Chapitre 2 · 12 min de lecture
Nécessité et possibilité du baptême du Saint-Esprit
Peu de temps avant que Christ ne fût enlevé au ciel, ayant confié à ses disciples la prédication de l’évangile, il leur adressa cette charge très solennelle touchant le commencement de la grande œuvre qu’il avait remise entre leurs mains : « J’enverrai sur vous ce que mon Père a promis ; mais vous, restez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la puissance d’en haut. » (Luc 24.49) Il n’y a aucun doute sur ce que Jésus entendait par « la promesse de mon Père » qu’ils devaient attendre avant de commencer le ministère qu’il leur avait confié ; dans Actes 1.4-5, nous lisons que Jésus « leur recommanda de ne pas s’éloigner de Jérusalem, mais d’attendre ce que le Père avait promis », savoir : « Car Jean a baptisé d’eau, mais vous, dans peu de jours, vous serez baptisés du Saint-Esprit. » « La promesse du Père », par laquelle devait venir le revêtement de puissance, était le baptême du Saint-Esprit. (Actes 1.8). Christ enjoignit donc strictement à ses disciples de ne pas se hasarder à entreprendre l’œuvre à laquelle il les avait appelés avant d’avoir reçu, comme préparation nécessaire et absolument essentielle à cette œuvre, le baptême du Saint-Esprit.
Les hommes auxquels Jésus disait cela semblaient avoir déjà reçu une préparation complète pour l’œuvre qui les attendait. Ils avaient été plus de trois ans à l’école de Christ lui-même. Ils avaient entendu de ses lèvres les grandes vérités qu’ils devaient proclamer au monde. Ils avaient été témoins oculaires de ses miracles, de sa mort et de sa résurrection, et allaient être témoins oculaires de son ascension. L’œuvre qui se présentait à eux consistait simplement à aller proclamer ce que leurs yeux avaient vu et ce que leurs oreilles avaient entendu des lèvres mêmes de Christ. N’étaient-ils pas pleinement préparés pour cette œuvre ? Il nous le semblerait. Mais Christ dit : « Non. Vous êtes si totalement dépourvus de préparation que vous ne devez pas encore faire un seul pas.
Il y a une préparation supplémentaire, tellement essentielle à un service efficace, que vous devez demeurer à Jérusalem jusqu’à ce que vous la receviez. Cette préparation supplémentaire, c’est le baptême du Saint-Esprit. Quand vous l’aurez reçue, et pas avant, vous serez préparés à commencer l’œuvre à laquelle je vous ai appelés. » Si Christ n’a pas permis à ces hommes, qui avaient reçu une formation si rare pour l’œuvre à laquelle il les avait si nettement et si clairement appelés, d’entreprendre cette œuvre sans recevoir, en plus de cela, le baptême du Saint-Esprit, qu’est-ce donc que d’entreprendre nous-mêmes l’œuvre à laquelle il nous a appelés avant d’avoir reçu, en plus de toute la formation que nous avons pu recevoir pour l’œuvre, le baptême du Saint-Esprit ? N’est-ce pas la plus audacieuse présomption ?
Mais ce n’est pas tout. Dans Actes 10.38, nous lisons « comment Dieu a oint du Saint-Esprit et de force Jésus de Nazareth, qui allait de lieu en lieu faisant du bien et guérissant tous ceux qui étaient sous l’empire du diable. » Lorsque nous cherchons dans les évangiles une explication de ces paroles, nous la trouvons dans Luc 3.21-22, Luc 4.1-14, 15, 18 et 21. Nous découvrons que, lors du baptême de Jésus au Jourdain, comme il priait, le Saint-Esprit descendit sur lui. Puis, « rempli du Saint-Esprit », il traverse l’expérience de la tentation. Puis, « par la puissance de l’Esprit », il commence son ministère et se proclame lui-même « oint pour annoncer la bonne nouvelle » parce que « l’Esprit du Seigneur est sur lui ». En d’autres termes, Jésus-Christ n’entra jamais dans le ministère pour lequel il était venu dans ce monde avant d’avoir été baptisé du Saint-Esprit.
Si Jésus-Christ, qui avait été surnaturellement conçu par la puissance du Saint-Esprit, le Fils unique de Dieu, qui était divin, vrai Dieu de vrai Dieu, et pourtant vraiment homme, si Christ, « nous laissant un exemple, afin que nous suivions ses traces », ne s’aventura pas dans le ministère pour lequel le Père l’avait envoyé avant d’avoir été ainsi baptisé du Saint-Esprit, qu’est-ce donc que d’oser le faire, nous ?
Si, à la lumière de ces faits consignés, nous osons le faire, cela ressemble à une offense qui va au delà de la présomption. Sans doute beaucoup l’ont fait par ignorance, mais pouvons-nous encore alléguer l’ignorance ? Le baptême du Saint-Esprit est une préparation nécessaire au service que l’on choisit pour Christ, dans toute forme de service.
