Des jours du ciel sur la terre
Octobre

Chapitre 10 · 34 min de lecture

Octobre

1er octobre

« Afin de montrer dans les siècles à venir l’infinie richesse de sa grâce » (Éphésiens 2:7).

Le grand dessein du Christ pour son peuple est de le former à connaître l’espérance qui s’attache à son appel, la richesse de la gloire de son héritage, et quelle est envers nous qui croyons l’infinie grandeur de sa puissance.

Éprouvons, dans toutes les circonstances si diverses de notre vie et dans tous nos combats, la plénitude de sa puissance et de sa grâce, et ainsi nous connaîtrons « dans les siècles à venir l’infinie richesse de sa grâce par sa bonté envers nous en Jésus-Christ ».

Bien-aimés, suivez-vous ainsi votre Maître à l’école de la foi, en achevant l’éducation qui doit un jour vous préparer à recevoir, « au-delà de toute mesure, un poids éternel de gloire »? Ce n’est encore que l’école de la foi.

Nous ne pouvons guère imaginer aujourd’hui ce que ces leçons signifieront pour nous un jour, lorsque nous siégerons avec lui sur son trône, partageant avec lui la puissance de Dieu et le gouvernement de l’univers. Soyons maintenant des élèves fidèles, et bientôt, avec lui, nous aussi nous aurons « souffert la croix, méprisé l’ignominie », et nous serons « assis à la droite du trône de Dieu ».

2 octobre

« Moïse ne donna point d’héritage à la tribu de Lévi; l’Éternel, le Dieu d’Israël, tel fut son héritage, comme il le lui avait dit » (Josué 13:33).

Voilà qui est très significatif. Dieu donna le pays aux autres tribus, mais aux Lévites il se donna lui-même. Il existe dans la vie chrétienne un héritage reçu du Seigneur, et il existe aussi le fait d’avoir le Seigneur lui-même pour héritage.

Certains reçoivent du Seigneur une sanctification qui a beaucoup de valeur, mais qui est variable, et souvent passagère. D’autres ont appris la leçon plus haute qui consiste à prendre le Seigneur lui-même pour leur gardien et leur sainteté, et, demeurant en lui, ils sont gardés au-dessus des vicissitudes de leurs propres états et de leurs sentiments.

Certains reçoivent du Seigneur de larges mesures de joie et de bénédiction, et des temps de rafraîchissement.

D’autres, encore, apprennent à prendre le Seigneur lui-même pour leur joie.

Certains se contentent d’avoir la paix avec Dieu, mais d’autres ont pris « la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence ».

Certains ont foi en Dieu, tandis que d’autres ont la foi de Dieu. Certains reçoivent de Dieu bien des touches de guérison; d’autres, encore, ont appris à vivre de la santé même de Dieu.

3 octobre

« Les petits renards qui ravagent les vignes » (Cantique des cantiques 2:15).

Il y a des choses qui sont bonnes sans être parfaites. Il n’est pas besoin d’un régiment entier tirant le canon sous votre fenêtre pour vous tenir éveillé; il suffit amplement que votre petit réveil fasse tinter sa petite sonnerie. Il n’est pas nécessaire de vous tourmenter à propos de tout; il suffit amplement que le diable irrite votre esprit par un seul petit souci, une seule petite pensée qui détruit votre paix parfaite. C’est comme le poli d’un miroir, ou d’une coiffeuse raffinée: une seule rayure suffit à l’abîmer, et plus il est fin, plus petite est la rayure qui le défigure. Ainsi votre repos peut être détruit par une toute petite chose. Peut-être vous êtes-vous confié en Dieu pour votre salut futur; mais l’avez-vous fait pour vos affaires présentes ou vos soucis terrestres, pour votre argent et votre famille?

Que signifie la paix qui surpasse toute intelligence? Cela ne veut pas dire une paix que personne ne peut comprendre. Cela veut dire une paix qu’aucun raisonnement ne peut procurer. Vous ne pouvez pas l’obtenir à force de réfléchir. Il peut y avoir tout autour de l’horizon un complet désarroi et une grande perplexité, et pourtant votre cœur peut se reposer en parfaite sécurité, parce que lui sait, lui aime, lui conduit.

4 octobre

« Au lieu de la ronce croîtra le myrte » (Ésaïe 55:13).

Le plus doux mémorial de Dieu, c’est l’épine transformée, le chardon qui se couvre des fleurs de la paix et de la douceur, là où poussaient autrefois les récriminations.

Bien-aimés, Dieu attend de dresser de tels mémoriaux dans votre vie, à partir des choses mêmes qui vous blessent le plus aujourd’hui. Prenez les griefs, les séparations, les amitiés tendues et les liens brisés qui ont fait le chagrin et le déchirement de votre vie, et laissez Dieu les guérir et vous donner la grâce de vous mettre en règle avec tous ceux envers qui vous pourriez avoir des torts; et vous serez émerveillé de la joie et de la bénédiction qui sortiront des choses qui ne vous ont causé jusqu’ici que regrets et douleur.

« Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu! » L’occupation éternelle de notre bien-aimé Rédempteur est de réconcilier avec Dieu les coupables et ceux qui s’en sont éloignés, et l’œuvre la plus haute et la plus semblable à celle du Christ que nous puissions accomplir, c’est de lui ressembler.

Irons-nous sécher les larmes d’un monde affligé, guérir ceux qui ont le cœur brisé, panser les blessures des vies humaines, unir les cœurs entre eux, et la terre au ciel?

5 octobre

« Il a triomphé glorieusement » (Exode 15:1).

Bien-aimés, Dieu nous appelle à la victoire. Certains d’entre vous ont-ils abandonné le combat, ont-ils capitulé? Avez-vous dit: « Cette chose-là est trop pour moi »? Avez-vous dit: « Je peux renoncer à tout le reste, mais pas à ceci »? Si c’est le cas, vous n’êtes pas dans la terre promise. Dieu veut que vous acceptiez chaque chose difficile qui survient dans votre vie. Il a commencé avec vous en connaissant chaque difficulté. Et si vous osez le laisser faire, il vous fera traverser non seulement en vainqueurs, mais « plus que vainqueurs ». Recherchez-vous la victoire tout entière?

Dieu donne à ses enfants la force pour la bataille et veille sur eux avec un tendre enthousiasme. Il lui tarde de vous serrer dans ses bras et de vous dire: « J’ai vu ton combat, j’ai suivi tes épreuves, je me suis réjoui de ta victoire; tu m’as honoré. » Vous savez qu’il a dit à Josué, au commencement: « Nul ne tiendra devant toi, tant que tu vivras. Je serai avec toi, comme j’ai été avec Moïse; je ne te délaisserai point, je ne t’abandonnerai point. » Et il nous dit encore: « Ne crains rien, car je suis avec toi. »

6 octobre

« Éphraïm se mêle » (Osée 7:8).

C’est une grande chose que d’apprendre à mettre Dieu en premier; alors il peut se permettre de nous donner tout le reste, sans crainte que cela nous fasse du tort.

Tant que vous désirez très fort quelque chose, surtout plus que vous ne désirez Dieu, c’est une idole. Mais quand vous êtes rassasié de Dieu, tout le reste perd tellement son attrait qu’il peut vous le donner sans dommage, et alors vous pouvez en prendre autant que vous voulez, et l’employer pour sa gloire.

Il n’y a aucun mal à posséder de l’argent, des maisons, des terres, des amis et des enfants très chers, si vous n’estimez pas ces choses pour elles-mêmes.

Si vous en avez été séparé en esprit, et si vous êtes devenu rassasié de Dieu lui-même, elles deviendront pour vous des canaux que Dieu remplira pour l’approcher davantage de vous. Alors chaque petit agneau de votre foyer sera un tendre lien qui vous attachera au cœur du Berger. Alors chaque affection sera une petite coupe d’or remplie du vin de son amour. Alors chaque compte en banque, chaque action et chaque placement ne sera qu’un canal par lequel vous pourrez répandre sa bienfaisance et étendre ses dons.

7 octobre

« Il n’a point ouvert la bouche » (Ésaïe 53:7).

Qu’il faut de grâce pour supporter comme il convient un malentendu, et pour recevoir un jugement dur avec une sainte douceur! Rien n’éprouve davantage le caractère d’un chrétien que d’entendre dire du mal de lui. C’est la lime qui a vite fait de montrer si nous sommes du plaqué ou de l’or massif. Si seulement nous pouvions connaître les bénédictions cachées dans notre vie, nous dirions comme David, lorsque Schimeï le maudissait: « Qu’il maudisse; peut-être l’Éternel me fera-t-il du bien en retour des malédictions d’aujourd’hui. »

Certains se laissent facilement détourner de la grandeur de l’œuvre de leur vie en poursuivant leurs propres griefs et leurs ennemis, jusqu’à ce que leur vie ne soit plus qu’un petit tourbillon mesquin de querelles. C’est comme un nid de frelons. Vous pouvez disperser les frelons, mais vous serez probablement cruellement piqué, et vous n’aurez rien pour votre peine, car même leur miel ne vaut pas qu’on le cherche.

Que Dieu nous donne davantage de l’Esprit de celui qui, injurié, ne rendait point d’injures, mais s’en remettait à celui qui juge justement.

Considérez celui qui a supporté contre sa personne une telle opposition de la part des pécheurs.

8 octobre

« De toutes les bonnes paroles que l’Éternel avait dites à la maison d’Israël, aucune ne resta sans effet » (Josué 21:45).

