Tout par grâce ·Où voulons-nous en venir ?

Chapitre 2 · 3 min de lecture

Où voulons-nous en venir ?

J’AI ENTENDU UNE HISTOIRE ; je crois qu’elle vient du Nord du pays. Un pasteur alla voir une pauvre femme, avec l’intention de lui venir en aide ; car il savait qu’elle était très pauvre. L’argent à la main, il frappa à la porte ; mais elle ne répondit pas. Il en conclut qu’elle n’était pas chez elle, et s’en alla. Peu après, il la rencontra à l’église et lui dit qu’il s’était souvenu de sa détresse : « Je suis passé chez vous, j’ai frappé plusieurs fois, et je suppose que vous n’étiez pas là, car je n’ai eu aucune réponse. » « À quelle heure êtes-vous venu, monsieur ? » « C’était vers midi. » « Oh, mon Dieu, dit-elle, je vous ai entendu, monsieur, et je suis si fâchée de n’avoir pas répondu ; mais j’ai cru que c’était l’homme qui venait réclamer le loyer. » Bien des pauvres femmes savent ce que cela voulait dire. Or, mon désir est d’être entendu, et c’est pourquoi je tiens à dire que je ne viens pas réclamer le loyer ; en effet, l’objet de ce livre n’est pas de te demander quoi que ce soit, mais de te dire que le salut est tout entier de grâce, ce qui veut dire : gratuit, gratis, pour rien.

Bien souvent, lorsque nous cherchons à capter l’attention, celui qui nous écoute pense : « Ah ! voilà qu’on va me rappeler mon devoir. C’est l’homme qui vient réclamer ce qui est dû à Dieu, et je suis certain de n’avoir rien pour payer. Je ne serai pas chez moi. » Non, ce livre ne vient pas te présenter une exigence, mais t’apporter quelque chose. Nous n’allons pas parler de loi, de devoir et de châtiment, mais d’amour, de bonté, de pardon, de miséricorde et de vie éternelle. Ne fais donc pas comme si tu n’étais pas chez toi : ne prête pas une oreille sourde ni un cœur indifférent. Je ne te demande rien, ni au nom de Dieu ni au nom des hommes. Mon intention n’est pas d’exiger quoi que ce soit de tes mains ; mais je viens au nom de Dieu, t’apporter un don gratuit qu’il te sera, pour ta joie présente et éternelle, donné de recevoir. Ouvre la porte, et laisse entrer mes supplications. « Venez et plaidons ! » Le Seigneur lui-même t’invite à un entretien touchant ton bonheur immédiat et sans fin, et il ne l’aurait pas fait s’il ne te voulait du bien. Ne refuse pas le Seigneur Jésus qui frappe à ta porte ; car il frappe d’une main qui fut clouée au bois pour des êtres tels que toi. Puisque son unique et seul objet est ton bien, prête l’oreille et viens à lui. Écoute avec soin, et laisse la bonne parole pénétrer ton âme. Peut-être l’heure est-elle venue où tu entreras dans cette vie nouvelle qui est le commencement du ciel. La foi vient de ce qu’on entend, et lire est une sorte d’écoute : la foi peut te venir pendant que tu lis ce livre. Pourquoi pas ? Ô bienheureux Esprit de toute grâce, fais qu’il en soit ainsi !

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Tout par grâce Charles H. Spurgeon

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