Le baptême du Saint-Esprit ·Comment le baptême du Saint-Esprit peut être obtenu

Chapitre 3 · 30 min de lecture

Comment le baptême du Saint-Esprit peut être obtenu

Nous voici parvenus à un point où le sentiment est profond qu’il nous faut être baptisés du Saint-Esprit. La question pratique se dresse devant nous : comment pouvons-nous obtenir ce baptême du Saint-Esprit, dont nous avons un si grand besoin ? À cette question aussi la Parole de Dieu a répondu très clairement. Il est montré dans la Bible un chemin, composé de sept simples degrés, que peut gravir quiconque le veut, et quiconque gravit ces sept degrés entrera, avec une certitude absolue, dans cette bénédiction. Cette affirmation peut paraître bien catégorique, mais la Parole de Dieu est tout aussi catégorique quant à l’issue de ces degrés qu’elle nous montre.

Les sept degrés sont tous énoncés ou sous-entendus dans Actes 2.38 : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés. Et vous recevrez le don du Saint-Esprit… » Les trois premiers degrés ressortent avec une clarté et une netteté toutes particulières dans ce verset. Les autres, qui y sont clairement sous-entendus, sont mis en lumière de façon plus précise par d’autres passages auxquels nous nous reporterons plus loin.

1. Les deux premiers degrés se trouvent dans le mot « repentez-vous ». Que signifie « se repentir » ?

Changez de pensée ; changez de pensée à quel sujet ? Au sujet de Dieu, de Christ et du péché. Ce sur quoi porte le changement de pensée, dans chaque cas donné, doit être déterminé par le contexte. Ici, la première et la plus saillante des pensées est un changement de pensée à l’égard de Christ. Pierre venait de porter contre ses auditeurs l’accusation terrible d’avoir crucifié Celui que Dieu avait fait et Seigneur et Christ. « Le cœur transpercé » par cette accusation, portée jusqu’au fond d’eux par la puissance du Saint-Esprit, ses auditeurs s’étaient écriés : « Hommes frères, que ferons-nous ? » « Repentez-vous », répondit Pierre. Changez de pensée à l’égard de Christ. Passez d’une disposition d’esprit qui hait Christ et qui crucifie Christ à une disposition d’esprit qui accueille Christ. Recevez Jésus comme Christ et comme Seigneur. Tel est donc le premier degré vers le baptême du Saint-Esprit : recevoir Jésus comme Christ et comme Seigneur. 2. Le second degré se trouve aussi dans le mot « repentez-vous ». Si le changement de pensée à l’égard de Jésus est la première et la plus saillante des pensées, il faut aussi qu’il y ait un changement de pensée à l’égard du péché. Un changement de pensée qui passe d’une disposition d’esprit qui aime le péché ou s’y complaît à une disposition d’esprit qui hait le péché et y renonce. Tel est le second degré : renoncer au péché, à tout péché, à chaque péché. Ici nous rencontrons l’un des obstacles les plus fréquents à recevoir le Saint-Esprit. On retient quelque chose que, dans le plus intime de notre cœur, nous sentons plus ou moins clairement n’être pas agréable à Dieu. Si nous devons recevoir le Saint-Esprit, il faut qu’il y ait un examen du cœur très honnête et très approfondi.

Nous ne pouvons faire nous-mêmes un examen satisfaisant ; c’est Dieu qui doit le faire. Si nous désirons recevoir le Saint-Esprit, nous devrions nous retirer seuls avec Dieu et le prier de nous sonder à fond et de mettre au jour tout ce qui lui déplaît. (Psaume 139.23-24) Puis nous devrions attendre qu’il le fasse.

Quand la chose déplaisante est révélée, elle doit être écartée aussitôt. Si, après une attente patiente et honnête, rien n’est mis au jour, nous pouvons conclure qu’il n’y a rien de tel qui fasse obstacle et passer aux degrés suivants. Mais nous ne devrions pas le conclure trop vite. Le péché qui empêche la bénédiction peut être quelque chose qui paraît en soi tout petit et insignifiant. M. Finney raconte l’histoire d’une jeune femme qui était dans une profonde inquiétude au sujet du baptême du Saint-Esprit. Nuit après nuit, elle s’agonisait dans la prière, mais la bénédiction désirée ne venait pas.

