Le carnet de chèques de la banque de la foi ·Le mois de juillet

Chapitre 8 · 40 min de lecture

Le mois de juillet

1er juillet

DIEU AVEC NOUS

« Mais Dieu sera avec vous. » Genèse 48:21

Le bon vieux Jacob ne pouvait plus être avec Joseph, car son heure de mourir était venue ; mais il laissa son fils sans inquiétude, car il dit avec assurance : « Dieu sera avec vous. » Quand nos plus chers parents, ou nos amis les plus secourables, sont rappelés à la maison par la mort, nous devons nous consoler par cette pensée que le Seigneur ne s’est pas éloigné de nous, mais qu’il vit pour nous et demeure avec nous à jamais.

Si Dieu est avec nous, nous sommes en noble compagnie, quand même nous serions pauvres et méprisés. Si Dieu est avec nous, nous avons une force suffisante à tout, car rien n’est trop difficile pour l’Éternel. Si Dieu est avec nous, nous sommes toujours en sûreté, car nul ne peut nuire à ceux qui marchent sous son ombre. Oh ! quelle joie nous avons là ! Non seulement Dieu est avec nous, mais il sera avec nous. Avec nous comme individus ; avec nous comme familles ; avec nous comme Églises. Le nom même de Jésus n’est-il pas Emmanuel — Dieu avec nous ? N’est-ce pas là le meilleur de tout, que Dieu soit avec nous ? Soyons vaillamment diligents, et joyeusement pleins d’espérance. Notre cause doit prospérer, la vérité doit vaincre, car le Seigneur est avec ceux qui sont avec lui.

Puisse, tout ce jour, cette douce parole être savourée par tout croyant qui ouvre le « Carnet de chèques de la foi ». Nul bonheur plus grand n’est possible.

2 juillet

UN SOMMEIL RÉPARATEUR

« Il en donne autant à ses bien-aimés pendant leur sommeil. » Psaume 127:2

La nôtre n’est pas une vie de soucis anxieux, mais de foi heureuse. Notre Père céleste pourvoira aux besoins de ses propres enfants, et il sait ce dont nous avons besoin avant même que nous le lui demandions. Nous pouvons donc aller au lit à l’heure convenable, et ne pas nous épuiser à veiller tard pour comploter, projeter et combiner. Si nous avons appris à nous reposer sur notre Dieu, nous ne resterons pas éveillés avec la crainte qui ronge le cœur ; mais nous laisserons notre souci au Seigneur, la méditation de lui nous sera douce, et il nous donnera un sommeil réparateur.

Être le bien-aimé du Seigneur est le plus haut honneur possible, et celui qui le possède peut sentir que l’ambition elle-même ne saurait désirer davantage ; c’est pourquoi tout désir égoïste peut s’endormir. Qu’y a-t-il de plus, même dans le ciel, que l’amour de Dieu ? Repose-toi donc, ô mon âme, car tu possèdes toutes choses.

Et pourtant nous nous agitons de côté et d’autre, à moins que le Seigneur lui-même ne nous donne non seulement les raisons du repos, mais le repos lui-même. Oui, il le fait. Jésus lui-même est notre paix, notre repos, notre tout. Sur son sein nous dormons en parfaite sécurité, dans la vie comme dans la mort.

Aspergé de nouveau du sang qui pardonne,

je me couche pour prendre mon repos,

comme dans les bras de mon Dieu,

ou sur le sein de mon Sauveur.

3 juillet

UN GUIDE JUSQU’AU BOUT

« Il sera notre guide jusqu’à la mort. » Psaume 48:15

Nous avons besoin d’un guide. Parfois nous donnerions tout ce que nous avons pour qu’on nous dise exactement ce qu’il faut faire et de quel côté nous tourner. Nous sommes disposés à bien agir, mais nous ne savons laquelle des deux routes suivre. Oh ! un guide !

Le Seigneur notre Dieu daigne nous servir de guide. Il connaît le chemin, et il nous y pilotera jusqu’à ce que nous atteignions en paix le terme de notre voyage. Assurément, nous ne saurions désirer une direction plus infaillible. Plaçons-nous absolument sous sa conduite, et jamais nous ne manquerons notre chemin. Faisons de lui notre Dieu, et nous le trouverons notre guide. Si nous suivons sa loi, nous ne manquerons pas la droite route de la vie, pourvu que nous apprenions d’abord à nous appuyer sur lui à chaque pas que nous faisons.

Notre consolation, c’est que, étant notre Dieu aux siècles des siècles, il ne cessera jamais d’être avec nous comme notre guide. « Jusqu’à la mort » il nous conduira, et alors nous habiterons avec lui éternellement, et nous n’en sortirons plus jamais. Cette promesse de la conduite divine enveloppe une sécurité pour la vie entière : le salut d’emblée, la conduite jusqu’à notre dernière heure, puis une félicité sans fin. Chacun ne devrait-il pas rechercher cela dans sa jeunesse, s’en réjouir dans l’âge mûr, et s’y reposer dans la vieillesse ? Ce jour, levons les yeux pour demander la direction avant de nous risquer hors de chez nous.

4 juillet

LA PAROLE, NOURRITURE NÉCESSAIRE

« L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » Matthieu 4:4

Si Dieu le voulait ainsi, nous pourrions vivre sans pain, comme Jésus le fit durant quarante jours ; mais nous ne pourrions vivre sans sa Parole. C’est par cette Parole que nous fûmes créés, et par elle seule que nous pouvons être maintenus dans l’existence, car il soutient toutes choses par la parole de sa puissance. Le pain est une cause seconde ; le Seigneur lui-même est la source première de notre subsistance. Il peut agir sans la cause seconde aussi bien qu’avec elle ; et nous ne devons pas le lier à un seul mode d’action. Ne soyons pas trop empressés après le visible, mais regardons au Dieu invisible. Nous avons entendu des croyants dire que, dans une profonde pauvreté, quand le pain vint à manquer, leur appétit vint à manquer aussi ; et à d’autres, quand les provisions ordinaires firent défaut, le Seigneur envoya un secours inattendu. Mais il nous faut la Parole du Seigneur. Avec elle seule nous pouvons tenir tête au diable. Ôte-nous-la, et notre ennemi nous aura en son pouvoir, car nous défaillirons bientôt. Nos âmes ont besoin de nourriture, et il n’y en a point pour elles hors de la Parole du Seigneur. Tous les livres et tous les prédicateurs du monde ne peuvent nous fournir un seul repas : seule la Parole sortie de la bouche de Dieu peut remplir la bouche d’un croyant. Seigneur, donne-nous toujours de ce pain. Nous le prisons au-dessus des mets royaux.

