Chapitre 5 · 39 min de lecture
Le Mois d’Avril
1er avril
LA GRAND-ROUTE DU ROI
« Ceux qui la suivront, même les insensés, ne pourront s’égarer. » Ésaïe 35:8
La voie de la sainteté est si droite et si claire que les esprits les plus simples ne peuvent s’égarer s’ils la suivent constamment. Les sages de ce monde ont bien des détours et des méandres, et pourtant ils commettent de terribles bévues, et généralement manquent leur but. La politique mondaine est une pauvre chose à la vue courte, et lorsque les hommes la choisissent pour route, elle les conduit par-dessus de sombres montagnes. Les esprits pénétrés de grâce ne savent rien de mieux que de faire ce que le Seigneur leur ordonne ; mais cela les tient sur la grand-route du Roi, et sous la protection royale.
Que le lecteur ne tente jamais, fût-ce un instant, de se tirer d’une difficulté par un mensonge ou par un acte douteux ; mais qu’il se tienne au milieu de la haute route de la vérité et de l’intégrité, et il suivra la meilleure voie possible. Dans nos vies, nous ne devons jamais pratiquer la navigation en cercle, ni rêver de faux-fuyants. Sois juste et ne crains rien. Suis Jésus et ne prends garde à aucune fâcheuse conséquence. Si l’on pouvait éviter le pire des maux en faisant le mal, nous serions, par cette tentative même, tombés dans un mal pire qu’aucun autre. La voie de Dieu doit être la meilleure voie. Suis-la, quand bien même les hommes te tiendraient pour un insensé, et tu seras vraiment sage.
Seigneur, conduis tes serviteurs dans un chemin uni, à cause de leurs ennemis.
2 avril
LA VRAIE ÉNERGIE DU CŒUR
« Occupe-toi de ces choses, donne-toi tout entier à elles, afin que tes progrès soient évidents pour tous. » 1 Timothée 4:15
C’est là, pratiquement, une promesse que, par une méditation assidue et par le don de tout notre esprit à notre œuvre pour le Seigneur, nous ferons un progrès que tous pourront voir. Ce n’est pas par une lecture hâtive, mais par une profonde méditation, que nous profitons de la Parole de Dieu. Ce n’est pas en abattant une grande quantité de travail de manière négligée, mais en donnant notre meilleure pensée à ce que nous entreprenons, que nous obtiendrons un profit véritable. « Tout travail procure l’abondance », mais non l’agitation et la précipitation sans une vraie énergie du cœur.
Si nous nous partageons entre Dieu et Mammon, ou entre Christ et nous-mêmes, nous ne ferons aucun progrès. Nous devons nous donner tout entiers aux choses saintes, sinon nous serons de pauvres négociants dans les affaires célestes, et à notre inventaire aucun profit ne sera montré.
Suis-je un ministre ? Que je sois ministre tout entier, et que je ne dépense pas mes énergies dans des soucis secondaires. Qu’ai-je à faire de la politique partisane ou des vains amusements ? Suis-je un chrétien ? Que je fasse du service de Jésus mon occupation, l’œuvre de ma vie, ma seule poursuite. Nous devons être tout à fait unis à Jésus au-dedans, puis tout à fait dévoués à Jésus au-dehors, sinon nous ne ferons ni progrès ni profit, et ni l’Église ni le monde ne sentiront cette influence puissante que le Seigneur voudrait nous voir exercer.
3 avril
SENSIBLE À L’AVERTISSEMENT
« Parce que ton cœur a été touché, parce que tu t’es humilié devant l’Éternel en entendant ce que j’ai prononcé contre ce lieu et contre ses habitants, qui seront un objet d’épouvante et de malédiction, et parce que tu as déchiré tes vêtements et que tu as pleuré devant moi, moi aussi, j’ai entendu, dit l’Éternel. » 2 Rois 22:19
Beaucoup méprisent l’avertissement, et périssent. Heureux celui qui tremble à la parole du Seigneur. Josias le fit, et il fut épargné du spectacle du mal que le Seigneur avait résolu d’envoyer sur Juda à cause de ses grands péchés. As-tu cette tendresse de cœur ? Pratiques-tu cette humiliation de toi-même ? Alors, toi aussi, tu seras épargné au jour du malheur. Dieu met une marque sur les hommes qui soupirent et gémissent à cause du péché de leur temps. L’ange destructeur reçoit l’ordre de tenir son épée au fourreau jusqu’à ce que les élus de Dieu soient à l’abri : on les reconnaît le mieux à leur pieuse crainte et à leur tremblement devant la Parole du Seigneur. Les temps sont-ils menaçants ? La superstition et l’incrédulité avancent-elles à grands pas, et redoutes-tu un châtiment national sur cette nation souillée ? Tu peux bien le craindre. Repose-toi pourtant dans cette promesse : « Tu seras recueilli en paix dans ton sépulcre, et tes yeux ne verront pas tous les malheurs que je ferai venir sur ce lieu. » Mieux encore, le Seigneur lui-même peut venir, et alors les jours de notre deuil seront finis.
4 avril
LES FRELONS DE DIEU
« J’enverrai les frelons devant toi, et ils chasseront loin de ta face les Héviens, les Cananéens et les Héthiens. » Exode 23:28
Ce qu’étaient les frelons, nous n’avons pas à le rechercher. C’était l’armée propre de Dieu, qu’il envoyait devant son peuple pour piquer ses ennemis et rendre facile la conquête d’Israël. Notre Dieu, par les moyens qu’il choisit, combattra pour son peuple et harcèlera ses ennemis, avant même qu’ils n’entrent dans la bataille proprement dite. Souvent il confond les adversaires de la vérité par des méthodes auxquelles les réformateurs eux-mêmes n’ont aucune part. L’air est plein d’influences mystérieuses qui tourmentent les ennemis d’Israël. Nous lisons dans l’Apocalypse que « la terre secourut la femme ».
