Chapitre 37 · 9 min de lecture · 11 min d’écoute
Annexe M : La conduite de l’Église
I. — QUESTIONS RELATIVES À L’OFFICE D’ANCIEN.
(1) Comment voit-on que c’est la pensée de Dieu qu’il y ait, dans chaque Église, des anciens reconnus ?
Rép. Par les passages suivants, comparés entre eux : Matt. 24:45 ; Luc 12:42.
Ces passages nous apprennent que certains sont établis par le Seigneur lui-même dans l’office de conducteurs et de docteurs, et que cet office (malgré l’état de déchéance de l’Église) doit subsister jusqu’à la fin de l’économie présente. Aussi voyons-nous, d’après Actes 14:23 ; 20:17 ; Tite 1:5 ; et 1 Pi. 5:1, que, peu après que les saints eurent été convertis et se furent associés en Église, des anciens furent établis pour exercer la conduite sur eux et remplir l’office de sous-bergers.
Il ne faut pas entendre par là que, lorsque des croyants sont associés dans la communion d’une Église, ils doivent élire des anciens selon leur propre volonté, que le Seigneur ait ou non qualifié des personnes pour cela ; mais plutôt qu’ils doivent s’attendre à Dieu, afin qu’il lui plaise de susciter lui-même des hommes qualifiés pour enseigner et conduire dans son Église.
(2) Comment ceux-ci entrent-ils en fonction ?
Rép. Par la désignation du Saint-Esprit, Actes 20:28.
(3) Comment cette désignation peut-elle être connue de ceux qui sont appelés à cet office, et de ceux parmi lesquels ils peuvent être appelés à travailler ?
Rép. Par l’appel secret de l’Esprit, 1 Tim. 3:1, confirmé par la possession des qualités requises, 1 Tim. 3:2-7 ; Tite 1:6-9, et par la bénédiction du Seigneur reposant sur leurs travaux, 1 Cor. 9:2.
En 1 Cor. 9:2, Paul condescend à la faiblesse de certains qui risquaient d’être entraînés par ces esprits de parti qui contestaient son autorité. En tant qu’apôtre — établi par la parole expresse du Seigneur —, il n’avait pas besoin d’une telle confirmation extérieure. Mais s’il se servait de son succès comme d’un argument pour confirmer son appel, combien plus de simples serviteurs du Seigneur Jésus peuvent-ils employer un tel argument, puisque la manière dont ils sont appelés à l’œuvre est telle qu’elle exige quelque confirmation extérieure !
(4) Les saints sont-ils tenus de reconnaître ceux-ci et de leur être soumis dans le Seigneur ?
Rép. Oui. Voir 1 Cor. 16:15, 16 ; 1 Thess. 5:12, 13 ; Héb. 13:7, 17 ; et 1 Tim. 5:17.
Dans ces passages, l’obéissance à l’autorité pastorale est clairement prescrite.
II. — Les questions de discipline doivent-elles être définitivement réglées par les anciens en particulier, ou en présence de l’Église, et comme l’acte du corps tout entier ?
Rép. (1) Ces questions doivent être définitivement réglées en présence de l’Église. C’est ce qui ressort de Matt. 18:17 ; 1 Cor. 5:4, 5 ; 2 Cor. 2:6-8 ; 1 Tim. 5:20.
(2) Ces questions doivent être définitivement réglées comme l’acte du corps tout entier, Matt. 18:17, 18. Dans ce passage, l’acte d’exclusion est présenté comme l’acte du corps tout entier. 1 Cor. 5:4, 5 ; 5:12, 13. Dans ce passage, Paul donne ses directives sur l’exercice de la discipline de manière à rendre le corps tout entier responsable : verset 7, « Faites disparaître le vieux levain, afin que vous soyez une pâte nouvelle » ; et verset 13, « Otez le méchant du milieu de vous. » D’après 2 Cor. 2:6-8, nous apprenons que l’acte d’exclusion n’était pas l’acte des anciens seuls, mais de l’Église : « Il suffit pour cet homme du châtiment [plutôt, de la censure publique] qui lui a été infligé par le plus grand nombre. » Le verset 8 nous apprend que l’acte de réintégration devait être un acte public des frères : « Je vous exhorte donc à confirmer [plutôt, à ratifier par un acte public] votre charité envers lui. »
Quant à l’admission des frères dans la communion, c’est un acte de simple obéissance au Seigneur, tant de la part des anciens que de l’Église tout entière. Nous avons le devoir et le privilège de recevoir tous ceux qui font une profession de foi en Christ digne de créance, selon cette parole de l’Écriture : « Accueillez-vous donc les uns les autres, comme Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu. » (Rom. 15:7.)
III. — Quand faut-il s’occuper des actes d’Église (tels que les actes d’admission, de réintégration, d’exclusion, etc.) ?
Rép. On ne peut prouver expressément par l’Écriture si l’on s’occupait de ces actes à la réunion pour la fraction du pain ou à quelque autre réunion ; c’est donc un point sur lequel, si des Églises diffèrent, il faut exercer un support mutuel. Jusqu’ici, la manière dont ces affaires ont été réglées parmi nous a consisté à réunir l’Église un soir de semaine. Avant de venir à Bristol, nous avions été habitués à cette manière de faire, et, ne trouvant rien dans l’Écriture qui s’y opposât, nous avons continué cette pratique. Mais, après avoir prié et examiné plus attentivement ce point, il nous a paru bon qu’on s’occupe de ces actes les jours du Seigneur, quand les saints se réunissent pour la fraction du pain. Nous avons été amenés à faire ce changement par les raisons suivantes :
(1) Cette dernière manière empêche que les affaires ne soient retardées. Comme il n’y a pas assez de matière pour tenir chaque semaine une réunion à cet effet, il est arrivé parfois que ce qu’il aurait mieux valu exposer immédiatement à l’Église a été tenu caché au corps pendant quelques semaines. Or il importe que ce qui concerne l’Église tout entière soit porté le plus tôt possible à la connaissance de ceux qui sont dans la communion, afin qu’ils puissent agir en conséquence. Le retard, en outre, semble incompatible avec le caractère de pèlerin du peuple de Dieu.