5 juillet

UNE DÉLIVRANCE COMPLÈTE

« Mais en ce jour je te délivrerai, dit l’Éternel, et tu ne seras pas livré entre les mains des hommes que tu crains. » Jérémie 39:17

Quand les fidèles du Seigneur souffrent pour lui, ils reçoivent de lui-même de doux messages d’amour, et parfois ils ont d’heureuses nouvelles pour ceux qui compatissent à leur sort et les secourent. Ébed-Mélec n’était qu’un Éthiopien méprisé, mais il fut bon envers Jérémie, et ainsi le Seigneur lui envoya cette promesse spéciale par la bouche de son prophète. Ayons toujours le souci des serviteurs persécutés de Dieu, et il nous récompensera.

Ébed-Mélec devait être délivré des hommes dont il redoutait la vengeance. C’était un humble homme noir, mais l’Éternel prendrait soin de lui. Des milliers furent tués par les Chaldéens, mais ce nègre de basse condition ne pouvait être atteint. Nous aussi, nous pouvons redouter quelques grands qui s’acharnent contre nous ; mais si nous avons été fidèles à la cause du Seigneur à l’heure de la persécution, il nous sera fidèle. Après tout, que peut faire un homme sans la permission du Seigneur ? Il met un mors à la bouche de la rage, et une bride à la tête de la puissance. Craignons le Seigneur, et nous n’aurons personne d’autre à craindre. Nulle coupe d’eau froide donnée à un prophète méprisé de Dieu ne sera sans récompense ; et si nous nous levons pour Jésus, Jésus se lèvera pour nous.

6 juillet

SON AMOUR ; SON DON ; SON FILS

« Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. » Jean 3:16

De toutes les étoiles du ciel, l’étoile polaire est la plus utile au marin. Ce texte est une étoile polaire, car il a guidé plus d’âmes au salut que tout autre passage de l’Écriture. Il est parmi les promesses ce que la Grande Ourse est parmi les constellations.

Plusieurs mots y brillent d’un éclat singulier. Nous y avons l’amour de Dieu, avec un « tant » qui en marque la grandeur sans mesure. Puis nous avons le don de Dieu, dans toute sa gratuité et sa grandeur. Ce don, c’est aussi le Fils de Dieu, ce don unique et sans prix d’un amour qui ne pouvait se montrer pleinement que lorsque l’Unique-engendré du ciel eut été envoyé pour vivre et mourir pour les hommes. Ces trois points sont tout remplis de lumière.

Puis vient la simple exigence de croire, qui, avec grâce, indique une voie de salut appropriée aux hommes coupables. Cela est appuyé d’une vaste description : « quiconque croit en lui ». Beaucoup ont trouvé place dans ce « quiconque » qui se seraient sentis exclus par un mot plus étroit. Vient ensuite la grande promesse, que ceux qui croient en Jésus ne périront point, mais auront la vie éternelle. Voilà de quoi réjouir tout homme qui sent qu’il est prêt à périr et qu’il ne peut se sauver lui-même. Nous croyons au Seigneur Jésus, et nous avons la vie éternelle.

7 juillet

UN CHŒUR DE MONTAGNES

« Cieux, réjouissez-vous ! Terre, sois dans l’allégresse ! Montagnes, éclatez en cris de joie ! Car l’Éternel console son peuple, il a pitié de ses malheureux. » Ésaïe 49:13

Si douces sont les consolations du Seigneur, que non seulement les saints eux-mêmes peuvent les chanter, mais que les cieux et la terre peuvent aussi entonner le cantique. Il faut quelque chose pour faire chanter une montagne ; et pourtant le prophète en convoque tout un chœur. Le Liban, le Sirion, et les hautes collines de Basan et de Moab, il les ferait toutes chanter à cause de la grâce de l’Éternel envers sa propre Sion. Ne pouvons-nous pas, nous aussi, faire que les montagnes de la difficulté, de l’épreuve, du mystère et du labeur deviennent des occasions de louange envers notre Dieu ? « Montagnes, éclatez en cris de joie ! »

Cette parole de promesse, que notre Dieu aura pitié de ses malheureux, a tout un carillon de cloches qui lui est attaché. Écoutez-en la musique : « Réjouissez-vous ! » « Soyez dans l’allégresse ! » « Éclatez en cris de joie ! » Le Seigneur veut que son peuple soit heureux à cause de son amour immanquable. Il ne veut pas nous voir tristes et hésitants ; il réclame de nous l’adoration de cœurs croyants. Il ne peut nous manquer : pourquoi soupirerions-nous ou bouderions-nous comme s’il le pouvait ? Oh ! une harpe bien accordée ! Oh ! des voix comme celles des chérubins devant le trône !

8 juillet

UN CAMPEMENT D’ANGES

« L’ange de l’Éternel campe autour de ceux qui le craignent, et il les arrache au danger. » Psaume 34:8

Nous ne pouvons pas voir les anges, mais il suffit qu’eux puissent nous voir. Il est un grand Ange de l’alliance, que nous aimons sans l’avoir vu, et son œil est toujours sur nous, jour et nuit. Il a sous ses ordres une multitude de saints êtres, et il les établit gardiens de ses saints pour les préserver de tout mal. Si des démons nous font du tort, des êtres resplendissants nous rendent service. Remarquez que le Seigneur des anges ne va ni ne vient, et ne nous rend pas de passagères visites, mais que lui et ses armées campent autour de nous. Le quartier général de l’armée du salut est là où vivent ceux dont la confiance est dans le Dieu vivant. Ce camp environne les fidèles, en sorte qu’ils ne peuvent être attaqués d’aucun côté, à moins que l’adversaire ne puisse forcer les retranchements du Seigneur des anges. Nous avons une protection fixe, une garde permanente. Sentinelles par les messagers de Dieu, nous ne serons pas surpris par de soudains assauts, ni engloutis par des forces écrasantes. La délivrance est promise dans ce verset — délivrance par le grand Capitaine de notre salut, et cette délivrance, nous l’obtiendrons encore et encore, jusqu’à ce que notre guerre soit achevée et que nous échangions le champ du combat contre la demeure du repos.