Ne craignons jamais. Les étoiles, dans leurs courses, combattent contre les ennemis de nos âmes. Souvent, lorsque nous marchons au combat, nous ne trouvons aucune armée à affronter. « L’Éternel combattra pour vous; et vous, gardez le silence. » Les frelons de Dieu peuvent faire plus que nos armes. Nous ne pourrions jamais rêver que la victoire soit remportée par de tels moyens que ceux dont l’Éternel se servira. Nous devons obéir à nos ordres de marche et sortir pour la conquête des nations en faveur de Jésus, et nous découvrirons que le Seigneur nous a devancés et a préparé le chemin ; de sorte qu’à la fin nous confesserons avec joie : « Sa droite et son bras saint lui sont venus en aide. »
5 avril
NON OUBLIÉ
« Car tu es mon serviteur; Je t’ai formé, tu es mon serviteur; Israël, je ne t’oublierai pas. » Ésaïe 44:21
Notre Éternel ne peut oublier ses serviteurs au point de cesser de les aimer. Il ne les a pas choisis pour un temps, mais pour toujours. Il savait ce qu’ils seraient lorsqu’il les appela dans la famille divine. Il efface leurs péchés comme une nuée ; et nous pouvons être sûrs qu’il ne les chassera pas dehors pour des iniquités qu’il a effacées. Il serait blasphématoire d’imaginer une telle chose.
Il ne les oubliera pas au point de cesser de penser à eux. Un seul moment d’oubli de la part de notre Dieu serait notre ruine. C’est pourquoi il dit : « Israël, je ne t’oublierai pas. » Les hommes nous oublient : ceux que nous avons obligés se tournent contre nous ; nous n’avons pas de demeure durable dans les cœurs inconstants des hommes ; mais Dieu n’oubliera jamais un seul de ses vrais serviteurs. Il se lie à nous, non par ce que nous faisons pour lui, mais par ce qu’il a fait pour nous. Nous avons été aimés trop longtemps, et achetés à trop grand prix, pour être maintenant oubliés. Jésus voit en nous le travail de son âme, et cela, il ne peut jamais l’oublier. Le Père voit en nous l’épouse de son Fils, et l’Esprit voit en nous sa propre œuvre efficace. Le Seigneur pense à nous. Aujourd’hui, nous serons secourus et soutenus. Oh, que le Seigneur ne soit jamais oublié de nous !
6 avril
UN SEUL ROI, UN SEUL SEIGNEUR
« L’Éternel sera roi de toute la terre; En ce jour-là, l’Éternel sera le seul Éternel, Et son nom sera le seul nom. » Zacharie 14:9
Bienheureuse perspective ! Ce n’est pas le rêve d’un exalté, mais la déclaration de la Parole infaillible. L’Éternel sera connu parmi tous les peuples, et son règne plein de grâce sera reconnu par chaque tribu des hommes. Aujourd’hui, il s’en faut de beaucoup qu’il en soit ainsi. Où voit-on quelqu’un se prosterner devant le grand Roi ? Que de rébellion ! Que de seigneurs et que de dieux il y a sur la terre ! Même parmi ceux qui font profession d’être chrétiens, quelles diversités d’idées sur lui et sur son Évangile ! Un jour, il y aura un seul Roi, un seul Éternel, et un seul nom pour le Dieu vivant. Ô Seigneur, hâte-le ! Chaque jour nous crions : Que ton règne vienne.
Nous ne discuterons pas la question de savoir quand cela arrivera, de peur de perdre la consolation de la certitude que cela arrivera. Aussi sûrement que le Saint-Esprit a parlé par ses prophètes, aussi sûrement toute la terre sera remplie de la gloire du Seigneur. Jésus n’est pas mort en vain. L’Esprit de Dieu ne travaille pas en vain. Les desseins éternels du Père ne seront pas déjoués. Ici, où Satan a triomphé, Jésus sera couronné, et le Seigneur Dieu tout-puissant régnera. Allons à notre labeur et à notre combat quotidiens, fortifiés dans la foi.
7 avril
SANS CRAINTE DE L’HOMME
« Tous les peuples verront que tu es appelé du nom de l’Éternel, et ils te craindront. » Deutéronome 28:10
Alors nous n’aurons aucune raison de les craindre. Ce serait manifester un esprit vil, et ce serait un signe d’incrédulité plutôt que de foi. Dieu peut nous rendre si semblables à lui-même que les hommes seront forcés de voir que nous portons à bon droit son nom, et que nous appartenons véritablement au saint Éternel. Oh, puissions-nous obtenir cette grâce que le Seigneur attend de nous accorder !
Sois assuré que les impies ont peur des vrais saints. Ils les haïssent, mais ils les craignent aussi. Haman trembla à cause de Mardochée, alors même qu’il cherchait la perte de cet homme de bien. En fait, leur haine naît souvent d’une frayeur qu’ils sont trop orgueilleux pour avouer. Poursuivons le sentier de la vérité et de la droiture sans le moindre frisson. La crainte n’est pas pour nous, mais pour ceux qui font le mal et combattent contre l’Éternel des armées. Si vraiment le nom du Dieu éternel est invoqué sur nous, nous sommes en sûreté ; car, comme jadis un Romain n’avait qu’à dire Romanus sum, je suis citoyen romain, pour réclamer la protection de toutes les légions du vaste empire, ainsi quiconque est un homme de Dieu a pour gardien la toute-puissance, et Dieu videra plus tôt le ciel de ses anges que de laisser un saint sans défense. Sois plus brave que les lions pour le bon droit, car Dieu est avec toi.
8 avril
PRÉSERVÉ JUSQU’AU BOUT DE L’ŒUVRE
« La nuit suivante, le Seigneur apparut à Paul, et dit: Prends courage; car, de même que tu as rendu témoignage de moi dans Jérusalem, il faut aussi que tu rendes témoignage dans Rome. » Actes 23:11
Es-tu un témoin pour le Seigneur, et te trouves-tu maintenant en danger ? Souviens-toi alors que tu es immortel jusqu’à ce que ton œuvre soit achevée. Si le Seigneur a encore pour toi un témoignage à rendre, tu vivras pour le rendre. Qui donc peut briser le vase que le Seigneur entend se servir encore ?
