Chapitre 3 · 37 min de lecture
Le mois de février
1er février
NE JAMAIS DÉSESPÉRER
« Mais pour vous qui craignez mon nom, se lèvera Le soleil de la justice, Et la guérison sera sous ses ailes; » Malachie 4:2
Accomplie une première fois lors du premier avènement de notre glorieux Seigneur, et devant recevoir un plus plein accomplissement à son second avènement, cette gracieuse parole est aussi d’un usage quotidien. Fait-il sombre pour le lecteur ? La nuit s’enfonce-t-elle dans une noirceur plus dense ? Ne désespérons pas pour autant : le soleil se lèvera encore. Quand la nuit est la plus noire, l’aube est la plus proche.
Le soleil qui se lèvera n’est pas d’une espèce ordinaire. C’est LE soleil — le Soleil de la justice, dont chaque rayon est sainteté. Celui qui vient nous réjouir vient par la voie de la justice autant que par celle de la miséricorde ; il vient sans violer aucune loi, fût-ce pour nous sauver. Jésus manifeste tout autant la sainteté de Dieu que son amour. Notre délivrance, quand elle viendra, sera sûre parce que juste.
Notre unique sujet d’examen devrait être : « Craignons-nous le nom du Seigneur ? Révérons-nous le Dieu vivant, et marchons-nous dans ses voies ? » Alors, pour nous, la nuit sera courte ; et quand viendra le matin, toute la maladie et toute la tristesse de notre âme seront finies à jamais. La lumière, la chaleur, la joie et la clarté de la vue viendront, et la guérison de toute maladie et de toute détresse suivra.
Jésus s’est-il levé sur nous ? Asseyons-nous au soleil. A-t-il caché sa face ? Attendons son lever. Il resplendira, aussi sûrement que le soleil.
2 février
GRANDIR
« Vous sortirez, et vous sauterez comme les veaux d’une étable, » Malachie 4:2
Oui, quand le soleil brille, les malades quittent leur chambre et sortent respirer l’air frais. Quand le soleil amène le printemps et l’été, le bétail quitte l’étable et cherche le pâturage sur les hautes Alpes. De même, lorsque nous avons une communion consciente avec notre Seigneur, nous quittons l’étable du découragement et nous marchons librement dans les champs de la sainte assurance. Nous montons aux montagnes de la joie, et nous paissons un doux pâturage qui pousse plus près du Ciel que le fourrage des hommes charnels.
« Sortir » et « grandir » est une double promesse. Ô mon âme, sois avide de jouir des deux bénédictions ! Pourquoi serais-tu prisonnière ? Lève-toi, et marche en liberté. Jésus dit que ses brebis entreront et sortiront, et trouveront des pâturages ; sors donc, et pais dans les riches prairies d’un amour sans bornes.
Pourquoi rester un enfant dans la grâce ? Grandis. Les jeunes veaux croissent vite, surtout s’ils sont nourris à l’étable ; et tu as les soins attentifs de ton Rédempteur. Grandis donc dans la grâce et dans la connaissance de ton Seigneur et Sauveur. Ne sois ni resserré ni rabougri. Le Soleil de la justice s’est levé sur toi. Réponds à ses rayons, comme les bourgeons au soleil de la nature. Ouvre ton cœur, épanouis-toi et grandis en lui à tous égards.
3 février
IL DONNE GRATUITEMENT
« Lui, qui n’a point épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui? » Romains 8:32
Si ce n’est pas une promesse dans la forme, c’en est une dans le fait. Bien plus, c’est plus qu’une promesse, c’est un conglomérat de promesses. C’est une masse de rubis, d’émeraudes et de diamants, avec une pépite d’or pour les enchâsser. C’est une question à laquelle on ne peut jamais répondre de manière à nous causer la moindre angoisse de cœur. Que peut nous refuser le Seigneur après nous avoir donné Jésus ? Si nous avons besoin de toutes choses au ciel et sur la terre, il nous les accordera : car s’il y avait eu quelque part une limite, il aurait retenu son propre Fils.
Que veux-je aujourd’hui ? Je n’ai qu’à le demander. Je puis chercher avec ardeur, mais non comme s’il me fallait faire pression et extorquer un don à contrecœur de la main du Seigneur ; car il donnera gratuitement. De son propre gré, il nous a donné son propre Fils. Assurément, nul ne lui aurait proposé un tel don. Nul n’aurait osé le demander. C’eût été trop présomptueux. Il a donné gratuitement son Fils unique ; et, ô mon âme, ne peux-tu pas te fier à ton Père céleste pour te donner quoi que ce soit, pour te donner tout ? Ta pauvre prière n’aurait aucune force devant la Toute-Puissance s’il y fallait de la force ; mais son amour, telle une source, jaillit de lui-même et déborde pour subvenir à tous tes besoins.
4 février
IL REVIENDRA
« Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai à vous. » Jean 14:18
Il nous a quittés, et pourtant nous ne sommes pas laissés orphelins. Il est notre consolation, et il s’en est allé ; mais nous ne sommes pas sans consolation. Notre consolation, c’est qu’il reviendra à nous, et cela suffit à nous soutenir durant son absence prolongée. Jésus est déjà en chemin : il dit : « Je viens bientôt » ; il accourt vers nous en toute hâte. Il dit : « je viendrai » ; et nul ne peut empêcher sa venue, ni la retarder d’un quart d’heure. Il dit expressément : « je viendrai à vous » ; et ainsi fera-t-il. Sa venue est spécialement pour son propre peuple et en sa faveur. Elle est destinée à être leur consolation présente, tandis qu’ils s’attristent de ce que l’Époux ne paraisse pas encore.
