Le carnet de chèques de la banque de la foi ·Le Mois de Mai

Chapitre 6 · 40 min de lecture

Le Mois de Mai

1er mai

TOUT PLEIN DE CHANT

« Les montagnes et les collines éclateront d’allégresse devant vous, Et tous les arbres de la campagne battront des mains. » Ésaïe 55:12

Quand le péché est pardonné, notre plus grande douleur prend fin, et notre plus vrai plaisir commence. Telle est la joie que le Seigneur répand sur ceux qu’il a réconciliés, qu’elle déborde et remplit toute la nature de délices. Le monde matériel a en lui une musique latente, et un cœur renouvelé sait la faire jaillir et la rendre vocale. La création est l’orgue, et l’homme plein de grâce en découvre les touches, y pose la main, et éveille tout le système de l’univers à l’harmonie de la louange. Les montagnes et les collines, et les autres grands objets, sont, pour ainsi dire, la basse du chœur ; tandis que les arbres de la forêt, et tout ce qui a vie, reprennent l’air du chant mélodieux.

Quand la Parole de Dieu est rendue prospère parmi nous, et que des âmes sont sauvées, alors tout semble tout plein de chant. Quand nous entendons les confessions des jeunes croyants, et les témoignages des saints bien instruits, nous en sommes si heureux qu’il nous faut louer le Seigneur, et alors il semble que les rochers, les collines, les bois et les champs fassent écho à nos notes de joie, et changent le monde en un orchestre. Seigneur, en ce joyeux jour de mai, conduis-moi dehors dans ton monde harmonieux, aussi riche de louange qu’une alouette en plein chant.

2 mai

SEMER POUR L’ESPRIT

« Celui qui sème pour l’Esprit moissonnera de l’Esprit la vie éternelle. » Galates 6:8

Semer paraît une affaire ruineuse, car nous mettons du bon grain dans la terre pour ne plus le revoir. Semer pour l’Esprit semble une affaire bien chimérique et rêveuse ; car nous nous renonçons nous-mêmes, et, en apparence, nous n’en retirons rien. Pourtant, si nous semons pour l’Esprit en nous appliquant à vivre pour Dieu, en cherchant à obéir à la volonté de Dieu, et en nous dépensant à promouvoir son honneur, nous ne sèmerons pas en vain. La vie sera notre récompense, oui, la vie éternelle. Nous en jouissons ici, à mesure que nous entrons dans la connaissance de Dieu, la communion avec Dieu et la jouissance de Dieu. Cette vie s’écoule comme un fleuve toujours plus profond, toujours plus large, jusqu’à ce qu’elle nous porte à l’océan de la félicité infinie, où la vie de Dieu est nôtre aux siècles des siècles.

Ne semons pas aujourd’hui pour notre chair, car la moisson en sera la corruption, puisque la chair tend toujours de ce côté ; mais, avec une sainte victoire sur nous-mêmes, vivons pour les fins les plus élevées, les plus pures et les plus spirituelles, cherchant à honorer notre très saint Seigneur en obéissant à son très gracieux Esprit. Quelle moisson que celle où nous récolterons la vie éternelle ! Quelles gerbes de béatitude sans fin seront moissonnées ! Quelle fête que cette moisson-là ! Seigneur, fais de nous de tels moissonneurs, pour l’amour de ton Fils.

3 mai

GUETTE LE SIGNAL

« Quand tu entendras un bruit de pas dans les cimes des mûriers, alors hâte-toi, car c’est l’Éternel qui marche devant toi pour battre l’armée des Philistins. » 2 Samuel 5:24

Il y a des signes du mouvement du Seigneur qui devraient nous mettre en mouvement. L’Esprit de Dieu souffle où il veut, et nous en entendons le bruit. Alors est le temps pour nous d’être plus que jamais en mouvement. Nous devons saisir l’occasion précieuse, et en tirer tout le parti possible. C’est à nous de combattre les Philistins en tout temps ; mais quand le Seigneur lui-même sort devant nous, alors nous devons être particulièrement vaillants dans la guerre.

La brise agita les cimes des arbres, et David et ses hommes y virent le signal d’une attaque, et, à leur avance, le Seigneur lui-même battit les Philistins. Oh, qu’aujourd’hui le Seigneur nous donne une occasion de parler pour lui à beaucoup de nos amis ! Soyons aux aguets pour profiter de l’ouverture pleine d’espérance lorsqu’elle vient. Qui sait si ce ne sera pas un jour de bonnes nouvelles, une saison de gain d’âmes. Tenons l’oreille ouverte pour entendre le bruissement du vent, et l’esprit prêt à obéir au signal. Cette promesse, « alors le Seigneur sortira devant toi », n’est-elle pas un encouragement suffisant à agir en homme ? Puisque le Seigneur va devant nous, nous n’osons reculer.

4 mai

LA VICTOIRE DANS LES REVERS

« Ne te réjouis pas à mon sujet, mon ennemie! Car si je suis tombée, je me relèverai; Si je suis assise dans les ténèbres, L’Éternel sera ma lumière. » Michée 7:8

Ceci peut exprimer le sentiment d’un homme ou d’une femme foulé aux pieds et opprimé. Notre ennemi peut, pour une saison, éteindre notre lumière. Il y a pour nous une sûre espérance dans le Seigneur ; et si nous nous confions en lui, et tenons ferme notre intégrité, notre saison d’abattement et de ténèbres sera bientôt passée. Les insultes de l’ennemi ne durent qu’un moment. Le Seigneur changera bientôt leur rire en lamentation, et nos soupirs en chant.

Quand même le grand ennemi des âmes triompherait pour un temps de nous, comme il a triomphé de meilleurs que nous, prenons pourtant courage, car nous le vaincrons avant longtemps. Nous nous relèverons de notre chute, car notre Dieu n’est pas tombé, et il nous relèvera. Nous ne demeurerons pas dans les ténèbres, bien que pour le moment nous y soyons assis ; car notre Seigneur est la source de la lumière, et il nous amènera bientôt un jour joyeux. Ne désespérons pas, ne doutons même pas. Un tour de la roue, et le plus bas sera au sommet. Malheur à ceux qui rient maintenant, car ils gémiront et pleureront quand leur vanterie sera changée en un éternel mépris. Mais heureux tous les saints qui pleurent, car ils seront divinement consolés.