Une nuit, comme elle était en prière, se présenta devant elle une certaine parure de tête qui l’avait souvent troublée auparavant ; portant la main à sa tête, elle en retira les épingles et les jeta au loin, et aussitôt la bénédiction vint. C’était là une petite chose en soi, une chose qui n’aurait guère paru comme un péché. Et pourtant une chose de désaccord entre cette femme et Dieu, et lorsque cela fut réglé la bénédiction vint. « Tout ce qui n’est pas le produit d’une conviction est péché » (Romains 14.23). Peu importe combien la chose est petite : s’il y a des doutes à son sujet, elle doit être écartée si nous voulons avoir le baptême du Saint-Esprit. Le second degré vers le baptême du Saint-Esprit est d’écarter tout péché.

3. Le troisième degré se trouve dans ce même verset : « Que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés. » Ce fut immédiatement après son baptême que le Saint-Esprit descendit sur Jésus. (Luc 3.21-22.) Dans son baptême, Jésus, quoique lui-même sans péché, s’humilia pour prendre la place du pécheur, et alors Dieu l’éleva souverainement par le don du Saint-Esprit et par ce témoignage audible : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection. » Ainsi devons-nous nous humilier pour faire une confession ouverte de notre péché, du rejet de ce péché et de l’acceptation de Jésus-Christ, de la manière que Dieu a prescrite, par le baptême. Le baptême du Saint-Esprit n’est pas pour celui qui prend en secret sa place de pécheur et de croyant en Christ, mais pour celui qui le fait ouvertement. Bien entendu, le baptême du Saint-Esprit peut précéder le baptême d’eau, comme dans le cas de la maison de Corneille. (Actes 10.47.) Mais ce fut là manifestement un cas exceptionnel, et le baptême d’eau suivit immédiatement.

Je doute peu qu’il y ait eu, parmi les chrétiens, des personnes qui ne croyaient pas au baptême d’eau ni ne le pratiquaient, par exemple « les Amis » ou « les protestants », qui ont eu et manifesté les signes du baptême du Saint-Esprit ; mais le passage que nous avons sous les yeux présente assurément l’ordre normal.

4. Le quatrième degré est clairement sous-entendu dans le verset que nous avons étudié (Actes 2.38), mais il est mis en lumière plus clairement dans Actes 5.32 : « le Saint-Esprit, que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. » Le quatrième degré est l’obéissance. Que signifie l’obéissance ?

Elle ne signifie pas simplement faire quelques-unes des choses, ni beaucoup des choses, ni la plupart des choses que Dieu nous commande de faire. Elle signifie l’abandon total à la volonté de Dieu. L’obéissance est une disposition de la volonté qui est en arrière des actes particuliers d’obéissance. Elle signifie que je viens à Dieu et que je dis : « Père céleste, me voici, moi et tout ce que j’ai. Tu m’as acheté à un grand prix, et je reconnais ta pleine possession de ma vie. Prends-moi et tout ce que je possède, et fais de moi selon ton bon plaisir. Envoie-moi partout où tu voudras, emploie-moi comme tu voudras. Je me remets moi-même et tout ce que j’ai, pleinement, sans condition et pour toujours, entre tes mains et pour tes desseins. »

C’est lorsque l’holocauste, tout entier, sans qu’aucune part en fût retenue, fut déposé sur l’autel qu’« il sortit du feu de devant l’Éternel » qui accepta le don (Lévitique 9.24) ; et c’est lorsque nous nous apportons nous-mêmes en holocauste tout entier au Seigneur, et que nous nous déposons nous-mêmes sur l’autel, que le feu descend et que Dieu accepte le don. Ici nous touchons à l’empêchement au baptême du Saint-Esprit dans bien des vies : il n’y a pas d’abandon total, la volonté n’est pas déposée, le cœur ne crie pas : « Seigneur, fais ce que tu voudras, où tu voudras, comme tu voudras. » Tel homme désire le baptême du Saint-Esprit afin de prêcher ou d’œuvrer avec puissance à Boston, quand Dieu le veut à Bombay.