Quand nous perdons le joyeux sentiment de sa présence, nous nous attristons ; mais nous ne devons pas nous affliger comme s’il n’y avait pas d’espérance. Notre Seigneur, dans un peu de courroux, s’est caché de nous pour un moment ; mais il reviendra en pleine faveur. Il nous laisse en un sens, mais en un sens seulement. Quand il se retire, il laisse derrière lui un gage qu’il reviendra. Ô Seigneur, viens bientôt ! Il n’y a point de vie dans cette existence terrestre si tu es absent. Nous soupirons après le retour de ton doux sourire. Quand viendras-tu à nous ? Nous sommes certains que tu paraîtras ; mais sois semblable au chevreuil ou au faon. Ne tarde point, ô notre Dieu !
5 février
LA JUSTICE SATISFAITE
« je verrai le sang, et je passerai par-dessus vous. » Exode 12:13
Ma propre vue du sang précieux est pour ma consolation ; mais c’est la vue qu’en a le Seigneur qui assure ma sûreté. Alors même que je suis incapable de le contempler, le Seigneur le regarde, et il passe par-dessus moi à cause de lui. Si je ne suis pas aussi tranquille que je devrais l’être, parce que ma foi est faible, je n’en suis pas moins également en sûreté, car l’œil du Seigneur n’est pas obscurci, et il voit le sang du grand Sacrifice d’un regard ferme. Quelle joie que cela !
Le Seigneur voit le sens profond, la plénitude infinie de tout ce qui est signifié par la mort de son Fils bien-aimé. Il le voit avec le paisible souvenir de la justice satisfaite et de tous ses incomparables attributs glorifiés. Il contempla la création dans son cours, et dit : « cela était très bon » ; mais que dit-il de la rédemption dans son achèvement ? Que dit-il de l’obéissance jusqu’à la mort de son Fils bien-aimé ? Nul ne peut dire son ravissement en Jésus, son repos dans la douce odeur que Jésus présenta lorsqu’il s’offrit lui-même sans tache à Dieu.
Reposons-nous maintenant dans une paisible sécurité. Nous avons le Sacrifice de Dieu et la Parole de Dieu pour créer en nous un sentiment de parfaite sûreté. Il passera, il doit passer par-dessus nous, parce qu’il n’a pas épargné notre glorieux Substitut. La justice joint les mains à l’amour pour procurer un salut éternel à tous ceux qui sont aspergés du sang.
6 février
LA BÉNÉDICTION DANS LA VILLE
« lorsque tu obéiras à la voix de l’Éternel, ton Dieu: […] Tu seras béni dans la ville. » Deutéronome 28:2, 3
La ville est pleine de soucis, et celui qui doit s’y rendre jour après jour la trouve un lieu de grande usure. Elle est pleine de bruit, d’agitation, de tumulte et de dur labeur : nombreuses sont ses tentations, ses pertes et ses tracas. Mais s’y rendre avec la bénédiction divine en émousse la difficulté ; y demeurer avec cette bénédiction, c’est trouver du plaisir dans ses devoirs, et une force égale à ses exigences.
Une bénédiction dans la ville ne nous rendra peut-être pas grands, mais elle nous gardera bons ; elle ne nous rendra peut-être pas riches, mais elle nous préservera honnêtes. Que nous soyons portefaix, commis, gérants, marchands ou magistrats, la ville nous offrira des occasions d’être utiles. La pêche est bonne là où les poissons abondent, et il est plein d’espérance de travailler pour notre Seigneur au milieu des foules pressées. Nous pourrions préférer le calme d’une vie champêtre ; mais si nous sommes appelés à la ville, nous pouvons certainement la préférer, parce qu’il y a place pour nos énergies.
Aujourd’hui, attendons-nous à de bonnes choses à cause de cette promesse, et que notre soin soit d’avoir l’oreille ouverte à la voix du Seigneur, et la main prompte à exécuter ses ordres. L’obéissance apporte la bénédiction. « Pour qui les observe la récompense est grande. »
7 février
REVENIR DE L’ÉGAREMENT
« Tu seras rétabli, si tu reviens au Tout-Puissant. » Job 22:23
Éliphaz, dans cette parole, énonça une grande vérité, qui est le résumé de mainte Écriture inspirée. Lecteur, le péché t’a-t-il abattu ? Es-tu devenu comme une ruine ? La main du Seigneur s’est-elle appesantie sur toi, de sorte que tu sois appauvri dans tes biens et brisé dans ton esprit ? Est-ce ta propre folie qui a amené sur toi tout ce délabrement ? Alors la première chose à faire est de revenir au Seigneur. Avec une profonde repentance et une foi sincère, retrouve ton chemin depuis ton égarement. C’est ton devoir, car tu t’es détourné de celui que tu professais servir. C’est ta sagesse, car tu ne peux lutter contre lui et prospérer. C’est ta nécessité immédiate, car ce qu’il a fait n’est rien au prix de ce qu’il peut faire par voie de châtiment, puisqu’il est Tout-Puissant pour punir.
Vois quelle promesse t’invite ! Tu seras « rétabli ». Nul autre que le Tout-Puissant ne peut redresser les colonnes tombées et relever les murs chancelants de ta condition ; mais il le peut et il le fera, si tu reviens à lui. Ne tarde pas. Ton esprit brisé pourrait tout à fait te trahir si tu continues à te rebeller ; mais une confession de tout cœur te soulagera, et une foi humble te consolera. Fais cela, et tout ira bien.
