Des jours du ciel sur la terre
Mai

Chapitre 5 · 35 min de lecture

Mai

1er mai

« Le fruit de l’Esprit, c’est la douceur » (Galates 5:22).

La rudesse de la nature s’est dissipée; la voici rayonnante du sourire du printemps, et tout autour de nous murmure la douceur de Dieu. Ce beau fruit s’accorde merveilleusement avec ce mois si doux dont il donne la note dominante. Bien-aimés, que le Saint-Esprit nous conduise, en ces jours, dans sa suavité, sa paix et sa douceur, qu’il soumette toute habitude grossière, rude, dure et impie, et qu’il nous rende semblables à celui dont il est dit: « Il ne contestera point, il ne criera point, Et personne n’entendra sa voix dans les rues. »

L’homme vraiment rempli de Jésus sera toujours un homme de cœur et de délicatesse. La femme baptisée du Saint-Esprit aura l’instinct d’une parfaite dame, fût-elle d’humble naissance et peu formée aux écoles du raffinement terrestre. Bien-aimés, recevons et reflétons la douceur de Christ, l’esprit du saint enfant de Bethléhem, jusqu’à ce que le monde dise de nous ce que l’élégant et incrédule Chesterfield disait autrefois du saint Fénelon: « Si j’étais resté un jour de plus dans sa maison, j’aurais dû devenir chrétien. »

Seigneur, aide-nous aujourd’hui à nous abandonner si bien à l’Esprit, la douce Colombe, que nos vies soient semblables à la sienne.

2 mai

« Nous fait toujours triompher » (2 Corinthiens 2:14).

Quel secours dans ces paroles! Pensez-y quand les gens vous écorchent, quand le diable vous pique de ses traits enflammés, quand votre esprit susceptible et volontaire s’irrite ou s’agite; qu’une voix douce se fasse entendre au-dessus de la mêlée et vous murmure: « Restez doux, restez doux! » Et si seulement vous y prenez garde promptement, vous serez préservés de mille chutes et gardés dans une paix parfaite.

Il est vrai que vous ne pouvez pas vous garder doux vous-mêmes, mais Dieu vous gardera s’il voit que c’est votre résolution ferme et arrêtée d’être gardés dans la douceur, et de refuser de vous irriter, de garder rancune ou de rendre la pareille. Le mal, c’est que vous aimez plutôt un peu d’irritation et de morosité. Vous voulez chérir votre petite rancune, vous apitoyer sur vos sentiments blessés et entretenir votre petit grief.

Chers amis, Dieu vous donnera tout l’amour que vous désirez réellement et que vous choisissez honnêtement. Vous pouvez avoir votre grief, ou vous pouvez avoir la paix qui surpasse toute intelligence; mais vous ne pouvez pas avoir les deux.

Il y a un baume pour mille chagrins, et un ciel de paix et de puissance, dans ces deux petits mots: RESTEZ DOUX.

3 mai

« Je vous donne ma paix » (Jean 14:27).

Voici le secret d’une paix qui demeure: la paix de Dieu. Nous nous donnons à Dieu, et le Saint-Esprit prend possession de notre cœur. C’est vraiment « Paix, paix ». Mais c’est précisément alors que le diable commence à nous détourner, et il le fait au moyen de nos pensées, en les déviant ou en les dispersant selon l’occasion. C’est le moment d’éprouver la sincérité de notre consécration et la simplicité de notre cœur. Si nous désirons vraiment sa présence plus que tout le reste, nous nous détournerons de toute pensée contraire et nous regarderons fermement à Jésus. Mais si nous désirons la satisfaction de notre impulsion plus que sa présence, nous céderons à la parole emportée, à la pensée frivole ou à la distraction coupable, et quand nous revenons, notre Berger est parti, et nous nous demandons pourquoi notre paix s’en est allée. L’échec survient souvent dans quelque bagatelle, le plus souvent une pensée ou une parole, et l’âme qui n’aurait pas craint de gravir une montagne a en réalité trébuché sur un fétu de paille.

Le vrai secret du repos parfait, c’est d’être occupé de Jésus, jalousement et habituellement.

4 mai

« Celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde » (1 Jean 4:4).

Satan aime nous faire trébucher sur de petites choses. La raison en est que c’est généralement pour lui une plus grande victoire: elle montre qu’il peut nous renverser avec un copeau et nous abattre avec un fétu de paille. C’est la vieille vantardise des Jébusiens, quand ils déclaraient à David qu’ils pourraient défendre Jérusalem avec une garnison d’aveugles et de boiteux. La plupart d’entre nous se tirent mieux de leurs grands combats que des petits. C’est à cause d’un petit fruit qu’Adam est tombé, et pourtant le monde entier en a été ruiné. Bien-aimés, prenez garde aux petites pierres d’achoppement, et ne laissez pas Satan se moquer de vous et raconter à ses suppôts comment il vous a fait trébucher sur une pelure d’orange. De plus, quand le diable veut empêcher une grande bénédiction dans notre vie, il jette généralement sur elle quelque ombre hideuse et nous la rend déplaisante. Combien d’entre nous se sont tenus à l’écart de vérités, de lieux et de personnes par lesquels Dieu avait préparé la plus grande bénédiction de notre vie, et le diable a réussi à nous en éloigner par quelque préjugé faux ou insensé!

