Le carnet de chèques de la banque de la foi ·Le mois d’août

Chapitre 9 · 40 min de lecture

Le mois d’août

1er août

L’ALLIANCE ATTEINT LES ENFANTS

« J’établirai mon alliance entre moi et toi, et tes descendants après toi, selon leurs générations : ce sera une alliance perpétuelle, en vertu de laquelle je serai ton Dieu et celui de ta postérité après toi. » Genèse 17:7

Ô Seigneur, tu as fait une alliance avec moi, ton serviteur, en Christ Jésus mon Seigneur ; et maintenant, je t’en supplie, que mes enfants soient compris dans ses dispositions pleines de grâce. Permets-moi de croire cette promesse comme faite à moi aussi bien qu’à Abraham. Je sais que mes enfants sont nés dans le péché, et formés dans l’iniquité, tout comme ceux des autres hommes ; c’est pourquoi je ne demande rien en raison de leur naissance, car je sais bien que « ce qui est né de la chair est chair », et rien de plus. Seigneur, fais qu’ils naissent sous ton alliance de grâce, par ton Saint-Esprit !

Je prie pour ma descendance dans toutes les générations. Sois leur Dieu, comme tu es le mien. Mon plus haut honneur, c’est que tu m’aies permis de te servir ; puisse ma postérité te servir dans toutes les années à venir. Ô Dieu d’Abraham, sois le Dieu de son Isaac ! Ô Dieu d’Anne, agrée son Samuel !

Si, Seigneur, tu m’as favorisé dans ma famille, je te prie de te souvenir des autres maisons de ton peuple qui demeurent sans bénédiction. Sois le Dieu de toutes les familles d’Israël. Que pas un seul de ceux qui craignent ton nom ne soit éprouvé par une maison impie et méchante, pour l’amour de ton Fils Jésus-Christ. Amen.

2 août

DIRE CE QU’IL ENSEIGNE

« Va donc, je serai avec ta bouche, et je t’enseignerai ce que tu auras à dire. » Exode 4:12

Plus d’un vrai serviteur du Seigneur a la parole lente, et, appelé à plaider pour son Seigneur, il est dans une grande confusion, de peur de gâter une bonne cause par un mauvais plaidoyer. En pareil cas, il est bon de se souvenir que le Seigneur a fait la langue si lente, et que nous devons prendre garde de ne pas accuser notre Créateur. Il se peut qu’une langue lente ne soit pas un aussi grand mal qu’une langue rapide, et que la rareté des mots soit plus une bénédiction qu’un flot de verbiage. Il est également tout à fait certain que la vraie puissance qui sauve ne réside pas dans la rhétorique humaine, avec ses figures, ses jolies phrases et ses grands étalages. Le manque de faconde n’est pas un manque aussi grand qu’il en a l’air.

Si Dieu est avec notre bouche, et avec notre esprit, nous aurons quelque chose de meilleur que l’airain qui résonne de l’éloquence, ou la cymbale qui retentit de la persuasion. L’enseignement de Dieu, c’est la sagesse ; sa présence, c’est la puissance. Pharaon avait plus sujet de craindre Moïse le bègue que le plus disert des parleurs d’Égypte ; car ce qu’il disait avait de la puissance : il proférait des plaies et des morts. Si le Seigneur est avec nous dans notre faiblesse naturelle, nous serons ceints d’une puissance surnaturelle. C’est pourquoi parlons pour Jésus hardiment, comme nous devons parler.

3 août

LE DROIT AUX CHOSES SAINTES

« Mais un esclave acheté par le sacrificateur à prix d’argent pourra en manger, de même que celui qui est né dans sa maison ; ils mangeront de sa nourriture. » Lévitique 22:11

Les étrangers, les hôtes de passage et les serviteurs à gages ne devaient pas manger des choses saintes. Il en est de même encore dans les choses spirituelles. Mais deux catégories avaient libre accès à la table sacrée : ceux qui étaient achetés de l’argent du sacrificateur, et ceux qui étaient nés dans sa maison. Achetés et nés, telles étaient les deux preuves indiscutables d’un droit aux choses saintes.

Achetés. Notre grand Souverain Sacrificateur a acheté à prix tous ceux qui mettent leur confiance en lui. Ils sont sa propriété absolue — tout entiers au Seigneur. Non à cause de ce qu’ils sont en eux-mêmes, mais pour l’amour de leur possesseur, ils sont admis aux mêmes privilèges dont il jouit lui-même, et « ils mangeront de sa nourriture ». Il a une nourriture à manger que les gens du monde ne connaissent pas. « Parce que vous appartenez à Christ », c’est pourquoi vous aurez part avec votre Seigneur.

Nés. Voici une voie tout aussi sûre vers le privilège ; si nous sommes nés dans la maison du Sacrificateur, nous prenons place avec le reste de la famille. La régénération fait de nous des cohéritiers, et membres d’un même corps ; et par conséquent la paix, la joie, la gloire que le Père a données à Christ, Christ nous les a données. La rédemption et la régénération nous ont donné un double titre au permis divin de cette promesse.

4 août

IL BÉNIT ET IL GARDE

« Que l’Éternel te bénisse, et qu’il te garde ! » Nombres 6:24

Cette première proposition de la bénédiction du souverain sacrificateur est essentiellement une promesse. Cette bénédiction que notre grand Souverain Sacrificateur prononce sur nous ne peut manquer de venir, car il exprime la pensée de Dieu.

Quelle joie de demeurer sous la bénédiction divine ! Cela met une saveur pleine de grâce en toutes choses. Si nous sommes bénis, alors tous nos biens et toutes nos jouissances sont bénis ; oui, nos pertes et nos croix, et même nos déceptions, sont bénies. La bénédiction de Dieu est profonde, forte, efficace. La bénédiction d’un homme peut commencer et finir en paroles ; mais la bénédiction du Seigneur enrichit et sanctifie. Le meilleur vœu que nous puissions former pour notre ami le plus cher n’est pas « Que la prospérité t’accompagne », mais « Que le Seigneur te bénisse ».