Tel autre, afin de prêcher devant des auditoires populaires, quand Dieu le veut à l’œuvre parmi les pauvres. Une jeune femme, dans une convention, exprima un vif désir que quelqu’un parlât du baptême du Saint-Esprit. Le discours pénétra son cœur avec puissance. Elle était depuis quelque temps dans une profonde détresse d’âme lorsque je lui demandai ce qu’elle désirait. « Oh ! » s’écria-t-elle, « je ne puis retourner à Baltimore avant d’être baptisée du Saint-Esprit. » « Votre volonté est-elle déposée ? » « Je ne sais pas. »

« Vous désirez retourner à Baltimore pour être une ouvrière chrétienne ? » « Oui. » « Êtes-vous disposée à retourner à Baltimore et à y être une servante, si c’est là que Dieu vous veut ? » « Non, je ne le suis pas. » « Eh bien, vous n’obtiendrez jamais le baptême du Saint-Esprit tant que vous ne le serez pas. Voulez-vous déposer votre volonté ? » « Je ne le puis. » « Êtes-vous disposée à ce que Dieu la dépose pour vous ? »

« Oui. » « Eh bien, alors, demandez-lui de le faire. »

La tête s’inclina dans une prière brève mais sérieuse. « Dieu a-t-il exaucé cette prière ? » « Il l’a sûrement exaucée, elle était selon sa volonté ; il l’a fait. » « Maintenant demandez-lui le baptême du Saint-Esprit. » De nouveau la tête s’inclina, et la brève et sérieuse prière monta vers Dieu. Il y eut un bref silence, et l’agonie fut finie, la bénédiction était venue, lorsque la volonté fut abandonnée. Il en est beaucoup qui reculent devant cet abandon total parce qu’ils redoutent la volonté de Dieu. Ils ont peur que la volonté de Dieu ne soit quelque chose de terrible.

Rappelez-vous qui est Dieu ; il est notre Père. Jamais père terrestre n’eut, à l’égard de ses enfants, une volonté aussi aimante et aussi tendre que la sienne envers nous. « Il ne refuse aucun bien à ceux qui marchent dans l’intégrité. » (Romains 8.32). « Lui, qui n’a point épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui ? » Il n’y a rien à redouter dans la volonté de Dieu. La volonté de Dieu se montre toujours, à l’issue, la chose la meilleure et la plus douce de tout l’univers de Dieu.

5. Le cinquième degré se trouve dans Luc 11.13. « Si donc, méchants comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent ! » La demande de ce verset est la demande qui part d’un désir réel et intense. Cela ressort du contexte : « Demandez, et l’on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira. »

Notez aussi la parabole de l’ami importun qui la précède immédiatement. De toute évidence, la demande que Christ a en vue n’est pas la demande d’un désir passager et tiède, mais la demande d’un désir intense.

Il y a un passage très suggestif dans Ésaïe, au quarante-quatrième chapitre, verset trois : « Car je répandrai des eaux sur le sol altéré, et des ruisseaux sur la terre desséchée ; je répandrai mon Esprit sur ta postérité. » Que signifie avoir soif ? Lorsqu’on a soif, il n’y a qu’un seul cri : « De l’eau ! De l’eau ! De l’eau ! » Chaque pore du corps semble avoir une voix et crier : « de l’eau ». Ainsi, lorsque nos cœurs n’ont qu’un seul cri, « le Saint-Esprit, le Saint-Esprit, le Saint-Esprit », c’est alors que Dieu répand des flots sur la terre desséchée, répand son Esprit sur nous. Tel est donc le cinquième degré : le désir intense du baptême du Saint-Esprit.

À quel comble d’ardente attente les premiers disciples avaient été amenés au dixième jour de leur impatient recueillement, et leurs âmes altérées furent comblées ce jour-là où « le jour de la Pentecôte fut accompli ». Aussi longtemps que l’on croit pouvoir se tirer d’affaire tant bien que mal sans le baptême du Saint-Esprit, aussi longtemps que l’on cherche quelque chose du côté de l’instruction ou de méthodes de travail habilement conçues, on ne le recevra pas. Beaucoup de ministres manquent la plénitude de puissance que Dieu tient en réserve pour eux, simplement parce qu’ils ne sont pas disposés à reconnaître le manque qui les a suivis toutes ces années.

C’est en vérité une chose humiliante à confesser, mais cette humiliante confession serait l’avant-courrière d’une merveilleuse bénédiction. Mais ils ne sont pas rares ceux qui, dans leur refus de faire cette salutaire confession, cherchent quelque brillant artifice d’interprétation pour tourner le sens clair et simple de la Parole de Dieu, et qui ainsi se frustrent eux-mêmes de la plénitude de la puissance de l’Esprit que Dieu est si désireux de répandre sur eux ; de plus, ils mettent en péril les intérêts éternels des âmes qui dépendent de leur ministère, âmes qui pourraient être gagnées à Christ s’ils avaient la puissance du Saint-Esprit qu’ils pourraient avoir.