5 mai

POURQUOI RESTER CAPTIF ?

« L’Éternel, ton Dieu, ramènera tes captifs. » Deutéronome 30:3

Le propre peuple de Dieu peut se vendre lui-même en captivité par le péché. C’est là un fruit bien amer, d’une racine excessivement amère. Quel esclavage, lorsque l’enfant de Dieu est vendu sous le péché, tenu dans les chaînes par Satan, privé de sa liberté, dépouillé de sa puissance dans la prière et de son délice dans le Seigneur ! Veillons à ne pas entrer dans un tel esclavage ; mais si cela nous est déjà arrivé, ne désespérons en aucune façon.

Mais nous ne pouvons être tenus en esclavage à jamais. Le Seigneur Jésus a payé un prix trop élevé pour notre rachat pour nous laisser entre les mains de l’ennemi. Le chemin de la liberté, c’est : « Reviens à l’Éternel, ton Dieu. » Là où nous avons d’abord trouvé le salut, nous le retrouverons. Au pied de la croix de Christ, confessant le péché, nous trouverons le pardon et la délivrance. De plus, le Seigneur veut que nous obéissions à sa voix selon tout ce qu’il nous a commandé, et nous devons le faire de tout notre cœur et de toute notre âme, et alors notre captivité prendra fin.

Souvent la dépression de l’esprit et la grande misère de l’âme sont ôtées dès que nous quittons nos idoles et que nous nous inclinons dans l’obéissance devant le Dieu vivant. Nous n’avons pas besoin d’être captifs. Nous pouvons revenir à la cité de Sion, et cela promptement. Seigneur, ramène nos captifs !

6 mai

LE REMÈDE À L’ENVIE

« Que ton cœur n’envie point les pécheurs, Mais qu’il ait toujours la crainte de l’Éternel; Car il est un avenir, Et ton espérance ne sera pas anéantie. » Proverbes 23:17, 18

Quand nous voyons les méchants prospérer, nous sommes portés à les envier. Quand nous entendons le bruit de leur gaieté, et que notre propre esprit est accablé, nous pensons à demi qu’ils ont le meilleur lot. Cela est insensé et coupable. Si nous les connaissions mieux, et surtout si nous nous souvenions de leur fin, nous les prendrions en pitié.

Le remède à l’envie réside dans une vie vécue sous un sentiment constant de la présence divine, adorant Dieu et communiant avec lui tout au long du jour, si long que le jour puisse paraître. La vraie religion élève l’âme dans une région plus haute, où le jugement devient plus clair, et les désirs plus élevés. Plus il y a de ciel dans nos vies, moins nous convoiterons de la terre. La crainte de Dieu chasse l’envie des hommes.

Le coup de grâce de l’envie, c’est une paisible considération de l’avenir. La richesse et la gloire des impies sont un vain spectacle. Cette pompeuse apparence brille pour une heure, puis s’éteint. En quoi le pécheur prospère est-il plus avancé par sa prospérité, quand le jugement le surprend ? Quant à l’homme pieux, sa fin est paix et béatitude, et nul ne peut lui ravir sa joie ; qu’il renonce donc à l’envie, et qu’il soit rempli d’un doux contentement.

7 mai

QUE NUL MAL NE DEMEURE

« Rien de ce qui sera dévoué par interdit ne s’attachera à ta main, afin que l’Éternel revienne de l’ardeur de sa colère, qu’il te fasse miséricorde et grâce, et qu’il te multiplie, comme il l’a juré à tes pères. » Deutéronome 13:17

Israël devait conquérir les villes idolâtres, et en détruire tout le butin, regardant tout ce qui avait été souillé par l’idolâtrie comme une chose maudite qu’il fallait brûler par le feu. Or, le péché de toute sorte doit être traité par les chrétiens de la même manière. Nous ne devons laisser subsister une seule mauvaise habitude. C’est désormais la guerre au couteau contre les péchés de toute sorte et de toute grandeur, qu’ils soient du corps, de l’esprit ou de l’âme. Nous ne regardons pas cet abandon du mal comme méritant la miséricorde, mais nous le regardons comme un fruit de la grâce de Dieu, que nous ne voudrions manquer à aucun prix.

Quand Dieu nous porte à n’avoir aucune pitié de nos péchés, alors il a une grande pitié de nous. Quand nous sommes en colère contre le mal, Dieu n’est plus en colère contre nous. Quand nous multiplions nos efforts contre l’iniquité, le Seigneur multiplie nos bénédictions. Le chemin de la paix, de la croissance, de la sûreté, de la joie en Christ Jésus, se trouvera en suivant ces paroles : « Rien de ce qui est dévoué par interdit ne s’attachera à ta main. » Seigneur, purifie-moi en ce jour. La compassion, la prospérité, l’accroissement et la joie seront assurément donnés à ceux qui écartent le péché par une solennelle résolution.

8 mai

ON DEMANDE DE L’AIDE

« Allez aussi à ma vigne, leur dit-il. » Matthieu 20:7

Oui, il y a de l’ouvrage dans la vigne de Christ pour les vieux corps. C’est la onzième heure, et pourtant il veut bien nous laisser travailler. Quelle grande grâce que celle-là ! Assurément, tout vieillard devrait sauter sur cette invitation ! Une fois que les hommes sont avancés en âge, personne ne veut d’eux comme serviteurs ; ils vont de boutique en boutique, et les employeurs regardent leurs cheveux gris, et secouent la tête. Mais Jésus embauchera les vieilles gens, et leur donnera même un bon salaire ! Voilà de la miséricorde en vérité. Seigneur, aide les personnes âgées à s’enrôler à ton service sans une heure de retard.

Mais le Seigneur paiera-t-il un salaire à de vieux hommes épuisés ? N’en doute pas. Il dit qu’il te donnera ce qui est juste si tu veux travailler dans son champ. Il te donnera certainement la grâce ici et la gloire dans l’au-delà. Il t’accordera la consolation présente et le repos futur ; une force égale à ton jour, et une vision de la gloire quand viendra la nuit de la mort. Tout cela, le Seigneur Jésus le donnera aussi librement au vieillard converti qu’à celui qui entre à son service dans sa jeunesse.