9 juillet

FIDÈLE ET UTILE

« J’aurai les yeux sur les fidèles du pays, pour qu’ils demeurent auprès de moi ; celui qui marche dans une voie intègre sera mon serviteur. » Psaume 101:6

Si David parla ainsi, nous pouvons être sûrs que le Fils de David sera du même sentiment. Jésus est en quête d’hommes fidèles, et il fixe les yeux sur eux, pour les observer, les mettre en avant, les encourager et les récompenser. Que nul homme au cœur droit ne pense qu’on ne fait pas cas de lui ; le Roi lui-même a l’œil sur lui.

Cette royale attention a deux résultats. D’abord, nous lisons : « pour qu’ils demeurent auprès de moi ». Jésus introduit les fidèles dans sa maison, il les établit dans son palais, il en fait ses compagnons, il se plaît en leur société. Nous devons être fidèles à notre Seigneur, et alors il se manifestera à nous. Quand notre fidélité nous coûte le plus, c’est alors qu’elle sera le mieux récompensée ; plus furieusement les hommes nous rejettent, plus joyeusement notre Seigneur nous recevra.

Ensuite, il dit de l’homme sincère : « sera mon serviteur ». Jésus emploiera pour sa propre gloire ceux qui dédaignent les artifices de la politique et sont fidèles à lui-même, à sa Parole et à sa Croix. Ceux-là seront de sa royale suite, les serviteurs honorés de Sa Majesté. La communion et l’utilité sont le salaire de la fidélité. Seigneur, rends-moi fidèle, afin que je demeure auprès de toi et que je te serve.

10 juillet

AIMER L’ÉGLISE

« Tu te lèveras, tu auras pitié de Sion ; car le temps d’avoir pitié d’elle, le temps fixé est à son terme ; car tes serviteurs en aiment les pierres, ils en chérissent la poussière. » Psaume 102:14-15

Oui, nos prières pour l’Église seront exaucées. Le temps fixé est venu. Nous aimons la réunion de prière, et l’école du dimanche, et tous les services de la maison du Seigneur. Nous sommes liés de cœur à tout le peuple de Dieu, et pouvons dire en vérité : « Il n’est pas dans ton troupeau un agneau que je dédaignerais de nourrir ; il n’est pas d’ennemi devant la face duquel je craindrais de plaider ta cause. »

Si tel est le sentiment général, nous jouirons bientôt de temps de rafraîchissement venus de la présence du Seigneur. Nos assemblées se rempliront, les saints seront ranimés, et les pécheurs seront convertis. Cela ne peut venir que de la miséricorde du Seigneur ; mais cela viendra, et nous sommes appelés à l’attendre. Le temps, le temps fixé, est venu. Remuons-nous. Aimons chaque pierre de notre Sion, fût-elle tombée. Faisons cas de la moindre vérité, de la moindre ordonnance, du moindre croyant, quand même certains les mépriseraient comme n’étant que poussière. Quand nous favorisons Sion, Dieu est sur le point de la favoriser. Quand nous prenons plaisir à l’œuvre du Seigneur, le Seigneur lui-même y prendra plaisir.

11 juillet

JAMAIS SÉPARÉS DE DIEU

« Et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Jean 11:26

Oui, Seigneur, nous le croyons ; nous ne mourrons jamais. Notre âme pourra être séparée de notre corps, et c’est là une sorte de mort ; mais notre âme ne sera jamais séparée de Dieu, ce qui est la vraie mort — la mort qui fut menacée au péché — la peine de mort, la pire qui puisse arriver. Nous le croyons très assurément, car qui nous séparera de l’amour de Dieu qui est en Jésus-Christ notre Seigneur ? Nous sommes membres du Corps de Christ ; Christ perdra-t-il des parties de son corps ? Nous sommes mariés à Jésus ; sera-t-il privé de son épouse et rendu veuf ? Cela n’est pas possible. Il est en nous une vie qui ne peut être séparée de Dieu ; oui, et le Saint-Esprit habite en nous, et comment alors pourrions-nous mourir ? Jésus lui-même est notre vie, et par conséquent il n’y a point de mort pour nous, car il ne peut mourir de nouveau. En lui, nous sommes morts au péché une fois pour toutes, et la sentence capitale ne peut être exécutée une seconde fois. Maintenant nous vivons, et nous vivons pour toujours. Le salaire de la justice est la vie éternelle, et nous n’avons rien de moins que la justice de Dieu, et nous pouvons donc réclamer la plus haute récompense.

Vivant et croyant, nous croyons que nous vivrons et jouirons. C’est pourquoi nous nous portons en avant avec la pleine assurance que notre vie est en sûreté dans notre Chef vivant.

12 juillet

QUI, QUAND, COMMENT DÉLIVRER

« Le Seigneur sait délivrer de l’épreuve les hommes pieux, et réserver les injustes pour être punis au jour du jugement. » 2 Pierre 2:9

Les hommes pieux sont tentés et éprouvés. Ce n’est pas là une vraie foi que celle qui n’est jamais mise à l’épreuve. Mais les hommes pieux sont délivrés de leurs épreuves, et cela non par hasard, ni par des causes secondes, mais par le Seigneur lui-même. Il se charge en personne de délivrer ceux qui se confient en lui. Dieu aime les pieux, ceux qui lui ressemblent, et il tient à savoir où ils sont et comment ils vont.

