Chapitre 4 · 40 min de lecture
Le Mois de Mars
1er mars
JOIE POUR LE PROSCRIT
« Écoutez la parole de l’Éternel, Vous qui craignez sa parole. Voici ce que disent vos frères, Qui vous haïssent et vous repoussent A cause de mon nom: Que l’Éternel montre sa gloire, Et que nous voyions votre joie! Mais ils seront confondus. » Ésaïe 66:5
Il se peut que ce texte ne s’applique pas à un lecteur sur mille de ce petit livre de promesses ; mais le Seigneur réconforte celui-là par des paroles telles que celles-ci. Prions pour tous ceux qui sont injustement chassés de la société qu’ils aiment. Que le Seigneur se montre pour leur joie !
Le texte s’applique aux hommes vraiment pieux qui tremblent à la parole du Seigneur. Ceux-là étaient haïs de leurs frères, et finalement rejetés à cause de leur fidélité et de leur sainteté. Cela dut leur être bien amer ; et d’autant plus que leur rejet s’accomplissait au nom de la religion, et sous prétexte de glorifier Dieu. Que de choses accomplit-on pour le diable au nom de Dieu ! Se servir du nom de l’Éternel pour ajouter du venin à la morsure du vieux serpent est un exemple de sa ruse.
L’apparition du Seigneur en leur faveur est l’espérance de son peuple persécuté. Il paraît comme l’avocat et le défenseur de ses élus ; et lorsqu’il le fait, cela signifie une claire délivrance pour ceux qui craignent Dieu et la honte pour leurs oppresseurs. Ô Seigneur, accomplis cette parole envers ceux dont les hommes se raillent !
2 mars
DONNER SANS UN MURMURE
« Mais quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta droite, afin que ton aumône se fasse en secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. » Matthieu 6:3,4
Aucune promesse n’est faite à ceux qui donnent aux pauvres pour être vus des hommes. Ils ont aussitôt leur récompense, et ne peuvent s’attendre à être payés deux fois.
Cachons notre charité ; oui, cachons-la même à nous-mêmes. Donne si souvent et si abondamment que cela devienne pour toi tout naturel, au point que tu ne remarques pas plus avoir secouru le pauvre que d’avoir pris tes repas ordinaires. Fais tes aumônes sans même te murmurer à toi-même : « Comme je suis généreux ! » Ne cherche pas ainsi à te récompenser toi-même. Laisse la chose à Dieu, qui ne manque jamais de voir, de prendre note et de récompenser. Heureux l’homme qui s’occupe en secret de ses bontés : il trouve une joie particulière dans ses bienfaits inconnus. C’est là le pain qui, mangé en cachette, est plus doux que les festins des rois. Comment pourrais-je me régaler aujourd’hui de ce délicieux festin ? Que j’aie un vrai banquet de tendresse et un débordement de l’âme.
Ici-bas et dans l’au-delà, le Seigneur lui-même veillera personnellement à récompenser celui qui donne l’aumône en secret. Ce sera à sa manière et en son temps ; et il choisira ce qu’il y a de meilleur. Tout ce que signifie cette promesse, il faudra l’éternité pour le révéler.
3 mars
NON LIVRÉ À LA PERDITION
« Car tu ne livreras pas mon âme au séjour des morts, Tu ne permettras pas que ton bien-aimé voie la corruption. » Psaume 16:10
Cette parole a son accomplissement propre dans le Seigneur Jésus ; mais elle s’applique aussi, avec une variante, à tous ceux qui sont en lui. Notre âme ne sera pas laissée dans l’état de séparation, et notre corps, bien qu’il voie la corruption, ressuscitera. C’est le sens général, plutôt que l’application particulière, que nous voudrions offrir à la pensée de nos lecteurs en ce moment.
Nous pouvons descendre en esprit très bas, jusqu’à sembler plongés dans l’abîme de l’enfer ; mais nous n’y serons pas laissés. Nous pouvons paraître aux portes de la mort dans notre cœur, notre âme et notre conscience ; mais nous ne pouvons y demeurer. Notre mort intérieure, quant à la joie et à l’espérance, peut aller très loin ; mais elle ne peut aller jusqu’à ses pleines conséquences, jusqu’à atteindre l’entière corruption d’un noir désespoir. Nous pouvons descendre très bas, mais pas plus bas que le Seigneur ne le permet ; nous pouvons demeurer un temps dans le plus profond cachot du doute, mais nous n’y périrons pas. L’étoile de l’espérance est encore au ciel quand la nuit est la plus noire. Le Seigneur ne nous oubliera pas pour nous livrer à l’ennemi. Reposons-nous dans l’espérance. Nous avons affaire à Celui dont la miséricorde dure à toujours. Assurément, hors de la mort, des ténèbres et du désespoir, nous nous relèverons encore vers la vie, la lumière et la liberté.
4 mars
HONORER DIEU
« J’honorerai celui qui m’honore. » 1 Samuel 2:30
Est-ce que je fais de l’honneur de Dieu le grand but de ma vie et la règle de ma conduite ? Si oui, il m’honorera. Je puis pour un temps ne recevoir aucun honneur des hommes, mais Dieu lui-même me couvrira d’honneur de la manière la plus efficace. À la fin, on trouvera que le plus sûr chemin vers l’honneur est d’être prêt à subir la honte pour l’amour de la conscience.
Éli n’avait pas honoré le Seigneur en gouvernant bien sa maison, et ses fils n’avaient pas honoré le Seigneur par une conduite digne de leur charge sacrée ; c’est pourquoi le Seigneur ne les honora pas, mais ôta le souverain sacerdoce de leur famille, et établit le jeune Samuel comme chef dans le pays à la place de leur lignée. Si je veux que ma famille soit ennoblie, je dois honorer le Seigneur en toutes choses. Dieu peut laisser les méchants remporter des honneurs du monde ; mais la dignité qu’il donne lui-même, à savoir la gloire, l’honneur et l’immortalité, il la réserve à ceux qui, par une sainte obéissance, prennent soin de l’honorer.