Mais il en est d’autres que Dieu, dans sa grâce, a amenés à voir qu’il manquait quelque chose à leur ministère, et ce quelque chose n’était rien de moins que ce baptême du Saint-Esprit si essentiel, sans lequel on est tout à fait incapable d’un service agréable et efficace ; et ils ont humblement et franchement confessé leur manque ; parfois ils ont été conduits à la résolution enseignée de Dieu de ne pas poursuivre leur œuvre avant que ce manque ne fût comblé ; ils ont attendu, dans une ardente aspiration, que Dieu le Père accomplît sa promesse, et le résultat a été un ministère transformé pour lequel beaucoup se sont levés pour bénir Dieu. Il ne suffit pas que le désir du baptême du Saint-Esprit soit intense ; il faut aussi qu’il ait le juste motif. Il existe un désir du baptême du Saint-Esprit qui est purement égoïste.

Il en est plus d’un qui a un désir intense du baptême du Saint-Esprit simplement afin de devenir un grand prédicateur, ou un grand ouvrier personnel, ou de se rendre célèbre de quelque manière comme chrétien. Ce n’est que son propre gain ou sa propre gloire qu’il recherche. Après tout, ce n’est pas le Saint-Esprit qu’il recherche, mais son propre honneur, et le baptême du Saint-Esprit seulement comme un moyen d’y parvenir. L’un des pièges les plus subtils et les plus dangereux dans lesquels Satan nous entraîne est celui où nous recherchons le Saint-Esprit, ce plus solennel de tous les dons, pour nos propres fins.

Le désir du Saint-Esprit ne doit pas être de faire de cette Personne suprême et divine le serviteur de nos basses fins, mais il doit être pour la gloire de Dieu. Il doit naître de la reconnaissance que Dieu et Christ sont déshonorés par mon ministère sans puissance et par le péché du peuple qui m’entoure, contre lequel je n’ai maintenant aucune puissance, et qu’il sera honoré si j’ai le baptême de l’Esprit de Dieu. L’un des passages les plus solennels du Nouveau Testament touche à ce point. (Actes 8.18-24) « Lorsque Simon vit que l’Esprit était donné par l’imposition des mains des apôtres, il leur offrit de l’argent, en disant : “Accordez-moi aussi ce pouvoir, afin que celui à qui j’imposerai les mains reçoive le Saint-Esprit.” »

Il y avait là un vif désir de la part de Simon, mais il était entièrement impur et égoïste, et la terrible réponse de Pierre est digne d’attention et de méditation. N’y en a-t-il pas plus d’un aujourd’hui qui, dans un dessein tout aussi impur et égoïste, désire le baptême du Saint-Esprit ?

Chacun de ceux qui désirent et recherchent le baptême du Saint-Esprit ferait bien de se demander pourquoi il le désire.

Si vous découvrez que ce n’est que pour votre propre satisfaction ou votre propre gloire, alors demandez à Dieu de vous pardonner la pensée de votre cœur, et de vous rendre capable de voir combien vous en avez besoin pour sa gloire, et de le désirer à cette fin.

6. Le sixième degré se trouve dans ce même verset. (Luc 11.13.) « Si donc, méchants comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent ! » Le sixième degré est de demander. Demander distinctement une bénédiction directe. Lorsque Christ a été reçu comme Sauveur et comme Maître, et confessé comme tel, lorsque le péché a été écarté, lorsqu’il y a eu l’abandon distinct et total de la volonté, lorsqu’il y a un désir réel et saint, alors vient le simple acte de demander à Dieu cette bénédiction directe.

Elle est donnée en réponse à une prière sérieuse, directe, précise et croyante.

D’aucuns ont sérieusement prétendu que nous ne devrions pas prier pour le Saint-Esprit. Ils raisonnent ainsi : « Le Saint-Esprit a été donné à l’Église à la Pentecôte, comme un don permanent. » Cela est vrai, mais ce qui a été donné à l’Église, chaque croyant doit se l’approprier pour lui-même. On a bien dit sur ce point que Dieu a déjà donné Christ au monde (Jean 3.16), mais que chaque individu doit se l’approprier par un acte personnel pour recevoir l’avantage personnel du don, et ainsi chaque individu doit s’approprier personnellement le don que Dieu fait du Saint-Esprit pour en recevoir l’avantage personnel.