C’est une chose tout aussi délicieuse que d’être gardé de Dieu ; gardé par lui, gardé près de lui, gardé en lui. Ils sont bien gardés, ceux que Dieu garde ; ils sont préservés du mal, ils sont réservés à un bonheur sans bornes. La garde de Dieu accompagne sa bénédiction, pour l’affermir et la faire durer.

L’auteur de ce petit livre souhaite que la riche bénédiction et la sûre garde ici prononcées viennent sur chaque lecteur qui, en ce moment, aurait les yeux fixés sur ces lignes. Veuillez souffler ce texte à Dieu comme une prière pour ses serviteurs.

5 août

LA LOI DANS LE CŒUR

« La loi de son Dieu est dans son cœur ; ses pas ne chancellent point. » Psaume 37:31

Mets la loi dans le cœur, et l’homme tout entier est droit. C’est là que la loi doit être ; car alors elle repose, comme les tables de pierre dans l’arche, au lieu qui lui est assigné. Dans la tête, elle embarrasse ; sur le dos, elle accable ; dans le cœur, elle soutient.

Quel mot de choix est employé ici : « la loi de son Dieu ! » Quand nous connaissons le Seigneur comme notre propre Dieu, sa loi devient pour nous une liberté. Dieu avec nous dans l’alliance nous rend empressés à obéir à sa volonté et à marcher selon ses commandements. Le précepte est-il le précepte de mon Père ? Alors j’y prends mes délices.

Il nous est ici garanti que l’homme au cœur obéissant sera soutenu dans chaque pas qu’il fait. Il fera ce qui est juste, et par conséquent il fera ce qui est sage. La sainte action est toujours la plus prudente, quoiqu’elle ne le paraisse pas toujours sur le moment. Nous cheminons sur la grande route de la providence et de la grâce de Dieu quand nous nous tenons dans la voie de sa loi. La Parole de Dieu n’a jamais encore égaré une seule âme ; ses directions claires — marcher avec humilité, avec justice, avec amour, et dans la crainte du Seigneur — sont autant des paroles de sagesse pour rendre notre chemin prospère que des règles de sainteté pour garder nos vêtements purs. Il marche sûrement, celui qui marche justement.

6 août

VA ; PRENDS TON BIEN

« Vois, l’Éternel, ton Dieu, met le pays devant toi ; monte, prends-en possession, comme te l’a dit l’Éternel, le Dieu de tes pères ; ne crains point, et ne t’effraie point. » Deutéronome 1:21

Il y a un héritage de grâce que nous devrions être assez hardis pour conquérir et nous approprier. Tout ce qu’un croyant a gagné est libre pour un autre. Nous pouvons être forts dans la foi, fervents dans l’amour, et abondants dans le labeur ; rien ne l’empêche ; montons et prenons-en possession. L’expérience la plus douce et la grâce la plus brillante sont autant pour nous que pour aucun de nos frères ; l’Éternel les a mises devant nous ; nul ne peut nier notre droit ; montons et prenons-en possession en son nom.

Le monde aussi est devant nous, pour être conquis pour le Seigneur Jésus. Nous ne devons en laisser aucun pays ni aucun recoin non soumis. Ce taudis près de notre maison est devant nous, non pour déjouer nos efforts, mais pour leur céder. Nous n’avons qu’à rassembler assez de courage pour aller de l’avant, et nous gagnerons à Jésus les foyers obscurs et les cœurs durs. Ne laissons jamais périr les gens d’une ruelle ou d’une venelle parce que nous n’aurions pas assez de foi en Jésus et en son Évangile pour monter et posséder le pays. Nul endroit n’est trop enténébré, nulle personne trop profane pour être hors de la portée de la grâce. Lâcheté, va-t’en ! La foi marche à la conquête.

7 août

RÈGLES POUR PROSPÉRER

« Fortifie-toi seulement et aie bon courage, en agissant fidèlement selon toute la loi que Moïse, mon serviteur, t’a prescrite ; ne t’en détourne ni à droite ni à gauche, afin de réussir dans tout ce que tu entreprendras. » Josué 1:7

Oui, le Seigneur sera avec nous dans notre sainte guerre, mais il exige de nous que nous suivions strictement ses règles. Nos victoires dépendront beaucoup de notre obéissance à lui de tout notre cœur, mettant force et courage dans les actions de notre foi. Si nous n’avons qu’un cœur partagé, nous ne pouvons attendre plus que la moitié d’une bénédiction.

Nous devons obéir au Seigneur avec soin et réflexion. « Agir fidèlement » est l’expression employée, et elle est pleine de sens. Cela se rapporte à toute partie de la volonté divine ; nous devons obéir avec une entière promptitude. Notre règle de conduite est « selon toute la loi ». Nous ne pouvons trier et choisir, mais nous devons prendre les commandements du Seigneur tels qu’ils viennent, tous ensemble. En tout cela, nous devons avancer avec exactitude et constance. La nôtre doit être une marche droite, qui ne dévie ni à droite ni à gauche. Nous ne devons pas errer en nous montrant plus rigides que la loi, ni tourner par légèreté vers une voie plus libre et plus facile. Avec une telle obéissance viendra la prospérité spirituelle. Ô Seigneur, aide-nous à voir s’il n’en est pas ainsi ! Nous ne mettrons pas ta promesse à l’épreuve en vain.

8 août

UNE CONFIANCE BIEN PLACÉE

« Le Seigneur, l’Éternel, m’a secouru. » Ésaïe 50:7

Ce sont là, en prophétie, les paroles du Messie au jour de son obéissance jusqu’à la mort, quand il livra son dos à ceux qui le frappaient, et ses joues à ceux qui lui arrachaient la barbe. Il était confiant dans le soutien divin, et se reposait sur l’Éternel.

Ô mon âme, tes douleurs sont comme la fine poussière de la balance, comparées à celles de ton Seigneur ! Ne peux-tu croire que le Seigneur, l’Éternel, te secourra ? Ton Seigneur était dans une position singulière ; car, comme représentant des hommes pécheurs — leur substitut et leur sacrifice — il fallait que le Père l’abandonnât et le fît entrer dans la désertion de l’âme. Nulle telle nécessité ne pèse sur toi : tu n’es pas tenu de crier : « Pourquoi m’as-tu abandonné ? » Ton Sauveur, même en un tel cas, s’est reposé sur Dieu, et toi, ne le peux-tu pas ? Il est mort pour toi, et a rendu ainsi impossible que tu sois laissé seul ; c’est pourquoi, prends courage.

