Le carnet de chèques de la banque de la foi ·Le mois de septembre

Chapitre 10 · 40 min de lecture

Le mois de septembre

1er septembre

DEMEURER DANS L’OBÉISSANCE, DANS L’AMOUR

« Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour » Jean 15:10

Ces deux choses ne peuvent être séparées : demeurer dans l’obéissance et demeurer dans l’amour de Jésus. Seule une vie soumise à l’autorité de Christ peut prouver que nous sommes l’objet des délices de notre Seigneur. Il nous faut garder le commandement de notre Seigneur si nous voulons nous réchauffer à son amour. Si nous vivons dans le péché, nous ne pouvons vivre dans l’amour de Christ. Sans la sainteté qui plaît à Dieu, nous ne pouvons plaire à Jésus. Celui qui ne se soucie nullement de la sainteté ne connaît rien de l’amour de Jésus.

La jouissance consciente de l’amour de notre Seigneur est une chose délicate. Elle est bien plus sensible au péché et à la sainteté que le mercure ne l’est au froid et au chaud. Lorsque nous avons le cœur tendre et que nous veillons, dans la pensée, la parole et la vie, à honorer notre Seigneur Jésus, alors nous recevons sans nombre les gages de son amour. Si nous désirons perpétuer une telle félicité, il nous faut perpétuer la sainteté. Le Seigneur Jésus ne nous cachera pas sa face, à moins que nous ne lui cachions la nôtre. Le péché forme le nuage qui obscurcit notre Soleil : si nous voulons être vigilants dans l’obéissance et pleinement consacrés, nous pourrons marcher dans la lumière, comme Dieu est dans la lumière, et demeurer dans l’amour de Jésus aussi sûrement que Jésus demeure dans l’amour du Père. Voici une douce promesse assortie d’un solennel « si ». Seigneur, mets ce « si » entre mes mains, car il est la clé qui ouvre ce coffret.

2 septembre

S’ATTACHER À CONNAÎTRE

« Connaissons, cherchons à connaître l’Éternel » Osée 6:3

Ce n’est pas d’un seul coup, mais par degrés, que nous parviendrons à la sainte connaissance ; et notre tâche est de persévérer et d’apprendre peu à peu. Nous n’avons pas à désespérer, si lents que soient nos progrès, car nous finirons par connaître. Le Seigneur, qui est devenu notre Maître, ne nous abandonnera pas, si lents que nous soyons à comprendre ; car il n’est pas à son honneur qu’un degré quelconque de folie humaine déjoue son habileté. Le Seigneur prend plaisir à rendre sages les simples.

Notre devoir est de nous en tenir à l’essentiel et de nous attacher à connaître, non pas telle ou telle doctrine particulière, mais l’Éternel lui-même. Connaître le Père, le Fils et l’Esprit, le Dieu trois fois saint, voilà la vie éternelle : tenons-nous-en à cela, car ainsi nous recevrons un enseignement complet. En nous attachant à connaître le Seigneur, nous apprenons la guérison après le déchirement, le pansement après le coup, et la vie après la mort. L’expérience atteint son œuvre parfaite lorsque le cœur suit le sentier du Seigneur tout-puissant.

Mon âme, demeure tout près de Jésus, attache-toi à connaître Dieu en Jésus, et tu parviendras ainsi à la connaissance de Christ, qui est la plus excellente de toutes les sciences. Le Saint-Esprit te conduira dans toute la vérité. N’est-ce pas là son gracieux office ? Compte sur lui pour l’accomplir.

3 septembre

HORS DE LA MORT SPIRITUELLE

« Et vous saurez que je suis l’Éternel, lorsque j’ouvrirai vos sépulcres, et que je vous ferai sortir de vos sépulcres, ô mon peuple! » Ézéchiel 37:13

Il ne peut en être autrement : ceux qui reçoivent la vie d’entre les morts reconnaissent à coup sûr la main du Seigneur dans une telle résurrection. C’est là le plus grand et le plus remarquable de tous les changements qu’un homme puisse subir : être tiré du sépulcre de la mort spirituelle et amené à se réjouir dans la lumière et la liberté de la vie spirituelle. Nul ne pouvait accomplir cela, sinon le Dieu vivant, le Seigneur qui donne la vie.

Ah ! comme je me souviens du temps où je gisais dans la vallée pleine d’ossements desséchés, aussi desséché qu’aucun d’eux ! Béni soit le jour où la grâce libre et souveraine envoya l’homme de Dieu prophétiser sur moi ! Gloire soit à Dieu pour le frémissement que cette parole de foi produisit parmi les ossements desséchés. Plus béni encore fut ce souffle céleste venu des quatre vents, qui me fit vivre ! Maintenant, je connais l’Esprit vivifiant de l’Éternel éternellement vivant. Vraiment, l’Éternel est le Dieu vivant, car il m’a fait vivre. Ma vie nouvelle, jusque dans ses langueurs et ses tristesses, m’est une preuve manifeste que le Seigneur peut faire mourir et faire vivre. Il est le seul Dieu. Il est tout ce qui est grand, gracieux et glorieux, et mon âme vivifiée l’adore comme le grand JE SUIS. Toute la gloire soit à son saint nom ! Aussi longtemps que je vivrai, je le louerai.

4 septembre

LA VICTOIRE SANS COMBAT

« Mais j’aurai pitié de la maison de Juda; je les sauverai par l’Éternel, leur Dieu, et je ne les sauverai ni par l’arc, ni par l’épée, ni par les combats, ni par les chevaux, ni par les cavaliers » Osée 1:7

Précieuse parole ! L’Éternel lui-même délivrera son peuple dans la grandeur de sa miséricorde, mais il ne le fera pas par les moyens ordinaires. Les hommes sont lents à rendre à Dieu la gloire due à son nom. S’ils partent au combat avec l’épée et l’arc et qu’ils remportent la victoire, ils devraient louer leur Dieu ; or ils ne le font pas, mais se mettent à exalter leur propre bras et à se glorifier de leurs chevaux et de leurs cavaliers. C’est pourquoi notre Éternel décide souvent de sauver son peuple sans moyens seconds, afin que tout l’honneur revienne à lui seul.