8 février
UNE JOYEUSE SÉCURITÉ
« Je te soutiens de ma droite triomphante. » Ésaïe 41:10
La crainte de tomber est salutaire. Être téméraire n’est point signe de sagesse. Il nous vient des temps où nous sentons que nous devons succomber, à moins d’avoir un appui tout particulier. Le voici. La droite de Dieu est un grand appui sur lequel se pencher. Notez-le, ce n’est pas seulement sa main, quoiqu’elle maintienne le ciel et la terre à leur place, mais sa droite : sa puissance unie à l’habileté, sa puissance là où elle est la plus adroite. Bien plus, ce n’est pas tout, il est écrit : « Je te soutiens de ma droite triomphante. » Cette main dont il se sert pour maintenir sa sainteté et pour exécuter ses sentences royales — c’est celle-là qui s’étendra pour soutenir ceux qui se confient en lui. Redoutable est notre danger, mais joyeuse est notre sécurité. L’homme que Dieu soutient, les démons ne peuvent le renverser.
Nos pieds sont peut-être faibles, mais toute-puissante est la droite de Dieu. Le chemin est peut-être rude, mais la Toute-Puissance est notre appui. Nous pouvons avancer hardiment. Nous ne tomberons pas. Appuyons-nous continuellement là où tout s’appuie. Dieu ne retirera pas sa force, car sa justice est là aussi : il sera fidèle à sa promesse, et fidèle à son Fils, et par conséquent fidèle envers nous. Combien nous devrions être heureux ! Ne le sommes-nous pas ?
9 février
LA SCORIE ÔTÉE
« Je mettrai ce tiers dans le feu, Et je le purifierai comme on purifie l’argent, Je l’éprouverai comme on éprouve l’or. Il invoquera mon nom, et je l’exaucerai; Je dirai: C’est mon peuple! Et il dira: L’Éternel est mon Dieu! » Zacharie 13:9
La grâce nous transmue en métal précieux, et alors le feu et la fournaise suivent comme une conséquence nécessaire. Reculons-nous à cette pensée ? Aimerions-nous mieux être tenus pour sans valeur, afin de jouir du repos, comme les pierres des champs ? Ce serait choisir la part la plus vile : comme Ésaü, prendre le potage et abandonner la part de l’alliance. Non, Seigneur ; nous serons volontiers jetés dans la fournaise plutôt que d’être rejetés de ta présence !
Le feu ne fait que raffiner, il ne détruit pas. Nous devons être menés à travers le feu, non laissés dedans. Le Seigneur estime son peuple comme l’argent, et c’est pourquoi il prend soin d’en ôter la scorie. Si nous sommes sages, nous accueillerons le procédé de l’affinage plutôt que de le refuser. Notre prière sera que notre alliage nous soit ôté, plutôt que nous soyons retirés du creuset.
Ô Seigneur, tu nous éprouves en vérité ! Nous sommes prêts à fondre sous l’ardeur de la flamme. Pourtant, c’est là ta voie, et ta voie est la meilleure. Soutiens-nous dans l’épreuve et achève le procédé de notre purification, et nous serons à toi aux siècles des siècles.
10 février
UN TÉMOIN CONSTANT
« car tu lui serviras de témoin, auprès de tous les hommes, des choses que tu as vues et entendues. » Actes 22:15
Paul fut choisi pour voir et entendre le Seigneur lui parler du haut du Ciel. Cette élection divine était un haut privilège pour lui-même ; mais elle n’était pas destinée à s’arrêter à lui, elle devait avoir une influence sur d’autres ; oui, sur tous les hommes. C’est à Paul que l’Europe doit l’Évangile en cette heure.
Il nous appartient, dans notre mesure, d’être témoins de ce que le Seigneur nous a révélé, et c’est à nos risques et périls que nous cachons la précieuse révélation. Il faut d’abord voir et entendre, sinon nous n’aurons rien à raconter ; mais une fois cela fait, nous devons être empressés à rendre notre témoignage. Il doit être personnel : « tu lui serviras ». Il doit être pour Christ : « tu lui serviras de témoin ». Il doit être constant et absorbant ; nous devons l’être avant tout, et à l’exclusion de bien d’autres choses. Notre témoignage ne doit pas s’adresser à quelques élus qui nous accueilleront de bon cœur, mais « à tous les hommes » — à tous ceux que nous pouvons atteindre, jeunes ou vieux, riches ou pauvres, bons ou mauvais. Nous ne devons jamais être muets comme ceux qui sont possédés d’un esprit muet ; car le texte que voici est un commandement et une promesse, et nous ne devons pas le manquer : « tu lui serviras de témoin ». « Vous êtes mes témoins, dit l’Éternel. »
Seigneur, accomplis aussi en moi cette parole !
11 février
LES ENFANTS SONT-ILS À L’ABRI ?
« Je répandrai mon esprit sur ta race, Et ma bénédiction sur tes rejetons. » Ésaïe 44:3
Nos chers enfants n’ont pas l’Esprit de Dieu par nature, comme nous le voyons bien. Nous voyons en eux beaucoup de choses qui nous font craindre pour leur avenir, et cela nous pousse à une prière ardente. Quand un fils devient particulièrement pervers, nous crions avec Abraham : « Oh! Qu’Ismaël vive devant ta face! » Nous aimerions mieux voir nos filles des Anne que des impératrices. Ce verset devrait grandement nous encourager. Il suit ces mots : « Ne crains rien, mon serviteur Jacob », et il peut bien bannir nos craintes.
Le Seigneur donnera son Esprit ; il le donnera abondamment, en le répandant ; il le donnera efficacement, de sorte que ce soit une bénédiction réelle et éternelle. Sous cette effusion divine, nos enfants s’avanceront, et « Celui-ci dira: Je suis à l’Éternel; Celui-là se réclamera du nom de Jacob. »
C’est là une de ces promesses au sujet desquelles le Seigneur veut être consulté. Ne devrions-nous pas, à des moments fixés, d’une manière distincte, prier pour notre postérité ? Nous ne pouvons pas leur donner des cœurs nouveaux, mais le Saint-Esprit le peut ; et il se laisse aisément fléchir. Le grand Père prend plaisir aux prières des pères et des mères. Avons-nous des êtres chers hors de l’arche ? Ne prenons pas de repos avant qu’ils soient enfermés avec nous par la propre main du Seigneur.