Parfois leur chemin semble un labyrinthe, et ils ne peuvent imaginer comment échapper au danger qui les menace. Ce qu’ils ne savent pas, leur Seigneur le sait. Il sait qui délivrer, et quand délivrer, et comment délivrer. Il délivre de la manière la plus profitable aux pieux, la plus accablante pour le tentateur, et la plus glorifiante pour lui-même. Nous pouvons laisser le « comment » au Seigneur, et nous contenter de nous réjouir de ce fait qu’il fera passer, d’une façon ou d’une autre, son propre peuple à travers tous les dangers, épreuves et tentations de cette vie mortelle, jusqu’à sa droite dans la gloire.

Ce jour, ce n’est pas à moi de scruter les secrets de mon Seigneur, mais d’attendre patiemment son heure, sachant ceci : que, quoique je ne sache rien, mon Père céleste, lui, sait.

13 juillet

UNE CONFIANCE ABSOLUE

« Je te sauverai, et tu ne tomberas pas sous l’épée ; ta vie sera ton butin, parce que tu as eu confiance en moi, dit l’Éternel. » Jérémie 39:18

Voyez la puissance protectrice de la confiance en Dieu. Les grands de Jérusalem tombèrent sous l’épée, mais le pauvre Ébed-Mélec fut en sûreté, car sa confiance était en l’Éternel. En qui donc l’homme se confierait-il, sinon en son Créateur ? Nous sommes insensés quand nous préférons la créature au Créateur. Oh ! si nous pouvions en toutes choses vivre par la foi, alors nous serions délivrés au temps de tout danger ! Jamais personne ne s’est confié dans le Seigneur en vain, et jamais personne ne s’y confiera en vain.

Le Seigneur dit : « Je te sauverai. » Pesez bien la fermeté divine de cette parole. Quoi qu’il puisse y avoir d’incertain par ailleurs, le soin que Dieu prend des croyants est certain. Dieu lui-même est le gardien de ceux qui reçoivent sa grâce. Sous son aile sacrée est la sécurité, alors même que tout danger est déchaîné. Pouvons-nous accepter cette promesse comme certaine ? Alors, dans notre présente détresse, nous verrons qu’elle tient ferme. Nous espérons être délivrés parce que nous avons des amis, ou parce que nous sommes prudents, ou parce que nous voyons des signes d’espérance ; mais aucune de ces choses ne vaut la moitié de ce simple « parce que tu as eu confiance en moi » de Dieu. Cher lecteur, essaie cette voie, et, l’ayant essayée, tu t’y tiendras toute ta vie. Elle est aussi douce qu’elle est certaine.

14 juillet

LES FARDEAUX REMIS SUR LUI

« Remets ton sort à l’Éternel, et il te soutiendra, il ne laissera jamais chanceler le juste. » Psaume 55:23

C’est un lourd fardeau : roule-le sur la Toute-Puissance. C’est ton fardeau maintenant, et il t’écrase ; mais quand le Seigneur le prend, il n’en fait rien. Si tu es encore appelé à le porter, « il te soutiendra ». Il sera sur lui, et non sur toi. Tu seras si bien soutenu sous lui que le fardeau deviendra une bénédiction. Fais entrer le Seigneur dans l’affaire, et tu te tiendras droit sous ce qui, de soi, te courberait jusqu’à terre.

Notre pire crainte est que notre épreuve ne nous chasse du sentier du devoir ; mais cela, le Seigneur ne le souffrira jamais. Si nous sommes justes devant lui, il ne supportera pas que notre affliction nous ébranle de notre position. En Jésus il nous accepte comme justes, et en Jésus il nous y maintiendra.

Et le moment présent ? Vas-tu sortir seul à l’épreuve de ce jour ? Tes pauvres épaules seront-elles de nouveau meurtries par la charge accablante ? Ne sois pas si insensé. Dis au Seigneur tout ton chagrin, et laisse-le-lui. Ne dépose pas ton fardeau pour le reprendre ensuite ; mais roule-le sur le Seigneur, et laisse-l’y. Alors tu marcheras au large, croyant joyeux et déchargé, chantant les louanges de ton grand Porte-fardeau.

15 juillet

CELUI QUI PLEURE, CONSOLÉ

« Heureux les affligés, car ils seront consolés ! » Matthieu 5:4

C’est par la vallée des larmes que nous venons à Sion. On aurait cru que pleurer et être heureux étaient opposés l’un à l’autre, mais le Sauveur infiniment sage les unit dans cette béatitude. Ce que Dieu a uni, que nul homme ne le sépare. Pleurer sur le péché — notre propre péché, et le péché des autres — est le sceau que le Seigneur appose sur ses fidèles. Quand l’Esprit de grâce est répandu sur la maison de David, ou sur quelque autre maison, ils pleurent. C’est par un saint deuil que nous recevons les meilleures de nos bénédictions, de même que les marchandises les plus rares nous parviennent par eau. Non seulement celui qui pleure sera béni en quelque jour futur, mais Christ le déclare bienheureux dès à présent.

Le Saint-Esprit consolera certainement les cœurs qui pleurent sur le péché. Ils seront consolés par l’application du sang de Jésus, et par la puissance purifiante du Saint-Esprit. Ils seront consolés, quant au péché abondant de leur cité et de leur temps, par l’assurance que Dieu se glorifiera lui-même, quelque révolte que les hommes lui opposent. Ils seront consolés par l’espérance qu’ils seront entièrement affranchis du péché avant peu, et qu’ils seront bientôt enlevés pour habiter à jamais dans la glorieuse présence de leur Seigneur.

16 juillet

PAROLE À CELUI QUI BOITE

« Je délivrerai les boiteux. » Sophonie 3:19

Il y en a beaucoup, de ces éclopés, tant hommes que femmes. Vous pouvez rencontrer « celle qui boite » vingt fois en une heure. Ils sont dans la bonne route, et extrêmement soucieux d’y courir avec diligence, mais ils boitent, et en font une piteuse marche. Sur la route céleste, il y a bien des estropiés. Peut-être disent-ils en leur cœur : Qu’allons-nous devenir ? Le péché nous rattrapera, Satan nous jettera à terre. Prêt-à-boiter est notre nom et notre nature ; le Seigneur ne pourra jamais faire de nous de bons soldats, ni même d’agiles messagers pour aller à ses commissions. Eh bien ! eh bien ! Il nous sauvera, et ce n’est pas peu de chose. Il dit : « Je délivrerai les boiteux. » En nous sauvant, il se glorifiera grandement lui-même. Chacun demandera : Comment cette femme boiteuse en est-elle venue à courir la course et à gagner la couronne ? Et alors la louange sera tout entière rendue à la grâce toute-puissante.