Dans les labeurs ou les épreuves de ce jour, dis : « Le Seigneur, l’Éternel, m’a secouru. » Va hardiment de l’avant. Rends ton visage semblable à un caillou, et résous que nulle défaillance ni fausse honte n’approche de toi. Si Dieu secourt, qui peut faire obstacle ? Si tu es sûr d’un secours tout-puissant, que peut-il y avoir de trop lourd pour toi ? Commence le jour joyeusement, et qu’aucune ombre de doute ne s’interpose entre toi et l’éternel soleil.

9 août

L’ÉMONDAGE POUR PORTER DU FRUIT

« Tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le retranche ; et tout sarment qui porte du fruit, il l’émonde, afin qu’il porte encore plus de fruit. » Jean 15:2

C’est là une précieuse promesse pour qui vit pour la fécondité. Au premier abord, elle semble avoir un aspect coupant. Faut-il que le rameau fécond soit émondé ? Faut-il que le couteau tranche même les meilleurs et les plus utiles ? Sans doute, il en est ainsi, car une grande partie de l’œuvre purifiante de notre Seigneur s’accomplit au moyen d’afflictions d’une sorte ou d’une autre. Ce ne sont pas les méchants, mais les bons, qui ont la promesse de la tribulation en cette vie. Mais alors, la fin compense plus que pleinement la nature douloureuse des moyens. Si nous pouvons porter plus de fruit pour notre Seigneur, nous ne nous soucierons pas de l’émondage ni de la perte du feuillage.

Cependant, l’émondage s’opère parfois par la Parole, en dehors de l’épreuve, et cela ôte tout ce qui pouvait paraître âpre dans la saveur de la promesse. Par la Parole, nous serons rendus plus remplis de grâce et plus utiles. Le Seigneur, qui nous a rendus, en une certaine mesure, porteurs de fruit, agira sur nous jusqu’à ce que nous atteignions un bien plus haut degré de fertilité. N’est-ce pas là une grande joie ? Vraiment, il y a plus de consolation dans une promesse de fécondité que si l’on nous avait garanti la richesse, ou la santé, ou l’honneur.

Seigneur Jésus, accomplis promptement ta parole pleine de grâce envers moi, et fais-moi abonder en fruit à ta louange !

10 août

IL ABAISSE POUR ÉLEVER

« L’Éternel appauvrit et il enrichit, il abaisse et il élève. » 1 Samuel 2:7

Tous mes changements viennent de Celui qui ne change jamais. Si j’étais devenu riche, j’aurais vu sa main en cela, et je l’aurais loué ; que je voie également sa main si je suis rendu pauvre, et que je le loue de tout aussi bon cœur. Quand nous descendons dans le monde, cela vient du Seigneur, et nous pouvons donc le prendre patiemment ; quand nous nous élevons dans le monde, cela vient du Seigneur, et nous pouvons l’accepter avec reconnaissance. En tout cas, le Seigneur l’a fait, et cela est bien.

Il semble que la manière de l’Éternel soit d’abaisser ceux qu’il veut élever, et de dépouiller ceux qu’il a dessein de revêtir. Si c’est là sa manière, c’est la plus sage et la meilleure. Si j’endure maintenant l’abaissement, je puis bien m’en réjouir, car j’y vois le prélude de l’élévation. Plus nous sommes humiliés par la grâce, plus nous serons exaltés dans la gloire. Cet appauvrissement qui sera dirigé vers notre enrichissement est à saluer avec joie.

Ô Seigneur, tu m’as abaissé ces derniers temps, et tu m’as fait sentir mon insignifiance et mon péché. Ce n’est pas une expérience agréable, mais je te prie de la rendre profitable pour moi. Oh ! puisses-tu ainsi me préparer à porter un plus grand poids de délices et d’utilité ; et quand j’y serai prêt, alors accorde-le-moi, pour l’amour de Christ ! Amen.

11 août

ATTENDRE, NON COURIR

« Oui, c’est en Dieu que mon âme se confie ; de lui vient mon salut. » Psaume 62:2

Bienheureuse posture ! — attendre vraiment et uniquement le Seigneur. Que ce soit notre état tout ce jour, et chaque jour. Attendre son bon plaisir, attendre à son service, attendre dans une joyeuse espérance, attendre dans la prière, et être content. Quand l’âme elle-même attend ainsi, elle est dans la meilleure et la plus vraie condition d’une créature devant son Créateur, d’un serviteur devant son Maître, d’un enfant devant son Père. Nous ne permettons aucune dictée à Dieu, ni aucune plainte contre lui ; nous ne souffrirons ni impatience ni défiance. En même temps, nous ne pratiquons ni de courir devant la nuée, ni de chercher secours auprès d’autrui : ni l’un ni l’autre ne serait attendre le Seigneur. Dieu, et Dieu seul, est l’attente de nos cœurs.

Bienheureuse assurance ! — de lui vient le salut ; il est en chemin. Il viendra de lui, et de nul autre. Il en aura toute la gloire, car lui seul peut et veut l’accomplir. Et il l’accomplira très certainement en son propre temps et à sa propre manière. Il sauvera du doute, de la souffrance, de la calomnie et de la détresse. Quoique nous n’en voyions encore aucun signe, nous sommes satisfaits d’attendre la volonté du Seigneur, car nous n’avons aucun soupçon touchant son amour et sa fidélité. Il fera de la besogne sûre avant peu, et nous le louerons dès à présent pour la miséricorde qui vient.

12 août

LA LUMIÈRE DANS LES TÉNÈBRES

« Oui, tu es ma lumière, ô Éternel ! l’Éternel éclaire mes ténèbres. » 2 Samuel 22:29

Suis-je dans la lumière ? Alors, toi, ô Seigneur, tu es ma lampe. Retire-toi, et ma joie s’en irait ; mais tant que tu es avec moi, je puis me passer des torches du temps et des chandelles de la consolation créée. Quelle lumière la présence de Dieu jette sur toutes choses ! Nous avons entendu parler d’un phare qui pouvait se voir à vingt milles ; mais notre Éternel n’est pas seulement un Dieu de près, il se voit aussi de loin, jusque dans le pays de l’ennemi. Ô Seigneur, je suis aussi heureux qu’un ange quand ton amour remplit mon cœur. Tu es tout mon désir.