S’il n’y a plus d’œuvre à faire pour ton Maître, il ne saurait t’affliger qu’il soit sur le point de te ramener à la maison, et de te placer là où tu seras hors d’atteinte des adversaires. Ton témoignage pour Jésus est ta principale affaire, et tu ne peux en être arrêté avant qu’il ne soit accompli : sois donc en paix. La calomnie cruelle, les méchantes déformations, l’abandon des amis, la trahison de celui en qui l’on avait le plus confiance, et tout ce qui peut arriver, ne peuvent entraver le dessein du Seigneur à ton égard. Le Seigneur se tient près de toi dans la nuit de ton chagrin, et il dit : « Il faut que tu rendes encore témoignage de moi. » Sois calme, sois rempli de joie dans le Seigneur.
Si tu n’as pas besoin de cette promesse en ce moment, tu pourras en avoir besoin très bientôt. Amasse-la comme un trésor. Souviens-toi aussi de prier pour les missionnaires, et pour tous ceux qui sont persécutés, afin que le Seigneur les préserve jusqu’à l’achèvement de l’œuvre de leur vie.
9 avril
LA PLACE SUPRÊME DE LA BIBLE
« Il y a beaucoup de paix pour ceux qui aiment ta loi, Et il ne leur arrive aucun malheur. » Psaume 119:165
Oui, un véritable amour pour le grand Livre nous apportera une grande paix de la part du grand Dieu, et sera pour nous une grande protection. Vivons constamment dans la société de la loi du Seigneur, et elle engendrera dans nos cœurs un repos tel que rien d’autre ne peut le donner. Le Saint-Esprit agit comme Consolateur à travers la Parole, et répand ces bienfaisantes influences qui apaisent les tempêtes de l’âme.
Rien n’est une pierre d’achoppement pour l’homme en qui la Parole de Dieu habite abondamment. Il prend sa croix quotidienne, et elle devient un délice. Pour l’épreuve du feu, il est préparé, et il ne la trouve pas étrange au point d’en être tout à fait abattu. Il n’est ni renversé par la prospérité, comme tant de gens le sont, ni écrasé par l’adversité, comme d’autres l’ont été ; car il vit au-delà des circonstances changeantes de la vie extérieure. Lorsque son Seigneur place devant lui quelque grand mystère de la foi qui fait crier aux autres : « Cette parole est dure ; qui peut l’écouter ? », le croyant l’accepte sans discuter ; car ses difficultés intellectuelles sont vaincues par le respect révérencieux qu’il porte à la loi du Seigneur, qui est pour lui l’autorité suprême devant laquelle il s’incline avec joie. Seigneur, opère en nous cet amour, cette paix, ce repos, aujourd’hui même.
10 avril
REGARDE ET VIS
« L’Éternel dit à Moïse: Fais-toi un serpent brûlant, et place-le sur une perche; quiconque aura été mordu, et le regardera, conservera la vie. » Nombres 21:8
C’est là un glorieux type de l’Évangile. Jésus, compté parmi les malfaiteurs, est suspendu devant nous sur la croix. Un regard vers lui nous guérira de la morsure du serpent qu’est le péché ; il nous guérira aussitôt : « Quand il le regardera, il conservera la vie. » Que le lecteur qui pleure sa culpabilité note ces paroles : « Quiconque le regardera conservera la vie. » Tout regardant trouvera cela vrai. Je l’ai trouvé ainsi. J’ai regardé à Jésus et j’ai vécu aussitôt. Je sais que oui. Lecteur, si tu regardes à Jésus, tu vivras toi aussi. Il est vrai que tu enfles du venin, et que tu ne vois aucune espérance. Il est vrai aussi qu’il n’y a d’autre espérance que celle-ci. Mais ce n’est point un remède douteux : « Quiconque aura été mordu, et le regardera, conservera la vie. »
Le serpent d’airain ne fut pas dressé comme une curiosité que les bien-portants viendraient contempler ; il avait un objet particulier pour ceux qui avaient été « mordus ». Jésus est mort comme un vrai Sauveur pour de vrais pécheurs. Que la morsure ait fait de toi un ivrogne, un voleur, un impur ou un profane, un regard vers le grand Sauveur te guérira de ces maladies, et te fera vivre dans la sainteté et la communion avec Dieu. Regarde et vis.
11 avril
UNE COMMUNION ÉTROITE
« Celui-ci n’enseignera plus son prochain, Ni celui-là son frère, en disant: Connaissez l’Éternel! Car tous me connaîtront, Depuis le plus petit jusqu’au plus grand, dit l’Éternel. » Jérémie 31:34
En vérité, quoi que nous ignorions par ailleurs, nous connaissons le Seigneur. En ce jour, cette promesse est vraie dans notre expérience, et ce n’est pas une petite chose. Le moindre croyant parmi nous connaît Dieu en Christ Jésus. Pas aussi pleinement que nous le désirons ; mais pourtant, véritablement et réellement, nous connaissons le Seigneur. Nous ne connaissons pas seulement des doctrines à son sujet, mais nous le connaissons, LUI. Il est notre Père et notre Ami. Nous faisons sa connaissance personnellement. Nous pouvons dire : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Nous sommes en termes de communion étroite avec Dieu, et nous passons mainte heureuse saison en sa sainte compagnie. Nous ne sommes plus des étrangers pour notre Dieu, mais le secret du Seigneur est avec nous.
C’est plus que la nature n’aurait pu nous enseigner. La chair et le sang ne nous ont pas révélé Dieu. Christ Jésus a fait connaître le Père à nos cœurs. Si donc le Seigneur nous a fait le connaître lui-même, n’est-ce pas là la source de toute connaissance qui sauve ? Connaître Dieu, c’est la vie éternelle. Sitôt que nous parvenons à la connaissance de Dieu, nous avons la preuve d’avoir été vivifiés à une vie nouvelle. Ô mon âme, réjouis-toi de cette connaissance, et bénis ton Dieu tout au long de ce jour !
12 avril
IL NE S’EN SOUVIENT PLUS
« Car je pardonnerai leur iniquité, Et je ne me souviendrai plus de leur péché. » Jérémie 31:34
Quand nous connaissons le Seigneur, nous recevons le pardon des péchés. Nous le connaissons comme le Dieu de grâce, passant par-dessus nos transgressions. Quelle joyeuse découverte que celle-là !