12 février
DIEU PREND PLAISIR À DONNER
« L’Éternel dit à Abram, après que Lot se fut séparé de lui: Lève les yeux, et, du lieu où tu es, regarde vers le nord et le midi, vers l’orient et l’occident; car tout le pays que tu vois, je le donnerai à toi et à ta postérité pour toujours. » Genèse 13:14, 15
Une bénédiction particulière pour une occasion mémorable. Abram avait apaisé une querelle de famille. Il avait dit : « Qu’il n’y ait point, je te prie, de dispute entre moi et toi… car nous sommes frères » ; et de là il reçut la bénédiction qui appartient à ceux qui procurent la paix. Le Seigneur, dispensateur de la paix, prend plaisir à manifester sa grâce à ceux qui recherchent la paix et la poursuivent. Si nous désirons une communion plus étroite avec Dieu, nous devons nous tenir plus près des voies de la paix.
Abram s’était comporté très généreusement envers son parent, lui laissant le choix du pays. Si nous nous privons pour l’amour de la paix, le Seigneur nous le rendra plus que largement. Aussi loin que le patriarche pouvait voir, il pouvait revendiquer, et nous pouvons faire de même par la foi. Abram dut attendre la possession effective, mais le Seigneur lui assigna le pays, à lui et à sa postérité. Des bénédictions sans bornes nous appartiennent par le don de l’alliance. Toutes choses sont à nous. Quand nous plaisons au Seigneur, il nous fait regarder de tous côtés et voir toutes choses comme nôtres, soit les choses présentes, soit les choses à venir, toutes sont à nous, et nous sommes à Christ, et Christ est à Dieu.
13 février
BÉNI DANS LES CHAMPS
« Tu seras béni dans les champs. » Deutéronome 28:3
Ainsi Isaac fut-il béni lorsqu’il y marchait sur le soir pour méditer. Combien de fois le Seigneur nous a rencontrés lorsque nous étions seuls ! Les haies et les arbres peuvent témoigner de notre joie. Nous attendons de nouveau une telle félicité.
Ainsi Boaz fut-il béni lorsqu’il moissonnait, et que ses ouvriers l’accueillaient par des bénédictions. Que le Seigneur fasse prospérer tous ceux qui poussent la charrue ! Tout laboureur peut presser cette promesse auprès de Dieu, s’il obéit vraiment à la voix du Seigneur Dieu.
Nous allons au champ pour travailler comme le fit le père Adam ; et puisque la malédiction est tombée sur le sol par le péché d’Adam le premier, c’est une grande consolation de trouver une bénédiction par Adam le second.
Nous allons au champ pour l’exercice, et nous sommes heureux dans la croyance que le Seigneur bénira cet exercice et nous donnera la santé, que nous emploierons à sa gloire.
Nous allons au champ pour étudier la nature ; et il n’est rien, dans la connaissance de la création visible, qui ne puisse être sanctifié aux plus hauts usages par la bénédiction divine.
Nous devons enfin aller au champ pour enterrer nos morts ; oui, d’autres à leur tour nous porteront au champ de Dieu : mais nous sommes bénis, soit que nous pleurions près de la tombe, soit que nous y dormions.
14 février
MISÉRICORDE À CELUI QUI NE LA MÉRITE PAS
« celui qui se confie en l’Éternel est environné de sa grâce. » Psaume 32:10
Ô belle récompense de la confiance ! Mon Seigneur, accorde-la-moi pleinement ! Celui qui se confie, plus que tout autre homme, se sent pécheur ; et voici, la miséricorde lui est préparée : il se sait sans mérite, mais la miséricorde survient et tient maison pour lui, largement. Ô Seigneur, donne-moi cette miséricorde, à mesure que je me confie en toi !
Observe, mon âme, quelle garde du corps tu as ! Comme un prince est entouré de soldats, ainsi es-tu environnée de miséricorde. Devant et derrière, et de tous côtés, chevauchent ces gardes montés de la grâce. Nous habitons au centre du système de la miséricorde, car nous habitons en Jésus-Christ.
Ô mon âme, quelle atmosphère respires-tu ! Comme l’air t’entoure, ainsi fait la miséricorde de ton Seigneur. Pour les méchants il y a bien des douleurs, mais pour toi il y a tant de miséricordes que tes douleurs ne valent pas d’être mentionnées. David dit : « Justes, réjouissez-vous en l’Éternel et soyez dans l’allégresse! Poussez des cris de joie, vous tous qui êtes droits de cœur! » En obéissance à ce précepte, mon cœur triomphera en Dieu, et je proclamerai ma joie. Comme tu m’as environnée de miséricorde, j’environnerai aussi tes autels, ô mon Dieu, de cantiques d’actions de grâces !
15 février
TOUJOURS ATTENTIF
« L’Éternel se souvient de nous: il bénira. » Psaume 115:12
Je puis apposer mon sceau à cette première phrase. Ne le peux-tu pas ? Oui, l’Éternel a pensé à nous, a pourvu à nos besoins, nous a consolés, délivrés et guidés. Dans tous les mouvements de sa providence, il s’est souvenu de nous, ne négligeant jamais nos humbles affaires. Sa pensée a été pleine de nous — c’est l’autre sens du mot « se souvenir ». Il en a été ainsi tout du long, et sans une seule interruption. En des moments particuliers, cependant, nous avons vu cette attention plus distinctement, et nous voudrions les rappeler à cette heure avec une gratitude débordante. Oui, oui, « L’Éternel se souvient de nous ».