Seigneur, quoique je boite dans la foi, dans la prière, dans la louange, dans le service et dans la patience, sauve-moi, je t’en supplie ! Toi seul peux sauver un estropié tel que moi. Seigneur, ne me laisse pas périr parce que je suis parmi les derniers, mais recueille par ta grâce le plus lent de tes pèlerins — moi-même. Voici, tu as dit qu’il en serait ainsi ; c’est pourquoi, comme Jacob prévalant dans la prière, je vais en avant, quoique mon nerf soit rétréci.

17 juillet

VAILLANTS POUR LA VÉRITÉ

« Mais ceux du peuple qui connaîtront leur Dieu agiront avec fermeté. » Daniel 11:32

« L’Éternel est un vaillant guerrier ; l’Éternel est son nom. » Ceux qui s’enrôlent sous sa bannière auront un Commandant qui les formera au combat, et leur donnera à la fois la vigueur et la valeur. Les temps dont Daniel écrivait étaient de la pire espèce, et il fut promis alors que le peuple de Dieu paraîtrait sous ses plus belles couleurs : il serait fort et résolu pour affronter le puissant adversaire.

Oh ! que nous puissions connaître notre Dieu — sa puissance, sa fidélité, son amour immuable — et être ainsi prêts à tout risquer pour lui. Il est de ceux dont le caractère excite notre enthousiasme et nous rend disposés à vivre et à mourir pour lui. Oh ! que nous puissions connaître notre Dieu par une familière communion avec lui ; car alors nous deviendrons semblables à lui, et serons préparés à nous lever pour la vérité et la justice. Celui qui sort tout frais d’avoir contemplé la face de Dieu ne craindra jamais la face de l’homme. Si nous habitons avec lui, nous prendrons l’esprit héroïque, et un monde d’ennemis ne sera pour nous qu’une goutte d’un seau. Une armée innombrable d’hommes, ou même de démons, nous semblera aussi peu de chose que les nations le sont à Dieu, qui ne les compte que comme des sauterelles. Oh ! être vaillants pour la vérité en ce jour de mensonge.

18 juillet

COMMUNION AU DÉSERT

« C’est pourquoi voici, je veux l’attirer et la conduire au désert, et je parlerai à son cœur. » Osée 2:16

La bonté de Dieu nous voit attirés par le péché, et elle résout d’essayer sur nous les attraits plus puissants de l’amour. Ne nous souvenons-nous pas du jour où l’Amant de nos âmes jeta pour la première fois son charme sur nous et nous détourna des fascinations du monde ? Il le fera encore et encore, chaque fois qu’il nous verra sur le point d’être pris au piège du mal.

Il promet de nous tirer à l’écart, car là il peut le mieux traiter avec nous ; et ce lieu séparé ne doit pas être un paradis, mais un désert, puisqu’en un tel lieu il n’y aura rien pour détourner notre attention de notre Dieu. Dans les déserts de l’affliction, la présence du Seigneur devient tout pour nous, et nous prisons sa compagnie au-delà de la valeur que nous lui accordions lorsque nous étions assis sous notre vigne et notre figuier, dans la société de nos semblables. La solitude et l’affliction ramènent l’homme davantage à lui-même et à son Père céleste que tout autre moyen.

Ainsi attirés et mis à part, le Seigneur a des choses de choix à nous dire pour notre consolation. Il « parle à notre cœur », comme porte l’original. Oh ! qu’aujourd’hui cette promesse nous soit expliquée dans notre expérience ! Attirés par l’amour, séparés par l’épreuve, et consolés par l’Esprit de vérité, puissions-nous connaître le Seigneur et chanter de joie !

19 juillet

DES SOULIERS À TOUTE ÉPREUVE

« Que tes verrous soient de fer et d’airain, et que ta vigueur dure autant que tes jours ! » Deutéronome 33:25

Voici deux choses pourvues au pèlerin : des souliers et la force.

Quant aux souliers : ils sont fort nécessaires pour cheminer par des voies rocailleuses, et pour fouler aux pieds des ennemis meurtriers. Nous n’irons pas nu-pieds — cela ne conviendrait pas à des princes du sang royal. Nos souliers ne seront point du tout de l’espèce commune, car ils auront des semelles d’un métal durable, qui ne s’usera pas, la route fût-elle longue et difficile. Nous aurons une protection proportionnée aux nécessités du chemin et du combat. C’est pourquoi marchons hardiment en avant, ne craignant nul mal, quand même nous marcherions sur des serpents, ou poserions le pied sur le dragon lui-même.

Quant à la force : elle durera aussi longtemps que dureront nos jours, et elle sera proportionnée à la charge et au poids de ces jours. Les mots sont peu nombreux — « que ta vigueur dure autant que tes jours » — mais le sens en est plein. Ce jour, nous pouvons nous attendre à l’épreuve, et à un travail qui réclamera de l’énergie, mais nous pouvons tout aussi assurément compter sur une force égale. Cette parole donnée à Aser nous est donnée à nous aussi, qui avons la foi pour nous l’approprier. Élevons-nous à la sainte hardiesse qu’elle est faite pour créer dans le cœur croyant.

20 juillet

L’ATTENDRE

« Il apparaîtra sans péché une seconde fois à ceux qui l’attendent pour leur salut. » Hébreux 9:28

Voilà notre espérance. Celui que nous avons déjà regardé comme venu une première fois pour porter les péchés de plusieurs aura une autre manifestation aux fils des hommes ; c’est là, en soi, une heureuse perspective. Mais ce second avènement porte certaines marques particulières qui le glorifient extrêmement.