Mais on argue encore que chaque croyant possède le Saint-Esprit. Cela aussi est vrai en un sens. « Si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Christ, il ne lui appartient pas. »

(Romains 8.9) Mais, comme nous l’avons déjà vu, il est tout à fait possible d’avoir quelque chose, oui beaucoup, de la présence et de l’œuvre de l’Esprit dans le cœur, et pourtant de rester en deçà de cette plénitude et de cette œuvre particulières connues dans la Bible comme le baptême ou le remplissage du Saint-Esprit. En réponse à tous les raisonnements spécieux sur ce sujet, nous plaçons la simple déclaration de Christ : « À combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent ! »

Lors d’une convention où l’auteur avait été annoncé pour parler sur ce sujet, un frère lui dit : « Je vois que vous devez parler du baptême du Saint-Esprit. » « Oui. » « C’est le sujet le plus important du programme ; maintenant ne manquez pas de leur dire de ne pas prier pour le Saint-Esprit. » « Je ne le leur dirai certainement pas ; car Jésus a dit : “À combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent.” » « Oh ! mais c’était avant la Pentecôte. » « Et Actes 4.31 ? Était-ce avant la Pentecôte ou après ? » « Après, bien sûr. » « Quand ils eurent prié, le lieu où ils étaient assemblés trembla ; ils furent tous remplis du Saint-Esprit. »

« Et le huitième chapitre des Actes ? Était-ce avant la Pentecôte ou après ? » « Après, bien sûr. »

« Eh bien, lisez du quatorzième au seizième verset. »

Les versets furent lus : « Pierre et Jean, arrivés chez eux, prièrent pour les nouveaux croyants qui étaient là, afin qu’ils reçussent le Saint-Esprit ; car le Saint-Esprit n’était encore descendu sur aucun d’eux, et ils reçurent le Saint-Esprit. » Contre toutes les déductions se dresse cet enseignement clair de la Parole, par précepte et par exemple, que le Saint-Esprit est donné en réponse à la prière. Il en fut ainsi à la Pentecôte ; il en a été ainsi depuis. Ceux que j’ai rencontrés qui manifestent le plus les signes de la présence et de la puissance de l’Esprit dans leur vie et leur œuvre croient qu’il faut prier pour le Saint-Esprit. Ce fut pour l’auteur un privilège inexprimable de prier avec bien des ministres et des ouvriers chrétiens pour cette grande bénédiction, et d’apprendre ensuite d’eux ou d’autres la puissance nouvelle venue dans leur service, nulle autre que la puissance du Saint-Esprit.

7. Le septième et dernier degré se trouve dans Marc 11.24 : « tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l’avez reçu, et vous le verrez s’accomplir. » Les promesses les plus catégoriques et les plus absolues de Dieu doivent être appropriées par la foi. Dans Jacques 1.5, nous lisons : « Si quelqu’un d’entre vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée. »

Or cela est assurément assez catégorique et assez absolu, mais écoutez ce que l’écrivain sacré dit ensuite : « Mais qu’il la demande avec foi, sans douter ; car celui qui doute est semblable au flot de la mer, agité par le vent et poussé de côté et d’autre. Qu’un tel homme ne s’imagine pas qu’il recevra quelque chose du Seigneur. » Il faut donc qu’il y ait la foi pour faire nôtres les promesses les plus catégoriques et les plus absolues de Dieu, telles que celle de Luc 11.13 et d’Actes 2.38-39.

Ici donc nous découvrons la cause de l’échec, en bien des cas, à entrer dans la bénédiction du baptême du Saint-Esprit. L’échec vient de ce que le dernier degré n’est pas franchi, le simple degré de la foi. Ils ne croient pas, ils n’attendent pas avec assurance, et nous avons un nouvel exemple de la façon dont des hommes « n’y sont pas entrés à cause de leur incrédulité » (Hébreux 4.6). Il en est beaucoup qui sont tenus hors de ce pays où coulent le lait et le miel par cette seule incrédulité. Il faut ajouter qu’il existe une foi qui va au-delà de l’attente, une foi qui tend simplement la main et prend ce qu’elle demande. Cela ressort clairement de Marc 11.24 : « Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l’avez reçu, et vous le verrez s’accomplir. » Je me souviens combien ce verset me déconcerta lorsque je le remarquai pour la première fois.