Que puis-je faire aujourd’hui pour honorer le Seigneur ? Je promouvrai sa gloire par mon témoignage parlé et par mon obéissance pratique. Je l’honorerai aussi de mes biens, et en lui offrant quelque service particulier. Que je m’arrête pour réfléchir à la manière dont je puis l’honorer, puisqu’il veut m’honorer.
5 mars
LES BÉNÉDICTIONS DU FOYER
« Il bénit la demeure des justes. » Proverbes 3:33
Il craint le Seigneur, et c’est pourquoi il tombe sous la protection divine jusqu’au toit qui l’abrite, lui et sa famille. Sa maison est une demeure d’amour, une école de sainte formation, et un lieu de lumière céleste. Il s’y trouve un autel domestique où le nom du Seigneur est chaque jour tenu en respect. Aussi le Seigneur bénit-il sa demeure. Ce peut être une humble chaumière ou un noble manoir ; mais la bénédiction du Seigneur vient à cause du caractère de l’habitant, et non à cause de la taille du logis.
La maison la plus bénie est celle où le maître et la maîtresse sont des gens qui craignent Dieu ; mais un fils, une fille, ou même un serviteur, peut attirer une bénédiction sur toute une maisonnée. Le Seigneur préserve, fait prospérer et pourvoit souvent à une famille à cause d’un ou deux de ses membres, qui sont des justes à ses yeux, parce que sa grâce les a rendus tels. Bien-aimés, ayons Jésus pour hôte constant, comme l’eurent les sœurs de Béthanie, et alors nous serons vraiment bénis.
Veillons à être justes en toutes choses : dans notre commerce, dans notre jugement d’autrui, dans notre traitement du prochain, et dans notre propre caractère. Un Dieu juste ne peut bénir des transactions injustes.
6 mars
LE GARDIEN DE L’ORPHELIN
« C’est auprès de toi que l’orphelin trouve compassion. » Osée 14:3
Voilà une excellente raison de rejeter toute autre confiance et de s’appuyer sur le Seigneur seul. Quand un enfant est laissé sans son protecteur naturel, notre Dieu intervient et devient son gardien ; de même, lorsqu’un homme a perdu tout objet d’appui, il peut se jeter sur le Dieu vivant et trouver en lui tout ce dont il a besoin. Les orphelins sont remis à la paternité de Dieu, et il pourvoit à leurs besoins. Celui qui écrit ces pages sait ce que c’est que de se suspendre au bras nu de Dieu, et il rend volontiers ce témoignage : aucune confiance n’est aussi bien justifiée par les faits, ni aussi sûrement récompensée par les résultats, que la confiance dans le Dieu invisible mais toujours vivant.
Certains enfants qui ont un père n’en sont guère mieux lotis pour autant, mais les orphelins qui ont Dieu sont riches. Mieux vaut avoir Dieu et nul autre ami que tous les protecteurs de la terre et point de Dieu. Être privé de la créature est douloureux, mais tant que le Seigneur demeure pour nous la source de la miséricorde, nous ne sommes pas véritablement orphelins. Que les enfants sans père plaident cette gracieuse parole pour ce matin, et que tous ceux qui ont été privés d’un appui visible fassent de même. Seigneur, que je trouve compassion auprès de toi ! Plus je suis dénué et sans secours, plus je fais appel avec confiance à ton cœur aimant.
7 mars
LIBÉRÉ DE SES CHAÎNES
« L’Éternel délivre les captifs. » Psaume 146:7
Il l’a fait. Souviens-toi de Joseph, d’Israël en Égypte, de Manassé, de Jérémie, de Pierre, et de tant d’autres. Il peut encore le faire. Il brise d’une parole les barreaux d’airain, et fait sauter d’un regard les fers de fer. Il le fait. En mille lieux, des affligés sortent vers la lumière et la liberté. Jésus proclame encore l’ouverture de la prison à ceux qui sont liés. En ce moment même, des portes s’ouvrent et des chaînes tombent à terre.
Il prendra plaisir à te délivrer, cher ami, si en ce temps tu gémis à cause du chagrin, du doute et de la crainte. Ce sera une joie pour Jésus de te donner la liberté. Il aura autant de plaisir à te délier que tu en auras à être délié. Non, ce n’est pas à toi de rompre le lien de fer : le Seigneur lui-même le fera. Aie seulement confiance en lui, et il sera ton Libérateur. Crois en lui malgré les murs de pierre ou les menottes de fer. Satan ne peut te retenir, le péché ne peut t’enchaîner, le désespoir même ne peut te lier, si maintenant tu veux croire au Seigneur Jésus, en la gratuité de sa grâce et en la plénitude de sa puissance de sauver.
Défie l’ennemi, et que la parole placée maintenant devant toi soit ton chant de délivrance : « L’Éternel délivre les captifs. »
8 mars
NOS BIENS BÉNIS
« Ta corbeille et ta huche seront bénies. » Deutéronome 28:5
L’obéissance attire une bénédiction sur toutes les provisions que notre labeur nous procure. Ce qui entre et sort aussitôt, comme le fruit dans la corbeille qui est pour l’usage immédiat, sera béni ; et ce que nous mettons en réserve pour une plus longue saison recevra tout autant une bénédiction. Peut-être notre part est-elle celle d’un panier à la main. Nous avons un peu pour le déjeuner, et une maigre bouchée pour le dîner dans un panier lorsque nous partons le matin à notre ouvrage. Cela est bien, car la bénédiction de Dieu est promise à la corbeille. Si nous vivons au jour le jour, recevant chaque jour la provision du jour, nous sommes aussi bien pourvus qu’Israël ; car lorsque le Seigneur nourrissait son peuple favorisé, il ne lui donnait de manne que pour un jour à la fois. Que leur fallait-il de plus ? Que nous faut-il de plus ?
Mais si nous avons une réserve, combien avons-nous besoin que le Seigneur la bénisse ! Car il y a le souci d’acquérir, le souci de garder, le souci de gérer, le souci d’user ; et, à moins que le Seigneur ne la bénisse, ces soucis nous rongeront le cœur, jusqu’à ce que nos biens deviennent nos dieux, et nos soucis, des chancres.