Nous pouvons avoir un appel clair au service, aussi clair qu’il puisse être, comme l’avaient les apôtres, mais la charge nous est imposée, comme elle le fut pour eux : avant de commencer ce service, nous devons « rester dans la ville jusqu’à ce que nous soyons revêtus de la puissance d’en haut. » Ce revêtement de puissance vient par le baptême du Saint-Esprit. Il y a certainement peu d’erreurs plus graves que nous commettions aujourd’hui que celle d’établir des hommes pour enseigner des classes d’école du dimanche, faire un travail personnel, et même prêcher l’évangile, simplement parce qu’ils ont été convertis et ont reçu une certaine instruction, comprenant peut-être des études au collège et au séminaire, mais qui n’ont pas encore été baptisés du Saint-Esprit.
Tout homme engagé dans l’œuvre chrétienne, qui n’a pas reçu le baptême du Saint-Esprit, devrait arrêter son œuvre là même où il en est, et ne pas la poursuivre avant d’avoir été « revêtu de la puissance d’en haut. » Mais que deviendra notre œuvre pendant que nous attendrons ?
Que fit le monde durant ces dix jours pendant que les premiers disciples attendaient ?
Eux seuls connaissaient la vérité qui sauve, et pourtant, par obéissance au commandement du Seigneur, ils gardèrent le silence. Quand la puissance vint, ils accomplirent plus en un seul jour qu’ils n’auraient accompli en des années, s’ils étaient allés de l’avant dans une désobéissance présomptueuse à la charge de Christ ; de même, nous aussi, après avoir reçu le baptême du Saint-Esprit, nous accomplirons plus en un seul jour que nous ne le ferions jamais en des années sans sa puissance. Des jours passés à attendre, si cela était nécessaire, seraient des jours bien employés, mais nous verrons plus loin qu’il n’est pas besoin pour nous de passer des jours à attendre. On pourrait dire que les apôtres étaient partis en tournées missionnaires du vivant de Christ avant d’avoir été baptisés du Saint-Esprit.
Cela est vrai, mais c’était avant que le Saint-Esprit ne fût donné, et avant la charge : « restez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la puissance d’en haut ».
Après cela, il aurait été désobéissance et présomption de s’en aller sans ce revêtement, et nous vivons aujourd’hui après que le Saint-Esprit a été donné et après que la charge de « demeurer jusqu’à ce que l’on soit revêtu » a été donnée. Nous en venons maintenant à la question de la possibilité du baptême du Saint-Esprit. Le baptême du Saint-Esprit est-il pour nous ?
C’est une question qui reçoit la réponse la plus claire et la plus directe dans la Parole de Dieu. Dans Actes 2.39, nous lisons : « Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. » Qu’est-ce que « la promesse » de ce passage ? En revenant aux quatrième et cinquième versets du chapitre précédent, nous lisons : « mais attendez ce que le Père a promis ». « Car Jean a baptisé d’eau, mais vous, dans peu de jours, vous serez baptisés du Saint-Esprit. »
De nouveau, au trente-troisième verset du deuxième chapitre, nous lisons : « ayant reçu du Père la promesse du Saint-Esprit. » Il semblerait clair que « la promesse » du trente-neuvième verset doit être la même que « la promesse » du trente-troisième verset, et « la promesse » des quatrième et cinquième versets du chapitre précédent ; c’est-à-dire la promesse du baptême du Saint-Esprit. Cette conclusion est rendue évidente par le contexte : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit », etc.
La promesse de ce verset est donc la promesse du don, ou baptême, du Saint-Esprit.
(Actes 10.45 avec Actes 11.15-16.) Pour qui est ce don ? « Pour vous », dit Pierre aux Juifs auxquels il s’adressait immédiatement. Puis, portant son regard par-dessus leurs têtes vers la génération suivante : « Et pour vos enfants. » Puis, embrassant du regard tous les âges à venir de l’histoire de l’Église, tant le païen que le Juif : « Et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. » Le baptême du Saint-Esprit est pour tout enfant de Dieu, à chaque âge de l’histoire de l’Église. S’il n’est pas nôtre en possession expérimentale, c’est parce que nous n’avons pas pris (le sens exact du mot « recevoir » au verset 38 est prendre) ce que Dieu a pourvu pour nous dans notre Sauveur élevé dans la gloire.
