Le carnet de chèques de la banque de la foi ·Le mois de novembre

Chapitre 12 · 38 min de lecture

Le mois de novembre

1er novembre

PERFECTION ET PRÉSERVATION

« Celui qui vous a appelés est fidèle, et c’est lui qui le fera » 1 Thessaloniciens 5:24

Que fera-t-il ? Il nous sanctifiera tout entiers. Voyez le verset précédent. Il poursuivra l’œuvre de purification jusqu’à ce que nous soyons parfaits en chaque partie. Il conservera « tout notre être, l’esprit, l’âme et le corps, irrépréhensible, lors de l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ ». Il ne permettra pas que nous déchoyions de la grâce, ni que nous tombions sous la domination du péché. Quelles grandes faveurs que celles-ci ! Nous pouvons bien adorer le donateur de dons si indicibles.

Qui fera cela ? Le Seigneur qui nous a appelés des ténèbres à son admirable lumière, de la mort dans le péché à la vie éternelle en Jésus-Christ. Lui seul peut le faire : une telle perfection et une telle préservation ne peuvent venir que du Dieu de toute grâce.

Pourquoi le fera-t-il ? Parce qu’il est « fidèle » — fidèle à sa propre promesse, qui s’engage à sauver le croyant ; fidèle à son Fils, dont c’est la récompense que son peuple lui soit présenté sans défaut ; fidèle à l’œuvre qu’il a commencée en nous par notre appel efficace. Ce n’est pas sur leur propre fidélité, mais sur la fidélité même du Seigneur, que les saints se reposent.

Viens, mon âme, voici un grand festin pour commencer un mois maussade. Il peut y avoir des brouillards au-dehors, mais il devrait y avoir du soleil au-dedans.

2 novembre

UNE RICHESSE CÉLESTE

« Il ne refuse aucun bien à ceux qui marchent dans l’intégrité » Psaume 84:12

Le Seigneur peut refuser bien des choses agréables, mais « aucun bien ». Il est le meilleur juge de ce qui est bon pour nous. Certaines choses sont assurément bonnes, et celles-là nous pouvons les avoir pour peu que nous les demandions par Jésus-Christ notre Seigneur.

La sainteté est un bien, et celui-là il l’opérera librement en nous. La victoire sur les mauvais penchants, les tempéraments violents et les habitudes mauvaises, il l’accordera volontiers, et nous ne devrions pas en rester privés.

La pleine assurance, il l’accordera, et une étroite communion avec lui-même, et l’accès à toute vérité, et une hardiesse efficace au propitiatoire. Si nous n’avons pas cela, c’est faute de foi pour le recevoir, et non par quelque mauvais vouloir de Dieu à le donner. Un calme, une disposition céleste, une grande patience, un amour fervent — tout cela, il le donnera à la sainte diligence.

Mais notons-le bien, il nous faut « marcher dans l’intégrité ». Il ne doit y avoir ni desseins contrariés ni manières tortueuses ; ni hypocrisie ni tromperie. Si nous marchons dans la souillure, Dieu ne peut nous accorder de faveurs, car ce serait mettre une prime sur le péché. La voie de l’intégrité est la voie de la richesse céleste — une richesse si grande qu’elle inclut tout bien.

Quelle promesse à plaider dans la prière ! Mettons-nous à genoux.

3 novembre

AU TEMPS DE DIEU

« Car c’est une prophétie dont le temps est déjà fixé, Elle marche vers son terme, et elle ne mentira pas; Si elle tarde, attends-la, Car elle s’accomplira, elle s’accomplira certainement » Habacuc 2:3

La miséricorde peut sembler lente, mais elle est sûre. Le Seigneur, dans sa sagesse qui ne faillit point, a fixé un temps pour les manifestations de sa puissance pleine de grâce, et le temps de Dieu est le meilleur temps. Nous sommes pressés ; la vision de la bénédiction excite notre désir et hâte nos aspirations ; mais le Seigneur tiendra ses rendez-vous. Jamais il n’est en avance sur son temps ; jamais il n’est en retard.

La parole de Dieu est ici présentée comme une chose vivante qui parlera et qui viendra. Elle n’est jamais une lettre morte, comme nous sommes tentés de le craindre lorsque nous en avons longtemps attendu l’accomplissement. La parole vivante est en chemin, venant du Dieu vivant, et bien qu’elle semble tarder, elle ne le fait pas en réalité. Le convoi de Dieu n’est pas en retard. Ce n’est qu’une affaire de patience, et nous verrons bientôt de nos propres yeux la fidélité du Seigneur. Aucune de ses promesses ne faillira ; « elle ne mentira pas ». Aucune de ses promesses ne se perdra dans le silence ; « elle parlera ». Quelle consolation elle parlera à l’oreille qui croit ! Aucune de ses promesses n’aura besoin d’être renouvelée comme une traite qu’on n’a pu payer à l’échéance — « elle ne tardera pas ».

Viens, mon âme, ne peux-tu attendre ton Dieu ? Repose-toi en lui et demeure tranquille dans une paix indicible.

4 novembre

À TOI DE CREUSER LES FOSSÉS

« Et il dit: Ainsi parle l’Éternel: Faites dans cette vallée des fosses, des fosses! Car ainsi parle l’Éternel: Vous n’apercevrez point de vent et vous ne verrez point de pluie, et cette vallée se remplira d’eau, et vous boirez, vous, vos troupeaux et votre bétail » 2 Rois 3:16-17

Trois armées périssaient de soif, et le Seigneur intervint. Bien qu’il n’envoyât ni nuage ni pluie, il fournit pourtant une abondance d’eau. Il ne dépend pas des méthodes ordinaires, mais il peut surprendre son peuple par des nouveautés de sagesse et de puissance. Ainsi sommes-nous amenés à voir davantage de Dieu que les procédés ordinaires n’auraient pu le révéler. Bien que le Seigneur puisse ne pas paraître pour nous de la manière que nous attendons, désirons ou supposons, il pourvoira pourtant à nos besoins d’une manière ou d’une autre. C’est une grande bénédiction pour nous d’être élevés au-dessus des causes secondes, afin de contempler la face de la grande Cause première.