Mais comme cette promesse est divinement formulée : le Seigneur promet de ne plus se souvenir de nos péchés ! Dieu peut-il oublier ? Il dit qu’il le fera, et il pense ce qu’il dit. Il nous considérera comme si nous n’avions jamais péché. La grande expiation a si efficacement ôté tout péché qu’il n’existe plus dans la pensée de Dieu. Le croyant est maintenant en Christ Jésus, aussi agréé qu’Adam dans son innocence ; oui, davantage, car il revêt une justice divine, tandis que celle d’Adam n’était qu’humaine.
Le grand Seigneur ne se souviendra pas de nos péchés au point de les punir, ni de nous aimer d’un atome de moins à cause d’eux. De même qu’une dette, une fois payée, cesse d’être une dette, ainsi le Seigneur efface entièrement l’iniquité de son peuple.
Lorsque nous pleurons sur nos transgressions et nos manquements — et c’est là notre devoir tant que nous vivons — réjouissons-nous en même temps de ce qu’ils ne seront jamais retenus contre nous. Cela nous fait haïr le péché. Le libre pardon de Dieu nous rend soucieux de ne plus jamais l’attrister par la désobéissance.
13 avril
CE CORPS REFAÇONNÉ
« qui transformera le corps de notre humiliation, en le rendant semblable au corps de sa gloire. » Philippiens 3:21
Souvent, quand nous sommes torturés par la douleur, incapables de penser ou d’adorer, nous sentons que ceci est en vérité « le corps de notre humiliation » ; et quand nous sommes tentés par les passions qui montent de la chair, nous ne trouvons pas le mot « abject » trop vigoureux comme traduction. Nos corps nous humilient ; et c’est à peu près le meilleur service qu’ils nous rendent. Oh, que nous soyons dûment humbles, puisque nos corps nous allient aux animaux, et nous lient même à la poussière !
Mais notre Sauveur, le Seigneur Jésus, changera tout cela. Nous serons façonnés semblables à son propre corps de gloire. Cela aura lieu en tous ceux qui croient en Jésus. Par la foi, leurs âmes ont été transformées, et leurs corps subiront un tel renouvellement qu’il les rendra propres à leurs esprits régénérés. Combien tôt cette grande transformation adviendra, nous ne saurions le dire ; mais la pensée en devrait nous aider à supporter les épreuves d’aujourd’hui, et tous les maux de la chair. Dans peu de temps nous serons tels que Jésus est maintenant. Plus de fronts douloureux, plus de membres enflés, plus d’yeux obscurcis, plus de cœurs défaillants. Le vieil homme ne sera plus un faisceau d’infirmités, ni le malade une masse d’agonie. « Semblable au corps de sa gloire. » Quelle expression ! Notre chair même reposera dans l’espérance d’une telle résurrection !
14 avril
MON CHOIX EST SON CHOIX
« Il nous choisit notre héritage. » Psaume 47:4
Nos ennemis nous assigneraient une bien triste part, mais nous ne sommes pas laissés entre leurs mains. Le Seigneur nous fera tenir dans notre lot, et notre place est fixée par sa sagesse infinie. Un esprit plus sage que le nôtre dispose de notre destinée. L’ordonnance de toutes choses appartient à Dieu, et nous sommes heureux qu’il en soit ainsi ; nous choisissons que Dieu choisisse pour nous. Si nous pouvions faire à notre guise, nous voudrions laisser toutes choses aller selon la voie de Dieu.
Conscients de notre propre folie, nous ne désirerions pas gouverner nos propres destinées. Nous nous sentons plus en sûreté et plus à l’aise lorsque le Seigneur dirige notre vaisseau que nous ne pourrions l’être en le dirigeant selon notre propre jugement. Joyeusement, nous laissons le présent douloureux et l’avenir inconnu à notre Père, notre Sauveur, notre Consolateur.
Ô mon âme, dépose aujourd’hui tes désirs aux pieds de Jésus ! Si dernièrement tu as été quelque peu rétive et entêtée, avide d’être et d’agir selon ton propre esprit, congédie maintenant ton sot moi, et place les rênes entre les mains du Seigneur. Dis : « Il choisira. » Si d’autres contestent la souveraineté du Seigneur, et se glorifient du libre arbitre de l’homme, réponds-leur : « Il choisira pour moi. » C’est mon choix le plus libre que de le laisser choisir. En agent libre, j’élis qu’il ait la maîtrise absolue.
15 avril
LES DÉSIRS DES JUSTES EXAUCÉS
« Ce que désirent les justes leur est accordé. » Proverbes 10:24
Parce que c’est un désir juste, il est sûr pour Dieu de l’accorder. Il ne serait bon ni pour l’homme lui-même, ni pour la société en général, qu’une telle promesse fût faite aux injustes. Gardons les commandements du Seigneur, et il aura à bon droit égard à nos désirs.
Quand des hommes justes sont laissés à désirer des choses injustes, ces désirs ne leur seront pas accordés. Mais alors, ce ne sont pas là leurs vrais désirs ; ce sont leurs égarements ou leurs bévues ; et il est bon qu’ils soient refusés. Leurs désirs pleins de grâce viendront devant le Seigneur, et il ne les leur refusera pas.
Le Seigneur nous refuse-t-il nos requêtes pour un temps ? Que la promesse d’aujourd’hui nous encourage à demander encore. Nous les a-t-il refusées tout à fait ? Nous le remercierons quand même, car ce fut toujours notre désir qu’il nous refuse s’il jugeait le refus meilleur.
Pour certaines choses, nous demandons très hardiment. Nos principaux désirs sont la sainteté, l’utilité, la ressemblance avec Christ, la préparation au ciel. Ce sont là les désirs de la grâce plutôt que de la nature — les désirs de l’homme juste plutôt que du simple homme. Dieu ne nous mesurera pas ces choses, mais fera pour nous infiniment au-delà. « Fais de l’Éternel tes délices, Et il te donnera ce que ton cœur désire. » En ce jour, ô mon âme, demande largement !