Ô Seigneur, bénis nos biens. Rends-nous capables de les employer pour ta gloire. Aide-nous à tenir les choses de ce monde à leur juste place, et que jamais nos économies ne mettent en péril le salut de nos âmes.
9 mars
PRIER POUR LA PAIX
« Recherchez le bien de la ville où je vous ai menés en captivité, et priez l’Éternel en sa faveur, parce que votre bonheur dépend du sien. » Jérémie 29:7
Le principe contenu dans ce texte suggère à nous tous, qui sommes les étrangers et les voyageurs du Seigneur, que nous devrions désirer promouvoir la paix et la prospérité du peuple au milieu duquel nous demeurons. Notre nation et notre ville en particulier devraient être bénies par notre intercession constante. Une ardente prière pour son pays et pour les autres pays sied bien dans la bouche de tout croyant.
Prions avec empressement pour le grand bienfait de la paix, tant au-dedans qu’au-dehors. Si la discorde devait faire couler le sang dans nos rues, ou si une bataille étrangère devait tuer nos braves soldats, nous déplorerions tous ce malheur ; prions donc pour la paix, et travaillons avec zèle à ces principes par lesquels les classes au-dedans et les races au-dehors peuvent être unies par les liens de l’amitié.
La tranquillité nous est promise à nous-mêmes en lien avec la paix de la nation, et cela est fort désirable ; car ainsi nous pouvons élever nos familles dans la crainte du Seigneur, et aussi prêcher l’Évangile sans entrave ni obstacle. Aujourd’hui, soyons beaucoup en prière pour notre pays, confessant les péchés nationaux, et demandant le pardon et la bénédiction pour la nation, pour l’amour de Jésus.
10 mars
MARCHER DANS LA LUMIÈRE
« Je suis venu comme une lumière dans le monde, afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. » Jean 12:46
Ce monde est sombre comme minuit ; Jésus est venu afin que, par la foi, nous ayons la lumière, et ne restions plus assis dans les ténèbres qui couvrent tout le reste de l’humanité.
« Quiconque » est un terme très large : il te désigne, et moi aussi. Si nous nous confions en Jésus, nous ne serons plus assis dans la sombre ombre de la mort, mais nous entrerons dans la chaude lumière d’un jour qui n’aura jamais de fin. Pourquoi ne sortons-nous pas aussitôt vers la lumière ?
Un nuage peut parfois planer sur nous, mais nous ne demeurerons pas dans les ténèbres si nous croyons en Jésus. Il est venu nous donner le plein jour. Serait-il venu en vain ? Si nous avons la foi, nous avons le privilège de la clarté du soleil : jouissons-en. De la nuit de la dépravation naturelle, de l’ignorance, du doute, du désespoir, du péché, de l’effroi, Jésus est venu nous affranchir ; et tous les croyants sauront qu’il ne vient pas plus en vain que le soleil ne se lève sans répandre sa chaleur et sa lumière.
Secoue ta dépression, cher frère. Ne demeure pas dans les ténèbres, mais demeure dans la lumière. En Jésus sont ton espérance, ta joie, ton ciel. Regarde à lui, à lui seul, et tu te réjouiras comme les oiseaux se réjouissent au lever du soleil, et comme les anges se réjouissent devant le trône.
11 mars
À QUI EST LE COMBAT ?
« Et toute cette multitude saura que ce n’est ni par l’épée ni par la lance que l’Éternel sauve. Car la victoire appartient à l’Éternel. Et il vous livre entre nos mains. » 1 Samuel 17:47
Que ce point soit bien établi : le combat appartient à l’Éternel, et nous pouvons être tout à fait certains de la victoire, et d’une victoire qui manifestera le mieux la puissance de Dieu. Le Seigneur est trop oublié de tous les hommes, oui, même des assemblées d’Israël ; et lorsqu’il y a une occasion de faire voir aux hommes que la Grande Cause Première peut accomplir ses desseins sans la puissance de l’homme, c’est une occasion inestimable qu’il faut bien mettre à profit. Israël même regarde trop à l’épée et à la lance. C’est une grande chose de n’avoir point d’épée dans la main de David, et que pourtant David sache que son Dieu renversera toute une armée d’étrangers.
Si nous combattons vraiment pour la vérité et la justice, n’attendons pas d’avoir le talent, la richesse, ou quelque autre forme de puissance visible à notre disposition ; mais avec les pierres que nous trouvons dans le torrent, et avec notre fronde habituelle, courons à la rencontre de l’ennemi. Si c’était notre propre combat, nous pourrions manquer d’assurance ; mais si nous nous tenons debout pour Jésus, et si nous guerroyons dans sa seule force, qui peut nous résister ? Sans une trace d’hésitation, affrontons les Philistins ; car l’Éternel des armées est avec nous, et qui sera contre nous ?
12 mars
SORTIR AVEC JOIE
« Sur Zabulon il dit: Réjouis-toi, Zabulon, dans tes courses. » Deutéronome 33:18
Les bénédictions des tribus sont à nous ; car nous sommes le véritable Israël qui adore Dieu en esprit, et ne met point sa confiance dans la chair. Zabulon doit se réjouir parce que l’Éternel bénira ses « courses » ; nous aussi, nous voyons une promesse pour nous-mêmes latente dans cette bénédiction. Lorsque nous sortirons, nous guetterons les occasions de joie.
Nous sortons pour voyager, et la providence de Dieu est notre escorte. Nous sortons pour émigrer, et le Seigneur est avec nous sur terre comme sur mer. Nous sortons comme missionnaires, et Jésus dit : « Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » Nous sortons jour après jour à notre labeur, et nous pouvons le faire avec joie, car Dieu sera avec nous du matin jusqu’au soir.
Une crainte se glisse parfois en nous au moment de partir, car nous ne savons pas ce que nous pourrons rencontrer ; mais cette bénédiction peut fort bien nous servir de parole d’encouragement. Tandis que nous faisons nos bagages pour le départ, mettons ce verset dans notre malle de voyage ; laissons-le tomber dans nos cœurs, et gardons-le là ; oui, posons-le sur notre langue pour qu’il nous fasse chanter. Levons l’ancre avec un cantique, ou sautons dans la voiture avec un psaume. Appartenons à la tribu qui se réjouit, et, dans chacun de nos mouvements, louons le Seigneur d’un cœur joyeux.