Un jour, vous aussi, âme tremblante et chancelante, vous vous tiendrez sur ces hauteurs et vous regarderez en arrière tout ce que vous avez traversé, tout ce à quoi vous avez échappé de justesse, tous les périls à travers lesquels il vous a guidé, les faux pas dont il vous a gardé, et les péchés dont il vous a sauvé; et vous vous écrierez, avec un sens que vous ne pouvez pas comprendre aujourd’hui: « Le salut est à celui qui est assis sur le trône, et à l’agneau. »

Un jour, il s’assiéra avec nous dans cette demeure glorieuse, et nous aurons tous les siècles pour comprendre l’histoire de notre vie. Il relira avec nous cette vieille Bible annotée, il nous montrera comment il a tenu toutes ces promesses, il nous expliquera les mystères que nous ne pouvions pas comprendre, il rappellera à notre mémoire les choses que nous avions depuis longtemps oubliées, il parcourra de nouveau avec nous le livre de vie, il retracera toute l’histoire achevée, et je suis sûr que nous nous écrierons souvent: « Christ béni! tu as été si fidèle, tu as été si bon! Y eut-il jamais un amour pareil? » Et alors le grand chœur reprendra encore une fois: « De toutes les bonnes paroles qu’il a dites, aucune n’est restée sans effet: toutes se sont accomplies. »

9 octobre

« La paix soit avec vous! » (Jean 20:19, 21).

C’est l’image de sa première venue dans nos cœurs, lorsqu’il vient nous apporter sa paix et nous apprendre à nous confier en lui et à l’aimer.

Mais il y a une seconde paix qu’il veut nous donner. Jésus leur dit de nouveau: « La paix soit avec vous! » Il y a la « paix », et il y a la paix « de nouveau ». Il y a la paix avec Dieu, et il y a « la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence ». C’est de cette paix plus profonde que nous avons besoin avant de pouvoir le servir ou être employés à sa gloire.

Tant que nous sommes chargés de nos propres soucis, il ne peut pas nous donner les siens. Tant que nous sommes occupés de nous-mêmes, nous ne pouvons pas être disponibles pour le servir. Notre esprit serait tellement rempli de nos propres inquiétudes que nous ne serions pas à la hauteur de la charge qu’il nous confie; c’est pourquoi, avant de pouvoir nous confier son œuvre, il veut nous délivrer de tout fardeau et de toute inquiétude.

« La paix, la paix parfaite, en ce monde obscur de péché: Le sang de Jésus murmure la paix au-dedans. La paix, la paix parfaite, pressé de mille devoirs: Faire la volonté de Jésus, voilà le repos. »

10 octobre

« Si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez » (Romains 8:13).

Le Saint-Esprit est le seul qui puisse nous faire mourir et nous garder morts. Beaucoup de chrétiens essaient d’accomplir eux-mêmes cette tâche désagréable, et ils passent par une crucifixion continuelle, mais ils ne peuvent jamais achever l’œuvre de façon durable. C’est l’œuvre du Saint-Esprit, et quand vous vous livrez réellement à la mort, il est merveilleux de découvrir avec quelle douceur il peut vous faire mourir.

On nous dit que, par le contact de l’étincelle électrique, la vie s’éteint presque sans un frisson de douleur. Mais, quoi qu’il en soit dans l’ordre naturel, nous savons que le Saint-Esprit peut toucher de son feu céleste la chose abandonnée et la faire mourir en un instant, dès qu’elle a été réellement livrée à la sentence de mort. Cela, c’est notre part; et c’est l’affaire de Dieu d’exécuter cette sentence et de la maintenir constamment en vigueur.

Ne vivons pas dans la douleur d’un suicide perpétuel et inefficace; mais, nous tenant pour réellement morts, remettons-nous entre les mains du bienheureux Saint-Esprit, et il fera mourir tout ce qui se dresse contre sa volonté, il nous gardera fidèles à notre compte céleste, et remplis de sa vie de résurrection.

11 octobre

« Et celui qui sonde les cœurs connaît quelle est la pensée de l’Esprit, parce que c’est selon Dieu qu’il intercède en faveur des saints » (Romains 8:27).

Pour le cœur consacré, le Saint-Esprit devient l’Esprit d’intercession. Nous avons deux Avocats. Nous avons un avocat auprès du Père, qui prie pour nous à la droite de Dieu; mais le Saint-Esprit est l’Avocat intérieur, qui prie en nous, inspirant nos requêtes et les présentant à Dieu par le Christ.

Nous avons besoin de cet Avocat. Nous ne savons pas ce qu’il nous convient de demander dans nos prières, ni comment prier comme il faut; mais il souffle dans le cœur saint des désirs que nous ne comprenons pas toujours, des soupirs inexprimables.

Mais Dieu comprend, et lui, avec un cœur de Père plein d’amour, sonde sans cesse nos cœurs pour y trouver la prière de l’Esprit et pour l’exaucer. Il y trouve bien des prières que nous n’avons pas découvertes, et il répond à bien des cris que nous n’avons jamais compris. Et quand nous arriverons dans notre demeure et que nous lirons les annales de notre vie, nous connaîtrons et apprécierons mieux l’amour infini de cet Ami divin qui a veillé au-dedans de nous comme l’Esprit de prière, et qui a fait monter chacun de nos besoins jusqu’au cœur de Dieu.

12 octobre

« La loi de l’esprit de vie en Jésus-Christ m’a affranchi » (Romains 8:2).

La vie de Jésus-Christ, apportée dans notre cœur par le Saint-Esprit, y agit comme une loi nouvelle de force et de vitalité divines; elle contrebalance et surmonte l’ancienne loi du péché et de la mort, et nous élève au-dessus d’elle.