Suis-je dans les ténèbres ? Alors, toi, ô Seigneur, tu éclaireras mes ténèbres. Avant peu, les choses changeront. Les affaires pourront devenir de plus en plus lugubres, et nuage s’amonceler sur nuage ; mais s’il fait si sombre que je ne puisse voir ma propre main, je verrai encore la main du Seigneur. Quand je ne puis trouver de lumière au-dedans de moi, ni parmi mes amis, ni dans le monde entier, le Seigneur, qui a dit : « Que la lumière soit », et la lumière fut, peut redire la même parole. Il me parlera encore jusqu’au soleil. Je ne mourrai point, mais je vivrai. Le jour point déjà. Ce doux texte brille comme une étoile du matin. Je battrai des mains de joie avant que bien des heures se soient écoulées.

13 août

AVANT ET PENDANT L’APPEL

« Avant qu’ils m’invoquent, je répondrai ; avant qu’ils aient cessé de parler, j’exaucerai. » Ésaïe 65:24

Quelle prompte besogne ! Le Seigneur nous entend avant que nous appelions ; et souvent il nous répond de la même manière rapide. Prévoyant nos besoins et nos prières, il dispose la providence de telle sorte qu’avant même que le besoin ne survienne, il y a pourvu ; avant que l’épreuve ne nous assaille, il nous a armés contre elle. Voilà la promptitude de l’omniscience, et nous l’avons souvent vue à l’œuvre. Avant que nous eussions rêvé de l’affliction qui venait, la forte consolation qui devait nous soutenir dans cette affliction était déjà arrivée. Quel Dieu qui exauce la prière nous avons là !

La seconde proposition fait songer au télégraphe. Bien que Dieu soit dans le ciel et nous sur la terre, il fait pourtant voyager notre parole, comme sa propre parole, avec une grande rapidité. Quand nous prions comme il faut, nous parlons dans l’oreille de Dieu. Notre gracieux Médiateur présente aussitôt nos requêtes, et le grand Père les entend et leur sourit. Grande prière que celle-là ! Qui ne prierait beaucoup, sachant qu’il a l’oreille du Roi des rois ? Ce jour, je prierai avec foi, croyant non seulement que je serai exaucé, mais que je le suis ; non seulement qu’il me sera répondu, mais que j’ai déjà la réponse. Saint-Esprit, aide-moi en cela !

14 août

LE CHÂTIMENT DE L’ENFANT N’EST PAS ÉTERNEL

« J’humilierai par là la postérité de David, mais ce ne sera pas pour toujours. » 1 Rois 11:39

Dans la famille de la grâce, il y a une discipline, et cette discipline est assez sévère pour faire du péché une chose mauvaise et amère. Salomon, détourné par ses femmes étrangères, avait dressé d’autres dieux, et grièvement irrité le Dieu de son père ; c’est pourquoi dix parties sur douze du royaume furent arrachées et érigées en État rival. Ce fut une pénible affliction pour la maison de David, et elle vint sur cette dynastie distinctement de la main de Dieu, comme le fruit d’une conduite impie. Le Seigneur châtiera ses serviteurs les plus aimés s’ils cessent de pleinement obéir à ses lois : peut-être, à cette heure même, un tel châtiment est-il sur nous. Crions humblement : « Ô Seigneur, montre-moi pourquoi tu me prends à partie. »

Quelle douce proposition qui sauve que celle-ci : « mais ce ne sera pas pour toujours ! » La punition du péché est éternelle, mais le châtiment paternel de ce péché dans un enfant de Dieu n’est que pour une saison. La maladie, la pauvreté, l’abattement de l’esprit passeront quand ils auront produit leur effet voulu. Souviens-toi que nous ne sommes pas sous la loi, mais sous la grâce. La verge peut nous cuire, mais l’épée ne nous fera pas mourir. Notre chagrin présent est destiné à nous amener à la repentance, afin que nous ne soyons pas détruits avec les méchants.

15 août

LA GARANTIE D’UN NOM

« Et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. » Jean 14:13

Ce n’est pas tout croyant qui a encore appris à prier au nom de Christ. Demander non seulement pour l’amour de lui, mais en son nom, comme autorisé par lui, est un haut ordre de prière. Nous n’oserions pas demander certaines choses en ce nom béni, car ce serait une misérable profanation de ce nom ; mais quand la requête est si clairement juste que nous osons y attacher le nom de Jésus, alors elle doit être accordée.

La prière est d’autant plus sûre de réussir qu’elle est pour la gloire du Père par le Fils. Elle glorifie sa vérité, sa fidélité, sa puissance, sa grâce. L’exaucement de la prière, quand elle est offerte au nom de Jésus, révèle l’amour du Père pour lui, et l’honneur qu’il lui a conféré. La gloire de Jésus et celle du Père sont si intimement liées que la grâce qui magnifie l’une magnifie l’autre. Le canal est rendu célèbre par la plénitude de la source, et la source est honorée par le canal qui la fait couler. Si l’exaucement de nos prières devait déshonorer notre Seigneur, nous ne prierions pas ; mais puisqu’en cela il est glorifié, nous prierons sans cesse en ce nom si cher où Dieu et son peuple ont une communion de délices.

16 août

DÉCOUVRIR ET CONFESSER LE PÉCHÉ

« Celui qui cache ses transgressions ne prospère point, mais celui qui les avoue et les délaisse obtient miséricorde. » Proverbes 28:13

Voici la voie de la miséricorde pour un pécheur coupable et repentant. Il doit cesser d’avoir l’habitude de couvrir son péché. On tente de le faire par le mensonge, qui nie le péché ; par l’hypocrisie, qui le cache ; par la vantardise, qui le justifie ; et par la haute profession, qui cherche à le racheter.

L’affaire du pécheur est de confesser et de délaisser. Les deux doivent aller ensemble. La confession doit être faite honnêtement au Seigneur lui-même ; et elle doit renfermer en elle-même la reconnaissance du tort, le sentiment de son mal, et l’horreur qu’on en a. Nous ne devons pas rejeter la faute sur autrui, ni accuser les circonstances, ni alléguer la faiblesse naturelle. Nous devons en faire l’aveu franc, et nous reconnaître coupables de l’accusation. Il ne peut y avoir de miséricorde avant que cela soit fait.