Avons-nous aujourd’hui assez de grâce pour creuser des fossés où la bénédiction divine puisse couler ? Hélas ! nous manquons trop souvent à manifester une foi vraie et pratique. Soyons aujourd’hui à l’affût des réponses à la prière. Comme cette enfant qui, allant à une réunion pour prier la pluie, emporta un parapluie, attendons-nous vraiment et pratiquement à ce que le Seigneur nous bénisse. Remplissons la vallée de fossés, et attendons-nous à les voir tous remplis.

5 novembre

CE QUI EST PÉNIBLE PRENDRA FIN

« Je ne veux pas contester à toujours, Ni garder une éternelle colère, Quand devant moi tombent en défaillance les esprits, Les âmes que j’ai faites » Ésaïe 57:16

Notre Père céleste cherche notre instruction, non notre destruction. Sa contestation avec nous porte à notre égard une bienveillante intention. Il ne sera pas toujours en armes contre nous. Nous pensons que le Seigneur est long dans ses châtiments, mais c’est parce que nous sommes courts dans notre patience. Sa compassion demeure à toujours, mais non sa contestation. La nuit peut traîner en longueur sa marche pesante, mais elle doit à la fin céder la place au jour joyeux. Comme la contestation n’est que pour un temps, ainsi la colère qui y conduit n’est que pour un court moment. Le Seigneur aime trop ses élus pour être toujours irrité contre eux.

S’il devait toujours nous traiter comme il le fait parfois, nous défaillirions tout à fait, et nous descendrions sans espoir aux portes de la mort. Courage, cher cœur ! Le Seigneur mettra bientôt fin à sa réprimande. Tiens bon, car le Seigneur te soutiendra, et te fera traverser. Celui qui t’a fait sait combien tu es fragile, et combien peu tu peux supporter. Il maniera avec tendresse ce qu’il a façonné si délicatement. Ne crains donc pas à cause du présent douloureux, car il se hâte vers un heureux avenir. Celui qui t’a frappé te guérira ; sa petite colère sera suivie de grandes miséricordes.

6 novembre

LES DÉLICES ET LES DÉSIRS

« Fais de l’Éternel tes délices, Et il te donnera ce que ton cœur désire » Psaume 37:4

Faire ses délices de Dieu a une puissance transformante, et élève l’homme au-dessus des désirs grossiers de notre nature déchue. Se délecter en l’Éternel n’est pas seulement doux en soi, mais cela adoucit l’âme tout entière, jusqu’à ce que les aspirations du cœur deviennent telles que le Seigneur peut sans danger promettre de les combler. N’est-ce pas là un délice magnifique, qui moule nos désirs jusqu’à les rendre semblables aux désirs de Dieu ?

Notre manière insensée est de désirer, puis de nous mettre à l’œuvre pour obtenir ce que nous désirons. Nous ne procédons pas à la manière de Dieu, qui est de le chercher d’abord, puis d’attendre que toutes choses nous soient données par-dessus. Si nous laissons notre cœur se remplir de Dieu jusqu’à déborder de délices, alors le Seigneur lui-même veillera à ce que rien de bon ne nous manque. Au lieu d’aller chercher au-dehors nos joies, demeurons à la maison avec Dieu, et buvons l’eau de notre propre source. Il peut faire pour nous bien plus que tous nos amis. Mieux vaut se contenter de Dieu seul que d’aller çà et là, nous rongeant et nous languissant après les misérables bagatelles du temps et des sens. Pour un temps, nous pouvons connaître des déceptions ; mais si celles-ci nous rapprochent du Seigneur, ce sont des choses à priser extrêmement, car elles nous assureront à la fin l’accomplissement de tous nos justes désirs.

7 novembre

LA VRAIE HUMILITÉ RÉCOMPENSÉE

« celui qui s’abaisse sera élevé » Luc 18:14

Il ne devrait pas nous être difficile de nous humilier, car de quoi avons-nous à être fiers ? Nous devrions prendre la dernière place sans qu’on nous le dise. Si nous sommes sensés et honnêtes, nous serons petits à nos propres yeux. Surtout devant le Seigneur, dans la prière, nous nous réduirons à rien. Là, nous ne pouvons parler de mérite, car nous n’en avons aucun : notre unique et seul recours doit être à la miséricorde : « O Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur. »

Voici une parole encourageante venue du trône. Nous serons élevés par le Seigneur si nous nous humilions. Pour nous, le chemin vers le haut passe par le bas. Quand nous sommes dépouillés du moi, nous sommes revêtus d’humilité, et c’est là le meilleur des vêtements. Le Seigneur nous élèvera dans la paix et le bonheur de l’esprit ; il nous élèvera à la connaissance de sa Parole et à la communion avec lui-même ; il nous élèvera dans la jouissance d’un pardon et d’une justification assurés. Le Seigneur pose ses honneurs sur ceux qui savent les porter à l’honneur du donateur. Il donne l’utilité, l’acceptation et l’influence à ceux qui ne s’en enfleront pas, mais qui s’abaisseront sous le sentiment d’une plus grande responsabilité. Ni Dieu ni les hommes ne se soucieront d’élever celui qui s’élève lui-même ; mais Dieu et les hommes de bien s’unissent pour honorer le mérite modeste.

Ô Seigneur, enfonce-moi dans le moi, afin que je m’élève en toi.

8 novembre

LA GRANDEUR DE LA GRÂCE

« Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse » 2 Corinthiens 12:9

Notre faiblesse devrait être prisée comme faisant place à la force divine. Nous n’aurions peut-être jamais connu la puissance de la grâce si nous n’avions senti la faiblesse de la nature. Béni soit le Seigneur pour l’écharde dans la chair et pour l’ange de Satan, lorsqu’ils nous poussent vers la force de Dieu.

