Le carnet de chèques de la banque de la foi ·Le mois d’octobre

Chapitre 11 · 40 min de lecture

Le mois d’octobre

1er octobre

UNE ALLIANCE DONT IL SE SOUVIENT

« Il a donné de la nourriture à ceux qui le craignent; Il se souvient toujours de son alliance » Psaume 111:5

Ceux qui craignent Dieu n’ont pas à craindre la disette. Tout au long de ces longues années, le Seigneur a toujours trouvé de la nourriture pour ses propres enfants, qu’ils fussent au désert, ou près du torrent de Kerith, ou en captivité, ou au milieu de la famine. Jusqu’à présent, le Seigneur nous a donné jour après jour notre pain quotidien, et nous ne doutons pas qu’il continuera de nous nourrir jusqu’à ce que nous n’ayons plus besoin de rien.

Quant aux bénédictions plus hautes et plus grandes de l’alliance de grâce, il ne cessera jamais de nous les dispenser selon que notre cas le demande. Il se souvient d’avoir fait l’alliance, et n’agit jamais comme s’il la regrettait. Il s’en souvient lorsque nous le provoquons à nous détruire. Il se souvient de nous aimer, de nous garder et de nous consoler, ainsi qu’il s’y est engagé. Il se souvient de chaque iota et de chaque trait de ses engagements, ne laissant jamais tomber à terre une seule de ses paroles.

Nous oublions tristement notre Dieu, mais lui se souvient de nous avec grâce. Il ne peut oublier son Fils, qui est le Garant de l’alliance, ni son Saint-Esprit, qui accomplit activement l’alliance, ni son propre honneur, qui est lié à l’alliance. Ainsi le fondement de Dieu demeure ferme, et nul croyant ne perdra son héritage divin, qui est à lui par une alliance inviolable.

2 octobre

UNE CONSOLATION SUR LE CHEMIN DU RETOUR

« Joseph dit à ses frères: Je vais mourir! Mais Dieu vous visitera, et il vous fera remonter de ce pays-ci dans le pays qu’il a juré de donner à Abraham, à Isaac et à Jacob » Genèse 50:24

Joseph avait été comme une providence incarnée pour ses frères. Tous nos Joseph meurent, et mille consolations meurent avec eux. L’Égypte ne fut plus jamais la même pour Israël après la mort de Joseph, et le monde ne peut plus être, pour quelques-uns d’entre nous, ce qu’il était lorsque nos bien-aimés vivaient encore.

Mais voyez comme la douleur de cette triste mort fut adoucie ! Ils avaient une promesse : le Dieu vivant les visiterait. Une visite de l’Éternel ! Quelle faveur ! Quelle consolation ! Quel ciel ici-bas ! Ô Seigneur, visite-nous aujourd’hui ; bien que, en vérité, nous ne soyons pas dignes que tu entres sous notre toit.

Mais il y avait plus encore de promis : le Seigneur les ferait sortir. Ils trouveraient en Égypte un froid accueil, une fois Joseph mort ; bien plus, elle deviendrait pour eux une maison de servitude. Mais il ne devait pas en être ainsi pour toujours ; ils en sortiraient par une délivrance divine, et marcheraient vers la terre promise. Nous ne pleurerons pas ici pour toujours. Nous serons rappelés à la maison, dans la terre de gloire, pour rejoindre les nôtres. C’est pourquoi, « consolez-vous les uns les autres par ces paroles ».

3 octobre

MIROIRS DE LA BEAUTÉ DU SEIGNEUR

« Pour moi, dans mon innocence, je verrai ta face; Dès le réveil, je me rassasierai de ton image » Psaume 17:15

Le partage des autres hommes remplit leur corps et enrichit leurs enfants, mais le partage du croyant est d’un autre ordre. Les hommes de ce monde ont leur trésor en ce monde, mais les hommes du monde à venir regardent plus haut et plus loin.

Notre possession est double. Nous avons la présence de Dieu ici-bas, et sa ressemblance dans l’au-delà. Ici, nous contemplons la face du Seigneur dans la justice, car nous sommes justifiés en Jésus-Christ. Oh ! la joie de contempler la face d’un Dieu réconcilié ! La gloire de Dieu, sur la face de Jésus-Christ, nous procure le ciel ici-bas, et elle sera pour nous le ciel des cieux là-haut.

Mais la contemplation ne s’arrête pas là : nous devons être changés en ce que nous contemplons. Nous dormirons un peu de temps, puis nous nous réveillerons pour nous trouver comme des miroirs qui reflètent les beautés de notre Seigneur. La foi voit Dieu d’un regard transformant. Le cœur reçoit l’image de Jésus jusque dans ses profondeurs, jusqu’à ce que le caractère de Jésus soit empreint sur l’âme. Voilà le rassasiement. Voir Dieu et lui être semblable — que puis-je désirer de plus ? La ferme assurance de David est ici, par le Saint-Esprit, transformée en promesse du Seigneur. Je la crois. Je l’attends. Seigneur, daigne me l’accorder. Amen.

4 octobre

LE PUISSANT AIMANT

« Et moi, quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi » Jean 12:32

Venez, ouvriers, prenez courage. Vous craignez de ne pouvoir rassembler une assemblée. Essayez de prêcher un Sauveur crucifié, ressuscité et monté au ciel ; car c’est là le plus grand pouvoir d’attraction qui se soit jamais manifesté parmi les hommes. Qu’est-ce qui vous a attirés à Christ, sinon Christ ? Qu’est-ce qui vous attire à lui maintenant, sinon sa propre et bienheureuse personne ? Si vous avez été attirés à la religion par quelque autre chose, vous en serez bientôt détournés ; mais Jésus vous a tenus, et vous tiendra jusqu’à la fin. Pourquoi donc douter de son pouvoir d’attirer les autres ? Allez avec le nom de Jésus vers ceux qui sont demeurés jusqu’ici obstinés, et voyez s’il ne les attire pas.