De plus, nous devons délaisser le mal : ayant reconnu notre faute, nous devons renoncer à toute intention présente et future d’y demeurer. Nous ne pouvons rester dans la rébellion et pourtant habiter avec Sa Majesté le Roi. L’habitude du mal doit être quittée, avec tous les lieux, les compagnons, les occupations et les livres qui pourraient nous égarer. Ce n’est pas à cause de la confession, ni à cause de la réforme, mais en liaison avec elles, que nous trouvons le pardon par la foi au sang de Jésus.

17 août

QUI A LA MAJORITÉ ?

« Il répondit : Ne crains point, car ceux qui sont avec nous sont en plus grand nombre que ceux qui sont avec eux. » 2 Rois 6:16

Des chevaux et des chars, et une grande armée, tenaient le prophète enfermé dans Dothan. Son jeune serviteur était alarmé. Comment échapper à un tel corps de gens armés ? Mais le prophète avait des yeux que son serviteur n’avait pas, et il pouvait voir une armée plus grande, aux armes bien supérieures, qui le gardait de tout mal. Des chevaux de feu sont plus puissants que des chevaux de chair, et des chars de feu sont bien préférables à des chars de fer.

Il en est de même à cette heure. Les adversaires de la vérité sont nombreux, influents, savants et rusés ; et la vérité se trouve mal entre leurs mains ; et pourtant l’homme de Dieu n’a nul sujet de trembler. Des agences, visibles et invisibles, de l’espèce la plus puissante, sont du côté de la justice. Dieu a des armées en embuscade qui se révéleront à l’heure du besoin. Les forces qui sont du côté du bien et du vrai l’emportent de beaucoup sur les puissances du mal. C’est pourquoi gardons bon courage, et marchons de l’allure d’hommes qui possèdent un secret réconfortant, lequel les a élevés au-dessus de toute crainte. Nous sommes du côté qui gagne. La bataille peut être rude, mais nous savons comment elle finira. La foi, ayant Dieu avec elle, est en nette majorité : « Ceux qui sont avec nous sont en plus grand nombre que ceux qui sont avec eux. »

18 août

QUI CHERCHE TROUVE

« Si tu le cherches, il se laissera trouver par toi. » 1 Chroniques 28:9

Nous avons besoin de notre Dieu ; il est à trouver pour qui le cherche ; et il ne se refusera à aucun de nous si nous cherchons personnellement sa face. Il n’est pas dit : si tu le mérites, ou si tu achètes sa faveur, mais simplement si tu le « cherches ». Ceux qui connaissent déjà le Seigneur doivent continuer à chercher sa face par la prière, par un service diligent, et par une sainte reconnaissance : à ceux-là il ne refusera ni sa faveur ni sa communion. Ceux qui, jusqu’ici, ne l’ont pas connu pour le repos de leur âme devraient commencer aussitôt à le chercher, et ne jamais cesser avant de le trouver comme leur Sauveur, leur Ami, leur Père et leur Dieu.

Quelle forte assurance cette promesse donne à celui qui cherche ! « Celui qui cherche trouve. » Toi, oui toi, si tu cherches ton Dieu, tu le trouveras. Quand tu l’auras trouvé, tu auras trouvé la vie, le pardon, la sanctification, la préservation et la gloire. Ne chercheras-tu pas, et ne chercheras-tu pas sans relâche, puisque tu ne chercheras pas en vain ? Cher ami, cherche le Seigneur tout de suite. Ici est le lieu, et maintenant est le temps. Plie ce genou raide ; oui, plie ce cou plus raide encore, et crie vers Dieu, vers le Dieu vivant. Au nom de Jésus, cherche la purification et la justification. Tu ne seras pas éconduit. Voici le témoignage de David à son fils Salomon, et c’est aussi le témoignage personnel de l’auteur à son lecteur. Crois-le et agis en conséquence, pour l’amour de Christ.

19 août

UNE RÉCOMPENSE POUR LE JUSTE

« Et les hommes diront : Oui, il est une récompense pour le juste ; oui, il est un Dieu qui juge sur la terre. » Psaume 58:12

Les jugements de Dieu en cette vie ne sont pas toujours clairement visibles, car, en bien des cas, un même sort arrive à tous. C’est ici l’état d’épreuve, non de punition ni de récompense. Pourtant, par moments, Dieu opère des choses terribles dans la justice, et même les insouciants sont contraints de reconnaître sa main.

Même en cette vie, la justice a cette sorte de récompense qu’elle préfère à toute autre, savoir le sourire de Dieu, qui crée une conscience paisible. Parfois d’autres récompenses suivent, car Dieu ne veut être le débiteur de personne. Mais, en même temps, la principale récompense du juste est dans l’au-delà.

Cependant, à grande échelle, nous marquons la présence du grand Souverain parmi les nations. Il met en pièces les trônes oppresseurs, et punit les peuples coupables. Nul ne peut étudier l’histoire de la montée et de la chute des empires sans percevoir qu’il est une puissance qui œuvre pour la justice, et qui, à la fin, traduit l’iniquité à sa barre, et la condamne d’une justice sans ménagement. Le péché ne demeurera pas impuni, et la bonté ne restera pas sans récompense. Le Juge de toute la terre doit faire ce qui est droit. C’est pourquoi craignons devant lui, et ne redoutons plus la puissance des méchants.

20 août

UNE DÉLIVRANCE SANS LIMITE

« Six fois il te délivrera de l’angoisse, et sept fois le mal ne t’atteindra pas. » Job 5:19

Éliphaz, en cela, dit la vérité de Dieu. Nous pouvons avoir autant d’épreuves qu’il y a de jours ouvrables dans la semaine, mais le Dieu qui a œuvré durant ces six jours œuvrera pour nous jusqu’à ce que notre délivrance soit complète. Nous nous reposerons avec lui, et en lui, en notre sabbat. La rapide succession des épreuves est l’un des plus rudes tests de la foi. Avant que nous soyons remis d’un coup, il en vient un autre, puis un autre, jusqu’à nous faire chanceler. Pourtant, la succession tout aussi rapide des délivrances est extrêmement réconfortante. De nouveaux chants sont forgés sur l’enclume par le marteau de l’affliction. Notre confiance, c’est que, lorsque le Seigneur fait nos épreuves au nombre de six, six elles seront, et pas davantage.