C’est là une parole précieuse, venue des lèvres mêmes de notre Seigneur. Elle a fait rire de joie celui qui écrit ces lignes. La grâce de Dieu me suffit ! Je pense bien qu’elle me suffit. Le ciel ne suffit-il pas à l’oiseau, et l’océan au poisson ? Le Tout-Suffisant est suffisant pour mon plus grand besoin. Celui qui suffit pour la terre et le ciel est certainement capable de répondre au cas d’un pauvre vermisseau comme moi.

Reposons-nous donc sur notre Dieu et sur sa grâce. S’il n’ôte pas notre douleur, il nous rendra capables de la porter. Sa force sera versée en nous, jusqu’à ce que le vermisseau foule les montagnes, et qu’un rien soit vainqueur de tous les grands et puissants. Il vaut mieux pour nous avoir la force de Dieu que la nôtre ; car serions-nous mille fois plus forts que nous ne le sommes, tout cela ne serait rien en face de l’ennemi ; et pourrions-nous être plus faibles que nous ne le sommes, ce qui est à peine possible, nous pourrions pourtant tout faire par Christ.

9 novembre

UNE CONNAISSANCE NÉCESSAIRE

« Et elles sauront que moi, l’Éternel, leur Dieu, je suis avec elles, et qu’elles sont mon peuple, elles, la maison d’Israël, dit le Seigneur, l’Éternel » Ézéchiel 34:30

Être le peuple propre du Seigneur est une bénédiction de choix, mais savoir que nous le sommes est une bénédiction consolante. C’est une chose que d’espérer que Dieu est avec nous, et c’en est une autre que de savoir qu’il l’est. La foi nous sauve, mais l’assurance nous satisfait. Nous prenons Dieu pour notre Dieu lorsque nous croyons en lui ; mais nous obtenons la joie de le posséder lorsque nous savons qu’il est nôtre, et que nous sommes siens. Aucun croyant ne devrait se contenter d’espérer et de se confier ; il devrait demander au Seigneur de le conduire jusqu’à la pleine assurance, afin que les choses de l’espérance deviennent des choses de certitude.

C’est lorsque nous jouissons des bénédictions de l’alliance, et que nous voyons notre Seigneur Jésus élevé pour nous comme une plante de renom, que nous parvenons à une claire connaissance de la faveur de Dieu envers nous. Ce n’est pas par la loi, mais par la grâce, que nous apprenons que nous sommes le peuple du Seigneur. Tournons toujours nos yeux dans la direction de la grâce gratuite. L’assurance de la foi ne peut jamais venir par les œuvres de la loi. C’est une vertu évangélique, et elle ne peut nous atteindre que par la voie de l’Évangile. Ne regardons pas au-dedans. Regardons au Seigneur seul. À mesure que nous voyons Jésus, nous verrons notre salut.

Seigneur, envoie-nous une telle marée de ton amour que nous soyons lavés bien au-delà de la fange du doute et de la crainte.

10 novembre

MARCHER SANS BRONCHER

« Il ne permettra point que ton pied chancelle » Psaume 121:3

Si le Seigneur ne le permet pas, ni les hommes ni les démons ne le peuvent. Comme ils se réjouiraient s’ils pouvaient nous infliger une chute honteuse, nous chasser de notre position et nous ensevelir hors de tout souvenir ! Ils pourraient le faire tout à leur gré, n’était un seul obstacle, un seul : le Seigneur ne le permettra pas ; et s’il ne le permet pas, nous ne le subirons pas.

La voie de la vie est comme un voyage à travers les Alpes. Le long des sentiers de montagne, on est constamment exposé au faux pas. Là où le chemin est élevé, la tête est sujette au vertige, et alors les pieds glissent bientôt : il y a des endroits lisses comme le verre, et d’autres hérissés de pierres branlantes, et dans les uns comme dans les autres une chute est difficile à éviter. Celui qui, tout au long de la vie, est rendu capable de se tenir droit et de marcher sans broncher a les meilleures raisons de reconnaissance. Entre les pièges et les embûches, les genoux affaiblis, les pieds las et les ennemis subtils, aucun enfant de Dieu ne tiendrait ferme une heure, n’était l’amour fidèle qui ne permet pas que son pied chancelle. « Au milieu de mille pièges je me tiens, / Soutenu et gardé par ta main ; / Cette main invisible me tiendra encore, / Et me conduira à ta montagne sainte. »

11 novembre

LES AFFRANCHIS DU SEIGNEUR

« Car le péché n’aura point de pouvoir sur vous, puisque vous êtes, non sous la loi, mais sous la grâce » Romains 6:14

Le péché régnera s’il le peut : il ne saurait se satisfaire d’une place au-dessous du trône du cœur. Nous craignons parfois qu’il ne nous vainque, et alors nous crions au Seigneur : « Qu’aucune iniquité ne domine sur moi. » Voici sa réponse consolante : « Le péché n’aura point de pouvoir sur vous. Il pourra vous assaillir, et même vous blesser ; mais jamais il n’établira sa souveraineté sur vous. »

Si nous étions sous la loi, notre péché prendrait des forces et nous tiendrait sous son pouvoir ; car c’est le châtiment du péché qu’un homme tombe sous le pouvoir du péché. Comme nous sommes sous l’alliance de grâce, nous sommes garantis contre l’éloignement du Dieu vivant par la sûre déclaration de l’alliance. La grâce nous est promise, par laquelle nous sommes ramenés de nos égarements, purifiés de nos souillures, et affranchis des chaînes de l’habitude.

Nous pourrions nous coucher dans le désespoir et « nous résigner à servir les Égyptiens », si nous étions encore des esclaves travaillant pour la vie éternelle ; mais puisque nous sommes les affranchis du Seigneur, nous prenons courage pour combattre nos corruptions et nos tentations, assurés que le péché ne nous ramènera jamais plus sous son empire. Dieu lui-même nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ, à qui soit la gloire aux siècles des siècles. Amen.