La phrase suivante est une conséquence logique de la première. Puisque Dieu est immuable, il continuera de se souvenir de nous à l’avenir comme il l’a fait par le passé ; et son souvenir équivaut à nous bénir. Mais nous avons ici non seulement la conclusion de la raison, mais la déclaration de l’inspiration : nous le tenons de l’autorité du Saint-Esprit — « IL BÉNIRA. » Cela signifie de grandes choses et insondables. L’imprécision même de la promesse en indique la portée infinie. Il nous bénira à sa manière divine, et cela aux siècles des siècles. C’est pourquoi, que chacun de nous dise : « Mon âme, bénis l’Éternel! »
16 février
C’EST À DIEU QUE TU AS AFFAIRE
« Je n’agirai pas selon mon ardente colère, Je renonce à détruire Éphraïm; Car je suis Dieu, et non pas un homme. » Osée 11:9
Le Seigneur fait ainsi connaître ses miséricordes qui épargnent. Il se peut que le lecteur soit maintenant sous un lourd déplaisir, et que tout menace sa prompte ruine. Que le texte le retienne du désespoir. Le Seigneur t’invite maintenant à considérer tes voies et à confesser tes péchés. S’il eût été un homme, il t’aurait retranché depuis longtemps. S’il agissait maintenant à la manière des hommes, ce serait un mot, puis un coup, et c’en serait fait de toi : mais il n’en est pas ainsi, car « autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant ses voies sont élevées au-dessus de vos voies ».
Tu juges avec raison qu’il est en colère, mais il ne garde pas sa colère à toujours : si tu te détournes du péché pour aller à Jésus, Dieu se détournera de son courroux. Parce que Dieu est Dieu, et non pas un homme, il y a encore un pardon pour toi, quand même tu serais plongé dans l’iniquité jusqu’au cou. Tu as affaire à un Dieu, et non à un homme dur, ni même à un homme simplement juste. Nul être humain n’aurait pu prendre patience avec toi : tu aurais lassé un ange, comme tu as lassé ton père affligé ; mais Dieu est plein de longanimité. Viens et éprouve-le à l’instant. Confesse, crois, et détourne-toi de ta mauvaise voie, et tu seras sauvé.
17 février
DIEU PEUT TE RENDRE FORT
« Vous donc, fortifiez-vous, et ne laissez pas vos mains s’affaiblir, car il y aura un salaire pour vos œuvres. » 2 Chroniques 15:7
Dieu avait fait de grandes choses pour le roi Asa et pour Juda, et pourtant ils étaient un peuple faible. Leurs pieds étaient bien chancelants dans les voies du Seigneur, et leurs cœurs bien hésitants, de sorte qu’il fallut les avertir que le Seigneur serait avec eux tant qu’ils seraient avec lui, mais que, s’ils l’abandonnaient, il les abandonnerait. On leur rappela aussi le royaume voisin, combien il fut mal traité dans sa rébellion, et combien le Seigneur lui fut gracieux quand la repentance parut. Le dessein du Seigneur était de les affermir dans sa voie, et de les rendre forts dans la justice. Ainsi devrait-il en être de nous. Dieu mérite d’être servi avec toute l’énergie dont nous sommes capables.
Si le service de Dieu vaut quelque chose, il vaut tout. Nous trouverons notre meilleure récompense dans l’œuvre du Seigneur si nous l’accomplissons avec une diligence résolue. Notre travail n’est pas vain dans le Seigneur, et nous le savons. Un travail à demi-cœur n’apportera aucune récompense ; mais quand nous jetons toute notre âme dans la cause, nous verrons la prospérité. Ce texte fut envoyé à l’auteur de ces notes en un jour de terrible tempête, et il lui suggéra de mettre toute la vapeur, avec l’assurance d’atteindre le port sain et sauf, chargé d’une glorieuse cargaison.
18 février
DIEU RÉPONDRA
« Il accomplit les désirs de ceux qui le craignent, Il entend leur cri et il les sauve. » Psaume 145:19
Son propre Esprit a produit ce désir en nous, et c’est pourquoi il y répondra. C’est sa propre vie au dedans qui suscite le cri, et c’est pourquoi il l’entendra. Ceux qui le craignent sont des hommes sous la plus sainte influence, et par conséquent leur désir est de glorifier Dieu et de jouir de lui à jamais. Comme Daniel, ils sont des hommes de désirs, et le Seigneur leur fera réaliser leurs aspirations.
Les saints désirs sont la grâce en herbe, et le Cultivateur céleste les cultivera jusqu’à ce qu’ils portent le plein épi. Les hommes qui craignent Dieu désirent être saints, être utiles, être en bénédiction à d’autres, et ainsi honorer leur Seigneur. Ils désirent ce qu’il faut à leur besoin, du secours sous les fardeaux, de la direction dans la perplexité, de la délivrance dans la détresse ; et parfois ce désir est si fort, et leur cas si pressant, qu’ils crient dans l’angoisse, comme de petits enfants dans la douleur, et alors le Seigneur agit de la manière la plus complète, et fait tout ce qui est nécessaire, selon cette Parole — « et il les sauve ».
Oui, si nous craignons Dieu, nous n’avons rien d’autre à craindre ; si nous crions au Seigneur, notre salut est certain.
Que le lecteur pose ce texte sur sa langue, et le garde dans sa bouche tout le jour, et il lui sera comme « un gâteau au miel ».