Que je dise ceci à quelque vieil homme ou à quelque vieille femme non sauvés, et que je prie le Seigneur de le bénir, pour l’amour de Jésus. Où puis-je trouver de telles personnes ? Je serai à leur recherche, et je leur annoncerai la nouvelle avec bonté.

9 mai

SE CONFIER, C’EST LA JOIE

« Car notre cœur met en lui sa joie, Car nous avons confiance en son saint nom. » Psaume 33:21

La racine de la foi produit la fleur de la joie du cœur. Nous pouvons ne pas nous réjouir tout d’abord, mais cela vient en son temps. Nous nous confions au Seigneur quand nous sommes tristes, et en la saison voulue il répond si bien à notre confiance que notre foi se change en fruition, et que nous nous réjouissons dans le Seigneur. Le doute engendre la détresse, mais la confiance signifie la joie, à la longue.

L’assurance exprimée par le Psalmiste en ce verset est en réalité une promesse tenue dans les mains d’une sainte confiance. Oh, que la grâce nous soit donnée de nous l’approprier. Si nous ne nous réjouissons pas en ce moment, nous le ferons pourtant, aussi sûrement que le Dieu de David est notre Dieu.

Méditons le saint nom du Seigneur, afin de mieux nous confier en lui et de nous réjouir plus promptement. Il est, dans son caractère, saint, juste, vrai, plein de grâce, fidèle et immuable. Un tel Dieu n’est-il pas digne de confiance ? Il est tout sage, tout-puissant, et présent partout ; ne pouvons-nous pas nous appuyer sur lui avec allégresse ? Oui, nous le ferons sur-le-champ, et sans réserve. Jéhovah-Jiré pourvoira, Jéhovah-Shalom enverra la paix, Jéhovah-Tsidkénu justifiera, Jéhovah-Shamma sera à jamais proche, et en Jéhovah-Nissi nous vaincrons tout ennemi. Ceux qui connaissent ton nom se confient en toi ; et ceux qui se confient en toi se réjouissent en toi, ô Seigneur.

10 mai

NE CRAINDRE QUE DIEU

« C’est donc avec assurance que nous pouvons dire: Le Seigneur est mon aide, je ne craindrai rien; Que peut me faire un homme? » Hébreux 13:6

Parce que Dieu ne nous laissera ni ne nous abandonnera jamais, nous pouvons bien nous contenter de ce que nous avons. Puisque le Seigneur est nôtre, nous ne pouvons être laissés sans un ami, sans un trésor et sans une demeure. Cette assurance peut nous rendre tout à fait indépendants des hommes. Sous un si haut patronage, nous ne sommes pas tentés de ramper devant nos semblables et de leur demander la permission d’appeler notre vie la nôtre ; mais ce que nous disons, nous le disons hardiment, et défions la contradiction.

Celui qui craint Dieu n’a rien d’autre à craindre. Nous devrions éprouver une telle crainte respectueuse du Seigneur vivant que toutes les menaces du plus orgueilleux persécuteur n’auraient pas plus d’effet sur nous que le sifflement du vent. L’homme, de nos jours, ne peut pas autant contre nous qu’il le pouvait quand l’apôtre écrivit le verset placé en tête de cette page. Les chevalets et les bûchers sont passés de mode. Le géant Pape ne peut plus brûler les pèlerins aujourd’hui. Si les disciples des faux docteurs essaient la cruelle moquerie et le mépris, nous ne nous en étonnons pas, car les hommes de ce monde ne peuvent aimer la semence céleste. Qu’importe ? Nous devons supporter le mépris du monde. Il ne brise aucun os. Dieu aidant, soyons hardis, et quand le monde tempête, qu’il tempête, mais ne le craignons point.

11 mai

ATTENDS LA FIN

« Gad sera assailli par des bandes armées, Mais il les assaillira et les poursuivra. » Genèse 49:19

Certains d’entre nous ont été comme la tribu de Gad. Nos adversaires, pour un temps, étaient trop nombreux pour nous, ils fondirent sur nous comme une bande. Oui, et pour le moment ils nous vainquirent ; et ils exultèrent grandement à cause de leur victoire passagère. Ainsi ne firent-ils que prouver que la première partie de l’héritage de la famille était vraiment nôtre, car le peuple de Christ, comme Dan, aura une bande qui le vaincra. Cette défaite est fort pénible, et nous aurions désespéré si nous n’avions par la foi cru la seconde ligne de la bénédiction de notre père : « Il vaincra à la fin. » « Tout est bien qui finit bien », disait le poète du monde ; et il disait vrai. Une guerre doit être jugée, non par les premiers succès ou les premières défaites, mais par ce qui arrive « à la fin ». Le Seigneur donnera à la vérité et à la justice la victoire « à la fin » ; et, comme le dit M. Bunyan, cela veut dire pour toujours, car rien ne peut venir après la fin.

Ce dont nous avons besoin, c’est d’une patiente persévérance dans le bien, d’une calme confiance en notre glorieux Capitaine. Christ, notre Seigneur Jésus, voudrait nous enseigner son saint art de rendre le visage dur comme un caillou pour aller jusqu’au bout du travail ou de la souffrance, jusqu’à ce que nous puissions dire : « Tout est accompli. » Alléluia. Victoire ! Victoire ! Nous croyons la promesse : « Il vaincra à la fin. »

12 mai

LES SERVITEURS HONORÉS

« Celui qui soigne un figuier en mangera le fruit, Et celui qui garde son maître sera honoré. » Proverbes 27:18

Celui qui entretient le figuier a des figues pour sa peine, et celui qui sert un bon maître a l’honneur pour récompense. En vérité, le Seigneur Jésus est le meilleur des maîtres, et c’est un honneur que d’être admis à accomplir le moindre acte pour l’amour de lui. Servir certains seigneurs, c’est veiller sur un pommier sauvage et manger les pommes acides pour tout salaire ; mais servir mon Seigneur Jésus, c’est garder un figuier des figues les plus douces. Son service est en lui-même un délice, y persévérer est une promotion, y réussir est la béatitude ici-bas, et sa récompense est la gloire là-haut.