12 novembre

LES ÂMES SANCTIFIÉES SONT RASSASIÉES

« mon peuple se rassasiera de mes biens, dit l’Éternel » Jérémie 31:14

Note le « mes » qui revient : « Mon peuple se rassasiera de mes biens. »

Le genre de personnes qui se rassasient de Dieu est marqué comme appartenant à Dieu. Il se plaît en elles, car elles se plaisent en lui. Elles l’appellent leur Dieu, et il les appelle son peuple ; il se contente de les prendre pour partage, et elles se contentent de lui pour partage. Il y a une communion mutuelle de délices entre l’Israël de Dieu et le Dieu d’Israël.

Ces personnes sont rassasiées. Voilà une chose magnifique. Bien peu des fils des hommes sont jamais rassasiés, quel que soit leur sort ; ils ont avalé la sangsue, et elle crie sans cesse : « Donne ! Donne ! » Seules les âmes sanctifiées sont des âmes rassasiées. Dieu lui-même doit à la fois nous convertir et nous contenter.

Il n’est pas étonnant que le peuple du Seigneur soit rassasié de la bonté de son Seigneur. Voici une bonté sans mélange, une générosité sans mesure, une miséricorde sans reproche, un amour sans changement, une faveur sans réserve. Si la bonté de Dieu ne nous rassasie pas, qu’est-ce qui le fera ? Quoi ! gémissons-nous encore ? Il y a assurément en nous un désir mauvais, si c’en est un que la bonté de Dieu ne rassasie pas.

Seigneur, je suis rassasié. Béni soit ton nom.

13 novembre

LA GARDE QUI NE FAILLIT JAMAIS

« Voici, il ne sommeille ni ne dort, Celui qui garde Israël » Psaume 121:4

L’Éternel est « celui qui garde Israël ». Nulle forme d’inconscience ne le gagne jamais, ni le sommeil plus profond ni l’assoupissement le plus léger. Jamais il ne manque de veiller sur la maison et le cœur de son peuple. Voilà une raison suffisante pour que nous reposions dans une paix parfaite. Alexandre disait qu’il dormait parce que son ami Parménion veillait ; à combien plus forte raison pouvons-nous dormir, puisque notre Dieu est notre garde.

Le mot « Voici » est placé ici pour appeler notre attention sur cette vérité réconfortante. Israël, ayant une pierre pour oreiller, s’endormit ; mais son Dieu était éveillé, et vint en vision à son serviteur. Lorsque nous sommes couchés sans défense, l’Éternel lui-même couvrira notre tête.

Le Seigneur garde son peuple comme un homme riche garde son trésor, comme un capitaine garde une ville avec une garnison, comme une sentinelle veille sur son souverain. Nul ne peut nuire à ceux qui sont sous une telle garde. Que je remette mon âme entre ses chères mains. Jamais il ne nous oublie, jamais il ne cesse de prendre activement soin de nous, jamais il ne se trouve incapable de nous préserver.

Ô mon Seigneur, garde-moi, de peur que je ne m’égare, ne tombe et ne périsse. Garde-moi, afin que je garde tes commandements. Par ta vigilance qui ne sommeille jamais, empêche-moi de dormir comme le paresseux, et de périr comme ceux qui dorment le sommeil de la mort.

14 novembre

LE NOM À INVOQUER

« Si vous demandez quelque chose en mon nom, je le ferai » Jean 14:14

Quelle vaste promesse ! Quelque chose ! Grand ou petit, tous mes besoins sont couverts par ce mot « quelque chose ». Viens, mon âme, sois libre au propitiatoire, et entends ton Seigneur te dire : « Ouvre ta bouche, et je la remplirai. »

Quelle sage promesse ! Nous devons toujours demander au nom de Jésus. Tandis que cela nous encourage, cela l’honore aussi. C’est un recours constant. Parfois tout autre recours s’obscurcit, en particulier ceux que nous pourrions tirer de notre propre relation avec Dieu, ou de notre expérience de sa grâce ; mais en de tels moments, le nom de Jésus est aussi puissant que jamais au trône, et nous pouvons le plaider en pleine assurance.

Quelle prière instructive ! Je ne puis rien demander sur quoi je ne pourrais apposer la main et le sceau de Christ. Je n’ose user du nom de mon Seigneur pour une requête égoïste ou entêtée. Je ne puis user du nom de mon Seigneur que pour des prières qu’il prierait lui-même s’il était à ma place. C’est un haut privilège d’être autorisé à demander au nom de Jésus comme si Jésus lui-même demandait ; mais notre amour pour lui ne nous permettra jamais de placer ce nom là où il ne l’aurait pas placé.

Est-ce que je demande ce que Jésus approuve ? Oserais-je apposer son sceau à ma prière ? Alors j’ai ce que je cherche auprès du Père.

15 novembre

DES RICHESSES SANS LIMITES

« Et mon Dieu pourvoira à tous vos besoins selon sa richesse, avec gloire, en Jésus-Christ » Philippiens 4:19

Le Dieu de Paul est notre Dieu, et il pourvoira à tous nos besoins. Paul en était sûr à l’égard des Philippiens, et nous en sommes sûrs à l’égard de nous-mêmes. Dieu le fera, car cela lui ressemble : il nous aime, il prend plaisir à nous bénir, et cela le glorifiera de le faire. Sa pitié, sa puissance, son amour, sa fidélité, tout œuvre de concert pour que nous ne soyons pas affamés.

Quelle mesure le Seigneur emploie-t-il : « Selon sa richesse, avec gloire, en Jésus-Christ. » Les richesses de sa grâce sont grandes, mais que dirons-nous des richesses de sa gloire ? Ses « richesses de gloire en Jésus-Christ », qui pourra en faire l’estimation ? Selon cette mesure incommensurable, Dieu comblera l’immense abîme de nos nécessités. Il fait du Seigneur Jésus le réceptacle et le canal de sa plénitude, puis il nous communique sa richesse d’amour sous sa forme la plus haute. Alléluia !