Illustrons ces deux lois par une simple comparaison. Regardez ma main. Par la loi de la gravitation, elle tombe naturellement sur le pupitre et y reste posée, attirée vers le bas par cette loi naturelle qui fait tomber les corps pesants vers la terre.

Mais il y a une loi plus forte que la loi de la gravitation: ma propre vie et ma volonté. Ainsi, par l’action de cette loi supérieure — la loi de la vitalité —, je défie la loi de la gravitation, je lève la main, je la tiens au-dessus de l’endroit où elle reposait, et je la déplace à mon gré. La loi de la vitalité m’a affranchi de la loi de la gravitation.

De la même manière exactement, la vie de Jésus-Christ qui habite en moi, agissant avec la puissance d’une loi, m’élève au-dessus de la puissance du péché dans ma nature déchue et la contrebalance.

13 octobre

« L’affection de la chair est inimitié contre Dieu » (Romains 8:7).

La chair est incurablement mauvaise. « Elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, et elle ne le peut même pas. » Elle ne peut jamais devenir meilleure. Il est inutile d’essayer d’améliorer la chair. Vous pouvez l’éduquer tant qu’il vous plaira. Vous pouvez la former selon les méthodes les plus éprouvées, vous pouvez lui proposer les exemples les plus lumineux, vous pouvez lui jouer de la flûte ou lui chanter des complaintes, la traiter avec encouragement ou avec sévérité: sa nature restera toujours incorrigiblement la même.

Elle ressemble à l’épervier sauvage qu’un petit enfant capture tout jeune et qu’il essaie de dresser aux habitudes de la colombe: avant que vous vous en doutiez, il plantera son bec cruel dans les doigts délicats qui voulaient le caresser, et montrera son vieil esprit sauvage de crainte et de férocité. C’est un épervier par nature, et l’on ne pourra jamais en faire une colombe. « Car l’affection de la chair est inimitié contre Dieu, parce qu’elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, et qu’elle ne le peut même pas. »

Le seul remède pour la nature humaine est de la détruire et de recevoir à sa place la nature divine. Dieu n’améliore pas l’homme. Il crucifie la vie naturelle avec le Christ, et il crée l’homme nouveau en Jésus-Christ.

14 octobre

« Arrière de moi, Satan! » (Matthieu 16:23).

Lorsque votre vieux moi revient, si vous l’écoutez, si vous le craignez, si vous le croyez, il aura sur vous la même influence que s’il n’était pas mort; il vous dominera et vous détruira. Mais si vous voulez l’ignorer et dire: « Tu n’es pas moi, tu es Satan qui essaie de me faire croire que le vieux moi n’est pas mort; je te repousse, je te traite comme une puissance démoniaque extérieure à moi, je me détache de toi »; si vous le traitez comme une femme traiterait le mari dont elle a divorcé, en disant: « Tu n’es rien pour moi, tu n’as aucun pouvoir sur moi, j’ai renoncé à toi, au nom de Jésus je t’ordonne de t’en aller », — voici que la chose mauvaise disparaîtra, l’ombre s’évanouira, la baguette de la foi apaisera l’esprit troublé et le renverra dans l’abîme, et vous découvrirez que le Christ est là à sa place, avec sa vie de ressuscité, pour soutenir votre confiance et sceller votre victoire.

Satan supporte tout mieux que d’être négligé. Si vous l’ignorez, il se lasse et disparaît. Jésus lui tournait le dos et disait: « Arrière de moi, Satan! » Repoussons-le donc, et nous verrons qu’il sera contraint d’agir selon notre foi.

15 octobre

« La foi est une démonstration des choses qu’on ne voit pas » (Hébreux 11:1).

La vraie foi glisse sa lettre dans la boîte aux lettres et la laisse partir. La défiance en retient un coin, et s’étonne que la réponse n’arrive jamais.

J’ai dans mon bureau des lettres écrites depuis des semaines, mais il y avait une petite incertitude au sujet de l’adresse ou du contenu, si bien qu’elles ne sont pas encore postées. Elles n’ont encore fait aucun bien, ni à moi ni à personne. Elles n’accompliront jamais rien tant que je ne les aurai pas laissées sortir de mes mains pour les confier au facteur et à la poste.

Il en est ainsi de la vraie foi. Elle remet sa cause entre les mains de Dieu, et alors il agit.

Il y a un beau verset dans le psaume trente-septième: « Recommande ton sort à l’Éternel, Mets en lui ta confiance, et il agira. » Mais il n’agit jamais avant que nous ne lui ayons remis notre sort.

La foi consiste à recevoir, ou mieux encore, à prendre les dons que Dieu nous offre. Nous pouvons croire, venir, remettre notre sort et nous reposer, mais nous ne connaîtrons pas pleinement toute notre bénédiction tant que nous ne commencerons pas à recevoir et à entrer dans l’attitude de ceux qui demeurent et qui prennent.

16 octobre

« Au lieu que tu étais délaissée et haïe, je ferai de toi un sujet de joie » (Ésaïe 60:15).