5 mai

« Si donc vous êtes ressuscités » (Colossiens 3:1).

Ce matin, Dieu attend de marquer les premières heures du jour, pour tout cœur prêt et disposé, d’une touche de vie et de puissance qui élèvera notre vie vers des joies plus hautes et ouvrira à nos regards de plus vastes horizons d’espérance et de saint service.

Nous n’aurons pas à chercher loin pour trouver notre Seigneur ressuscité. Il devança même les plus matinales qui le cherchaient en ce matin de Pâques, et il nous attendra avant le lever du jour avec son joyeux « Je vous salue », si seulement nous avons des yeux pour le voir, et des cœurs pour l’accueillir et lui obéir.

Quel est son message pour nous en ce printemps? « Si donc vous êtes ressuscités avec Christ, cherchez les choses d’en haut, où Christ est assis à la droite de Dieu. Car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec Christ en Dieu. »

Il ne s’agit pas de s’élever avec Christ, mais d’être ressuscités. Il ne s’agit pas de monter un peu plus haut dans l’ancienne vie, mais de se relever d’entre les morts. La résurrection ne signifiera rien de plus que ce qu’a signifié la mort. Nous ne vivrons avec lui que dans la mesure où nous sommes réellement morts.

6 mai

« Vous-mêmes, regardez-vous comme vivants pour Dieu » (Romains 6:11).

La mort ne dure qu’un moment. La vie est pour toujours. Vivez donc, enfants de la résurrection, de sa vie glorieuse, toujours plus abondamment, et la plénitude de votre vie repoussera l’intrusion du moi et du péché, surmontera le mal par le bien, et votre existence ne sera pas la morne répression de vos propres efforts, mais la marée montante de la vie victorieuse et spontanée de Christ.

Un jour, dans une réunion religieuse, un cher frère nous donna une allocution des plus exaltantes sur la vie de résurrection. Puis un autre frère se leva et parla longuement de la nécessité de se crucifier soi-même. Une sueur froide nous saisit tous, sans que nous puissions bien comprendre pourquoi. Mais quand il eut fini, une bonne sœur éclaira toute la situation en disant que « le pasteur S. nous avait tous tirés du tombeau par son allocution, et que le pasteur P. nous y avait remis ».

Ne retournez pas dans le tombeau une fois que vous en êtes sortis, mais vivez comme celui qui est « le vivant; il était mort, et voici, il est vivant aux siècles des siècles, et il tient les clefs de la mort et du séjour des morts ». Restez hors du sépulcre, gardez-en la porte fermée à clef, et laissez les clefs entre ses mains de Ressuscité.

7 mai

« J’éprouve de nouveau les douleurs de l’enfantement, jusqu’à ce que Christ soit formé en vous » (Galates 4:19).

C’est un moment béni que celui où nous naissons de nouveau et où un cœur nouveau est créé en nous à l’image de Dieu. C’est un moment plus béni encore que celui où, dans ce cœur nouveau, Christ lui-même vient à naître, où Noël se reproduit en nous, et où nous devenons, en un sens bien réel, des incarnations du Christ vivant. C’est là le sens le plus profond et le plus saint du christianisme. Il s’exprime dans la prière de Paul pour les Galates: « Mes enfants, pour qui j’éprouve de nouveau les douleurs de l’enfantement, jusqu’à ce que Christ soit formé en vous. »

Une ère plus glorieuse encore viendra, où, comme lui, nous serons transformés et transfigurés dans sa gloire, et où, à la résurrection, nous serons, en esprit, en âme et en corps, tels qu’il est.

Vivons, sous la puissance de cette pensée qui nous inspire, comme des incarnations de Christ: ne vivant pas notre vie, mais la vie de Christ, et annonçant les vertus, non de nous-mêmes, mais de celui qui nous a appelés « des ténèbres à son admirable lumière »; ainsi notre vie sera pour tous la vie de Christ revécue à notre place, telle qu’il l’aurait vécue s’il avait été là.

8 mai

« Si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt » (Jean 12:24).

La mort et la résurrection sont les idées centrales de la nature et du christianisme. Nous les voyons dans la transformation de la chrysalide, dans la semence enfouie qui éclate en bourgeons et en fleurs au printemps, dans le linceul de l’hiver changé en robes multicolores du printemps. Nous les voyons dans toute la Bible: dans le symbole de la circoncision, avec sa signification de mort et de vie, dans le passage de la mer Rouge et du Jourdain, l’un pour faire sortir et l’autre pour faire entrer, et dans la croix du Calvaire et le tombeau ouvert du matin de Pâques. Nous les voyons dans toute vie spirituelle profonde. Toute vie véritable naît de la mort, et plus la mort est profonde, plus la vie est vraie. Sans doute les mois écoulés nous ont-ils montré à tous bien des endroits où il devrait y avoir une tombe, et bien des lambeaux persistants de la nature et du péché que nous voudrions déposer volontiers dans une tombe sans fond. Que Dieu nous aide à prononcer l’irrévocable sentence de mort, et à laisser le Saint-Esprit, le grand ordonnateur des funérailles, rendre l’ensevelissement éternel. Alors notre vie ne cessera de bourgeonner, de fleurir et de répandre son parfum sur tout ce qui l’entoure.

