Chapitre 11 · 11 min de lecture
À ceux qui ont cru.
Amis, si vous avez maintenant commencé à vous confier au Seigneur, confiez-vous à lui pleinement et sans réserve. Que votre foi soit la chose la plus réelle et la plus pratique de toute votre vie. Ne vous confiez pas au Seigneur par simple sentiment, pour quelques grandes choses spirituelles seulement ; mais confiez-vous à lui pour tout, à jamais, pour le temps et pour l’éternité, pour le corps et pour l’âme. Voyez comme le Seigneur suspend le monde à rien d’autre que sa propre parole ! Il n’a ni étai ni pilier. Cette vaste voûte des cieux tient sans contrefort ni cintre de bois. Le Seigneur peut porter, et il portera, tout le poids que la foi pourra jamais faire peser sur lui. Les plus grands tourments sont aisés à sa puissance, et les plus obscurs mystères sont clairs à sa sagesse. Confiez-vous en Dieu jusqu’à la garde. Appuyez-vous, appuyez-vous fortement ; oui, faites peser tout votre poids, et tout autre fardeau, sur le Dieu puissant de Jacob.
L’avenir, vous pouvez le remettre en toute sûreté au Seigneur, qui vit toujours et ne change jamais. Le passé est désormais dans la main de votre Sauveur, et vous n’en serez jamais condamné, quel qu’il ait été, car le Seigneur a jeté vos iniquités au fond de la mer. Croyez en cet instant même à vos privilèges présents. Vous êtes sauvé. Si vous croyez au Seigneur Jésus, vous êtes passé de la mort à la vie, et VOUS ÊTES SAUVÉ. Au temps de l’esclavage, une dame amena sa servante noire à bord d’un navire anglais, et elle dit en riant au capitaine : « Je suppose que, si la tante Chloé et moi allions en Angleterre, elle serait libre ? » « Madame, répondit le capitaine, elle est maintenant libre. Dès l’instant où elle a posé le pied sur un vaisseau britannique, elle était libre. » Quand la femme noire l’apprit, elle ne quitta pas le navire — non, certes. Ce n’était pas l’espérance de la liberté qui la rendait hardie, mais le fait de la liberté. Ainsi, vous n’espérez pas seulement, à présent, la vie éternelle, mais « Celui qui croit en lui a la vie éternelle. » Accueillez cela comme un fait révélé dans la sainte Parole, et commencez à vous réjouir en conséquence. N’en raisonnez pas, et ne le mettez pas en question ; croyez-le, et tressaillez de joie.
Je désire que mon lecteur, dès qu’il a cru au Seigneur Jésus, croie pour un salut éternel. Ne vous contentez pas de l’idée que vous puissiez recevoir une nouvelle naissance qui s’éteindra, une vie céleste qui expirera, un pardon qui sera révoqué. Le Seigneur Jésus donne à ses brebis la vie éternelle, et ne vous reposez pas avant de l’avoir reçue. Or, si elle est éternelle, comment pourrait-elle s’éteindre ? Soyez sauvé pleinement et sans réserve, pour l’éternité. Il y a « une semence vivante et incorruptible, qui vit et demeure éternellement » ; ne vous laissez pas éconduire par un changement passager, une sorte de grâce qui ne fera que fleurir pour se faner. Vous vous engagez à présent sur le chemin de fer de la grâce — prenez un billet jusqu’au bout du voyage. Je n’ai pas mission de vous prêcher un salut pour un temps : l’Évangile qu’il m’est ordonné de placer devant vous, c’est : « Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé. » Il sera sauvé du péché, sauvé de retourner au péché, sauvé de se détourner vers la voie large. Que le Saint-Esprit vous conduise à croire pour rien de moins que cela. « Voulez-vous dire, demande quelqu’un, que je dois croire que, si je me confie une fois à Christ, je serai sauvé quel que soit le péché que je choisirai de commettre ? » Je n’ai jamais rien dit de semblable. J’ai décrit le vrai salut comme un changement de cœur si complet et si radical qu’il transformera vos goûts et vos désirs ; et je dis que, si un tel changement est opéré en vous par le Saint-Esprit, il sera permanent ; car l’œuvre du Seigneur n’est pas comme l’ouvrage à bon marché de notre temps, qui bientôt tombe en pièces. Confiez-vous au Seigneur pour qu’il vous garde, si longtemps que vous viviez et si fort que vous soyez tenté ; et « qu’il vous soit fait selon votre foi ». Croyez en Jésus pour la vie éternelle.
