Fidèle dans les petites choses
Le contentement, un secret qui s’apprend

Chapitre 7 · 7 min de lecture · 9 min d’écoute

Le contentement, un secret qui s’apprend

Paul a écrit l’une des lettres les plus joyeuses de la Bible depuis une prison. Il était enchaîné et attendait de savoir s’il serait exécuté. Ses amis de Philippes lui avaient envoyé un don en argent, et il leur a écrit pour les remercier. Au milieu de ce mot de remerciement, il a dit quelque chose de remarquable :

« Je ne dis pas cela parce que je suis dans le manque. Quelle que soit ma situation, j’ai appris à être satisfait. Je sais me contenter de peu, et je sais aussi vivre dans l’abondance. En toute situation et en toutes choses, j’ai été initié au secret : manger à ma faim et souffrir de la faim, avoir plus qu’assez et me passer de tout. Je suis capable de faire face à toute situation en celui qui me rend fort. » (Philippiens 4:11-13)

Deux fois, Paul emploie le langage de l’apprentissage. « J’ai appris à être satisfait. » « J’ai été initié au secret. » Le contentement n’était pas une chose avec laquelle Paul était né. Ce n’était pas un trait de caractère. C’était un savoir-faire qu’il avait appris, et il l’avait appris à rude école.

Ce que le contentement n’est pas

Il vaut la peine de bien préciser ce que le contentement n’est pas.

Ce n’est pas de la paresse. Paul travaillait dur, et il fabriquait souvent des tentes pendant la nuit pour ne pas être à la charge des Églises. Une personne contente peut quand même avoir des objectifs et travailler pour les atteindre.

Ce n’est pas faire semblant. Paul ne faisait pas semblant de ne pas avoir faim quand il avait faim. Il nomme sa faim simplement. Le contentement, ce n’est pas faire bonne figure.

Ce n’est pas se résigner à l’injustice. La Bible est pleine de cris qui réclament justice pour les pauvres. Un chrétien content peut quand même travailler à changer des systèmes injustes, et il le devrait.

Et ce n’est pas seulement pour les temps difficiles. Remarquez que Paul dit avoir appris à être content dans l’abondance comme dans le besoin. L’abondance a ses propres tentations : l’orgueil, la confiance en soi, l’oubli de Dieu. Être content avec beaucoup, c’est ne pas être possédé par ce qu’on a, et ne pas avoir besoin de plus.

Ce qu’est le contentement

Alors, qu’est-ce que c’est ? Le contentement est une paix profonde en Dieu, qui ne dépend pas des circonstances. C’est la capacité de dire, quel que soit le solde de mon compte en banque : « J’ai assez, parce que j’ai Dieu. »

L’auteur de l’épître aux Hébreux le relie directement à la présence de Dieu : « Soyez satisfaits de ce que vous possédez. Car Dieu Lui-même a dit : « Jamais je ne te lâcherai, et jamais, non jamais, je ne t’abandonnerai. » » (Hébreux 13:5). Nous pouvons être contents parce que nous ne sommes jamais seuls. Quoi qu’il nous manque, nous L’avons, Lui.

Il y a dans les Proverbes une ancienne prière qui le dit magnifiquement :

« Tiens loin de moi la fausseté et les mensonges ; ne me donne ni la pauvreté ni la richesse, mais nourris-moi du pain qu’il me faut chaque jour, pour que je n’aie pas trop et ne Te renie en disant : « Qui est le SEIGNEUR ? » ni trop peu et que je ne vole, couvrant ainsi de honte le nom de mon Dieu. » (Proverbes 30:8-9)

Regardez cette demande : « Ne me donne ni la pauvreté ni la richesse. » Combien de personnes ont déjà prié ainsi ? La plupart d’entre nous prient pour être épargnés par la pauvreté, mais nous aimerions bien essayer la richesse. L’auteur est assez sage pour voir que les deux sont dangereuses. Trop, et il risque d’oublier Dieu. Trop peu, et il risque d’être tenté de voler. Alors il demande juste assez : « nourris-moi du pain qu’il me faut chaque jour ». C’est la même prière que Jésus nous a enseignée : « Donne-nous aujourd’hui le pain dont nous avons besoin » (Matthieu 6:11).