Dieu aime prendre les plus perdus d’entre les hommes pour en faire les plus magnifiques mémoriaux de son amour et de sa puissance rédemptrice. Il aime prendre les victimes de la haine de Satan, et les vies qui ont été les exemples les plus effrayants de son pouvoir de destruction, pour s’en servir afin de mettre en lumière les possibilités de la miséricorde divine et les créations nouvelles du Saint-Esprit.

Il aime prendre dans notre propre vie les choses qui ont été les pires, les plus dures et les plus hostiles à Dieu, et les transformer, de sorte que nous devenions le contraire de ce que nous étions autrefois.

Les esprits les plus doux sont faits des caractères les plus orageux et les plus volontaires; la foi la plus puissante naît d’un désert de doutes et de craintes; et l’amour le plus divin est le fruit de cœurs de pierre, transformés, qui n’étaient que haine et égoïsme.

La grâce de Dieu est à la mesure des tempéraments les plus ingrats et des circonstances les plus défavorables; et sa gloire est de changer la malédiction en bénédiction, et de montrer aux hommes et aux anges des siècles à venir que « là où le péché a abondé, la grâce a surabondé ».

17 octobre

« Abraham crut à Dieu » (Romains 4:3).

La foi d’Abraham reposait sur Dieu lui-même. Il connaissait le Dieu avec qui il avait affaire. C’était une confiance personnelle en quelqu’un à qui il pouvait se fier sans réserve.

Le vrai secret de toute la vie d’Abraham, c’est qu’il était l’ami de Dieu et qu’il connaissait Dieu comme son Ami grand, bon et fidèle; le prenant au mot, il avait quitté tout ce qu’il connaissait et aimait, et s’en était allé sur un chemin inconnu, avec Dieu seul.

Bien-aimés, nous confions-nous seulement en la parole de Dieu, ou avons-nous appris à nous appuyer de tout notre poids sur lui-même, le Dieu d’amour et de puissance infinis, notre Dieu de l’alliance et notre Ami éternel?

Il nous est dit qu’Abraham a glorifié Dieu par cette vie de foi. La vraie manière de glorifier Dieu, c’est de laisser le monde voir qui il est et ce qu’il peut faire. Dieu ne tient pas tant à ce que nous fassions des choses qu’à ce que nous laissions les gens voir ce que lui peut faire. Dieu ne cherche pas des personnages extraordinaires pour en faire ses instruments; il cherche d’humbles instruments par lesquels il puisse être honoré à travers les siècles.

18 octobre

« Tout est à nu et à découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte » (Hébreux 4:13).

La traduction littérale de cette expression est: toutes choses sont dépouillées et terrassées. Telle est la force des mots grecs. L’image est celle d’un athlète dans le Colisée qui a combattu de son mieux dans l’arène et qui est enfin tombé aux pieds de son adversaire, désarmé et brisé, réduit à l’impuissance. Il gît là, incapable de porter un coup ou de lever le bras. Il est dépouillé et terrassé, désarmé et hors de combat, et il ne lui reste plus qu’à demeurer étendu aux pieds de son adversaire et à lever les bras pour implorer grâce.

Voilà la position où Dieu veut nous amener: là où nous cesserons nos luttes et nos tentatives pour nous défendre ou nous améliorer nous-mêmes, et où nous nous jetterons, impuissants, sur la miséricorde de Dieu. C’est le seul espoir du pécheur, et lorsqu’il gît ainsi aux pieds de la miséricorde, Jésus est prêt à le relever et à lui donner ce salut gratuit qui attend tous les hommes.

C’est aussi le plus grand besoin du chrétien qui recherche une vie plus profonde et plus élevée: parvenir à prendre pleinement conscience de son néant et de son impuissance, et se coucher, dépouillé et terrassé, aux pieds de Jésus.

19 octobre

« Renoncer à l’impiété » (Tite 2:12).

Disons « Non » à la chair, au monde et à l’amour de soi, et apprenons ce saint renoncement à soi-même en quoi consiste une si grande part de la vie d’obéissance. « N’ayez pas soin de la chair »; n’accordez aucune reconnaissance à votre nature inférieure. Dites « Non » à tout ce qui est terrestre et égoïste. Une si grande part de la vie de foi consiste simplement à renoncer à nous-mêmes!

Nous commençons par un grand « Oui » à Dieu, puis nous concluons par un « Non » éternel à nous-mêmes, au monde, à la chair et au diable.

Si vous regardez les dix commandements du Décalogue, vous verrez que presque chacun d’eux est un « Tu ne … point ». Si vous lisez le treizième chapitre de la Première épître aux Corinthiens, avec son beau tableau de l’amour, vous verrez que la plupart des traits de l’amour sont exprimés par la négative: ce que l’amour « ne fait pas, ne pense pas, ne dit pas, n’est pas ». Et ainsi vous verrez que la plus grande part de la vie de consécration consiste en réalité à dire « Non ».

Je ne suis pas à moi, j’appartiens à lui. Je suis à lui seul, j’appartiens à lui.

20 octobre

« Ne nous lassons pas de faire le bien » (Galates 6:9).