Nul genre d’homme n’échappe à cette force d’attraction. Vieux et jeunes, riches et pauvres, ignorants et savants, dépravés ou aimables — tous les hommes en éprouveront la force attractive. Jésus est l’unique aimant. Ne pensons à aucun autre. Ni la musique n’attirera à Jésus, ni l’éloquence, ni la logique, ni le cérémonial, ni le bruit. Jésus lui-même doit attirer les hommes à lui ; et Jésus est pleinement à la hauteur de l’œuvre dans chaque cas. Ne te laisse pas séduire par les charlataneries du jour ; mais, comme ouvriers du Seigneur, travaille à sa manière, et attire avec les propres cordages du Seigneur. Attire à Christ, et attire par Christ, car alors Christ attirera par toi.

5 octobre

À L’ORDRE DE DIEU

« Le reste de Jacob sera au milieu des peuples nombreux Comme une rosée qui vient de l’Éternel, Comme des gouttes d’eau sur l’herbe: Elles ne comptent pas sur l’homme, Elles ne dépendent pas des enfants des hommes. » Michée 5:6

Si cela est vrai de l’Israël selon la lettre, combien plus est-ce vrai de l’Israël spirituel, le peuple croyant de Dieu. Quand les saints sont ce qu’ils devraient être, ils sont une incalculable bénédiction pour ceux parmi lesquels ils sont dispersés.

Ils sont comme la rosée ; car d’une manière paisible et discrète, ils rafraîchissent ceux qui les entourent. Silencieusement, mais efficacement, ils servent à la vie, à la croissance et à la joie de ceux qui habitent avec eux. Fraîchement venus du ciel, scintillant comme des diamants au soleil, des hommes et des femmes remplis de grâce prennent soin des faibles et des insignifiants, jusqu’à ce que chaque brin d’herbe ait sa goutte de rosée. Petits en tant qu’individus, ils suffisent pleinement, une fois unis, aux desseins d’amour que le Seigneur accomplit par eux. Des gouttes de rosée rafraîchissent de larges champs. Seigneur, rends-nous semblables à la rosée !

Les hommes pieux sont comme des ondées qui viennent à l’ordre de Dieu, sans l’autorisation ni la permission des hommes. Ils travaillent pour Dieu, que les hommes le désirent ou non ; ils ne demandent pas plus la permission humaine que ne le fait la pluie. Seigneur, rends-nous ainsi hardiment prompts, et libres dans ton service, où que notre sort nous appelle.

6 octobre

LA CONDUITE DE NOTRE GUIDE

« Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité » Jean 16:13

La vérité est comme une vaste caverne où nous désirons entrer, mais que nous ne pouvons parcourir seuls. À l’entrée, elle est claire et lumineuse ; mais si nous voulons aller plus loin et en explorer les recoins les plus profonds, il nous faut un guide, sinon nous nous égarerons. Le Saint-Esprit, qui connaît parfaitement toute vérité, est le guide désigné de tous les vrais croyants, et il les conduit, à mesure qu’ils peuvent le porter, d’une chambre intérieure à une autre, en sorte qu’ils contemplent les choses profondes de Dieu, et que son secret leur est rendu clair.

Quelle promesse pour l’esprit qui s’enquiert avec humilité ! Nous désirons connaître la vérité et entrer en elle. Nous sommes conscients de notre propre penchant à errer, et nous sentons le pressant besoin d’un guide. Nous nous réjouissons de ce que le Saint-Esprit est venu et demeure parmi nous. Il condescend à nous servir de guide, et nous acceptons avec joie sa conduite. C’est « toute la vérité » que nous voulons apprendre, afin de n’être ni unilatéraux ni déséquilibrés. Nous ne voudrions pas rester volontairement ignorants d’aucune partie de la révélation, de peur d’y perdre une bénédiction ou d’encourir un péché. L’Esprit de Dieu est venu pour nous conduire dans toute la vérité : d’un cœur obéissant, écoutons ses paroles et suivons sa direction.

7 octobre

TOUJOURS LE PREMIER DANS LA COMMUNION

« il vous précède en Galilée: c’est là que vous le verrez, comme il vous l’a dit. » Marc 16:7

Là où il avait donné rendez-vous à ses disciples, là il se trouverait au temps voulu. Jésus tient ses rendez-vous. S’il promet de nous rencontrer au propitiatoire, ou dans le culte public, ou dans les sacrements, nous pouvons compter qu’il y sera. Nous pouvons, par méchanceté, nous tenir loin du lieu de rencontre fixé, mais lui ne le fait jamais. Il dit : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux » ; il ne dit pas « là je serai », mais « je suis déjà là ».

Jésus est toujours le premier dans la communion : « Il vous précède. » Son cœur est avec son peuple, ses délices sont en lui, il n’est jamais lent à le rejoindre. Dans toute communion, il nous précède.

Mais il se révèle à ceux qui le suivent : « C’est là que vous le verrez. » Joyeuse vision ! Peu nous importe de voir le plus grand des simples mortels, mais LE voir, c’est être rempli de joie et de paix. Et nous le verrons, car il promet de venir à ceux qui croient en lui, et de se manifester à eux. Sois bien assuré qu’il en sera ainsi, car il fait tout selon sa parole de promesse : « comme il vous l’a dit. » Saisis ces derniers mots, et sois assuré que jusqu’à la fin il fera pour toi « comme il te l’a dit ».

8 octobre

JAMAIS SEUL

« On ne te nommera plus délaissée » Ésaïe 62:4

« Délaissé » est un mot lugubre. Il sonne comme un glas. Il est le registre des plus vives douleurs, et la prophétie des plus terribles maux. Un abîme de misère s’ouvre béant dans ce mot : « Délaissé. » Délaissé par quelqu’un qui avait engagé son honneur ! Délaissé par un ami si longtemps éprouvé et en qui l’on avait confiance ! Délaissé par un proche bien-aimé ! Délaissé par son père et sa mère ! Délaissé par tous ! Voilà bien le malheur, et pourtant on peut le supporter avec patience si le Seigneur nous recueille.

Mais que doit-ce être que de se sentir délaissé de Dieu ? Songe à ce cri, le plus amer de tous : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Avons-nous jamais, en quelque mesure, goûté l’absinthe et le fiel de ce mot « Délaissé », en ce sens-là ? Si oui, supplions notre Seigneur de nous garder de toute répétition d’une douleur si indicible. Oh ! qu’une telle obscurité ne revienne jamais ! Des hommes, dans leur malice, dirent d’un saint : « Dieu l’a abandonné ; poursuivez-le et saisissez-le. » Mais c’était toujours faux. La faveur pleine d’amour du Seigneur contraindra nos cruels ennemis à ravaler leurs paroles, ou du moins à retenir leur langue.