16 avril
TOUT TOURNÉ EN SAINTETÉ
« En ce jour-là, il sera écrit sur les clochettes des chevaux: Sainteté à L’Éternel! » Zacharie 14:20
Heureux jour où toutes choses seront consacrées, et où les clochettes des chevaux sonneront la sainteté à l’Éternel ! Ce jour est venu pour moi. Ne rends-je pas toutes choses saintes pour Dieu ? Ces vêtements, quand je les mets ou les ôte, ne me rappelleront-ils pas la justice de Christ Jésus, mon Seigneur ? Mon travail ne sera-t-il pas fait comme pour le Seigneur ? Oh, qu’aujourd’hui mes habits soient des vêtements sacrés, mes repas des sacrements, ma maison un temple, ma table un autel, ma parole de l’encens, et moi-même un sacrificateur ! Seigneur, accomplis ta promesse, et que rien ne soit pour moi profane ou impur.
Que par la foi je l’attende. Croyant qu’il en est ainsi, je serai aidé à le rendre tel. Puisque je suis moi-même la propriété de Jésus, mon Seigneur peut dresser l’inventaire de tout ce que j’ai, car tout cela est entièrement le sien ; et je résous de le prouver par l’usage auquel je le destine en ce jour. Du matin jusqu’au soir, je voudrais régler toutes choses selon une règle heureuse et sainte. Mes clochettes sonneront — pourquoi ne le feraient-elles pas ? Mes chevaux mêmes auront des clochettes — qui a autant de droit à la musique que les saints ? Mais toutes mes clochettes, ma musique, ma joie, seront tournées en sainteté, et feront retentir le nom du « Dieu heureux ».
17 avril
DES ENNEMIS EN PAIX
« Quand l’Éternel approuve les voies d’un homme, Il dispose favorablement à son égard même ses ennemis. » Proverbes 16:7
Je dois veiller à ce que mes voies plaisent au Seigneur. Même alors, j’aurai des ennemis ; et peut-être d’autant plus sûrement que je m’efforce de faire ce qui est droit. Mais quelle promesse que celle-ci ! Le Seigneur fera que la fureur de l’homme le loue, et il la modérera de sorte qu’elle ne m’affligera pas.
Il peut contraindre un ennemi à cesser de me nuire, alors même qu’il en a l’intention. Il le fit avec Laban, qui poursuivit Jacob, mais n’osa le toucher. Ou bien il peut soumettre la fureur de l’ennemi et le rendre amical, comme il le fit avec Ésaü, qui rencontra Jacob d’une manière fraternelle, bien que Jacob eût redouté qu’il ne le frappât, lui et sa famille, du tranchant de l’épée. Le Seigneur peut aussi convertir un furieux adversaire en un frère en Christ, et en un compagnon d’œuvre, comme il le fit avec Saul de Tarse. Oh, qu’il veuille faire ainsi en tout cas où paraît un esprit de persécution !
Heureux l’homme dont les ennemis sont rendus pour lui ce que les lions furent pour Daniel dans la fosse : paisibles et sociables ! Quand je rencontrerai la mort, qu’on appelle le dernier ennemi, je prie d’être en paix. Que mon grand souci soit seulement de plaire au Seigneur en toutes choses. Oh, la foi et la sainteté ; car elles sont un plaisir pour le Très-Haut !
18 avril
IL NE FAIT JAMAIS DÉFAUT
« Je serai avec toi, comme j’ai été avec Moïse; je ne te délaisserai point, je ne t’abandonnerai point. » Josué 1:5
Cette parole à Josué est souvent citée ; elle est le fondement de cette parole du Nouveau Testament : « Il a dit lui-même: Je ne te délaisserai point, et je ne t’abandonnerai point. »
Bien-aimés, une vie de combat est devant nous, mais l’Éternel des armées est avec nous. Sommes-nous appelés à conduire un peuple grand mais inconstant ? Cette promesse nous garantit toute la sagesse et la prudence dont nous aurons besoin. Avons-nous à lutter contre des ennemis rusés et puissants ? Voici la force et la vaillance, la prouesse et la victoire. Avons-nous un vaste héritage à conquérir ? Par ce signe nous accomplirons notre dessein ; le Seigneur lui-même est avec nous.
Ce serait pour nous un malheur, en vérité, si l’Éternel pouvait nous faire défaut ; mais, comme cela ne peut jamais être, les vents de l’inquiétude sont endormis dans les cavernes de la fidélité divine. En aucune occasion le Seigneur ne nous abandonnera. Quoi qu’il advienne, il sera à nos côtés. Les amis nous quittent, leur secours n’est qu’une ondée d’avril ; mais Dieu est fidèle, Jésus est le même à jamais, et le Saint-Esprit demeure en nous.
Viens, mon cœur, sois calme et plein d’espérance aujourd’hui. Les nuages peuvent s’amonceler, mais le Seigneur peut les dissiper. Puisque Dieu ne me fera pas défaut, ma foi ne défaillira pas ; et, puisqu’il ne m’abandonnera pas, je ne l’abandonnerai pas non plus. Oh, une foi qui repose !
19 avril
UN CHERCHEUR EXPERT
« Car ainsi parle le Seigneur, l’Éternel: Voici, j’aurai soin moi-même de mes brebis, et j’en ferai la revue. » Exode 34:11
Il le fait tout d’abord, quand ses élus sont comme des brebis errantes qui ne connaissent ni le Berger ni le bercail. Comme le Seigneur retrouve merveilleusement ses élus ! Jésus est grand comme Berger qui cherche, autant que comme Berger qui sauve. Bien que beaucoup de ceux que son Père lui a donnés soient allés aussi près de la porte de l’enfer qu’ils le peuvent, pourtant le Seigneur, en cherchant, les découvre, et s’approche d’eux dans la grâce. Il nous a cherchés : ayons donc bonne espérance pour ceux qui sont déposés sur nos cœurs dans la prière, car il les retrouvera eux aussi.