Tourne-toi donc, mon cœur, vers le Seigneur seul, et non vers l’homme. Attends-toi à voir Dieu d’autant plus clairement qu’il n’y a personne d’autre vers qui regarder. Si je n’ai ni ami, ni conseiller, ni personne pour me soutenir, que je ne sois pas moins confiant, dès lors que je puis sentir que le Seigneur lui-même est de mon côté ; oui, que je me réjouisse s’il donne la victoire sans combat, comme le texte semble le suggérer. Pourquoi demanderais-je des chevaux et des cavaliers, si l’Éternel lui-même a pitié de moi et lève son bras pour ma défense ? À quoi me serviraient l’arc ou l’épée, si Dieu veut sauver ? Que je me confie, et que je sois sans crainte, dès ce jour et à jamais. Amen.

5 septembre

AVEC MOI PARTOUT OÙ JE SUIS

« l’Éternel sera avec vous » 2 Chroniques 20:17

Ce fut une grande miséricorde pour Josaphat, car une grande multitude s’était levée contre lui ; et ce sera une grande miséricorde pour moi, car j’ai un grand besoin, et je n’ai ni force ni sagesse. Si le Seigneur est avec moi, peu importe qui m’abandonne. Si le Seigneur est avec moi, je vaincrai dans le combat de la vie, et plus grandes seront mes épreuves, plus glorieuse sera ma victoire. Comment puis-je être assuré que le Seigneur est avec moi ?

Il est certainement avec moi si je suis avec lui. Si je me confie en sa fidélité, si je crois ses paroles et obéis à ses commandements, il est assurément avec moi. Si je suis du côté de Satan, Dieu est contre moi, et il ne peut en être autrement ; mais si je vis pour honorer Dieu, je puis être sûr qu’il m’honorera.

Je suis tout à fait certain que Dieu est avec moi si Jésus est mon unique et seul Sauveur. Si j’ai remis mon âme entre les mains du Fils unique de Dieu, je puis être sûr que le Père déploiera toute sa puissance pour me garder, afin que son Fils ne soit pas déshonoré.

Oh ! puissé-je avoir la foi de saisir le texte bref, mais si doux, de ce jour ! Ô Seigneur, accomplis cette parole envers ton serviteur ! Sois avec moi dans la maison, dans la rue, aux champs, à l’atelier, en compagnie et dans la solitude. Sois aussi avec tout ton peuple.

6 septembre

UN CŒUR AFFERMI

« Espère en l’Éternel! Fortifie-toi et que ton cœur s’affermisse! Espère en l’Éternel! » Psaume 27:14

Espère ! Espère ! Que ton attente soit tournée vers le Seigneur ! Il vaut la peine qu’on l’attende. Jamais il ne déçoit l’âme qui espère en lui.

Pendant que tu attends, garde le cœur vaillant. Attends-toi à une grande délivrance, et sois prêt à en louer Dieu.

La promesse qui doit te réjouir se trouve au milieu du verset : « que ton cœur s’affermisse. » Elle va droit au point où tu as besoin de secours. Si le cœur est sain, tout le reste du corps fonctionnera bien. Le cœur a besoin d’être apaisé et réconforté ; et l’un et l’autre viendront s’il est affermi. Un cœur vigoureux repose et se réjouit, et communique sa force à l’homme tout entier.

Nul autre ne peut atteindre cette urne secrète de la vie, le cœur, pour y verser la force. Lui seul, qui l’a fait, peut le rendre fort. Dieu est plein de force, et, par conséquent, il peut la communiquer à ceux qui en ont besoin. Oh ! sois vaillant ; car le Seigneur t’accordera sa force, et tu seras calme dans la tempête et joyeux dans la douleur.

Celui qui a tracé ces lignes peut écrire comme David : « Espère, oui, espère en l’Éternel. » Je le dis en vérité. Je sais par une longue et profonde expérience qu’il est bon pour moi d’espérer en l’Éternel.

7 septembre

LA PORTÉE DE LA GRÂCE TOUTE-PUISSANTE

« au lieu qu’on leur disait: Vous n’êtes pas mon peuple! On leur dira: Fils du Dieu vivant! » Osée 2:1

La grâce souveraine peut faire des étrangers des fils ; et le Seigneur déclare ici son dessein d’agir ainsi envers des rebelles, et de leur faire connaître ce qu’il a fait. Bien-aimé lecteur, le Seigneur l’a fait dans mon cas ; l’a-t-il fait de même pour toi ? Alors, joignons nos mains et nos cœurs pour louer son nom adorable.

Certains d’entre nous étaient si résolument impies que la Parole du Seigneur disait très véritablement à notre conscience et à notre cœur : « Vous n’êtes pas mon peuple. » Dans la maison de Dieu, comme dans nos propres foyers, lorsque nous lisions la Bible, c’était la voix de l’Esprit de Dieu dans notre âme : « Vous n’êtes pas mon peuple. » C’était vraiment une voix triste et condamnatrice. Mais maintenant, dans les mêmes lieux, par le même ministère et la même Écriture, nous entendons une voix qui dit : « Fils du Dieu vivant. » Pouvons-nous en être assez reconnaissants ? N’est-ce pas admirable ? Cela ne nous donne-t-il pas de l’espérance pour d’autres ? Qui donc est hors de la portée de la grâce toute-puissante ? Comment désespérer de quiconque, puisque le Seigneur a opéré en nous un changement si merveilleux ?

Celui qui a tenu cette seule grande promesse tiendra toutes les autres ; c’est pourquoi, avançons avec des chants d’adoration et de confiance.

8 septembre

BRISÉ ET FUMANT

« Il ne brisera point le roseau cassé, Et il n’éteindra point la mèche qui brûle encore » Ésaïe 42:3

Je puis donc compter sur un traitement plein de tendresse de la part de mon Seigneur. En vérité, je me sens tout au plus aussi faible, aussi ployable, aussi sans valeur qu’un roseau. Quelqu’un a dit : « Je ne fais aucun cas de toi », et le propos, quoique dur, n’était pas sans vérité. Hélas ! je suis pire qu’un roseau lorsqu’il croît au bord du fleuve, car celui-là du moins peut tenir la tête droite. Je suis brisé, cruellement, tristement brisé. Il n’y a plus de musique en moi ; il y a une fêlure qui laisse échapper toute la mélodie. Ah ! Et pourtant Jésus ne me brisera pas ; et s’il ne me brise pas, alors peu m’importe ce que d’autres tentent de faire. Ô doux et compatissant Seigneur, je me blottis sous ta protection et j’oublie mes meurtrissures !