Nos plus grands honneurs seront recueillis en cette saison où les figues seront mûres, c’est-à-dire dans le monde à venir. Les anges, qui sont maintenant nos serviteurs, nous porteront à la maison quand la tâche de notre journée sera achevée. Le ciel, où Jésus est, sera notre honorable demeure, la béatitude éternelle notre honorable part, et le Seigneur lui-même notre honorable compagnon. Qui peut imaginer tout le sens de cette promesse : « Celui qui garde son maître sera honoré » ?

Seigneur, aide-moi à servir mon Maître. Laisse-moi abandonner toute idée d’honneur jusqu’à l’heure où toi-même tu m’honoreras. Que ton Saint-Esprit fasse de moi un ouvrier humble et patient, qui sait attendre !

13 mai

LE JOUR EST PROCHE

« Et je lui donnerai l’étoile du matin. » Apocalypse 2:28

Jusqu’à ce que le jour paraisse et que les ombres fuient, quelle bénédiction de voir en Jésus « l’étoile du matin » ! Je me souviens que nous lûmes dans les journaux le vain récit que l’étoile de Bethléem avait de nouveau paru. En nous renseignant, nous trouvâmes que ce n’était que « l’étoile du matin » ; mais, après tout, on ne s’était pas beaucoup trompé.

Le mieux est de voir Jésus comme le soleil ; mais quand nous ne le pouvons pas, ce qui vaut le mieux ensuite est de le voir comme cette étoile qui annonce le jour, et montre que la lumière éternelle est tout près. Si je ne suis pas aujourd’hui tout ce que j’espère être, je vois pourtant Jésus, et cela m’assure qu’un jour je serai semblable à lui. Voir Jésus par la foi est le gage de le contempler dans sa gloire et d’être transformé à son image. Si je n’ai pas à cette heure toute la lumière et toute la joie que je pourrais désirer, je les aurai pourtant ; car, aussi sûrement que je vois l’étoile du matin, je verrai le jour. L’étoile du matin n’est jamais loin du soleil.

Viens, mon âme, le Seigneur t’a-t-il donné l’étoile du matin ? Tiens-tu ferme cette vérité, cette grâce, cette espérance et cet amour que le Seigneur t’a donnés ? Alors tu possèdes en cela l’aube de la gloire à venir. Celui qui te fait vaincre le mal et persévérer dans la justice t’a par là donné l’étoile du matin.

14 mai

L’INCISION QUI GUÉRIT

« Venez, retournons à l’Éternel! Car il a déchiré, mais il nous guérira; Il a frappé, mais il bandera nos plaies. » Osée 6:1

C’est la manière du Seigneur de déchirer avant de guérir. C’est là l’honnête amour de son cœur, et la sûre chirurgie de sa main. Il meurtrit aussi avant de bander, sinon l’ouvrage serait incertain. La loi vient avant l’Évangile ; le sentiment du besoin avant le fait d’y pourvoir. Le lecteur est-il maintenant sous la main convaincante et écrasante de l’Esprit ? A-t-il de nouveau reçu un esprit de servitude qui mène à la crainte ? C’est là un salutaire préliminaire à la véritable guérison de l’Évangile, à ce vrai pansement.

Ne désespère pas, cher cœur, mais viens au Seigneur avec toutes tes plaies déchiquetées, tes noires meurtrissures et tes plaies suppurantes. Lui seul peut guérir, et il prend plaisir à le faire. C’est l’office de notre Seigneur de bander ceux qui ont le cœur brisé, et il y est glorieusement à son aise. Ne tardons pas, mais retournons aussitôt à l’Éternel dont nous nous étions égarés. Montrons-lui nos plaies béantes, et supplions-le de reconnaître sa propre œuvre et de l’achever. Un chirurgien fera-t-il une incision, pour ensuite laisser son patient se vider de son sang jusqu’à la mort ? Le Seigneur abattra-t-il notre vieille maison, pour ensuite refuser de nous en bâtir une meilleure ? Accrois-tu jamais gratuitement la misère des pauvres âmes anxieuses ? Loin de toi cela, ô Seigneur.

15 mai

LES LIEUX ÉLEVÉS DE DIEU

« Je le protégerai, puisqu’il connaît mon nom. » Psaume 91:14

Le Seigneur me dit-il cela ? Oui, si j’ai connu son nom. Béni soit le Seigneur, je ne lui suis point étranger. Je l’ai éprouvé, je l’ai mis à l’épreuve, je l’ai connu, et c’est pourquoi je me confie en lui. Je connais son nom comme celui d’un Dieu qui hait le péché, car par la puissance convaincante de son Esprit on m’a enseigné qu’il ne fermera jamais les yeux sur le mal. Mais je le connais aussi comme le Dieu qui pardonne le péché en Christ Jésus, car il m’a pardonné toutes mes fautes. Son nom est fidélité, et je le sais, car il ne m’a jamais abandonné, quoique mes détresses se soient multipliées sur moi.

Cette connaissance est un don de la grâce, et le Seigneur en fait la raison pour laquelle il accorde un autre don de grâce, à savoir de nous placer en un lieu élevé. C’est grâce sur grâce. Remarque que si nous grimpons nous-mêmes en haut, la position peut être dangereuse ; mais si le Seigneur nous y place, elle est sûre. Il peut nous élever à une grande utilité, à une éminente expérience, au succès dans le service, à la direction parmi les ouvriers, à une place de père parmi les petits. S’il ne le fait pas, il peut nous placer en haut par une communion intime, une claire intelligence, un saint triomphe, et une gracieuse anticipation de la gloire éternelle. Quand Dieu nous place en haut, Satan lui-même ne peut nous en faire descendre. Oh, que tel soit notre cas tout au long de ce jour !

16 mai

NOUS RECEVONS COMME NOUS DONNONS

« Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde! » Matthieu 5:7

Il n’est pas juste que l’homme qui ne veut pas pardonner soit pardonné, ni que celui qui ne veut pas donner au pauvre voie ses propres besoins soulagés. Dieu nous mesurera avec nos propres mesures, et ceux qui ont été des maîtres durs et des créanciers durs trouveront que le Seigneur agira durement envers eux. « Le jugement est sans miséricorde pour qui n’a pas fait miséricorde. »

En ce jour, efforçons-nous de donner et de pardonner. Prenons garde aux deux vertus jumelles : supporter et se supporter. Soyons bons, doux et tendres. Ne mettons pas de dures interprétations sur la conduite des hommes, ne concluons pas de durs marchés, ne cherchons pas de sottes querelles, et ne soyons pas difficiles à contenter. Assurément, nous désirons être bénis, et nous voulons aussi obtenir miséricorde : soyons miséricordieux, afin d’obtenir miséricorde. Remplissons la condition, afin de mériter la béatitude. N’est-ce pas un agréable devoir que d’être bon ? N’y a-t-il pas bien plus de douceur en cela qu’à être fâché et sans générosité ? Mais oui, il y a une béatitude dans la chose même ! De plus, l’obtention de la miséricorde est une riche récompense. Qu’est-ce, sinon la grâce souveraine, qui pourrait suggérer une telle promesse ? Nous sommes miséricordieux envers notre semblable pour quelques pièces, et le Seigneur nous remet « toute cette dette ».