13 mars
NE MÉPRISE PAS TA JEUNESSE
« Je répondis: Ah! Seigneur Éternel! Voici, je ne sais point parler, car je suis un enfant. Et l’Éternel me dit: Ne dis pas: Je suis un enfant. Car tu iras vers tous ceux auprès de qui je t’enverrai, et tu diras tout ce que je t’ordonnerai. » Jérémie 1:6, 7
Jérémie était jeune et éprouva un naturel recul lorsque le Seigneur l’envoya pour une grande mission ; mais Celui qui l’envoyait ne voulut pas qu’il dît : « Je suis un enfant. » Ce qu’il était en lui-même ne devait pas être mentionné, mais perdu dans la considération qu’il était choisi pour parler de la part de Dieu. Il n’avait pas à concevoir et à inventer un message, ni à choisir un auditoire : il devait dire ce que Dieu commandait, et parler là où Dieu l’envoyait, et cela il serait rendu capable de le faire par une force qui n’était pas la sienne.
N’en est-il pas ainsi de quelque jeune prédicateur, ou de quelque instructeur, qui pourrait lire ces lignes ? Dieu sait combien tu es jeune, et combien ta connaissance et ton expérience sont minces ; mais s’il choisit de t’envoyer, ce n’est pas à toi de te dérober à l’appel céleste. Dieu se glorifiera dans ta faiblesse. Serais-tu aussi vieux que Mathusalem, en quoi tes années t’aideraient-elles ? Serais-tu aussi sage que Salomon, tu pourrais être aussi entêté que lui. Tiens-toi à ton message, et il sera ta sagesse ; suis tes ordres de marche, et ils seront ta prudence.
14 mars
UNE TENDRE CONSOLATION
« Comme un homme que sa mère console, Ainsi je vous consolerai. » Ésaïe 66:13
La consolation d’une mère ! Ah, c’est la tendresse même. Comme elle entre dans le chagrin de son enfant ! Comme elle le presse sur son sein, et cherche à prendre toute sa peine dans son propre cœur ! Il peut tout lui dire, et elle compatira comme nul autre ne le peut. De tous les consolateurs, l’enfant aime le mieux sa mère, et des hommes faits eux-mêmes l’ont éprouvé.
L’Éternel condescend-il à jouer le rôle de la mère ? Voilà une bonté en vérité. Nous comprenons aisément comment il est un père ; mais sera-t-il aussi comme une mère ? Cela ne nous invite-t-il pas à une sainte familiarité, à une confiance sans réserve, à un repos sacré ? Quand Dieu lui-même devient « le Consolateur », aucune angoisse ne peut longtemps subsister. Racontons notre peine, quand bien même les sanglots et les soupirs devraient devenir notre expression la plus prompte. Il ne nous méprisera pas pour nos larmes ; notre mère ne le fit pas. Il tiendra compte de notre faiblesse comme elle le faisait, et il ôtera nos fautes, mais d’une manière plus sûre et plus assurée que ne le pouvait notre mère. Ne cherchons pas à porter seuls notre chagrin : ce serait manquer d’égards envers un être si doux et si bon. Commençons la journée avec notre Dieu aimant, et pourquoi ne l’achèverions-nous pas dans la même compagnie, puisque les mères ne se lassent pas de leurs enfants ?
15 mars
DIEU EST UN SANCTUAIRE
« C’est pourquoi tu diras: Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel: Si je les tiens éloignés parmi les nations, Si je les ai dispersés en divers pays, Je serai pour eux quelque temps un asile Dans les pays où ils sont venus. » Ézéchiel 11:16
Bannis des moyens publics de la grâce, nous ne sommes pas éloignés de la grâce des moyens. Le Seigneur qui place son peuple là où il se sent en exil sera lui-même avec lui, et sera pour lui tout ce qu’il aurait pu avoir au pays, dans le lieu de ses saintes assemblées. Prenez ceci pour vous, ô vous qui êtes appelés à l’errance !
Dieu est pour son peuple un lieu de refuge. Ils trouvent auprès de lui un sanctuaire contre tout adversaire. Il est aussi leur lieu de culte. Il est avec eux comme il le fut avec Jacob lorsqu’il dormit en pleine campagne, et qu’en se levant il dit : « Certainement, l’Éternel est en ce lieu. » Pour eux aussi il sera un sanctuaire de calme, comme le lieu très saint, qui était la demeure silencieuse de l’Éternel. Ils seront à l’abri de la crainte du mal.
Dieu lui-même, en Christ Jésus, est le sanctuaire de la miséricorde. L’arche de l’alliance, c’est le Seigneur Jésus, et la verge d’Aaron, le vase de manne, les tables de la loi, tout est en Christ, notre sanctuaire. En Dieu nous trouvons le sanctuaire de la sainteté et de la communion. Que nous faut-il de plus ? Ô Seigneur, accomplis cette promesse et sois toujours pour nous comme un petit sanctuaire !
16 mars
UN « EXEMPLE » POUR LES AUTRES
« Ce que vous avez appris, reçu et entendu de moi, et ce que vous avez vu en moi, pratiquez-le. Et le Dieu de paix sera avec vous. » Philippiens 4:9
C’est une belle chose lorsqu’un homme peut, avec profit, être imité d’aussi près que Paul aurait pu l’être. Oh, que la grâce nous soit donnée de l’imiter aujourd’hui et chaque jour !
Si, par la grâce divine, nous mettons en pratique l’enseignement de Paul, nous pourrons revendiquer la promesse qui est maintenant ouverte devant nous ; et quelle promesse ! Dieu, qui aime la paix, fait la paix et respire la paix, sera avec nous. « Que la paix soit avec vous » est une douce bénédiction ; mais que le Dieu de paix soit avec nous, c’est bien davantage. Ainsi nous avons la source aussi bien que les ruisseaux, le soleil aussi bien que ses rayons. Si le Dieu de paix est avec nous, nous jouirons de la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence, quand bien même les circonstances extérieures menaceraient de nous troubler. Si les hommes se querellent, nous serons à coup sûr des artisans de paix, si le Faiseur de paix est avec nous.