En vérité, je puis aussi être comparé à « la mèche qui fume », dont la lumière est éteinte, et dont il ne reste que la fumée. Je crains d’être plutôt une nuisance qu’un bienfait. Mes craintes me disent que le diable a soufflé ma lumière et m’a laissé une fumée importune, et que mon Seigneur ne tardera pas à m’étouffer sous un éteignoir. Pourtant, je remarque que s’il y avait des mouchettes sous la loi, il n’y avait point d’éteignoirs ; et Jésus ne m’éteindra pas ; c’est pourquoi je garde l’espérance. Seigneur, rallume-moi à neuf, et fais-moi resplendir pour ta gloire et pour l’exaltation de ta tendresse.

9 septembre

LA CRAINTE A SA PLACE

« Heureux l’homme qui est continuellement dans la crainte! » Proverbes 28:14

La crainte de l’Éternel est le commencement et le fondement de toute vraie religion. Sans un respect solennel et une révérence envers Dieu, il n’y a point d’appui pour les vertus plus éclatantes. Celui dont l’âme n’adore pas ne vivra jamais dans la sainteté.

Heureux celui qui éprouve une crainte jalouse de mal agir. La sainte crainte regarde non seulement avant de sauter, mais avant même de bouger. Elle redoute l’erreur, elle redoute de négliger son devoir, elle redoute de commettre le péché. Elle craint la mauvaise compagnie, les propos légers et les compromis douteux. Cela ne rend pas l’homme misérable, mais lui apporte le bonheur. La sentinelle vigilante est plus heureuse que le soldat qui dort à son poste. Celui qui prévoit le mal et lui échappe est plus heureux que celui qui marche à l’étourdie et se perd.

La crainte de Dieu est une grâce paisible qui conduit l’homme sur une route de choix, dont il est écrit : « Sur cette route, point de lion ; nulle bête féroce ne la prendra. » La crainte de la moindre apparence du mal est un principe purificateur qui permet à l’homme, par la puissance du Saint-Esprit, de garder ses vêtements sans tache au milieu du monde. Dans les deux sens, celui qui « est continuellement dans la crainte » est rendu heureux. Salomon avait éprouvé et la mondanité et la sainte crainte : dans l’une il trouva la vanité, dans l’autre le bonheur. Ne répétons pas son épreuve, mais tenons-nous-en à son verdict.

10 septembre

L’ENTRÉE ; LA SORTIE

« Tu seras béni à ton arrivée, et tu seras béni à ton départ » Deutéronome 28:6

Les bénédictions de la loi ne sont pas annulées. Jésus a confirmé la promesse lorsqu’il en a porté la peine. Si je garde les commandements de mon Seigneur, je puis m’approprier cette promesse sans hésitation.

Aujourd’hui, j’entrerai dans ma maison sans crainte de mauvaises nouvelles, et j’entrerai dans mon cabinet en m’attendant à entendre de bonnes nouvelles de mon Seigneur. Je ne craindrai pas d’entrer en moi-même par l’examen de conscience, ni d’entrer dans mes affaires par une inspection diligente de mes occupations. J’ai bien du travail à faire au-dedans, dans ma propre âme ; oh ! qu’une bénédiction repose sur tout cela, la bénédiction du Seigneur Jésus, qui a promis de demeurer avec moi.

Il me faut aussi sortir. La timidité me fait souhaiter de pouvoir rester au logis et de ne jamais plus retourner dans le monde pécheur. Mais il me faut sortir pour ma vocation, et il me faut sortir pour être secourable à mes frères et utile aux impies. Je dois défendre la foi et attaquer le mal. Oh ! qu’une bénédiction repose sur ma sortie de ce jour ! Seigneur, laisse-moi aller où tu me conduis, à tes ordres, sous ton commandement et dans la puissance de ton Esprit.

Seigneur Jésus, entre chez moi et sois mon hôte ; puis sors avec moi, et fais brûler mon cœur pendant que tu me parles en chemin.

11 septembre

CEUX QUI SOUFFRENT FONT DE FORTS CROYANTS

« Il est bon pour l’homme De porter le joug dans sa jeunesse » Lamentations 3:27

Ceci vaut bien une promesse. Il a été bon, il est bon, et il sera bon pour moi de porter le joug.

Tôt dans la vie, il me fallut sentir le poids de la conviction du péché, et depuis lors ce fardeau s’est révélé un enrichissement pour l’âme. Aurais-je autant aimé l’Évangile si je n’avais appris, par une profonde expérience, le besoin du salut par grâce ? Jaebets fut plus honoré que ses frères parce que sa mère l’avait enfanté dans la douleur ; et ceux qui souffrent beaucoup en naissant à Dieu deviennent de forts croyants en la grâce souveraine.

Le joug du blâme est pesant, mais il prépare un homme à un honneur futur. Il n’est pas apte à être chef, celui qui n’a pas essuyé les avanies du mépris. La louange enivre si elle n’est précédée de l’outrage. Les hommes qui s’élèvent sans lutte tombent d’ordinaire dans le déshonneur.

Le joug de l’affliction, de la déception et du labeur excessif n’est nullement à rechercher ; mais lorsque le Seigneur le pose sur nous dans notre jeunesse, il façonne souvent un caractère qui glorifie Dieu et bénit l’Église.

Viens, mon âme, courbe ta nuque ; prends ta croix. Cela te fut bon dans la jeunesse, cela ne te nuira pas maintenant. Pour l’amour de Jésus, charge-la joyeusement sur ton épaule.

12 septembre

ET MA MAISON ?

« Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et ta famille » Actes 16:31

Cet Évangile, offert à un homme le glaive sur la gorge, est l’Évangile qu’il me faut. Il me conviendrait si j’étais mourant, et il est tout ce dont j’ai besoin tant que je vis. Je détourne les yeux de moi-même, du péché et de toute idée de mérite personnel, et je me confie au Seigneur Jésus comme au Sauveur que Dieu a donné. Je crois en lui, je me repose sur lui, je l’accepte pour être mon tout en tous. Seigneur, je suis sauvé, et je serai sauvé pour toute l’éternité, car je crois en Jésus. Béni soit ton nom pour cela. Puissé-je prouver chaque jour, par ma vie, que je suis sauvé de l’égoisme, de la mondanité et de toute forme de mal.

Mais ces derniers mots concernant ma « famille » : Seigneur, je ne voudrais pas m’enfuir avec la moitié d’une promesse quand tu m’en donnes une entière. Je t’en supplie, sauve toute ma famille. Sauve les plus proches et les plus chers. Convertis les enfants, et les petits-enfants, si j’en ai. Fais grâce à mes serviteurs et à tous ceux qui demeurent sous mon toit ou qui travaillent pour moi. Tu me fais cette promesse à moi personnellement si je crois au Seigneur Jésus ; je t’en supplie, fais comme tu l’as dit.

Je voudrais parcourir chaque jour, dans ma prière, les noms de tous mes frères et sœurs, de mes parents, de mes enfants, de mes amis, de mes proches, de mes serviteurs, et ne te laisser aucun repos jusqu’à ce que cette parole soit accomplie : « toi et ta famille. »

13 septembre

LA ROSÉE DU CIEL

« son ciel distille la rosée » Deutéronome 33:28

Ce que la rosée est, en Orient, au monde de la nature, l’influence de l’Esprit l’est au domaine de la grâce. Combien j’en ai besoin ! Sans l’Esprit de Dieu, je suis une chose sèche et flétrie. Je languis, je me fane, je meurs. Comme cette rosée me rafraîchit avec douceur ! Une fois qu’elle m’est accordée, je me sens heureux, plein de vie, vigoureux, élevé. Je ne désire rien de plus. Le Saint-Esprit m’apporte la vie, et tout ce que la vie réclame. Tout le reste, sans la rosée de l’Esprit, m’est moins que rien : j’écoute, je lis, je prie, je chante, je vais à la table de la communion, et je n’y trouve aucune bénédiction jusqu’à ce que le Saint-Esprit me visite. Mais lorsqu’il me couvre de sa rosée, tout moyen de grâce m’est doux et profitable.

Quelle promesse pour moi que celle-ci : « Son ciel distille la rosée. » Je serai visité par la grâce. Je ne serai pas abandonné à ma sécheresse naturelle, ni à la chaleur brûlante du monde, ni au vent du désert de la tentation satanique. Oh ! puissé-je, à cette heure même, sentir la rosée douce, silencieuse et pénétrante du Seigneur ! Pourquoi ne le pourrais-je pas ? Celui qui m’a fait vivre comme l’herbe vit dans la prairie me traitera comme il traite l’herbe ; il me rafraîchira d’en haut. L’herbe ne peut réclamer la rosée comme je le fais. Assurément, le Seigneur qui visite la plante qui ne prie point répondra à son enfant qui le supplie.

14 septembre

LE SCEAU DE L’APPROBATION DIVINE

« Heureux l’homme qui supporte patiemment la tentation; car, après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que le Seigneur a promise à ceux qui l’aiment » Jacques 1:12

Oui, il est heureux pendant même qu’il endure l’épreuve. Nul œil ne peut le voir tant qu’il n’a été oint du collyre céleste. Mais il faut qu’il endure, sans se révolter contre Dieu ni se détourner de son intégrité. Heureux celui qui a traversé le feu et n’a pas été consumé comme une contrefaçon.

Lorsque l’épreuve est terminée, vient alors le sceau de l’approbation divine : « la couronne de vie. » Comme si le Seigneur disait : « Qu’il vive ; il a été pesé dans la balance, et il n’a pas été trouvé léger. » La vie est la récompense : non pas la simple existence, mais une existence sainte, heureuse, véritable, la réalisation du dessein divin à notre égard. Déjà une forme plus élevée de vie spirituelle et de joie couronne ceux qui ont franchi sains et saufs les plus rudes épreuves de la foi et de l’amour.

Le Seigneur a promis la couronne de vie à ceux qui l’aiment. Seuls ceux qui aiment le Seigneur tiendront bon à l’heure de l’épreuve ; les autres, ou bien sombreront, ou bien bouderont, ou bien se glisseront de nouveau vers le monde. Viens, mon cœur, aimes-tu ton Seigneur ? Vraiment ? Profondément ? Entièrement ? Alors cet amour sera éprouvé ; mais les grandes eaux ne pourront l’éteindre, ni les fleuves le submerger. Seigneur, que ton amour nourrisse le mien jusqu’à la fin.

15 septembre

LE PLUS SÛR ABRI

« Chacun sera comme un abri contre le vent, Et un refuge contre la tempête » Ésaïe 32:2

Qui est cet HOMME, nous le savons tous. Qui pourrait-il être, sinon le second Homme, le Seigneur venu du ciel, l’homme de douleur, le Fils de l’homme ? Quel abri il a été pour son peuple ! Il supporte lui-même toute la force du vent, et ainsi il met à couvert ceux qui se cachent en lui. Nous avons ainsi échappé à la colère de Dieu, et nous échapperons de même à la colère des hommes, aux soucis de cette vie et à l’effroi de la mort. Pourquoi rester dans le vent, quand nous pouvons si aisément et si sûrement en sortir en nous cachant derrière notre Seigneur ? Courons à lui aujourd’hui, et soyons en paix.

Souvent le vent ordinaire de l’épreuve s’enfle et devient une tempête qui balaie tout sur son passage. Les choses qui paraissaient fermes et stables vacillent sous la rafale, et grandes et nombreuses sont les chutes parmi nos assurances charnelles. Notre Seigneur Jésus, l’Homme glorieux, est un refuge qui ne s’écroule jamais. En lui nous voyons passer la tempête, mais nous-mêmes reposons dans une sérénité délicieuse.

En ce jour, retirons-nous simplement dans notre abri, et asseyons-nous pour chanter sous la protection de notre Refuge. Béni Jésus ! Béni Jésus ! Comme nous t’aimons ! Et nous le pouvons bien, car tu es pour nous un abri au temps de l’orage.