19 février
MIEUX PLUS LOIN
« Je veux t’humilier, Pour ne plus avoir à t’humilier… » Nahum 1:12
Il y a une limite à l’affliction. Dieu l’envoie et Dieu l’ôte. Soupires-tu en disant : « Quand la fin viendra-t-elle ? » Souviens-toi que nos chagrins finiront sûrement et définitivement quand cette pauvre vie terrestre sera écoulée. Attendons tranquillement, et endurons patiemment la volonté du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne.
Cependant, notre Père céleste ôte la verge quand le dessein pour lequel il l’employait est pleinement atteint. Quand il a fouetté au loin notre folie, il n’y aura plus de coups. Ou, si l’affliction est envoyée pour nous éprouver, afin que nos grâces glorifient Dieu, elle finira quand le Seigneur nous aura fait rendre témoignage à sa louange. Nous ne voudrions pas que l’affliction s’en aille avant que Dieu ait tiré de nous tout l’honneur que nous pouvons éventuellement lui rendre.
Il se peut qu’aujourd’hui il y ait « un grand calme ». Qui sait combien tôt ces flots déchaînés feront place à une mer de verre, et les oiseaux de mer se poseront sur les vagues apaisées ? Après une longue tribulation, le fléau est suspendu, et le blé repose dans le grenier. Nous pourrons, avant que bien des heures aient passé, être aussi heureux que nous sommes maintenant tristes. Il n’est pas difficile au Seigneur de changer la nuit en jour. Celui qui envoie les nuages peut aussi aisément éclaircir les cieux. Ayons bon courage. Cela va mieux plus loin. Chantons Alléluia par anticipation.
20 février
UNE DIRECTION CONTINUELLE
« L’Éternel sera toujours ton guide. » Ésaïe 58:11
Qu’as-tu ? As-tu perdu ton chemin ? Es-tu empêtré dans un bois sombre, et ne peux-tu retrouver tes sentiers ? Tiens-toi tranquille, et vois la délivrance de Dieu. Il connaît la voie, et il t’y dirigera si tu cries à lui.
Chaque jour apporte sa propre perplexité. Qu’il est doux de sentir que la direction du Seigneur est continuelle ! Si nous choisissons notre propre voie, ou si nous consultons la chair et le sang, nous rejetons la direction du Seigneur ; mais si nous nous abstenons de la propre volonté, alors il dirigera chaque pas de notre route, chaque heure du jour, chaque jour de l’année, et chaque année de notre vie. Si seulement nous voulons être guidés, nous serons guidés. Si nous voulons remettre notre voie au Seigneur, il dirigera notre course de sorte que nous ne nous perdrons pas.
Mais notez à qui cette promesse est faite. Lisez le verset précédent : « Si tu donnes ta propre subsistance à celui qui a faim. » Nous devons compatir aux autres, et leur donner, non quelques croûtes sèches, mais ce que nous voudrions nous-mêmes recevoir. Si nous montrons un tendre soin pour nos semblables à l’heure de leur besoin, alors le Seigneur pourvoira à nos nécessités, et se fera notre Guide continuel. Jésus est le Conducteur, non des avares ni de ceux qui oppriment le pauvre, mais des cœurs bons et tendres. De telles personnes sont des pèlerins qui ne manqueront jamais leur chemin.
21 février
UNE BÉNÉDICTION SUR LA PETITESSE
« Il bénira ceux qui craignent l’Éternel, Les petits et les grands; » Psaume 115:13
C’est là une parole de réconfort pour ceux qui sont d’humble condition et de mince état. Notre Dieu a une très gracieuse considération pour ceux dont les biens, le talent, l’influence et le poids sont petits. Dieu prend soin des petites choses dans la création, et il regarde même les passereaux dans leur chute à terre. Rien n’est petit pour Dieu, car il se sert d’agents insignifiants pour l’accomplissement de ses desseins. Que le plus petit d’entre les hommes cherche de Dieu une bénédiction sur sa petitesse, et il trouvera que sa sphère resserrée est une sphère heureuse.
Parmi ceux qui craignent le Seigneur, il en est de petits et de grands. Les uns sont des enfants, les autres des géants. Mais tous sont bénis. Une petite foi est une foi bénie. Une espérance tremblante est une espérance bénie. Chaque grâce du Saint-Esprit, ne fût-elle qu’en bouton, porte une bénédiction en elle. De plus, le Seigneur Jésus a racheté les petits et les grands du même sang précieux, et il s’est engagé à préserver les agneaux aussi bien que les brebis parvenues à leur taille. Nulle mère ne néglige son enfant parce qu’il est petit ; au contraire, plus il est petit, plus tendrement elle le soigne. S’il y a chez le Seigneur quelque préférence, il ne les range pas comme « grands et petits », mais comme « petits et grands ».
22 février
LES DÉLIVRANCES PASSÉES ENGENDRENT LA FOI
« David dit encore: L’Éternel, qui m’a délivré de la griffe du lion et de la patte de l’ours, me délivrera aussi de la main de ce Philistin. » 1 Samuel 17:37
Ce n’est pas une promesse si l’on ne considère que les mots, mais c’en est vraiment une quant au sens ; car David prononça une parole que le Seigneur ratifia en la rendant vraie. Il argua des délivrances passées qu’il recevrait du secours dans un nouveau danger. En Jésus, toutes les promesses sont oui et amen à la gloire de Dieu par nous, et ainsi les manières dont le Seigneur a jadis agi envers son peuple croyant se répéteront.