C’est dans la voie de la vérité que la vraie paix se trouve. Si nous abandonnons la foi ou quittons le sentier de la justice sous prétexte de favoriser la paix, nous nous tromperons grandement. D’abord pure, ensuite pacifique, tel est l’ordre de la sagesse et des faits. Tenons-nous à la ligne de Paul, et nous aurons le Dieu de paix avec nous comme il fut avec l’apôtre.
17 mars
CRAINDRE DE CRAINDRE
« Ne les crains point, car je suis avec toi pour te délivrer, dit l’Éternel. » Jérémie 1:8
Chaque fois que la crainte s’insinue et nous fait chanceler, nous risquons de tomber dans le péché. La présomption est à redouter, mais la lâcheté aussi. « Ose être un Daniel. » Notre grand Capitaine doit être servi par de vaillants soldats.
Quelle raison de vaillance que celle-ci ! Dieu est avec ceux qui sont avec lui. Dieu ne sera jamais absent quand viendra l’heure de la lutte. Te menacent-ils ? Qui es-tu pour avoir peur d’un homme qui doit mourir ? Perdras-tu ta place ? Ton Dieu, que tu sers, trouvera du pain et de l’eau pour ses serviteurs. Ne peux-tu pas te fier à lui ? Déversent-ils le ridicule sur toi ? Cela te brisera-t-il les os ou le cœur ? Supporte-le pour l’amour de Christ, et réjouis-toi même à cause de cela.
Dieu est avec les vrais, les justes, les saints, pour les délivrer ; et il te délivrera. Souviens-toi comment Daniel sortit de la fosse aux lions, et les trois saints jeunes gens de la fournaise. Ton cas n’est pas aussi désespéré que le leur ; mais le serait-il, le Seigneur te porterait à travers, et te rendrait plus que vainqueur. Crains de craindre. Aie peur d’avoir peur. Ton pire ennemi est dans ton propre sein. Mets-toi à genoux et crie au secours, puis relève-toi en disant : « Je me confierai et je ne serai point effrayé. »
18 mars
DEMEURER DROIT
« La prière des hommes droits lui est agréable. » Proverbes 15:8
Ceci vaut autant qu’une promesse, car cela déclare un fait présent, qui sera le même à travers tous les âges. Dieu prend un grand plaisir aux prières des hommes droits ; il les appelle même ses délices. Notre premier souci est d’être droits. Ne penchant ni d’un côté ni de l’autre, demeure droit : ni tordu par la politique, ni prosterné en cédant au mal, sois droit dans une stricte intégrité et une entière franchise. Si nous nous mettons à tergiverser et à louvoyer, nous serons abandonnés à nous débrouiller seuls. Si nous essayons les voies tortueuses, nous découvrirons que nous ne pouvons prier, et si nous feignons de le faire, nous trouverons nos prières exclues du ciel.
Agissons-nous en ligne droite, suivant ainsi la volonté révélée du Seigneur ? Alors, prions beaucoup et prions avec foi. Si notre prière fait les délices de Dieu, ne lui mesurons pas ce qui lui fait plaisir. Il ne considère ni sa grammaire, ni sa métaphysique, ni sa rhétorique ; en tout cela, les hommes pourraient la mépriser. Lui, comme un Père, prend plaisir au babil de ses propres petits, aux balbutiements de ses fils et de ses filles nouveau-nés. Ne devrions-nous pas trouver nos délices dans la prière, puisque le Seigneur y trouve les siennes ? Trouvons-nous des prétextes pour nous rendre au trône. Le Seigneur nous fournit assez de raisons de prier, et nous devrions le remercier qu’il en soit ainsi.
19 mars
DEVENIR PROPRE À LA GLOIRE
« L’Éternel donne la grâce et la gloire. » Psaume 84:11
La grâce, voilà ce dont nous avons besoin à l’instant même, et elle s’obtient gratuitement. Quoi de plus libre qu’un don ? Aujourd’hui, nous recevrons une grâce qui soutient, fortifie, sanctifie et rassasie. Il a donné une grâce quotidienne jusqu’à présent, et quant à l’avenir, cette grâce est encore suffisante. Si nous n’avons que peu de grâce, la faute doit être en nous ; car le Seigneur n’est point à l’étroit, et il n’est pas lent à la répandre en abondance. Nous pouvons demander autant que nous voulons sans jamais craindre un refus. Il donne libéralement et sans faire de reproches.
Le Seigneur peut ne pas donner l’or, mais il donnera la grâce ; il peut ne pas donner le gain, mais il donnera la grâce. Il nous enverra certainement l’épreuve, mais il donnera la grâce en proportion. Nous pouvons être appelés à travailler et à souffrir, mais avec l’appel viendra toute la grâce requise.
Quel ET que celui du texte : « et la gloire » ! Nous n’avons pas encore besoin de la gloire, et nous n’en sommes pas encore dignes ; mais nous l’aurons en son juste ordre. Après avoir mangé le pain de la grâce, nous boirons le vin de la gloire. Il nous faut traverser le lieu saint — qui est la grâce — pour entrer dans le lieu très saint — qui est la gloire. Ces mots, « et la gloire », suffisent à faire danser un homme de joie. Encore un peu de temps — un peu de temps, et puis la gloire pour toujours !
20 mars
LA PROVISION DIVINE
« Si Dieu revêt ainsi l’herbe des champs, qui existe aujourd’hui et qui demain sera jetée au four, ne vous vêtira-t-il pas à plus forte raison, gens de peu de foi? » Matthieu 6:30
Les vêtements coûtent cher, et de pauvres croyants peuvent être entraînés dans l’inquiétude, se demandant d’où viendra leur prochain habit. Les semelles sont minces ; comment aurons-nous des chaussures neuves ? Voyez comme notre prévenant Seigneur a pourvu contre ce souci. Notre Père céleste revêt l’herbe des champs d’une splendeur telle que Salomon ne put l’égaler : ne revêtira-t-il pas ses propres enfants ? Nous sommes sûrs qu’il le fera. Il pourra y avoir mainte pièce et maint reprisage, mais nous aurons de quoi nous vêtir.