Le contraire de tout cela, c’est ce mot suprême : Hephtsiba — « Le Seigneur met son plaisir en toi. » Cela change les pleurs en danses. Que ceux qui s’étaient crus délaissés entendent le Seigneur dire : « Je ne te délaisserai point, et je ne t’abandonnerai point. »

9 octobre

QU’EST-CE QUI SANCTIFIE NOS OFFRANDES ?

« Le sacrificateur mettra du sang sur les cornes de l’autel des parfums odoriférants, qui est devant l’Éternel » Lévitique 4:7

L’autel des parfums est le lieu où les saints présentent leurs prières et leurs louanges ; et il est délicieux de le voir aspergé du sang du grand sacrifice. C’est là ce qui rend tout notre culte agréable à l’Éternel : il voit le sang de son propre Fils, et c’est pourquoi il accepte notre hommage.

Il est bon pour nous de fixer les yeux sur le sang de l’unique offrande pour le péché. Le péché se mêle jusqu’à nos choses saintes, et notre meilleur repentir, notre foi, notre prière et notre action de grâces ne pourraient être reçus de Dieu sans le mérite du sacrifice expiatoire. Beaucoup ricanent au sujet du « sang » ; mais pour nous, il est le fondement de la consolation et de l’espérance. Ce qui est sur les cornes de l’autel est destiné à se tenir bien en vue devant nos yeux lorsque nous approchons de Dieu. Le sang donne de la force à la prière, et c’est pourquoi il est sur les cornes de l’autel. Il est « devant l’Éternel », et c’est pourquoi il doit être devant nous. Il est sur l’autel avant que nous n’apportions le parfum ; il est là pour sanctifier nos offrandes et nos dons.

Venez, prions avec confiance, puisque la Victime est offerte, que le mérite a été plaidé, que le sang est au-dedans du voile, et que les prières des croyants doivent être douces au Seigneur.

10 octobre

UNE PORTE OUVERTE DE COMMUNION

« j’ai mis devant toi une porte ouverte, que personne ne peut fermer » Apocalypse 3:8

Les saints qui demeurent fidèles à la vérité de Dieu ont devant eux une porte ouverte. Mon âme, tu as résolu de vivre et de mourir dans ce que le Seigneur a révélé dans sa Parole, et c’est pourquoi cette porte ouverte se dresse devant toi.

J’entrerai par la porte ouverte de la communion avec Dieu. Qui pourrait me l’interdire ? Jésus a ôté mon péché et m’a donné sa justice, c’est pourquoi je puis entrer librement. Seigneur, je le fais par ta grâce.

J’ai aussi devant moi une porte ouverte sur les mystères de la Parole. Je puis entrer dans les choses profondes de Dieu. L’élection, l’union à Christ, le second avènement — tout cela est devant moi, et je puis en jouir. Nulle promesse, nulle doctrine ne m’est désormais fermée à clé.

Une porte ouverte d’accès est devant moi dans le secret, et une porte ouverte d’utilité en public. Dieu m’écoutera ; Dieu se servira de moi. Une porte est ouverte pour ma marche en avant vers l’Église d’en haut, et pour ma communion quotidienne avec les saints d’ici-bas. Certains tenteront peut-être de m’enfermer ou de me barrer le chemin, mais tout cela en vain.

Bientôt je verrai une porte ouverte sur le ciel : la porte de perle sera mon entrée, et alors j’entrerai auprès de mon Seigneur et Roi, et je serai avec Dieu, enfermé pour l’éternité.

11 octobre

LIBRES DE MARCHER

« Je les fortifierai par l’Éternel, Et ils marcheront en son nom, Dit l’Éternel » Zacharie 10:12

Une consolation pour les saints malades. Ils sont devenus défaillants, et ils craignent de ne jamais se relever du lit du doute et de la crainte ; mais le grand Médecin peut à la fois ôter la maladie et retirer la faiblesse qui en est résultée. Il fortifiera les défaillants. Cela, il le fera de la meilleure manière possible, car ce sera « par l’Éternel ». Notre force est bien meilleure en Dieu qu’en nous-mêmes. Dans le Seigneur, elle engendre la communion ; en nous-mêmes, elle engendrerait l’orgueil. En nous-mêmes, elle serait tristement limitée, mais en Dieu elle ne connaît aucune borne.

Quand la force est donnée, le croyant en use. Il marche çà et là au nom du Seigneur. Quelle jouissance de sortir marcher après la maladie, et quel délice d’être fort dans le Seigneur après un temps d’abattement ! Le Seigneur donne à son peuple la liberté de marcher çà et là, et un loisir intérieur pour exercer cette liberté. Il fait de nous des hommes libres : nous ne sommes pas des esclaves qui ne connaissent aucun repos et ne voient aucun paysage, mais nous sommes libres de voyager à notre aise à travers toute la terre d’Emmanuel.

Viens, mon cœur, ne sois plus malade ni chagrin ; Jésus t’invite à être fort et à marcher avec Dieu dans une sainte contemplation. Obéis à sa parole d’amour.

12 octobre

LE SCEAU DE LA GRÂCE DE L’ALLIANCE

« L’Éternel, ton Dieu, circoncira ton cœur et le cœur de ta postérité, et tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur et de toute ton âme, afin que tu vives » Deutéronome 30:6

Nous lisons ici la véritable circoncision.

Note-en l’auteur : « L’Éternel, ton Dieu. » Lui seul peut agir efficacement sur notre cœur, et en ôter la charnalité et la souillure. Nous faire aimer Dieu de tout notre cœur et de toute notre âme est un miracle de grâce que seul le Saint-Esprit peut opérer. Nous devons attendre cela du Seigneur seul, et ne jamais nous contenter de rien de moindre.