Il se peut que nous n’ayons aucun jour de repos, car sept épreuves viennent sur nous. Qu’importe ? « Sept fois le mal ne t’atteindra pas. » Le mal pourra rugir contre nous, mais il sera tenu à plus d’une longueur de bras, et ne nous touchera même pas. Son souffle brûlant pourra nous accabler, mais son petit doigt ne pourra se poser sur nous.

Les reins ceints, nous irons au-devant des six ou des sept épreuves, et laisserons la crainte à ceux qui n’ont ni Père, ni Sauveur, ni Sanctificateur.

21 août

NUIT DE LARMES ; JOUR DE JOIE

« Car sa colère dure un instant, mais sa grâce toute la vie ; le soir arrivent les pleurs, et le matin l’allégresse. » Psaume 30:6

Un instant sous la colère de notre Père semble bien long, et pourtant ce n’est qu’un instant après tout. Si nous attristons son Esprit, nous ne pouvons attendre son sourire ; mais il est un Dieu prompt à pardonner, et il écarte bientôt tout souvenir de nos fautes. Quand nous défaillons et sommes prêts à mourir à cause de son froncement de sourcils, sa faveur met en nous une vie nouvelle.

Ce verset a une autre note du genre de la double croche. Notre nuit de larmes se change bientôt en un jour de joie. La brièveté est la marque de la miséricorde à l’heure du châtiment des croyants. Le Seigneur n’aime pas user de la verge sur ses élus ; il donne un coup ou deux, et tout est fini ; oui, et la vie et la joie qui suivent la colère et les larmes compensent plus qu’assez la salutaire tristesse.

Viens, mon cœur, commence tes alléluias ! Ne pleure pas toute la nuit, mais essuie tes yeux dans l’attente du matin. Ces larmes sont des rosées qui nous veulent autant de bien que les rayons de soleil du lendemain. Les larmes éclaircissent les yeux pour la vue de Dieu dans sa grâce, et rendent plus précieuse la vision de sa faveur. Une nuit de tristesse fournit ces ombres du tableau par lesquelles les clartés ressortent avec netteté. Tout est bien.

22 août

LA COLÈRE À LA GLOIRE DE DIEU

« L’homme te célèbre même dans sa fureur, quand tu te revêts de tout ton courroux. » Psaume 76:11

Les méchants seront pleins de colère. Leur courroux, nous devons le supporter comme l’insigne de notre vocation, le signe de notre séparation d’avec eux : si nous étions du monde, le monde aimerait ce qui est à lui. Notre consolation, c’est que la colère de l’homme sera amenée à rejaillir à la gloire de Dieu. Quand, dans leur fureur, les méchants crucifièrent le Fils de Dieu, ils accomplissaient sans le savoir le dessein divin ; et, en mille cas, l’obstination des impies fait de même. Ils se croient libres, mais, comme des forçats enchaînés, ils exécutent sans le savoir les décrets du Tout-Puissant.

Les machinations des méchants sont dirigées vers leur propre défaite. Ils agissent d’une façon suicidaire, et déjouent leurs propres complots. Rien ne sortira de leur courroux qui puisse nous faire un mal réel. Quand ils brûlaient les martyrs, la fumée qui s’élevait du bûcher écœurait les hommes de la papauté plus que toute autre chose.

Cependant, le Seigneur a une muselière et une chaîne pour les ours. Il retient la fureur la plus déchaînée de l’ennemi. Il est comme un meunier qui retient la masse de l’eau dans le courant, et ce qu’il en laisse couler, il l’emploie à faire tourner sa roue. Ne soupirons pas, mais chantons. Tout est bien, si fort que souffle le vent.

23 août

AIMER ET CHERCHER LA VRAIE SAGESSE

« J’aime ceux qui m’aiment, et ceux qui me cherchent me trouvent. » Proverbes 8:17

La sagesse aime ceux qui l’aiment, et cherche ceux qui la cherchent. Il est déjà sage, celui qui cherche à être sage, et il a presque trouvé la sagesse, celui qui la cherche avec diligence. Ce qui est vrai de la sagesse en général l’est spécialement de la sagesse incarnée en notre Seigneur Jésus. Lui, nous devons l’aimer et le chercher, et, en retour, nous jouirons de son amour, et nous le trouverons lui-même.

Notre affaire est de chercher Jésus de bonne heure dans la vie. Heureux les jeunes dont le matin est passé avec Jésus ! Il n’est jamais trop tôt pour chercher le Seigneur Jésus. Ceux qui cherchent de bonne heure sont de sûrs trouveurs. Nous devons le chercher de bonne heure par la diligence. Les commerçants prospères se lèvent tôt, et les saints prospères cherchent Jésus avec ardeur. Ceux qui trouvent Jésus pour leur enrichissement donnent tout leur cœur à le chercher. Nous devons le chercher en premier, et ainsi tout au plus tôt. Par-dessus tout, Jésus. Jésus d’abord, et rien d’autre, fût-ce même un mauvais second.

La bénédiction, c’est qu’il sera trouvé. Il se révèle de plus en plus clairement à notre recherche. Il se livre de plus en plus pleinement à notre communion. Heureux les hommes qui cherchent Celui qui, une fois trouvé, demeure avec eux à jamais, trésor de plus en plus précieux à leurs cœurs et à leurs intelligences.

Seigneur Jésus, je t’ai trouvé ; sois trouvé de moi jusqu’à un indicible degré de joyeuse satisfaction.

