Autour de la porte étroite ·Sans la foi, point de salut.

Chapitre 10 · 6 min de lecture

Sans la foi, point de salut.

Certains trouvent dur qu’il ne leur reste que la ruine s’ils ne veulent pas croire en Jésus-Christ ; mais si vous voulez y réfléchir un instant, vous verrez que cela est juste et raisonnable. Il n’y a, je suppose, aucun moyen pour un homme de conserver ses forces sinon en mangeant. Si vous disiez : « Je ne mangerai plus, je méprise une telle animalité », vous pourriez aller à Madère, ou parcourir toutes les contrées (à supposer que vous vécussiez assez longtemps !), mais vous découvririez très certainement qu’aucun climat et aucun exercice ne sauraient vous garder en vie si vous refusiez la nourriture. Vous plaindriez-vous alors : « Il est dur que je doive mourir parce que je ne crois pas au fait de manger » ? Il n’est pas injuste que, si vous êtes assez insensé pour ne pas manger, vous deviez mourir. Il en va exactement de même pour la foi. « Crois, et tu es sauvé. » Si vous ne voulez pas croire, il n’est pas dur que vous soyez perdu. Il serait vraiment étrange qu’il n’en fût pas ainsi.

Un homme assoiffé se tient devant une fontaine. « Non, dit-il, je ne toucherai jamais une goutte d’eau tant que je vivrai. Ne puis-je apaiser ma soif à ma façon ? » Nous lui disons que non ; il doit boire ou mourir. Il répond : « Je ne boirai jamais ; mais il est dur que je doive pour cela mourir. C’est une chose bornée et cruelle que de me le dire. » Il a tort. Sa soif est le résultat inévitable du mépris d’une loi de la nature. Vous aussi, vous devez croire ou mourir ; pourquoi refuser d’obéir au commandement ? Buvez, mon ami, buvez ! Prenez Christ et vivez. Voilà le chemin du salut, et pour y entrer vous devez vous confier en Christ ; mais il n’y a rien de dur dans le fait que vous devez périr si vous ne voulez pas vous confier au Sauveur. Voici un homme en pleine mer ; il possède une carte, et cette carte, si elle est bien étudiée, le conduira, avec l’aide de la boussole, au terme de son voyage. L’étoile polaire brille parmi les déchirures des nuages, et elle aussi l’aidera. « Non, dit-il, je ne veux rien avoir à faire avec vos étoiles ; je ne crois pas au pôle Nord. Je ne prêterai pas attention à cette petite chose dans la boîte ; une aiguille en vaut bien une autre. Je n’ai aucune foi en votre carte, et je ne veux rien avoir à faire avec elle. L’art de la navigation n’est qu’un tas d’absurdités, inventé par des gens exprès pour gagner de l’argent, et je ne me laisserai pas duper. » Cet homme n’atteint jamais le port, et il dit que c’est une chose bien dure—une chose bien dure. Je ne le pense pas. Certains d’entre vous disent : « Je ne lirai pas les Écritures ; je n’écouterai pas vos propos sur Jésus-Christ : je ne crois pas à ces choses. » Alors Jésus dit : « Celui qui ne croira pas sera condamné. » « Cela est bien dur », dites-vous. Mais il n’en est rien. Ce n’est pas plus dur que le fait que, si vous rejetez la boussole et l’étoile polaire, vous n’atteindrez pas votre port. Il n’y a pas de remède à cela ; il doit en être ainsi.

Vous dites que vous ne voulez rien avoir à faire avec Jésus et son sang, et vous tournez en dérision toute religion. Vous aurez peine à écarter ces choses par le rire lorsque vous viendrez à mourir, lorsqu’il faudra essuyer la sueur froide de votre front, et que votre cœur battra contre vos côtes comme s’il voulait bondir au-dehors et s’enfuir loin de Dieu. Ô âme ! vous découvrirez alors que ces dimanches, et ces cultes, et ce vieux Livre étaient quelque chose de plus et de meilleur que vous ne le pensiez, et vous vous étonnerez d’avoir été assez naïf pour négliger tout secours véritable au salut. Par-dessus tout, quel malheur ce sera d’avoir négligé Christ, cette Étoile polaire qui seule peut guider le marin vers le havre du repos !

Où habitez-vous ?

Vous habitez, peut-être, de l’autre côté de la rivière, et vous devez traverser un pont pour rentrer chez vous. Vous avez été assez sot pour entretenir l’idée que vous ne croyez ni aux ponts, ni aux barques, ni à l’existence d’une chose telle que l’eau. Vous dites : « Je ne franchirai aucun de vos ponts, et je ne monterai dans aucune de vos barques. Je ne crois pas qu’il y ait une rivière, ni qu’il existe une matière telle que l’eau. » Vous rentrez chez vous, et bientôt vous arrivez au vieux pont ; mais vous ne voulez pas le traverser. Là-bas se trouve une barque ; mais vous êtes résolu à ne pas y monter. Voici la rivière, et vous décidez de ne pas la traverser de la manière habituelle ; et pourtant vous trouvez bien dur de ne pouvoir rentrer chez vous. Assurément quelque chose a détruit vos facultés de raisonnement, car vous ne trouveriez pas cela si dur si vous étiez dans votre bon sens. Si un homme ne veut pas faire ce qui est nécessaire à une certaine fin, comment peut-il espérer atteindre cette fin ? Vous avez pris du poison, et le médecin apporte un antidote et dit : « Prenez-le vite, ou vous mourrez ; mais si vous le prenez vite, je vous garantis que le poison sera neutralisé. » Mais vous dites : « Non, docteur, je ne crois pas aux antidotes. Que tout suive son cours ; que chaque tonneau tienne sur son propre fond ; je ne veux rien avoir à faire avec votre remède. D’ailleurs, je ne crois pas qu’il y ait un remède au poison que j’ai pris ; et, qui plus est, peu m’importe qu’il y en ait un ou non. »

Eh bien, monsieur, vous mourrez ; et lorsque l’enquête du coroner se tiendra sur votre corps, le verdict sera : « Bien fait pour lui ! » Il en sera de même pour vous si, ayant entendu l’Évangile de Jésus-Christ, vous dites : « Je suis un homme bien trop avancé pour avoir quoi que ce soit à faire avec cette notion démodée de substitution. Je ne prêterai pas attention aux propos du prédicateur sur le sacrifice et l’effusion du sang. » Alors, quand vous périrez, le verdict que rendra votre conscience, laquelle siégera enfin au tribunal du Roi, sera celui-ci : « Suicide : il a détruit sa propre âme. » Ainsi parle le vieux Livre : « Ô Israël, tu t’es détruit toi-même ! » Lecteur, je vous en conjure, ne faites pas ainsi.


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Autour de la porte étroite Charles H. Spurgeon

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