(Actes 2.33 ; Jean 7.38-39.) Un ministre de l’Évangile vint un jour me trouver après une conférence sur le baptême du Saint-Esprit et dit : « L’Église à laquelle j’appartiens enseigne que le baptême du Saint-Esprit était réservé au seul âge apostolique. » « Peu importe, » répondis-je, « ce qu’enseigne l’Église à laquelle vous appartenez ou l’Église à laquelle j’appartiens. Que dit la Parole de Dieu ? »
On lut Actes 2.39 : « Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. » Je demandai. « Oui, il l’a certainement fait. » « La promesse est-elle pour vous ? » « Oui, elle l’est. » Et elle l’était. Et elle est pour tout enfant de Dieu qui lit ces pages. Quelle pensée exaltante que le baptême du Saint-Esprit, le revêtement de la puissance d’en haut, soit pour MOI individuellement. Mais cette pensée d’une joie indicible a son côté solennel. Si je puis être baptisé du Saint-Esprit, je le dois.
Si je suis baptisé du Saint-Esprit, des âmes ne seront-elles pas sauvées par mon moyen, qui ne le sont pas si je ne suis pas ainsi baptisé ? Si donc je ne suis pas disposé à payer le prix de ce baptême, et que par conséquent je ne sois pas ainsi baptisé, je suis responsable devant Dieu de toutes les âmes qui auraient pu être sauvées, mais qui ne l’ont pas été par mon moyen parce que je n’avais pas été baptisé du Saint-Esprit.
Je tremble souvent pour mes frères dans l’œuvre chrétienne, et pour moi-même. Non parce que nous enseignerions aux hommes une erreur mortelle ; certains sont même coupables de cela, mais ce n’est pas à cela que je fais allusion maintenant. Non que nous n’enseignions pas la pleine vérité telle qu’elle est en Jésus. Il faut avouer que beaucoup n’enseignent pas une erreur positive, qui pourtant ne prêchent pas un évangile complet ; mais ce n’est pas à cela que je fais allusion. Je tremble pour ceux qui prêchent la vérité, la vérité telle qu’elle est en Jésus, l’Évangile dans sa simplicité, dans sa pureté, dans sa plénitude, mais qui la prêchent « avec les discours persuasifs de la sagesse » et non « avec une démonstration d’Esprit et de puissance » (1 Corinthiens 2.4), qui la prêchent dans l’énergie de la chair et non dans la puissance du Saint-Esprit.
Il n’y a rien de plus mortel que l’évangile sans la puissance de l’Esprit. « La lettre tue, mais l’esprit vivifie. »
C’est une affaire terriblement solennelle que de prêcher l’évangile, soit du haut de la chaire, soit par des voies plus discrètes. Cela signifie la mort ou la vie pour ceux qui écoutent, et que cela signifie la mort ou la vie dépend, dans une très large mesure, de ce que nous le prêchions sans ou avec le baptême du Saint-Esprit.
Nous devons être baptisés du Saint-Esprit. On soutient parfois que « le baptême du Saint-Esprit » n’avait pour but que de communiquer une puissance opérant des miracles et ne s’appliquait qu’à l’âge apostolique. À l’appui de cette position, on affirme que le baptême du Saint-Esprit était suivi assez uniformément de miracles. On voit combien cette position est indéfendable : (1) Par le fait que Christ lui-même a déclaré que le but du baptême du Saint-Esprit était de communiquer la puissance de rendre témoignage, et non particulièrement la puissance d’opérer des miracles. (Actes 1.5-8 ; Luc 24.48-49.)
(2) Par le fait que Paul a nettement enseigné qu’il y avait diversité de dons, et que « le don d’opérer des miracles » n’était que l’une des multiples manifestations du baptême du Saint-Esprit. (1 Corinthiens 12.4, 8-10.)
(3) Par le fait que Pierre déclare nettement que « le don du Saint-Esprit », « la promesse », est pour tous les croyants de toutes les générations (Actes 2.38-39), et il est évident, par une comparaison d’Actes 2.39 avec Luc 24.49 ; Actes 1.4-5 ; Actes 2.33, et d’Actes 2.38 avec Actes 10.45 et Actes 11.15-16, que chacune de ces deux expressions, « la promesse » et « le don du Saint-Esprit », se rapporte au baptême du Saint-Esprit.
Si nous prenons le mot miracles dans un sens large pour désigner tous les résultats produits par une puissance surnaturelle, alors il est vrai que chacun de ceux qui sont baptisés du Saint-Esprit reçoit une puissance opérant des miracles ; car chacun de ceux qui sont baptisés reçoit une puissance qui n’est pas naturellement la sienne, mais une puissance surnaturelle, la puissance même de Dieu. Le résultat du baptême du Saint-Esprit qui était le plus remarquable et le plus essentiel était une puissance de conviction.
(Actes 2.4, 37, 41. Actes 4.8-13. Actes 4.31, 33. Actes 9.17, 20-22.) Il ne semble y avoir eu aucune manifestation de puissance opérant des miracles immédiatement après le baptême de Paul du Saint-Esprit, bien qu’il devînt plus tard singulièrement doué dans cette direction. C’est la puissance de rendre témoignage à Jésus comme Fils de Dieu qu’il reçut en lien immédiat avec le baptême du Saint-Esprit.