Celui qui écrit sait ce que c’est que d’être éprouvé dans l’œuvre du Seigneur. La fidélité a été récompensée par la colère, et de généreux donateurs ont interrompu leurs souscriptions ; mais celui qu’ils cherchaient à opprimer n’en a pas été plus pauvre d’un sou, bien au contraire, il en a été plus riche ; car cette promesse s’est vérifiée : « Mon Dieu pourvoira à tous nos besoins. » Les provisions de Dieu sont plus sûres qu’aucune banque.

16 novembre

DES ARMES VOUÉES À L’ÉCHEC

« Toute arme forgée contre toi sera sans effet; Et toute langue qui s’élèvera en justice contre toi, Tu la condamneras » Ésaïe 54:17

Grand est le vacarme dans les forges et les ateliers de l’ennemi. Ils fabriquent des armes pour frapper les saints. Ils ne pourraient même pas faire cela si le Seigneur des saints ne le permettait ; car c’est lui qui a créé le forgeron soufflant sur les charbons dans le feu. Mais voyez avec quel empressement ils travaillent ! Que d’épées et de lances ils façonnent ! Peu importe, car sur la lame de chaque arme vous pouvez lire cette inscription : Elle sera sans effet.

Mais écoutez maintenant un autre bruit : c’est la querelle des langues. Les langues sont des instruments plus terribles que ceux qu’on peut fabriquer au marteau et à l’enclume, et le mal qu’elles infligent coupe plus profond et se répand plus loin. Qu’allons-nous devenir maintenant ? Calomnie, mensonge, insinuation, moquerie — ce sont là des flèches empoisonnées ; comment y faire face ? Le Seigneur Dieu nous promet que, si nous ne pouvons les faire taire, nous échapperons du moins à leur pouvoir de nous ruiner. Elles nous condamnent pour un moment, mais nous les condamnerons à la fin, et pour toujours. La bouche de ceux qui profèrent le mensonge sera fermée, et leurs faussetés tourneront à l’honneur de ces hommes de bien qui en ont souffert.

17 novembre

DIEU N’ABANDONNE JAMAIS

« Car l’Éternel ne délaisse pas son peuple, Il n’abandonne pas son héritage » Psaume 94:14

Non, il n’en rejettera pas même un seul. L’homme a ses rebuts, mais Dieu n’en a aucun ; car son choix est immuable, et son amour est éternel. Nul ne peut découvrir une seule personne que Dieu ait abandonnée après s’être révélé à elle pour son salut.

Cette grande vérité est mentionnée dans le psaume pour réconforter le cœur de l’affligé. Le Seigneur châtie les siens ; mais jamais il ne les abandonne. Le fruit de la double œuvre de la loi et de la verge est notre instruction, et le fruit de cette instruction est l’apaisement de l’esprit, une sobriété de pensée d’où sort le repos. Les impies sont laissés à eux-mêmes, jusqu’à ce que soit creusée la fosse où ils tomberont et seront pris ; mais les hommes pieux sont envoyés à l’école pour être préparés à leur glorieuse destinée future. Le jugement reviendra achever son œuvre sur les rebelles, mais il reviendra également pour justifier les sincères et les pieux. C’est pourquoi nous pouvons porter la verge du châtiment avec une paisible soumission ; elle ne signifie pas la colère, mais l’amour.

« Dieu peut châtier et corriger,

Mais jamais il ne saurait négliger ;

Il peut, dans sa fidélité, reprendre,

Mais jamais il ne saurait cesser d’aimer. »

18 novembre

CLAIREMENT SURNATUREL

« En ce jour-là, l’Éternel protégera les habitants de Jérusalem, Et le faible parmi eux sera dans ce jour comme David; La maison de David sera comme Dieu, Comme l’ange de l’Éternel devant eux » Zacharie 12:8

L’une des meilleures méthodes du Seigneur pour défendre son peuple est de le rendre fort d’une force intérieure. Les hommes valent mieux que les murailles, et la foi est plus forte que les châteaux forts.

Le Seigneur peut prendre le plus faible d’entre nous et le rendre semblable à David, le champion d’Israël. Seigneur, fais-le avec moi ! Infuse en moi ta puissance, et remplis-moi d’un courage sacré, afin que je puisse affronter le géant avec la fronde et la pierre, confiant en Dieu.

Le Seigneur peut rendre ses plus grands champions bien plus puissants qu’ils ne le sont : David peut être comme Dieu, comme l’ange de l’Éternel. Ce serait un développement merveilleux, mais il est possible, sinon on n’en parlerait pas. Ô Seigneur, agis ainsi avec les meilleurs de nos conducteurs ! Montre-nous ce que tu es capable de faire — à savoir, élever tes fidèles serviteurs à une hauteur de grâce et de sainteté qui soit clairement surnaturelle !

Seigneur, habite en tes saints, et ils seront comme Dieu ; mets ta puissance en eux, et ils seront comme les êtres vivants qui demeurent en la présence de l’Éternel. Accomplis cette promesse envers ton Église entière en ce jour qui est le nôtre, pour l’amour de Jésus. Amen.

19 novembre

DE L’OBÉISSANCE À LA BÉNÉDICTION

« dès ce jour je répandrai ma bénédiction » Aggée 2:19

Les choses futures nous sont cachées. Pourtant, voici un miroir où nous pouvons voir les années à naître. Le Seigneur dit : « Dès ce jour je répandrai ma bénédiction. »

Il vaut la peine de noter le jour auquel se rapporte cette promesse. Il y avait eu échec des récoltes, brûlure et rouille, et tout cela à cause du péché du peuple. Or, le Seigneur vit ces hommes châtiés commencer à obéir à sa parole et à bâtir son temple, et c’est pourquoi il dit : « Depuis le jour où le fondement du temple de l’Éternel a été posé, considérez. Dès ce jour je répandrai ma bénédiction. » Si nous avons vécu dans quelque péché, et que l’Esprit nous conduit à nous en purifier, nous pouvons compter sur la bénédiction du Seigneur. Son sourire, son Esprit, sa grâce, sa plus pleine révélation de sa vérité, tout cela se révélera pour nous une bénédiction élargie. Nous pouvons tomber sous une plus grande opposition de la part des hommes à cause de notre fidélité, mais nous nous élèverons à des rapports plus étroits avec le Seigneur notre Dieu, et à une vue plus claire de notre acceptation en lui.