Allons donc, rappelons les bontés passées du Seigneur. Nous n’aurions pu espérer être délivrés autrefois par notre propre force ; pourtant le Seigneur nous délivra. Ne nous sauvera-t-il pas encore ? Nous sommes assurés qu’il le fera. Comme David courut à la rencontre de son ennemi, ainsi ferons-nous. Le Seigneur a été avec nous, il est avec nous, et il a dit : « Je ne te délaisserai point, et je ne t’abandonnerai point. » Pourquoi tremblons-nous ? Le passé était-il un songe ? Pense à l’ours et au lion morts. Qui est ce Philistin ? Il est vrai qu’il n’est pas tout à fait le même, et qu’il n’est ni ours ni lion ; mais Dieu, lui, est le même, et son honneur est autant engagé dans l’un des cas que dans l’autre. Il ne nous a pas sauvés des bêtes de la forêt pour laisser un géant nous tuer. Ayons bon courage.
23 février
UNE COMMUNION SANS RUPTURE EST ESSENTIELLE
« Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé. » Jean 15:7
De toute nécessité, nous devons être en Christ pour vivre pour lui, et nous devons demeurer en lui pour pouvoir revendiquer les largesses de cette promesse. Demeurer en Jésus, c’est ne jamais le quitter pour un autre amour ou un autre objet, mais rester en une union vivante, aimante, consciente et volontaire avec lui. Le sarment n’est pas seulement toujours près du cep, mais il en reçoit sans cesse la vie et la fécondité. Tous les vrais croyants demeurent en Christ en un certain sens ; mais il y a un sens plus élevé, et c’est celui-là que nous devons connaître avant de pouvoir obtenir une puissance illimitée au trône. « Demandez ce que vous voudrez » est pour les Hénoc qui marchent avec Dieu, pour les Jean qui reposent sur le sein du Seigneur, pour ceux dont l’union avec Christ mène à une communion constante.
Le cœur doit demeurer dans l’amour, l’esprit doit être enraciné dans la foi, l’espérance doit être cimentée à la Parole, l’homme tout entier doit être uni au Seigneur, sans quoi il serait dangereux de nous confier la puissance dans la prière. Le blanc-seing ne peut être accordé qu’à celui dont la vie même est : « ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi. » Ô toi qui romps ta communion, quelle puissance tu perds ! Si tu veux être puissant dans tes supplications, il faut que le Seigneur lui-même demeure en toi, et toi en lui.
24 février
ENTENDRE AFIN D’ÊTRE ENTENDU
« Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé. » Jean 15:7
Notons-le bien, nous devons entendre Jésus parler si nous attendons de lui qu’il nous entende parler. Si nous n’avons point d’oreille pour Christ, il n’aura point d’oreille pour nous. Dans la mesure où nous entendons, nous serons entendus.
De plus, ce qui est entendu doit demeurer, doit vivre en nous, et doit subsister dans notre caractère comme une force et une puissance. Nous devons recevoir les vérités que Jésus a enseignées, les préceptes qu’il a donnés, et les mouvements de son Esprit au dedans de nous ; sinon nous n’aurons aucune puissance au propitiatoire.
Supposons que les paroles de notre Seigneur soient reçues et demeurent en nous : quel champ illimité de privilèges nous est ouvert ! Nous devons avoir notre volonté dans la prière, parce que nous avons déjà remis notre volonté au commandement du Seigneur. Ainsi les Élie sont-ils formés à manier les clefs du Ciel, et à lier ou délier les nuées. Un seul tel homme vaut mille chrétiens ordinaires. Désirons-nous humblement être intercesseurs pour l’Église et pour le monde, et, comme Luther, pouvoir obtenir du Seigneur ce que nous voulons ? Alors nous devons prêter l’oreille à la voix du Bien-aimé, amasser ses paroles et les observer avec soin. Il avait bien besoin d’« écouter attentivement », celui qui voulait prier efficacement.
25 février
MIS À PART
« on vous appellera sacrificateurs de l’Éternel. » Ésaïe 61:6
Cette promesse littérale à Israël appartient spirituellement à la postérité selon l’Esprit, savoir à tous les croyants. Si nous vivons à la hauteur de nos privilèges, nous vivrons pour Dieu si clairement et si distinctement que les hommes verront que nous sommes mis à part pour un saint service, et ils nous appelleront les sacrificateurs de l’Éternel. Nous pouvons travailler ou commercer comme les autres, et pourtant être uniquement et entièrement les serviteurs qui ministrent devant Dieu. Notre unique occupation sera de présenter le sacrifice perpétuel de la prière, de la louange, du témoignage et de la consécration de soi au Dieu vivant par Jésus-Christ.
Ceci étant notre unique but, nous pouvons laisser les préoccupations qui distraient à ceux qui n’ont point d’appel plus élevé. « Laisse les morts ensevelir leurs morts. » Il est écrit : « Des étrangers seront là et feront paître vos troupeaux, Des fils de l’étranger seront vos laboureurs et vos vignerons. » Ils peuvent gérer la politique, débrouiller les problèmes financiers, discuter de science, et régler les derniers arguties de la critique ; mais nous, nous nous donnerons à un service tel qu’il convient à ceux qui, comme le Seigneur Jésus, sont ordonnés à un sacerdoce perpétuel.
Acceptant cette honorable promesse comme impliquant un devoir sacré, revêtons les vêtements de la sainteté, et ministrons devant le Seigneur tout le long du jour.
26 février
LA VÉRITÉ AFFERMIE
« La lèvre véridique est affermie pour toujours, Mais la langue fausse ne subsiste qu’un instant. » Proverbes 12:19
La vérité résiste bien à l’usage. Le temps l’éprouve, mais elle en soutient fort bien l’épreuve. Si donc j’ai dit la vérité, et si j’ai pour le présent à en souffrir, je dois me contenter d’attendre. Si aussi je crois la vérité de Dieu, et si je m’efforce de la déclarer, je pourrai rencontrer beaucoup d’opposition, mais je n’ai pas à craindre, car en fin de compte la vérité doit prévaloir.