16 septembre

LA RÉCOMPENSE EST CERTAINE

« Et quiconque donnera seulement un verre d’eau froide à l’un de ces petits parce qu’il est mon disciple, je vous le dis en vérité, il ne perdra point sa récompense » Matthieu 10:42

Eh bien, je puis en faire autant. Je puis accomplir un acte de bonté envers le serviteur du Seigneur. Le Seigneur sait que je les aime tous, et que je tiendrais à honneur de leur laver les pieds. Pour l’amour de leur Maître, j’aime les disciples.

Quelle grâce de la part du Seigneur de mentionner une action si insignifiante : « donner seulement à boire un verre d’eau froide » ! Cela, je puis le faire, si pauvre que je sois ; cela, je le puis, si humble que je sois ; cela, je le ferai bien volontiers. Cette chose, qui paraît si petite, le Seigneur la remarque — il la remarque quand elle est faite au moindre de ses disciples. Manifestement, ce n’est ni la dépense, ni l’habileté, ni la quantité qu’il considère, mais le motif : ce que nous faisons à un disciple, parce qu’il est disciple, son Seigneur l’observe et le récompense. Il ne nous récompense pas selon le mérite de ce que nous faisons, mais selon les richesses de sa grâce.

Je donne un verre d’eau froide, et il me fait boire l’eau vive. Je donne à l’un de ses petits, et il me traite comme l’un d’eux. Jésus trouve un motif à sa libéralité dans ce que sa grâce m’a poussé à faire, et il dit : « il ne perdra point sa récompense. »

17 septembre

COMME LE PALMIER ET LE CÈDRE

« Les justes croissent comme le palmier, Ils s’élèvent comme le cèdre du Liban » Psaume 92:13

Ces arbres ne sont ni cultivés ni taillés par la main de l’homme : les palmiers et les cèdres sont « les arbres de l’Éternel », et c’est par ses soins qu’ils prospèrent ; il en est de même des saints du Seigneur, ils sont l’objet de ses propres soins. Ces arbres sont toujours verts et sont beaux à contempler en toute saison de l’année. Les croyants ne sont pas tantôt saints et tantôt impies : ils se tiennent dans la beauté du Seigneur par tous les temps. Partout ces arbres attirent l’attention : nul ne peut contempler un paysage où se trouvent des palmiers ou des cèdres sans que son regard s’arrête sur ces croissances royales. Les disciples de Jésus sont observés de tous les observateurs : comme une ville située sur une montagne, ils ne peuvent être cachés.

L’enfant de Dieu prospère comme le palmier, qui pousse toute sa force vers le haut, en une seule colonne dressée, sans une seule branche. C’est un pilier au chapiteau glorieux. Il ne pousse ni à droite ni à gauche, mais dirige toute sa vigueur vers le ciel, et porte son fruit aussi près du ciel que possible. Seigneur, accomplis en moi cette figure.

Le cèdre brave toutes les tempêtes, et croît près des neiges éternelles, l’Éternel lui-même le remplissant d’une sève qui garde son cœur chaud et ses rameaux vigoureux. Seigneur, qu’il en soit ainsi de moi, je t’en prie. Amen.

18 septembre

UNE SÉCURITÉ COMPLÈTE

« Sur Benjamin il dit: C’est le bien-aimé de l’Éternel, Il habitera en sécurité auprès de lui; L’Éternel le couvrira toujours, Et résidera entre ses épaules » Deutéronome 33:12

Oui, il n’est point de sécurité comparable à celle qui vient d’habiter près de Dieu. Pour son bien-aimé, le Seigneur ne saurait trouver de lieu plus sûr. Ô Seigneur, laisse-moi toujours demeurer sous ton ombre, tout près de ton côté blessé. Toujours plus près, oui, plus près de toi, mon Seigneur, je voudrais venir ; et une fois tout spécialement près de toi, je voudrais y demeurer à jamais.

Quelle protection que celle que le Seigneur donne à ses élus ! Ce n’est ni un beau toit qui le couvrira, ni un abri à l’épreuve des bombes, ni même l’aile d’un ange, mais l’Éternel lui-même. Rien ne peut nous atteindre quand nous sommes ainsi couverts. Cette protection, le Seigneur nous l’accordera tout le long du jour, si long que soit le jour. Seigneur, laisse-moi demeurer aujourd’hui, en pleine conscience, sous ce dais d’amour, sous ce pavillon de puissance souveraine.

Le troisième membre de phrase signifie-t-il que le Seigneur, dans son temple, habiterait parmi les montagnes de Benjamin, ou bien que le Seigneur serait là où reposerait le fardeau de Benjamin, ou encore que nous sommes portés sur les épaules de l’Éternel ? Dans tous les cas, le Seigneur est le soutien et la force de ses saints. Seigneur, que je jouisse toujours de ton secours, et mes bras me suffiront.

19 septembre

LA RAISON DE CHANTER

« L’Éternel, ton Dieu, est au milieu de toi, comme un héros qui sauve; Il fera de toi sa plus grande joie; Il gardera le silence dans son amour; Il aura pour toi des transports d’allégresse » Sophonie 3:17

Quelle parole ! L’Éternel Dieu au centre de son peuple, dans toute la majesté de sa puissance ! Cette seule présence suffit à nous inspirer la paix et l’espérance. Des trésors de puissance sans bornes sont amassés en notre Éternel, et il habite dans son Église ; c’est pourquoi son peuple peut pousser des cris de joie.

Non seulement nous avons sa présence, mais il est appliqué à son œuvre de prédilection, le salut. « Il sauve. » Il sauve toujours : c’est de là qu’il tire son nom de Jésus. Ne redoutons aucun danger, car il est puissant pour sauver.

Et ce n’est pas tout. Il demeure éternellement le même ; il aime, il trouve son repos dans l’amour, il ne cessera pas d’aimer. Son amour lui donne de la joie. Il trouve même dans ses bien-aimés un sujet de chant. Cela est extrêmement merveilleux. Lorsque Dieu accomplit la création, il ne chanta pas, mais dit simplement : « Cela était très bon » ; mais lorsqu’il vint à la rédemption, alors la sainte Trinité éprouva une joie qui devait s’exprimer par un chant. Songes-y, et sois dans l’étonnement ! L’Éternel Jésus chante un chant de noces sur son épouse choisie. Elle est pour lui son amour, sa joie, son repos, son chant. Ô Seigneur Jésus, par ton amour incommensurable envers nous, apprends-nous à t’aimer, à nous réjouir en toi, et à te chanter le psaume de notre vie.