Oh, puissiez-vous aussi vous confier au Seigneur pour toutes les souffrances du temps présent ! Vous aurez des tribulations dans le monde ; apprenez par la foi à savoir que toutes choses concourent au bien, puis soumettez-vous à la volonté du Seigneur. Regardez la brebis quand on la tond. Si elle reste tout à fait immobile, les ciseaux ne la blesseront pas ; si elle se débat, ou même si elle tressaille, elle risque d’être piquée. Soumettez-vous sous la main de Dieu, et l’affliction perdra son tranchant. La volonté propre et les murmures nous causent cent fois plus de peine que nos afflictions elles-mêmes. Confiez-vous donc en votre Seigneur au point d’être certain que sa volonté vaut bien mieux que la vôtre, et ainsi non seulement vous vous y soumettrez, mais vous vous en réjouirez.
Confiez-vous au Seigneur Jésus dans l’affaire de la sanctification. Certains amis semblent penser que le Seigneur Jésus ne peut les sanctifier entièrement, l’esprit, l’âme et le corps. Aussi cèdent-ils volontiers à tel ou tel péché, s’imaginant qu’il n’y a pas de remède, et qu’ils doivent payer tribut au diable aussi longtemps qu’ils vivront, sous cette forme particulière. Ne courbez pas bassement le cou dans la servitude d’aucun péché, mais frappez vaillamment pour la liberté. Que ce soit la colère, ou l’incrédulité, ou la paresse, ou toute autre forme d’iniquité, nous sommes capables, par la grâce divine, de chasser le Cananéen, et, bien plus, nous devons le chasser. Aucune vertu n’est impossible à celui qui croit en Jésus, et aucun péché n’a besoin de remporter la victoire sur lui. Il est même écrit : « Le péché n’aura point de pouvoir sur vous, puisque vous êtes, non sous la loi, mais sous la grâce. » Croyez pour de hauts degrés de joie dans le Seigneur, et de ressemblance avec Jésus, et avancez pour prendre pleine possession de ces choses précieuses ; car selon que tu crois, ainsi il te sera fait. « Tout est possible à celui qui croit » ; et celui qui est le premier des pécheurs peut n’être en rien inférieur au plus grand des saints.
Réalisez souvent la joie du ciel. C’est là une grande foi ; et pourtant elle n’est rien de plus que ce que nous devrions avoir. Dans très peu de temps, l’homme qui croit au Seigneur Jésus sera avec lui, là où il est. Cette tête portera une couronne ; ces yeux verront le Roi dans sa beauté ; ces oreilles entendront sa propre et chère voix ; cette âme sera dans la gloire ; et ce pauvre corps sera ressuscité des morts et uni dans l’incorruptibilité à l’âme rendue parfaite ! Gloire, gloire, gloire ! Et si proche, si certaine. Répétons dès maintenant la musique, et savourons d’avance la félicité !
Mais quelqu’un s’écrie : « Nous n’y sommes pas encore. » Non : mais la foi nous remplit de délices à la pensée de cette bienheureuse perspective, et cependant elle nous soutient en chemin. Lecteur, j’aspire à ce que vous soyez un ferme croyant, appuyé sur le Seigneur seul. Je veux que vous montiez tout entier sur le rocher, et que vous ne gardiez pas un pied sur le sable. Dans cette vie mortelle, confiez-vous en Dieu pour toutes choses ; et confiez-vous en lui seul. Voilà comment il faut vivre. Je le sais par expérience. Le bras nu de Dieu suffit amplement pour s’y appuyer. Je vais vous rapporter un peu de l’expérience d’un vieux journalier que j’ai connu autrefois. Il craignait Dieu plus que bien d’autres, et il était très profondément instruit de l’Esprit. Mon portrait vous montrera quel homme il était — habile à planter des haies et à creuser des fossés, mais plus habile encore dans la simple confiance. Voici comment il décrivait la foi : — « C’était un hiver rigoureux, et je n’avais pas de travail, ni de pain à la maison. Les enfants pleuraient. La neige était profonde, et mon chemin était sombre. Mon vieux maître m’avait dit que je pouvais prendre un peu de bois quand j’en aurais besoin ; je pensai donc qu’un peu de feu réchaufferait les pauvres enfants, et je sortis avec ma cognée pour chercher du combustible. Je me tenais près d’un fossé profond rempli de neige, où elle s’était amoncelée sur plusieurs pieds d’épaisseur — en fait, je ne savais pas jusqu’à quelle profondeur. Comme je visais un morceau de bois, ma serpe glissa de ma main et s’enfonça tout droit dans la neige, où je ne pouvais espérer la retrouver. Me tenant là, sans nourriture, sans feu, et la cognée perdue, quelque chose sembla me dire : “Will Richardson, peux-tu te confier en Dieu maintenant ?” et mon âme même répondit : “Cela, je le puis.” » Voilà la vraie foi — la foi qui se confie au Seigneur lorsque la serpe est perdue ; la foi qui croit Dieu quand toutes les apparences extérieures le démentent ; la foi qui est heureuse avec Dieu seul quand tous les amis vous tournent le dos. Cher lecteur, puissions-nous, vous et moi, avoir cette foi précieuse, cette foi véritable, cette foi qui honore Dieu ! La vérité du Seigneur la mérite ; son amour la réclame, sa fidélité la commande. Heureux celui qui la possède ! Il est l’homme que le Seigneur aime, et le monde sera amené à le savoir avant que tout soit achevé.