Seigneur, je suis résolu à t’être plus fidèle, et plus exact à suivre ta doctrine et ton précepte ; je te prie donc, par Jésus-Christ, d’accroître la félicité de ma vie quotidienne, dès maintenant et à jamais.

20 novembre

LA FAIM RASSASIÉE

« Car il a satisfait l’âme altérée, Il a comblé de biens l’âme affamée » Psaume 107:9

Il est bon d’avoir des aspirations, et plus elles sont intenses, mieux cela vaut. Le Seigneur rassasiera les aspirations de l’âme, si grandes et si absorbantes soient-elles. Aspirons ardemment, car Dieu donnera abondamment. Nous ne sommes jamais dans un bon état d’esprit lorsque nous sommes contents de nous-mêmes et exempts d’aspirations. Les désirs d’une grâce plus grande, et les gémissements qui ne peuvent s’exprimer, sont des douleurs de croissance, et nous devrions souhaiter les sentir de plus en plus. Esprit béni, fais-nous soupirer et crier après de meilleures choses, et après davantage des meilleures choses !

La faim n’est nullement une sensation agréable. Pourtant, heureux ceux qui ont faim et soif de la justice. Ceux-là non seulement verront leur faim soulagée par un peu de nourriture, mais ils seront rassasiés. Ils ne seront pas rassasiés de quelque grossière pitance, mais leur régime sera digne de leur bon Seigneur, car ils seront comblés de biens par l’Éternel lui-même.

Venez, ne nous chagrinons pas de ce que nous aspirons et avons faim, mais écoutons la voix du psalmiste qui, lui aussi, aspire et a faim de voir Dieu glorifié : « Qu’ils louent l’Éternel pour sa bonté, et pour ses merveilles en faveur des fils de l’homme ! »

21 novembre

LE REGARD AU-DEHORS ET EN HAUT

« Tournez-vous vers moi, et vous serez sauvés, Vous tous qui êtes aux extrémités de la terre! Car je suis Dieu, et il n’y en a point d’autre » Ésaïe 45:22

C’est là une promesse des promesses. Elle est au fondement de notre vie spirituelle. Le salut vient par un regard vers celui qui est « le seul Dieu juste et qui sauve ». Que la direction est simple ! « Tournez-vous vers moi. » Que l’exigence est raisonnable ! Assurément, la créature doit regarder au Créateur. Nous avons regardé assez longtemps ailleurs, il est temps de regarder à lui seul, qui invite notre attente et promet de nous donner son salut.

Un simple regard ! Ne regarderons-nous pas aussitôt ? Nous n’avons rien à apporter en nous-mêmes, mais à regarder au-dehors et en haut, vers notre Seigneur sur son trône, où il est monté depuis la croix. Un regard ne demande aucune préparation, aucun effort violent : il n’exige ni esprit ni sagesse, ni richesse ni force. Tout ce dont nous avons besoin est dans le Seigneur notre Dieu, et si nous regardons à lui pour tout, ce tout sera nôtre, et nous serons sauvés.

Venez, vous qui êtes loin, regardez ici ! Vous, extrémités de la terre, tournez les yeux de ce côté ! De même que, des régions les plus lointaines, les hommes peuvent voir le soleil et jouir de sa lumière, ainsi vous qui gisez aux confins de la mort, aux portes mêmes de l’enfer, vous pouvez, par un regard, recevoir la lumière de Dieu, la vie du ciel, le salut du Seigneur Jésus-Christ, qui est Dieu, et donc capable de sauver.

22 novembre

AUCUNE CONDAMNATION

« En ces jours, en ce temps-là, dit l’Éternel, On cherchera l’iniquité d’Israël, et elle n’existera plus, Le péché de Juda, et il ne se trouvera plus; Car je pardonnerai au reste que j’aurai laissé » Jérémie 50:20

Quelle glorieuse parole en vérité ! Quel pardon parfait est ici promis aux nations coupables d’Israël et de Juda ! Le péché doit être si bien ôté qu’il ne se trouvera plus, si bien effacé qu’il n’en restera aucun. Gloire soit au Dieu des pardons !

Satan recherche les péchés pour nous en accuser, nos ennemis les recherchent pour nous les imputer, et notre propre conscience les recherche avec un empressement même maladif. Mais lorsque le Seigneur applique le sang précieux de Jésus, nous ne craignons aucune forme de recherche, car « il n’en restera aucun », « ils ne se trouveront plus ». Le Seigneur a fait que les péchés de son peuple cessent d’exister : il a mis fin à la transgression, et fait disparaître le péché. Le sacrifice de Jésus a jeté nos péchés au fond de la mer. Cela nous fait danser de joie.

La raison de l’effacement du péché tient au fait que l’Éternel lui-même pardonne à ses élus. Sa parole de grâce n’est pas seulement royale, mais divine. Il prononce l’absolution, et nous sommes absous. Il applique l’expiation, et dès cette heure son peuple est au-delà de toute crainte de condamnation. Béni soit le nom du Dieu qui anéantit le péché !

23 novembre

ACQUÉRIR LA PERSÉVÉRANCE

« L’Éternel, ton Dieu, chassera peu à peu ces nations loin de ta face » Deutéronome 7:22

Nous ne devons pas nous attendre à remporter les victoires du Seigneur Jésus d’un seul coup. Les principes et les pratiques du mal ont la vie dure. En certains lieux, il faut des années de labeur pour chasser ne serait-ce qu’un seul des nombreux vices qui souillent les habitants. Nous devons poursuivre la guerre de toutes nos forces, même lorsque nous ne sommes favorisés que de peu de succès visible.

Notre affaire en ce monde est de le conquérir pour Jésus. Nous ne devons pas faire de compromis, mais exterminer les maux. Nous ne devons pas rechercher la popularité, mais faire une guerre incessante à l’iniquité. L’infidélité, le papisme, la boisson, l’impureté, l’oppression, la mondanité, l’erreur : tout cela doit être « chassé ».