Un pauvre pasteur trouva ses habits presque usés jusqu’à la corde, si fort abîmés qu’ils tenaient à peine ensemble ; mais, en serviteur du Seigneur, il attendait de son Maître qu’il lui fournît sa livrée. Il advint que l’auteur, en visite chez un ami, eut l’usage de la chaire du brave homme, et il lui vint à l’esprit de faire une collecte pour lui, et voilà son habit trouvé. Nous avons vu bien d’autres cas où ceux qui ont servi le Seigneur l’ont trouvé attentif à leur garde-robe. Celui qui fit l’homme de telle sorte que, ayant péché, il eut besoin de vêtements, dans sa miséricorde l’en pourvut aussi ; et ceux que le Seigneur donna à nos premiers parents valaient bien mieux que ceux qu’ils s’étaient faits eux-mêmes.
21 mars
ÉVITER LE FAUX PAS
« Alors tu marcheras avec assurance dans ton chemin, Et ton pied ne heurtera pas. » Proverbes 3:23
C’est-à-dire que si nous suivons les voies de la sagesse et de la sainteté, nous y serons préservés. Celui qui voyage de jour le long de la grand-route est sous quelque protection. Il y a un chemin pour chaque homme, à savoir sa propre vocation dans la vie, et si nous y marchons dévotement dans la crainte de Dieu, il nous préservera du mal. Nous ne voyagerons peut-être pas dans le luxe, mais nous marcherons en sûreté. Nous ne pourrons peut-être pas courir comme les jeunes gens, mais nous pourrons marcher comme les hommes de bien.
Notre plus grand danger est en nous-mêmes : notre pied débile est si tristement porté à broncher. Demandons plus de force morale, afin que notre tendance à glisser soit vaincue. Certains bronchent parce qu’ils ne voient pas la pierre sur le chemin : la grâce divine nous rend capables de discerner le péché, et ainsi de l’éviter. Plaidons cette promesse, et confions-nous en Celui qui soutient ses élus.
Hélas ! notre pire péril est notre propre insouciance ; mais contre celle-ci le Seigneur Jésus nous a mis en garde, disant : « Veillez et priez. »
Oh, que la grâce nous soit donnée de marcher aujourd’hui sans un seul faux pas ! Il ne suffit pas de ne pas tomber réellement ; notre cri doit être de ne pas faire le moindre glissement du pied, mais d’adorer enfin Celui « qui peut nous préserver de toute chute ».
22 mars
LA GRÂCE POUR LES HUMBLES
« Il fait grâce aux humbles. » Jacques 4:6
Les cœurs humbles cherchent la grâce, c’est pourquoi ils l’obtiennent. Les cœurs humbles cèdent aux douces influences de la grâce, aussi leur est-elle accordée toujours plus abondamment. Les cœurs humbles reposent dans les vallées où coulent les fleuves de la grâce, et de là ils s’y abreuvent. Les cœurs humbles sont reconnaissants de la grâce et en rendent la gloire au Seigneur, aussi est-il conforme à son honneur de la leur accorder.
Viens, cher lecteur, prends une place basse. Sois petit à tes propres yeux, afin que le Seigneur fasse grand cas de toi. Peut-être le soupir jaillit-il : « Je crains de n’être pas humble. » Il se peut que ce soit là le langage d’une véritable humilité. Certains sont fiers d’être humbles, et c’est là l’une des pires sortes d’orgueil. Nous sommes des créatures indigentes, sans secours, sans mérite, dignes de l’enfer, et si nous ne sommes pas humbles, nous devrions l’être. Humilions-nous à cause de nos péchés contre l’humilité, et alors le Seigneur nous fera goûter sa faveur. C’est la grâce qui nous rend humbles, et la grâce qui trouve dans cette humilité une occasion de répandre encore plus de grâce. Descendons afin de nous élever. Soyons pauvres en esprit afin que Dieu nous rende riches. Soyons humbles afin de n’avoir pas à être humiliés, mais d’être élevés par la grâce de Dieu.
23 mars
UN GUIDE SÛR
« Je ferai marcher les aveugles sur un chemin qu’ils ne connaissent pas. » Ésaïe 42:16
Songe à l’infiniment glorieux Éternel agissant comme Guide des aveugles ! Quelle immense condescendance cela suppose ! Un aveugle ne peut trouver un chemin qu’il ne connaît pas. Même quand il connaît la route, il lui est difficile de la parcourir ; mais une route qu’il n’a pas connue est tout à fait hors de portée de ses pieds sans guide. Or, nous sommes par nature aveugles quant à la voie du salut, et pourtant le Seigneur nous y conduit, nous amène à lui-même, puis ouvre nos yeux. Quant à l’avenir, nous sommes tous aveugles, et ne pouvons voir une heure devant nous ; mais le Seigneur Jésus nous conduira jusqu’au terme de notre voyage. Béni soit son nom !
Nous ne pouvons deviner par quel chemin la délivrance peut nous venir, mais le Seigneur le sait, et il nous conduira jusqu’à ce que nous ayons échappé à tout danger. Heureux ceux qui placent leur main dans celle du grand Guide, et lui remettent entièrement leur voie et eux-mêmes. Il les mènera tout le long du chemin ; et lorsqu’il les aura conduits jusqu’à la gloire et aura ouvert leurs yeux pour voir la voie par laquelle il les a menés, quel chant de reconnaissance ils entonneront à leur grand Bienfaiteur ! Seigneur, conduis aujourd’hui ton pauvre enfant aveugle, car je ne connais pas mon chemin !