En examinant le grec du passage, je vis que le verset était exact, mais que voulait-il dire ? Il semblait y avoir là une singulière confusion des temps. « Croyez que vous l’avez (déjà) reçu, et vous le verrez s’accomplir. » Cette apparente énigme fut résolue longtemps après, tandis que j’étudiais la première épître de Jean.

Je lus au cinquième chapitre, versets quatorze et quinze : « Nous avons auprès de lui cette assurance, que si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute. 15 Et si nous savons qu’il nous écoute, quelque chose que nous demandions, nous savons que nous possédons la chose que nous lui avons demandée. » Lorsque je demande quelque chose à Dieu, la première chose à découvrir est : cette requête est-elle selon sa volonté ? Lorsque cela est réglé, lorsque je trouve qu’elle est selon sa volonté, lorsque, par exemple, la chose demandée est distinctement promise dans sa parole, alors je sais que la prière est exaucée, et je sais de plus : « je possède la requête que je lui ai demandée » ; je le sais parce qu’il le dit clairement, et ce que j’ai ainsi approprié par une foi simple, une foi d’enfant, sur sa Parole nue, « je le verrai s’accomplir » dans l’expérience.

Lorsque quelqu’un qui a un titre incontestable sur une propriété me la cède par acte, elle est à moi dès que l’acte est dûment dressé et enregistré, quoiqu’il puisse s’écouler quelque temps avant que j’entre dans la jouissance expérimentale de cette propriété. Je la possède en un sens dès que l’acte est enregistré. Je la posséderai dans l’autre sens plus tard. De même, dès que, ayant rempli les conditions de la prière efficace, nous adressons à Dieu une requête pour « quelque chose selon sa volonté », c’est notre privilège de savoir que la prière est exaucée, et que la chose que nous lui avons demandée est nôtre. Appliquons maintenant cela au baptême du Saint-Esprit. J’ai rempli les conditions d’obtention de cette bénédiction déjà mentionnées.

Simplement, distinctement, je demande à Dieu le Père le baptême du Saint-Esprit. Puis je m’arrête et je dis : « Cette prière était-elle selon sa volonté ? » Oui, Luc 11.13 le dit. « Si donc, méchants comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent ? » Actes 2.38-39 dit : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés. Et vous recevrez le don du Saint-Esprit. 39 Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. » La prière pour le baptême du Saint-Esprit est « selon sa volonté », car elle est distinctement et clairement promise. Je sais alors que la prière est exaucée et que je possède la requête que je lui ai demandée. (1 Jean 5.14-15) C’est-à-dire que je possède le baptême du Saint-Esprit.

J’ai donc le droit de me relever de mes genoux et de dire, sur l’autorité pleinement suffisante de la Parole de Dieu : « Je possède le baptême du Saint-Esprit », et ensuite je posséderai dans la jouissance expérimentale ce que je me suis approprié par une simple foi ; car Dieu l’a dit et il ne peut mentir : « tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l’avez reçu, et vous le verrez s’accomplir. »

Tout lecteur de ce livre peut, à ce point, le poser, et, si Christ a été reçu comme Sauveur et Seigneur, et ouvertement confessé comme tel de la manière voulue de Dieu, et si le péché a été recherché et écarté, et s’il y a eu l’abandon total de la volonté et de soi-même à Dieu, et s’il y a un vrai désir de la gloire de Dieu à être baptisé du Saint-Esprit, si ces conditions ont été remplies, vous pouvez vous mettre à genoux tout de suite devant Dieu, et lui demander de vous baptiser du Saint-Esprit, et vous pouvez alors dire, lorsque la prière est montée : « Cette prière a été exaucée, je possède ce que j’ai demandé, je possède le baptême du Saint-Esprit », et vous avez le droit de vous lever et d’aller à votre œuvre, assuré que dans cette œuvre vous aurez la puissance du Saint-Esprit.