Le Seigneur notre Dieu peut seul accomplir cela. Il œuvre par ses fidèles serviteurs ; et, béni soit son nom, il promet qu’il œuvrera ainsi. « L’Éternel, ton Dieu, chassera ces nations devant toi. » Cela, il le fera par degrés, afin que nous apprenions la persévérance, que nous croissions dans la foi, que nous veillions ardemment, et que nous évitions la sécurité charnelle. Rendons grâce à Dieu pour un petit succès, et prions pour davantage. Ne remettons jamais l’épée au fourreau jusqu’à ce que tout le pays soit gagné pour Jésus.

Courage, mon cœur ! Avance peu à peu, car beaucoup de petits feront un grand tout.

24 novembre

PARDON ET GRÂCE

« Il ne conteste pas sans cesse, Il ne garde pas sa colère à toujours » Psaume 103:9

Il contestera parfois, sinon il ne serait pas un sage Père pour de pauvres enfants aussi égarés que nous. Sa contestation est très douloureuse à ceux qui sont sincères, parce qu’ils sentent combien tristement ils la méritent, et combien il est mal de leur part de l’affliger. Nous savons ce que signifie cette contestation, et nous nous inclinons devant le Seigneur, pleurant d’avoir été cause qu’il s’irrite contre nous.

Mais quelle consolation nous trouvons dans ces lignes ! Ce n’est « pas sans cesse » qu’il contestera. Si nous nous repentons et nous tournons vers lui, le cœur brisé à cause du péché et détaché du péché, il nous sourira aussitôt. Ce n’est point pour lui un plaisir de tourner un visage renfrogné vers ceux qu’il aime de tout son cœur : sa joie est que notre joie soit complète.

Venez, cherchons sa face. Il n’y a aucune raison de désespérer, ni même de nous décourager. Aimons un Dieu qui conteste, et bientôt nous chanterons : « Ta colère s’est apaisée, et tu m’as consolé. » Loin d’ici, sombres pressentiments, corbeaux de l’âme ! Entrez, humbles espérances et souvenirs reconnaissants, colombes du cœur ! Celui qui nous a pardonnés jadis comme un juge nous pardonnera de nouveau comme un père, et nous nous réjouirons dans son doux et immuable amour.

25 novembre

LES MONTAGNES CHANGÉES EN PLAINES

« Qui es-tu, grande montagne, devant Zorobabel? Tu seras aplanie. Il posera la pierre principale au milieu des acclamations: Grâce, grâce pour elle! » Zacharie 4:7

En cette heure, une montagne de difficulté, de détresse ou de nécessité peut se dresser sur notre chemin, et la raison naturelle ne voit aucun sentier par-dessus, à travers ou autour d’elle. Que la foi survienne, et aussitôt la montagne disparaît et devient une plaine. Mais la foi doit d’abord entendre la parole du Seigneur : « Ce n’est ni par la puissance ni par la force, mais c’est par mon esprit, dit l’Éternel des armées. » Cette grande vérité est une nécessité de premier ordre pour affronter les épreuves insurmontables de la vie.

Je vois que je ne puis rien faire, et que toute confiance en l’homme est vanité. « Ce n’est ni par la puissance. » Je vois qu’on ne peut se fier à aucun moyen visible, mais que la force est dans l’Esprit invisible. Dieu seul doit œuvrer, et les hommes et les moyens ne doivent compter pour rien. S’il en est ainsi, que le Dieu tout-puissant prenne en main les affaires de son peuple, alors les grandes montagnes ne sont rien. Il peut déplacer des mondes comme des enfants lancent des balles çà et là, ou les poussent du pied. Cette puissance, il peut me la prêter. Si le Seigneur m’ordonne de déplacer une Alpe, je le puis en son nom. Ce peut être une grande montagne, mais même devant ma faiblesse elle deviendra une plaine ; car le Seigneur l’a dit. De quoi pourrais-je avoir peur, avec Dieu à mes côtés ?

26 novembre

UNE ALCHIMIE CÉLESTE

« votre tristesse se changera en joie » Jean 16:20

Leur tristesse particulière était la mort et l’absence de leur Seigneur, et elle fut changée en joie lorsqu’il ressuscita d’entre les morts et se montra au milieu d’eux. Toutes les tristesses des saints seront ainsi transmuées ; même les pires d’entre elles, qui semblent devoir rester à jamais des sources d’amertume.

Alors, plus il y a de tristesse, plus il y a de joie. Si nous avons des fardeaux de tristesse, la puissance du Seigneur les changera en tonnes de joie. Alors, plus l’épreuve est amère, plus le plaisir est doux : l’oscillation du pendule loin vers la gauche le fera aller d’autant plus loin vers la droite. Le souvenir du chagrin rehaussera la saveur du délice : nous mettrons l’un en contraste avec l’autre, et l’éclat du diamant se verra d’autant plus clairement à cause du fond noir placé derrière lui.

Viens, mon cœur, reprends courage ! Dans peu de temps, je serai aussi joyeux que je suis maintenant sombre. Jésus me dit que, par une alchimie céleste, ma tristesse sera changée en joie. Je ne vois pas comment cela doit se faire, mais je le crois, et je commence à chanter par anticipation. Cet abattement de l’esprit n’est pas pour longtemps ; je serai bientôt là-haut, parmi les heureux qui louent le Seigneur jour et nuit, et là je chanterai la miséricorde qui m’a délivré de grandes afflictions.

27 novembre

LE REPOS DANS TOUTES TES MARCHES

« Je marcherai moi-même avec toi, et je te donnerai du repos » Exode 33:14

Précieuse promesse ! Seigneur, rends-moi capable de me l’approprier comme toute mienne.