Notre Seigneur en aura fini avec l’affaire du péché. Il l’a si bien ôté de son peuple, et en a porté la peine si efficacement, qu’il n’aura plus rien à y faire lors de son second avènement. Il ne présentera aucun sacrifice pour le péché, car il aura entièrement fait disparaître le péché.

Notre Seigneur achèvera alors le salut de son peuple. Il sera finalement et parfaitement sauvé, et jouira à tous égards de la plénitude de ce salut. Il ne vient pas porter le résultat de nos transgressions, mais apporter le résultat de son obéissance ; non pour ôter notre condamnation, mais pour parfaire notre salut.

Notre Seigneur n’apparaît ainsi qu’à ceux qui l’attendent. Il ne sera pas vu sous ce caractère par les hommes dont les yeux sont aveuglés par le moi et le péché. Pour eux, il sera un Juge terrible, et rien de plus. Nous devons d’abord regarder à lui, puis l’attendre ; et dans les deux cas notre regard sera la vie.

21 juillet

BRILLER COMME TANT D’ÉTOILES

« Ceux qui auront été intelligents brilleront comme la splendeur du ciel, et ceux qui auront enseigné la justice à la multitude brilleront comme les étoiles, à toujours et à perpétuité. » Daniel 12:3

Voilà de quoi me réveiller. Voilà qui vaut la peine de vivre. Être intelligent est en soi une noble chose : en ce passage, cela renvoie à une sagesse divine que le Seigneur seul peut accorder. Oh ! me connaître moi-même, connaître mon Dieu, mon Sauveur ! Puissé-je être si divinement enseigné que je mette en pratique la vérité céleste, et que je vive dans sa lumière ! Ma vie est-elle une vie sage ? Est-ce que je cherche ce que je devrais chercher ? Est-ce que je vis comme je souhaiterai avoir vécu lorsque je viendrai à mourir ? Seule une telle sagesse peut m’assurer l’éclat éternel de ces cieux ensoleillés là-haut.

Être un gagneur d’âmes est une glorieuse acquisition. Il me faudrait bien être sage pour amener même une seule âme à la justice ; à plus forte raison pour en amener beaucoup. Oh ! la connaissance de Dieu, des hommes, de la Parole et de Christ, qui me rendra capable de convertir mes semblables, et d’en convertir un grand nombre ! Je voudrais m’y donner, et ne pas prendre de repos que je ne l’aie accompli. Cela vaudra mieux que de gagner des étoiles à la cour. Cela fera de moi une étoile, une étoile brillante, une étoile brillant pour toujours et à jamais ; bien plus, cela me fera briller comme tant d’étoiles. Ô mon âme, éveille-toi ! Seigneur, vivifie-moi !

22 juillet

UN GAGE ÉTERNEL

« Je serai ton fiancé pour toujours ; je serai ton fiancé par la justice, la droiture, la grâce et la miséricorde ; je serai ton fiancé par la fidélité, et tu reconnaîtras l’Éternel. » Osée 2:21-22

Être fiancé au Seigneur ! Quel honneur et quelle joie ! Ô mon âme, Jésus est-il vraiment à toi par ses propres fiançailles pleines de condescendance ? Alors, remarque-le, c’est pour toujours. Jamais il ne rompra son engagement, encore moins ne poursuivra-t-il en divorce une âme qui lui est unie par les liens du mariage.

Trois fois le Seigneur dit : « Je serai ton fiancé. » Quels mots il amoncelle pour exposer ces fiançailles ! La justice intervient pour rendre l’alliance légale ; nul ne peut interdire ces bans légitimes. La droiture sanctionne l’union par son décret : nul ne peut voir folie ou erreur dans ce parti. La grâce garantit que c’est là une union d’amour, car sans amour des fiançailles sont un esclavage, et non un bonheur. Cependant la miséricorde sourit, et même chante ; oui, elle se multiplie en « miséricordes », à cause de la grâce surabondante de cette sainte union.

La fidélité est le greffier, et enregistre le mariage, et le Saint-Esprit y dit « Amen », promettant d’enseigner au cœur fiancé toute la sainte connaissance nécessaire à sa haute destinée. Quelle promesse !

23 juillet

PLUS AUCUN SOUVENIR

« Et je ne me souviendrai plus de leurs péchés ni de leurs iniquités. » Hébreux 10:17

Selon cette alliance pleine de grâce, le Seigneur traite son peuple comme s’il n’avait jamais péché. En pratique, il oublie toutes leurs offenses. Les péchés de toute espèce, il les traite comme s’ils n’avaient jamais été ; comme s’ils étaient tout à fait effacés de sa mémoire. Ô miracle de grâce ! Dieu fait ici ce qui, sous certains aspects, lui est impossible. Sa miséricorde opère des miracles qui surpassent de loin tous les autres miracles.

Notre Dieu ferme les yeux sur notre péché, maintenant que le sacrifice de Jésus a ratifié l’alliance. Nous pouvons nous réjouir en lui sans craindre qu’il ne soit provoqué à la colère contre nous à cause de nos iniquités. Voyez ! Il nous met parmi les enfants ; il nous accepte comme justes ; il prend plaisir en nous comme si nous étions parfaitement saints. Il nous met même à des postes de confiance ; il fait de nous les gardiens de son honneur, les dépositaires des joyaux de la couronne, les intendants de l’Évangile. Il nous juge dignes, et nous confie un ministère ; c’est là la plus haute et la plus spéciale preuve qu’il ne se souvient pas de nos péchés. Même quand nous pardonnons à un ennemi, nous sommes très lents à lui faire confiance ; nous jugeons imprudent de le faire. Mais le Seigneur oublie nos péchés, et nous traite comme si nous n’avions jamais failli. Ô mon âme, quelle promesse est-ce là ! Crois-la, et sois heureuse.

24 juillet

LA PURETÉ PARFAITE

« Celui qui vaincra sera revêtu ainsi de vêtements blancs. » Apocalypse 3:5

Guerrier de la croix, combats toujours ! Ne prends jamais de repos que ta victoire ne soit complète, car ta récompense éternelle se montrera digne d’une vie de guerre.

Vois, voici pour toi la pureté parfaite ! Quelques-uns, à Sardes, gardèrent leurs vêtements sans souillure, et leur récompense est d’être sans tache. La sainteté parfaite est le prix de notre vocation céleste ; ne le manquons pas.