Si Paul pouvait seulement connaître la consolation et l’espérance qu’il a apportées aux générations innombrables qui ont marché sur le chemin qui va de la croix au Royaume d’en haut, il accepterait de traverser mille vies et mille morts semblables à celles qu’il a endurées, pour la bénédiction qui a suivi depuis que sa noble tête a roulé dans la poussière près de la porte d’Ostie, à Rome.

Et si le plus petit d’entre nous pouvait seulement entrevoir les conséquences éternelles qui naîtront sans doute des plus humbles services accomplis dans la foi, nous ne compterions nos sacrifices et nos travaux que comme d’ineffables héritages d’honneur et d’occasions, et nous cesserions de parler d’épreuves et de sacrifices faits pour Dieu.

Le plus petit grain de foi est un germe impérissable et incorruptible qui ensemencera un jour les cieux et couvrira la terre de moissons d’une gloire impérissable. Relevez la tête, bien-aimés: l’horizon est plus vaste que le petit cercle que vous pouvez voir. Nous vivons, nous souffrons, nous travaillons, nous nous confions, pour les siècles à venir!

21 octobre

« Qui nous séparera de l’amour de Christ? » (Romains 8:35).

Puis vient la réponse triomphante, après que tous les obstacles et tous les ennemis possibles ont été nommés un à un: « Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. » Nos épreuves seront changées en secours; nos ennemis seront faits prisonniers et contraints de livrer nos combats. Comme les poids de cette horloge, là-bas, qui la font marcher, nos difficultés mêmes deviendront des stimulants pour la foi et la prière, et des occasions pour Dieu de devenir plus réel pour nous.

Nous ne tirerons pas seulement de nos épreuves la délivrance, mais le triomphe, et dans toutes ces choses nous serons même plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés.

Notre sécurité ne dépend pas de notre amour immuable, mais de l’amour de Dieu en Jésus-Christ envers nous. Ce ne sont pas les bras du petit enfant accroché au sein de sa mère qui l’empêchent de tomber, mais les bras forts de la mère qui l’entourent et qui ne le lâcheront jamais. Il nous a aimés d’un amour éternel, et bien que tout le reste puisse changer, jamais il ne nous délaissera ni ne nous abandonnera.

22 octobre

« Compatir à nos faiblesses » (Hébreux 4:15).

Certains d’entre nous savent un peu ce que c’est que d’être saisis par le sentiment des souffrances des autres, et parfois des péchés des autres, des péchés qui semblent nous imprégner lorsqu’ils entrent en contact avec nous et qui jettent sur nous un terrible sentiment du péché et du besoin.

Peut-être cela nous est-il donné pour nous faire concevoir faiblement la compassion que Jésus éprouvait lorsqu’il avait pris sur lui nos péchés, nos maladies et nos douleurs. N’hésitons pas à les déposer sur lui! Il lui est bien plus facile de les emporter loin de nous que de les porter avec nous. Il les a déjà portés pour nous, dans sa vie comme dans sa mort. Roulons notre fardeau sur lui, laissons-le rouler au loin; puis, forts de sa force et reposés dans sa vie et son amour, allons apporter aux autres la compassion et le secours qu’il nous a si richement donnés.

Le monde est plein de douleur, et ceux qui en ont connu l’amertume et la guérison sont les ministres de consolation que Dieu envoie à un monde en larmes.

Oh! les larmes qui coulent autour de nous, Essuyons-les tant que nous le pouvons; Amenons à Jésus les cœurs brisés, Il essuiera leurs larmes.

23 octobre

« Jusqu’à quand clocherez-vous des deux côtés? » (1 Rois 18:21).

Il est étrange que les gens ne parviennent pas à se défaire de l’idée qu’une vie consacrée est une vie difficile. Une simple illustration suffira à répondre à cette sotte impression. Supposez qu’un conducteur de tramway dise: « Il est bien plus facile de rouler avec une roue sur les rails et l’autre à côté »; sa ligne serait bientôt délaissée par le public, qui préférerait aller à pied. Bien sûr, il est infiniment plus facile de rouler avec les deux roues sur les rails, et toujours sur les rails, et il est bien plus facile de suivre Christ pleinement que de le suivre d’un cœur partagé et d’un pas qui boite. Le prophète avait raison de poser sa question incisive: « Jusqu’à quand clocherez-vous des deux côtés? » L’homme indécis est un homme qui cloche. L’homme qui cloche est un boiteux et un malheureux, tandis que le chrétien entier fait l’admiration des hommes et des anges, et trouve en lui-même une joie continuelle.

Dites, est-ce tout pour Jésus, Comme vous le chantez si souvent; Est-il votre Maître royal, Est-il le vrai Roi de votre cœur?

24 octobre

« Ils se sont d’abord donnés eux-mêmes au Seigneur, puis à nous, par la volonté de Dieu » (2 Corinthiens 8:5).

Pour réussir dans l’œuvre chrétienne, il est essentiel que vous soyez loyal non seulement envers Dieu, mais envers l’œuvre à laquelle vous êtes associé. Plus on connaît profondément le Seigneur, plus il est facile de s’entendre avec lui.