Le Seigneur répète ce processus lorsque quelqu’un de son troupeau s’égare loin des pâturages de la vérité et de la sainteté. Ils peuvent tomber dans une grave erreur, un triste péché, un endurcissement pénible ; mais pourtant le Seigneur, qui s’est porté caution pour eux auprès de son Père, ne souffrira pas qu’un seul d’entre eux aille jusqu’à périr. Par la providence et par la grâce, il les poursuivra jusque dans des pays étrangers, dans des demeures de pauvreté, dans des repaires d’obscurité, dans des abîmes de désespoir ; il ne perdra pas un seul de tous ceux que le Père lui a donnés. C’est pour Jésus un point d’honneur que de chercher et de sauver tout le troupeau, sans une seule exception. Quelle promesse à plaider, si à cette heure je suis contraint de crier : « Je suis errant comme une brebis perdue » !
20 avril
PAR LA FOI, NON PAR LE SENTIMENT
« Le juste vivra par la foi. » Romains 1:17
Je ne mourrai pas. Je puis croire, je crois dans le Seigneur mon Dieu, et cette foi me maintiendra en vie. Je voudrais être compté parmi ceux qui, dans leur vie, sont justes ; mais quand même je serais parfait, je n’essaierais pas de vivre par ma justice ; je m’attacherais à l’œuvre du Seigneur Jésus, et vivrais encore par la foi en lui, et par rien d’autre. Si j’étais capable de livrer mon corps aux flammes pour mon Seigneur Jésus, je ne me confierais pas non plus en mon propre courage ni en ma constance, mais je vivrais encore par la foi.
« Serais-je un martyr sur le bûcher,
Je plaiderais le nom de mon Sauveur ;
J’implorerais un pardon pour son amour,
Sans faire valoir aucun autre titre. »
Vivre par la foi est une chose bien plus sûre et plus heureuse que de vivre par les sentiments ou par les œuvres. Le sarment, en vivant dans le cep, vit une meilleure vie qu’il ne vivrait par lui-même, si tant est qu’il pût vivre le moins du monde à part la tige. Vivre en s’attachant à Jésus, en tirant tout de lui, est une chose douce et sacrée. Si même le plus juste doit vivre de cette manière, combien plus le dois-je, moi qui suis un pauvre pécheur ! Seigneur, je crois. Il faut que je me confie entièrement en toi. Que puis-je faire d’autre ? Me confier en toi, c’est ma vie. Je le sens ainsi. Je m’en tiendrai à cela jusqu’à la fin.
21 avril
DIEU REND
« Celui qui a pitié du pauvre prête à l’Éternel, Qui lui rendra selon son œuvre. » Proverbes 19:17
Nous devons donner au pauvre par pitié. Non pour être vus et applaudis, encore moins pour acquérir de l’influence sur lui ; mais par pure sympathie et compassion, nous devons lui porter secours.
Nous ne devons pas nous attendre à recevoir quoi que ce soit en retour du pauvre, pas même de la reconnaissance ; mais nous devrions considérer ce que nous avons fait comme un prêt fait au Seigneur. Il prend l’obligation sur lui, et, si nous regardons à lui en la matière, nous ne devons pas regarder au second débiteur. Quel honneur le Seigneur nous fait lorsqu’il condescend à nous emprunter ! Ce marchand est grandement favorisé qui a le Seigneur sur ses livres. Il semblerait dommage d’y inscrire un tel nom pour une chiche obole ; faisons-en une forte somme. Le prochain nécessiteux qui passera par ici, secourons-le.
Quant au remboursement, nous ne pouvons guère y songer, et pourtant voici la reconnaissance de dette du Seigneur. Béni soit son nom, sa promesse de payer vaut mieux que l’or et l’argent. Sommes-nous un peu à court à cause de la dépression des temps ? Nous pouvons humblement oser présenter cet effet à la Banque de la Foi. Quelqu’un de nos lecteurs a-t-il été un peu regardant envers le pauvre ? Pauvre âme. Que le Seigneur lui pardonne.
22 avril
LA PUISSANCE DE RELEVER
« L’Éternel ouvre les yeux des aveugles; L’Éternel redresse ceux qui sont courbés. » Psaume 146:8
Suis-je courbé ? Alors que je presse cette parole de grâce devant le Seigneur. C’est sa manière, sa coutume, sa promesse, son délice, de relever ceux qui sont courbés. Est-ce un sentiment de péché, et la dépression d’esprit qui s’ensuit, qui m’afflige maintenant ? Alors l’œuvre de Jésus est, dans ce cas, tout indiquée et pourvue pour me relever jusqu’au repos. Ô Seigneur, relève-moi, à cause de ta miséricorde !
Est-ce un triste deuil, ou une grande chute dans les circonstances ? Ici encore, le Consolateur s’est chargé de consoler. Quelle miséricorde pour nous qu’une personne de la sainte Trinité soit devenue le Consolateur ! Cette œuvre sera bien faite, puisqu’un si glorieux personnage en a fait son soin particulier.
Certains sont si courbés que Jésus seul peut les délier de leur infirmité ; mais il le peut, et il le fera. Il peut nous relever jusqu’à la santé, jusqu’à l’espérance, jusqu’au bonheur. Il l’a souvent fait sous d’anciennes épreuves, et il est le même Sauveur, et il renouvellera ses actes de bonté. Nous qui, aujourd’hui, sommes courbés et affligés, nous serons pourtant élevés bien haut, et ceux qui maintenant se moquent de nous seront grandement confus. Quel honneur d’être relevé par le Seigneur ! Il vaut la peine d’être courbé pour éprouver sa puissance qui relève.
23 avril
NULLE CRAINTE DE LA MORT
« Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises: Celui qui vaincra n’aura pas à souffrir la seconde mort. » Apocalypse 2:11
La première mort, il nous faut la subir, à moins que le Seigneur ne vienne soudain à son temple. Pour cela, tenons-nous prêts, l’attendant sans crainte, puisque Jésus a transformé la mort d’une caverne lugubre en un passage conduisant à la gloire.
Ce qui est à craindre, ce n’est pas la première, mais la seconde mort ; non la séparation de l’âme d’avec le corps, mais la séparation finale de l’homme tout entier d’avec Dieu. C’est là la mort en vérité. Cette mort tue toute paix, toute joie, tout bonheur, toute espérance. Quand Dieu est parti, tout est parti. Une telle mort est bien pire que de cesser d’exister : c’est l’existence sans la vie qui rend l’existence digne d’être possédée.