17 mai

NUL BESOIN DE LÉSINER

« Les hommes intègres héritent le bonheur. » Proverbes 28:10

Le livre des Proverbes est aussi un livre de promesses. Les promesses devraient être des proverbes parmi le peuple de Dieu. En voici une bien remarquable. Nous sommes accoutumés à penser à nos biens comme à un héritage en réserve, mais ici on nous dit que nous les aurons en possession.

Toute la malice et toute la ruse de nos ennemis ne peuvent opérer notre destruction : ils tomberont dans la fosse qu’ils ont creusée. Notre héritage nous est si bien assuré que nous n’en serons pas exclus, ni détournés du chemin au point de le manquer.

Mais qu’avons-nous dès maintenant ? Nous avons une conscience tranquille par le sang précieux de Jésus. Nous avons l’amour de Dieu posé sur nous, hors de tout changement. Nous avons du pouvoir auprès de Dieu dans la prière, en tout temps de besoin. Nous avons la providence de Dieu pour veiller sur nous, les anges de Dieu pour nous servir, et, par-dessus tout, l’Esprit de Dieu pour habiter en nous. En fait, toutes choses sont à nous. « Soit les choses présentes, soit les choses à venir, tout est à vous. » Jésus est à nous. Oui, la divine Trinité dans l’unité est à nous. Alléluia. Ne languissons pas, ne gémissons pas, ne lésinons pas et ne peinons pas comme des esclaves, puisque nous avons de bonnes choses en possession. Vivons de notre Dieu et réjouissons-nous en lui tout au long du jour. Aide-nous, ô Saint-Esprit !

18 mai

DES PERTES RÉPARÉES

« Je vous remplacerai les années Qu’ont dévorées la sauterelle. » Joël 2:25

Oui, ces années gaspillées sur lesquelles nous soupirons nous seront rendues. Dieu peut nous donner une grâce si abondante que nous entasserons dans le reste de nos jours autant de service qu’il en faudra pour compenser en quelque mesure ces années d’irrégénération sur lesquelles nous pleurons dans une humble pénitence.

Les sauterelles du relâchement, de la mondanité, de la tiédeur, sont maintenant considérées par nous comme un terrible fléau. Oh, qu’elles ne se fussent jamais approchées de nous ! Le Seigneur, dans sa miséricorde, les a maintenant ôtées, et nous voici pleins de zèle pour le servir. Béni soit son nom, nous pouvons faire lever des moissons de grâces spirituelles telles qu’elles feront disparaître notre ancienne stérilité. Par une riche grâce, nous pouvons mettre à profit notre amère expérience, et nous en servir pour avertir les autres. Nous pouvons nous enraciner davantage dans l’humilité, la dépendance enfantine et la spiritualité pénitente, à cause de nos manquements passés. Si nous sommes plus vigilants, plus zélés et plus tendres, nous gagnerons par nos lamentables pertes. Les années gaspillées, par un miracle d’amour, peuvent être restaurées. Cela semble-t-il un bienfait trop grand ? Croyons-le, vivons pour cela, et nous pourrons encore le réaliser, comme Pierre devint un homme d’autant plus utile après que sa présomption eut été guérie par la découverte de sa faiblesse. Seigneur, aide-nous par ta grâce.

19 mai

NOUS POUVONS PARLER POUR DIEU

« C’est pourquoi ainsi parle l’Éternel: Si tu te rattaches à moi, je te répondrai, et tu te tiendras devant moi; Si tu sépares ce qui est précieux de ce qui est vil, tu seras comme ma bouche. » Jérémie 15:19

Pauvre Jérémie ! Et pourtant, pourquoi disons-nous cela ? Le prophète qui pleurait était l’un des plus choisis serviteurs de Dieu, et honoré de lui au-dessus de beaucoup. Il était haï pour avoir dit la vérité. La parole qui lui était si douce était amère à ses auditeurs, et pourtant il était agréé de son Seigneur. Il lui était commandé de demeurer dans sa fidélité, et alors le Seigneur continuerait de parler par lui. Il devait traiter les hommes avec hardiesse et vérité, et accomplir l’œuvre de vannage du Seigneur sur les professants de son temps, et alors le Seigneur lui donna cette parole : « Tu seras comme ma bouche. »

Quel honneur ! Tout prédicateur, oui, tout croyant, ne devrait-il pas le convoiter ? Que Dieu parle par nous, quelle merveille ! Nous parlerons une vérité sûre et pure ; et nous la parlerons avec puissance. Notre parole ne reviendra pas sans effet ; elle sera une bénédiction pour ceux qui la reçoivent, et ceux qui la refusent le feront à leurs risques et périls. Nos lèvres en nourriront beaucoup. Nous réveillerons ceux qui dorment et appellerons les morts à la vie.

Ô cher lecteur, prie qu’il en soit ainsi pour tous les serviteurs envoyés de notre Seigneur.

20 mai

NOUS N’OSONS DOUTER

« Je marcherai devant toi, J’aplanirai les chemins montueux, Je romprai les portes d’airain, Et je briserai les verrous de fer. » Ésaïe 45:2

Ceci était pour Cyrus ; mais c’est à jamais l’héritage de tous les serviteurs spirituels du Seigneur. Avançons seulement par la foi, et notre chemin nous sera dégagé. Les détours et les méandres de la ruse humaine et de la subtilité satanique seront redressés pour nous ; nous n’aurons pas à suivre leurs sinueux détours. Les portes d’airain seront brisées, et les barres de fer qui les fermaient seront coupées. Nous n’aurons besoin ni du bélier ni du levier : le Seigneur lui-même fera pour nous l’impossible, et l’inattendu deviendra un fait.