Les chrétiens superficiels sont enclins à être pointilleux. Les chrétiens mûrs sont si près du Seigneur qu’ils ne craignent pas de manquer sa direction, et ne cherchent pas sans cesse à affirmer leur fidélité envers lui et leur indépendance à l’égard des autres.

Les Corinthiens, qui s’étaient d’abord donnés au Seigneur, n’eurent aucune peine à se donner à son apôtre par la volonté de Dieu. Il est délicieux de travailler avec des cœurs sincères sur lesquels nous pouvons compter entièrement.

Que Dieu nous donne un esprit de sagesse et un cœur disposé à « donner un coup de main ».

Vous pouvez aider par la sainte prière, Par l’amour qui soutient et le chant joyeux; Oh! les fardeaux que vous pouvez porter; Oh! les douleurs que vous pouvez partager; Oh! les couronnes que vous pourrez porter encore, Si vous donnez un coup de main.

25 octobre

« C’est l’heure de vous réveiller enfin du sommeil. Dépouillons-nous donc des œuvres des ténèbres, et revêtons les armes de la lumière » (Romains 13:11, 12).

Réveillons-nous du sommeil; soyons vigilants; soyons attentifs aux grandes nécessités qui nous concernent réellement.

Quittons les vêtements de la nuit et les complaisances de la nuit, les robes lâches du plaisir et les vêtements flottants du repos; les plaisirs de fête des heures de ténèbres ne sont pas pour les enfants du jour. Dépouillons-nous donc des œuvres des ténèbres.

Armons-nous pour le jour. Avant de mettre nos vêtements, revêtons nos armes, car nous sortons dans un pays d’ennemis et dans un monde de dangers; prenons le casque du salut, la cuirasse de la foi et de la charité, et le bouclier de la foi, et tenons-nous armés et vigilants tandis que les dangers des derniers jours s’amassent autour de nous.

Revêtons-nous du Seigneur Jésus-Christ. Voilà notre vêtement de jour. Non pas nos propres œuvres ou notre propre justice, mais la personne et la justice du Seigneur Jésus-Christ, qui nous a donné sa vie même et qui devient pour nous notre Toute-Suffisance.

26 octobre

« Va dans les chemins et le long des haies, et ceux que tu trouveras, contrains-les d’entrer » (Luc 14:23).

La grande parabole du quatorzième chapitre de Luc raconte le grand souper qu’un seigneur d’autrefois avait préparé pour ses amis et ses voisins, et auquel, lorsqu’ils demandèrent à être excusés, il invita les estropiés et les boiteux des quartiers misérables de la ville et les lépreux de l’extérieur de la porte; il y a là une image significative et une leçon de choses sur le programme du christianisme en cet âge.

En premier lieu, il est évident pour tout esprit réfléchi que le Maître commence à excuser les gens des pays chrétiens endurcis à l’Évangile. Il devient sans cesse plus difficile d’intéresser ceux qui ne sont pas sauvés dans notre propre pays, surtout ceux qui ont été habitués à entendre l’Évangile et les choses de Christ. Ils ont demandé à être excusés du festin de l’Évangile, et le Seigneur les excuse.

En même temps, deux mouvements remarquables indiqués dans la parabole deviennent de plus en plus manifestes à notre époque. L’un est l’Évangile pour les quartiers misérables et les classes délaissées chez nous; l’autre est l’Évangile pour les païens, les classes délaissées au loin.

27 octobre

« Voici, je suis l’Éternel, le Dieu de toute chair. Y a-t-il rien qui soit étonnant de ma part? » (Jérémie 32:27.)

Le roi Cyrus fut contraint d’accomplir la vision de Jérémie en publiant un décret, à l’instant même qu’avait annoncé la prophétie, où il déclarait que l’Éternel lui avait ordonné de rebâtir Jérusalem et d’inviter ses captifs à retourner dans leur patrie. Ainsi la foi de Jérémie fut justifiée et la prophétie de l’Éternel glorieusement accomplie, comme la foi sera toujours honorée. Oh! qu’il nous soit donné cette foi qui, dans le présent obscur et l’avenir plus obscur encore, osera signer les actes et sceller les documents, s’il le faut, pour le temps de l’attente, et commencer alors à rendre témoignage à la certitude de son espérance, comme le prophète d’Anathoth!

Le mot Anathoth a une belle signification: « échos ». Ainsi la foi est l’« écho » de Dieu, et Dieu donne toujours l’« écho » à la foi, en lui répondant par un glorieux accomplissement. Oh! que notre foi fasse aussi écho à la hardie réclamation de l’ancien prophète, qu’elle prenne possession de tout notre héritage avec son cri glorieux: « Ô Seigneur, tu es le Dieu de toute chair; y a-t-il rien qui soit étonnant de la part de l’Éternel? », et, comme un écho, la réponse céleste reviendra à notre cœur: « Je suis le Dieu de toute chair; y a-t-il rien qui soit étonnant de ma part? »

28 octobre

« Bon serviteur; parce que tu as été fidèle en peu de chose, reçois le gouvernement de dix villes » (Luc 19:17).