9 mai

« Je vous salue » (Matthieu 28:9).

C’était une salutation vibrante que le Seigneur de la vie adressa à ses premiers disciples au matin de la résurrection. C’est une parole lumineuse et radieuse que nous voudrions, en son nom, adresser à ses enfants bien-aimés au commencement d’une nouvelle journée. Elle signifie bien plus qu’il n’y paraît à première vue. C’est en réalité une prière pour notre santé, que seuls ceux qui croient à la guérison du corps peuvent pleinement comprendre. Un ami réfléchi me fit un jour remarquer que le mot hail, par lequel nos Bibles anglaises rendent cette salutation, signifie en réalité la santé: c’est simplement la vieille forme saxonne de ce mot. Nous savons tous qu’en anglais une personne hale est une personne bien portante. Le message de notre Seigneur était donc, en substance, la salutation que, de temps immémorial, nous échangeons en nous rencontrant: « Comment va votre santé? », « Comment allez-vous? », ou mieux encore: « Je vous souhaite la santé. » Le souhait de Christ équivaut à une promesse et à un commandement. Il ressemble beaucoup à la bénédiction de l’apôtre Jean à son cher ami Gaïus, et nous voudrions la redire à nos amis bien-aimés selon la plénitude de la volonté du Maître.

10 mai

« Je suis vivant aux siècles des siècles » (Apocalypse 1:18).

Voici le message du Christ de la croix, et du Christ plus glorieux et plus précieux encore de la résurrection. Il est beau et encourageant de remarquer de quelle lumière et de quelle gloire ces simples paroles revêtent la croix. Il n’est pas dit: Je suis celui qui était mort et qui vit, mais: « Je suis le vivant. J’étais mort; et voici, je suis vivant aux siècles des siècles. » La vie est mentionnée avant la mort. Il y a deux manières de regarder la croix: l’une du côté de la mort, l’autre du côté de la vie. L’une est l’Ecce Homo, l’autre est Jésus glorifié, ne portant plus que les marques des clous et de la lance. C’est ainsi que nous devons regarder la croix. Nous ne devons pas porter partout avec nous la moisissure du sépulcre, mais la gloire de la résurrection. Ce n’est pas l’Ecce Homo, mais le Christ vivant. Ainsi notre crucifixion doit être si complète qu’elle se perde dans notre résurrection, que nous oubliions même notre douleur et portions avec nous la lumière et la gloire du matin éternel. Vivons donc la vie née de la mort, toujours nouvelle et pleine d’une vie qui ne peut jamais mourir, parce qu’elle est « morte et vivante aux siècles des siècles ».

11 mai

« Celui qui voudra sauver sa vie la perdra » (Luc 9:24).

Avant tout, Christ enseigne la résurrection et la vie. La puissance du christianisme, c’est la vie. Il ne nous apporte pas seulement la loi, le devoir, l’exemple, avec un enseignement et des exhortations élevés et saints. Il nous apporte la puissance de suivre l’idéal le plus haut, et la vie qui accomplit spontanément ce qui est commandé. Mais ce n’est pas seulement la vie: c’est la vie de résurrection.

Et elle commence par une crise réelle, une transaction précise, un moment aussi net que l’aube du matin. Ce n’est pas une mort qui n’en finit pas et une lutte perpétuelle pour vivre. Tout est exprimé à un temps qui marque la précision, la fixité et l’action accomplie. Nous sommes réellement morts à un moment donné, et nous avons tout aussi réellement commencé à vivre la vie de résurrection.

Regardons-nous comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Jésus-Christ.

Et la mort n’est que le chemin et la porte, Vers la vie qui jamais ne mourra; Et la croix nous conduit à l’éternelle couronne, Le Jourdain aux rives lumineuses de Canaan.

12 mai

« Dis-moi où tu fais reposer ton troupeau à midi » (Cantique des cantiques 1:7).

Bien-aimés, ne soupirez-vous pas après le calme de Dieu, les chambres intérieures, l’ombre du Tout-Puissant, le secret de sa présence? Votre vie n’a peut-être été que course et activité, ou peut-être effort, lutte, désir sans possession. Oh, trouver le repos! Se reposer sur son sein et savoir que l’on a tout en lui, que toute question a sa réponse, que tout doute est levé, que tout intérêt est en sûreté, que toute prière est exaucée, que tout désir est satisfait. Élevez ce cri: « Dis-moi, ô toi que mon cœur aime, Où tu fais paître tes brebis, Où tu les fais reposer à midi »!

Béni soit son nom! Il a cela pour nous: son amour exclusif, un amour dont chacun sent, on ne sait comment, qu’il est tout entier pour lui seul, où il peut reposer seul sur son sein et occuper une place que nul autre ne peut lui disputer; et pourtant son cœur est si grand qu’il peut tenir tout aussi près de lui des milliards d’âmes, chaque cœur semblant le posséder tout aussi exclusivement pour lui-même, comme les mille petites flaques d’eau d’une plage peuvent refléter le soleil, chacune semblant renfermer le soleil tout entier dans ses belles profondeurs. Et Christ peut nous enseigner ce secret de son amour le plus intime.