Vois, voici la joie ! Tu porteras des robes de fête, telles que les hommes en revêtent aux noces ; tu seras vêtu d’allégresse, et rendu brillant de réjouissance. Les luttes douloureuses aboutiront à la paix de la conscience, et à la joie dans le Seigneur.

Vois, voici la victoire ! Tu auras ton triomphe. La palme, la couronne et la robe blanche seront ta récompense ; tu seras traité en vainqueur, et reconnu tel par le Seigneur lui-même.

Vois, voici la parure sacerdotale ! Tu te tiendras devant le Seigneur dans un vêtement tel qu’en portaient les fils d’Aaron ; tu offriras les sacrifices d’actions de grâces, et tu t’approcheras du Seigneur avec l’encens de la louange.

Qui ne combattrait pour un Seigneur qui accorde de si grands honneurs au moindre de ses fidèles serviteurs ? Qui ne consentirait à être revêtu d’un habit de fou pour l’amour de Christ, voyant qu’il nous revêtira de gloire ?

25 juillet

RIEN QUI DOIVE NOUS ALARMER

« Et toi, marche vers ta fin ; tu te reposeras, et tu seras debout pour ton héritage à la fin des jours. » Daniel 12:13

Nous ne pouvons comprendre toutes les prophéties, et pourtant nous les considérons avec plaisir, et non avec effroi. Il ne peut rien y avoir dans le décret du Père qui doive à juste titre alarmer son enfant. Quoique l’abomination de la désolation soit dressée, le vrai croyant ne sera pas souillé ; il sera plutôt purifié, blanchi et éprouvé. Quand même la terre serait consumée, nulle odeur de feu ne viendra sur les élus. Au milieu du fracas de la matière et de la ruine des mondes, l’Éternel préservera les siens.

Paisiblement résolus dans le devoir, braves dans le combat, patients dans la souffrance, allons notre chemin, tenant notre route, sans nous en écarter ni nous y attarder. La fin viendra ; allons notre chemin jusqu’à ce qu’elle vienne.

Le repos sera nôtre. Toutes les autres choses vont et viennent de côté et d’autre, mais notre fondement demeure ferme. Dieu repose dans son amour, et c’est pourquoi nous y reposons. Notre paix est, et sera toujours, comme un fleuve. Un lot dans le Canaan céleste est nôtre, et nous nous y tiendrons, advienne que pourra. Le Dieu de Daniel donnera une digne portion à tous ceux qui osent être résolus pour la vérité et la sainteté comme le fut Daniel. Nulle fosse aux lions ne nous privera de notre sûr héritage.

26 juillet

UN CHANGEMENT DE NOM

« En ce jour-là, dit l’Éternel, tu m’appelleras : Mon mari ! et tu ne m’appelleras plus : Mon maître ! J’ôterai de sa bouche les noms des Baals, afin qu’on ne les mentionne plus par leurs noms. » Osée 2:18-19

Ce jour-là est venu. Nous ne voyons plus notre Dieu comme Baal, notre seigneur tyran et notre puissant maître, car nous ne sommes pas sous la loi, mais sous la grâce. Nous pensons maintenant à l’Éternel, notre Dieu, comme à notre Mari, notre époux d’amour, notre seigneur dans l’amour, notre proche parent par les liens d’une relation sacrée. Nous ne le révérons pas moins, mais nous l’aimons davantage. Nous ne le servons pas avec moins d’obéissance, mais nous le servons pour un motif plus haut et plus tendre. Nous ne tremblons plus sous son fouet, mais nous nous réjouissons en son amour. L’esclave est changé en enfant, et la corvée en plaisir.

En est-il ainsi de toi, cher lecteur ? La grâce a-t-elle chassé la crainte servile et implanté l’amour filial ? Que nous sommes heureux dans une telle expérience ! Maintenant nous appelons le jour du Seigneur une délice, et l’adoration n’est jamais un ennui. La prière est désormais un privilège, et la louange une fête. Obéir est un ciel ; donner à la cause de Dieu est un banquet. Ainsi toutes choses sont devenues nouvelles. Notre bouche est remplie de chants, et notre cœur de musique. Béni soit notre céleste Mari, aux siècles des siècles.

27 juillet

PLUS QUE DE SIMPLES PAROLES

« Je vous donnerai les grâces saintes promises à David, ces grâces qui sont assurées. » Actes 13:34

Rien de l’homme n’est sûr ; mais tout ce qui est de Dieu l’est. Sûres entre toutes sont les grâces de l’alliance, ainsi que le disait David : « une alliance éternelle, en tous points bien réglée et offrant pleine sécurité ».

Nous sommes sûrs que le Seigneur pensait vraiment sa miséricorde. Il ne prononça pas de simples paroles : il y a de la substance et de la vérité en chacune de ses promesses. Ses grâces sont des grâces en effet. Même si une promesse semblait devoir tomber par la mort, elle ne le fera jamais, car le bon Seigneur tiendra sa parole.

Nous sommes sûrs que le Seigneur accordera les grâces promises à tous ceux qui sont dans son alliance. Elles viendront en leur temps à tous les élus du Seigneur. Elles sont assurées à toute la postérité, du plus petit d’entre eux jusqu’au plus grand.

Nous sommes sûrs que le Seigneur continuera ses grâces envers son propre peuple. Il ne donne pas pour reprendre. Ce qu’il nous a accordé est le gage de bien davantage. Ce que nous n’avons pas encore reçu est aussi certain que ce qui est déjà venu ; tenons-nous donc devant le Seigneur et demeurons en repos. Il n’y a pas le moindre motif légitime de douter. L’amour, la parole et la fidélité de Dieu sont sûrs. Bien des choses sont douteuses, mais du Seigneur nous chantons : « Car ses grâces demeureront, toujours fidèles, toujours sûres. »

28 juillet

S’ABAISSER ; ÊTRE ÉLEVÉ

« Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu’il vous élève au temps convenable. » 1 Pierre 5:6

Cela équivaut à une promesse : si nous voulons nous abaisser, le Seigneur nous élèvera. L’humilité conduit à l’honneur : la soumission est le chemin de l’exaltation. Cette même main de Dieu qui nous presse vers le bas attend de nous relever quand nous serons prêts à porter la bénédiction. Nous nous baissons pour vaincre. Beaucoup rampent devant les hommes, et manquent pourtant le patronage qu’ils convoitent ; mais celui qui s’humilie sous la main de Dieu ne manquera pas d’être enrichi, relevé, soutenu et consolé par le Tout-Gracieux. C’est une habitude de l’Éternel d’abattre les orgueilleux et d’élever les humbles.