Note où s’opère cette circoncision. Elle n’est pas de la chair, mais de l’esprit. C’est la marque essentielle de l’alliance de grâce. L’amour envers Dieu est le signe indélébile de la semence choisie ; par ce sceau secret, l’élection de grâce est certifiée au croyant. Veillons à ne mettre notre confiance en aucun rite extérieur, mais à être scellés dans le cœur par l’opération du Saint-Esprit.

Note quel en est le résultat : « afin que tu vives. » Avoir ses pensées tournées vers la chair, c’est la mort. Dans la victoire sur la chair, nous trouvons la vie et la paix. Si nous nous appliquons aux choses de l’Esprit, nous vivrons. Oh ! puisse l’Éternel, notre Dieu, achever son œuvre de grâce sur notre nature intérieure, afin que, dans le sens le plus plein et le plus élevé, nous vivions pour le Seigneur.

13 octobre

UN « SI », ET UNE TRIPLE PROMESSE

« si mon peuple sur qui est invoqué mon nom s’humilie, prie, et cherche ma face, et s’il se détourne de ses mauvaises voies, je l’exaucerai des cieux, je lui pardonnerai son péché, et je guérirai son pays » 2 Chroniques 7:14

Appelés du nom du Seigneur, nous n’en sommes pas moins des hommes et des femmes qui s’égarent. Quelle miséricorde que notre Dieu soit prêt à pardonner ! Chaque fois que nous péchons, hâtons-nous vers le propitiatoire de notre Dieu, en quête de pardon.

Nous devons nous humilier. Ne devrions-nous pas être humiliés par le fait que, après avoir reçu tant d’amour, nous transgressions encore ? Ô Seigneur, nous nous prosternons devant toi dans la poussière, et nous confessons notre affligeante ingratitude. Oh ! l’infamie du péché ! Oh ! son infamie sept fois plus grande chez des personnes aussi favorisées que nous l’avons été !

Ensuite, nous devons prier pour obtenir miséricorde, purification, délivrance de la puissance du péché. Ô Seigneur, écoute-nous maintenant même, et ne ferme pas l’oreille à notre cri.

Dans cette prière, nous devons chercher la face du Seigneur. Il nous a quittés à cause de nos fautes, et nous devons le supplier de revenir. Ô Seigneur, regarde-nous en ton Fils Jésus, et souris à tes serviteurs.

Avec cela doit aller notre propre détournement du mal ; Dieu ne peut se tourner vers nous à moins que nous ne nous détournions du péché.

Vient alors la triple promesse : être exaucés, pardonnés et guéris. Notre Père, accorde-nous cela sans délai, pour l’amour de notre Seigneur Jésus-Christ.

14 octobre

JAMAIS HONTEUX

« quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai aussi devant mon Père qui est dans les cieux » Matthieu 10:32

Gracieuse promesse ! C’est une grande joie pour moi de confesser mon Seigneur. Quels que soient mes défauts, je n’ai pas honte de Jésus, et je ne crains pas de proclamer les doctrines de sa croix. Ô Seigneur, je n’ai pas caché ta justice au-dedans de mon cœur.

Douce est la perspective que le texte place devant moi ! Les amis abandonnent et les ennemis exultent, mais le Seigneur ne renie pas son serviteur. Sans doute mon Seigneur me reconnaîtra-t-il même ici-bas, et me donnera-t-il de nouveaux gages de sa faveur. Mais vient un jour où je devrai me tenir devant le grand Père. Quelle félicité de penser que Jésus me confessera alors ! Il dira : « Cet homme s’est vraiment confié en moi, et il a consenti à être outragé pour l’amour de mon nom ; c’est pourquoi je le reconnais pour mien. » L’autre jour, un grand personnage fut fait chevalier, et la reine lui remit une jarretière ornée de joyaux ; mais qu’est-ce que cela ? Ce sera un honneur au-dessus de tous les honneurs que d’être confessé par le Seigneur Jésus en présence de la divine Majesté dans les cieux. Que je n’aie jamais honte d’avouer mon Seigneur. Que je ne me laisse jamais aller à un lâche silence, ni à un compromis pusillanime. Rougirais-je d’avouer celui qui promet de m’avouer ?

15 octobre

SOUTENU EN SE NOURRISSANT

« Comme le Père qui est vivant m’a envoyé, et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra par moi » Jean 6:57

Nous vivons en vertu de notre union avec le Fils de Dieu. Comme Médiateur Dieu-homme, le Seigneur Jésus vit par le Père qui existe par lui-même et qui l’a envoyé, et de la même manière nous vivons par le Sauveur qui nous a vivifiés. Celui qui est la source de notre vie en est aussi le soutien. La vie se soutient en se nourrissant. Nous devons entretenir la vie spirituelle par une nourriture spirituelle, et cette nourriture spirituelle est le Seigneur Jésus. Non pas sa vie, ni sa mort, ni ses fonctions, ni son œuvre, ni sa parole seules, mais lui-même, qui les inclut toutes. C’est de Jésus lui-même que nous nous nourrissons.

Cela nous est présenté dans la Cène du Seigneur, mais nous en jouissons réellement lorsque nous méditons sur notre Seigneur, que nous croyons en lui d’une foi qui se l’approprie, que nous le recevons en nous par l’amour, et que nous l’assimilons par la puissance de la vie intérieure. Nous savons ce que c’est que de se nourrir de Jésus, mais nous ne pouvons ni le dire ni l’écrire. Notre plus sage voie est de le pratiquer, et de le faire toujours davantage. Nous sommes invités à manger abondamment, et ce sera pour notre profit infini de le faire, quand Jésus est notre nourriture et notre breuvage.

Seigneur, je te rends grâce de ce que cela, qui est une nécessité de ma vie nouvelle, en est aussi le plus grand délice. Ainsi, à cette heure, je me nourris de toi.