13 mai

« Demeurez en moi » (Jean 15:4).

Le christianisme peut n’être rien de plus qu’un système religieux. La vie chrétienne peut n’être rien de plus qu’une tentative sérieuse et honnête de suivre et d’imiter Christ.

La vie de Christ est plus que cela: elle exprime notre union réelle avec le Seigneur Jésus-Christ, et il est sans aucun doute en nous comme la vie et la source de toute notre expérience et de toute notre œuvre.

Cette conception de la vie chrétienne la plus haute est à la fois plus simple et plus sublime que toute autre. Nous n’enseignons pas dans ces pages que le but de la rédemption de Christ soit de nous rétablir dans la perfection d’Adam, car si nous l’avions, nous la perdrions dès demain; il est plutôt de nous unir au second Adam et de nous élever à un plan plus haut que nos premiers parents n’en ont jamais connu.

C’est la seule chose qui puisse réconcilier les éléments en conflit des diverses écoles d’enseignement touchant la vie chrétienne.

L’Esprit de Dieu nous conduira à n’avoir aucune controverse sur de simples théories, mais à nous attacher simplement à la personne et à la vie de Jésus-Christ lui-même, au privilège d’être unis à lui et de vivre dans une dépendance constante de sa grâce et de sa puissance qui garde.

14 mai

« Mais Dieu » (Luc 12:20).

De quoi d’autre avons-nous réellement besoin? Qu’essaie-t-il de nous faire comprendre d’autre? La religion de la Bible est entièrement surnaturelle. L’unique ressource de la foi a toujours été le Dieu vivant, et lui seul. Les enfants d’Israël dépendaient entièrement de l’Éternel dans leur marche à travers le désert, et la seule raison pour laquelle leurs ennemis les craignaient et s’empressaient de se soumettre, c’est qu’ils discernaient parmi eux le cri de triomphe d’un roi, et la présence d’un Être auprès duquel toute leur force était vaine.

« En quoi serons-nous distingués de tous les autres peuples de la terre, demandait Moïse, sinon en ceci, que tu marches devant nous? »

Une Église qui s’appuie sur la sagesse, la richesse ou les ressources humaines cesse d’être le corps de Christ et devient une société terrestre. Quand nous osons dépendre entièrement de Dieu et sans aucun doute, les plus humbles et les plus faibles de nos armes deviennent « puissantes, par la vertu de Dieu, pour renverser des forteresses ». Que le Saint-Esprit nous donne en tout temps sa propre conception de ces deux grands mots: « Mais Dieu. »

15 mai

« Je cours vers le but » (Philippiens 3:14).

Nous avons beaucoup pensé à ce que nous avons reçu. Pensons aux choses que nous n’avons pas reçues, à quelques-uns des vases qui n’ont pas encore été remplis, à quelques-uns des domaines de notre vie que le Saint-Esprit n’a pas encore possédés pour Dieu et marqués de sa gloire et de sa présence.

Les mois qui viennent seront-ils marqués par une application diligente, qui sonde le cœur, du « reste de l’huile » aux possibilités encore inoccupées de notre vie et de notre service?

Avons-nous connu la plénitude de sa grâce dans notre vie spirituelle? Avons-nous goûté un peu de sa gloire? Avons-nous cru à sa promesse pour l’intelligence, l’âme, l’esprit? Avons-nous connu toutes ses possibilités pour le corps? L’avons-nous éprouvé dans sa puissance à diriger les événements de la providence et à émouvoir le cœur des hommes et des nations? Nous a-t-il ouvert la maison du trésor de Dieu, et a-t-il pourvu à nos besoins matériels comme il le pourrait? Avons-nous seulement commencé à comprendre le ministère de la prière tel que Dieu voudrait nous le voir exercer? Que Dieu nous donne « le reste de l’huile »!

16 mai

« Ce n’est pas à l’homme, quand il marche, A diriger ses pas » (Jérémie 10:23).

Uni à Jésus-Christ, votre Rédempteur, vous êtes agréé dans le Bien-aimé. Il ne se contente pas de prendre ma place en tant qu’homme et de régler mes dettes. Il fait cela, et davantage. Il vient donner l’idéal parfait de ce que l’homme doit être. Il est l’homme modèle, non pour que nous le copiions, car cela n’amènerait que découragement et échec complet; mais il viendra se reproduire lui-même en nous. Si Christ vit en moi, je suis un autre Christ. Je ne suis pas semblable à lui, mais j’ai la même pensée. Christ lui-même est en moi. C’est là le fondement de la sainteté chrétienne et de la guérison divine. Christ développe en nous une vie parfaite. Certains disent que l’homme ne peut jamais être parfait. « Ce n’est pas à l’homme, quand il marche, A diriger ses pas. » Nous ne sommes tous qu’une collection d’échecs. C’est vrai, mais nous devons aller plus loin. Nous devons accepter la provision de Dieu pour notre échec et nous élever au-dessus par sa grâce. Nous devons prendre Jésus à la place de notre misérable moi. Nous devons renoncer au bon aussi bien qu’au mauvais, et le prendre, lui, à la place. Il nous est dur d’apprendre que le bon lui-même doit disparaître, mais il nous faut des impulsions divines au lieu même de nos meilleurs acquis.