Ce n’est pas notre succès dans le service qui compte, mais notre fidélité. Caleb et Josué furent fidèles, et Dieu s’en souvint lorsque vint le jour de la visitation. C’était une position très difficile et impopulaire, et nous sommes tous appelés, dans les crises de notre vie, à nous tenir seuls; et sur ce point précis — nous confier en Dieu pour la victoire sur le péché et pour notre plein héritage en Christ — nous devons tous être éprouvés comme eux.

Nos frères, même dans l’Église de Dieu, tout en reconnaissant dans l’abstrait la beauté et les avantages d’une vie aussi idéale, nous disent, comme on le disait à Israël, qu’elle est impraticable et impossible, et beaucoup d’entre nous doivent se tenir seuls pendant des années pour rendre témoignage à la puissance de Christ de sauver parfaitement son peuple, et, comme Caleb, pour le suivre pleinement, fût-ce seuls. Mais c’est là la vraie victoire de la foi et la preuve de notre fidélité sans compromis.

Ne nous plaignons donc pas lorsque nous souffrons l’opprobre pour notre témoignage ou que nous nous tenons seuls pour Dieu; remercions-le plutôt de nous faire cet honneur, et soutenons l’épreuve de telle sorte qu’il puisse ensuite se servir de nous, lorsque les foules seront heureuses de suivre.

29 octobre

« Ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom » (Jean 16:23).

Deux hommes se présentent au guichet de la banque, tenant chacun à la main un morceau de papier. L’un est vêtu avec recherche et tend une main gantée et couverte de bijoux; l’autre est un ouvrier rude et mal lavé. Le premier est éconduit par une phrase polie, et le second reçoit mille dollars au guichet. Quelle est la différence? L’un a présenté un nom sans valeur; l’autre a remis un billet endossé par le président de la banque. Ainsi le moraliste le plus vertueux sera renvoyé des portes de la miséricorde, et le plus vil pécheur y sera accueilli s’il présente le nom de Jésus.

Que donnerons-nous à la pureté et à la justice infinies? Jésus! Aucun autre don n’est digne d’être reçu par Dieu. Et Dieu nous l’a donné précisément pour cela: pour que nous le lui rendions comme notre substitut et notre satisfaction. Et il a « rendu témoignage » à ce don comme à nul autre, à savoir qu’en lui il a mis toute son affection, et que tous ceux qui le reçoivent « sont agréés dans le Bien-aimé ». Accepterons-nous le témoignage que Dieu est satisfait de son Fils? Serons-nous satisfaits de lui?

30 octobre

« Demeurez dans les profondeurs » (Jérémie 49:8).

La présence de Dieu se mêle à toute autre pensée et à toute autre conscience; elle coule doucement et paisiblement à travers nos projets d’affaires, nos conversations, les affections de notre cœur, notre travail manuel, notre vie tout entière, se mêlant à tout, consacrant tout et perçue à travers tout, comme le parfum d’une fleur ou la présence d’un ami que l’on sent proche, sans pourtant gêner le moins du monde l’occupation la plus intense et la plus constante des mains et de l’esprit. Qu’elle est belle, l’habitude affermie de cette communion et de cette dépendance incessantes, au milieu et au-dessus de toutes les pensées et de toutes les occupations! Qu’il est touchant de voir un cher vieux saint ranger ses livres le soir et dire humblement: « Seigneur Jésus, tout est encore exactement pareil entre nous », puis s’endormir sous sa garde!

Appuyons-nous donc sur lui. Enracinons-nous en lui de toutes les racines et de toutes les fibres de notre être. Il ne se lassera pas de notre amitié. Il ne voudra pas parfois nous éconduire. Belle est la parole de cette sainte éprouvée: « Il ne dit jamais au revoir. » Il demeure. Appuyons-nous donc sur lui.

31 octobre

« Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse » (2 Corinthiens 12:9).

Dieu permit que la crise se referme autour de Jacob, la nuit où il se prosterna à Peniel dans la supplication, afin de l’amener au point où il saisirait Dieu comme il ne l’aurait jamais fait autrement; et de ce défilé périlleux Jacob sortit agrandi dans sa foi et dans sa connaissance de Dieu, et dans la puissance d’une vie nouvelle et victorieuse. Il dut contraindre David, par une discipline longue et douloureuse de plusieurs années, à apprendre la toute-puissance et la fidélité de son Dieu, et à grandir dans les principes affermis de la foi et de la piété, indispensables à sa carrière ultérieure et glorieuse comme roi d’Israël.

Rien d’autre que les situations extrêmes où Paul était constamment placé n’aurait jamais pu lui enseigner, et enseigner à l’Église par lui, le plein sens de la grande promesse qu’il apprit si bien à réclamer: « Ma grâce te suffit. » Et rien d’autre que nos épreuves et nos périls n’aurait jamais conduit certains d’entre nous à le connaître comme nous le connaissons, à nous confier en lui comme nous l’avons fait, et à puiser en lui les mesures de grâce que nos extrémités mêmes rendaient indispensables.

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