Mais quelqu’un demandera : « Ne dois-je pas savoir que je possède le baptême du Saint-Esprit avant de commencer l’œuvre ? » Certainement, mais comment le saurons-nous ? Je ne connais pas de meilleur moyen de savoir quoi que ce soit que par la Parole de Dieu. Je croirais la parole de Dieu avant mes sentiments n’importe quel jour. Comment agissons-nous avec un âme en quête qui a accepté Christ, mais qui manque de l’assurance de posséder la vie éternelle ? Nous ne lui demandons pas de regarder ses sentiments, mais nous le conduisons à quelque passage tel que Jean 3.36. Nous lui disons de le lire, et il lit : « Celui qui croit au Fils a la vie éternelle. » « Qui dit cela ? » demandons-nous. « C’est Dieu qui le dit. » « Est-ce vrai ? »

« Oh ! certainement c’est vrai ; c’est Dieu qui le dit. » « De qui Dieu dit-il qu’il a la vie éternelle ? » « De celui qui croit au Fils. » « Croyez-vous au Fils ? » « Oui. » « Qu’avez-vous donc ? » « Non, je ne sais pas, je ne sens pas encore que j’ai la vie éternelle. » « Mais que dit Dieu ? » « Celui qui croit au Fils a la vie éternelle. » « Allez-vous croire Dieu ou vos sentiments ? »

Nous retenons l’âme en quête là même jusqu’à ce que, sur la simple et nue parole de Dieu, sentiment ou pas de sentiment, elle dise : « Je sais que j’ai la vie éternelle parce que Dieu le dit », et ensuite le sentiment vient. Agissez avec vous-même en cette affaire du baptême du Saint-Esprit tout comme vous agissez avec une âme en quête en l’affaire de l’assurance.

Assurez-vous d’avoir rempli les conditions, puis simplement demandez, revendiquez et agissez. Mais quelqu’un dira : « Sera-ce tout comme auparavant, n’y aura-t-il aucune manifestation ? » Très assurément, il y aura quelque manifestation.

« Or, à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune. » (1 Corinthiens 12.7.) Mais quel sera le caractère de la manifestation, et où la verrons-nous ? C’est ici que beaucoup se trompent. Ils ont, peut-être, lu la vie de M. Finney ou de Jonathan Edwards, et se rappellent comment de grandes vagues d’émotion électrique déferlèrent sur ces hommes jusqu’à ce qu’ils fussent contraints de prier Dieu de retirer sa main, afin qu’ils ne mourussent pas de l’extase qui les submergeait. Ou bien ils sont allés à quelque réunion, et ont entendu des témoignages d’expériences semblables, et ils s’attendent à quelque chose de ce genre.

Or je ne nie pas la réalité de telles expériences. Le témoignage d’hommes tels que Finney et Edwards mérite d’être cru. Il y a une raison plus forte encore pour laquelle je ne puis les nier. Mais tout en admettant la réalité de ces expériences, je demanderais : où y a-t-il une seule ligne du Nouveau Testament qui décrive une telle expérience en rapport avec le baptême du Saint-Esprit ? Toute manifestation du baptême du Saint-Esprit dans le Nouveau Testament fut une puissance nouvelle dans le service. Regardez, par exemple, 1 Corinthiens 12, où ce sujet est traité le plus à fond, et notez le caractère des manifestations qui y sont mentionnées. Il est fort probable que les apôtres eurent des expériences semblables à celles de Finney et d’Edwards et d’autres ; mais, s’ils en eurent, le Saint-Esprit les empêcha de les consigner. Il fit bien, car s’ils avaient raconté de telles choses, nous aurions recherché ces choses plutôt que la manifestation plus importante de la puissance dans le service.

Mais on posera une autre question : « Les apôtres n’attendirent-ils pas dix jours, et ne devrons-nous pas attendre ? » Les apôtres furent tenus d’attendre dix jours, mais la raison en est donnée dans Actes 2.1. « Le jour de la Pentecôte » (littéralement s’accomplissait) : dans les desseins et les plans éternels de Dieu, et dans les types de l’Ancien Testament, le jour de la Pentecôte avait été fixé comme le temps du don du Saint-Esprit, et l’Esprit ne pouvait être donné avant que le jour de la Pentecôte fût venu à s’accomplir ; mais nous ne lisons nulle part qu’on ait attendu après la Pentecôte : dans Actes 4.31, il n’y eut pas d’attente. « Quand ils eurent prié, le lieu où ils étaient assemblés trembla ; ils furent tous remplis du Saint-Esprit. » Actes 4.31. Lorsque Pierre et Jean descendirent à Samarie et trouvèrent qu’aucun des jeunes convertis n’avait été baptisé du Saint-Esprit, ils « prièrent pour les nouveaux croyants qui étaient là, afin qu’ils reçussent le Saint-Esprit », et ils le reçurent alors et là même. (Actes 8.15, 17). Paul de Tarse ne fut pas obligé d’attendre, au neuvième chapitre des Actes. Ananias entra et lui parla de ce don merveilleux, et le baptisa, et lui imposa les mains, et « aussitôt il prêcha dans les synagogues que Jésus est le Fils de Dieu ». (Actes 9.17-20).