17 mai

« A celui qui vaincra je donnerai » (Apocalypse 2:17).

Un secret précieux de la vie chrétienne, c’est d’avoir Jésus qui demeure dans notre cœur et qui remporte la victoire sur ce que nous n’aurions jamais pu vaincre. C’est l’unique secret de la puissance dans votre vie et dans la mienne, bien-aimés. Les hommes ne peuvent le comprendre, et le monde ne veut pas le croire; mais c’est vrai: Dieu veut venir habiter en nous, et être la puissance, la pureté, la victoire et la joie de notre vie. La question n’est plus désormais: « Quel est le mieux que je puisse faire? » mais: « Quel est le mieux que Christ puisse faire? » Cela nous permet de dire avec Paul, dans ce beau passage de l’épître aux Philippiens: « Je sais vivre dans l’humiliation, et je sais vivre dans l’abondance. En tout et partout j’ai appris à être rassasié et à avoir faim, à être dans l’abondance et à être dans la disette. Je puis tout par celui qui me fortifie. »

Fort de cette connaissance, je m’en vais au-devant de mes épreuves, et le secret ne me fait jamais défaut. Il me garde pur et doux, comme je n’aurais jamais pu me garder moi-même. Christ a affronté l’adversaire et l’a vaincu pour moi. Grâces soient rendues à Dieu, qui nous donne la victoire par Jésus-Christ.

18 mai

« Car vous êtes morts » (Colossiens 3:3).

Or, ce dépouillement de nous-mêmes, précis, absolu et définitif, accompli dans un acte de mort, nous ne pouvons pas l’opérer nous-mêmes. Il ne s’agit pas de se mortifier soi-même, mais de mourir avec Christ. Rien ne peut l’accomplir, sinon la croix de Christ et l’Esprit de Dieu. L’Église est pleine de gens à demi morts qui, comme le pauvre Néron, essaient depuis des années de se donner la mort, sans avoir jamais eu le courage de porter le coup fatal. Oh! s’ils voulaient seulement se déposer aux pieds de Jésus et le laisser faire, ils trouveraient l’accomplissement et le repos. Sur cette croix, il a pourvu à notre mort aussi bien qu’à notre vie; notre part consiste simplement à laisser sa mort s’appliquer à notre nature comme elle s’est appliquée à nos anciens péchés, puis à la lui laisser, à n’y plus penser et à la tenir pour morte: ne plus la reconnaître comme étant nous-mêmes, mais comme une autre, refuser de l’écouter ou de la craindre, de nous identifier à elle, ou même d’essayer de la purifier, la tenir pour entièrement remise entre ses mains et morte pour nous à jamais, et, pour toute notre vie nouvelle, dépendre de lui à chaque souffle, comme un nouveau-né dépend de la vie de sa mère.

19 mai

« Il l’émonde, afin qu’il porte encore plus de fruit » (Jean 15:2).

Nous sommes passés récemment devant un jardin. Le jardinier venait de terminer sa taille; les blessures du couteau et de la scie commençaient tout juste à se refermer, tandis que le chaud soleil d’avril ramenait doucement la plante meurtrie à une vie et à une vigueur nouvelles. En regardant cette plante, nous pensions combien il serait cruel de recommencer la semaine suivante et de l’abattre. Désormais, l’affaire du jardinier est de la ranimer et de la nourrir pour qu’elle vive. Sa vocation à elle n’est pas de mourir, mais de vivre. Il en va de même, pensions-nous, de la discipline de l’âme. Elle aussi a son heure de mort; mais elle ne doit pas être toujours en train de mourir. Regardons-nous plutôt comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Jésus-Christ notre Seigneur. La mort n’est qu’un instant. Vivez donc, enfants de la résurrection, de sa vie glorieuse, toujours plus abondamment, et la plénitude de votre vie repoussera l’intrusion du moi et du péché, surmontera le mal par le bien, et votre existence ne sera plus le morne refoulement de vos propres efforts, mais la marée montante de la victoire spontanée de Christ et de sa vie éternelle.

20 mai

« Vous ne vous appartenez point à vous-mêmes » (1 Corinthiens 6:19).

Quel privilège de pouvoir nous consacrer! Quelle miséricorde que Dieu veuille nous prendre, nous, vers de terre sans valeur! Quel repos, quel réconfort se cachent dans ces mots: « Je ne m’appartiens pas »! Je ne suis pas responsable de mon salut, pas accablé par mes soucis, pas obligé de vivre pour mes intérêts, mais je suis tout entier à lui: racheté, possédé, sauvé, aimé, gardé dans les bras forts et immuables de son amour éternel. Oh! quel repos loin du péché, du moi et des soucis rongeurs, que celui que procure la vraie consécration! Pouvoir lui donner notre pauvre vie si faible, avec ses redoutables possibilités et son impuissance totale, et savoir qu’il l’acceptera, qu’il mettra sa joie et sa fierté à en tirer toutes les possibilités de bénédiction, de puissance et d’utilité; tout donner, et découvrir qu’en le faisant nous avons tout gagné; lui être si livrés, dans un entier abandon de nous-mêmes, qu’il s’engage à prendre soin de nous comme de lui-même. Nous nous remettons entre les mains d’un Père aimant, plus soucieux de notre bien que nous ne pouvons l’être nous-mêmes, et qui ne désire qu’une chose: que nous lui soyons pleinement soumis, afin d’être plus libre de nous bénir.