16 octobre

UN AVEC LE CHRIST JÉSUS

« car je vis, et vous vivrez aussi » Jean 14:19

Jésus a rendu la vie des croyants en lui aussi certaine que la sienne. Aussi sûrement que le Chef vit, les membres vivent aussi. Si Jésus n’est pas ressuscité d’entre les morts, alors nous sommes morts dans nos péchés ; mais puisqu’il est ressuscité, tous les croyants sont ressuscités en lui. Sa mort a ôté nos transgressions et a rompu les liens qui nous tenaient sous la sentence de mort. Sa résurrection prouve notre justification : nous sommes absous, et la miséricorde dit : « L’Éternel a pardonné ton péché, tu ne mourras point. »

Jésus a rendu la vie de son peuple aussi éternelle que la sienne. Comment pourraient-ils mourir tant qu’il vit, puisqu’ils sont un avec lui ? Parce qu’il ne meurt plus, et que la mort n’a plus de pouvoir sur lui, de même ils ne retourneront plus aux sépulcres de leurs vieux péchés, mais vivront pour le Seigneur dans une vie nouvelle. Ô croyant, lorsque, sous une grande tentation, tu crains de tomber un jour sous la main de l’ennemi, que ceci te rassure. Tu ne perdras jamais ta vie spirituelle, car elle est cachée avec Christ en Dieu. Tu ne doutes pas de l’immortalité de ton Seigneur ; ne pense donc pas qu’il te laissera mourir, puisque tu es un avec lui. L’argument de ta vie, c’est sa vie, et de celle-là tu ne peux avoir aucune crainte ; c’est pourquoi repose-toi en ton Seigneur vivant.

17 octobre

LA SAINTE CRAINTE

« celui qui craint le précepte est récompensé » Proverbes 13:13

Le saint respect de la Parole de Dieu est fort déprécié. Les hommes se croient plus sages que la Parole du Seigneur, et s’érigent en juges d’elle. « Mais moi, je n’ai point agi de la sorte, par crainte de Dieu. » Nous recevons le Livre inspiré comme infaillible, et nous prouvons notre estime par notre obéissance. Nous n’avons aucune terreur de la Parole, mais nous éprouvons envers elle une crainte filiale. Nous ne redoutons pas ses peines, parce que nous avons une crainte respectueuse de ses commandements.

Cette sainte crainte du commandement produit le repos de l’humilité, qui est bien plus doux que la témérité de l’orgueil. Elle devient un guide dans nos démarches ; un frein quand nous descendons la pente, et un aiguillon quand nous la gravissons. Préservés du mal et conduits dans la justice par notre révérence du commandement, nous gagnons une conscience paisible, qui est une source de vin ; un sentiment d’être délivrés du poids de la responsabilité, qui est comme la vie sortie de la mort ; et l’assurance de plaire à Dieu, qui est le ciel ici-bas. Les impies peuvent tourner en ridicule notre profonde révérence pour la Parole du Seigneur ; mais qu’importe ? Le prix de notre vocation céleste est pour nous une consolation suffisante. Les récompenses de l’obéissance nous font mépriser le mépris du moqueur.

18 octobre

LES LARMES, PUIS UNE JOYEUSE MOISSON

« Ceux qui sèment avec larmes Moissonneront avec chants d’allégresse » Psaume 126:5

Les temps de larmes conviennent aux semailles : nous ne voulons pas que la terre soit trop sèche. La semence trempée dans les larmes d’une sollicitude fervente lèvera d’autant plus vite. Le sel des larmes de la prière donnera au bon grain une saveur qui le préservera du ver : la vérité dite dans une redoutable ferveur possède une double vie. Au lieu de suspendre nos semailles à cause de nos pleurs, redoublons d’efforts, puisque la saison est si propice.

Notre semence céleste ne saurait convenablement être semée en riant. Une profonde tristesse et un souci pour l’âme des autres accompagnent bien mieux l’enseignement pieux que tout ce qui ressemble à la légèreté. Nous avons entendu parler d’hommes qui partirent en guerre le cœur léger, mais ils furent battus ; et il en est le plus souvent ainsi de ceux qui sèment de la même façon.

Viens donc, mon cœur, sème dans tes pleurs, car tu as la promesse d’une joyeuse moisson. Tu moissonneras. Toi-même, tu verras quelque résultat de ton labeur. Cela te viendra en si large mesure qu’il t’en sera donné de la joie, ce qu’une pauvre moisson flétrie et maigre ne saurait faire. Quand tes yeux seront troubles de larmes d’argent, songe au blé d’or. Porte avec courage la peine et la déception présentes ; car le jour de la moisson te récompensera pleinement.

19 octobre

UN CHÂTIMENT MESURÉ

« Je te châtierai avec équité » Jérémie 30:11

Être laissé sans correction serait un signe fatal : cela prouverait que le Seigneur a dit : « Il s’est attaché aux idoles, laisse-le. » Que Dieu nous préserve d’avoir jamais un tel partage ! Une prospérité ininterrompue est chose à faire trembler de crainte. Tous ceux que Dieu aime tendrement, il les reprend et les châtie : ceux pour qui il n’a aucune estime, il les laisse s’engraisser sans crainte, comme des bœufs pour la boucherie. C’est par amour que notre Père céleste use de la verge sur ses enfants.

Pourtant, voyez, la correction est « avec équité » : il nous donne l’amour sans mesure, mais le châtiment « avec mesure ». De même que, sous l’ancienne loi, aucun Israélite ne pouvait recevoir plus des « quarante coups moins un », ce qui assurait un compte soigneux et une souffrance limitée, ainsi en est-il de chaque membre affligé de la maison de la foi : chaque coup est compté. C’est la mesure de la sagesse, la mesure de la sympathie, la mesure de l’amour, qui règle notre châtiment. Loin de nous de nous révolter contre des dispositions si divines. Seigneur, si tu te tiens là pour mesurer les gouttes amères dans ma coupe, il m’appartient de prendre cette coupe de ta main avec joie, et de boire selon tes directions, en disant : « Que ta volonté soit faite. »

20 octobre

DE TOUT PÉCHÉ

« c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés » Matthieu 1:21

Seigneur, sauve-moi de mes péchés. Par ton nom de Jésus, je suis encouragé à prier ainsi. Sauve-moi de mes péchés passés, afin que leur habitude ne me tienne pas captif. Sauve-moi de mes péchés de tempérament, afin que je ne sois pas l’esclave de mes propres faiblesses. Sauve-moi des péchés qui sont continuellement sous mes yeux, afin que je n’en perde pas l’horreur. Sauve-moi des péchés secrets ; des péchés que je n’aperçois pas, faute de lumière. Sauve-moi des péchés soudains et surprenants : que je ne sois pas emporté par un assaut de la tentation. Sauve-moi, Seigneur, de tout péché. Qu’aucune iniquité ne domine sur moi.