20 septembre

UNE PARFAITE BONNE VOLONTÉ

« Ton peuple est plein d’ardeur, quand tu rassembles ton armée » Psaume 110:3

Béni soit le Dieu de grâce qu’il en soit ainsi ! Il a un peuple qu’il a choisi de toute éternité pour être son partage particulier. Ceux-là ont par nature une volonté aussi rebelle que le reste des fils obstinés d’Adam ; mais lorsque vient le jour de sa puissance, et que la grâce déploie sa toute-puissance, ils deviennent disposés à se repentir et à croire en Jésus. Nul n’est sauvé malgré lui, mais la volonté est doucement amenée à se rendre. Quelle puissance merveilleuse que celle qui ne force jamais la volonté, et qui pourtant la gouverne ! Dieu ne brise pas la serrure, mais il l’ouvre avec un passe-partout que lui seul sait manier.

Nous voici maintenant disposés à être, à faire ou à souffrir selon la volonté du Seigneur. Si à quelque moment nous devenons rebelles, il n’a qu’à venir à nous avec puissance, et aussitôt nous courons dans la voie de ses commandements de tout notre cœur. Que ce jour soit pour moi un jour de puissance, en vue de quelque noble effort pour la gloire de Dieu et le bien de mes semblables ! Seigneur, je suis disposé ; ne puis-je espérer que ceci est un jour de ta puissance ? Je suis tout entier à ta disposition ; disposé, oui, empressé à être employé par toi pour tes saints desseins. Ô Seigneur, que je n’aie pas à m’écrier : « Vouloir est à ma portée, mais je ne trouve pas le moyen d’accomplir le bien », mais donne-moi la puissance comme tu me donnes le vouloir.

21 septembre

QUE LES ÉPREUVES SOIENT UNE BÉNÉDICTION

« sachant que l’affliction produit la persévérance » Romains 5:3

C’est là une promesse dans son essence, sinon dans sa forme. Nous avons besoin de patience, et nous voyons ici le moyen de l’acquérir. Ce n’est qu’en endurant que nous apprenons à endurer, de même que c’est en nageant que les hommes apprennent à nager. Tu ne pourrais apprendre cet art sur la terre ferme, ni apprendre la patience sans la peine. Ne vaut-il pas la peine de souffrir la tribulation pour gagner cette belle égalité d’âme qui acquiesce paisiblement à toute la volonté de Dieu ?

Pourtant notre texte énonce un fait singulier, qui n’est pas selon la nature, mais qui est surnaturel. La tribulation, par elle-même et en elle-même, produit l’impatience, l’incrédulité et la révolte. Ce n’est que par la sainte alchimie de la grâce qu’elle est amenée à produire en nous la patience. Nous ne battons pas le blé pour abattre la poussière : et pourtant le fléau de la tribulation fait cela sur l’aire de Dieu. Nous ne ballottons pas un homme en tous sens pour lui donner du repos, et pourtant c’est ainsi que le Seigneur traite ses enfants. Vraiment, ce n’est point là la manière de l’homme, mais cela tourne grandement à la gloire de notre Dieu infiniment sage.

Oh ! que la grâce me soit donnée de laisser mes épreuves me bénir ! Pourquoi voudrais-je en arrêter la gracieuse opération ? Seigneur, je te demande d’éloigner mon affliction, mais je te supplie dix fois plus d’éloigner mon impatience. Précieux Seigneur Jésus, par ta croix, grave sur mon cœur l’image de ta patience.

22 septembre

DE VASTES FLEUVES SANS GALÈRES

« C’est là vraiment que l’Éternel est magnifique pour nous: Il nous tient lieu de fleuves, de vastes rivières, Où ne pénètrent point de navires à rames, Et que ne traverse aucun grand vaisseau » Ésaïe 33:21

Le Seigneur sera pour nous le plus grand des biens, sans aucun des inconvénients qui semblent accompagner nécessairement les meilleures choses terrestres. Si une ville est favorisée de larges fleuves, elle est exposée à être attaquée par des galères à rames et d’autres vaisseaux de guerre. Mais lorsque le Seigneur figure l’abondance de sa générosité sous cette image, il prend soin d’écarter expressément la crainte que la métaphore pourrait suggérer. Béni soit son amour parfait !

Seigneur, si tu m’envoies la richesse comme de larges fleuves, ne laisse pas la galère à rames remonter sous la forme de la mondanité ou de l’orgueil. Si tu m’accordes une santé abondante et un esprit joyeux, ne laisse pas « le grand vaisseau » de l’aisance charnelle venir voguer sur le flot montant. Si j’ai du succès dans le saint service, large comme le Rhin allemand, que je ne trouve jamais la galère de la vanité et de la présomption flottant sur les vagues de mon utilité. Serais-je assez suprêmement heureux pour jouir, année après année, de la lumière de ta face, que je ne méprise jamais tes faibles saints, et que je ne laisse jamais la vaine idée de ma propre perfection remonter les larges fleuves de ma pleine assurance. Seigneur, donne-moi cette bénédiction qui enrichit, et qui n’ajoute ni tristesse ni péché.

23 septembre

DÉLIVRANCE DE LA POUSSIÈRE ET DE LA BALLE

« Car voici, je donnerai mes ordres, Et je secouerai la maison d’Israël parmi toutes les nations, Comme on secoue avec le crible, Sans qu’il tombe à terre un seul grain » Amos 9:9

L’opération du crible se poursuit encore. Où que nous allions, nous sommes toujours vannés et criblés. Dans tous les pays, le peuple de Dieu est éprouvé « comme on secoue avec le crible ». Parfois c’est le diable qui tient le crible, et il nous secoue de haut en bas avec une grande vigueur, dans le désir ardent de se débarrasser de nous pour toujours. L’incrédulité n’est pas lente à agiter notre cœur et notre esprit de ses craintes inquiètes. Le monde prête volontiers la main au même travail, et nous secoue à droite et à gauche avec une grande énergie. Pire que tout, l’Église, si largement apostate qu’elle est devenue, s’en mêle pour donner une force plus furieuse encore à ce criblage.