24 mars
AFFERMI ET GARDÉ
« Le Seigneur est fidèle, il vous affermira et vous préservera du malin. » 2 Thessaloniciens 3:3
Les hommes sont souvent aussi dépourvus de raison que de foi. Il y a encore parmi nous des « hommes méchants et pervers ». Il ne sert à rien de discuter avec eux ni de chercher à être en paix avec eux : ils sont faux de cœur et trompeurs dans leurs paroles. Eh bien, qu’importe ? Allons-nous nous tourmenter à leur sujet ? Non ; tournons-nous vers le Seigneur, car il est fidèle. Aucune promesse de sa Parole ne sera jamais rompue. Il n’est ni déraisonnable dans ses exigences envers nous, ni infidèle à nos droits sur lui. Nous avons un Dieu fidèle. Que ce soit là notre joie.
Il nous affermira, de sorte que les méchants ne pourront causer notre chute, et il nous gardera, de sorte qu’aucun des maux qui nous assaillent maintenant ne pourra vraiment nous nuire. Quelle bénédiction pour nous de n’avoir pas à lutter contre les hommes, mais d’avoir la permission de nous abriter dans le Seigneur Jésus, qui est dans la plus vraie sympathie avec nous. Il est un cœur fidèle, une pensée fidèle, un Amour qui ne change jamais ; là, reposons-nous. Le Seigneur accomplira le dessein de sa grâce envers nous, ses serviteurs, et nous n’avons pas à laisser tomber sur notre esprit l’ombre d’une crainte. Tout ce que les hommes ou les démons peuvent faire ne saurait nous priver de la protection et de la provision divines. En ce jour, prions le Seigneur de nous affermir et de nous garder.
25 mars
UN SOMMEIL RÉPARATEUR
« Si tu te couches, tu seras sans crainte; Et quand tu seras couché, ton sommeil sera doux. » Proverbes 3:24
Le lecteur risque-t-il d’être quelque temps retenu au lit par la maladie ? Qu’il monte sans détresse avec cette promesse sur le cœur : « Si tu te couches, tu seras sans crainte. »
Lorsque nous allons nous coucher le soir, que cette parole lisse notre oreiller. Nous ne pouvons nous garder nous-mêmes dans le sommeil, mais le Seigneur nous gardera tout au long de la nuit. Ceux qui se couchent sous la protection du Seigneur sont aussi en sûreté que les rois et les reines dans leurs palais, et bien davantage encore. Si, en nous couchant, nous déposons tous nos soucis et toutes nos ambitions, nous tirerons de notre lit un rafraîchissement tel que les anxieux et les cupides n’en trouvent jamais dans le leur. Les mauvais rêves seront bannis, ou, s’ils viennent, nous en effacerons l’impression, sachant qu’ils ne sont que des rêves.
Si nous dormons ainsi, nous ferons bien. Comme Pierre dormit doucement, alors que même la lumière de l’ange ne le réveilla pas, et qu’il fallut un bon coup au côté pour l’éveiller ! Et pourtant il était condamné à mourir le lendemain. Ainsi des martyrs ont dormi avant leur bûcher. « Il donne à ses bien-aimés le sommeil. »
Pour avoir un doux sommeil, il nous faut de douces vies, de douces humeurs, de douces méditations et un doux amour.
26 mars
LE SOIN DES PAUVRES
« L’Éternel le soutient sur son lit de douleur. » Psaume 41:3
Souviens-toi que c’est là une promesse faite à l’homme qui s’occupe du pauvre. Es-tu de ceux-là ? Alors fais tien ce texte.
Vois comme, à l’heure de la maladie, le Dieu des pauvres bénit l’homme qui prend soin des pauvres ! Les bras éternels soutiendront son âme comme des mains amies et de moelleux oreillers soutiennent le corps du malade. Que cette image est tendre et compatissante ; comme elle approche notre Dieu de nos infirmités et de nos maladies ! Qui a jamais entendu cela de l’antique et païen Jupiter, ou des dieux de l’Inde ou de la Chine ? C’est là un langage propre au Dieu d’Israël ; c’est lui qui daigne se faire garde-malade et serviteur auprès des hommes de bien. S’il frappe d’une main, il soutient de l’autre. Oh, c’est une défaillance bénie que celle où l’on tombe sur le sein même du Seigneur, et où l’on y est porté ! La grâce est le meilleur des remèdes ; l’amour divin est le plus sûr stimulant pour un patient languissant ; il rend l’âme forte comme un géant, alors même que les os percent la peau. Nul médecin comme le Seigneur, nul tonique comme sa promesse, nul vin comme son amour.
Si le lecteur a manqué à son devoir envers les pauvres, qu’il voie ce qu’il perd, et qu’il devienne aussitôt leur ami et leur secours.
27 mars
S’APPROCHER DE DIEU
« Approchez-vous de Dieu, et il s’approchera de vous. » Jacques 4:8
Plus nous approchons de Dieu, plus il se révélera à nous avec grâce. Quand l’enfant prodigue vient à son père, son père court à sa rencontre. Quand la colombe errante revient à l’arche, Noé tend la main pour la ramener à lui. Quand la tendre épouse recherche la société de son mari, il vient à elle sur les ailes de l’amour. Viens donc, cher ami, approchons-nous de Dieu qui nous attend avec tant de grâce, qui vient même à notre rencontre.
As-tu jamais remarqué ce passage d’Ésaïe 58:9 ? Là, le Seigneur semble se mettre à la disposition de son peuple, lui disant : « Me voici ! » Comme pour dire : « Qu’avez-vous à me dire ? Que puis-je faire pour vous ? J’attends de vous bénir. » Comment pouvons-nous hésiter à nous approcher ? Dieu est proche pour pardonner, pour bénir, pour consoler, pour secourir, pour vivifier, pour délivrer. Que ce soit là notre point capital : nous approcher de Dieu. Cela fait, tout est fait. Si nous nous approchons des autres, ils pourront bientôt se lasser de nous et nous quitter ; mais si nous cherchons le Seigneur seul, aucun changement ne surviendra dans sa pensée, et il continuera de venir toujours plus près de nous par une communion plus pleine et plus joyeuse.