Ne nous asseyons pas dans une lâche crainte. Pressons-nous en avant sur le sentier du devoir ; car le Seigneur l’a dit : « Je marcherai devant toi. » Ce n’est pas à nous de raisonner le pourquoi ; c’est à nous seulement d’oser et de nous élancer en avant. C’est l’œuvre du Seigneur, et il nous rendra capables de l’accomplir : tous les obstacles doivent céder devant lui. N’a-t-il pas dit : « Je romprai les portes d’airain » ? Qu’est-ce qui peut entraver son dessein ou déjouer ses décrets ? Ceux qui servent Dieu ont des ressources infinies. Le chemin est libre pour la foi, quoique barré à la force humaine. Quand l’Éternel dit : « Je », comme il le fait deux fois dans cette promesse, nous n’osons douter.

21 mai

DE LA PLUIE SANS NUAGES ? JAMAIS !

« Quand les nuages sont pleins de pluie, ils la répandent sur la terre. » Ecclésiaste 11:3

Pourquoi donc redoutons-nous les nuages qui obscurcissent maintenant notre ciel ? Il est vrai que, pour un temps, ils cachent le soleil, mais le soleil n’est pas éteint ; il brillera de nouveau avant longtemps. Cependant, ces nuages noirs sont remplis de pluie ; et plus ils sont noirs, plus ils sont susceptibles de rendre d’abondantes ondées. Comment pourrions-nous avoir de la pluie sans nuages ?

Nos épreuves nous ont toujours apporté des bénédictions, et elles le feront toujours. Elles sont les sombres chariots d’une brillante grâce. Ces nuages se videront avant longtemps, et chaque tendre herbe n’en sera que plus joyeuse de l’ondée. Notre Dieu peut nous tremper de chagrin, mais il ne nous noiera pas de colère ; non, il nous rafraîchira de miséricorde. Les lettres d’amour de notre Seigneur nous parviennent souvent dans des enveloppes bordées de noir. Ses chariots grondent, mais ils sont chargés de bienfaits. Sa verge fleurit de douces fleurs et de fruits nourrissants. Ne nous inquiétons pas des nuages, mais chantons parce que les fleurs de mai nous sont apportées à travers les nuages et les ondées d’avril.

Ô Seigneur, les nuages sont la poussière de tes pieds ! Comme tu es proche au jour nuageux et sombre ! L’amour te contemple, et se réjouit. La foi voit les nuages se vider et faire tressaillir de joie les petites collines de toutes parts.

22 mai

LE CHANT DE LA CONFIANCE

« Quand je marche au milieu de la détresse, tu me rends la vie, Tu étends ta main sur la colère de mes ennemis, Et ta droite me sauve. » Psaume 138:7

Misérable, de marcher au milieu de la détresse. Non, marche bénie, puisqu’il y a pour elle une promesse particulière. Donne-moi une promesse, et qu’est-ce que la détresse ? Que m’enseigne ici mon Seigneur à dire ? Eh bien, ceci : « Tu me rends la vie. » J’aurai plus de vie, plus d’énergie, plus de foi. N’en est-il pas souvent ainsi, que la détresse nous ranime, comme un souffle d’air frais quand on est prêt à défaillir ?

Comme mes ennemis sont irrités, et surtout l’archi-ennemi ! Étendrai-je ma main et combattrai-je mes adversaires ? Non, ma main est mieux employée à rendre service à mon Seigneur. D’ailleurs, il n’en est pas besoin, car mon Dieu se servira de son bras qui atteint tout, et il les traitera bien mieux que je ne le pourrais si je l’essayais. « A moi la vengeance, à moi la rétribution, dit le Seigneur. » De sa propre droite de puissance et de sagesse, il me sauvera, et que puis-je désirer de plus ?

Viens, mon cœur, redis-toi cette promesse jusqu’à ce que tu puisses t’en servir comme du chant de ta confiance, du réconfort de ta solitude. Prie d’être toi-même ranimé, et laisse le reste au Seigneur, qui accomplit toutes choses pour toi.

23 mai

UNE ENTIÈRE CONFIANCE EN DIEU

« Car il délivrera le pauvre qui crie, Et le malheureux qui n’a point d’aide. » Psaume 72:12

Le nécessiteux crie ; que peut-il faire d’autre ? Son cri est entendu de Dieu ; qu’a-t-il besoin de faire d’autre ? Que le lecteur nécessiteux se mette aussitôt à crier, car ce sera sa sagesse. Ne crie pas aux oreilles des amis, car même s’ils peuvent t’aider, ce n’est que parce que le Seigneur les y rend capables. Le plus court chemin est d’aller droit à Dieu, et de laisser ton cri monter devant lui. Qui va droit court le mieux : cours au Seigneur, et non aux causes secondes.

« Hélas ! » cries-tu, « je n’ai ni ami ni aide. » Tant mieux ; tu peux t’appuyer sur Dieu dans ces deux qualités — comme étant sans ressources et sans secours. Fais de ton double besoin ta double supplication. Même pour les miséricordes temporelles, tu peux t’attendre à Dieu, car il prend soin de ses enfants dans ces soucis passagers. Quant aux nécessités spirituelles, qui sont les plus lourdes de toutes, le Seigneur entendra ton cri, et il te délivrera et pourvoira à tes besoins.

Ô pauvre ami, éprouve ton riche Dieu. Ô toi qui es sans secours, appuie-toi sur son aide. Il ne m’a jamais fait défaut, et je suis sûr qu’il ne te fera jamais défaut. Viens comme un mendiant, et Dieu ne te refusera pas son aide. Viens sans autre titre que sa grâce. Jésus est Roi ; te laissera-t-il périr de misère ? Quoi ! l’avais-tu oublié ?

24 mai

UN SEUL FAIT LA MAJORITÉ !