Toi seul peux le faire. Je ne puis briser mes propres chaînes ni tuer mes propres ennemis. Tu connais la tentation, car tu as été tenté. Tu connais le péché, car tu en as porté le poids. Tu sais comment me secourir à l’heure du combat ; tu peux me garder de pécher, et me sauver quand j’ai péché. Ton nom même promet que tu le feras, et je te prie de me laisser aujourd’hui vérifier la prophétie. Que je ne cède ni à l’humeur, ni à l’orgueil, ni au découragement, ni à aucune forme de mal ; mais sauve-moi pour une vie de sainteté, afin que ton nom de Jésus soit abondamment glorifié en moi.

21 octobre

LA TABLE DE MULTIPLICATION DE DIEU

« Le plus petit deviendra un millier, Et le moindre une nation puissante. Moi, l’Éternel, je hâterai ces choses en leur temps » Ésaïe 60:22

Les œuvres pour le Seigneur commencent souvent à petite échelle, et elles n’en valent pas moins pour autant. La faiblesse instruit la foi, rapproche Dieu, et gagne de la gloire pour son nom. Estimez hautement les promesses d’accroissement ! Le grain de moutarde est la plus petite de toutes les semences, et pourtant il devient une plante semblable à un arbre, aux branches où logent les oiseaux du ciel. Nous pouvons commencer par un seul, et « le plus petit », et pourtant il « deviendra un millier ». Le Seigneur est grand à la table de multiplication. Que de fois il dit à son serviteur solitaire : « Je te multiplierai ! » Confiez-vous dans le Seigneur, vous qui n’êtes qu’un ou deux ; car il sera au milieu de vous, si vous êtes assemblés en son nom.

« Le moindre. » Quoi de plus méprisable aux yeux de ceux qui comptent les têtes et pèsent les forces ! Et pourtant, c’est là le noyau d’une grande nation. Une seule étoile paraît d’abord au soir, mais bientôt le ciel est rempli d’innombrables lumières.

Nous n’avons pas non plus à croire que la perspective d’accroissement soit lointaine, car la promesse est : « Moi, l’Éternel, je hâterai ces choses en leur temps. » Il n’y aura pas de hâte prématurée, comme celle que nous voyons dans les réunions surexcitées ; tout se fera en temps voulu ; et pourtant il n’y aura aucun retard. Quand le Seigneur se hâte, sa rapidité est glorieuse.

22 octobre

PLAIDE SA PROPRE PROMESSE

« Veuille donc bénir la maison de ton serviteur, afin qu’elle subsiste à toujours devant toi! Car c’est toi, Seigneur Éternel, qui as parlé, et par ta bénédiction la maison de ton serviteur sera bénie éternellement » 2 Samuel 7:29

C’est là une promesse plaidée, et elle nous instruit ainsi doublement. Tout ce que le Seigneur Dieu a dit, nous devons le recevoir comme sûrement vrai, puis le plaider devant le trône.

Oh ! qu’il est doux de citer ce que notre propre Dieu a dit ! Qu’il est précieux d’user d’un « c’est pourquoi » que la promesse suggère, comme le fait David dans ce verset !

Nous ne prions pas parce que nous doutons, mais parce que nous croyons. Prier avec incrédulité ne sied pas aux enfants du Seigneur. Non, Seigneur, nous ne pouvons douter de toi : nous sommes persuadés que chacune de tes paroles est un fondement assuré pour l’attente la plus hardie. Nous venons à toi et nous disons : « Fais comme tu l’as dit. » Bénis la maison de ton serviteur. Guéris nos malades ; sauve nos indécis ; ramène ceux qui s’égarent ; affermis ceux qui vivent dans ta crainte. Seigneur, donne-nous la nourriture et le vêtement selon ta parole. Fais prospérer nos entreprises ; fais surtout réussir nos efforts pour faire connaître ton Évangile dans notre voisinage. Fais de nos serviteurs tes serviteurs, de nos enfants tes enfants. Que la bénédiction se répande sur les générations futures, et aussi longtemps qu’il restera quelqu’un de notre race sur la terre, qu’ils te demeurent fidèles. Ô Seigneur Dieu, « que la maison de ton serviteur soit bénie ».

23 octobre

UNE MOISSON DE LUMIÈRE ET DE JOIE

« La lumière est semée pour le juste, Et la joie pour ceux dont le cœur est droit » Psaume 97:11

La justice coûte souvent cher à l’homme qui s’y tient envers et contre tout, mais à la fin elle couvrira ses propres frais, et rapportera un profit infini. Une vie sainte est comme la semence que l’on jette : beaucoup s’en va, et en apparence tout est enfoui dans le sol, pour n’être jamais plus recueilli. Nous nous trompons lorsque nous attendons une moisson immédiate ; mais l’erreur est bien naturelle, car il semble impossible d’enfouir la lumière. Pourtant la lumière est « semée », dit le texte. Elle demeure latente : nul ne peut la voir, elle est semée. Nous sommes tout à fait certains qu’elle doit un jour se manifester.

Nous sommes pleinement assurés que le Seigneur a préparé une moisson pour ceux qui sèment la lumière, et ils la recueilleront, chacun pour soi. Alors viendra leur joie. Des gerbes de joie pour des semailles de lumière. Leur cœur était droit devant le Seigneur, quoique les hommes ne leur en tinssent aucun compte, et même les blâmassent : ils étaient justes, quoique ceux qui les entouraient les dénonçassent comme critiques. Il leur fallut attendre, comme les laboureurs attendent les fruits précieux de la terre : mais la lumière était semée pour eux, et la joie leur était préparée par le Seigneur de la moisson.

Courage, frères ! nous n’avons pas à nous presser. Possédons nos âmes dans la patience, car bientôt nos âmes posséderont la lumière et la joie.