24 août

DIEU AU-DESSUS DE LA PHILOSOPHIE HUMAINE

« Je détruirai la sagesse des sages, et j’anéantirai l’intelligence des intelligents. » 1 Corinthiens 1:19

Ce verset est une menace en ce qui concerne les sages selon le monde, mais pour le simple croyant, c’est une promesse. Les prétendus savants s’efforcent sans cesse d’anéantir la foi de l’humble croyant, mais ils échouent dans leurs tentatives. Leurs arguments s’effondrent, leurs théories croulent sous leur propre poids, leurs complots savamment ourdis se trahissent eux-mêmes avant que leur but soit atteint. Le vieil Évangile n’est pas encore éteint, et il ne le sera pas tant que le Seigneur vivra. S’il avait pu être exterminé, il aurait péri de dessus la terre depuis longtemps.

Nous ne pouvons détruire la sagesse des sages, et nous n’avons pas non plus à le tenter, car l’œuvre est en de bien meilleures mains. Le Seigneur lui-même dit : « Je », et jamais il ne se résout en vain. Deux fois, dans ce verset, il déclare son dessein, et nous pouvons tenir pour assuré qu’il ne s’en détournera pas.

Quelle nette besogne le Seigneur fait de la philosophie et de la « pensée moderne » quand il y met la main ! Il rabaisse à néant leur belle apparence ; il détruit entièrement le bois, le foin et le chaume. Il est écrit qu’il en sera ainsi, et ainsi il en sera. Seigneur, fais-en promptement l’affaire. Amen, et amen.

25 août

NOURRITURE ET REPOS

« C’est moi qui ferai paître mes brebis, c’est moi qui les ferai reposer, dit le Seigneur, l’Éternel. » Ézéchiel 34:15

Sous la houlette divine, les saints sont nourris à satiété. Leur pâture n’est pas un mets creux et insatisfaisant de simple « pensée » humaine ; mais le Seigneur les nourrit de la solide et substantielle vérité de la révélation divine. Il y a un aliment réel pour l’âme dans l’Écriture, appliquée au cœur par le Saint-Esprit. Jésus lui-même est la vraie Nourriture qui soutient la vie des croyants. Ici, notre grand Berger promet qu’une telle nourriture sacrée nous sera donnée par lui-même. Si, au jour du Seigneur, notre berger terrestre a les mains vides, le Seigneur, lui, ne les a pas.

Quand l’esprit est rempli de la sainte vérité, il se repose. Ceux que l’Éternel nourrit sont en paix. Nul chien ne les tourmentera, nul loup ne les dévorera, nulles inclinations agitées ne les troubleront. Ils se coucheront et digéreront la nourriture dont ils ont joui. Les doctrines de la grâce ne sont pas seulement fortifiantes, mais consolantes : en elles nous avons de quoi nous édifier et nous coucher. Si les prédicateurs ne nous donnent pas le repos, cherchons-le auprès du Seigneur.

Ce jour, puisse le Seigneur nous faire paître dans les pâturages de la Parole, et nous y faire reposer. Que nulle folie et nul souci, mais la Méditation et la Paix, marquent ce jour.

26 août

CELUI QUI A LA CONSCIENCE DÉLICATE

« Je jugerai entre brebis et brebis. » Ézéchiel 34:22

Quelques-unes sont grasses et florissantes, et c’est pourquoi elles se montrent dures envers les faibles. C’est là un grave péché, qui cause bien du chagrin. Ces coups de flanc et d’épaule, ces coups de corne donnés aux malades, sont un triste sujet d’offense dans les assemblées de ceux qui professent la foi. Le Seigneur prend note de ces actes orgueilleux et méchants, et il en est grandement irrité, car il aime les faibles.

Le lecteur est-il l’un des méprisés ? Est-il un affligé dans Sion, un homme marqué à cause de sa conscience délicate ? Ses frères le jugent-ils durement ? Qu’il ne s’irrite pas de leur conduite ; surtout, qu’il ne pousse ni ne heurte à son tour. Qu’il laisse l’affaire entre les mains du Seigneur. C’est lui le Juge. Pourquoi voudrions-nous empiéter sur son office ? Il tranchera bien plus justement que nous ne le pouvons. Son temps pour le jugement est le meilleur, et nous n’avons pas besoin de nous presser de le hâter.

Que l’oppresseur au cœur dur tremble. Quoiqu’il puisse, pour le présent, écraser les autres en toute impunité, tous ses discours orgueilleux sont notés, et de chacun d’eux il devra rendre compte devant la barre du grand Juge.

Patience, mon âme ! Patience ! Le Seigneur connaît ton chagrin. Ton Jésus a pitié de toi !

27 août

DES HOMMES DE CHOIX

« Je t’ai choisi dans la fournaise de l’affliction. » Ésaïe 48:10

Voilà longtemps que cette devise est fixée devant nos yeux, sur le mur de notre chambre, et de bien des manières elle a aussi été écrite sur notre cœur. Ce n’est pas peu de chose que d’être choisi de Dieu. Le choix de Dieu fait des hommes choisis des hommes de choix. Mieux vaut être l’élu de Dieu que l’élu d’une nation tout entière. Ce privilège est si éminent que, quelque inconvénient qui puisse y être joint, nous l’acceptons très joyeusement, tout comme le Juif mangeait les herbes amères pour l’amour de l’Agneau pascal. Nous choisissons la fournaise, puisque c’est là que Dieu nous choisit.

Nous sommes choisis comme un peuple affligé, et non comme un peuple prospère ; choisis non dans le palais, mais dans la fournaise. Dans la fournaise, la beauté est gâtée, la parure est détruite, la force est fondue, la gloire est consumée, et pourtant c’est là que l’amour éternel révèle ses secrets et déclare son choix. Ainsi en a-t-il été dans notre cas. Aux temps de l’épreuve la plus sévère, Dieu nous a rendu claire notre vocation et notre élection, et nous l’avons rendue certaine : alors nous avons choisi le Seigneur pour être notre Dieu, et il a montré que nous sommes assurément ses élus. C’est pourquoi, si aujourd’hui la fournaise est chauffée sept fois plus qu’à l’ordinaire, nous ne la redouterons pas, car le glorieux Fils de Dieu marchera avec nous au milieu des charbons ardents.

28 août

HORS DE TOUTE CIRCONSTANCE

« Et moi, je crie à Dieu, et l’Éternel me sauvera. » Psaume 55:17

Oui, je dois prier, et je prierai. Que puis-je faire d’autre ? Que puis-je faire de mieux ? Trahi, délaissé, affligé, déjoué, ô mon Seigneur, je crierai vers toi. Mon Tsiklag est en cendres, et les hommes parlent de me lapider ; mais je fortifie mon cœur dans le Seigneur, qui me portera à travers cette épreuve comme il m’a porté à travers tant d’autres. L’Éternel me sauvera ; j’en suis sûr, et je déclare ma foi.