« Un seul d’entre vous en poursuivait mille; car l’Éternel, votre Dieu, combattait pour vous, comme il vous l’a dit. » Josué 23:10

Pourquoi compter les têtes ? Un seul homme avec Dieu fait la majorité, quand bien même il y aurait mille hommes de l’autre côté. Parfois nos auxiliaires peuvent être trop nombreux pour que Dieu travaille avec eux, comme ce fut le cas avec Gédéon, qui ne put rien faire tant qu’il n’eut réduit ses forces en éclaircissant leurs rangs. Mais les armées du Seigneur ne sont jamais trop peu nombreuses. Quand Dieu voulut fonder une nation, il appela Abram seul et le bénit. Quand il voulut vaincre l’orgueilleux Pharaon, il n’employa aucune armée, mais seulement Moïse et Aaron. Le « ministère d’un seul homme », comme l’appellent certains sages, a été bien plus employé du Seigneur que les troupes exercées avec leurs officiers. Tous les Israélites ensemble tuèrent-ils autant d’ennemis que Samson à lui seul ? Saül et ses armées tuèrent leurs milliers, mais David ses dix milliers.

Le Seigneur peut donner de longues chances à l’ennemi et pourtant le vaincre. Si nous avons la foi, nous avons Dieu avec nous, et que sont les multitudes d’hommes ? Un seul chien de berger peut chasser devant lui un grand troupeau de brebis. Si le Seigneur t’a envoyé, ô mon frère, sa force accomplira son divin dessein. C’est pourquoi, appuie-toi sur la promesse, et sois très courageux.

25 mai

LE TRÉSOR DE DIEU

« L’Éternel t’ouvrira son bon trésor. » Deutéronome 28:12

Ceci se rapporte d’abord à la pluie. Le Seigneur la donnera en sa saison. La pluie est l’emblème de tous ces rafraîchissements célestes que le Seigneur est prêt à répandre sur son peuple. Oh, une abondante ondée pour rafraîchir l’héritage du Seigneur !

Il nous semble que le trésor de Dieu ne puisse être ouvert que par un grand prophète comme Élie, mais il n’en est rien, car cette promesse est pour tous les fidèles en Israël, et, en vérité, pour chacun d’eux. Ô ami croyant, « le Seigneur t’ouvrira son bon trésor ». Toi aussi, tu pourras voir le ciel ouvert, y avancer la main et en tirer ta portion, oui, et une portion pour tous tes frères qui t’entourent. Demande ce que tu voudras, et cela ne te sera pas refusé, si tu demeures en Christ, et que ses paroles demeurent en toi.

Jusqu’à présent, tu n’as pas connu tous les trésors de ton Seigneur, mais il les ouvrira à ton intelligence. Certainement, tu n’as pas encore joui de la plénitude des richesses de son alliance, mais il dirigera ton cœur vers son amour, et révélera Jésus en toi. Le Seigneur seul peut faire cela pour toi ; mais voici sa promesse, et si tu veux écouter avec soin sa voix, et obéir à sa volonté, ses richesses en gloire, par Christ Jésus, seront tiennes.

26 mai

LES CHOSES LES PLUS COMMUNES BÉNIES

« Vous servirez l’Éternel, votre Dieu, et il bénira votre pain et vos eaux. » Exode 23:25

Quelle promesse que celle-là ! Servir Dieu est en soi un haut délice. Mais quel privilège de plus que d’avoir la bénédiction du Seigneur reposant sur nous en toutes choses ! Nos choses les plus communes deviennent bénies quand nous-mêmes sommes consacrés au Seigneur. Notre Seigneur Jésus prit du pain et le bénit ; voici, nous aussi mangeons d’un pain béni. Jésus bénit l’eau et la changea en vin : l’eau que nous buvons vaut bien mieux pour nous qu’aucun des vins dont les hommes s’égaient ; chaque goutte porte en elle une bénédiction. La bénédiction divine repose sur l’homme de Dieu en toutes choses, et elle demeurera avec lui en tout temps.

Que nous n’ayons que du pain et de l’eau ! C’est pourtant du pain et de l’eau bénis. Du pain et de l’eau, nous en aurons. Cela est sous-entendu, car il faut qu’il y en ait pour que Dieu le bénisse. « Ton pain te sera donné, ton eau te sera assurée. » Avec Dieu à notre table, nous ne demandons pas seulement une bénédiction, mais nous en avons une. Ce n’est pas seulement à l’autel, mais à la table, qu’il nous bénit. Il sert bien ceux qui le servent bien. Cette bénédiction de la table n’est pas de dette, mais de grâce. En vérité, c’est une grâce abondante ; il nous accorde la grâce de le servir, par sa grâce nous nourrit de pain, puis dans sa grâce le bénit.

27 mai

TELLE LA VIE, TEL LE FRUIT

« Car si ces choses sont en vous, et y sont avec abondance, elles ne vous laisseront point oisifs ni stériles pour la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ. » 2 Pierre 1:8

Si nous désirons glorifier notre Seigneur par la fécondité, nous devons avoir certaines choses au-dedans de nous ; car rien ne peut sortir de nous qui ne soit d’abord au-dedans de nous. Nous devons commencer par la foi, qui est le fondement de toutes les vertus ; puis y ajouter avec diligence la vertu, la connaissance, la tempérance et la patience. À celles-ci nous devons joindre la piété et l’amour fraternel. Toutes ces choses réunies nous feront très assurément produire, comme fruit de notre vie, les grappes de l’utilité, et nous ne serons pas de simples connaisseurs oisifs, mais de vrais faiseurs de la Parole. Ces choses saintes ne doivent pas seulement être en nous, mais y abonder, sinon nous serons stériles. Le fruit est le débordement de la vie, et nous devons être remplis avant de pouvoir déborder.

Nous avons remarqué des hommes de talents et d’occasions considérables qui n’ont jamais réussi à faire un vrai bien dans la conversion des âmes ; et après une observation attentive, nous avons conclu qu’il leur manquait certaines grâces absolument essentielles à la fructification. Pour une utilité réelle, les grâces valent mieux que les dons. Tel est l’homme, telle est son œuvre. Si nous voulons mieux faire, il nous faut être meilleurs. Que le texte soit un doux avertissement aux professants stériles, et à moi-même aussi.