21 mai

« Nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui » (Jean 14:23).

La Bible a toujours présenté deux grandes promesses au sujet de Christ. La première: Je viendrai à vous; la seconde: Je viendrai en vous. Pendant quatre mille ans, le monde a attendu l’accomplissement de la première. L’autre est ce secret dont Paul dit qu’il était le mystère caché de tout temps et dans tous les âges, mais révélé maintenant à ses saints, savoir: Christ en vous, l’espérance de la gloire. C’est là une révélation de Dieu aussi grande que l’incarnation de Jésus, car elle vous rend semblable à Christ, aussi libre du péché qu’il l’est lui-même. Si Christ est en vous, quelles en seront les conséquences? Eh bien, il vous mettra entièrement de côté. Le moi en vous s’en ira. Vous direz: « Non plus moi, mais Christ. » Christ prend en main vos combats à votre place. Christ devient en vous pureté, grâce et force. Vous ne cherchez pas à atteindre ces choses, mais vous savez que vous les avez obtenues en lui. C’est un repos glorieux auprès du Maître. Jésus ne dit pas: « Maintenant, il nous faut porter du fruit, il nous faut beaucoup prier, il nous faut faire ceci ou cela. » Il n’y a là aucune contrainte, sinon que nous devons demeurer en lui. C’est là le centre de toute joie et de tout secours.

22 mai

« Combats le bon combat de la foi » (1 Timothée 6:12).

Oh! bien-aimés, que devrait éprouver Dieu à notre égard si, après qu’il nous a donné le sang de son cœur, placé tant d’avantages sur notre route, prodigué tant de grâce et de soins, nous venions à le décevoir? Cela fait crier l’esprit: « Qui est suffisant pour ces choses? » Sans cesse je vois devant moi le moment où vous et moi nous tiendrons sur l’autre rive et regarderons en arrière les années écoulées, ces quelques courtes années du temps. Oh! puissions-nous alors nous jeter aux pieds de Jésus et dire: « Bien des fois nous avons chancelé; bien des rudes combats sont venus, mais tu m’as gardé et soutenu; grâces à Dieu, qui m’a donné la victoire par le Seigneur Jésus-Christ. » Au retour des champs de bataille de la Péninsule, une petite troupe de vétérans reçut une médaille portant, d’un côté, les noms de toutes leurs batailles et, de l’autre, cette courte phrase: « J’y étais. » Oh! quand cette heure viendra, quelle joie, quelle joie profonde ce sera de regarder en arrière les épreuves et les sacrifices de ces jours et de nous souvenir: « J’y étais, et, par le secours de Dieu et la grâce de Jésus, je suis ici. »

23 mai

« Une pleine bénédiction de Christ » (Romains 15:29).

Beaucoup de chrétiens ne voient pas ces bénédictions telles qu’elles sont réunies en lui. Ils veulent obtenir la bénédiction du salut, mais ce n’est pas Christ. Ils veulent obtenir la bénédiction de sa grâce pour les secourir, mais ce n’est pas lui. Ils veulent obtenir de lui l’exaucement de leurs prières pour travailler pour lui. Vous pourriez avoir tout cela et ne pas avoir la bénédiction de Christ lui-même. Bien des gens sont plutôt attachés au système de doctrine. Ils disent: « Oui, j’ai la vérité; je suis orthodoxe. » Ce n’est pas Christ. Ce peut être la froide statue de la fontaine, d’où l’eau s’écoule par les mains et les lèvres glacées, mais sans aucune vie. Bien d’autres veulent obtenir la bénédiction de la joie, mais ce n’est pas la bénédiction de Christ en personne. Bien des gens sont davantage attachés à leur Église et à leur pasteur, ou à de chers amis chrétiens, mais ce n’est pas Christ. La seule bénédiction qui remplira votre cœur quand tout le reste manque, c’est le cœur aimant de Jésus uni au vôtre, la source de toutes vos bénédictions, celui qui ne fait jamais défaut quand elles se flétrissent et s’épuisent toutes — Jésus-Christ lui-même.

24 mai

« Où est le chemin qui conduit au séjour de la lumière? » (Job 38:19).