Il nous faut, à certains moments, quitter notre demeure, car nous n’avons pas ici de cité permanente. Il arrive souvent que, lorsque nous nous sentons le plus chez nous en un lieu, nous en soyons soudain appelés au-dehors. Voici l’antidote à ce mal. Le Seigneur lui-même nous tiendra compagnie. Sa présence, qui comprend sa faveur, sa communion, son soin et sa puissance, sera toujours avec nous en chacune de nos marches. Cela signifie bien plus qu’il n’est dit ; car, en fait, cela signifie tout. Si nous avons Dieu présent avec nous, nous possédons le ciel et la terre. Va avec moi, Seigneur, et commande-moi ensuite où tu voudras !

Mais nous espérons trouver un lieu de repos. Le texte le promet. Nous devons avoir un repos que Dieu lui-même donne, façonne et préserve. Sa présence nous fera reposer même quand nous sommes en marche, oui, même au milieu de la bataille. Le repos ! Mot trois fois béni. Peut-il jamais être goûté par des mortels ? Oui, voici la promesse, et par la foi nous la plaidons. Le repos vient du Consolateur, du Prince de la paix, et du Père glorieux qui s’est reposé le septième jour de toutes ses œuvres. Être avec Dieu, c’est reposer, au sens le plus fort.

28 novembre

FAIRE CE QUE DIEU PEUT BÉNIR

« L’Éternel ordonnera à la bénédiction d’être avec toi dans tes greniers et dans toutes tes entreprises » Deutéronome 28:8

Si nous obéissons au Seigneur notre Dieu, il bénira ce qu’il nous donne. Les richesses ne sont pas une malédiction quand elles sont bénies du Seigneur. Lorsque les hommes ont plus qu’il ne leur faut pour leur besoin immédiat, et qu’ils commencent à amasser dans des greniers, la pourriture sèche de la convoitise ou la flétrissure de la dureté de cœur suit volontiers l’accumulation ; mais avec la bénédiction de Dieu, il n’en est pas ainsi. La prudence règle l’épargne, la libéralité dirige la dépense, la reconnaissance maintient la consécration, et la louange adoucit la jouissance. C’est une grande miséricorde d’avoir la bénédiction de Dieu dans son coffre-fort et sur son compte en banque.

Quelle faveur nous est faite par la dernière clause : « L’Éternel te bénira dans toutes tes entreprises. » Nous ne voudrions mettre la main à rien sur quoi nous n’oserions demander la bénédiction de Dieu, ni nous y engager sans prière ni foi. Mais quel privilège de pouvoir attendre le secours du Seigneur dans chaque entreprise ! Certains parlent d’un homme chanceux : la bénédiction du Seigneur vaut mieux que la chance. Le patronage des grands n’est rien auprès de la faveur de Dieu. Compter sur soi est fort bien ; mais la bénédiction du Seigneur vaut infiniment plus que tout le fruit du talent, du génie ou de l’adresse.

29 novembre

SAVOIR ATTENDRE

« Celui qui la prendra pour appui n’aura point hâte de fuir » Ésaïe 28:16

Il se hâtera de garder les commandements du Seigneur ; mais il ne se hâtera dans aucun sens impatient ou déplacé.

Il ne se hâtera pas de fuir, car il ne sera pas terrassé par la crainte qui provoque la panique. Quand d’autres courent çà et là comme s’ils avaient perdu la raison, le croyant sera tranquille, calme et posé, et pourra ainsi agir sagement à l’heure de l’épreuve.

Il ne se hâtera pas dans ses attentes, réclamant ses biens tout de suite et sur-le-champ ; mais il attendra le temps de Dieu. Certains sont désespérément pressés de tenir l’oiseau dans la main ; car ils tiennent la promesse du Seigneur pour un oiseau dans le buisson, qui a peu de chances d’être à eux. Les croyants savent attendre.

Il ne se hâtera pas en se jetant dans une action mauvaise ou douteuse. L’incrédulité doit faire quelque chose, et c’est ainsi qu’elle œuvre à sa propre ruine ; mais la foi ne se hâte jamais au point de nuire à sa bonne marche, et ainsi elle n’est pas contrainte de revenir tristement par le chemin qu’elle avait suivi étourdiment.

Qu’en est-il de moi ? Est-ce que je crois, et est-ce que je me tiens donc au pas du croyant, qui est de marcher avec Dieu ? Paix, esprit tremblant ! Oh ! repose-toi dans le Seigneur, et attends-le patiemment ! Mon cœur, veille à le faire à l’instant !

30 novembre

DIEU EST EN PREMIÈRE LIGNE

« L’Éternel marchera lui-même devant toi, il sera lui-même avec toi, il ne te délaissera point, il ne t’abandonnera point; ne crains point, et ne t’effraie point » Deutéronome 31:8

En présence d’une grande œuvre ou d’une grande guerre, voici un texte qui devrait nous aider à ceindre notre armure. Si l’Éternel lui-même marche devant nous, il doit être sûr de le suivre. Qui peut faire obstacle à notre marche, si le Seigneur lui-même est à l’avant-garde ? Venez, frères soldats, faisons une avance résolue ! Pourquoi hésitons-nous à passer à la victoire ?

Et le Seigneur n’est pas seulement devant nous ; il est avec nous. Au-dessus, au-dessous, autour, au-dedans, se tient le Tout-Puissant, l’Omniprésent. En tout temps, et jusque dans l’éternité, il sera avec nous comme il l’a été. Comme cela devrait fortifier notre bras ! Élancez-vous hardiment, soldats de la croix, car l’Éternel des armées est avec nous !

Étant devant nous et avec nous, jamais il ne retirera son secours. Il ne peut faillir en lui-même, et il ne faillira pas envers nous. Il continuera de nous secourir selon notre besoin, jusqu’à la fin. Comme il ne peut nous faillir, il ne nous abandonnera pas non plus. Il sera toujours à la fois capable et disposé à nous accorder force et secours, jusqu’à ce que les jours de combat soient passés.

Ne craignons point et ne soyons point effrayés ; car l’Éternel des armées descendra au combat avec nous, soutiendra le fort de la lutte, et nous donnera la victoire.

Sommaire

Le carnet de chèques de la banque de la foi Charles H. Spurgeon

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