24 octobre

UNE STABILITÉ PIEUSE

« Je te rendrai pour ce peuple comme une forte muraille d’airain; Ils te feront la guerre, mais ils ne te vaincront pas; Car je serai avec toi pour te sauver et te délivrer, Dit l’Éternel » Jérémie 15:20

La stabilité dans la crainte et la foi de Dieu rendra un homme semblable à une muraille d’airain, que nul ne peut abattre ni briser. Seul le Seigneur peut en faire de tels ; mais nous avons besoin de tels hommes dans l’Église, et dans le monde, mais surtout dans la chaire.

Contre les hommes de vérité qui ne transigent pas, cet âge de faux-semblants luttera bec et ongles. Rien ne semble offenser Satan et sa semence comme la fermeté. Ils attaquent la sainte constance comme les Assyriens assiégeaient les villes fortifiées. La joie, c’est qu’ils ne peuvent l’emporter sur ceux que Dieu a rendus forts dans sa force. Emportés à tout vent de doctrine, d’autres n’ont besoin que d’un souffle, et les voilà partis ; mais ceux qui aiment les doctrines de la grâce, parce qu’ils possèdent la grâce des doctrines, se tiennent comme des rochers au milieu des mers déchaînées.

D’où vient cette stabilité ? « Je suis avec toi, dit l’Éternel » : voilà la vraie réponse. L’Éternel sauvera et délivrera les âmes fidèles de tous les assauts de l’adversaire. Des armées sont contre nous, mais l’Éternel des armées est avec nous. Nous n’osons bouger d’un pouce ; car le Seigneur lui-même nous tient à notre place, et là nous demeurerons à jamais.

25 octobre

DIEU D’ABORD, PUIS LE RESTE

« Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu; et toutes ces choses vous seront données par-dessus » Matthieu 6:33

Voyez comment la Bible s’ouvre : « Au commencement, Dieu. » Que ta vie s’ouvre de la même façon. Cherche de toute ton âme, avant tout et par-dessus tout, le royaume de Dieu, comme le lieu de ta citoyenneté, et sa justice, comme le caractère de ta vie. Quant au reste, il viendra du Seigneur lui-même sans que tu en sois en souci. Tout ce qui est nécessaire à cette vie et à la piété « te sera donné par-dessus ».

Quelle promesse que celle-ci ! La nourriture, le vêtement, le foyer, et ainsi de suite, Dieu se charge de te les ajouter pendant que tu le cherches. Occupe-toi de ses affaires, et il s’occupera des tiennes. Si tu veux du papier et de la ficelle, on te les donne par-dessus le marché quand tu achètes des marchandises plus importantes ; et de même, tout ce dont nous avons besoin en fait de choses terrestres, nous l’aurons par surcroît avec le royaume. Celui qui est héritier du salut ne mourra pas de faim ; et celui qui revêt son âme de la justice de Dieu ne saurait être laissé par le Seigneur avec un corps nu. Loin de nous le souci rongeur. Applique tout ton esprit à chercher le Seigneur. La convoitise est pauvreté, et l’anxiété est misère : la confiance en Dieu est un domaine, et la ressemblance avec Dieu est un héritage céleste. Seigneur, je te cherche, laisse-toi trouver par moi.

26 octobre

À CAUSE DE NOUS

« à cause des élus, ces jours seront abrégés » Matthieu 24:22

À cause de ses élus, le Seigneur retient bien des jugements, et en abrège d’autres. Dans les grandes tribulations, le feu dévorerait tout, n’était que, par égard pour ses élus, le Seigneur en tempère la flamme. Ainsi, tandis qu’il sauve ses élus pour l’amour de Jésus, il préserve aussi la race pour l’amour de ses choisis.

Quel honneur est ainsi conféré aux saints ! Avec quelle diligence ils devraient user de leur influence auprès de leur Seigneur ! Il écoutera leurs prières pour les pécheurs, et bénira leurs efforts pour leur salut. Il bénit les croyants afin qu’ils soient une bénédiction pour ceux qui sont dans l’incrédulité. Plus d’un pécheur vit à cause des prières d’une mère, d’une épouse ou d’une fille, à qui le Seigneur a égard.

Avons-nous bien usé du pouvoir singulier que le Seigneur nous confie ? Prions-nous pour notre pays, pour les autres terres, et pour notre époque ? En temps de guerre, de famine, de peste, nous tenons-nous debout comme des intercesseurs, plaidant que les jours soient abrégés ? Déplorons-nous devant Dieu les débordements de l’infidélité, de l’erreur et du libertinage ? Supplions-nous notre Seigneur Jésus d’abréger le règne du péché en hâtant son propre et glorieux avènement ? Mettons-nous à genoux, et ne prenons aucun repos jusqu’à ce que Christ paraisse.

27 octobre

SON SERVICE, SA FACE, SON NOM

« ses serviteurs le serviront et verront sa face, et son nom sera sur leurs fronts » Apocalypse 22:3-4

Trois bénédictions de choix seront nôtres dans la terre de gloire.

« Ses serviteurs le serviront. » Nul autre maître ne nous opprimera, nul autre service ne nous accablera. Nous servirons Jésus toujours, parfaitement, sans lassitude et sans erreur. Voilà le ciel pour un saint : servir en toutes choses le Seigneur Christ, et être reconnu par lui pour son serviteur, telle est la haute ambition de notre âme pour l’éternité.

« Et ils verront sa face. » C’est ce qui rend le service délicieux : c’est même la récompense présente du service. Nous connaîtrons notre Seigneur, car nous le verrons tel qu’il est. Voir la face de Jésus est la plus haute faveur que le plus fidèle serviteur du Seigneur puisse demander. Que pouvait demander Moïse de plus que : « Fais-moi voir ta face » ?

« Et son nom sera sur leurs fronts. » Ils contemplent leur Seigneur jusqu’à ce que son nom soit imprimé sur leur front. Il les reconnaît, et ils le reconnaissent. La marque secrète de la grâce intérieure se développe en signe public d’une relation avouée.

Ô Seigneur, donne-nous ces trois choses dans leurs commencements ici-bas, afin que nous les possédions dans leur plénitude en ta propre demeure de félicité !