28 mars
OUVRIR LA MARCHE
« L’Éternel fera de toi la tête et non la queue. » Deutéronome 28:13
Si nous obéissons au Seigneur, il contraindra nos adversaires à voir que sa bénédiction repose sur nous. Bien que ce soit une promesse de la loi, elle demeure valable pour le peuple de Dieu ; car Jésus a ôté la malédiction, mais il a maintenu la bénédiction.
Il appartient aux saints d’ouvrir la marche parmi les hommes par une sainte influence : ils ne doivent pas être la queue, traînée çà et là par les autres. Nous ne devons pas céder à l’esprit du siècle, mais contraindre le siècle à rendre hommage à Christ. Si le Seigneur est avec nous, nous ne mendierons pas la tolérance pour la religion, mais nous chercherons à l’asseoir sur le trône de la société. Le Seigneur Jésus n’a-t-il pas fait de son peuple des sacrificateurs ? Assurément ils doivent enseigner, et ne doivent pas être les disciples des philosophies des incrédules. Ne sommes-nous pas faits rois en Christ pour régner sur la terre ? Comment donc pourrions-nous être les esclaves de la coutume, les serfs de l’opinion humaine ?
As-tu, cher ami, pris ta vraie position pour Jésus ? Trop nombreux sont ceux qui se taisent par timidité, sinon par lâcheté. Devrions-nous laisser le nom du Seigneur Jésus tenu à l’arrière-plan ? Notre religion devrait-elle traîner comme une queue ? Ne devrait-elle pas plutôt ouvrir la marche et être la force qui gouverne en nous et chez les autres ?
29 mars
UNE FOI INTRÉPIDE
« Je suis avec toi, et personne ne mettra la main sur toi pour te faire du mal. » Actes 18:10
Tant que le Seigneur avait une œuvre à faire accomplir à Paul à Corinthe, la fureur de la foule fut retenue. Les Juifs s’opposaient et blasphémaient ; mais ils ne purent arrêter ni la prédication de l’Évangile, ni la conversion des auditeurs. Dieu a pouvoir sur les esprits les plus violents. Il fait que la fureur de l’homme le loue lorsqu’elle éclate, mais il manifeste plus encore sa bonté lorsqu’il la réprime ; et il peut la réprimer. « Par la grandeur de ton bras Ils deviendront muets comme une pierre, Jusqu’à ce que ton peuple soit passé, ô Éternel ! »
Ne ressens donc aucune crainte de l’homme quand tu sais que tu accomplis ton devoir. Va droit devant toi, comme Jésus l’eût fait, et ceux qui s’opposent seront comme un roseau froissé et comme un lumignon qui fume. Bien des fois les hommes ont eu sujet de craindre parce qu’ils avaient eux-mêmes peur ; mais une foi intrépide en Dieu écarte la crainte comme les toiles d’araignée sur le sentier d’un géant. Nul homme ne peut nous nuire à moins que le Seigneur ne le permette. Celui qui fait fuir le diable lui-même d’une parole peut certainement maîtriser les agents du diable. Peut-être ont-ils déjà plus peur de toi que toi d’eux. Va donc de l’avant, et là où tu t’attendais à rencontrer des ennemis, tu trouveras des amis.
30 mars
PRIÈRE, ACTIONS DE GRÂCES, LOUANGE
« Ne vous inquiétez de rien; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ. » Philippiens 4:6,7
Nul souci, mais tout en prière. Nulle anxiété, mais une abondante et joyeuse communion avec Dieu. Porte tes désirs au Seigneur de ta vie, au gardien de ton âme. Va vers lui avec deux parts de prière et une part de louange parfumée. Ne prie pas avec doute, mais avec reconnaissance. Considère que tu as obtenu tes requêtes, et remercie donc Dieu de sa grâce. Il te donne la grâce, rends-lui grâces. Ne cache rien. Ne laisse aucun besoin s’envenimer dans ton sein ; « fais connaître tes besoins ». Ne cours pas vers l’homme. Va seulement vers ton Dieu, le Père de Jésus, qui t’aime en lui.
Cela t’apportera la paix même de Dieu. Tu ne pourras comprendre la paix dont tu jouiras. Elle t’enveloppera de son étreinte infinie. Le cœur et l’esprit, par Christ Jésus, seront plongés dans une mer de repos. Que vienne la vie ou la mort, la pauvreté, la douleur, la calomnie, tu demeureras en Jésus, au-dessus de tout vent qui agite ou de tout nuage qui obscurcit. N’obéiras-tu pas à ce cher commandement ?
Oui, Seigneur, je crois en toi ; mais, je t’en prie, viens au secours de mon incrédulité.
31 mars
LA PRÉSENCE D’ESPRIT
« Ne redoute ni une terreur soudaine, Ni une attaque de la part des méchants; Car l’Éternel sera ton assurance, Et il préservera ton pied de toute embûche. » Proverbes 3:25,26
Quand Dieu parcourt la terre dans ses jugements, il ne veut pas que son peuple s’alarme. Il n’est pas sorti pour nuire, mais pour défendre les justes.
Il veut qu’ils manifestent du courage. Nous qui jouissons de la présence de Dieu, nous devrions faire preuve de présence d’esprit. Puisque le Seigneur lui-même peut venir soudainement, nous ne devrions être surpris de rien de soudain. La sérénité, sous la ruée et le fracas de maux inattendus, est un précieux don de l’amour divin.
Le Seigneur veut que ses élus fassent preuve de discernement, afin qu’ils voient que la désolation des méchants n’est pas un véritable malheur pour l’univers. Le péché seul est un mal ; le châtiment qui le suit est comme un sel conservateur qui empêche la société de se corrompre. Nous devrions être bien plus choqués du péché qui mérite l’enfer que de l’enfer qui sort du péché.
De même, le peuple du Seigneur devrait montrer une grande tranquillité d’esprit. Satan et sa race de serpents sont pleins de toute ruse ; mais ceux qui marchent avec Dieu ne seront pas pris dans leurs pièges trompeurs. Va de l’avant, croyant en Jésus, et que le Seigneur soit ton assurance.
Le carnet de chèques de la banque de la foi Charles H. Spurgeon