28 mai

RAPPELLE À DIEU SA PROMESSE

« Et toi, tu as dit: Je te ferai du bien. » Genèse 32:12

C’est là le moyen sûr de prévaloir auprès du Seigneur dans la prière. Nous pouvons humblement lui rappeler ce qu’il a dit. Notre fidèle Dieu ne reviendra jamais sur sa parole, et ne la laissera pas inaccomplie ; pourtant il aime à être consulté par son peuple, et à ce qu’on lui rappelle sa promesse. Cela rafraîchit leur mémoire, ranime leur foi, et renouvelle leur espérance. La Parole de Dieu est donnée, non pour lui, mais pour nous. Ses desseins sont arrêtés, et il n’a besoin de rien pour le lier à son dessein de faire du bien à son peuple ; mais il donne la promesse pour notre affermissement et notre consolation. C’est pourquoi il désire que nous la plaidions, et que nous lui disions : « Tu as dit. »

« Je te ferai du bien », voilà l’essence même de toutes les gracieuses paroles du Seigneur. Insiste particulièrement sur le mot « certainement ». Il nous fera du bien, un bien réel, un bien durable, rien que du bien, tout bien. Il nous rendra bons, et c’est là nous faire du bien au plus haut degré. Il nous traitera comme il traite ses saints tandis que nous sommes ici, et cela est bon. Il nous prendra bientôt pour être avec Jésus et tous ses élus, et cela est souverainement bon. Avec cette promesse dans nos cœurs, nous n’avons à craindre ni Ésaü irrité, ni personne d’autre. Si le Seigneur veut nous faire du bien, qui peut nous faire du mal ?

29 mai

LES PÊCHEURS LE SUIVENT

« Jésus leur dit: Suivez-moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » Marc 1:17

Ce n’est qu’en venant après Jésus que nous pouvons obtenir le désir de notre cœur, et être vraiment utiles à nos semblables. Oh, combien nous aspirons à être d’heureux pêcheurs pour Jésus ! Nous sacrifierions nos vies pour gagner des âmes. Mais nous sommes tentés d’essayer des méthodes que Jésus n’aurait jamais essayées. Céderons-nous à cette suggestion de l’ennemi ? Si oui, nous pourrons faire jaillir l’eau, mais nous ne prendrons jamais le poisson. Nous devons suivre Jésus si nous voulons réussir. Les méthodes à sensation, les divertissements, et ainsi de suite — est-ce là venir après Jésus ? Pouvons-nous imaginer le Seigneur Jésus attirant une assemblée par de tels moyens qu’on emploie communément aujourd’hui ? Quel est le résultat de tels expédients ? Le résultat n’est rien que Jésus comptera au dernier grand jour.

Nous devons nous en tenir à notre prédication, comme le fit notre Maître, car c’est par ce moyen que les âmes sont sauvées. Nous devons prêcher la doctrine de notre Seigneur, et proclamer un Évangile plein et gratuit ; car c’est là le filet dans lequel les âmes sont prises. Nous devons prêcher avec sa douceur, sa hardiesse et son amour ; car c’est là le secret du succès auprès des cœurs humains. Nous devons travailler sous l’onction divine, dépendant du saint Esprit. Ainsi, venant après Jésus, et ne courant ni devant lui ni à côté de lui, nous serons des pêcheurs d’hommes.

30 mai

UNE SAINTE PRÉVOYANCE

« De plus, je vous le déclare, vous verrez désormais le Fils de l’homme assis à la droite de la puissance de Dieu, et venant sur les nuées du ciel. » Matthieu 26:64

Ah, Seigneur, tu étais dans ton plus bas état lorsque, devant tes persécuteurs, on te faisait tenir debout comme un criminel ! Pourtant, les yeux de ta foi pouvaient voir, par-delà ton humiliation présente, ta gloire à venir. Quelles paroles que celles-ci : « Néanmoins — désormais » ! Je voudrais imiter ta sainte prévoyance, et, au milieu de la pauvreté, de la maladie ou de la calomnie, je dirais moi aussi : « Néanmoins — désormais. » Au lieu de la faiblesse, tu as toute puissance ; au lieu de la honte, toute gloire ; au lieu de la dérision, toute adoration. Ta croix n’a pas terni la splendeur de ta couronne, et les crachats n’ont pas défiguré la beauté de ton visage. Dis plutôt que tu es d’autant plus exalté et honoré à cause de tes souffrances.

Ainsi, Seigneur, je voudrais moi aussi prendre courage par le « désormais ». J’oublierais la tribulation présente dans le triomphe futur. Aide-moi en me dirigeant vers l’amour de ton Père et vers ta propre patience, afin que, lorsqu’on me raille à cause de ton nom, je ne sois pas ébranlé, mais que je pense de plus en plus au « désormais », et, par conséquent, d’autant moins à aujourd’hui. Je serai bientôt avec toi et contemplerai ta gloire. C’est pourquoi je n’ai point honte, mais je dis au plus profond de mon âme : « Néanmoins — désormais. »

31 mai

« PRENEZ COURAGE »

« Vous aurez des tribulations dans le monde; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde. » Jean 16:33

Les paroles de mon Seigneur sont vraies quant à la tribulation. J’en ai ma part, cela ne fait aucun doute. Le fléau n’est pas suspendu hors de portée, et je ne puis espérer qu’il soit mis de côté tant que je gis sur l’aire de battage. Comment puis-je m’attendre à être chez moi au pays de l’ennemi, joyeux dans l’exil, ou à l’aise dans un désert ? Ce n’est pas ici mon repos. C’est ici le lieu de la fournaise, de la forge et du marteau. Mon expérience s’accorde avec les paroles de mon Seigneur.

Je remarque comment il m’ordonne de « prendre courage ». Hélas ! je ne suis que trop enclin à l’abattement. Mon esprit sombre vite quand je suis durement éprouvé. Mais je ne dois pas céder à ce sentiment. Quand mon Seigneur m’ordonne de reprendre courage, je n’ose être abattu.

Quel est l’argument dont il se sert pour m’encourager ? Eh bien, c’est sa propre victoire. Il dit : « J’ai vaincu le monde. » Son combat fut bien plus rude que le mien. Je n’ai pas encore résisté jusqu’au sang. Pourquoi désespérerais-je de vaincre ? Vois, mon âme, l’ennemi a déjà été vaincu une fois. Je combats un ennemi battu. Ô monde, Jésus t’a déjà vaincu ; et en moi, par sa grâce, il te vaincra de nouveau. C’est pourquoi je prends courage, et je chante à mon Seigneur qui triomphe.

Sommaire

Le carnet de chèques de la banque de la foi Charles H. Spurgeon

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