Les pierres précieuses n’ont en elles-mêmes aucune valeur si elles ne sont pas mises en contact avec la lumière. Placées d’une certaine manière, elles reflètent la beauté du soleil. Autrement, elles n’ont aucune beauté. Le diamant qui reste au fond de sa galerie obscure, ou tout en bas de la mine profonde, ne montre aucune beauté. Qu’est-il, sinon un morceau de charbon, un simple fragment de carbone ordinaire, à moins qu’il ne devienne un moyen de refléter la lumière? Il en est de même des autres pierres précieuses. Leurs teintes variées ne sont rien sans la lumière. Plus elles ont de facettes, plus elles reflètent de lumière et plus elles déploient de beauté. Si vous placez du strass à côté d’un diamant, il n’a aucun éclat. À l’état brut, il ne reflète pas du tout la lumière. De même, nous sommes à l’état brut et ne servons absolument à rien tant que Dieu ne vient pas briller sur nous. La lumière qui est dans un diamant ne lui appartient pas; c’est la beauté du soleil. Quelle beauté y a-t-il dans l’enfant de Dieu? Seulement la beauté de Jésus. Nous sommes son peuple acquis, choisis pour annoncer les vertus de celui qui nous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. Puissions-nous refléter aujourd’hui sa lumière et son amour.

25 mai

« Afin de connaître Christ » (Philippiens 3:10).

Mieux vaut connaître Jésus lui-même que de connaître la vérité à son sujet quant aux choses profondes de Dieu, telles que les révèle le Saint-Esprit. C’était le grand désir de Paul: « Afin de connaître Christ » — non pas ce qui le concerne, non pas les mystères de ce monde merveilleux, des enseignements plus profonds et plus élevés de Dieu, mais entrer dans le lieu très saint, où est Christ, où brille la Schekina qui rend le lieu glorieux de la sainteté de Dieu, et entrer alors dans le secret du Seigneur lui-même. C’est ce que Jacob recherchait de toutes ses forces à Peniel, lorsqu’il suppliait Dieu: « Fais-moi je te prie, connaître ton nom. » Il nous a fait connaître son nom, pour « faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu sur la face de Christ ». Voilà le secret. C’est le Seigneur lui-même, et rien d’autre; c’est l’intimité avec Dieu; c’est connaître Jésus-Christ comme nous ne connaissons personne d’autre; c’est pouvoir dire, non seulement « Je le crois », mais « Je le connais »; non pas ce qui le concerne, mais lui: je le connais. C’est là, par-dessus tous les autres, le secret que Dieu veut nous donner; c’est ce qu’il a prévu pour la gloire et la puissance, et il est accordé gratuitement à celui qui le cherche d’un cœur sans partage.

26 mai

« Ne vous inquiétez de rien; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces » (Philippiens 4:6).

Remettre veut dire livrer, se confier entièrement à un autre. Ainsi, si nous lui remettons nos épreuves, il les portera. Si nous marchons dans la justice, il nous portera jusqu’au bout. « Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu’il vous élève au temps convenable. » Il y a là deux mains: la main de Dieu qui nous abaisse et nous humilie, puis la main de Dieu qui nous relève. Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, et sa main vous relèvera, vous élèvera au temps convenable. Il y a deux soucis dans ce verset: votre souci et le sien. Ils sont différents dans l’original. L’un signifie le souci anxieux, l’autre le soin du Tout-Puissant. Déchargez-vous sur lui de votre souci anxieux, et recevez à la place le soin du Tout-Puissant. Ne faites plus aucun cas de l’épreuve, mais croyez qu’il est capable de vous y soutenir. La domination repose sur son épaule. Croyez que, si vous vous confiez en lui, si vous lui obéissez et accomplissez sa volonté, il veillera sur vos intérêts. Échangez simplement vos fardeaux. Prenez son joug sur vous, et laissez-le prendre soin de vous.

27 mai

« La domination reposera sur son épaule » (Ésaïe 9:5).

Vous ne pouvez pas rendre le cœur paisible en arrêtant ses battements. La belladone y parviendrait, mais ce n’est pas le repos. Que vienne le souffle de vie — la vie et la force de Dieu — et il y aura un doux repos. Les liens du foyer et les affections de famille ne l’apporteront pas. La délivrance de l’épreuve ne l’apportera pas. Plus d’un cœur éprouvé s’est dit: « Si seulement cette grande épreuve s’en allait, j’aurais du repos. » Mais aussitôt qu’une épreuve s’en va, une autre survient. Le pauvre cerf blessé, sur le flanc de la montagne, pense que s’il pouvait seulement se baigner dans le vieux torrent de la montagne, il aurait du repos. Mais la flèche est dans sa chair, et il n’y a pas de repos pour lui tant que la blessure n’est pas guérie. Elle fait aussi mal dans le lac de montagne que dans la plaine. Nous n’aurons jamais dans le cœur le repos et la paix de Dieu tant que nous n’aurons pas tout abandonné à Christ — même notre œuvre — et cru qu’il a tout pris, et que nous n’avons plus qu’à nous tenir tranquilles et à nous confier. Il est nécessaire de marcher dans une sainte obéissance et de lui laisser la domination sur son épaule. Paul disait: « Je fais une chose. » Il y a pour nous tous un seul sentier étroit: la volonté et l’œuvre de Christ pour nous.

28 mai

« Il s’est humilié lui-même » (Philippiens 2:8).