Quelle pauvre chose que le triomphe temporaire du mensonge ! « la langue fausse ne subsiste qu’un instant ! » Ce n’est qu’un ricin, qui pousse en une nuit et périt en une nuit ; et plus grand est son développement, plus manifeste est sa décadence. D’autre part, comme il est digne d’un être immortel d’avouer et de défendre cette vérité qui ne peut jamais changer ; l’Évangile éternel, établi dans la vérité immuable d’un Dieu qui ne change point ! Un vieux proverbe dit : « Qui dit la vérité fait honte au diable. » Assurément, celui qui dit la vérité de Dieu fera honte à tous les diables de l’enfer, et confondra toute la postérité du serpent qui, maintenant, siffle ses mensonges.
Ô mon cœur, prends garde d’être en toutes choses du côté de la vérité, dans les petites choses comme dans les grandes ; mais spécialement du côté de celui par qui la grâce et la vérité sont venues parmi les hommes !
27 février
UNE CONFIANCE INÉBRANLABLE
« Il ne craint point les mauvaises nouvelles; Son cœur est ferme, confiant en l’Éternel. » Psaume 112:7
L’attente anxieuse est terrible. Quand nous n’avons pas de nouvelles de la maison, nous sommes portés à devenir inquiets, et l’on ne peut nous persuader que « pas de nouvelles, bonnes nouvelles ». La foi est le remède à cet état de tristesse : le Seigneur, par son Esprit, établit l’âme dans une sainte sérénité, et toute crainte s’en va, quant à l’avenir aussi bien que quant au présent.
La fermeté de cœur dont parle le Psalmiste est à rechercher avec diligence. Ce n’est pas croire telle ou telle promesse du Seigneur, mais l’état général d’une confiance inébranlable en notre Dieu, l’assurance que nous avons en lui qu’il ne nous fera pas de mal lui-même, et qu’il ne souffrira pas qu’un autre nous nuise. Cette confiance constante affronte l’inconnu aussi bien que le connu de la vie. Que le lendemain soit ce qu’il voudra, notre Dieu est le Dieu de demain. Quels que soient les événements survenus, qui nous sont inconnus, notre Éternel est le Dieu de l’inconnu comme du connu. Nous sommes résolus à nous confier au Seigneur, advienne que pourra. Si le pire venait à arriver, notre Dieu est encore le plus grand et le meilleur. C’est pourquoi nous ne craindrons pas, quand même le coup du facteur nous ferait sursauter, ou qu’un télégramme nous réveillerait à minuit. Le Seigneur vit, et que peuvent craindre ses enfants ?
28 février
UN BIEN IMMOBILIER DANS LE CIEL
« sachant que vous avez des biens meilleurs et qui durent toujours. » Hébreux 10:34
Voilà qui est bien. Nos biens d’ici-bas sont fort peu substantiels ; il n’y a en eux nulle substance. Mais Dieu nous a donné la promesse d’un bien immobilier dans le pays de la gloire, et cette promesse vient à nos cœurs avec une telle pleine assurance de sa certitude que nous savons en nous-mêmes que nous y avons un bien durable. Oui, « nous l’avons » dès maintenant. On dit : « Un oiseau dans la main en vaut deux dans le buisson » ; mais nous avons notre oiseau dans le buisson et aussi dans la main. Le ciel est dès maintenant nôtre. Nous en avons le titre de propriété, nous en avons les arrhes, nous en avons les prémices. Nous avons le ciel en prix, en promesse et en principe : et cela, nous le savons non seulement par l’ouïe de l’oreille, mais « en nous-mêmes ».
La pensée du bien meilleur qui est de l’autre côté du Jourdain ne devrait-elle pas nous réconcilier avec les pertes présentes ? Notre argent de poche, nous pouvons le perdre, mais notre trésor est en sûreté. Nous avons perdu les ombres, mais la substance demeure, car notre Sauveur vit, et le lieu qu’il nous a préparé subsiste. Il y a un pays meilleur, un bien meilleur, une promesse meilleure ; et tout cela nous vient par une alliance meilleure ; c’est pourquoi soyons de meilleure humeur, et disons au Seigneur : « Chaque jour je te bénirai, Et je célébrerai ton nom à toujours et à perpétuité. »
29 février
CE QUI NOUS SUIT
« Oui, le bonheur et la grâce m’accompagneront Tous les jours de ma vie. » Psaume 23:6
Un poète pieux chante —
« Seigneur, lorsque tu
Places dans mon temps un jour, comme tu le fais à présent,
Inconnu des autres années, accorde, je t’en supplie,
Qu’une telle grâce l’illumine, que, quelle qu’en soit la phase,
Il ajoute à la sainteté, et prolonge la louange ! »
Ce jour ne vient qu’une fois tous les quatre ans. Oh, que ne pouvons-nous gagner sur lui une quadruple bénédiction ! Jusqu’à présent, le bonheur et la grâce, comme deux gardes, nous ont suivis de jour en jour, fermant la marche tandis que la grâce ouvre le chemin ; et comme ce jour peu ordinaire est l’un des jours de notre vie, les deux anges gardiens seront avec nous aujourd’hui aussi. Le bonheur, pour pourvoir à nos besoins, et la grâce, pour effacer nos péchés — ces deux-là accompagneront chacun de nos pas ce jour, et chaque jour jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de jours. C’est pourquoi servons le Seigneur en ce jour singulier avec une consécration particulière du cœur, et chantons ses louanges avec plus d’entrain et de douceur que jamais. Ne pourrions-nous pas aujourd’hui faire une offrande inhabituelle à la cause de Dieu, ou aux pauvres ? Par l’inventivité de l’amour, faisons de ce vingt-neuf février un jour dont on se souvienne à jamais.
Le carnet de chèques de la banque de la foi Charles H. Spurgeon