(2) Les croyants peuvent être plus nombreux à être présents les jours du Seigneur que les soirs de semaine. L’importance de cette raison apparaîtra si l’on considère que tout ce qui concerne l’Église doit être connu du plus grand nombre possible. Car comment les saints peuvent-ils prier pour ceux qui doivent peut-être être exclus, — comment peuvent-ils compatir dans les cas d’épreuve particulière, — et comment peuvent-ils se réjouir et rendre grâces au sujet de ceux qui sont admis ou réintégrés, s’ils ne sont pas informés des faits relatifs à ces cas ?
(3) On rend ainsi témoignage que tous ceux qui rompent le pain sont membres de l’Église. En nous occupant des actes d’Église à la réunion pour la fraction du pain, nous montrons que nous ne faisons aucune différence entre l’admission à la sainte cène et l’admission comme membre de l’Église, mais que celui qui est admis à la table du Seigneur est par là même reçu à tous les privilèges, à toutes les épreuves et à toutes les responsabilités de membre de l’Église.
(4) Il y a une convenance particulière à s’occuper des actes d’admission, de réintégration et d’exclusion quand les saints se réunissent pour la fraction du pain, puisque, dans cette ordonnance surtout, nous manifestons notre communion les uns avec les autres.
Réponses aux objections.
(1) Ce changement a l’apparence de l’inconstance.
Réponse. Une telle objection s’appliquerait à tout cas où une lumière accrue conduirait à quelque amélioration ; il n’y a donc pas lieu d’en tenir compte. Ce serait un mal s’il y avait quelque changement touchant les vérités fondamentales de l’Évangile ; mais le point en question n’est qu’une affaire d’ordre dans l’Église.
(2) Il faudra peut-être ainsi plus de temps qu’il ne serait bon d’en consacrer à cela le jour du Seigneur.
Réponse. Comme, selon ce plan, les affaires de l’Église seront traitées chaque jour du Seigneur, il est plus que probable que les réunions n’en seront prolongées que de quelques minutes ; mais, si les circonstances l’exigeaient, une réunion spéciale pourrait encore être fixée pendant la semaine pour tous ceux qui rompent le pain avec nous. Cela ne serait nécessaire, toutefois, que si les affaires à présenter aux frères demandaient plus de temps qu’on ne pourrait leur en donner à la fraction du pain.*
* Cette pratique fit place, plus tard, à une réunion en semaine, le mardi soir, pour traiter ces « actes d’Église ». — A. T. P.
N.B. (1) Si des personnes qui ne rompent pas le pain avec nous étaient présentes, on pourra les prier de se retirer chaque fois qu’il faudra exposer des points dont il ne serait pas bon de parler en présence d’incrédules.
(2) Comme il y a deux lieux où les saints se réunissent pour la fraction du pain, les affaires relatives aux actes d’Église devront être présentées dans chacun d’eux.
IV. — QUESTIONS RELATIVES À LA SAINTE CÈNE.
(1) À quelle fréquence faut-il célébrer la fraction du pain ?
Rép. Bien que nous n’ayons aucun commandement exprès quant à la fréquence de sa célébration, l’exemple des apôtres et des premiers disciples nous conduirait à observer cette ordonnance chaque jour du Seigneur. (Actes 20:7.)
(2) Quel doit être le caractère de la réunion où les saints sont assemblés pour la fraction du pain ?
Rép. Comme, dans cette ordonnance, nous manifestons notre participation commune à tous les bienfaits de la mort de notre Seigneur, et notre union avec lui et les uns avec les autres (1 Cor. 10:16, 17), l’occasion doit être donnée d’exercer les dons d’enseignement ou d’exhortation, et de s’unir dans la prière et la louange. (Rom. 12:4-8 ; Éph. 4:11-16.) Notre participation commune aux dons les uns des autres ne peut se manifester pleinement à de telles réunions si toute la réunion est nécessairement conduite par une seule personne. Cette manière de se réunir ne décharge pas toutefois ceux qui ont les dons d’enseignement ou d’exhortation de la responsabilité d’édifier l’Église selon que l’occasion s’en présente.
(3) Est-il souhaitable que le pain soit rompu, à la sainte cène, par l’un des anciens, ou chaque membre du corps doit-il le rompre lui-même ?
Rép. Aucune des deux manières ne peut être prouvée par l’Écriture de façon si décisive que nous soyons autorisés à rejeter l’autre comme positivement contraire à l’Écriture ; pourtant —
(1) La lettre de l’Écriture semble plutôt favorable à ce que chaque frère et chaque sœur le fasse (1 Cor. 10:16, 17) : « Le pain que nous rompons. »
(2) Le fait que chacun des disciples le rompe exprime mieux que nous tous, par nos péchés, avons rompu le corps de notre Seigneur.
(3) En célébrant l’ordonnance de cette manière, nous montrons que nous sommes affranchis de l’erreur commune selon laquelle la sainte cène doit être administrée par quelque personne particulière, revêtue de ce qu’on appelle un caractère ministériel, au lieu d’être un acte de culte commun et d’obéissance.
Chapitre 37 terminé
Annexe M : La conduite de l’Église