Or, si par la grâce de Dieu nous combattons jusqu’à la fin, et si nous triomphons dans cette guerre glorieuse, aucune seconde mort ne pourra poser sur nous son doigt glacé. Nous n’aurons nulle crainte de la mort ni de l’enfer, car nous recevrons une couronne de vie qui ne se flétrit point. Comme cela nous fortifie pour le combat ! La vie éternelle vaut bien le combat d’une vie. Échapper à la blessure de la seconde mort est une chose qui vaut qu’on lutte pour elle toute une vie durant.
Seigneur, donne-nous la foi, afin que nous triomphions, puis accorde-nous la grâce de demeurer sains et saufs, quand bien même le péché et Satan seraient à nos trousses !
24 avril
LA CONDITION DE LA BÉNÉDICTION
« Apportez à la maison du trésor toutes les dîmes, Afin qu’il y ait de la nourriture dans ma maison; Mettez-moi de la sorte à l’épreuve, Dit l’Éternel des armées. Et vous verrez si je n’ouvre pas pour vous les écluses des cieux, Si je ne répands pas sur vous la bénédiction en abondance. » Malachie 3:10
Beaucoup lisent et plaident cette promesse sans remarquer la condition à laquelle la bénédiction est promise. Nous ne pouvons nous attendre à ce que le ciel s’ouvre ou que la bénédiction se répande, à moins de payer ce que nous devons à l’Éternel notre Dieu et à sa cause. Il ne manquerait pas de fonds pour les saints usages si tous ceux qui font profession d’être chrétiens payaient leur juste part.
Beaucoup sont pauvres parce qu’ils dérobent Dieu. Beaucoup d’Églises, aussi, manquent les visites de l’Esprit parce qu’elles affament leurs pasteurs. S’il n’y a point de nourriture temporelle pour les serviteurs de Dieu, il ne faut pas nous étonner que leur ministère n’ait que peu de nourriture pour nos âmes. Quand les missions languissent faute de moyens, et que l’œuvre du Seigneur est entravée par un trésor vide, comment pouvons-nous nous attendre à une grande prospérité des âmes ?
Allons, allons ! Qu’ai-je donné dernièrement ? Ai-je été mesquin envers mon Dieu ? Ai-je lésiné envers mon Sauveur ? Cela ne saurait aller. Que je donne à mon Seigneur Jésus sa dîme en secourant le pauvre et en aidant son œuvre, et alors j’éprouverai sa puissance de me bénir à grande échelle.
25 avril
CE QU’IL FAUT LAISSER AUX ENFANTS
« Le juste marche dans son intégrité; Heureux ses enfants après lui! » Proverbes 20:7
L’inquiétude au sujet de notre famille est naturelle, mais nous serons sages si nous la transformons en souci de notre propre caractère. Si nous marchons devant le Seigneur dans l’intégrité, nous ferons plus pour bénir notre descendance que si nous lui léguions de grands domaines. La vie sainte d’un père est un riche héritage pour ses fils.
L’homme droit laisse à ses héritiers son exemple, et cela seul sera pour eux une mine de vraie richesse. Combien d’hommes peuvent faire remonter leur réussite dans la vie à l’exemple de leurs parents !
Il leur laisse aussi sa réputation. Les hommes n’en pensent que mieux de nous, comme fils d’un homme en qui l’on pouvait se fier, comme successeurs d’un commerçant de bonne renommée. Oh, que tous les jeunes gens fussent soucieux de soutenir le nom de la famille !
Par-dessus tout, il laisse à ses enfants ses prières et la bénédiction d’un Dieu qui exauce la prière, et celles-ci rendent notre postérité favorisée parmi les fils des hommes. Dieu les sauvera, même après notre mort. Oh, qu’ils fussent sauvés sur-le-champ !
Notre intégrité peut être le moyen dont Dieu se sert pour sauver nos fils et nos filles. S’ils voient la vérité de notre religion prouvée par nos vies, il se peut qu’ils croient en Jésus pour eux-mêmes. Seigneur, accomplis cette parole envers ma maison !
26 avril
UN AGIR PLEIN DE GRÂCE
« Et l’Éternel, ton Dieu, te bénira dans tout ce que tu feras. » Deutéronome 15:18
Un maître israélite devait rendre la liberté à son serviteur en son temps, et lorsqu’il quittait son service, il devait le pourvoir libéralement pour son établissement dans la vie. Cela devait se faire de bon cœur et de bonne grâce, et alors le Seigneur promettait de bénir cet acte généreux. L’esprit de ce précepte, et, en vérité, toute la loi de Christ, nous oblige à bien traiter nos ouvriers. Nous devrions nous souvenir de la manière dont le Seigneur a agi envers nous, et de ce que cela rend absolument nécessaire que nous agissions avec grâce envers les autres. Il sied à ceux qui sont enfants d’un Dieu de grâce d’être généreux. Comment pouvons-nous nous attendre à ce que notre grand Maître nous bénisse dans nos affaires si nous opprimons ceux qui nous servent ?
Quelle bénédiction se trouve ici offerte à l’esprit libéral ! Être béni dans tout ce que nous faisons, c’est être béni en vérité. Le Seigneur nous enverra cela en partie dans la prospérité, en partie dans le contentement de l’esprit, et en partie dans le sentiment de sa faveur, qui est la meilleure de toutes les bénédictions. Il peut nous faire sentir que nous sommes sous son soin particulier, et que nous sommes entourés de son amour singulier. Cela fait de cette vie terrestre un joyeux prélude à la vie à venir. La bénédiction de Dieu vaut mieux qu’une fortune. Elle enrichit, et n’y ajoute aucune peine.