Le Seigneur, et nul autre, me sauvera. Je ne désire aucun autre secours, et je ne me confierais pas en un bras de chair, le pourrais-je. Je crierai vers lui le soir, le matin et à midi, et je ne crierai vers nul autre, car il se suffit à tout.

Comment il me sauvera, je ne puis le deviner ; mais il le fera, je le sais. Il le fera de la meilleure et de la plus sûre manière, et il le fera dans le sens le plus large, le plus vrai et le plus plein. Hors de cette détresse et de toutes les détresses à venir, le grand JE SUIS me tirera, aussi sûrement qu’il vit ; et quand la mort viendra, et que tous les mystères de l’éternité s’ensuivront, cela encore sera vrai : « l’Éternel me sauvera. » Ce sera là mon chant tout au long de ce jour d’automne. N’est-ce pas comme une pomme mûre de l’arbre de vie ? Je m’en nourrirai. Que c’est doux à mon goût !

29 août

UN RAFRAÎCHISSEMENT ABONDANT

« Leur âme sera comme un jardin arrosé. » Jérémie 31:12

Oh ! avoir son âme sous la culture céleste ; non plus un désert, mais un jardin du Seigneur ! Enclose loin de la terre inculte, entourée d’une muraille par la grâce, plantée par l’instruction, visitée par l’amour, sarclée par la discipline céleste, et gardée par la puissance divine, l’âme ainsi favorisée est préparée à porter du fruit au Seigneur.

Mais un jardin peut se dessécher faute d’eau, et alors toutes ses herbes languissent et sont prêtes à mourir. Ô mon âme, combien vite il en serait ainsi si le Seigneur venait à te quitter ! En Orient, un jardin sans eau cesse bientôt d’être un jardin : rien ne peut y venir à perfection, y croître, ni même y vivre. Quand l’irrigation est entretenue, le résultat est charmant. Oh ! avoir son âme arrosée par le Saint-Esprit d’une manière constante — chaque partie du jardin ayant son propre ruisseau ; abondamment — un rafraîchissement suffisant venant à chaque arbre et à chaque herbe, si assoiffés qu’ils soient par nature ; continuellement — chaque heure apportant non seulement sa chaleur, mais son rafraîchissement ; sagement — chaque plante recevant juste ce dont elle a besoin. Dans un jardin, on peut voir à la verdure où l’eau coule, et l’on s’aperçoit vite quand l’Esprit de Dieu vient.

Ô Seigneur, arrose-moi aujourd’hui, et fais-moi te rendre une pleine récompense, pour l’amour de Jésus. Amen.

30 août

CONSOLATION, SÉCURITÉ, SATISFACTION

« N’en est-il pas ainsi de ma maison devant Dieu, puisqu’il a fait avec moi une alliance éternelle, en tous points bien réglée et offrant pleine sécurité ? Ne fera-t-il pas germer tout mon salut et tous mes désirs ? » 2 Samuel 23:5

Ce n’est pas tant une seule promesse qu’un ensemble de promesses — un écrin de perles. L’alliance est l’arche qui contient toutes choses.

Ce sont là les dernières paroles de David, mais elles peuvent être les miennes aujourd’hui. Voici un soupir : les choses ne sont pas, pour moi et les miens, comme je le souhaiterais ; il y a des épreuves, des soucis et des péchés. Ceux-là rendent l’oreiller dur.

Voici une consolation : « il a fait avec moi une alliance éternelle ». L’Éternel s’est engagé envers moi, et a scellé le pacte du sang de Jésus. Je suis lié à mon Dieu, et mon Dieu à moi.

Cela met en relief une sécurité, puisque cette alliance est éternelle, en tous points bien réglée et offrant pleine sécurité. Il n’y a rien à craindre de l’écoulement du temps, de la défaillance de quelque point oublié, ni de l’incertitude naturelle des choses. L’alliance est un fondement de roc où bâtir pour la vie ou pour la mort.

David éprouve de la satisfaction : il ne veut rien de plus pour le salut ou la délectation. Il est délivré, et il est ravi. L’alliance est tout ce qu’un homme peut désirer.

Ô mon âme, tourne-toi ce jour vers ton Seigneur Jésus, que le grand Seigneur a donné pour être une alliance au peuple. Prends-le pour être ton tout en tout.

31 août

DIVIN, TOUJOURS VIVANT, IMMUABLE

« Mais la parole du Seigneur demeure éternellement. Et cette parole est celle qui vous a été annoncée par l’Évangile. » 1 Pierre 1:25

Tout enseignement humain, et, à vrai dire, tous les êtres humains, passeront comme l’herbe de la prairie ; mais il nous est ici assuré que la Parole du Seigneur est d’un tout autre caractère, car elle demeurera éternellement.

Nous avons ici un Évangile divin ; car quelle parole peut demeurer éternellement, sinon celle qui est prononcée par le Dieu éternel ?

Nous avons ici un Évangile toujours vivant, aussi plein de vitalité que lorsqu’il sortit pour la première fois des lèvres de Dieu ; aussi puissant pour convaincre et convertir, pour régénérer et consoler, pour soutenir et sanctifier, qu’il le fut jamais en ses premiers jours de prodiges.

Nous avons un Évangile immuable, qui n’est pas herbe verte aujourd’hui et foin sec demain, mais toujours la vérité permanente de l’immuable Éternel. Les opinions changent, mais la vérité attestée par Dieu ne peut pas plus changer que le Dieu qui l’a prononcée.

Ici donc, nous avons un Évangile où nous réjouir, une parole du Seigneur sur laquelle nous pouvons appuyer tout notre poids. « Éternellement » comprend la vie, la mort, le jugement et l’éternité. Gloire soit à Dieu en Christ Jésus pour une consolation éternelle. Nourris-toi de la parole aujourd’hui, et tous les jours de ta vie.

Sommaire

Le carnet de chèques de la banque de la foi Charles H. Spurgeon

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