où il aurait fallu traduire soit par « hadès » dans certains passages, soit par « tombeau » dans d’autres, et où ils voyaient une délivrance de l’enfer et un retour hors de l’enfer, au lieu de « hors du tombeau ».

La parole de Dieu

La parole de Dieu est notre seule règle, et le Saint-Esprit notre seul maître.

Outre les saintes Écritures, qui devraient toujours être pour nous LE livre, LE PRINCIPAL livre, non seulement en théorie, mais aussi dans la pratique, des livres de ce genre me semblent les plus utiles à la croissance de l’homme intérieur. Il faut pourtant être prudent dans le choix et se garder de lire trop.

Le travail pour Dieu

Quand il ordonne qu’une chose soit faite pour la gloire de son nom, il est à la fois capable et désireux de trouver les personnes nécessaires à l’œuvre et les ressources requises. Ainsi, quand le tabernacle devait être dressé dans le désert, non seulement il rendit des hommes capables de l’ouvrage, mais il toucha aussi le cœur des Israélites pour qu’ils apportent les matériaux nécessaires, l’or, l’argent et les pierres précieuses ; et toutes ces choses furent apportées, et cela en telle abondance qu’il fallut faire publier dans le camp qu’on n’apportât plus rien, parce qu’il y en avait plus qu’il n’en fallait. Et encore, quand Dieu, pour la louange de son nom, voulut que le temple fût bâti par Salomon, il pourvut pour cela à une telle quantité d’or, d’argent, de pierres précieuses, d’airain, de fer, etc., que tous les palais ou temples bâtis depuis lors ont été bien insignifiants en comparaison.

Chapitre 38 terminé

Annexe N : Les sages paroles de George Müller

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