Il n’y eut pas d’attente dans Actes 19. Avant que Pierre eût à peine achevé son sermon, le baptême du Saint-Esprit vint. (Actes 10.44-46, Actes 11.15-16.) Au dix-neuvième chapitre des Actes, il n’y eut pas d’attente. Dès que Paul eut annoncé aux disciples d’Éphèse le don du Saint-Esprit, et que les conditions furent remplies, la bénédiction suivit.

(Actes 19.1-6.) Les hommes n’ont à attendre que lorsqu’ils ne remplissent pas les conditions, lorsque Christ n’est pas pleinement accepté, ou que le péché n’est pas écarté, ou qu’il n’y a pas d’abandon total, ni de vrai désir, ni de prière précise, ni de simple foi, prenant purement et simplement sur la Parole nue. L’absence de quelques-unes de ces choses tient bien des gens dans l’attente pendant plus de dix jours parfois. Mais il n’est nul besoin qu’un lecteur de ce livre attende dix heures. Vous pouvez avoir le baptême du Saint-Esprit à l’instant même, si vous le voulez.

Un jeune homme vint un jour me trouver, dans une grande gravité au sujet de cette affaire. « J’ai entendu parler du baptême du Saint-Esprit », dit-il, « il y a quelque temps, et je l’ai recherché, mais je ne l’ai pas reçu. » « Votre volonté est-elle déposée ? » « Je crains bien que ce soit là le mal. » « Voulez-vous la déposer ? » « Je crains de ne le pouvoir. » « Êtes-vous disposé à ce que Dieu la dépose pour vous ? » « Oui. » « Demandez-le-lui. » Nous nous mîmes à genoux dans la prière, et il demanda à Dieu de déposer sa volonté pour lui. « Dieu a-t-il exaucé cette prière ? »

« Il l’a sûrement exaucée, elle était selon sa volonté. » « Votre volonté est-elle déposée ? » « Elle doit l’être. »

« Alors demandez à Dieu le baptême du Saint-Esprit. » Il le fit. « Cette prière était-elle selon sa volonté ? » « Oui. » « A-t-elle été exaucée ? » « Elle a dû l’être. » « Avez-vous reçu le baptême du Saint-Esprit ? » « Je ne le sens pas. » « Ce n’est pas ce que je vous ai demandé ; relisez ces versets. » La Bible était ouverte devant lui à 1 Jean 5.14-15, et il lut : « Nous avons auprès de lui cette assurance, que si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute. » « Un instant ; cette prière était-elle selon sa volonté ? » « Elle l’était certainement. » « A-t-elle été exaucée ? » « Elle l’a été. » « Lisez la suite. » « Et si nous savons qu’il nous écoute, quelque chose que nous demandions, nous savons que nous possédons la chose que nous lui avons demandée. »

« Que savons-nous ? » « Que nous possédons la requête que nous lui avons demandée. » « Quelle était la requête ? »

« Le baptême du Saint-Esprit. » « Le possédez-vous ? » « Je ne le sens pas, mais Dieu le dit, et je dois le posséder. »

Quelques jours plus tard, je le rencontrai de nouveau et lui demandai s’il avait vraiment reçu ce qu’il avait pris par une simple foi. Avec un air de bonheur sur le visage, il répondit : « Oui. » Je le perdis de vue pendant peut-être deux ans, puis je le retrouvai se préparant au ministère, et prêchant déjà, et Dieu honorait sa prédication par des âmes sauvées, et un peu plus tard il se servit de lui, avec d’autres, comme d’un moyen de grande bénédiction pour le séminaire de théologie où il étudiait.

Il avait aussi résolu de servir Christ sur le champ des missions étrangères. Ce qu’il a revendiqué par une simple foi et reçu, tout lecteur de ce livre peut le revendiquer et le recevoir de la même manière.

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Le baptême du Saint-Esprit R. A. Torrey

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