LE VIEUX WILL, LE JOURNALIER.Après tout, la meilleure foi de toutes est une foi de chaque jour : la foi qui s’occupe du pain et de l’eau, des habits et des bas, des enfants et du bétail, du loyer de la maison et du temps qu’il fait. La religion de confiserie, tout en raffinement, qui n’est disponible que le dimanche, dans les réunions de salon et les lectures bibliques, ne conduira jamais une âme au ciel, tant que la vie ne sera pas devenue une longue Conférence, avec sept sabbats dans une semaine. La foi accomplit son plus bel ouvrage lorsque, pendant bien des années, elle avance péniblement, mois après mois, se confiant au Seigneur au sujet du mari malade, de la fille qui décline, du commerce qui périclite, de l’ami non converti, et d’autres choses semblables.
La foi nous aide aussi à user du monde comme n’en abusant point. Elle est bonne au dur labeur et au devoir quotidien. Ce n’est pas une chose angélique, faite pour les cieux et les étoiles, mais une grâce humaine, chez elle dans les cuisines et les ateliers. Elle est une sorte de bonne à tout faire, à l’aise dans toute espèce de travail et dans tout rang de la vie. C’est une grâce pour chaque jour, tout au long de l’année. La sainte confiance en Dieu n’est jamais sans ouvrage. Les produits de la foi sont si prisés à la cour céleste qu’elle a toujours quelque belle pièce d’ouvrage sur le tour ou dans la fournaise. Les hommes s’imaginent que les héros ne se font qu’en des occasions particulières, une ou deux fois par siècle ; mais, en vérité, les plus beaux héros sont tissés à la maison, et sont plus souvent cachés dans l’obscurité que mis en avant par l’attention publique. La confiance au Dieu vivant est le lingot dont on frappe l’héroïsme. La persévérance à bien faire est l’un des champs où la foi fait croître, non des fleurs, mais le blé de sa moisson. Avancer péniblement dans un dur travail, élever une famille avec quelques shillings par semaine, supporter avec patience une douleur constante, et ainsi de suite — voilà les exploits de vaillance par lesquels Dieu est glorifié par les simples soldats de son peuple croyant.
Lecteur, vous et moi serons d’un même sentiment en ceci : nous ne languirons pas d’être grands, mais nous serons ardents à être bons. Pour cela, nous nous appuierons sur le Seigneur notre Dieu, à qui nous appartenons et que nous servons. Nous demanderons à être rendus saints tout au long de chaque jour de la semaine. Nous prierons notre Dieu autant au sujet de nos affaires quotidiennes qu’au sujet du salut de notre âme. Nous nous confierons en lui pour notre ferme, pour nos navets et nos vaches, aussi bien que pour nos privilèges spirituels et notre espérance du ciel. Le Seigneur Éternel est le Dieu de notre maison ; Jésus est notre frère, né pour l’adversité ; et le Saint-Esprit est notre Consolateur à chaque heure d’épreuve. Nous n’avons pas un Dieu inaccessible : il entend, il a compassion, il secourt. Confions-nous en lui sans relâche, sans doute, sans hésitation. La vie de la foi est la vie au-dedans de la Porte étroite de Dieu. Si nous nous sommes tenus jusqu’ici, tremblants, au-dehors, dans le vaste monde de l’incrédulité, puisse le Saint-Esprit nous rendre capables de faire maintenant le grand pas décisif, et de dire, une fois pour toutes : « Je crois! Viens au secours de mon incrédulité! »