Comment Paul l’a appris

Comment apprend-on le contentement ? Paul nous livre le secret dans la phrase suivante : « Je suis capable de faire face à toute situation en celui qui me rend fort. » On cite souvent ce verset comme s’il parlait de gagner une course ou de réussir un examen. Mais dans son contexte, il parle d’être content quand on a faim. C’est Christ qui donne la force d’être en paix avec peu, et la force de rester humble avec beaucoup.

Voici quelques-unes des leçons de cette école.

Souvenez-vous que vous laisserez tout derrière vous. « Car nous n’avons rien apporté dans le monde, et nous ne pouvons rien en emporter » (1 Timothée 6:7). Un vieux dicton dit qu’un corbillard ne tire jamais de remorque. Si vous ne pouvez pas le garder, ne le laissez pas vous garder.

Comparez-vous vers le bas, pas vers le haut. La plus grande part de notre mécontentement vient de ce que nous nous comparons à des gens qui ont plus que nous. La plus grande partie du monde vit avec bien moins que la plupart des lecteurs de ce livre. Se comparer à ceux qui ont moins transforme le mécontentement en gratitude.

Comptez vos bénédictions, au sens propre. Écrivez-les. Le simple fait de nommer les dons de Dieu remet le cœur en ordre.

Faites de vos soucis des prières. « Ne vous faites de souci pour rien. Au contraire, en toute circonstance, présentez vos demandes à Dieu par la prière et la supplication, avec reconnaissance. Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce que nous pouvons comprendre, montera la garde autour de vos cœurs et de vos pensées en Christ Jésus » (Philippiens 4:6-7). Remarquez que le contentement et la paix viennent par la prière accompagnée de reconnaissance.

Simplifiez. Parfois, le chemin du contentement consiste à avoir besoin de moins. Chaque bien doit être rangé, nettoyé, assuré, réparé et finalement jeté. Moins de choses peut vouloir dire plus de liberté.

La piété avec le contentement

Paul a écrit à Timothée : « La piété est en effet un grand gain, quand on sait se contenter de ce qu’on a » (1 Timothée 6:6). Il existe une sorte de religion dont on se sert pour s’enrichir. Paul venait de mettre en garde contre ceux qui « pensent que la piété est un moyen de s’enrichir » (1 Timothée 6:5). Il retourne la chose. La piété est vraiment un grand gain, mais pas un gain financier. Le vrai profit, c’est une vie pieuse avec un cœur content. C’est une richesse qu’aucun krach boursier ne peut atteindre.

Un psaume bien connu le dit autrement : « Le peu que possède le juste vaut mieux que l’abondance de bien des méchants » (Psaume 37:16). Et les Proverbes : « Mieux vaut avoir peu et craindre le SEIGNEUR que de grandes richesses avec du tourment » (Proverbes 15:16).

Une voix du passé

Dans Le Voyage du pèlerin, John Bunyan fait passer ses pèlerins par la vallée de l’Humiliation, un lieu humble que la plupart des voyageurs redoutent. Ils y rencontrent un jeune berger aux vêtements pauvres, au visage frais et joyeux, qui chante pour lui-même. Le guide de Bunyan dit que ce garçon « porte dans son sein plus de cette herbe qu’on appelle la paix du cœur » que les gens vêtus de soie et de velours. Voici le chant du garçon :

« Je suis content de ce que j’ai, Que ce soit peu ou beaucoup ; Et, Seigneur, je désire encore le contentement, Car Tu sauves ceux qui sont tels. »

John Bunyan, Le Voyage du pèlerin

À pratiquer cette semaine

Prenez Proverbes 30:8-9 et priez ce passage chaque jour cette semaine, lentement, en le pensant vraiment. Puis, à la fin de chaque journée, écrivez trois choses que Dieu vous a données ce jour-là et que vous ne voudriez pas perdre. À la fin de la semaine, vous en aurez vingt et une.

Pour les groupes

  • Paul dit qu’il a « appris » le contentement. Quelles expériences de votre vie vous ont appris le contentement, ou n’y sont pas parvenues ?
  • Est-il plus difficile pour vous d’être content avec peu ou avec beaucoup ? Pourquoi ?
  • Lisez Proverbes 30:8-9. Pourriez-vous prier honnêtement : « Ne me donne ni la pauvreté ni la richesse » ? Qu’est-ce qui rend cela difficile ?
  • Quelle est une chose que vous pourriez simplifier dans votre vie pour avoir besoin de moins ?
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