Eh bien, soit ! Que cela continue. Ainsi la balle est séparée du bon grain. Ainsi le froment est délivré de la poussière et de la balle. Et combien grande est la miséricorde qui nous vient dans le texte : « sans qu’il tombe à terre un seul grain » ! Tout ce qui est bon, vrai, plein de grâce sera préservé. Pas un seul des plus petits d’entre les croyants ne sera perdu, et aucun croyant ne perdra rien qui mérite le nom de perte. Nous serons si bien gardés au sein du criblage que ce nous sera un véritable gain, par Jésus-Christ.

24 septembre

LE FLEUVE QUI DONNE LA VIE

« Tout être vivant qui se meut vivra partout où le torrent coulera » Ézéchiel 47:9

Les eaux vives, dans la vision du prophète, coulaient jusque dans la mer Morte, et y portaient la vie, jusque dans ce lac stagnant. Là où va la grâce, la vie spirituelle en est la conséquence immédiate et éternelle. La grâce procède souverainement selon la volonté de Dieu, de même qu’un fleuve, dans tous ses détours, suit son propre cours ; et partout où elle arrive, elle n’attend pas que la vie vienne à elle, mais elle crée la vie par son propre flot vivifiant. Oh ! qu’elle se répande dans nos rues, et qu’elle inonde nos taudis ! Oh ! qu’elle vienne maintenant dans ma maison, et qu’elle monte jusqu’à ce que chaque chambre en soit tout emplie ! Seigneur, que l’eau vive coule vers ma famille et mes amis, et qu’elle ne me laisse pas de côté. J’espère en avoir déjà bu ; mais je désire m’y baigner, oui, y nager. Ô mon Sauveur, il me faut la vie plus abondante. Viens à moi, je t’en prie, jusqu’à ce que chaque partie de mon être soit vivement animée et intensément active. Dieu vivant, je t’en prie, remplis-moi de ta propre vie. Je suis un pauvre bâton desséché ; viens et fais-moi vivre de telle sorte que, comme la verge d’Aaron, je bourgeonne, que je fleurisse et que je porte du fruit pour ta gloire. Vivifie-moi, pour l’amour de mon Seigneur Jésus. Amen.

25 septembre

LE SACRIFICE A ÉTÉ ACCEPTÉ

« Si l’Éternel eût voulu nous faire mourir, il n’aurait pas pris de nos mains l’holocauste et l’offrande, il ne nous aurait pas fait voir tout cela » Juges 13:23

C’est là une sorte de promesse déduite par la logique. C’est une conclusion tirée équitablement de faits établis. Il n’était guère probable que le Seigneur eût révélé à Manoach et à sa femme qu’un fils leur naîtrait, tout en ayant au cœur le dessein de les détruire. La femme raisonna bien, et nous ferons bien de suivre le fil de son argument.

Le Père a accepté le grand sacrifice du Calvaire, et il s’en est déclaré satisfait ; comment pourrait-il maintenant prendre plaisir à nous faire mourir ? Pourquoi un substitut, si le pécheur doit néanmoins périr ? Le sacrifice accepté de Jésus met fin à la crainte.

Le Seigneur nous a montré notre élection, notre adoption, notre union à Christ, notre mariage avec le Bien-aimé : comment pourrait-il maintenant nous détruire ? Les promesses sont chargées de bénédictions qui exigent que nous soyons préservés pour la vie éternelle. Il n’est pas possible que le Seigneur nous rejette, et accomplisse pourtant son alliance. Le passé nous assure, et l’avenir nous rassure. Nous ne mourrons pas, mais nous vivrons ; car nous avons vu Jésus, et en lui nous avons vu le Père par l’illumination du Saint-Esprit. À cause de cette vision qui donne la vie, il nous faut vivre à jamais.

26 septembre

PARMI LES RACHETÉS

« C’est un peuple qui a sa demeure à part, Et qui ne fait point partie des nations » Nombres 23:9

Qui donc souhaiterait habiter parmi les nations et être compté au nombre d’elles ? Mais l’Église professante elle-même est telle qu’il y est très difficile de suivre pleinement le Seigneur dans ses limites. Il y a un tel mélange et une telle confusion que l’on soupire souvent après « une hutte au fond d’un vaste désert ».

Il est certain que le Seigneur veut que son peuple suive un chemin séparé du monde, et qu’il en sorte résolument et distinctement. Nous sommes mis à part par le décret, l’achat et l’appel divins, et notre expérience intérieure nous a rendus grandement différents des hommes du monde ; c’est pourquoi notre place n’est pas dans leur Foire aux vanités, ni dans leur Cité de destruction, mais sur le chemin étroit où tous les vrais pèlerins doivent suivre leur Seigneur.

Cela peut non seulement nous réconcilier avec la froideur et les ricanements du monde, mais même nous les faire accepter avec plaisir, comme faisant partie de notre part d’alliance. Nos noms ne sont pas dans le même livre, nous ne sommes pas de la même semence, nous n’allons pas vers le même lieu, nous ne nous fions pas non plus au même guide ; il est donc bon que nous ne soyons pas de leur nombre. Pourvu seulement que nous soyons trouvés au nombre des rachetés, nous nous contentons d’être singuliers et solitaires jusqu’à la fin du chapitre.

27 septembre

LA LUMIÈRE DIVINE DANS LES TÉNÈBRES

« Oui, tu fais briller ma lumière » Psaume 18:29

Il se peut que mon âme soit assise dans les ténèbres ; et si celles-ci sont d’ordre spirituel, nulle puissance humaine ne saurait m’apporter la lumière. Béni soit Dieu ! il peut éclairer mes ténèbres, et allumer aussitôt ma lampe. Quand même je serais environné de « ténèbres que l’on peut toucher », il peut rompre l’obscurité et rendre à l’instant tout lumineux autour de moi.

La miséricorde, c’est que s’il allume la lampe, nul ne peut la souffler ; elle ne s’éteindra pas non plus faute d’aliment, ni ne se consumera d’elle-même au fil des heures. Les lumières que le Seigneur alluma au commencement brillent encore. Les lampes du Seigneur ont peut-être besoin d’être mouchées, mais il ne les éteint pas.