27 avril
DIEU ACHÈVE SON ŒUVRE
« L’Éternel agira en ma faveur. » Psaume 138:8
Celui qui a commencé poursuivra l’œuvre qui s’accomplit au-dedans de mon âme. Le Seigneur se soucie de tout ce qui me concerne. Tout ce qui est maintenant bon, mais non parfait, le Seigneur le surveillera, le préservera, et le mènera à son achèvement. C’est là une grande consolation. Je ne pourrais parachever moi-même l’œuvre de la grâce. J’en suis tout à fait certain, car je faillis chaque jour, et je n’ai tenu bon jusqu’à présent que parce que le Seigneur m’a secouru. Si le Seigneur venait à me quitter, toute mon expérience passée compterait pour rien, et je périrais en chemin. Mais le Seigneur continuera de me bénir. Il perfectionnera ma foi, mon amour, mon caractère, l’œuvre de ma vie. Il le fera parce qu’il a commencé une œuvre en moi. C’est lui qui m’a donné le souci que j’éprouve, et, dans une certaine mesure, il a exaucé mes aspirations pleines de grâce. Il ne laisse jamais une œuvre inachevée ; ce ne serait pas pour sa gloire, et ce ne serait pas conforme à ce qu’il est. Il sait accomplir son dessein plein de grâce, et bien que ma propre nature mauvaise, le monde et le diable conspirent tous à l’entraver, je ne doute pas de sa promesse. Il achèvera ce qui me concerne, et je le louerai à jamais. Seigneur, que ton œuvre pleine de grâce fasse quelque progrès aujourd’hui !
28 avril
UNE APPARTENANCE MUTUELLE
« J’habiterai et je marcherai au milieu d’eux; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. » 2 Corinthiens 6:16
Voici un intérêt mutuel. Chacun appartient à l’autre. Dieu est la part de son peuple, et le peuple choisi est la part de son Dieu. Les saints trouvent en Dieu leur possession principale, et il les tient pour son trésor particulier. Quelle mine de consolation renferme ce fait pour chaque croyant !
Cette heureuse condition d’intérêt mutuel conduit à une considération mutuelle. Dieu pensera toujours à son propre peuple, et eux penseront toujours à lui. Aujourd’hui mon Dieu accomplira toutes choses pour moi ; que puis-je faire pour lui ? Mes pensées devraient courir vers lui, car il pense à moi. Que je m’assure qu’il en est bien ainsi, et que je ne me contente pas d’admettre simplement qu’il devrait en être ainsi.
Ceci, de nouveau, conduit à une communion mutuelle. Dieu habite en nous, et nous habitons en lui ; il marche avec nous et nous marchons avec Dieu. Heureuse communion que celle-là !
Oh, que la grâce me soit donnée de traiter le Seigneur comme mon Dieu : de me confier en lui et de le servir, comme sa divinité le mérite ! Oh, que je puisse aimer, adorer, révérer et obéir à l’Éternel en esprit et en vérité ! c’est là le désir de mon cœur. Quand j’y parviendrai, j’aurai trouvé mon ciel. Seigneur, aide-moi ! Sois mon Dieu en m’aidant à te connaître comme mon Dieu, pour l’amour de Jésus.
29 avril
OUBLIER ET PARDONNER
« Ne dis pas: Je rendrai le mal. Espère en l’Éternel, et il te délivrera. » Proverbes 20:22
Ne te hâte pas. Laisse la colère se refroidir. Ne dis rien et ne fais rien pour te venger. Tu agiras sûrement sans sagesse si tu prends les armes pour livrer tes propres batailles ; et, à coup sûr, tu ne montreras pas l’esprit du Seigneur Jésus. Il est plus noble de pardonner et de laisser passer l’offense. Laisser une blessure s’envenimer dans ton sein, et méditer la vengeance, c’est tenir de vieilles plaies ouvertes et en faire de nouvelles. Mieux vaut oublier et pardonner.
Peut-être dis-tu que tu dois faire quelque chose, sinon tu seras grandement perdant ; fais alors ce que conseille la promesse de ce matin : « Espère en l’Éternel, et il te délivrera. » Ce conseil ne te coûtera pas d’argent, mais il vaut bien davantage. Sois calme et paisible. Espère en l’Éternel : dis-lui ton grief ; étale devant l’Éternel la lettre de Rabschaké, et cela même sera un soulagement pour ton esprit accablé. En outre, il y a la promesse : « Il te délivrera. » Dieu trouvera pour toi un chemin de délivrance. Comment il le fera, ni toi ni moi ne pouvons le deviner, mais il le fera. Si le Seigneur te délivre, cela vaudra beaucoup mieux que de te mêler à de mesquines querelles et de te couvrir de fange en luttant avec l’impur. Ne sois plus en colère. Remets ta cause au Juge de tous.
30 avril
LA RÉCOMPENSE DU VAINQUEUR
« A celui qui vaincra je donnerai de la manne cachée, et je lui donnerai un caillou blanc; et sur ce caillou est écrit un nom nouveau, que personne ne connaît, si ce n’est celui qui le reçoit. » Apocalypse 2:17
Ô mon cœur, sois excité à persévérer dans la sainte guerre, car la récompense de la victoire est grande. Aujourd’hui nous mangeons de la nourriture céleste qui tombe autour de nos camps ; la nourriture du désert, la nourriture qui vient du ciel, la nourriture qui ne manque jamais aux pèlerins vers Canaan. Mais il nous est réservé en Christ Jésus un degré de vie spirituelle encore plus élevé, et une nourriture pour cette vie qui, jusqu’à présent, est cachée à notre expérience. Dans le vase d’or déposé dans l’arche, il y avait une portion de manne mise en réserve, qui, bien que gardée durant des siècles, ne s’éventa jamais. Nul ne la vit jamais ; elle était cachée avec l’arche de l’alliance, dans le lieu très saint. De même, la vie la plus haute du croyant est cachée avec Christ en Dieu. Nous y parviendrons bientôt. Rendus victorieux par la grâce de notre Seigneur Jésus, nous mangerons du mets du Roi, et nous nous repaîtrons de mets royaux. Nous nous repaîtrons de Jésus. Il est notre « manne cachée » aussi bien que la manne du désert. Il est tout en tous pour nous, dans notre plus haut comme dans notre plus bas état. Il nous aide à combattre, nous donne la victoire, et puis est lui-même notre récompense. Seigneur, aide-moi à vaincre.
Le carnet de chèques de la banque de la foi Charles H. Spurgeon