L’une des choses les plus difficiles pour une nature élevée et supérieure, c’est d’être sous l’autorité, de renoncer à sa propre volonté et d’accepter une place de soumission. Mais Christ a pris une forme de serviteur; il a renoncé à son indépendance, à son droit de se plaire à lui-même, à sa liberté de choix, et, après n’avoir connu de toute éternité que le commandement, il s’est livré tout entier à l’obéissance. J’ai vu parfois un homme, autrefois riche patron, devenu commis dans ce même magasin. Ce n’était pas, je vous l’assure, une position facile ni gracieuse. Mais Jésus était un serviteur si parfait que son Père a dit: « Voici mon serviteur, en qui mon âme prend plaisir. » Toute sa vie, sa devise fut: « Le Fils de l’homme est venu pour servir. » « Je suis au milieu de vous comme celui qui sert. » « Je ne puis rien faire de moi-même. » « Que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne. » Avez-vous, bien-aimés, appris la place du serviteur?

Et encore: il s’est rendu « obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix ». Sa vie tout entière ne fut qu’une mort, et à la fin il livra tout à la mort, et aussi à la honte, la mort de la crucifixion. Ce fut là le couronnement de son amour.

29 mai

« Le corps est pour le Seigneur, et le Seigneur pour le corps » (1 Corinthiens 6:13).

Or, de même que c’est Christ lui-même qui nous a justifiés, et Christ lui-même qui a été fait pour nous sanctification, de même ce n’est que par l’union personnelle avec lui que nous pouvons recevoir cette vie et cette rédemption physiques. Ce n’est pas, en effet, une touche de puissance sur notre corps, qui le rétablit puis l’abandonne pour l’avenir aux seules ressources de la force et de la vie naturelles; c’est l’union vitale et réelle de notre corps mortel avec le corps ressuscité de notre Seigneur Jésus-Christ, en sorte que sa propre vie pénètre notre être, et qu’il est lui-même fait pour nous force, santé et pleine rédemption physique.

Il est vivant aux siècles des siècles, et il daigne habiter ces maisons d’argile. Ceux qui le reçoivent ainsi peuvent le connaître comme ne le pourront jamais ceux qui l’excluent des corps qu’il a faits pour lui-même. C’est là l’un des mystères profonds et précieux de l’Évangile. « Le corps est pour le Seigneur, et le Seigneur pour le corps. » « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes? Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps, qui appartient à Dieu. » (version révisée anglaise)

30 mai

« Je mettrai mon esprit en vous » (Ézéchiel 36:27).

« Je mettrai mon esprit en vous, et je ferai en sorte que vous suiviez mes ordonnances, et que vous observiez et pratiquiez mes lois. » « Je mettrai ma crainte dans vos cœurs, et vous ne vous détournerez pas de moi. » Oh! ami, ne serait-ce pas une bénédiction, ne serait-ce pas un tel repos pour vous, qui êtes épuisé par ce combat mené dans votre propre force? Ne voulez-vous pas un homme fort pour vaincre l’homme fort du moi et du péché? Ne voulez-vous pas un chef? Ne voulez-vous pas que Dieu lui-même soit avec vous, qu’il habite en vous? Ne voulez-vous pas le repos? N’avez-vous pas conscience de ce besoin? Oh! ce sentiment d’être sans cesse repoussé, de désirer, de soupirer, sans jamais parvenir au but! Voilà ce qu’il vient faire: « Vous recevrez une puissance, après que le Saint-Esprit sera venu sur vous. » Mieux encore: « Vous recevrez la puissance du Saint-Esprit venant sur vous. » C’est là la vraie version, et en réalité elle diffère immensément de l’autre. Vous ne recevrez pas une puissance à vous, de sorte que les gens diront: « Quelle puissance a cet homme! » Vous n’aurez aucune puissance quelle qu’elle soit, mais vous recevrez la puissance du Saint-Esprit venant sur vous; c’est lui qui a la puissance, voilà tout.

31 mai

« C’est pourquoi, quiconque se rendra humble comme ce petit enfant » (Matthieu 18:4).

Vous n’aurez jamais un cœur humble tant qu’il ne sera pas né d’en haut, du cœur de Christ. Car l’homme a perdu sa propre humanité et, hélas! il a trop souvent un cœur de démon. Dieu veut que nous, chrétiens, soyons simples, humains, abordables et semblables à des enfants. Les chrétiens que nous connaissons et aimons le mieux, et qui sont le plus près du Seigneur, sont les plus simples. Dès que nous devenons guindés, nous ne sommes plus bons que pour une galerie de tableaux, et nous ne valons que sur un piédestal; mais si nous voulons vivre parmi les hommes, les aimer et les sauver, nous devons être abordables et humains. Toute raideur n’est qu’une autre forme de la conscience de soi. Demandez à Christ un cœur humain, un sourire aussi naturel que celui de votre petit enfant en votre présence. Oh! que de choses Christ a accomplies par de petites touches! Il n’aurait jamais gagné la femme de Samarie s’il était venu à elle en prophète. Il s’assit, homme fatigué, et dit: « Donne-moi à boire. » Et ainsi, tout au long de sa vie, ce furent sa simple humanité et son amour qui le conduisirent vers les autres, et qui les conduisirent à lui et à son grand salut.

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