Que je chante donc dans les ténèbres, comme le rossignol. L’attente me fournira la musique, et l’espérance en donnera le ton. Bientôt je me réjouirai d’une lampe allumée par Dieu. Je suis morne et abattu en ce moment. C’est peut-être le temps qu’il fait, ou une faiblesse du corps, ou la surprise d’une soudaine épreuve ; mais quoi qu’il ait fait naître les ténèbres, c’est Dieu seul qui apportera la lumière. Mes yeux sont vers lui seul. Bientôt j’aurai les lampes du Seigneur brillant autour de moi ; et, plus loin, en son temps favorable, je serai là où l’on n’a besoin ni de lampe ni de la lumière du soleil. Alléluia !

28 septembre

L’ŒUVRE EST ACHEVÉE ; REPOSE-TOI EN LUI

« Il y a donc un repos de sabbat réservé au peuple de Dieu » Hébreux 4:9

Dieu a préparé un sabbat, et il faut que quelques-uns y entrent. Ceux à qui il fut d’abord annoncé n’y entrèrent pas à cause de leur incrédulité ; c’est pourquoi ce sabbat demeure pour le peuple de Dieu. David le chanta ; mais il lui fallut toucher le ton mineur, car Israël refusa le repos de Dieu. Josué ne put le donner, ni Canaan le procurer : il demeure pour les croyants.

Venez donc, efforçons-nous d’entrer dans ce repos. Quittons le pénible labeur du péché et du moi. Cessons de mettre notre confiance en quoi que ce soit, même en ces œuvres dont on pourrait dire : « Elles sont très bonnes. » En avons-nous de telles ? Cessons pourtant de nos propres œuvres, comme Dieu s’est reposé des siennes. Trouvons maintenant notre consolation dans l’œuvre achevée de notre Seigneur Jésus. Tout est pleinement accompli : la justice n’exige rien de plus. Une grande paix est notre part en Jésus-Christ.

Quant aux affaires de la providence, à l’œuvre de la grâce dans l’âme, et à l’œuvre du Seigneur dans l’âme des autres, déchargeons ces fardeaux sur le Seigneur, et reposons-nous en lui. Lorsque le Seigneur nous donne un joug à porter, il le fait afin qu’en le prenant nous trouvions le repos. Par la foi, nous nous efforçons d’entrer dans le repos de Dieu, et nous renonçons à tout repos fondé sur la satisfaction de soi ou sur l’indolence. Jésus lui-même est le parfait repos, et nous sommes remplis jusqu’au bord en lui.

29 septembre

POUR GLORIFIER LE CHRIST JÉSUS

« Il me glorifiera, parce qu’il prendra de ce qui est à moi, et vous l’annoncera. » Jean 16:14

Le Saint-Esprit lui-même ne saurait mieux glorifier le Seigneur Jésus qu’en nous montrant ce qui appartient en propre à Christ. Jésus est sa meilleure recommandation. On ne peut le parer qu’avec son propre or.

Le Consolateur nous montre ce qu’il a reçu de notre Seigneur Jésus. Nous ne voyons jamais rien correctement avant qu’il ne le révèle. Il a une manière d’ouvrir notre intelligence, et d’ouvrir les Écritures ; et par ce double procédé, il nous présente notre Seigneur. Il y a un grand art à exposer une chose, et cet art appartient au plus haut degré à l’Esprit de vérité. Il nous montre les choses elles-mêmes. C’est là un grand privilège, comme le savent ceux qui ont joui de cette vision sacrée.

Recherchons l’illumination de l’Esprit ; non pour satisfaire notre curiosité, ni même pour nous procurer une consolation personnelle, mais bien plutôt pour glorifier le Seigneur Jésus. Oh ! avoir de lui des pensées dignes ! Les notions rampantes déshonorent notre précieux Seigneur. Oh ! avoir de sa personne, de son œuvre et de sa gloire des impressions si vives que nous puissions, de tout notre cœur et de toute notre âme, nous écrier à sa louange ! Là où il y a un cœur enrichi par l’enseignement du Saint-Esprit, il y aura un Sauveur glorifié au-delà de toute expression. Viens, Saint-Esprit, lumière céleste, et montre-nous Jésus notre Seigneur !

30 septembre

IL NOUS FAUT OUVRIR LA BOUCHE

« Ouvre ta bouche, et je la remplirai » Psaume 81:11

Quel encouragement à prier ! Nos idées humaines nous porteraient à demander de petites choses, parce que nos mérites sont si petits ; mais le Seigneur voudrait que nous demandions de grandes bénédictions. La prière devrait être une chose aussi simple que l’ouverture de la bouche ; elle devrait être une parole naturelle et sans contrainte. Quand un homme est fervent, il ouvre grand la bouche, et notre texte nous presse d’être fervents dans nos supplications.

Pourtant, cela signifie aussi que nous pouvons prendre de la hardiesse avec Dieu, et demander de ses mains des bénédictions nombreuses et grandes. Lis le verset tout entier, et vois-en l’argument : « Je suis l’Éternel, ton Dieu, qui t’ai fait monter du pays d’Égypte ; ouvre ta bouche, et je la remplirai. » Parce que le Seigneur nous a tant donné, il nous invite à demander davantage, oui, à attendre davantage.

Vois comme les petits oiseaux, dans leur nid, semblent n’être que bouche lorsque la mère vient les nourrir. Qu’il en soit de même pour nous. Recevons la grâce par toutes les portes. Buvons-la comme l’éponge aspire l’eau dans laquelle elle repose. Dieu est prêt à nous remplir, si seulement nous sommes prêts à être remplis. Que nos besoins nous fassent ouvrir la bouche ; que notre défaillance nous fasse ouvrir la bouche et haleter ; oui, que notre effroi nous fasse ouvrir la bouche avec le cri d’un enfant. La bouche ouverte sera remplie par le Seigneur lui-même. Qu’il en soit ainsi de nous, ô Seigneur, en ce jour.

Sommaire

Le carnet de chèques de la banque de la foi Charles H. Spurgeon

Page 1 / 1 · 40 min restantes dans le chapitre