28 octobre

LES PÉCHÉS D’IGNORANCE

« il leur sera pardonné; car ils ont péché involontairement » Nombres 15:25

À cause de notre ignorance, nous ne sommes pas pleinement conscients de nos péchés d’ignorance. Pourtant, nous pouvons être sûrs qu’ils sont nombreux, tant sous forme de choses commises que de choses omises. Nous pouvons faire en toute sincérité, comme un service rendu à Dieu, ce qu’il n’a jamais commandé et ne saurait jamais accepter.

Le Seigneur connaît ces péchés d’ignorance, chacun d’eux. Cela pourrait bien nous alarmer, puisque, en justice, il nous demandera compte de ces fautes ; mais, d’autre part, la foi discerne une consolation dans ce fait, car le Seigneur veillera à ce que les taches que nous n’apercevons pas soient pourtant lavées. Il voit le péché afin de cesser de le voir, en le jetant derrière son dos.

Notre grande consolation, c’est que Jésus, le vrai sacrificateur, a fait l’expiation pour toute l’assemblée des enfants d’Israël. Cette expiation assure le pardon des péchés inconnus. Son sang précieux nous purifie de tout péché. Que nos yeux l’aient vu et l’aient pleuré, ou non, Dieu l’a vu, Christ en a fait l’expiation, l’Esprit rend témoignage à son pardon, et ainsi nous avons une triple paix.

Ô mon Père, je loue ta divine connaissance, qui non seulement perçoit mes iniquités, mais pourvoit à une expiation qui me délivre de leur culpabilité, avant même que je sache que je suis coupable.

29 octobre

MAINTENIR LA DIFFÉRENCE

« J’établirai une distinction entre mon peuple et ton peuple. Ce signe sera pour demain » Exode 8:19

Pharaon a un peuple, et le Seigneur a un peuple. Ceux-ci peuvent habiter ensemble et sembler connaître un même sort, mais il y a entre eux une distinction, et le Seigneur la rendra manifeste. Ce ne sera pas à jamais qu’un même événement arrivera à tous, mais il y aura une grande différence entre les hommes du monde et le peuple du choix de l’Éternel.

Cela peut se produire au temps des jugements, lorsque le Seigneur devient le sanctuaire de ses saints. C’est très manifeste dans la conversion des croyants, lorsque leur péché est ôté, tandis que les incrédules demeurent sous la condamnation. Dès cet instant, ils deviennent une race distincte, passent sous une discipline nouvelle, et jouissent de bénédictions nouvelles. Désormais, leurs demeures sont délivrées des essaims affligeants de maux qui souillent et tourmentent les Égyptiens. Ils sont gardés de la souillure de la convoitise, de la morsure du souci, de la corruption du mensonge, et du tourment cruel de la haine, qui dévorent bien des familles.

Sois bien assuré, croyant éprouvé, que si tu as tes peines, tu es sauvé d’essaims de peines pires, qui infestent les demeures et les cœurs des serviteurs du Prince de ce monde. Le Seigneur a établi une distinction ; veille à maintenir cette distinction dans l’esprit, dans le but, dans le caractère et dans la compagnie.

30 octobre

UNE PURIFICATION COMPLÈTE

« Je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés; je vous purifierai de toutes vos souillures et de toutes vos idoles » Ézéchiel 36:25

Quelle joie débordante que celle-ci ! Celui qui nous a purifiés par le sang de Jésus nous purifiera aussi par l’eau du Saint-Esprit. Dieu l’a dit, et il en sera donc ainsi : « Vous serez purifiés. » Seigneur, nous sentons et nous pleurons notre impureté, et il est réconfortant d’être assurés par ta propre bouche que nous serons purifiés. Oh ! puisses-tu en faire promptement l’œuvre !

Il nous délivrera de nos pires péchés. Les soulèvements de l’incrédulité, et les convoitises trompeuses qui font la guerre à l’âme, les viles pensées de l’orgueil, et les suggestions de Satan à blasphémer le saint nom — tout cela sera si bien purgé que jamais il ne reviendra.

Il nous purifiera aussi de toutes nos idoles, qu’elles soient d’or ou d’argile : nos amours impures, et notre amour excessif de ce qui est en soi pur. Ce que nous avons idolâtré nous sera ôté, ou bien nous en serons détachés.

C’est Dieu qui parle de ce que lui-même fera. C’est pourquoi cette parole est établie et sûre, et nous pouvons hardiment attendre ce qu’elle nous garantit. La purification est une bénédiction de l’alliance, et l’alliance est bien ordonnée en toutes choses et bien gardée.

31 octobre

IMMORTEL JUSQU’À CE QUE L’ŒUVRE SOIT ACHEVÉE

« Je ne mourrai pas, je vivrai, Et je raconterai les œuvres de l’Éternel » Psaume 118:17

Quelle belle assurance ! Sans doute reposait-elle sur une promesse, intérieurement murmurée au cœur du psalmiste, qu’il saisit et dont il jouit. Mon cas ressemble-t-il à celui de David ? Suis-je abattu parce que l’ennemi m’outrage ? Y en a-t-il des multitudes contre moi, et peu de mon côté ? L’incrédulité me commande-t-elle de me coucher et de mourir de désespoir — homme vaincu et déshonoré ? Mes ennemis commencent-ils à creuser ma tombe ?

Et alors ? Céderai-je au murmure de la peur, abandonnerai-je le combat, et avec lui toute espérance ? Loin de là. Il y a encore de la vie en moi : « Je ne mourrai pas. » La vigueur reviendra et chassera ma faiblesse : « Je vivrai. » Le Seigneur vit, et je vivrai aussi. Ma bouche s’ouvrira de nouveau : « Je raconterai les œuvres de l’Éternel. » Oui, et je parlerai de l’épreuve présente comme d’un nouvel exemple de la fidélité et de l’amour prodigieux de l’Éternel mon Dieu. Ceux qui voudraient volontiers prendre mes mesures pour mon cercueil feraient mieux d’attendre un peu ; car « l’Éternel m’a châtié, mais il ne m’a pas livré à la mort ». Gloire soit à son nom pour toujours ! Je suis immortel jusqu’à ce que mon œuvre soit achevée. Jusqu’à ce que le Seigneur le veuille, nul caveau ne peut se refermer sur moi.

Sommaire

Le carnet de chèques de la banque de la foi Charles H. Spurgeon

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