Pourtant il y a un temps pour l’œuvre du Seigneur. Nous devons nous humilier maintenant, à ce moment même ; et nous sommes tenus de continuer à le faire, que le Seigneur pose ou non sur nous sa main affligeante. Quand le Seigneur frappe, c’est notre devoir tout particulier d’accepter le châtiment avec une profonde soumission. Mais quant à l’exaltation que le Seigneur nous réserve, elle ne peut venir qu’« au temps convenable », et Dieu est le meilleur juge de ce jour et de cette heure. Crions-nous avec impatience après la bénédiction ? Voudrions-nous un honneur prématuré ? Où en sommes-nous ? Assurément, nous ne sommes pas vraiment humiliés, ou bien nous attendrions dans une paisible soumission. Faisons donc ainsi.

29 juillet

IL MET EN DÉROUTE NOTRE ENNEMI

« Il a éloigné ton ennemi. » Sophonie 3:15

Quel bannissement que celui-là ! Satan a perdu son trône dans notre nature, tout comme il perdit son siège dans le ciel. Notre Seigneur Jésus a détruit le pouvoir régnant que l’ennemi avait sur nous. Il peut nous tourmenter, mais il ne peut nous réclamer pour siens. Ses liens ne pèsent plus sur nos esprits : le Fils nous a affranchis, et nous sommes réellement libres.

L’archi-ennemi est encore l’accusateur des frères ; mais de cette position même, notre Seigneur l’a chassé. Notre avocat réduit au silence notre accusateur. Le Seigneur réprimande nos ennemis, et plaide les causes de notre âme, en sorte qu’aucun mal ne résulte de toutes les injures du diable.

Comme tentateur, le mauvais esprit nous assaille encore, et s’insinue dans nos pensées ; mais de là aussi il est chassé quant à son ancienne prééminence. Il se tortille comme un serpent, mais il ne peut régner comme un souverain. Il lance des pensées blasphématoires quand il en a l’occasion ; mais quel soulagement, quand il lui est commandé de se taire, et qu’on le fait déguerpir comme un chien fouetté ! Seigneur, fais cela pour quiconque est en ce moment tourmenté et harassé par ses aboiements. Chasse leur ennemi, et sois glorieux à leurs yeux. Tu l’as abattu, Seigneur ; chasse-le. Oh ! puisses-tu le bannir du monde !

30 juillet

PROMESSE D’UNE RENCONTRE FUTURE

« Je vous reverrai, et votre cœur se réjouira. » Jean 16:22

Assurément, il viendra une seconde fois, et alors, quand il nous verra et que nous le verrons, il y aura des réjouissances en vérité. Oh ! ce joyeux retour !

Mais cette promesse s’accomplit chaque jour en un autre sens. Notre Seigneur plein de grâce a bien des « de nouveau » dans ses rapports avec nous. Il nous a donné le pardon, et il nous revoit, et répète la parole qui absout à mesure que de nouveaux péchés nous causent du chagrin. Il nous a révélé notre acceptation devant Dieu, et quand notre foi en cette bénédiction pâlit un peu, il revient à nous encore et encore, et dit : « La paix soit avec vous » ; et nos cœurs sont dans la joie.

Bien-aimés, toutes nos miséricordes passées sont des gages de miséricordes à venir. Si Jésus a été avec nous, il nous reverra. Ne regarde aucune faveur passée comme une chose morte et ensevelie, à pleurer ; mais considère-la comme une semence jetée en terre, qui croîtra, poussera sa tête hors de la poussière, et criera : « Je vous reverrai. » Les temps sont-ils sombres parce que Jésus n’est pas avec nous comme il l’était autrefois ? Reprenons courage ; car il ne restera pas longtemps loin de nous. Ses pieds sont comme ceux de la gazelle ou du jeune faon, et ils le ramèneront bientôt à nous. C’est pourquoi commençons à être joyeux, puisqu’il nous dit dès maintenant : « Je vous reverrai. »

31 juillet

UN APPEL ; UNE DÉLIVRANCE

« Et invoque-moi au jour de la détresse ; je te délivrerai, et tu me glorifieras. » Psaume 50:15

Voilà bien une promesse !

Voici une occasion pressante — « le jour de la détresse ». Il fait sombre en plein midi en un tel jour, et chaque heure semble plus noire que celle qui l’a précédée. C’est alors que cette promesse est de saison : elle est écrite pour le jour nuageux.

Voici un conseil plein de condescendance : « invoque-moi ». Nous ne devrions pas avoir besoin de cette exhortation : ce devrait être notre habitude constante, tout le jour et chaque jour. Quelle miséricorde d’avoir la liberté d’invoquer Dieu ! Quelle sagesse d’en bien user ! Quelle folie de courir çà et là vers les hommes ! Le Seigneur nous invite à exposer notre cas devant lui, et assurément nous n’hésiterons pas à le faire.

Voici un encouragement rassurant : « je te délivrerai ». Quelle que soit l’épreuve, le Seigneur ne fait aucune exception, mais promet une délivrance pleine, sûre et heureuse. Il opérera lui-même notre délivrance de sa propre main. Nous le croyons, et le Seigneur honore la foi.

Voici un résultat final : « tu me glorifieras ». Ah ! cela, nous le ferons très abondamment. Quand il nous aura délivrés, nous le louerons à haute voix ; et puisqu’il ne manquera pas de le faire, commençons à le glorifier dès maintenant.

Sommaire

Le carnet de chèques de la banque de la foi Charles H. Spurgeon

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